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La Veuve et le Bûcheron (nouvelle)

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La Veuve et le Bûcheron





L'auberge d'Akiko était une petite bâtisse de bois sombre, accrochée à la falaise comme une coquille tenace. Les murs sentaient le saké renversé, le poisson séché, et cette odeur de vieux bois que seul le temps peut donner. Elle était là depuis trois générations, d'abord tenue par sa grand-mère, puis par sa mère, puis par elle-même après la mort de son mari. Akiko avait trente-quatre ans, des mains calleuses, des cernes sous les yeux, et un enfant de sept ans qui dormait dans la chambre du fond.

Son mari était mort en mer, comme beaucoup d'hommes du village. Une tempête, un bateau qui ne revient pas, une veuve qui pleure trois jours et qui se remet au travail parce que la vie ne s'arrête pas pour la douleur. Elle avait pleuré, elle avait crié, elle avait serré son fils contre elle en lui promettant que tout irait bien. Puis elle avait repris son tablier, sa cuisine, ses clients, et elle avait enterré sa tristesse au fond de sa poitrine, là où personne ne pouvait la voir.

Trois ans. Trois ans sans un homme, sans une caresse, sans un baiser. Trois ans à regarder les pêcheurs rentrer le soir, à servir du saké aux maris des autres, à entendre les rires et les murmures des femmes qui parlaient de leurs nuits. Elle avait appris à ne pas écouter, à ne pas désirer, à ne pas vouloir. Son corps était devenu une chose utilitaire, un instrument pour travailler, pour porter des charges, pour cuisiner, pour nettoyer. Elle ne se souvenait même plus de ce que c'était que d'être touchée, d'être désirée, d'être prise.

Puis Ryo arriva.

Il était arrivé à la fin de l'automne, quand les feuilles des érables étaient rouges comme du sang et que le vent sentait déjà l'hiver. Il était grand, massif, avec des épaules larges comme des poutres et des mains qui semblaient capables de briser une bûche d'un seul geste. Sa barbe noire, mal taillée, cachait une mâchoire carrée, et ses yeux étaient d'un gris profond comme l'océan en tempête.

Akiko l'avait regardé entrer dans son auberge, et elle avait senti un frisson parcourir son dos, un frisson qu'elle n'avait pas senti depuis des années. Elle l'avait méprisé aussitôt, comme elle méprisait tous les hommes qui arrivaient au village sans attache, sans histoire, sans racines. Ils venaient, ils prenaient ce qu'ils voulaient, ils repartaient. Ils ne laissaient rien derrière eux, que des dettes et des souvenirs amers.

« Une chambre », avait-il dit, sa voix grave, rauque, comme du gravier qui roule dans une grotte.

« Une nuit, c'est deux pièces d'argent. Plus le repas », avait-elle répondu, sans le regarder.

Il avait posé les pièces sur le comptoir, ses doigts épais, couverts de cicatrices, et il avait pris la clé sans un mot de plus. Akiko l'avait regardé monter l'escalier, sa carrure emplissant tout l'espace, et elle avait serré les mâchoires.

« Encore un qui va faire des histoires », avait-elle murmuré pour elle-même.

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Les premiers jours, elle l'évita. Elle le servait à table sans le regarder, elle prenait ses ordres sans répondre, elle faisait comme s'il n'existait pas. Il était silencieux, lui aussi. Il mangeait, il buvait, il payait, il partait. Il ne demandait rien de plus. Parfois, elle le voyait passer devant la fenêtre, sa hache à la main, son corps ruisselant de sueur après une journée de coupe. Elle détournait les yeux, mais elle les détournait trop tard. L'image restait, imprimée dans sa mémoire comme un fer rouge.

Puis vint cette nuit.

Akiko n'avait pas réussi à dormir. La chaleur était lourde, étouffante, et elle avait soif. Pas soif d'eau. Soif d'autre chose. Elle était descendue à la cave chercher une bouteille de saké, espérant que l'alcool la plongerait dans un sommeil sans rêves, sans souvenirs. Elle avait traversé la cuisine, ouvert la porte de la cave, et elle avait commencé à descendre les marches de pierre.

C'est là qu'elle le vit.

Il était adossé au mur, dans un coin de la cave, les yeux fermés. Sa tête était renversée en arrière, sa mâchoire serrée, et sa main, sa main droite, était en train de faire des allers-retours rapides le long de son sexe. Un sexe énorme, dur, gonflé de désir, que la lumière vacillante de la lampe faisait briller de sueur.

