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Safa: (1) Miroir Brûlant (nouvelle)

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Safa: (1) Miroir Brûlant





Safa referma la fenêtre du navigateur d’un geste brusque. Le popup avait duré à peine quinze secondes, mais c’était suffisant. L’image d’une femme aux cuisses écartées, doigts brillants d’humidité, râle étouffé, s’était gravée derrière ses paupières. Elle avait quarante-cinq ans, habitait un appartement clair près du port de Bizerte, et depuis des mois la solitude lui pesait comme une chaleur lourde. Ce soir, le désir s’était réveillé d’un seul coup, brutal, insistante, impossible à ignorer.

Elle se leva du canapé. Les stores laissaient filtrer la lumière dorée du crépuscule tunisien. Dehors, on entendait encore le bruit lointain des bateaux et le cri d’un goéland. À l’intérieur, le silence était presque total. Safa passa une main sur sa poitrine généreuse à travers le tissu fin de son débardeur. Ses seins pesaient, lourds, sensibles. Elle sentit ses mamelons se durcir déjà. Plus bas, entre ses cuisses, une chaleur sourde battait.

Elle marcha jusqu’à la salle de bains. Carrelage frais sous ses pieds nus. Elle alluma seulement la petite applique près du lavabo, assez pour voir sans être éblouie. Puis elle se mit à genoux, prit le grand miroir qu’elle gardait derrière la porte et le posa à plat sur le sol, face à elle. Elle s’agenouilla de l’autre côté, s’assit sur ses talons, et se regarda.

Ses cheveux blonds, longs, tombaient en vagues sur ses épaules. Elle les repoussa en arrière. Le débardeur suivit, tiré par-dessus la tête. Ses seins s’affranchirent, lourds, ronds, la peau claire marquée de légères veines bleutées. Les mamelons, déjà durs, pointaient vers le bas. Elle passa les deux mains dessous, les souleva, les pétrit doucement, les sentit peser dans ses paumes. Puis elle pinça les pointes entre le pouce et l’index, tira un peu, roula. Un frisson lui parcourut le ventre. Elle recommença, plus fort cette fois, jusqu’à ce qu’une petite douleur douce se mêle au plaisir.

Le short suivit. Elle le fit glisser le long de ses hanches larges, de ses fesses plantureuses. À genoux maintenant, nue, elle se regarda dans le miroir posé au sol. Le triangle de poils sombres contrastait avec la peau claire de son bas-ventre. Elle écarta un peu les cuisses. Les lèvres de sa vulve, charnues, déjà légèrement écartées, montraient un éclat d’humidité. Plus bas, l’anus foncé, plissé, se devinait entre les fesses rondes.

Safa passa une main sur son pubis velu. Les poils étaient doux sous ses doigts. Elle les caressa en cercles lents, puis descendit plus bas. L’index glissa entre les lèvres, trouva le sillon humide. Elle s’ouvrit un peu davantage, se regardant faire. Deux doigts écartèrent les grandes lèvres. Le clitoris, déjà gonflé, apparaissait, rose et luisant. Elle posa le bout du médius dessus, appuya très légèrement, traça un cercle minuscule. La sensation fut immédiate, nette, comme une étincelle.

Elle continua ainsi un long moment, uniquement concentrée sur ce petit bouton sensible. Cercles lents, puis un peu plus rapides, puis de nouveau très lents. Parfois elle le pinçait délicatement entre deux doigts, le roulait, le relâchait. Sa respiration s’était accélérée. Ses seins se soulevaient à chaque inspiration. Elle les prit à pleine main de nouveau, les pressa l’un contre l’autre, pinça les mamelons en même temps qu’elle caressait son clitoris. Le plaisir montait par vagues tièdes.

Quand l’envie se fit plus pressante, elle glissa l’index plus bas, le long de l’entrée. L’humidité était abondante maintenant. Elle s’enfonça jusqu’à la première phalange, sentit les parois chaudes et serrées l’accueillir. Elle avança plus loin, jusqu’à la deuxième, puis retira lentement, recommença. Le médius rejoignit bientôt le premier. Deux doigts en elle, elle les fit avancer et reculer avec un rythme régulier, pendant que le pouce de la même main restait posé sur le clitoris, le frottant en petits mouvements précis.

