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Amal: (8) Sans Possession
Le samedi soir était doux, l’un de ces soirs de début d’automne où Paris semble retenir encore un peu de chaleur. Amal avait hésité jusqu’au dernier moment avant d’accepter l’invitation de Valérie. Elles se connaissaient depuis des années, s’étaient croisées à l’hôpital, avaient partagé des cafés et des confidences sur la vie qui passait. Valérie avait la cinquantaine élégante, les cheveux blonds toujours parfaitement coiffés, une voix douce et une façon de regarder les gens qui mettait immédiatement à l’aise. Amal savait qu’elle s’était remariée deux ans plus tôt, mais elle n’avait jamais rencontré le mari.
L’appartement se trouvait dans le 16e, spacieux, aux murs clairs, avec de grandes fenêtres ouvertes sur un balcon fleuri. Valérie ouvrit la porte en souriant, vêtue d’une robe noire simple qui soulignait sa silhouette encore fine. Derrière elle se tenait un homme plus jeune, la trentaine bien marquée, les cheveux bruns un peu longs, le teint olivâtre, les yeux sombres. Il s’appelait Luca. Italien. Quand il prit la main d’Amal pour la saluer, sa paume était chaude et sèche, et son sourire avait quelque chose d’immédiatement charnel sans être agressif.
— Enchanté, dit-il avec un léger accent. Valérie m’a beaucoup parlé de vous.
Le dîner fut excellent : antipasti, risotto aux truffes, vin italien généreux. La conversation coula facilement. Luca parlait peu mais écoutait avec une attention qui ne mentait pas. Valérie racontait des anecdotes de leur voyage en Sicile, riait, posait parfois la main sur le bras de son mari. Amal sentait une tension légère dans l’air, quelque chose d’indéfinissable qui n’était pas de l’hostilité, plutôt une curiosité douce posée sur elle.
Vers la fin du repas, Valérie posa son verre et regarda Amal droit dans les yeux.
— On va être honnêtes avec toi, dit-elle calmement. Luca et moi avons une façon particulière de vivre notre intimité. On aime partager, parfois. Avec des personnes qu’on apprécie vraiment. Des personnes comme toi. Il n’y a aucune obligation. Tu peux partir quand tu veux. Mais si tu as envie de rester… on serait très heureux.
Amal sentit son cœur s’accélérer. Elle n’avait jamais envisagé une telle chose. Elle regarda Luca. Il ne souriait plus, mais son regard était patient, presque tendre. Valérie ajouta, plus bas :
— On veut surtout que tu te sentes désirée. Regardée. Touchée. Sans que personne ne te demande rien en retour.
Le silence dura plusieurs secondes. Amal pensa à son appartement vide, à la solitude des soirs, au besoin qui la tenait éveillée certaines nuits. Elle but une gorgée de vin pour se donner du temps. Puis elle posa le verre.
— Je reste.
Valérie sourit, un sourire vrai, soulagé. Luca se leva, vint derrière la chaise d’Amal, et posa simplement ses mains sur ses épaules. Le contact fut léger, respectueux. Valérie se rapprocha de l’autre côté et prit la main d’Amal dans la sienne.
Ils passèrent au salon. Les lumières furent baissées. Luca mit une musique lente, instrumentale. Valérie s’assit sur le large canapé et attira Amal contre elle. Le premier baiser vint de Valérie : doux, familier, rassurant. Les lèvres d’une femme qu’elle connaissait depuis longtemps. Puis Luca s’agenouilla devant elles et posa ses lèvres sur le genou nu d’Amal, sous l’ourlet de sa jupe. Elle frissonna.
Les caresses commencèrent lentement. Valérie dénoua la fermeture de la blouse d’Amal, glissa ses mains sous le tissu, trouva la peau chaude. Luca remontait le long de sa cuisse, les doigts légers. Quand la blouse tomba, Valérie embrassa le haut de sa poitrine pendant que Luca retirait la jupe. Amal se retrouva en soutien-gorge et culotte noirs. Elle se sentait exposée, mais le regard des deux sur elle n’avait rien de vorace. C’était de l’admiration, presque de la gratitude.
