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Rebecca: (8) Le Déménagement
Le camion de location était garé en double file devant l'immeuble haussmannien du dix-huitième arrondissement, ses flancs blancs maculés de poussière et de petites éraflures. Rebecca était arrivée une heure plus tôt, vêtue d'un jean et d'un t-shirt noir, les cheveux blonds attachés en une queue de cheval qu'elle avait nouée à la va-vite. Son amie Élodie, une jeune femme trans qu'elle avait rencontrée sur un groupe de soutien deux ans plus tôt, était en train de déménager dans un appartement plus grand, et Rebecca avait promis de l'aider à porter les cartons. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'était l'équipe de déménageurs engagés pour les meubles lourds, et surtout, elle n'avait pas prévu Raphaël.
Il était sorti du camion comme on sort d'une grotte, en plissant les yeux sous le soleil de juin. Grand, très grand, au moins un mètre quatre-vingt-dix, avec des épaules larges qui semblaient taillées pour porter des mondes. Ses bras étaient épais, musclés, couverts de cicatrices blanches et de tatouages qui disparaissaient sous les manches de son t-shirt gris. Il avait des cheveux bruns coupés court, une mâchoire carrée, et des yeux d'un bleu si clair qu'ils semblaient presque transparents. Il avait dû voir Rebecca en même temps qu'elle le voyait, parce que son regard s'était figé sur elle, comme s'il venait de reconnaître quelqu'un qu'il cherchait depuis longtemps. Il ne sourit pas, ne dit rien, se contenta de la regarder avec une intensité qui fit rougir Rebecca jusqu'aux oreilles.
Elle détourna les yeux, se concentra sur un carton marqué "Livres", le souleva avec effort. Il était plus lourd que prévu. Raphaël s'approcha sans un mot, posa ses mains sur le carton, et le souleva comme s'il pesait une plume. Il passa devant elle, monta les escaliers sans se retourner. Rebecca resta figée sur le trottoir, le souffle coupé. Elle regarda ses épaules disparaître dans l'entrée de l'immeuble, puis secoua la tête, se remit à marcher. La journée fut longue, chaude, épuisante. Les déménageurs allaient et venaient, portant des canapés, des armoires, des matelas. Rebecca portait les cartons plus légers, les sacs de vêtements, les boîtes de vaisselle. À chaque fois qu'elle croisait Raphaël, elle sentait son regard sur elle. Il ne la regardait pas comme on regarde une femme qu'on trouve belle ; il la regardait comme on regarde une question à laquelle on ne sait pas répondre. Une fois, alors qu'elle montait les escaliers avec une lampe dans les bras, il la rattrapa, posa sa main sur son coude. Elle sursauta. Il retira sa main comme s'il s'était brûlé, et dit, de sa voix grave et caverneuse : "Tu veux que je prenne ça ?" Elle secoua la tête, incapable de parler. Il hocha la tête, descendit.
À la fin de la journée, quand tout fut rangé dans le nouvel appartement, Rebecca s'affala sur le canapé, épuisée. Elle avait les cheveux en désordre, le visage couvert de sueur, les vêtements sales. Elle se sentait laide, débraillée. Raphaël était resté pour signer le bon de livraison. Il se tenait près de la porte, son téléphone à la main, semblant hésiter. Il leva les yeux vers elle, et dit simplement : "Je peux avoir ton numéro ?" Élodie, qui était en train de déballer des verres, leva un sourcil en souriant. Rebecca sentit son cœur s'emballer. Elle hésita une seconde, puis donna son numéro. Il l'enregistra sans un mot, lui jeta un dernier regard, et sortit.
Le message arriva trois jours plus tard : "C'est Raphaël. Le déménageur. Tu veux venir dîner chez moi samedi ?" Rebecca relut le message plusieurs fois, les mains tremblantes. Elle était sortie avec des hommes depuis sa transition, mais jamais avec un déménageur, jamais avec un homme aussi grand, aussi silencieux, aussi intimidant. Elle répondit "oui" avant d'avoir le temps de réfléchir.
