.
.
Les Cintres et le Désir
La boutique s'appelait Le Tissage Doré, un nom pompeux pour une petite échoppe de prêt-à-porter dans une rue commerçante d'Hammam Lif, à vingt kilomètres de Tunis. Hanane et Jamila y travaillaient depuis respectivement six et quatre ans. Elles passaient leurs journées à plier des chemisiers, à ranger des jeans, à sourire à des clientes qui les regardaient à peine, et à compter les heures jusqu'à la fermeture.
Hanane avait trente-quatre ans, un voile beige soigneusement épinglé, un mari qui l'appelait deux fois par semaine de sa chantier à Djerba pour lui demander ce qu'elle avait préparé pour le dîner, et une vie qu'elle aurait crue réglée comme du papier à musique. Elle s'était mariée à dix-neuf ans, avait eu trois enfants, avait fait ce qu'on attendait d'elle. Parfois, le soir, en rangeant les verres après le repas, elle se demandait où elle en était de ses propres désirs. La réponse, depuis longtemps, était : nulle part.
Jamila avait trente-deux ans, un voile bleu nuit qu'elle ajustait vingt fois par jour, un mari qu'elle avait quitté après trois ans de mariage parce qu'elle « ne supportait plus son odeur », selon ses propres mots, et une réputation de femme « difficile » dans le quartier. Elle vivait avec sa mère, une vieille dame acariâtre qui lui rappelait chaque jour qu'elle aurait dû « faire des efforts » pour garder son homme. Jamila souriait, haussait les épaules, et venait travailler en serrant les dents.
Elles étaient colocataires de comptoir, partageant les mêmes horaires, les mêmes pauses, les mêmes clientes impossibles. Pendant des années, leur relation s'était limitée à des échanges fonctionnels : « Range le stock », « Passe-moi le cintre », « T'as vu la nouvelle collection ? C'est moche. » Rien de plus.
Puis, un jour, la climatisation tomba en panne. Un mois de juillet, quarante degrés dehors, quarante-cinq dedans. Les clientes désertaient la boutique, préférant les grands centres commerciaux climatisés. Hanane et Jamila se retrouvèrent seules, coincées entre des rangées de vêtements inertes, à s'éventer avec des catalogues.
« Je vais mourir, » gémit Hanane, la nuque perlée de sueur.
« On va toutes mourir, » répondit Jamila. « Mais au moins, on sera mortes en soldes. C'est glamour. »
Hanane rit malgré elle. C'était la première fois qu'elle riait sincèrement avec Jamila.
Elles s'assirent par terre, adossées à la caisse, les jambes étendues sur le carrelage frais. Leurs voiles, d'habitude impeccables, étaient de travers, laissant échapper quelques mèches de cheveux. Elles avaient retiré leurs chaussures, leurs pieds nus se touchaient presque.
« T'as des enfants, toi ? » demanda Jamila.
« Trois. Des garçons. Tous. »
« Ah, la chance. Tu dois être tranquille. »
Hanane ricana. « Tranquille ? Ils se battent tout le temps. Le dernier a cassé la télé la semaine dernière. »
« Moi, j'ai pas d'enfants. Mon mari ne voulait pas. Il disait que ça coûte trop cher. » Jamila marqua une pause. « En fait, il ne voulait rien de moi. Juste que je sois là, à faire la cuisine et à me taire. »
Le silence s'installa, lourd de tout ce qu'elles n'avaient jamais dit à personne.
« Pourquoi tu l'as quitté ? » demanda Hanane.
Jamila tourna la tête vers elle. Ses yeux, d'habitude froids, avaient une douceur nouvelle. « Parce que je me suis réveillée un matin, et j'ai réalisé que j'avais passé trois ans à attendre que ma vie commence. Et que j'en avais marre d'attendre. »
Hanane sentit ses yeux s'embuer. Elle détourna le regard.
« Toi, pourquoi tu es restée ? » demanda Jamila doucement.
