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Amal: (6) Après l’Orage (nouvelle)

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Amal: (6) Après l’Orage





La pluie frappait les vitres de l’immeuble avec une régularité sourde quand la sonnette retentit. Amal, encore enveloppée dans la chaleur de sa douche, serra la ceinture de sa robe de chambre rose satinée et alla ouvrir. Diane se tenait sur le palier, les cheveux bouclés un peu mouillés, la robe bleu marine collée à sa peau par la pluie, un petit sac à l’épaule. Ses yeux étaient plus sombres que d’habitude.

— Je ne savais pas où aller, dit-elle simplement. Ils sont chez sa mère jusqu’à demain soir. Ma fille aussi. J’ai pris la voiture et… je suis venue.

Amal s’écarta sans un mot. Diane entra, sentit l’odeur familière de l’appartement, celle du savon d’Amal et du café tiédi. Elle retira ses chaussures, laissa le sac tomber près de la porte. Amal alla chercher une serviette, lui sécha un peu les cheveux, les épaules. Leurs doigts se frôlèrent. Le contact fut bref, mais il suffit à faire remonter tout ce qu’elles avaient partagé quelques semaines plus tôt.

Elles s’installèrent sur le canapé gris. Amal avait allumé seulement la lampe du coin, celle qui donnait une lumière chaude et basse. Diane était encore en robe, le tissu sombre moulant sa poitrine et ses hanches. Amal, elle, gardait la robe de chambre rose, entrouverte juste assez pour laisser deviner la peau encore humide de la douche. Elles parlèrent d’abord de choses ordinaires : le service, une collègue qui venait de partir en congé, le temps qu’il faisait, les embouteillages. La pluie continuait de tomber dehors, un bruit de fond constant qui isolait encore davantage l’appartement.

Puis le silence s’installa autrement. Diane posa son verre de vin sur la table basse, se tourna vers Amal.

— Tu y as repensé ? demanda-t-elle tout bas.

Amal n’eut pas besoin de demander à quoi. Elle hocha la tête.

— Tous les jours. Et toi ?

— Toutes les nuits. Même quand il est à côté de moi. Surtout quand il est à côté de moi.

Leurs regards se croisèrent. Diane tendit la main, posa ses doigts sur le menton d’Amal, exactement comme elle l’avait fait la dernière fois. Le pouce caressa la ligne de la mâchoire. Amal ferma les yeux une seconde. Quand elle les rouvrit, Diane était plus près. Leurs souffles se mêlaient déjà.

— Je n’arrive pas à l’éteindre, murmura Diane. Ce désir. Il est là, tout le temps. Je me réveille la nuit et je te sens encore sur ma peau.

Amal ne répondit pas par des mots. Elle pencha la tête, posa ses lèvres sur celles de Diane. Le baiser fut lent, profond, chargé de toutes les semaines d’attente. La langue de Diane entra dans sa bouche, exploratrice, familière. Amal gémit faiblement. Sa main monta dans les cheveux bouclés encore humides, les enfonça. L’autre main trouva la taille de Diane, le tissu de la robe bleu marine.

Diane glissa plus près sur le canapé. Ses doigts quittèrent le visage d’Amal pour descendre le long de sa gorge, puis sur le bord de la robe de chambre rose. Elle tira doucement sur le satin. La ceinture se desserra. Le tissu s’ouvrit un peu, révéla le haut des seins, la peau tiède encore parfumée de savon. Diane ne précipita rien. Elle laissa ses doigts glisser le long de l’ouverture, frôlant la courbe d’un sein sans le prendre vraiment. Amal arqua légèrement le dos, offrit davantage.

— Encore, souffla-t-elle.

Diane dénoua complètement la ceinture. La robe rose s’écarta, tomba de chaque côté des épaules d’Amal. Les seins apparurent, lourds, les mamelons déjà durs. Diane les regarda un long moment, comme si elle les redécouvrait. Puis elle posa les paumes à plat dessus, sentit leur poids, leur chaleur. Ses pouces commencèrent à titiller les mamelons, des cercles lents, insistants. Amal ferma les yeux, laissa échapper un gémissement plus profond. Chaque frottement envoyait une décharge directe entre ses cuisses.

Diane se pencha, remplaça un de ses pouces par sa bouche. Elle prit le mamelon entre ses lèvres, le suçota avec une lenteur presque cruelle, tourna la langue autour, mordilla juste assez pour faire sursauter Amal. Elle passa à l’autre sein, prit le même temps, la même attention. Ses mains tenaient les seins, les soulevaient vers sa bouche. Amal avait la tête renversée contre le dossier du canapé, les lèvres entrouvertes, les mains perdues dans les cheveux de Diane. La robe rose n’était plus qu’un cadre satiné autour de son torse nu.

