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Le Lait des Collines
Le crépuscule tombait sur les collines de Provence comme une nappe d'or liquide. Les chèvres, en troupeau paisible, remontaient vers la bergerie en un lent balancement de cloches et de sabots sur la terre sèche. L'odeur du thym, du romarin et du foin flottait dans l'air, mêlée à celle, plus animale, du lait et de la laine.
Clara ajusta son objectif, accroupie derrière un buisson de lavande. Elle était photographe, envoyée par un magazine pour réaliser un reportage sur la vie en pleine nature, sur ces femmes qui vivaient hors du monde, en harmonie avec les bêtes et les saisons. Lise était l'une d'elles.
Elle la vit d'abord de loin, une silhouette ronde et généreuse qui se découpait contre le soleil couchant. Lise était nue. Totalement nue. Sa peau était hâlée, dorée par des années de soleil, et son corps était un paysage de courbes puissantes. Ses seins étaient lourds, pleins, rebondissant à chaque mouvement. Ses fesses, larges et fermes, ondulaient lorsqu'elle marchait. Ses cheveux longs, bruns et emmêlés, tombaient en cascade sur ses épaules nues.
Clara sentit son cœur s'emballer. Elle avait photographié des centaines de sujets, mais jamais une femme aussi libre, aussi à l'aise dans sa peau.
Lise s'approcha de la bergerie, un seau à la main. Elle s'accroupit près d'une chèvre, ses doigts trouvant les trayons avec une habileté ancestrale. Le lait jaillit dans le seau, un bruit rythmé, apaisant.
Clara appuya sur le déclencheur. Le clic était un murmure dans le silence.
Lise releva la tête, tourna son visage vers elle. Ses yeux étaient verts, profonds, et ils la regardaient comme si elle l'avait toujours attendue.
— Tu peux t'approcher, dit Lise. Je ne mords pas.
Clara sentit ses joues s'empourprer. Elle se leva, l'appareil pendant contre sa poitrine, et s'avança vers la bergerie. Lise ne s'était pas levée. Elle continuait à traire la chèvre, son corps offert à la lumière déclinante.
— Tu travailles toujours nue ? demanda Clara, la voix un peu plus haute que d'habitude.
— Quand je suis seule, oui. La nature n'a pas besoin de vêtements. Ni moi.
Clara déglutit. Elle portait un pantalon en toile, une chemise boutonnée, des chaussures de randonnée. Elle se sentait lourde, empêtrée, ridicule.
— Tu veux essayer ? demanda Lise en levant les yeux vers elle.
— Essayer quoi ?
— La traite. Ou la nudité. Les deux, si tu veux.
Clara rit, un rire nerveux.
— Je ne suis pas sûre d'être capable de traire une chèvre.
— J'apprends à tout le monde. Et pour le reste, c'est plus facile que tu ne le penses.
Lise se leva, s'approcha d'elle. Elle était plus grande que Clara, plus large, et son corps dégageait une chaleur qui semblait rayonner à travers l'air frais du soir.
— Enlève tes vêtements, dit-elle doucement. Personne ne te regarde. Juste moi.
Clara sentit ses doigts trembler en défaisant les boutons de sa chemise. Elle n'avait jamais fait ça. Pas en extérieur. Pas devant une inconnue. Pas avec une femme qui la regardait comme si elle était la chose la plus belle qu'elle ait jamais vue.
Le tissu glissa sur ses épaules. Elle sentit l'air frais sur sa peau, et ses bras se croisèrent instinctivement sur sa poitrine.
— Ne te cache pas, murmura Lise. Laisse-moi te voir.
Clara baissa les bras, lentement. Son corps était rond, doux, marqué par les années et les repas partagés. Ses seins étaient pleins, ses hanches larges, son ventre un peu rebondi. Elle n'avait jamais été fière de son corps. Mais dans les yeux de Lise, elle ne voyait pas de jugement. Juste une admiration silencieuse.
— Tu es belle, dit Lise. Maintenant, viens.
Elle la prit par la main, la guida vers la chèvre. Clara s'accroupit, comme elle l'avait vue faire. Les trayons étaient chauds, rugueux, et elle sentit le lait jaillir entre ses doigts.
— Pas trop fort, dit Lise. Doucement. Comme une caresse.