« Parce que... » Hanane chercha ses mots. « Parce que je ne sais pas faire autrement. Parce que ma mère me dit que c'est comme ça. Parce que si je pars, je serai une femme sans mari, sans rien, et que dans ce pays, une femme sans mari... »
« Est une femme libre, » coupa Jamila. « Et ça fait peur à tout le monde. »
Leurs regards se croisèrent. Dans celui de Jamila, il y avait une force que Hanane n'avait jamais vue chez personne. Dans celui de Hanane, il y avait une fragilité que Jamila n'avait jamais montrée à personne.
Ce jour-là, il ne se passa rien de plus. Mais quelque chose avait changé.
Les semaines suivantes, la climatisation fut réparée, mais la chaleur, elle, resta. Pas celle de l'air – celle qui montait entre elles chaque fois qu'elles se frôlaient en rangeant les rayons, chaque fois que leurs mains se touchaient en prenant le même cintre, chaque fois que Jamila riait de quelque chose et que Hanane se surprenait à regarder sa bouche.
Hanane commença à arriver plus tôt, à partir plus tard, à inventer des prétextes pour rester avec Jamila. Elle se surprit à choisir ses vêtements avec plus de soin, à mettre un peu de parfum le matin, à vérifier son voile devant le miroir de la boutique pour être sûre qu'il tombait bien. Ridicule, se disait-elle. Elle avait trente-quatre ans, trois enfants, un mari absent, et elle se maquillait comme une adolescente avant d'aller travailler.
Jamila, elle, avait compris depuis longtemps. Elle savait ce qui se passait dans sa poitrine quand Hanane s'approchait, quand elle souriait, quand elle la regardait avec ces yeux où il y avait tout ce qu'elle n'osait pas dire. Elle avait vécu ça avant, à vingt ans, avec une camarade de fac. Ça avait mal fini – la fille avait eu peur, avait tout nié, s'était mariée trois mois plus tard avec un garçon de sa famille. Jamila avait juré qu'elle ne retomberait jamais dans ce piège.
Mais Hanane était différente. Hanane ne trichait pas. Hanane était sincère, maladroite, terrifiée. Et terriblement belle dans sa terreur.
Un soir de septembre, la boutique fermait plus tard que d'habitude. La gérante était partie depuis une heure, les laissant seules pour ranger. Le volet métallique était baissé à demi. Dehors, la rue s'endormait.
Elles pliaient les dernières chemises en silence, fatiguées, quand Jamila laissa tomber un cintre. Hanane se baissa pour le ramasser en même temps qu'elle. Leurs mains se rencontrèrent. Leurs visages, soudain, étaient à quelques centimètres l'un de l'autre.
Le souffle de Hanane s'arrêta.
« Hanane, » murmura Jamila.
« Oui ? »
« Arrête de faire semblant. »
« Je ne fais pas semblant. »
« Si. Toi et moi, on fait semblant depuis des mois. On fait semblant que ce qu'on ressent n'existe pas. On fait semblant qu'on est juste des collègues. On fait semblant que nos vies ne sont pas des prisons. »
Hanane sentit ses yeux s'embuer. « Je ne sais pas faire autrement. »
« Moi non plus. Mais je veux apprendre. Avec toi. »
Leurs lèvres se touchèrent. Ce ne fut pas un baiser fiévreux, mais une question posée, doucement, patiemment. Hanane répondit en fermant les yeux, en laissant ses doigts s'ouvrir, en laissant Jamila entrer.
La boutique, avec ses rangées de vêtements, ses miroirs, ses cintres qui grinçaient, devint leur refuge. Jamila releva lentement le voile de Hanane, défit les épingles une à une, comme on dénoue une corde. Les cheveux de Hanane, bruns, coupés court, apparurent. Elle les toucha, gênée.
