Translate

Amal: (2) Dérapage Exquis (nouvelle)

.


.
Amal: (2) Dérapage Exquis





Il était deux heures du matin quand Amal sortit par la porte de service de l’hôpital. L’air de mai était encore frais, chargé de l’odeur de la pluie tombée plus tôt. Ses jambes lui semblaient de plomb. Douze heures de garde, trois urgences, un patient qui avait failli partir, des familles à rassurer, des protocoles à remplir. Elle n’avait même plus la force de chercher ses clés dans son sac.

Karim l’attendait près de l’entrée, les mains dans les poches de sa veste. Infirmier depuis quatre ans, trente-quatre ans, le visage encore jeune sous la barbe de trois jours, les yeux cerclés de fatigue. Il avait terminé en même temps qu’elle.

— Je te raccompagne, dit-il simplement. Le métro est mort à cette heure-là.

Elle n’eut pas la force de refuser. Ils marchèrent côte à côte dans les rues presque vides. Ses pas résonnaient un peu trop fort sur le trottoir. Elle sentait son épaule près de la sienne, la chaleur de son corps à travers les blouses encore imprégnées de désinfectant. Ni l’un ni l’autre ne parlait beaucoup. La fatigue tissait un silence confortable entre eux.

Devant son immeuble, elle hésita une seconde, puis sortit les clés.

— Tu veux monter un moment ? Un verre, histoire de décompresser. Après tu appelles un taxi.

Il accepta d’un signe de tête. Dans l’ascenseur, elle sentit son regard posé sur elle, discret, presque timide. Elle n’était plus habituée à ça. Depuis dix ans, les regards des hommes glissaient sur elle sans s’arrêter, ou s’arrêtaient trop vite, comme s’ils avaient peur de ce qu’ils voyaient.

L’appartement était plongé dans la pénombre. Elle alluma seulement la lampe du salon, celle qui donnait une lumière douce et chaude. Karim retira sa veste, s’assit sur le canapé. Elle ouvrit une bouteille de rouge qu’elle avait ouverte deux jours plus tôt, versa deux verres, alluma la télévision sur un vieux film en noir et blanc sans le son. Juste pour le bruit de fond, pour ne pas que le silence pèse trop.

— J’habite de l’autre côté de Paris, dit-il en prenant le verre. Porte de Vincennes. Ça fait loin à cette heure.

Elle hocha la tête, s’assit en face de lui un instant, puis se leva.

— Je vais juste me changer. Je reviens.

Dans la chambre, elle retira la blouse, le pantalon de travail, le soutien-gorge qui lui avait marqué la peau. Elle enfila une robe de chambre rose, fine, un peu usée aux manches, qui s’arrêtait à mi-cuisse. Rien en dessous. Ses cheveux, qu’elle avait relevés toute la journée, tombaient maintenant en mèches désordonnées sur ses épaules. Elle se regarda une seconde dans le miroir. Les cernes étaient là, la peau un peu terne, mais ses yeux brillaient encore d’une fatigue nerveuse. Elle revint pieds nus dans le salon.

Karim leva les yeux. Elle le vit les baisser un instant vers ses jambes nues, puis remonter. Il but une gorgée de vin pour masquer quelque chose.

Ils parlèrent à voix basse. De la garde. Du patient qui avait failli mourir. D’une collègue qui venait de partir en congé maternité. Du temps qui passait trop vite. Elle apprit qu’il vivait seul, qu’il aimait la photographie le dimanche, qu’il n’avait pas dormi plus de cinq heures d’affilée depuis une semaine. Elle lui parla un peu d’Élie et d’Élise, sans entrer dans les détails. Le vin coulait doucement. La bouteille s’allégeait. La télévision murmurait des images floues.

À un moment, elle se leva pour remplir les verres. Quand elle se rassit, c’était plus près de lui. Leurs genoux se touchèrent. Ni l’un ni l’autre ne bougea. Elle sentait la chaleur de sa jambe à travers le tissu de son pantalon. Son cœur battait un peu trop fort pour une femme de cinquante-six ans qui n’avait plus touché un homme depuis des années.

— Tu es fatiguée, dit-il doucement.

— Oui. Mais je ne veux pas encore dormir.

Il posa son verre, se tourna vers elle. Sa main hésita une seconde, puis se posa sur son genou nu. Le contact fut électrique. Elle ne retira pas la jambe. Ses doigts restèrent là, chauds, un peu rudes, caresses légères sur la peau. Elle ferma les yeux. Quand elle les rouvrit, il la regardait autrement. Plus directement. Comme s’il avait décidé quelque chose.

Elle pencha la tête. Leurs bouches se trouvèrent sans violence, juste une pression lente, exploratoire. Il goûtait le vin et la fatigue. Elle sentit sa langue toucher la sienne, prudente d’abord, puis plus insistante. Sa main remonta le long de sa cuisse, sous la robe de chambre rose. Elle n’avait rien en dessous. Ses doigts découvrirent la peau tiède, le début de l’humidité. Il gémit faiblement contre sa bouche.