Luca se releva, se pencha et l’embrassa pour la première fois. Sa bouche était différente de celle de Valérie : plus affirmée, plus chaude. Sa langue chercha la sienne avec assurance. En même temps, Valérie ouvrait le soutien-gorge et prenait un sein dans sa main, le caressant, le portant à sa bouche. Amal ferma les yeux. Deux bouches, quatre mains. Elle n’avait jamais ressenti cela.
Ils la guidèrent vers la chambre. Le lit était immense, les draps blancs immaculés. Valérie se déshabilla la première, avec une simplicité naturelle. Son corps de femme de cinquante ans était encore ferme, les seins un peu plus bas, le ventre marqué par les années. Luca retira sa chemise, révéla un torse lisse, musclé sans excès, puis le reste. Son sexe était déjà en érection, épais, veineux. Amal le regarda sans détourner les yeux.
Ils la déshabillèrent complètement. Luca s’allongea d’abord entre ses cuisses. Sa bouche trouva son sexe avec une précision étonnante. Il lécha lentement, longuement, pendant que Valérie s’installait à côté d’Amal et embrassait ses seins, titillait les mamelons avec sa langue. Amal tenait la tête de Luca d’une main et le dos de Valérie de l’autre. Le plaisir monta vite. Elle jouit une première fois en arquant le dos, un gémissement rauque échappant de sa gorge. Luca ne s’arrêta pas. Il continua à la lécher plus doucement, jusqu’à ce qu’une deuxième vague la traverse, plus profonde.
Valérie se décala alors et s’installa à son tour entre les cuisses d’Amal. Sa façon de lécher était différente : plus large, plus humide, plus tendre. En même temps, Luca se plaça près du visage d’Amal et lui offrit son sexe. Elle l’ouvrit volontiers, le prit en bouche, sentit le poids et la chaleur sur sa langue. Valérie ajouta deux doigts, les courba. Amal jouit une troisième fois en suçant Luca, les hanches soulevées contre la bouche de son amie.
Ils la laissèrent reprendre son souffle un moment, la caressant partout : les seins, le ventre, l’intérieur des cuisses, les fesses. Luca l’embrassait sur la bouche pendant que Valérie léchait le sel sur sa peau. Puis Luca s’installa entre ses jambes et la pénétra d’un mouvement lent et profond. Amal était si mouillée qu’il glissa jusqu’au fond sans résistance. Valérie se plaça à genoux près de sa tête et lui offrit son sexe. Amal leva le visage et commença à la lécher pendant que Luca la prenait avec des coups de reins réguliers et profonds.
Le plaisir était partout. La langue d’Amal sur Valérie, le sexe de Luca en elle, les mains de Valérie sur ses seins. Elle jouit une quatrième fois autour de Luca, les muscles se contractant fortement. Il gémit, ralentit, mais continua. Valérie jouit contre sa bouche peu après, en tenant sa tête à deux mains.
Ils changèrent de position. Amal se mit à quatre pattes. Luca la pénétra par-derrière pendant que Valérie s’allongeait devant elle. Amal put ainsi lécher à nouveau son amie tout en étant prise profondément. Les coups de reins de Luca étaient plus appuyés maintenant. Une de ses mains passait sous le ventre d’Amal pour frotter son clitoris. Elle jouit une cinquième fois dans cette position, le visage enfoui entre les cuisses de Valérie.
Luca se retira un moment. Valérie s’allongea sur le dos et attira Amal au-dessus d’elle, face à face. Leurs sexes se touchèrent. Elles se frottèrent lentement, clitoris contre clitoris, pendant que Luca se plaçait derrière Amal et la pénétrait à nouveau. La double stimulation était presque trop. Amal gémissait sans retenue, le front collé à celui de Valérie. Les deux femmes s’embrassaient entre les souffles. Luca tenait fermement les hanches d’Amal et la prenait avec une régularité qui ne faiblissait pas. Elle jouit une sixième fois, longue, tremblante, en serrant Valérie contre elle.
