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Amal: (4) Œuvre d’Architecte
Amal poussait son caddie dans les allées de l’hypermarché en fin d’après-midi, un samedi de juin. Elle cherchait du yaourt grec et du pain de seigle quand une voix familière l’appela près des rayons de fruits.
— Madame Amal ?
Elle se retourna. Thomas. Le meilleur ami d’Élie depuis l’école d’architecture. Quarante ans tout juste, divorcé depuis deux ans, les cheveux bruns un peu longs, une barbe de trois jours soignée, un t-shirt gris sous une veste légère. Il tenait un panier à moitié vide.
— Thomas. Quelle surprise.
Ils se firent la bise. Il sentait le savon et quelque chose de boisé. Elle lui demanda des nouvelles d’Élie, de ses enfants, de Lyon. Il lui demanda des siennes. La conversation glissa facilement. Quand ils arrivèrent aux caisses en même temps, il proposa de l’aider à charger le coffre. Sur le parking, le soleil baissait déjà.
— Je prépare un dîner simple ce soir, dit-il. Rien de fancy. Si vous n’avez rien de prévu… ce serait agréable d’avoir de la compagnie.
Elle hésita une seconde. Son appartement l’attendait, silencieux. Les enfants étaient loin. Elle accepta.
Chez lui, un loft lumineux dans le 11e, les murs blancs, des plans d’architecte épinglés, de grandes baies vitrées ouvertes sur une cour intérieure. Il lui versa un verre de vin blanc bien frais pendant qu’il préparait des pâtes aux fruits de mer. Elle s’installa sur un tabouret de la cuisine ouverte, les jambes croisées, regardant ses mains travailler. Des mains d’architecte : précises, longues, un peu calleuses.
Ils parlèrent longtemps. De la solitude après un divorce. Du silence d’un appartement trop grand. Du désir qui ne disparaissait pas après cinquante ans, mais qui changeait de forme, devenait plus urgent, plus honnête. Elle lui dit qu’elle se sentait parfois invisible. Il lui dit qu’il la trouvait tout le contraire. Leurs regards s’attardaient un peu trop. Le vin coulait. La lumière du soir dorait la pièce.
Après le dîner, ils s’installèrent sur le grand canapé. La conversation ralentit. Ses genoux se touchèrent. Ni l’un ni l’autre ne bougea. Elle sentait la chaleur de sa cuisse à travers le tissu de sa jupe. Son cœur battait un peu trop fort.
— Vous savez, murmura-t-il, depuis le jour où Élie m’a présenté à vous, il y a des années… je n’ai jamais cessé de vous trouver magnifique.
Elle tourna la tête. Leurs bouches se trouvèrent. Le baiser fut lent, exploratoire, puis plus profond. Sa main se posa sur sa nuque, la tira doucement plus près. Elle passa un bras autour de son cou. Le goût du vin et du désir se mélangeait. Quand ils se séparèrent, elle respirait plus vite.
Il la regarda un long moment, puis se leva, lui tendit la main. Elle le suivit jusqu’à la chambre. Les draps étaient gris anthracite, le lit bas et large. Il alluma seulement une lampe de chevet. La lumière était douce.
Amal se tenait debout près du lit. Elle retira sa jupe, puis son haut. En dessous, elle portait la lingerie qu’elle avait enfilée le matin sans vraiment y penser : un soutien-gorge violet clair en dentelle fine, semi-transparent, orné de motifs floraux noirs et d’un petit nœud au centre, un top assorti en voile léger qui laissait deviner la peau, une culotte noire fine, et des bas résille noirs maintenus par des jarretelles de dentelle. Un collier fin doré reposait entre ses seins. Elle se sentit soudain exposée, vulnérable, et pourtant désirée.
Thomas resta immobile, le regard posé sur elle. Ses yeux parcoururent chaque courbe : la lourdeur de sa poitrine sous la dentelle, le ventre doux, les hanches larges, les cuisses épaisses cerclées de résille. Il s’approcha lentement, posa les mains sur ses hanches, les fit glisser vers le haut jusqu’à ses seins. Ses pouces caressèrent les mamelons à travers le tissu.
— Vous êtes… une œuvre, murmura-t-il. Une architecture parfaite.
Elle sourit, un peu tremblante. Il l’embrassa à nouveau, plus profondément. Ses doigts trouvèrent les agrafes du soutien-gorge, les ouvrirent avec précaution. Les seins se libérèrent, lourds, les mamelons déjà durs. Il baissa la tête, prit l’un d’eux en bouche, le suçota lentement, tourna la langue, mordilla juste assez. L’autre reçut le même traitement. Amal posa les mains dans ses cheveux, pencha la tête en arrière. Chaque succion envoyait une vague de chaleur entre ses cuisses.