« Ne te cache pas, » dit Jamila. « Pas avec moi. »
À son tour, Hanane défit le voile de Jamila. Ses cheveux, plus longs, plus foncés, tombèrent en cascade sur ses épaules. Elle les caressa, émerveillée.
Elles s'embrassèrent encore, plus profondément cette fois. Leurs mains commencèrent à explorer, à découvrir. La robe de Hanane glissa sur ses épaules. Le chemisier de Jamila se défit sous ses doigts maladroits.
« Ici ? » chuchota Hanane, regardant autour d'elle.
« Ici, » répondit Jamila en riant doucement. « Sur les vêtements qu'on vend toute la journée. Comme une revanche. »
Hanane rit aussi, un rire nerveux, libérateur. L'humour noir de la situation lui apparut : elles allaient faire l'amour sur des chemisiers à quatre-vingt-dix dinars, dans une boutique où leurs mères venaient acheter leurs robes de mariage.
Elles s'allongèrent sur le tapis de la réserve, au milieu des cartons de marchandise. Le carrelage était froid sous leurs dos nus, mais elles ne sentaient que la chaleur l'une de l'autre. Jamila guida Hanane avec une douceur infinie, lui apprenant ce que personne ne lui avait jamais appris : que son corps était à elle, que ses désirs étaient légitimes, que le plaisir n'était pas un péché.
Hanane découvrit des sensations qu'elle n'avait jamais connues. La bouche de Jamila sur sa poitrine, ses doigts qui savaient exactement où aller, son regard qui plongeait dans le sien pendant qu'elle la faisait jouir. Quand l'orgasme la traversa, elle pleura – des larmes silencieuses de libération.
Puis ce fut son tour, et elle apprit à son tour à donner, à écouter les soupirs de Jamila, à suivre ses mouvements, à lire dans ses yeux ce qu'elle voulait. Quand Jamila jouit dans ses bras, ce fut comme si elle jouissait elle-même.
Ce fut rapide – un quickie volé au temps, aux conventions, aux mensonges. Mais dans ces quelques minutes, tout avait changé.
Elles restèrent enlacées longtemps, nues sur les cartons, riant de l'absurdité de leur situation.
« On a fait l'amour dans un tas de jeans, » dit Jamila.
« C'est très classe, » répondit Hanane. « On pourrait le mettre sur notre CV. »
Elles éclatèrent de rire, un rire étouffé pour ne pas alerter les voisins.
Les semaines suivantes, leur relation s'intensifia. Chaque après-midi de fermeture, chaque moment volé dans la réserve, chaque regard complice devant les clientes devenaient des trésors. Mais le secret pesait.
Hanane, chez elle, devenait distraite. Ses enfants remarquaient qu'elle souriait plus souvent, qu'elle chantonnait en préparant le dîner, qu'elle répondait à des messages avec un air coupable. Son mari, quand il appelait, sentait quelque chose de différent dans sa voix.
« T'es bizarre, en ce moment, » dit-il un soir.
« Non, je suis bien, » répondit-elle. « Je suis bien. »
Jamila, de son côté, subissait les remarques de sa mère. « Tu rentres trop tard. Tu sors trop. Les voisins parlent. Une femme seule, ça attire les regards. »
« Je m'en fous des regards, maman. »
« Tu devrais. Dieu te voit. »
Le poids des regards, des attentes, de la religion, commençait à peser. Un soir, Hanane craqua.
« Je ne peux plus faire semblant, » dit-elle à Jamila. « Devant mes enfants, devant mon mari, devant ma mère. Je ne peux plus porter ce voile comme un mensonge. »
Jamila la prit dans ses bras. « Alors enlève-le. »
« Ici ? »
« Ici. Maintenant. Pour que la première fois que tu le fais, ce soit avec moi. »
Hanane défit son voile lentement, le tint dans ses mains un instant. Ce morceau de tissu qu'elle portait depuis quinze ans, qui avait défini sa vie, sa place dans l'espace public, son identité de femme « respectable ». Elle le regarda, puis le posa sur le comptoir.