Akiko s'arrêta net. Elle aurait dû partir. Elle aurait dû remonter les marches, retourner dans sa chambre, s'enfoncer sous les couvertures et prétendre qu'elle n'avait rien vu. Mais elle ne pouvait pas bouger. Ses pieds étaient cloués au sol, ses yeux étaient rivés sur cette scène, sur ce corps, sur cette main qui se refermait sur cette chair épaisse, qui montait et descendait avec une régularité de métronome, qui faisait naître des sons rauques et humides dans le silence de la cave.

Elle le regardait. Elle le regardait comme elle n'avait regardé aucun homme depuis la mort de son mari. Elle regardait la taille de son sexe, la manière dont ses doigts calleux, ces doigts qui avaient fendu des troncs d'arbres, se refermaient maintenant sur sa propre chair. Elle regardait les veines qui couraient le long de la hampe, le gland qui luisait comme un fruit mûr. Elle regardait les contractions de son ventre, les soubresauts de ses hanches, et elle sentait son propre corps répondre, se réchauffer, s'humecter.

« Tu aimes regarder ? »

La voix était grave, rauque, et elle le fit sursauter. Il avait ouvert les yeux, et ils la regardaient, ces yeux gris comme l'océan en tempête, mais il n'y avait pas de colère dans son regard. Il y avait du désir. Un désir brut, animal, qui la déshabillait, qui la dépouillait de tout ce qu'elle avait construit, de tout ce qu'elle avait protégé.

« Je… je suis désolée », murmura-t-elle, la voix étranglée.

Il ne dit rien. Il la regarda un long moment, ses yeux parcourant son corps, ses seins, ses hanches, ses jambes. Puis il tendit la main, l'attrapa par le poignet, et il l'attira à lui.

Akiko n'avait pas le temps de protester. Sa bouche était sur la sienne, une bouche chaude, humide, qui sentait la sueur et le tabac. Elle sentit sa langue forcer ses lèvres, elle sentit ses mains qui déchiraient le tissu de sa robe, elle sentit ses doigts qui s'enfonçaient dans ses cheveux, qui tiraient sa tête en arrière, qui exposaient son cou.

« Je vais te prendre », grogna-t-il. « Et tu vas te taire. »

Elle aurait dû se débattre. Elle aurait dû le frapper, lui crier de la lâcher. Mais elle ne fit rien. Elle s'abandonna, les yeux fermés, le corps offert. Elle se laissa plaquer contre le mur, les pierres froides contre son dos, tandis qu'il relevait sa robe, qu'il écartait ses cuisses, qu'il la prenait sans ménagement.

Elle cria. Elle cria quand il entra en elle, d'un seul coup, sans préparation, sans douceur. La douleur fut vive, brutale, comme un coup de poignard. Mais derrière la douleur, il y avait autre chose. Il y avait une plénitude qu'elle n'avait pas sentie depuis des années, une chaleur qui se répandait dans son ventre, dans ses cuisses, dans tout son corps.

Elle pleura. Des larmes coulèrent sur ses joues, des larmes de honte, des larmes de colère, des larmes de soulagement. Elle se sentait sale, utilisée, et en même temps, elle se sentait vivante. Vivante comme elle ne l'avait pas été depuis la mort de son mari. Vivante comme si elle venait de se réveiller d'un long sommeil.

Il la prenait avec une brutalité qui la faisait crier à chaque coup. Ses hanches claquaient contre les siennes, sa queue s'enfonçait en elle jusqu'à la garde, et elle sentait chaque parcelle de son corps répondre à cette invasion. Ses mains s'agrippaient à ses épaules, ses ongles s'enfonçant dans sa chair, et elle gémissait, elle gémissait comme une bête.

« Regarde-moi », ordonna-t-il.

Elle ouvrit les yeux. Elle le regarda, ce visage de brute, cette barbe mal taillée, ces yeux gris qui la dévoraient. Et elle sentit quelque chose se briser en elle. La honte, la peur, la résistance. Tout s'effondra, et il ne resta que le désir, le désir pur, brutal, animal.