Il la guida vers le lit. Elle s’y allongea. Il retira le top de voile, puis s’agenouilla pour lui retirer les bas un par un, les faisant glisser le long de ses jambes avec une lenteur presque cérémonieuse. Il embrassa l’intérieur de chaque cuisse, remonta jusqu’à la culotte. Ses doigts glissèrent sous le tissu, la trouvèrent déjà mouillée. Il la caressa un moment à travers le tissu, puis tira la culotte vers le bas. Elle se retrouva entièrement nue, sauf le collier.
Thomas se déshabilla rapidement. Son corps était solide, torse ferme, sexe déjà dur, épais. Il s’allongea entre ses cuisses, l’embrassa longuement, puis descendit. Sa bouche trouva son sexe. Il lécha, suçota, fit entrer sa langue. Deux doigts glissèrent en elle, la courbèrent, cherchèrent. Amal agrippa les draps. Les vagues montaient trop vite. Elle jouit une première fois en gémissant fort, les cuisses tremblantes autour de sa tête. Il continua à la lécher pendant qu’elle se remettait, plus doucement, jusqu’à ce que le plaisir remonte encore. La deuxième fois fut plus profonde, plus longue.
Il remonta le long de son corps, l’embrassa. Elle goûta son propre désir sur sa bouche. Il s’installa entre ses cuisses, posa le gland de son sexe contre son entrée. Il ne pénétra pas tout de suite. Il frotta, enduisit, la taquina. Elle tenta de s’empaler, mais il retint ses hanches.
— Dis-moi que tu le veux, murmura-t-il.
— Je le veux. Maintenant.
Il s’enfonça d’un seul mouvement lent et profond. Elle était si mouillée qu’il glissa jusqu’au fond. Tous deux gémirent. Il resta immobile un instant, enfoncé jusqu’à la garde, le front contre le sien. Puis il commença à bouger. Des coups de reins lents, profonds, qui frottaient exactement là où elle en avait besoin. Ses mains tenaient ses hanches. Il baissait les yeux pour regarder son sexe entrer et sortir d’elle.
Amal croisa les chevilles dans son dos, le força plus près. Il accéléra. Le bruit de leurs peaux qui s’entrechoquaient emplit la chambre. Elle jouit une troisième fois autour de lui, les muscles de son sexe se contractant violemment. Il gémit, ralentit, mais ne sortit pas. Il continua, plus doucement, jusqu’à ce qu’elle redescende, puis recommença.
Ils changèrent de position. Il la mit sur le côté, souleva une de ses jambes, la pénétra plus profondément encore. Une main passa devant pour frotter son clitoris en rythme. Elle jouit une quatrième fois en serrant son bras. Il embrassa son épaule, murmura des mots contre sa peau.
Plus tard, il la fit s’asseoir sur lui. Elle s’empala seule, les mains sur sa poitrine, et se mit à le chevaucher. Ses seins bougeaient à chaque mouvement. Il les tenait, les pinçait, les regardait. Elle se pencha pour l’embrasser, ses cheveux maintenant défaits tombant autour de leurs visages. Elle le sentait battre en elle. Elle ralentit, fit de petits cercles avec ses hanches. Il gémit son nom.
Elle jouit une cinquième fois en le chevauchant, le corps tendu. Il la retourna ensuite sur le ventre, releva ses hanches, la pénétra par-derrière. Ses mains tenaient fermement ses fesses. Chaque coup de reins faisait claquer sa peau contre la sienne. Il se pencha, embrassa sa nuque, mordilla son épaule. Une de ses mains passa sous son ventre pour frotter son clitoris. Elle cria cette fois, un son long et rauque. La sixième jouissance arriva en vague large, les muscles se contractant autour de lui.
Ils s’écroulèrent un moment, enlacés, couverts de sueur. Il était toujours en elle, à demi dur. Elle sentait les battements de son cœur contre son dos. Ses doigts traçaient des cercles absents sur son ventre.
— Encore, murmura-t-elle.
Il sortit lentement, se releva, la guida jusqu’à la grande fenêtre ouverte sur la cour. Debout, il la pénétra par-derrière, une main sous son sein, l’autre entre ses cuisses. L’air de la nuit caressait leur peau. Il la prenait lentement, profondément. Elle posa les mains contre le rebord. Chaque coup de reins la faisait gémir. Elle jouit une septième fois en regardant les lumières de la cour, le visage appuyé contre le cadre.