Clara s'exerça. Le lait coula plus régulièrement, et elle sentit une fierté naïve l'envahir.
— Voilà, dit Lise. Tu es une bergère.
Clara se releva, ses doigts encore humides. Elle porta le lait à ses lèvres, le but directement du seau. Le goût était doux, crémeux, un peu animal.
Lise la regardait, un sourire aux lèvres.
— Tu aimes ?
— Oui, dit Clara. C'est bon.
— Tu veux goûter autre chose ?
Clara sentit son cœur s'accélérer.
— Quoi ?
Lise s'approcha, ses seins se soulevant à chaque respiration. Elle prit la main de Clara, la posa sur sa poitrine.
— Le lait des femmes, dit-elle. C'est ce qu'il y a de plus naturel au monde.
Clara sentit le sein de Lise sous sa main, chaud, lourd, le mamelon durci par l'air du soir. Elle n'avait jamais touché une poitrine de femme, pas comme ça. Pas avec cette intention.
— Je n'ai jamais fait ça, murmura-t-elle.
— Fais-le, dit Lise.
Clara se pencha, sa bouche trouvant le mamelon. Elle lécha d'abord, timidement, puis elle suça. Le lait n'était pas abondant, mais le goût était là, sucré, salé, vivant. Lise gémit, un son profond qui vibra dans la poitrine de Clara.
— Oui, dit Lise. Comme ça.
Les doigts de Clara s'enfoncèrent dans la chair généreuse, caressant, massant. Elle sentit le corps de Lise se tendre contre elle.
Lise la repoussa doucement, la fit reculer contre le mur de la bergerie. La pierre était rugueuse contre la peau de Clara, mais elle ne sentit que la chaleur du corps de Lise contre le sien.
— Maintenant, je vais te montrer, murmura Lise. Je vais te montrer ce que c'est que d'être aimée par une femme.
Ses mains trouvèrent les hanches de Clara, descendirent le long de ses cuisses, soulevèrent ses jambes pour les enrouler autour de sa taille. Clara s'accrocha à ses épaules, ses doigts s'enfonçant dans la chair moelleuse.
Les doigts de Lise glissèrent entre ses cuisses. Clara haleta, surprise par la sensation, la chaleur, l'intrusion. Lise avait des mains de paysanne, larges, calleuses, mais ses gestes étaient doux, précis.
— Tu es humide, dit Lise.
— C'est pour toi, répondit Clara.
Les doigts de Lise s'enfoncèrent en elle, lents, profonds. Clara sentit son corps s'ouvrir, s'abandonner, une vague de plaisir qui partait de son ventre pour irradier tout son être.
Lise la prit contre le mur, son corps puissant la soutenant, la portant. Ses doigts allaient et venaient en Clara, trouvant son rythme. Les chèvres bêlaient autour d'elles, mais Clara n'entendait plus rien. Juste le souffle de Lise, le battement de son cœur, la chaleur de sa peau.
— Regarde-moi, dit Lise.
Clara ouvrit les yeux. Le soleil couchant nimbait le visage de Lise d'une lumière dorée, ses yeux verts brillant d'une flamme intense.
— Je te veux, dit Clara. Je te veux tout entière.
Lise retira ses doigts, les porta à ses lèvres, les lécha. Clara sentit une honte délicieuse l'envahir.
— Toi aussi, dit Lise. Je te veux.
Elle s'accroupit, sa bouche trouvant le sexe de Clara. La sensation fut un choc, un éblouissement. Clara cria, ses mains s'agrippant aux épaules de Lise. La langue de Lise était chaude, humide, précise, et elle semblait connaître chaque pli, chaque frémissement.
Clara sentit ses genoux fléchir. Lise la soutint, ses mains puissantes sur ses hanches.
— Laisse-toi aller, murmura Lise contre sa peau.
Clara s'abandonna. Le plaisir montait en elle, une marée qui déferlait, la submergeant. Elle cria, un son rauque, déchirant, qui se mêla au bêlement des chèvres.
Lise se releva, la serra contre elle. Leurs corps étaient mouillés de sueur et de désir. Leurs seins se pressaient l'un contre l'autre, leurs ventres se touchaient.
— Tu veux la même chose ? demanda Lise.
— Oui, répondit Clara.