Le samedi soir, elle passa plus d'une heure à se préparer. Elle choisit une longue robe noire en soie, fluide, qui tombait jusqu'à ses chevilles. Elle ne mit pas de soutien-gorge, pas de slip. Sous la robe, son corps était nu, offert, à l'exception d'une cage de chasteté qu'elle avait achetée quelques mois plus tôt, sans jamais vraiment l'utiliser. C'était un petit appareil métallique, léger, qui emprisonnait son pénis dans une gaine transparente, laissant ses testicules libres. Elle l'avait enfilée avec une excitation mêlée de nervosité. La sensation de sa queue comprimée, prisonnière, l'avait immédiatement fait durcir, mais la cage l'empêchait de se dresser complètement. Elle se regarda dans le miroir : ses seins lourds pointaient à travers la soie fine, ses tétons roses formant deux petites bosses visibles. Elle appliqua un rouge à lèvres rouge sombre, un trait d'eye-liner parfait, un peu de blush. Elle se sentait belle, dangereuse, vulnérable.
L'appartement de Raphaël était dans une rue calme du vingtième arrondissement, au cinquième étage sans ascenseur. Elle monta les escaliers lentement, sentant la soie de sa robe glisser sur sa peau nue. Elle sonna, et il ouvrit la porte. Il portait un jean et un t-shirt noir, les cheveux encore humides de la douche. Il la regarda, son regard s'attardant sur ses seins, sur le tissu qui les moulait, puis sur son visage. Il ne dit rien, s'effaça pour la laisser entrer. L'appartement était spartiate : une petite cuisine, un salon avec un canapé usé, une table basse en bois, et une chambre visible au fond, avec un lit recouvert d'une couverture grise. Pas de tableaux, pas de bibelots, juste l'essentiel. Rebecca aima cette honnêteté, cette absence de décorum.
Il l'invita à s'asseoir sur le canapé, lui servit un verre de vin rouge. Ils parlèrent peu, d'abord. Elle lui demanda depuis combien de temps il était déménageur. Il répondit "dix ans", puis se tut. Elle demanda s'il aimait son métier. Il haussa les épaules, dit "c'est un métier". Rebecca sourit, amusée par sa concision. Elle but son vin, sentit la chaleur monter en elle. Il était assis en face d'elle, sur une chaise, ses mains posées sur ses cuisses. Il la regardait avec la même intensité que le jour du déménagement, mais cette fois, il y avait autre chose dans son regard. Pas du désir brut, plutôt de l'incertitude, comme s'il ne savait pas quoi faire de ce qu'il ressentait.
"Tu es belle", dit-il enfin. "Je savais que tu étais belle, mais là..." Il fit un geste vague vers elle. Rebecca se leva, s'approcha de lui. Elle s'accroupit devant lui, ses mains sur ses genoux. "Tu n'as jamais été avec une femme trans, n'est-ce pas ?" Il secoua la tête. "Non. Mais ça m'est égal. Je veux juste... te toucher." Elle prit ses mains, les posa sur ses seins, à travers le tissu de la robe. "Alors touche-moi. Apprends." Il pressa ses doigts dans la soie, sentit la fermeté de ses seins, la dureté de ses tétons. Il les caressa avec une maladresse touchante, comme un adolescent qui découvre pour la première fois. Il les massa doucement, puis plus fermement, ses pouces traçant des cercles autour de ses tétons. Elle gémit, se pencha en avant, l'embrassa. Le baiser fut timide, hésitant, puis plus profond. Sa langue glissa contre la sienne, ses mains remontèrent sur sa nuque, dans ses cheveux.
Elle se releva, se tint devant lui. Elle défit lentement les boutons de sa robe, la laissa glisser sur ses épaules, puis sur ses hanches, puis à ses pieds. Elle était nue, offerte, ses seins lourds retombant sur sa poitrine, ses tétons roses et durs, son ventre plat, et entre ses jambes, la cage de chasteté, étincelant sous la lumière, contenant son pénis comprimé, à moitié dressé. Raphaël retint son souffle. Il regarda la cage, puis ses yeux, sans comprendre. "C'est quoi ?" demanda-t-il. "Une cage de chasteté", répondit-elle. "Elle m'empêche de bander complètement. Ça me rend plus sensible. Et ça te donne le pouvoir." Il la regarda, ses yeux bleus s'élargissant. "Le pouvoir de quoi ?" "De décider quand je viens."
