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Amal: (3) Le Patient Anglais (nouvelle)

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Amal: (3) Le Patient Anglais





Amal reconnut immédiatement la silhouette dans le couloir du service. Grand, élégant, les cheveux grisonnants parfaitement coiffés, un costume gris anthracite qui n’avait rien à voir avec les pyjamas d’hôpital. James Harrington. Cinquante-deux ans. Homme d’affaires anglais. Il avait passé trois semaines dans le service six mois plus tôt, après une crise cardiaque qui l’avait terrifié plus qu’il ne voulait l’admettre. Elle l’avait soigné, lui avait parlé la nuit quand il n’arrivait pas à dormir, avait tenu sa main pendant les examens. Il l’appelait toujours « Sister Amal » avec cet accent chantant qui la faisait sourire malgré elle.

Il tenait un dossier dans une main, un bouquet de roses blanches dans l’autre.

— Contrôle de routine, dit-il en s’approchant. Officiellement.

Elle sourit, rangea le chariot de médicaments.

— Et officieusement ?

Il lui tendit les fleurs. L’odeur douce emplit l’espace entre eux.

— Officieusement, j’ai passé six mois à penser à vous. J’aimerais vous inviter à dîner. Chez moi. Ce soir, après votre service. Rien d’officiel. Juste un dîner.

Elle le regarda longuement. Les ridules autour de ses yeux bleus, la bouche un peu mince, la façon dont il tenait les roses comme s’il avait peur qu’elle les refuse. Elle avait cinquante-six ans, veuve depuis dix ans, et personne ne l’avait regardée ainsi depuis très longtemps.

— D’accord, répondit-elle. Donnez-moi l’adresse.

Il sourit vraiment pour la première fois, un sourire qui éclaira tout son visage.

Elle rentra chez elle juste après dix-huit heures. L’appartement était silencieux. Elle posa les roses dans un vase, se déshabilla dans la salle de bain, prit une douche rapide. Sous l’eau chaude, elle passa les mains sur son corps : seins lourds, ventre un peu plus doux, hanches larges, cuisses fermes. Elle se sécha, se maquilla avec soin. Eye-liner noir précis, fard sur les paupières, rouge à lèvres rose foncé qui faisait ressortir sa bouche. Elle releva ses cheveux en un chignon soigné qui dénudait sa nuque et ses oreilles ornées de petites boucles d’oreilles.

La robe l’attendait sur le lit. Noire, à sequins argentés, décolletée en V profond qui soulignait la poitrine, manches courtes. Elle l’enfila sans rien mettre en dessous. Pas de soutien-gorge, pas de culotte. La coquine, comme elle se disait en souriant dans le miroir. Le tissu froid des sequins glissa sur sa peau nue. Elle ajusta le décolleté, enfila des escarpins noirs, prit son sac et sortit.

La voiture glissa dans la nuit parisienne. Elle connaissait l’adresse : un immeuble discret près de l’île Saint-Louis, avec vue sur la Seine. Le gardien la laissa monter. Au cinquième étage, la porte s’ouvrit avant qu’elle ait sonné.

James portait une chemise blanche ouverte au col, un pantalon sombre. L’appartement sentait le bois poli et quelque chose de citronné. De grandes baies vitrées donnaient sur la Seine illuminée, les ponts, les lumières de la rive gauche. Une table était dressée près de la fenêtre : nappe blanche, bougies, deux assiettes, une bouteille de vin rouge déjà ouverte.

— Vous êtes…, commença-t-il, puis s’arrêta. Vous êtes magnifique.

Elle entra. Il prit son manteau, ses mains frôlèrent ses épaules nues. Un frisson lui parcourut le dos.

Le dîner fut copieux. Foie gras, magret de canard, fromages, tarte aux fruits. Le vin coulait librement. Elle but plus que d’habitude. La conversation glissa facilement : son travail, ses enfants, la vie à Paris, l’Angleterre qu’il avait quittée pour de longs mois. Il parlait peu de sa crise cardiaque, mais elle sentait qu’il n’avait pas oublié les nuits où elle s’asseyait près de son lit. À un moment, il posa sa main sur la table, près de la sienne. Elle ne retira pas la sienne.

Après le dessert, elle se leva pour aller à la fenêtre. La Seine scintillait en bas. Elle sentait le vin dans ses veines, une chaleur douce qui montait le long de sa colonne. James s’approcha derrière elle. Ses mains se posèrent sur ses hanches, légères. Elle ne bougea pas.

— J’ai pensé à vous tous les jours, murmura-t-il contre son oreille. À votre voix. À la façon dont vous disiez mon nom. À vos mains quand vous preniez mon pouls.

Elle se tourna dans le cercle de ses bras. Leurs bouches se trouvèrent. Le baiser fut lent, profond, goûtant le vin et le désir retenu. Ses mains remontèrent le long de son dos, sentirent le tissu des sequins, puis glissèrent sous les manches pour toucher sa peau nue. Elle gémit faiblement contre sa bouche.