Ses cheveux, qu'elle cachait depuis si longtemps, apparurent. Elle les toucha, comme si elle découvrait une partie d'elle-même.
« J'ai peur, » murmura-t-elle.
« Je sais. Moi aussi. »
« Si quelqu'un nous voit... »
« Personne ne nous verra. Pas ce soir. Et demain, on décidera ensemble. »
Elles s'embrassèrent, et cette nuit-là, elles firent l'amour sans se presser, sans peur d'être découvertes, sans ce sentiment de voler quelque chose. Ce fut lent, profond, différent. Pour la première fois, Hanane ne se sentait pas coupable.
Le lendemain, elles arrivèrent au travail sans voile.
La gérante les regarda, stupéfaite. « Vous avez oublié vos foulards ? »
« Non, » dit Jamila calmement. « On ne les porte plus. »
« Mais... pourquoi ? »
« Parce qu'on ne veut plus, » répondit Hanane. Sa voix tremblait, mais elle tenait. « Parce qu'on a décidé que c'était notre choix, pas celui de Dieu, pas celui des hommes. Le nôtre. »
La gérante ouvrit la bouche, la referma, haussa les épaules. « C'est vous qui voyez. Mais si les clientes se plaignent... »
« Elles ne se plaindront pas, » dit Jamila. « Et si elles se plaignent, on leur vendra quand même nos chemisiers. »
Les jours suivants furent un choc. Les clientes les regardaient différemment, certains maris détournaient le regard, les voisins commentaient. Hanane reçut des messages de sa mère, des appels de sa belle-famille, des sermons par téléphone. Son mari, quand il apprit la nouvelle, resta silencieux longtemps, puis dit : « Tu fais ce que tu veux. Tu es une grande fille. » Ce n'était ni un soutien ni une condamnation. C'était de l'indifférence. Et pour Hanane, c'était presque pire.
Jamila, elle, affronta sa mère. La vieille dame pleura, cria, la traita de folle, de pécheresse, de déshonneur pour la famille. Jamila écouta, patiente, et quand sa mère eut fini, elle dit simplement : « Je t'aime, maman. Mais je ne porterai plus jamais quelque chose que je ne choisis pas. »
La rupture avec la religion fut plus douloureuse qu'elles ne l'avaient imaginé. Ce n'était pas une décision soudaine – c'était un cheminement, des mois de réflexion, de lecture, de discussions. Hanane, qui avait toujours prié cinq fois par jour, se surprit à sauter une prière, puis deux, puis à ne plus compter. Elle ne savait pas si elle croyait encore en Dieu – elle savait qu'elle ne croyait plus en ceux qui parlaient en son nom pour dicter sa vie.
Jamila, plus radicale, avait déjà fait son deuil de la foi de son enfance. « Je ne peux pas croire en un Dieu qui me dit que ce que je ressens pour toi est un péché, » dit-elle un soir. « Alors soit Dieu ment, soit ceux qui disent parler pour lui mentent. Dans les deux cas, je ne veux plus écouter. »
Elles commencèrent à explorer leur liberté. Leurs cheveux au vent, elles marchaient dans les rues de Tunis sans cette barrière de tissu qui les séparait du monde. Au début, elles avaient peur – des regards, des remarques, des hommes qui les suivaient. Mais peu à peu, elles apprirent à ignorer, à marcher droit, à exister.
Un après-midi, dans la boutique, après une journée harassante, Jamila ferma le volet et se tourna vers Hanane.
« Tu te rends compte ? » dit-elle. « On a passé notre vie à faire ce qu'on nous disait. Porter ce qu'on nous disait de porter. Prier quand on nous disait de prier. Aimer qui on nous disait d'aimer. »
Hanane hocha la tête. « Et maintenant ? »
« Maintenant, on choisit. »
Elle s'approcha d'elle, la prit dans ses bras. Leurs lèvres se cherchèrent, trouvèrent le chemin.