Il la ramena au lit. Cette fois, il s’allongea sur le dos, la fit s’agenouiller au-dessus de son visage. Il la lécha longuement, profondément, jusqu’à ce qu’elle jouisse une huitième fois en s’appuyant sur la tête de lit, les cuisses tremblantes. Puis il la fit redescendre, s’empala à nouveau. Elle le chevaucha jusqu’à l’épuisement. Quand il ne put plus se retenir, il la retourna sur le dos, s’enfonça profondément, et jouit en elle en gémissant son nom, les hanches collées aux siennes. Elle le sentit pulser, la remplir. Elle le serra contre elle jusqu’à ce qu’il se soit vidé entièrement.
Ils restèrent ainsi longtemps, collés, respirant fort. La nuit avançait. Parfois il la caressait à nouveau, parfois elle le prenait en main jusqu’à ce qu’il durcisse, et ils recommençaient, plus lentement encore. Chaque fois, il la regardait comme s’il découvrait une architecture secrète, chaque courbe, chaque réaction. Chaque fois, elle se laissait aller sans retenue, se laissait remplir, se laissait désirer de cette façon profonde et attentive.
Quand le sommeil les prit enfin, ils étaient enlacés, sa main posée sur sa hanche, sa tête contre son épaule.
Le lendemain matin, la lumière filtrait doucement à travers les rideaux. Amal s’éveilla seule dans le lit. L’odeur du café montait de la cuisine. Elle se leva, enfila seulement la chemise qu’il avait portée la veille, ouverte sur sa poitrine, et le rejoignit pieds nus.
Thomas était debout devant la plaque, en boxer, en train de faire griller du pain et de battre des œufs. Il se retourna, sourit.
— Bonjour. Café ?
Elle s’approcha, passa les bras autour de sa taille par-derrière, posa le visage contre son dos. Il sentait le savon et le sommeil. Il se retourna dans ses bras, l’embrassa longuement. Le baiser était tendre d’abord, puis plus profond. Sa main glissa sous la chemise, trouva un sein, le caressa. Elle sentit le désir remonter, lent, inévitable.
— Le petit-déjeuner peut attendre, murmura-t-il.
Il la souleva facilement, la posa sur la table de la cuisine, écartant les assiettes d’un geste. La chemise s’ouvrit complètement. Il s’agenouilla un instant entre ses cuisses ouvertes, l’embrassa là où elle était déjà humide, lécha longuement jusqu’à ce qu’elle gémissît et écartât davantage les jambes. Puis il se releva, baissa son boxer, et s’enfonça en elle d’un mouvement profond.
Elle était assise au bord de la table, les jambes autour de sa taille. Il la prenait avec des coups de reins réguliers, profonds, en la regardant. Ses mains tenaient ses hanches. Le soleil du matin entrait par la fenêtre, illuminait leur peaux. Elle posa les mains derrière elle, s’arc-bouta. Chaque va-et-vient faisait claquer doucement sa peau contre la sienne. Il baissa la tête, prit un mamelon en bouche pendant qu’il la baisait. Elle jouit rapidement, les muscles se contractant autour de lui, un gémissement rauque échappant de sa gorge.
Il continua, plus fort maintenant. La table grinçait légèrement. Elle croisa les chevilles dans son dos, le força plus près. Le plaisir remontait déjà. Il frottait son clitoris avec le pouce en rythme. Elle jouit une deuxième fois plus sèchement, les ongles plantés dans ses épaules. Cette fois, il ne se retint plus. Il s’enfonça jusqu’au bout, gémit fort, et jouit en elle, profondément, par vagues chaudes qu’elle sentit la remplir.
Ils restèrent ainsi un long moment, collés, respirant fort. Le pain grillait un peu trop sur la plaque. L’odeur du café se mélangeait à celle de leur sexe. Thomas sortit lentement d’elle, l’embrassa sur le front, puis sur la bouche.
— Petit-déjeuner maintenant ? demanda-t-il en souriant.
Elle rit doucement, un son un peu cassé, et passa les bras autour de son cou.
— Oui. Mais après, peut-être encore un peu.
Il l’aida à descendre de la table. Elle sentait le mélange chaud couler un peu le long de sa cuisse. Dans la lumière du matin, nue sous sa chemise ouverte, elle se sentait plus vivante, plus désirée, plus femme qu’elle ne l’avait été depuis des années. L’architecte avait dessiné une nuit, puis un matin, et elle s’y était entièrement abandonnée.
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