Il se leva, s'approcha d'elle. Il posa une main sur sa cage, sentit le métal froid, le pénis chaud à l'intérieur. Il caressa la cage, la fit osciller légèrement. Rebecca gémit, se cambra. Elle sentit le métal presser contre sa queue, l'empêchant de se durcir complètement, mais intensifiant chaque sensation. Il descendit ses doigts le long de la cage, toucha ses testicules, les massa doucement. Elle ferma les yeux, se laissa aller. Il la prit dans ses bras, la porta vers la chambre, la déposa sur le lit. Il se déshabilla à son tour, révélant un corps massif, musclé, couvert de tatouages. Sa poitrine était large, couverte d'un duvet brun, ses bras épais, ses jambes puissantes. Entre ses jambes, son sexe était déjà dur, long, épais, se dressant contre son ventre. Elle le regarda, sentit une bouffée de désir monter en elle.
Il s'allongea à côté d'elle, ses mains errant sur son corps. Il caressa ses seins, ses tétons, les pinçant doucement entre ses doigts. Il les prit dans sa bouche, les suça, les lécha, les mordilla avec une hésitation qui se transforma en avidité. Elle gémissait, ses mains dans ses cheveux. Il descendit vers son ventre, embrassa sa cage, la lécha, le métal froid contre sa langue chaude. Il remonta, l'embrassa sur la bouche. "J'ai envie de toi", murmura-t-il. "Mais je ne sais pas comment." Elle prit sa queue dans sa main, la caressa. Elle était épaisse, lourde, chaude. Elle s'agenouilla entre ses jambes, se pencha, et la prit dans sa bouche. Il gémit, ses mains agrippant les draps. Elle le suça profondément, sa tête descendant, remontant, sa langue tournant autour du gland, ses lèvres serrant la tige. Elle sentit le pré-sperme couler sur sa langue, salé et amer. Il gémissait, sa bouche ouverte, son corps se tendant. Elle accéléra le mouvement, prenant sa queue de plus en plus profond, jusqu'à ce qu'elle touche le fond de sa gorge. Il cria, se cambra. Elle sentit son pénis durcir encore plus, puis éjaculer, un flot chaud qui inonda sa bouche. Elle avala, sans s'arrêter, continuant à le sucer à travers son orgasme. Il tremblait, ses mains sur sa tête, la repoussant doucement. Elle se releva, sourit, sa bouche encore pleine de son sperme. Elle avala, se pencha, l'embrassa. "Tu as bon goût."
Il la regarda, les yeux brillants. Il se leva, l'attira vers lui, la retourna sur le ventre. "Je veux te prendre", dit-il. "Je veux entrer en toi." Elle hocha la tête, se mit à quatre pattes. Il prit du lubrifiant sur la table de nuit, en enduisit ses doigts, puis son pénis. Il posa une main sur ses fesses, l'écarta, et guida sa queue vers son anus. Il entra lentement, centimètre par centimètre. Elle cria, surprise par sa taille, par la sensation d'être remplie. Il s'arrêta, la laissa s'habituer. "Ça va ?" demanda-t-il. "Oui", haleta-t-elle. "Continue." Il s'enfonça un peu plus, puis commença un mouvement lent, régulier, profond. Chaque va-et-vient était une vague, qui l'emportait un peu plus loin. Il la tenait par les hanches, la pénétrant avec une douceur qui contrastait avec sa force brute. Elle gémissait, son visage enfoui dans l'oreiller, ses mains agrippant les draps. Il accéléra légèrement, puis ralentit, jouant avec elle. Elle sentit son orgasme monter, mais la cage l'empêchait de jouir complètement. Le plaisir était différé, prolongé, presque douloureux. Elle gémit de frustration. Il la retourna sur le dos, l'embrassa, puis la pénétra à nouveau. Il était au-dessus d'elle, ses yeux plongés dans les siens, ses hanches bougeant avec une lenteur délibérée. Elle sentit chaque centimètre de sa queue en elle, chaque pulsation, chaque mouvement. Elle prit sa propre cage dans sa main, la caressa, sentant son pénis comprimé, brûlant, désespérant de se libérer. L'orgasme monta, monta, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus le contenir. Elle cria, son corps se contractant, et son pénis éjacula à travers la cage, des jets chauds qui coulèrent entre les barreaux métalliques, sur ses doigts, sur son ventre. Raphaël, sentant ses contractions, accéléra, et jouit à son tour, profondément en elle, des jets chauds qui emplirent son anus.