Amal passa un bras autour de son cou, l’attira plus près. Le baiser devint plus profond. Elle sentait son désir monter, lent, lourd, comme une marée. Ses seins pesaient sous le tissu fin. Ses mamelons durcissaient. Elle voulait qu’il les touche. Elle prit sa main et la guida plus haut, sous la robe, jusqu’à sa poitrine. Il la serra doucement, le pouce caressant le mamelon. Un frisson lui parcourut tout le corps.

Ils glissèrent sur le canapé. Elle se retrouva semi-allongée, lui au-dessus d’elle. Il entrouvrit la robe de chambre. Ses seins apparurent, lourds, encore fermes. Il les regarda un long moment, comme s’il n’y croyait pas, puis baissa la tête et prit un mamelon en bouche. Il suçota lentement, tourna la langue, mordilla juste assez. Amal arqua le dos, posa une main dans ses cheveux. L’autre sein reçut le même traitement. Elle gémissait déjà, de petits sons rauques qui la surprenaient elle-même.

Sa main redescendit entre ses cuisses. Deux doigts glissèrent le long de sa fente, la trouvèrent mouillée. Il les fit entrer doucement, les courba, chercha. Elle écarta les jambes plus largement. La robe rose était maintenant complètement ouverte, étalée sous elle comme une tache de couleur sur le canapé sombre. Il la regardait pendant qu’il la caressait, les yeux sombres, concentrés.

— Tu es tellement…, commença-t-il.

Elle posa un doigt sur ses lèvres.

— Ne parle pas trop. Touche-moi.

Il obéit. Ses doigts entrèrent et sortirent, le pouce frottant son clitoris en cercles lents. Elle sentait le plaisir monter, épais, inévitable. Quand elle jouit la première fois, ce fut en silence, la bouche ouverte, les cuisses tremblantes autour de sa main. Il continua à la caresser pendant qu’elle redescendait, plus doucement, jusqu’à ce qu’elle le repousse faiblement.

Elle se redressa, ouvrit son pantalon, glissa la main à l’intérieur. Il était déjà dur, épais, chaud. Elle le sortit, le caresse du pouce sur le gland. Une goutte perlait. Elle se pencha et le prit en bouche sans préambule. Le goût était salé, masculin. Elle le suçait lentement, profondément, en le regardant. Ses hanches bougèrent malgré lui. Une main se posa sur sa nuque, sans forcer. Elle prit son temps, savourant la sensation de le sentir durcir encore plus entre ses lèvres.

Quand elle le relâcha, il était brillant de salive. Il la fit se relever, la guida vers la chambre. Ils marchèrent enlacés, maladroits, s’embrassant encore. Sur le lit, il la débarrassa complètement de la robe de chambre. Elle resta nue, allongée, les cheveux épars. Il se déshabilla vite, jeta ses vêtements. Son corps était jeune, musclé sans excès, le sexe dressé contre son ventre.

Il s’allongea entre ses cuisses, l’embrassa longuement, puis descendit. Sa bouche trouva son sexe encore sensible. Il lécha, suçota, fit entrer sa langue. Amal agrippa les draps. Il la fit jouir une deuxième fois avec seulement sa bouche, lentement, jusqu’à ce qu’elle pousse un cri rauque et tente de refermer les cuisses. Il les maintint ouvertes, continua un moment, puis remonta.

Il s’enfonça en elle d’un mouvement profond et lent. Elle était si mouillée qu’il glissa jusqu’au fond. Tous deux gémirent. Il resta immobile un instant, le front contre le sien, puis commença à bouger. Des coups de reins réguliers, profonds, qui frottaient exactement là où elle en avait besoin. Elle croisa les chevilles dans son dos, le força plus près. Leurs peaux claquaient doucement. Il l’embrassait entre deux souffles, lui murmurait des mots confus contre la bouche.

Il changea de position, la mit sur le côté, souleva une de ses jambes, la pénétra plus profondément encore. Une main passa devant pour frotter son clitoris. Elle jouit une troisième fois en serrant son sexe autour du sien, les muscles se contractant par vagues. Il gémit, ralentit, mais ne sortit pas.

Ils restèrent un moment ainsi, collés, respirant fort. Puis il sortit lentement, se releva, la retourna sur le ventre. Elle comprit. Elle écarta un peu les cuisses, releva légèrement les hanches. Il s’agenouilla derrière elle. Ses mains écartèrent ses fesses. Elle sentit d’abord son souffle, puis sa langue.

Il lui lécha l’anus avec une lenteur presque dévote. La langue tourna, appuya, pénétra un peu. Amal enfouit le visage dans l’oreiller, gémit plus fort. C’était sale, intime, plus sale que tout ce qu’elle avait imaginé depuis des années. Il lécha longuement, humidifia, prépara. Un doigt s’ajouta, lentement, prudemment. Elle se détendit autour de lui. Puis un second. Il les fit bouger, les écartant doucement.