Lise la guida vers la berge en pierre, l'allongea sur le foin encore chaud. Elle s'agenouilla sur elle, ses jambes écartées, son sexe exposé à la lumière déclinante.
— Regarde, dit Lise. Regarde ce que tu me fais.
Clara tendit la main. Ses doigts effleurèrent le sexe de Lise, humide et chaud. Elle caressa d'abord, puis s'enfonça, un, puis deux doigts. Lise gémit, se pencha, sa bouche trouvant celle de Clara.
Leurs langues s'entrelacèrent, leurs corps se mêlèrent. Clara sentait le rythme de Lise, ses mouvements, ses soupirs. Elle s'enfonça plus profondément, ses doigts massant les parois, trouvant le point qui faisait frémir Lise.
— Oui, dit Lise. Comme ça.
Leurs corps se frottèrent l'un contre l'autre, leurs seins se pressant, leurs ventres ondulant. C'était un ballet lent, une danse primitive.
Clara retira ses doigts, se glissa sous Lise. Leurs sexes se touchèrent, se frottèrent, s'embrassèrent. Les vagues de plaisir les submergeaient toutes les deux, synchronisées, puissantes.
Les chèvres bêlaient, le soleil se couchait, et Clara hurla son plaisir en s'accrochant au corps généreux de Lise.
L'orgasme la traversa comme un éclair, la laissant tremblante, haletante. Lise la suivit presque aussitôt, son corps se tendant contre le sien.
Elles restèrent allongées dans le foin, leurs corps enlacés, leurs souffles mêlés. La nuit tombait sur les collines, et les premières étoiles apparaissaient dans le ciel.
Clara caressa les cheveux de Lise, ses doigts glissant dans la chevelure emmêlée.
— Je n'ai jamais fait ça, dit-elle. Pas comme ça.
— Avec une femme ?
— Avec une femme, oui.
Lise se tourna vers elle, ses yeux verts brillant dans la pénombre.
— Et tu as aimé ?
— J'ai adoré.
Lise sourit, posa un baiser sur son front.
— Alors, ce n'est que le début.
Clara se blottit contre elle, sa tête sur sa poitrine. Elle entendait le battement de son cœur, lent et régulier.
— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda-t-elle.
— On vit, dit Lise. On aime. On traie les chèvres.
Clara rit.
— Je ne sais pas traire les chèvres.
— Je t'apprendrai.
Elles restèrent ainsi longtemps, nues dans le foin, leurs corps se réchauffant l'un l'autre. Le vent du soir caressait leur peau, le bêlement des chèvres berçait leur silence.
Lise se leva la première, tendit la main à Clara.
— Viens, dit-elle. Je vais te montrer la maison.
Clara prit sa main, se leva. Leurs corps étaient encore chauds, leurs peaux encore humides.
Elles marchèrent vers la maison en pierre, leurs silhouettes découpées par la lune naissante. Les chèvres les suivaient, leurs cloches tintant doucement.
Clara se retourna une dernière fois. Les collines étaient calmes, la nuit était douce, et elle se sentait chez elle.
— Merci, dit-elle.
— Pour quoi ?
— Pour m'avoir montré qui j'étais.
Lise la serra contre elle.
— Tu es une femme libre, dit-elle. Ne l'oublie jamais.
Elles entrèrent dans la maison. Le feu crépitait dans la cheminée, éclairant la pièce de lueurs dansantes.
Lise guida Clara vers le lit, l'allongea sur les draps de lin.
— Je n'ai pas fini de t'aimer, murmura-t-elle.
Clara sourit.
— Moi non plus.
Elles se retrouvèrent, leurs corps s'embrassant, leurs lèvres se cherchant. Les heures s'écoulèrent comme des minutes, et quand l'aube se leva sur les collines, elles étaient encore enlacées.
Clara savait qu'elle ne repartirait pas. Elle avait trouvé ce qu'elle cherchait sans le savoir. Un amour simple, vrai, nourri de lait et de lumière.
Elle se blottit contre Lise, ses doigts caressant ses seins pleins.
— Je t'aime, murmura-t-elle.
Lise ouvrit les yeux, les posa sur elle.
— Moi aussi.
Et les chèvres bêlèrent au loin, saluant le jour nouveau.
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