« Encore », murmura-t-elle. « Encore. »

Il accéléra le rythme. Ses coups étaient plus forts, plus profonds, plus sauvages. Elle sentait son orgasme monter, une vague qui grossissait, qui emplissait tout son être. Quand elle jouit, elle hurla, un hurlement de loup, un hurlement qui résonna dans toute la cave, qui remonta l'escalier, qui traversa la cuisine.

Il jouit avec elle, un grognement sourd, rauque, tandis qu'il se vidait en elle, chaud, épais, abondant. Elle sentit son sperme couler entre ses cuisses, couler sur ses jambes, couler sur les pierres de la cave.

Il resta en elle un long moment, essoufflé, le visage enfoui dans son cou. Puis il se retira, lentement, et il la lâcha. Elle glissa contre le mur, s'effondra sur le sol, le corps tremblant, les larmes coulant sur ses joues.

« Tu es à moi », dit-il, sa voix rauque. « Maintenant, tu es à moi. »

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Akiko passa la nuit suivante à se haïr. Elle resta allongée dans son lit, les yeux ouverts, à regarder le plafond, à se demander ce qui lui arrivait. Elle s'était donnée à un inconnu. Elle s'était donnée comme une chienne, sans résistance, sans dignité. Elle avait crié, elle avait pleuré, elle avait supplié. Et une partie d'elle, une partie qu'elle ne connaissait pas, avait adoré ça.

Elle se leva avant l'aube, elle se lava, elle se frotta la peau jusqu'à ce qu'elle soit rouge, comme si elle pouvait effacer ce qui s'était passé. Mais elle ne pouvait pas effacer la sensation de ses mains sur elle, de sa bouche, de son sexe. Elle ne pouvait pas effacer le souvenir de son orgasme, ce hurlement de bête qui l'avait traversée.

Le lendemain, quand Ryo descendit pour le petit-déjeuner, elle ne le regarda pas. Elle posa son bol de riz sur la table, elle posa la théière, et elle se retourna pour partir.

« Assieds-toi », dit-il.

Elle s'arrêta. Elle voulait partir, elle voulait l'ignorer, elle voulait prétendre que rien ne s'était passé. Mais ses jambes ne l'obéissaient pas. Elle s'assit en face de lui, les mains tremblantes.

« Cette nuit, tu viendras me retrouver dans ma chambre », dit-il. Sa voix était calme, comme s'il parlait de la pluie ou du vent.

« Non », dit-elle. « Non, je ne peux pas. »

« Tu peux. Et tu le feras. »

Il la regarda, ses yeux gris plantés dans les siens, et elle sentit son corps répondre, sentit la chaleur monter dans son ventre. Elle voulait dire non. Elle voulait se lever, partir, retourner à sa vie. Mais elle hocha la tête, et elle murmura : « Oui. »

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Cette nuit-là, elle alla le retrouver dans sa chambre.

Elle ne savait pas pourquoi elle y allait. Elle savait que c'était mal, que c'était honteux, que les villageois ne comprendraient pas. Mais son corps, son corps qui s'était endormi depuis trois ans, avait soif. Il avait soif de ses mains, de sa bouche, de son sexe. Il avait soif de cette brutalité qu'elle n'avait jamais connue.

Elle frappa à sa porte, et il l'ouvrit. Il était nu, complètement nu, son corps massif couvert de cicatrices comme une carte de batailles anciennes. Il la prit dans ses bras, l'embrassa, la porta jusqu'au lit.

« Enlève ta robe », ordonna-t-il.

Elle obéit. Elle enleva sa robe, sa chemise, tout. Elle se tint nue devant lui, offerte, vulnérable. Il la regarda un long moment, ses yeux parcourant son corps, ses seins, son ventre, son sexe.

« Tu es belle », dit-il.

Elle ne l'avait pas entendu depuis des années. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois qu'un homme lui avait dit qu'elle était belle. Elle sentit les larmes monter, mais elle les ravala.

Il la prit cette nuit-là, encore et encore. Il la prit sur le lit, contre le mur, sur la table, à genoux. Il la prit par derrière, par devant, de côté. Il la prit avec une brutalité qui la faisait crier, avec une tendresse qui la faisait pleurer. Il la fit jouir, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus de force, jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un corps tremblant, vidé de tout.