Ils la laissèrent encore reprendre haleine. Luca lui apporta de l’eau. Valérie lui essuya le front avec un coin du drap. Puis ils recommencèrent. Amal s’assit sur le visage de Valérie et se frotta contre sa bouche pendant que Luca la pénétrait par-devant, à genoux. Les orgasmes se succédaient maintenant, moins violents mais plus rapprochés. Elle avait perdu le compte. Chaque fois qu’elle pensait ne plus pouvoir, une main, une bouche ou un sexe la ramenait vers le plaisir.
À un moment, Luca s’allongea sur le dos. Amal s’empala sur lui, le face à face. Valérie se plaça derrière Amal, colla son corps au sien, passa ses bras autour de sa taille et caressa ses seins pendant qu’elle le chevauchait. Les trois corps formaient une seule masse chaude. Amal sentait le sexe de Luca profondément en elle et les seins de Valérie contre son dos. Elle jouit encore, en s’appuyant sur les épaules de Luca.
Plus tard, ils la placèrent sur le côté. Luca la pénétra par-derrière pendant que Valérie s’allongeait face à elle et glissait une cuisse entre les siennes. Elles se frottèrent ainsi pendant que Luca la prenait. Les caresses étaient partout : bouches sur les seins, doigts sur les clitoris, mains dans les cheveux. Amal se sentait au centre d’un désir qui n’appartenait à personne en particulier, un désir qui circulait librement entre les trois.
Vers le milieu de la nuit, Luca jouit pour la première fois en elle, profondément, en la tenant serrée contre lui. Il ne se retira pas tout de suite. Valérie lécha le mélange qui perlait le long de la cuisse d’Amal, puis embrassa Luca sur la bouche. Le geste était d’une intimité totale, sans jalousie.
Ils se reposèrent un moment, enlacés les trois. Puis le désir revint. Valérie prit le visage d’Amal entre ses mains et l’embrassa longuement pendant que Luca, déjà dur à nouveau, la pénétrait plus doucement. Ensuite ce fut Valérie qui s’allongea et demanda à Amal de la lécher pendant que Luca la prenait une dernière fois. Amal le fit avec application, sentant les gémissements de son amie vibrer contre sa bouche. Quand Luca joutit à nouveau, ce fut en regardant les deux femmes, un regard presque reconnaissant.
L’aube filtrait déjà par les rideaux quand ils s’immobilisèrent enfin. Amal était allongée au milieu du lit, une femme de chaque côté. Valérie avait une main posée sur son ventre. Luca caressait distraitement ses cheveux. Son corps était lourd, sensible, marqué de traces de doigts et de bouches. Entre ses cuisses, elle sentait encore la chaleur et l’humidité de tout ce qui s’était passé.
Personne ne parla tout de suite. Il n’y avait rien à expliquer. Valérie finit par murmurer contre son épaule :
— Tu vas bien ?
Amal sourit dans la semi-obscurité.
— Oui. Très bien.
Elle resta encore une heure, les yeux ouverts, sentant les respirations des deux corps contre le sien. Elle pensait à la façon dont ils l’avaient regardée, touchée, prise, sans jamais chercher à la posséder. Chaque geste avait semblé un cadeau. Chaque orgasme lui avait été offert comme une évidence.
Quand elle se leva, le soleil était déjà haut. Luca lui prépara un café. Valérie lui apporta ses vêtements soigneusement pliés. Ils l’embrassèrent tous les deux à la porte, tendrement, sans promesse excessive.
— Tu reviendras si tu veux, dit simplement Valérie.
Amal hocha la tête. Elle descendit l’escalier, sortit dans la rue claire du dimanche matin. Son corps était encore chaud, encore ouvert, encore plein du souvenir de leurs mains et de leurs bouches. Elle marcha un moment sans but, sentant l’air frais sur son visage.
Pour la première fois depuis très longtemps, elle ne se sentait ni seule ni en manque. Elle avait été le centre d’un désir généreux, d’un désir qui ne demandait rien en échange, d’un désir qui l’avait regardée jusqu’au bout et l’avait laissée repartir libre.
Et cette sensation-là, plus encore que la fatigue douce de son corps, lui donnait envie de sourire.
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