Dans le miroir, elle se voyait parfaitement. Les fesses relevées, les seins ballottant légèrement à chaque mouvement de hanche, le visage un peu rougi, la bouche entrouverte. Elle se pencha davantage en avant, les genoux plus écartés, le bassin basculé. L’autre main glissa derrière elle. Les doigts trouvèrent le sillon entre les fesses, caressèrent l’anus foncé, appuyèrent sans entrer encore. Elle traça des cercles autour de l’ouverture, sentit le muscle se contracter sous le bout de son doigt. Puis, lentement, elle poussa. L’annulaire s’enfonça d’un demi-centimètre, juste assez pour sentir la résistance chaude et étroite. Elle resta ainsi, un doigt à l’arrière, deux à l’avant, le pouce sur le clitoris.

Le rythme s’accéléra. Les doigts dans sa vulve allaient plus vite, plus profond. Elle les courbait légèrement pour frotter l’endroit sensible à l’intérieur. Le clitoris recevait une attention constante, presque obsessionnelle : cercles, pressions, frottements latéraux. Chaque fois qu’elle sentait l’orgasme approcher trop vite, elle ralentissait, retirait un peu les doigts, se contentait de caresser les lèvres ou de pincer un mamelon. Puis elle recommençait.

La chaleur de la salle de bains lui collait à la peau. Des gouttes de sueur glissaient entre ses seins, le long de sa colonne. Elle gémit tout bas, un son rauque qui résonna contre le carrelage. Ses hanches ondulaient maintenant d’elles-mêmes, cherchant plus de friction. Elle s’enfonça trois doigts, les sentit s’étirer agréablement. Le doigt dans l’anus pénétra un peu plus loin. La double sensation la fit gémir plus fort.

Elle se regardait sans relâche. Dans le miroir, sa vulve était ouverte, rouge, brillante. Les doigts entraient et sortaient, brillants eux aussi. Le clitoris, gonflé, apparaissait et disparaissait sous le mouvement de son pouce. Elle se trouva belle ainsi, affamée, livrée à elle-même. À quarante-cinq ans, son corps avait encore cette générosité, cette densité sensuelle qui l’émouvait.

L’orgasme arriva d’un coup, sans prévenir. Une contraction violente la prit au bas-ventre. Ses parois se resserrèrent autour des doigts, l’anus se contracta sur le doigt qui y était. Elle poussa un cri étouffé, le front presque contre le miroir. Les vagues se succédèrent, puissantes, presque douloureuses de plaisir. Ses cuisses tremblaient. Elle continua de bouger les doigts malgré tout, prolongeant, étirant l’orgasme jusqu’à ce qu’il devienne trop intense. Alors seulement elle s’immobilisa, doigts encore enfoncés, souffle court, le cœur battant fort.

Elle resta ainsi plusieurs minutes, à genoux, le front appuyé contre le bord du miroir. Quand elle retira lentement ses doigts, un filet d’humidité glissa le long de sa cuisse. Elle le recueillit du bout des doigts et le porta à sa bouche, goûta le sel et la chaleur. Puis elle se regarda encore. Cheveux en désordre, seins marqués de traces rouges là où elle les avait pinçés, sexe encore ouvert et luisant. Elle sourit faiblement.

Le regret vint juste après. Elle aurait dû filmer. Poser le téléphone à côté du miroir, enregistrer ces minutes où elle s’était ouverte à elle-même avec tant d’avidité. Pouvoir revoir plus tard le mouvement de ses doigts sur le clitoris, l’expression de son visage au moment de jouir, le balancement de ses seins. Mais elle n’avait pas pensé à le faire. La prochaine fois, se dit-elle. Il y aurait d’autres occasions. D’autres soirs où le désir la prendrait ainsi, seule, face au miroir.

Elle se releva lentement, les jambes encore un peu molles. Alluma la douche tiède, se laissa couler l’eau sur le corps. Sous le jet, elle passa encore une main entre ses cuisses, caressa distraitement le clitoris sensible, sentit une dernière petite vague de plaisir. Puis elle se lava avec douceur, comme on prend soin de quelque chose de précieux.

Plus tard, enfilant une robe légère, elle alla s’asseoir près de la fenêtre ouverte. L’air du soir de Bizerte entrait, chargé d’iode et de chaleur. Elle pensait déjà à la prochaine fois. Peut-être demain. Peut-être dans quelques jours. Elle saurait alors allumer la caméra. Pour l’instant, le souvenir était encore frais sous sa peau, dans le creux de son ventre, sur le bout de ses doigts.

Safa ferma les yeux. Le désir n’était pas totalement apaisé. Il sommeillait seulement, prêt à se rallumer. Elle passa une main sur sa poitrine, sentit le poids familier de ses seins, et sourit dans le semi-obscurité.





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