« Tu aimes ça », dit-il, tandis qu'il était en elle, ses mains agrippant ses hanches. « Tu aimes ça, n'est-ce pas ? »

« Oui », murmura-t-elle. « Oui. »

« Alors dis-le moi. »

« J'aime ça », cria-t-elle. « J'aime ça quand tu me prends, quand tu me baises, quand tu me fais crier. »

Il accéléra le rythme, et elle sentit son orgasme monter, un orgasme plus fort que les autres. Elle hurla, elle cria son nom, elle s'agrippa à lui comme si elle allait se noyer.

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Les nuits suivantes, elle le rejoignit en cachette, toujours en cachette. Elle se glissait dans sa chambre comme une voleuse, comme une coupable. Elle se donnait à lui sans réserve, elle le laissait faire ce qu'il voulait, elle se soumettait à ses désirs.

Il lui apprit des choses qu'elle n'avait jamais imaginées. Il lui apprit le plaisir de la douleur, le plaisir des mots obscènes, le plaisir de la soumission. Il la prenait dans la bouche, la faisait gémir, la faisait supplier. Il la prenait dans l'anus, la faisait hurler, la faisait trembler. Il la laissait à genoux, la bouche pleine, les larmes aux yeux, et elle adorait ça.

« Tu es ma salope », disait-il, tandis qu'elle le suçait. « Ma petite salope à moi. »

« Oui », répondait-elle, sa bouche pleine. « Je suis ta salope. »

Elle ne reconnaissait plus la femme qu'elle était devenue. Cette femme qui criait, qui suppliait, qui s'offrait sans honte. Cette femme qui aimait la brutalité, la domination, l'humiliation consentie. C'était une étrangère, et en même temps, c'était elle. C'était la femme qu'elle avait toujours été sans le savoir, la femme qu'elle avait étouffée sous le poids du deuil, du devoir, de la dignité.

Parfois, après l'amour, ils parlaient. Il lui racontait sa vie, ses voyages, ses aventures. Il avait coupé du bois dans le nord, pêché dans le sud, combattu dans des guerres qu'il ne voulait pas nommer. Il avait des cicatrices partout, des traces de couteau, de flèche, de morsure. Il n'avait jamais aimé personne, jamais voulu s'arrêter quelque part.

« Mais je vais partir, Akiko », dit-il une nuit, alors qu'elle était blottie contre lui. « Je vais devoir partir bientôt. »

Elle sentit son cœur se serrer. Elle savait qu'il partirait. Il n'était pas du village, il n'était pas d'ici, il n'était pas de nulle part. Il était un passant, un vent qui passe et qui ne revient pas.

« Alors prends-moi une dernière fois », dit-elle. « Prends-moi comme si c'était la dernière. »

Il la prit. Il la prit avec une violence qu'elle n'avait jamais connue. Il la prit par tous les trous, sans ménagement, sans pitié. Il la fit crier, pleurer, supplier. Il la fit jouir jusqu'à ce qu'elle perde connaissance.

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Le lendemain, il était parti.

Akiko se réveilla seule dans son lit, le corps endolori, les yeux rouges de larmes. Elle avait pleuré toute la nuit, mais elle ne s'en souvenait pas. Elle se leva, elle se lava, elle mit son tablier, elle retourna à sa cuisine.

Elle servait du riz, du poisson, du saké. Elle souriait aux clients, elle plaisantait, elle faisait comme si de rien n'était. Mais au fond d'elle, il y avait un vide, un vide que trois ans de deuil n'avaient pas creusé. Un vide que Ryo avait rempli, et que son départ avait laissé béant.

Un jour passa. Puis deux. Akiko ne dormait pas, ne mangeait pas, ne vivait pas. Elle était une ombre, une automate, une morte-vivante. Elle regardait la route, la route par laquelle il était parti, la route par laquelle il ne reviendrait jamais.

« Pourquoi je suis comme ça ? » se demandait-elle. « Pourquoi je l'aime ? »

Elle ne savait pas répondre. Elle savait seulement qu'elle avait soif de lui, soif de ses mains, soif de sa bouche, soif de sa brutalité. Elle savait seulement qu'elle ne pourrait plus vivre sans lui.

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Le troisième jour, elle était dans la cuisine, en train de préparer le repas du soir, quand elle entendit des pas. Des pas lourds, des pas qu'elle connaissait. Elle se retourna, et elle le vit.

Il était là, sur le seuil, sa hache à la main, sa barbe mal taillée, ses yeux gris comme l'océan en tempête. Il la regarda, et il sourit.

« Je suis revenu », dit-il.