Il la guida vers le grand canapé de cuir face à la fenêtre. Elle s’y assit. Il s’agenouilla devant elle, entre ses genoux. Ses doigts trouvèrent la fermeture de la robe dans le dos. Il la tira lentement, centimètre par centimètre. Le tissu s’écarta, glissa de ses épaules. Ses seins apparurent, lourds, les mamelons déjà durs. Il s’arrêta, la regarda.

Le regard de James était presque dévot. Il ne touchait pas encore. Il regardait simplement, comme s’il n’en croyait pas ses yeux. La lumière des bougies dansait sur sa peau, sur le creux de sa gorge, sur la courbe de ses seins.

— Mon Dieu, souffla-t-il. Vous êtes la plus belle chose que j’aie jamais vue.

Elle sentit ses joues s’échauffer, mais elle ne baissa pas les yeux. Elle écarta un peu plus les genoux. La robe glissa jusqu’à sa taille. Elle n’avait rien en dessous. Sa vulve était déjà humide, les lèvres légèrement ouvertes. Il le vit. Un frisson visible parcourut son corps.

Il se pencha et posa les lèvres sur le haut de sa poitrine, juste au-dessus du décolleté. Puis plus bas. Sa bouche prit un mamelon, le suçota avec une lenteur infinie. Sa langue tourna, appuya, relâcha. L’autre sein reçut le même traitement. Amal posa les mains dans ses cheveux grisonnants, pencha la tête en arrière. Chaque succion envoyait une vague de chaleur entre ses cuisses.

Il continua ainsi longtemps, passant d’un sein à l’autre, les embrassant, les léchant, les pinçant doucement entre ses lèvres. Quand il releva enfin la tête, ses yeux étaient sombres.

— Levez-vous, demanda-t-il d’une voix rauque.

Elle se leva. La robe glissa complètement, tomba en un tas de sequins noirs et argentés à ses pieds. Elle resta nue devant lui, les cheveux encore relevés, le maquillage intact, les escarpins encore aux pieds. Il s’agenouilla à nouveau, posa les mains sur ses hanches, l’embrassa juste sous le nombril. Puis plus bas. Sa langue traça une ligne jusqu’au mont de Vénus. Il inspira son odeur, gémit faiblement.

Ses mains écartèrent doucement ses cuisses. Il posa un baiser sur chaque lèvre de sa vulve, puis ouvrit et posa sa langue sur son clitoris. Lentement. Avec une précision presque religieuse. Il lécha, tournoya, suçota. Deux doigts glissèrent en elle, la trouvèrent déjà trempée. Il les courba, chercha le point qui la faisait sursauter. Amal posa une main sur son épaule pour s’équilibrer, l’autre dans ses cheveux. Les vagues montaient, épaisses, inévitables. Quand elle jouit la première fois, ce fut en silence, la bouche ouverte, les cuisses tremblantes autour de sa tête. Il continua à la lécher pendant qu’elle redescendait, plus doucement, jusqu’à ce qu’elle le pousse faiblement.

Il se releva, l’embrassa. Elle goûta son propre désir sur sa bouche. Puis il la prit dans ses bras et la porta jusqu’à la chambre. Le lit était immense, les draps blancs immaculés. Il la posa au centre, se déshabilla sans se presser. Son corps était encore solide, poitrine un peu grisonnante, ventre plat, sexe déjà dur, épais, veineux. Elle le regarda sans pudeur.

Il s’allongea à côté d’elle, la tira contre lui. Ses mains explorèrent chaque centimètre : le creux de sa gorge, le dessous de ses seins, le ventre, l’intérieur des cuisses, les fesses. Il prenait son temps. Chaque caresse était longue, attentive. Quand ses doigts revinrent entre ses jambes, elle était encore plus mouillée. Il la caressa jusqu’à ce qu’elle jouisse une deuxième fois, les hanches se soulevant contre sa main, un gémissement rauque échappant de sa gorge.

Alors seulement il s’installa entre ses cuisses. Il posa le gland de son sexe contre son entrée, frotta, enduisit, la taquina. Elle tenta de s’empaler, mais il retint ses hanches.

— Regarde-moi, murmura-t-il.

Elle ouvrit les yeux. Il s’enfonça d’un mouvement lent et profond, jusqu’au fond. Tous deux gémirent. Il resta immobile un long moment, enfoncé jusqu’à la garde, le front contre le sien, les yeux ouverts. Puis il commença à bouger. Des coups de reins lents, profonds, qui frottaient exactement là où elle en avait besoin. Ses mains tenaient ses hanches. Il baissait parfois les yeux pour regarder son sexe entrer et sortir d’elle, puis remontait son regard vers son visage.

Amal croisa les chevilles dans son dos. Il accéléra un peu. Le bruit de leurs peaux qui s’entrechoquaient emplit la chambre. Elle jouit une troisième fois autour de lui, les muscles de son sexe se contractant violemment. Il gémit, ralentit, mais ne sortit pas. Il continua, plus doucement, jusqu’à ce qu’elle redescende, puis recommença.