Ce soir-là, elles firent l'amour sur le tapis de la boutique, nues, libres, leurs cheveux mêlés sur le carrelage. Ce ne fut pas un quickie volé, ni une étreinte coupable. Ce fut une célébration.
Après, allongées l'une contre l'autre, Hanane dit : « Tu sais ce que ma mère m'a dit quand je lui ai annoncé que je partais vivre avec toi ? »
« Quoi ? »
« Elle m'a dit : "Tu vas brûler en enfer." »
Jamila rit doucement. « Et toi, tu lui as dit quoi ? »
« Je lui ai dit : "Si l'enfer c'est d'être heureuse, alors j'y vais les yeux fermés." »
Elles rirent ensemble, un rire un peu amer, un peu joyeux. Le rire de celles qui ont renoncé à plaire pour exister.
La boutique, Le Tissage Doré, continue d'exister. Les clientes viennent toujours acheter leurs chemisiers, leurs jeans, leurs robes. Hanane et Jamila sourient, plient, rangent, encaissent. Mais quelque chose a changé. Leurs cheveux sont visibles maintenant, libres. Leurs regards sont plus directs. Et le soir, quand le volet tombe, la boutique devient un autre lieu – un lieu où deux femmes s'aiment sans peur, sans honte, sans mensonge.
Les mères du quartier racontent que « les deux filles du magasin de vêtements » sont devenues folles. Les maris disent qu'elles sont « dangereuses ». Les religieux affirment qu'elles sont perdues.
Hanane et Jamila n'écoutent plus.
Parfois, elles repensent à leurs voiles, posés au fond d'un placard, témoins muets d'une vie qu'elles ont laissée derrière elles. Parfois, elles se demandent ce qu'elles auraient fait si elles n'avaient pas osé, ce jour-là, dans la boutique vide, sous la climatisation cassée.
« On serait encore en train d'attendre, » dit Jamila. « D'attendre que nos vies commencent. »
« Et maintenant ? »
« Maintenant, on vit. »
Un soir de Ramadan, alors que la mosquée du quartier appelait à la prière, elles restèrent dans leur petit appartement, allongées sur le canapé, les jambes enchevêtrées.
« Tu ne regrettes rien ? » demanda Hanane.
Jamila réfléchit. « Je regrette d'avoir attendu si longtemps. Je regrette toutes ces années où j'ai cru que j'étais malade, anormale, pécheresse. Je regrette d'avoir prié pour être guérie. »
« Et maintenant ? »
« Maintenant, je sais que je n'ai pas besoin d'être guérie. J'ai besoin d'être aimée. Et je le suis. »
Dehors, la ville continuait son vacarme. Les klaxons, les cris, les appels à la prière. Dedans, elles étaient chez elles, libres, nues de tous leurs voiles, vivantes.
L'humour grinçant de leur situation – deux ex-vendeuses de prêt-à-porter, vivant en couple dans un quartier conservateur de Tunis, ayant échangé leurs voiles contre la liberté – ne leur échappait jamais. C'était absurde, c'était merveilleux, c'était leur vie.
« On devrait peut-être ouvrir notre propre boutique, » dit un jour Jamila. « Des vêtements pour femmes libres. »
« Et on l'appellerait comment ? »
« Le Tissage Brisé. »
Hanane rit. « C'est parfait. »
L'avenir était incertain. Les familles restaient hostiles. La société continuait de juger. La religion qu'elles avaient quittée les poursuivait parfois dans leurs rêves, comme une ombre.
Mais elles avaient appris une chose essentielle : la liberté ne se demande pas, elle se prend. Et elles l'avaient prise, à pleines mains, dans une boutique de prêt-à-porter, au milieu des cintres et des cartons, un soir de canicule.
C'était leur histoire. Leur choix. Leur vie.
Et pour la première fois, elles étaient chez elles.
.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire