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Sirine: (5) Les Trois Grâces (nouvelle)

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Sirine: (5) Les Trois Grâces





La chaleur de l'après-midi pesait sur Nabeul comme une main posée sur la nuque. Sirine avait pris une chambre à l'étage de la maison d'hôtes, une ancienne demeure familiale aux murs blancs et aux volets bleus, entourée de jardins de jasmin et de citronniers. Elle était arrivée la veille, fatiguée par le voyage, par les mois de travail à Tunis, par cette lassitude qui s'installe parfois au milieu de la vie sans qu'on sache d'où elle vient. Elle avait besoin de mer, de soleil, de silence.

Mais le silence, à la maison d'hôtes des sœurs Ben Youssef, n'était pas vraiment au rendez-vous.

Amina et Farida étaient inséparables. Elles avaient quarante-cinq ans, le même visage ovale, les mêmes yeux noirs en amande, les mêmes cheveux longs et sombres. Pourtant, elles étaient différentes comme le jour et la nuit. Amina, l'aînée de quelques minutes, parlait doucement, riait avec retenue, touchait les choses comme si elles étaient fragiles. Farida était plus brusque, son rire éclatait comme une vague, ses gestes étaient amples, presque sauvages. Elles se complétaient, s'équilibraient, et leur complicité fascinait Sirine dès le premier jour.

Le premier soir, elles avaient dîné ensemble sur la terrasse. Farida avait préparé un couscous aux légumes, Amina avait sorti une bouteille de vin blanc. Elles avaient parlé de Tunis, des saisons, de la mer. Sirine avait raconté sa vie, sans entrer dans les détails intimes, mais les deux sœurs l'écoutaient avec une attention qui la troublait. Leurs regards se croisaient au-dessus de la table, échangeaient des messages muets. Sirine sentait qu'elle était observée, jaugée, désirée peut-être, mais elle n'osait pas formuler cette pensée.

Le deuxième jour, elles l'avaient emmenée à la plage. Une petite crique à l'écart, loin des touristes. Le sable était chaud, l'eau turquoise. Farida s'était déshabillée sans pudeur, révélant un corps bronzé et ferme, des seins ronds, un ventre plat. Amina, plus timide, avait gardé son paréo jusqu'à ce qu'elle entre dans l'eau. Sirine les avait regardées nager, leurs corps glissant dans les vagues, leurs rires portés par le vent. Elle avait senti quelque chose bouger en elle, un désir ancien et pourtant neuf, une envie de les toucher, d'être touchée.

Le troisième jour, elles avaient passé l'après-midi à se promener dans les ruelles de Nabeul, à sentir les épices, à boire du thé à la menthe. Leurs bras se frôlaient, leurs mains se cherchaient parfois. Sirine avait remarqué la façon dont Amina posait sa main sur son épaule pour lui montrer quelque chose, la façon dont Farida la frôlait en passant dans une porte étroite. Ces contacts, apparemment anodins, faisaient naître en elle une chaleur diffuse, une anticipation.

La quatrième nuit, elles l'invitèrent à se baigner dans la mer.

« La lune est pleine, » avait dit Amina en posant sa main sur le bras de Sirine. « L'eau est parfaite. »

Farida était déjà debout, un drap blanc jeté sur ses épaules. « Viens. On t'attend. »

Sirine les suivit jusqu'à la plage. La lune était haute, ronde, argentée, et sa lumière dansait sur les vagues comme des écailles de poisson. Le sable était encore chaud sous leurs pieds nus. Elles s'arrêtèrent au bord de l'eau.

Farida jeta son drap. Elle était nue, splendide, la peau luisante. Amina, après une hésitation, laissa tomber sa robe légère. Sirine fit de même, lentement, offrant son corps de cinquante ans à la lumière de la lune. Elle vit le regard des deux sœurs sur ses seins lourds, son ventre doux, ses hanches larges. Il n'y avait pas de jugement dans leurs yeux, seulement une admiration profonde, presque religieuse.

Elles entrèrent dans l'eau. La mer était tiède, enveloppante, comme une étreinte. Elles nagèrent un moment, silencieuses, puis se retrouvèrent dans une eau peu profonde où elles pouvaient se tenir debout. Farida s'approcha de Sirine et posa ses mains sur ses épaules. Ses doigts étaient chauds, salés. Elle la regarda dans les yeux.

« Tu es belle, » dit-elle. Sa voix avait perdu sa brusquerie, elle était grave, presque tendre.