Ils changèrent de position. Il la mit sur le côté, souleva une de ses jambes, la pénétra plus profondément encore. Une main passa devant pour frotter son clitoris en rythme. Elle jouit une quatrième fois en serrant son bras, les ongles plantés dans sa peau. Il embrassa son épaule, murmura des mots en anglais qu’elle ne comprenait pas entièrement mais qui sonnaient comme des prières.

Plus tard, il la fit s’asseoir sur lui. Elle s’empala seule, les mains sur sa poitrine, et se mit à le chevaucher. Ses seins bougeaient à chaque mouvement. Il les tenait, les pinçait doucement, les regardait avec cette expression presque dévote. Elle se pencha pour l’embrasser, ses cheveux un peu défaits maintenant. Il la tenait par les fesses, l’aidait à monter et descendre. Elle le sentait battre en elle. Elle ralentit, fit de petits cercles avec ses hanches, le prit plus profondément. Il gémit son nom.

— Amal…

Elle jouit une cinquième fois en le chevauchant, le corps tendu, la tête renversée. Il la retourna ensuite sur le ventre, releva ses hanches, la pénétra par-derrière. Ses mains tenaient fermement ses fesses, les écartant pour mieux la voir. Chaque coup de reins faisait claquer sa peau contre la sienne. Il se pencha, embrassa sa nuque, mordilla son épaule, murmura encore.

La sixième jouissance arriva alors qu’il la tenait ainsi, un bras passé autour de sa taille pour lui frotter le clitoris. Elle cria cette fois, un son long et rauque. Il accéléra, gémit plus fort, puis se retint encore.

Ils s’écroulèrent un moment, enlacés, couverts de sueur. Il était toujours en elle, à demi dur. Elle sentait les battements de son cœur contre son dos. Ses doigts traçaient des cercles absents sur son ventre.

— Encore, murmura-t-elle.

Il sortit lentement, se releva, la guida jusqu’à la baie vitrée. Debout face à la Seine illuminée, il la pénétra par-derrière, une main sous son sein, l’autre entre ses cuisses. Les lumières de Paris scintillaient en bas. Il la prenait lentement, profondément, en regardant leur reflet dans la vitre. Elle posa les mains contre le verre froid. Chaque coup de reins la faisait gémir. Elle jouit une septième fois en regardant la ville, le visage appuyé contre la vitre.

Il la ramena au lit. Cette fois, il s’allongea sur le dos, la fit s’agenouiller au-dessus de son visage. Il la lécha longuement, profondément, jusqu’à ce qu’elle jouisse une huitième fois en s’appuyant sur la tête de lit, les cuisses tremblantes. Puis il la fit redescendre, s’empala à nouveau. Elle le chevaucha jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus se retenir.

Il la retourna une dernière fois sur le dos, s’enfonça profondément, et jouit en elle en gémissant son nom, les hanches collées aux siennes, le souffle court contre son cou. Elle le sentit pulser, la remplir. Elle le serra contre elle, les jambes autour de sa taille, jusqu’à ce qu’il se soit vidé entièrement.

Ils restèrent ainsi longtemps, collés, respirant fort. Dehors, la Seine continuait de couler sous les lumières. À l’intérieur, le silence n’était rompu que par leurs souffles qui se calmaient. James sortit lentement d’elle, s’allongea à ses côtés, la tira contre son torse. Sa main caressait son dos, ses fesses, la ligne de sa hanche.

— Je n’ai jamais…, commença-t-il, puis s’arrêta. Vous êtes extraordinaire.

Elle sourit contre sa peau, posa un baiser sur sa poitrine.

— Et vous êtes un patient très attentif.

Il rit doucement, un son grave qui vibra contre elle. Sa main glissa entre ses cuisses, trouva l’humidité de leurs mélanges, la caressa paresseusement. Elle n’était plus fatiguée. Elle se sentait désirée, regardée, prise avec une dévotion qu’elle n’avait jamais connue. Le vin, le dîner, la vue sur la Seine, le regard de cet homme qui la voyait vraiment : tout se mélangeait en une chaleur douce et profonde.

Les heures passèrent. Parfois il la caressait à nouveau, parfois elle le prenait en main jusqu’à ce qu’il durcisse, et ils recommençaient, plus lentement encore, presque en silence. Chaque fois, il la regardait comme si elle était la seule chose qui existait dans le monde. Chaque fois, elle se laissait faire, se laissait remplir, se laissait aimer de cette façon attentive et prolongée.

Quand l’aube grisa enfin les rideaux, Amal était allongée sur le côté, une jambe passée sur la sienne, le corps lourd et sensible. Entre ses cuisses, elle sentait encore la trace de lui. James dormait à moitié, une main posée sur sa hanche. Elle ferma les yeux. Pour la première fois depuis très longtemps, elle ne pensait ni à l’hôpital, ni aux enfants, ni aux années qui avaient passé. Elle pensait seulement à la façon dont il l’avait regardée, à la façon dont il l’avait touchée, et à la sensation d’être, enfin, la plus belle chose qu’un homme ait jamais vue.





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