Il resta un moment en elle, puis se retira doucement. Il s'allongea à côté d'elle, la prit dans ses bras. Ils restèrent silencieux, essoufflés, les corps collés. Rebecca sentit le sperme couler de son anus sur le drap. Elle se tourna vers lui, l'embrassa. "Merci", murmura-t-elle. "Merci d'être venu", répondit-il. Elle rit, un rire léger. "Je suis venue pour le dîner, mais j'ai surtout mangé toi." Il rit à son tour, un rire profond qui semblait sortir de ses entrailles. Il se leva, alla chercher une serviette, l'essuya doucement. Il s'allongea à côté d'elle, la caressant.
Rebecca se tourna, se pencha vers son pénis encore à moitié dur, couvert de sperme et de lubrifiant. Elle le prit dans sa bouche, le lécha, le nettoya avec une lenteur gourmande. Elle goûta son propre sperme mêlé au sien, un goût salé, amer, intime. Elle sourit, releva la tête vers lui. "J'aime ça", dit-elle. Il posa sa main sur sa joue, la caressa. Elle se blottit contre lui, et ils restèrent enlacés, parlant de tout et de rien. Il lui raconta son enfance, ses parents divorcés, son premier déménagement à seize ans. Elle lui parla de sa transition, de sa rencontre avec Alex, de son amour pour les robes métalliques. Elle lui avoua qu'elle n'avait jamais été avec un homme aussi grand, aussi costaud, aussi silencieux. "Je préfère l'action", dit-il simplement. Elle rit, l'embrassa.
Ils firent l'amour encore deux fois, cette nuit-là. La deuxième fois, il fut plus lent, presque contemplatif, explorant chaque centimètre de son corps, la prenant par-derrière, par-devant, la faisant jouir encore une fois à travers sa cage. La troisième fois, il la baisa avec une force qui la fit crier, la prenant comme une salope, la remplissant de son sperme encore et encore. Mais à chaque fois, il y avait cette délicatesse dans sa force brute, cette attention à son corps, à ses limites, à son désir. Elle se sentit protégée, désirée, aimée, même s'ils savaient tous les deux que ce n'était pas de l'amour, pas encore.
Au matin, le soleil filtrait à travers les rideaux. Rebecca se leva, enfila la robe noire, se regarda dans le petit miroir de l'entrée. Elle était fatiguée, heureuse, le corps endolori mais apaisé. Raphaël la rejoignit, nu, les cheveux en désordre. Il l'embrassa sur la nuque, ses mains sur ses hanches. "Reviens", murmura-t-il. "Quand tu veux." Elle se tourna, l'embrassa. "Je reviendrai." Elle sortit dans la rue, le corps encore brûlant de la nuit. Elle prit son téléphone, envoya un message à Alex : "Je rentre. Je t'aime. Je te raconterai tout." Puis elle marcha vers le métro, un sourire aux lèvres. Le déménagement d'Élodie avait été un cadeau inattendu. Elle avait déménagé des cartons, mais elle avait aussi déménagé des frontières, des peurs, des attentes. Elle avait découvert que la force brute pouvait être douce, que la délicatesse n'était pas une faiblesse, et que parfois, les plus belles rencontres arrivent quand on ne les cherche pas.
Dans le métro, elle repensa au regard de Raphaël, à ses mains, à sa queue, à sa lenteur et à sa force. Elle se sentait légère, libre, habitée d'un plaisir qui ne demandait qu'à être renouvelé. Elle ouvrit son téléphone, écrivit un message à Raphaël : "Merci pour la nuit. J'ai aimé ton corps, ta lenteur, ta force. J'ai aimé me sentir nue, vulnérable, et pourtant protégée. Reviens quand tu veux. Je serai là." Il répondit quelques secondes plus tard : "Je viendrai." Et Rebecca sourit, se blottit dans son siège, le corps encore vibrante du souvenir de leurs étreintes. Elle savait que ce n'était pas une fin, mais un début. Le déménagement n'était pas fini. Il ne faisait que commencer.
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