Amina s'approcha par derrière et passa ses bras autour de la taille de Sirine. Elle posa son menton sur son épaule et murmura contre sa nuque : « On te veut, Sirine. On te veut toutes les deux. »

Sirine ferma les yeux. L'eau la portait, les corps des deux sœurs la soutenaient, leurs mains la caressaient. Elle ne savait plus où finissait l'une, où commençait l'autre. Elle se laissa faire, se laissa glisser dans cette eau chaude qui n'était plus seulement la mer, mais aussi le désir des deux femmes.

Farida se pencha et l'embrassa. Le baiser fut fort, profond, sauvage. Sa langue entra dans la bouche de Sirine comme pour la prendre, la posséder. Pendant ce temps, les mains d'Amina glissaient sur le ventre de Sirine, remontaient vers ses seins, les caressaient doucement. Sirine gémit dans la bouche de Farida.

Elles sortirent de l'eau, ruisselantes. Leurs corps nus brillaient sous la lune. Sans un mot, elles prirent Sirine par la main et la conduisirent vers la maison. Les marches en pierre étaient encore chaudes. Elles montèrent jusqu'à la chambre des sœurs, au deuxième étage, une grande pièce aux murs blancs, au lit immense recouvert de draps de lin.

Farida poussa Sirine sur le lit. Elle s'allongea sur elle, la couvrant de son corps, l'embrassant avec une faim qui faisait vibrer l'air. Amina, plus lente, s'installa à côté, caressant les cheveux de Sirine, son cou, ses épaules. Elles échangèrent un regard, un sourire, et commencèrent leur jeu.

Farida descendit. Elle embrassa la gorge de Sirine, la clavicule, la naissance des seins. Sa langue était chaude, rapide. Elle prit un mamelon dans sa bouche et le suça avec une force qui fit crier Sirine. En même temps, Amina se pencha sur l'autre sein, plus doucement, le léchant, le mordillant à peine. Les deux sœurs travaillaient ensemble, en parfaite harmonie, comme si elles ne faisaient qu'un seul corps à deux têtes.

Sirine sentit ses mains s'agripper aux draps. Elle avait les yeux fermés, le corps tendu, les cuisses déjà humides. Farida descendit plus bas, embrassa son ventre, son nombril, tandis qu'Amina remontait vers sa bouche et l'embrassait longuement. Sirine goûta ses lèvres, sa langue, respira son parfum mêlé à celui de la mer. Pendant qu'elles s'embrassaient, elle sentit les doigts de Farida glisser entre ses cuisses, trouver son sexe déjà ouvert, et le caresser avec une lenteur exquise.

« Tu es si mouillée, » murmura Farida contre sa peau. « On te fait ça ? »

Sirine ne put répondre qu'un gémissement. Amina, toujours sur sa bouche, sourit.

« Laisse-toi faire, » dit-elle doucement. « On va te donner tout ce que tu veux. »

Farida se plaça entre les cuisses de Sirine. Elle les écarta largement, posa ses mains sur ses hanches et plongea son visage entre ses jambes. Sa langue trouva immédiatement le clitoris, le lécha, le suça, le mordilla avec une précision affolante. Sirine poussa un long cri et se cambra. En même temps, Amina se pencha sur elle et l'embrassa à nouveau, pour étouffer ses gémissements, pour les partager.

Les deux sœurs travaillaient en symbiose. Farida léchait Sirine avec une faim vorace, tandis qu'Amina caressait ses seins, son ventre, ses hanches. Leurs mains se rejoignaient parfois sur le corps de Sirine, se mêlaient, s'embrassaient. La bouche de Farida était partout : sur le clitoris, sur les lèvres intérieures, à l'entrée du sexe, qu'elle léchait longuement avant de replonger. Elle glissa deux doigts en Sirine, les enfonça profondément, les courba pour toucher ce point qui faisait toujours trembler les femmes. Sirine cria encore, ses hanches bougeant contre le visage de Farida.

Amina, sentant que Sirine était proche, descendit et vint se placer à côté de sa sœur. Elle écarta encore plus les cuisses de Sirine, et pendant que Farida continuait de la lécher, elle posa sa propre bouche sur le clitoris. Deux langues, deux bouches, sur le même sexe. Sirine n'avait jamais rien vécu de tel. Les langues des sœurs se rencontraient, se croisaient, se mêlaient autour de son clitoris. L'une léchait, l'autre suçait, elles alternaient, s'accordaient, comme si elles lisaient dans les pensées l'une de l'autre.

Sirine sentit l'orgasme monter, une vague immense, dévastatrice. Elle ouvrit la bouche pour crier, mais aucun son ne sortit. Son corps se tendit, se cambra, puis se brisa. Elle jouit avec une violence qui la secoua tout entière, les jambes tremblantes, les mains agrippées aux cheveux des deux sœurs. Farida et Amina ne s'arrêtèrent pas. Elles continuèrent de lécher, plus doucement, recueillant le plaisir qui coulait, jusqu'à ce que Sirine les tire vers elle.

« Arrêtez, » murmura-t-elle, la voix brisée. « Je n'en peux plus. »

Elles remontèrent le long de son corps, la couvrant de baisers, se frottant à elle. Sirine les regarda, leurs visages brillants de son propre plaisir, leurs yeux noirs qui brillaient de désir. Elle les embrassa l'une après l'autre, goûtant son goût sur leurs lèvres.

Mais le jeu n'était pas fini.

Farida s'allongea sur le dos et tira Sirine vers elle. Sirine comprit : elle s'installa à califourchon sur elle, son sexe contre le sien. Amina se plaça derrière Sirine, colla son corps contre son dos, passa ses bras autour d'elle pour prendre ses seins. Et ainsi, elles commencèrent à bouger ensemble.

Le frottement des sexes de Sirine et Farida était lent, profond. Leurs clitoris se touchaient, se pressaient, se cherchaient. Les mains d'Amina caressaient les seins de Sirine, pinçaient ses mamelons, descendaient sur son ventre. Amina glissa une main entre les cuisses de Sirine, trouva l'endroit où les deux corps se joignaient, et caressa les deux sexes ensemble.

Sirine se pencha en arrière, chercha la bouche d'Amina par-dessus son épaule. Elles s'embrassèrent maladroitement, passionnément, pendant que les hanches de Sirine bougeaient sur celles de Farida. Farida, en dessous, gémissait doucement, ses mains sur les hanches de Sirine, la guidant.

La position changea. Amina s'allongea à son tour, Sirine sur elle, le corps de Farida contre son dos. Elles formèrent un enchevêtrement de bras, de jambes, de cheveux. Les mains de l'une trouvaient les seins de l'autre, les doigts glissaient entre les cuisses, les bouches s'embrassaient sans savoir à qui appartenaient ces lèvres.

Sirine se retrouva allongée sur le dos, les deux sœurs de chaque côté d'elle. Farida prit son sein gauche, Amina le droit. Elles le suçaient en même temps, en rythme, leurs langues imitant le même mouvement. Les mains de Sirine caressaient leurs têtes, leurs nuques, tandis qu'elle regardait leurs visages penchés sur sa poitrine. Elles étaient si belles, si semblables, et pourtant si différentes.

Puis elles descendirent. Farida prit la cuisse gauche de Sirine, Amina la droite. Elles les écartèrent, les embrassèrent, les léchèrent. Leurs langues remontèrent lentement, de l'intérieur du genou jusqu'à l'aine. Sirine frissonnait à chaque contact. Elle sentait la chaleur de leurs bouches, la douceur de leurs langues, la pression de leurs doigts.

Quand elles atteignirent le sexe, elles s'arrêtèrent. Elles se regardèrent, eurent un sourire complice, et plongèrent ensemble. Leurs langues se posèrent sur le clitoris de Sirine, l'une de chaque côté, puis se rencontrèrent, se mêlèrent. En même temps, leurs mains glissèrent le long des cuisses de Sirine, remontèrent vers son sexe. Un doigt de Farida, un doigt d'Amina, s'enfoncèrent ensemble en elle.

Sirine poussa un cri. Deux doigts en elle, deux langues sur elle, et les deux sœurs la regardaient pendant qu'elles la faisaient jouir. Elle sentit l'orgasme monter, plus lentement, plus profond. Elle ferma les yeux et se laissa emporter.

Leurs doigts bougeaient à l'intérieur d'elle, en rythme, l'un s'enfonçant pendant que l'autre se retirait. Leurs langues travaillaient le clitoris avec une précision de plus en plus intense. Sirine sentit qu'elle allait jouir, mais quelque chose la retenait, la faisait flotter.

« Regarde-nous, » murmura Farida.

Sirine ouvrit les yeux. Les deux sœurs étaient penchées sur son sexe, leurs visages si proches qu'ils se touchaient presque. Elles la regardaient, leurs langues toujours sur elle, leurs doigts toujours en elle. Sirine vit leur désir, leur complicité, leur amour, et elle se sentit prise, possédée, offerte.