Quand il retira les doigts, elle sentit le gland de son sexe appuyer contre l’ouverture. Il poussa lentement. Elle souffla, se concentra sur sa respiration. Il s’enfonça centimètre par centimètre, s’arrêtant à chaque fois qu’elle se tendait. Enfin il fut entièrement en elle. La sensation était pleine, brûlante, différente. Il resta immobile, lui caressant le dos, les hanches, attendant.

— Ça va ? murmura-t-il.

— Oui… bouge.

Il commença à la prendre par-derrière, des mouvements lents et profonds. Chaque va-et-vient la remplissait complètement. Une de ses mains passa sous son ventre, trouva son clitoris, le frotta en rythme. L’autre tenait fermement sa hanche. Elle gémissait dans l’oreiller, des sons gutturaux, presque animaux. Le plaisir montait autrement, plus sourd, plus large. Quand elle jouit cette fois, ce fut en vague longue, les muscles de son anus se contractant autour de lui. Il gémit fort, accéléra un peu, puis se retint.

Il sortit, la retourna sur le dos, se rencogna entre ses cuisses et la pénétra à nouveau dans son sexe. Elle était encore plus mouillée qu’avant. Il la prit plus vite maintenant, plus fort. Elle croisa les jambes dans son dos, le serra. Leurs ventres claquaient. La sueur perlait entre ses seins. Il baissa la tête, prit un mamelon en bouche pendant qu’il la baisait. Elle jouit encore, plus sèchement, les ongles plantés dans son dos.

Ils changèrent encore. Elle se mit à califourchon sur lui, s’empala, le chevaucha. Ses seins bougeaient à chaque mouvement. Il les tenait, les pinçait, les regardait. Elle se pencha pour l’embrasser, ses cheveux tombant autour de leurs visages. Il la tenait par les fesses, l’aidait à monter et descendre. Elle le sentait battre en elle. Elle ralentit, le prit plus profondément, fit de petits cercles avec ses hanches. Il gémit son nom.

Plus tard, il la remit sur le ventre, releva ses hanches, et la sodomisa à nouveau. Cette fois plus facilement. Il s’enfonça d’un trait, gémit, et se mit à la prendre avec des coups de reins plus longs, plus appuyés. Sa main frottait son clitoris en même temps. Elle criait maintenant, sans retenue, le visage écrasé dans l’oreiller. Le plaisir était sale, intense, presque trop. Elle jouit en le serrant, et cette fois il ne se retint plus. Il s’enfonça jusqu’au bout, gémit fort, et jouit en elle, profondément, par vagues chaudes qu’elle sentit la remplir.

Il resta ainsi un long moment, collé à son dos, le souffle court, le sexe encore en elle, qui se ramollissait lentement. Puis il sortit avec précaution. Elle sentit le mélange chaud couler un peu entre ses fesses. Il s’allongea à côté d’elle, la tira contre lui. Leurs peaux collaient de sueur. Il lui caressait le bras, le flanc, la hanche, sans rien dire.

Les premières lueurs de l’aube grisaient les rideaux. Dehors, Paris s’éveillait doucement. Dans la chambre, l’odeur de sexe, de vin et de sueur flottait. Amal avait les yeux mi-clos. Son corps était lourd, sensible, rempli. Entre ses cuisses et plus loin, elle sentait encore la trace de lui. Elle n’avait plus mal aux jambes. Elle n’avait plus sommeil. Elle se sentait femme. Désirée. Prise. Comblée.

Karim embrassa son épaule, se redressa lentement. Il ramassa ses vêtements, s’habilla en silence. Elle le regarda faire, sans bouger. Quand il fut prêt, il s’assit un instant au bord du lit, lui caressa la joue.

— Tu devrais dormir un peu, dit-il.

— Oui.

Il hésita, puis se pencha et l’embrassa une dernière fois, longuement, tendrement. Elle goûta encore le vin et le sel de leur nuit.

À la porte, il se retourna.

— À bientôt, à l’hôpital.

Elle hocha la tête. La porte se referma doucement. Elle resta allongée, nue, les draps froissés autour d’elle, le corps encore ouvert et plein. Les premières lueurs de l’aube entraient maintenant plus franchement par la fenêtre. Elle posa une main entre ses cuisses, sentit l’humidité, le souvenir de lui. Un sourire lent lui étira les lèvres.

Elle ferma les yeux. Pour la première fois depuis très longtemps, elle s’endormit sans penser à rien d’autre qu’à la chaleur qui restait en elle.





.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

(Ar) مرحبا بكم على هذه المدونة

 . . أهلاً بكم في ملاذي الأدبي يسعدني حقاً أن أرحب بكم هنا. سواءً أكان وصولكم بدافع الفضول، أو مصادفةً من خلال رابط مشترك، أو بدافع حب الكل...