Elle ne pouvait pas parler. Elle ne pouvait pas bouger. Elle le regardait, et elle sentait les larmes monter, des larmes de joie, des larmes de soulagement.

« Je suis revenu parce que je voulais te demander quelque chose », dit-il.

Il s'approcha d'elle, il s'agenouilla devant elle, et il prit ses mains dans les siennes.

« Akiko, je vais t'épouser. »

Elle éclata en sanglots. Elle tomba à genoux devant lui, elle se jeta dans ses bras, elle l'embrassa comme si elle allait mourir.

« Oui », dit-elle. « Oui, je veux t'épouser. »

Il la prit dans ses bras, il la souleva comme si elle ne pesait rien, et il la porta dans la chambre. Il la déshabilla, il la prit, il la fit jouir une dernière fois avant de la demander officiellement en mariage.

« J'ai fait construire une maison dans la forêt », dit-il. « Pour toi. Pour ton fils. Pour nous. »

« Une maison ? » demanda-t-elle, la voix brisée.

« Une maison en bois, solide, chaude. Avec une cheminée, un lit assez grand pour deux, et une vue sur la mer. »

« Tu as tout prévu », murmura-t-elle.

« J'ai tout prévu parce que je t'aime, Akiko. Et je ne veux plus jamais te quitter. »

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Ils s'installèrent dans la maison de la forêt, une petite cabane au cœur des arbres, où l'odeur du bois fraîchement coupé se mêlait à celle de la mer. Akiko, son fils, et Ryo. Une famille étrange, une famille qui n'aurait jamais dû exister, mais qui existait, pourtant.

Akiko ne fut plus jamais seule. Ryo la prenait chaque nuit, une fois, deux fois, parfois trois. La brutalité des premiers jours s'était muée en une passion encore plus grande, une passion qui mêlait l'amour et le désir, la tendresse et la sauvagerie. Elle découvrit qu'elle aimait la dominance de Ryo, qu'elle aimait la brutalité consentie, qu'elle aimait les mots obscènes qu'il lui murmurait à l'oreille.

« Je t'ai choisie », disait-il, tandis qu'il la prenait. « Je t'ai choisie parce que tu es la seule. La seule qui aime ça. La seule qui peut me prendre en entier. »

« Je t'ai choisi aussi », répondait-elle. « Je t'ai choisi parce que tu es la seule brute que j'aie jamais aimée. »

Elle découvrit aussi qu'elle pouvait être autre chose que soumise. Parfois, dans le feu de la passion, elle le prenait à son tour, elle chevauchait son corps massif, elle le faisait gémir sous elle. L'amour était une danse, une lutte, une bataille qu'ils gagnaient ensemble.

Son fils s'habitua à Ryo. Il l'appelait "père" au bout de quelques semaines. Il l'aidait à couper le bois, à pêcher, à réparer la toiture. Il grandissait sous son regard, comme un arbre pousse sous le soleil.

Le village, lui, n'accepta jamais vraiment leur couple. Mais ils s'en moquaient. Ils avaient trouvé leur paradis, leur bouleversement, leur passion dévorante. La vieille Akiko, celle qui avait peur, qui se cachait, qui enterrait ses désirs, avait disparu. À sa place, une femme nouvelle était née, une femme qui savait ce qu'elle voulait, ce qu'elle aimait, ce qu'elle méritait.

« Tu n'as pas peur de ce qu'ils disent ? » demandait-elle parfois.

« Peur ? » Ryo riait, un rire grave, profond. « Peur de quoi ? Je suis un bûcheron, je ne peux pas avoir peur d'une bande de pêcheurs. Et toi, tu es ma femme. Ma femme, ma salope, mon amour. Je te défends contre tout le monde. »

Elle se blottissait contre lui, sentant ses bras puissants autour d'elle, sa chaleur, son odeur. Elle savait qu'elle était en sécurité, qu'elle était aimée, qu'elle était désirée.

Les années passèrent. Leurs cheveux blanchirent, leurs corps vieillirent, mais leur passion ne s'éteignit jamais. Même dans leurs vieux jours, Ryo la prenait encore, doucement, avec une tendresse mêlée de cette sauvagerie qui l'avait attirée au premier regard.

« Merci d'être revenu », murmurait-elle parfois.

« Merci d'avoir crié », répondait-il.

Elle sourit, et elle ferma les yeux. Elle était heureuse. Elle était aimée. Elle était chez elle.






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