L'orgasme la frappa comme une vague. Elle cria, se cambra, ses mains agrippant les draps. Elle sentit les doigts des sœurs s'enfoncer plus profond en elle pendant qu'elle jouissait, leurs langues qui continuaient de la lécher. L'orgasme ne s'arrêtait pas. Il roulait en elle, la secouait, la vidait, la remplissait. Elle sentit ses larmes couler sur ses joues.

Quand elle redescendit, les deux sœurs étaient encore là, leurs visages contre son sexe, leurs mains sur ses cuisses. Elles la léchèrent doucement, recueillant les dernières gouttes de son plaisir, jusqu'à ce qu'elle les tire vers elle.

« Assez, » murmura-t-elle. « Je vous en supplie. »

Elles remontèrent et s'allongèrent contre elle, une de chaque côté, leurs têtes sur ses épaules. Sirine sentit leurs corps chauds, leurs souffles qui s'apaisaient.

Mais Sirine n'avait pas fini. Elle se tourna vers Farida et l'embrassa profondément. Puis elle se tourna vers Amina et l'embrassa de la même façon. Ses mains caressèrent leurs corps, explorèrent leurs seins, leurs ventres, leurs hanches.

« À mon tour, » dit-elle.

Elle fit s'allonger Farida sur le dos, puis Amina vint s'allonger sur sa sœur, leurs corps se superposant. Deux paires de seins, deux ventres, deux sexes si proches. Sirine s'agenouilla devant elles. Elle posa sa bouche sur le sexe de Farida, en bas, et ses doigts sur celui d'Amina, au-dessus. Elle lécha Farida pendant que ses doigts caressaient Amina.

Les deux sœurs gémissaient ensemble. Farida tendait ses mains vers le visage de Sirine, Amina se frottait contre ses doigts. Sirine alternait, passant de l'une à l'autre, les léchant, les touchant, les faisant monter ensemble vers le plaisir. Parfois elle glissait son visage entre les deux corps, léchant les deux sexes à la fois, leur langue se mêlant à leur chair.

Elle sentit qu'elles étaient proches. Elle s'installa entre leurs cuisses, glissa ses mains sur leurs hanches, et les fit jouir ensemble, presque au même instant. Leurs cris se mêlèrent, leurs corps se tendirent, et le lit trembla sous leurs orgasmes.

Farida et Amina s'effondrèrent l'une sur l'autre. Sirine les regarda, leurs corps emmêlés, leurs visages apaisés. Elle les prit dans ses bras, les serra contre elle, forma un cercle de trois corps nus.

Elles restèrent longtemps ainsi, à se caresser, à s'embrasser. Parfois l'une prenait la main de l'autre et la guidait vers un endroit sensible. Parfois une bouche se posait sur une épaule, sur un sein, sur des lèvres. Elles parlaient peu, seulement des murmures, des rires étouffés, des soupirs.

Amina se blottit contre Sirine, sa tête sur sa poitrine. Farida s'allongea le long de son corps, sa tête sur son ventre. Sirine caressait leurs cheveux, leurs épaules, leurs dos. Elle se sentait comblée, vidée, remplie. Elle n'avait jamais connu une telle intensité, une telle osmose entre trois corps.

« Vous êtes incroyables, » murmura-t-elle. « Vous êtes comme une seule personne. »

Farida rit, un rire doux qui vibra contre la peau de Sirine. « On s'entraîne depuis quarante-cinq ans. »

Amina leva les yeux vers elle. « On savait qu'on te voudrait, dès qu'on t'a vue. »

Sirine sourit. « Vous le saviez ? »

Farida releva la tête. « On t'a regardée arriver, avec ta robe blanche, tes cheveux dans le vent. On s'est dit : elle est à nous. » Elle sourit, sauvage. « Et elle l'est. »

Sirine sentit quelque chose de chaud, de doux, qui se déployait dans sa poitrine. Elle se sentait désirée, aimée, prise dans un filet de soie dont elle ne voulait pas sortir.

Elle se tourna vers Amina, la plus douce, et la regarda dans les yeux. « Et toi ? Tu le savais aussi ? »

Amina sourit, un sourire timide, presque gêné. « Je le savais. Mais j'osais moins le dire. »

Sirine l'embrassa, un baiser lent, profond. Puis elle se tourna vers Farida et l'embrassa de la même manière. Les deux sœurs se regardèrent, eurent un sourire, et se penchèrent en même temps vers Sirine pour l'embrasser ensemble, leurs langues se mêlant sur ses lèvres.

La nuit avançait. La lune était maintenant haute, sa lumière argentée entrait par la fenêtre et baignait leurs corps. Parfois Sirine rouvrait les yeux, en voyait un, une ombre, une main qui cherchait son corps. Elle se laissait faire, se laissait toucher. Une bouche sur son sein, une main entre ses cuisses, des doigts qui s'enfonçaient en elle, encore, toujours. Elle jouit une fois, deux fois, trois fois, sans compter, les orgasmes se succédant, affolants, renversants.

À un moment, elle se retrouva allongée sur le ventre, et les deux sœurs, l'une à sa droite, l'autre à sa gauche, descendirent le long de son dos. Leurs langues léchèrent sa nuque, ses épaules, ses omoplates, le bas de son dos, le creux de ses reins. Puis elles redescendirent, plus bas, jusqu'à ses fesses, qu'elles caressèrent, qu'elles écartèrent. Sirine sentit une langue sur son anus, une autre sur son sexe, et elle hurla dans l'oreiller.

Elles la retournèrent. Farida s'installa entre ses cuisses, Amina au-dessus d'elle, et elles l'embrassèrent, la léchèrent, la pénétrèrent jusqu'à ce qu'elle jouisse une fois de plus, une dernière fois, la plus longue, la plus profonde.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, la lumière de l'aube filtrait à travers les volets. Le ciel était rose, l'odeur du jasmin entrait par la fenêtre. Les deux sœurs étaient endormies contre elle. Amina sur son épaule gauche, Farida sur son épaule droite. Leurs bras étaient passés sur son ventre, leurs jambes mêlées aux siennes.

Sirine les regarda. Elles étaient si belles, si paisibles. Elle vit la petite ride au coin de l'œil d'Amina, la cicatrice sur la joue de Farida. Elle vit les détails qui les rendaient uniques, malgré leur ressemblance. Elle les aima, à cet instant, d'un amour sans nom, sans condition.

Elle caressa leurs cheveux. Elles bougèrent à peine, se blottirent plus près. Sirine ferma les yeux. Elle se sentait légère, flottante, comme si la mer, la lune, et le corps des deux sœurs l'avaient transformée.

Elle pensa aux jours à venir, aux bains dans la mer, aux dîners sur la terrasse, aux nuits dans ce grand lit. Elle pensa à la douceur d'Amina, à la sauvagerie de Farida. Elle pensa à la façon dont elles la regardaient, comme si elle était un trésor.

« On se lève ? » murmura Amina, la voix ensommeillée.

« Pas tout de suite, » répondit Sirine.

Farida grogna, se colla plus fort contre elle. « Encore un peu. »

Sirine sourit. Elle regarda la lumière qui grandissait à travers les volets, écouta les oiseaux qui chantaient dans le jardin, sentit la mer au loin, le sel sur leurs peaux, l'odeur des corps mêlés.

Elle se sentait chez elle. Pas dans cette maison, pas dans cette chambre, mais dans ce corps à trois, cette danse à deux têtes qui l'avait prise, emportée, et qui lui avait offert une nuit qu'elle n'oublierait jamais.

Elle ferma les yeux, blottie entre les deux sœurs, bercée par leurs souffles, par la lumière, par la mer qui murmurait au loin. Elle n'avait plus besoin de chercher. Elle avait trouvé.

Les jours suivants, ils se baignèrent encore, mangèrent ensemble, rirent ensemble. Les nuits, toujours, les retrouvaient dans le grand lit, leurs corps s'explorant, s'aimant, se retrouvant. Sirine apprit à connaître leurs différences, leurs rythmes, leurs désirs. Elle apprit à les faire jouir ensemble, en s'adaptant à elles, en se laissant guider par leur symbiose.

Et quand vint le moment de partir, elle les embrassa toutes les deux sur le seuil, avec des larmes qu'elle ne chercha pas à cacher.

« Reviens, » dit Farida. Pas une question, un ordre, une promesse.

« Oui, » répondit Sirine. « Reviens, » dit Amina, plus doucement, la main sur son cœur.

Sirine hocha la tête. Elle prit le bus pour Tunis, les fenêtres ouvertes, le vent dans ses cheveux. Elle sentait encore le sel sur sa peau, le parfum des deux sœurs dans ses vêtements.

Elle savait qu'elle reviendrait. Pas pour les vacances. Pour elles. Pour les Trois Grâces, qui l'avaient aimée comme on aime une mer, une lune, une nuit d'été.





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