Quand Diane releva la tête, ses lèvres étaient brillantes. Elle embrassa Amal à nouveau, lui fit goûter le sel de sa propre peau. Puis ses doigts redescendirent, ouvrirent davantage la robe, glissèrent sur le ventre, s’arrêtèrent au bord de la culotte fine qu’Amal portait. Elle caressa à travers le tissu d’abord, sentit l’humidité déjà présente. Amal écarta les cuisses sans qu’on le lui demande. Diane tira la culotte sur le côté, laissa ses doigts trouver la fente chaude, glisser le long des lèvres gonflées, s’attarder sur le clitoris. Des cercles lents, précis. Amal gémissait maintenant plus fort, les hanches suivant le mouvement.

Diane la fit glisser un peu plus bas sur le canapé, s’agenouilla au sol entre ses jambes. Elle retira complètement la culotte, la jeta quelque part derrière elle. Puis elle ouvrit les cuisses d’Amal avec ses mains et posa sa bouche là où ses doigts avaient été. Sa langue trouva le clitoris immédiatement, le lécha, le suçota, le tourmenta avec une patience infinie. Deux doigts entrèrent en même temps, se courbèrent, cherchèrent le point qui faisait trembler Amal. La pluie battait toujours les vitres. Les gémissements d’Amal se mêlaient au bruit de l’orage.

Elle jouit une première fois ainsi, les cuisses serrées autour de la tête de Diane, un long cri rauque qu’elle étouffa à moitié contre le dos de sa main. Diane ne s’arrêta pas. Elle continua à lécher, plus doucement, jusqu’à ce que le corps d’Amal se détende, puis recommença à insister. La deuxième vague monta plus lentement, plus large. Amal agrippa les coussins, les hanches soulevées, et jouit à nouveau en appelant le prénom de Diane d’une voix cassée.

Diane remonta, l’embrassa. Amal goûta son propre désir, mêlé à la pluie et au rouge à lèvres de Diane. Elle tira sur la robe bleu marine. Diane se laissa faire. Le tissu glissa le long de son corps, révéla un soutien-gorge noir, une culotte assortie. Amal les retira à son tour, avec la même lenteur. Les seins de Diane tombèrent lourds dans ses mains. Elle les suçota comme on lui avait fait, longuement, avidement. Puis elle glissa plus bas, embrassa le ventre, le mont de Vénus, et ouvrit les cuisses de Diane.

Sa langue trouva le clitoris déjà gonflé. Elle lécha avec application, fit entrer ses doigts, les bougea en rythme. Diane tenait sa tête, gémissait son nom, les hanches suivant chaque mouvement. Quand elle jouit, ce fut en pressant le visage d’Amal contre elle, un gémissement long et tremblant qui se termina en souffle court.

Elles glissèrent du canapé au sol, sur le tapis épais. La robe rose d’Amal était maintenant complètement ouverte, étalée sous elle comme une tache de couleur claire. Diane s’allongea à l’envers, au-dessus d’elle, et elles se trouvèrent en 69. La bouche de Diane revint sur le sexe d’Amal, chaude, humide, insistante. En même temps, Amal ouvrit les cuisses de Diane au-dessus de son visage et plongea sa langue. Elles se léchaient mutuellement avec une intensité croissante, les hanches se balançant, les gémissements vibrants l’un contre l’autre. Les doigts s’ajoutèrent, entrèrent, ressortirent, caressèrent. L’odeur de leurs sexes se mêlait, le goût aussi. Amal sentait Diane jouir contre sa bouche en même temps qu’elle-même se contractait autour de la langue de Diane. Elles vinrent presque ensemble, les corps tendus, les cris étouffés contre la chair.

Elles restèrent ainsi un moment, le visage encore enfoui l’une contre l’autre, le souffle court. Puis Diane se retourna, s’allongea à côté d’Amal, face à face. Leurs seins se touchaient. Diane passa une jambe par-dessus la cuisse d’Amal et colla son sexe contre le sien. Elles se frottèrent lentement d’abord, clitoris contre clitoris, lèvres contre lèvres, dans un mouvement humide et précis. Les mains tenaient les hanches, les fesses, les seins. Le plaisir remontait déjà, différent, plus large. Elles accélérèrent. Le bruit de leurs sexes qui glissaient l’un contre l’autre emplissait le salon. Amal jouit en premier, en agrippant la fesse de Diane, un gémissement rauque. Diane suivit presque aussitôt, le front collé contre celui d’Amal, les yeux fermés.

Elles ne s’arrêtèrent pas. Diane glissa une main entre elles, trouva le clitoris d’Amal, le frotta pendant qu’elles continuaient à se presser l’une contre l’autre. Deux doigts entrèrent en Amal, puis en Diane. Elles se doigtèrent mutuellement en se frottant, en s’embrassant, en se mordillant les lèvres. Les orgasmes se succédèrent, moins violents mais plus profonds, plus longs. Amal perdit le compte. Chaque fois que le plaisir retombait, les doigts ou la cuisse de Diane le faisaient remonter. Chaque fois, Diane répondait de la même façon.

À un moment, Amal bascula Diane sur le dos, s’agenouilla entre ses cuisses et la lécha à nouveau, longuement, jusqu’à ce que Diane jouisse une fois de plus en tenant sa tête à deux mains. Puis elle se retourna, s’assit sur le visage de Diane, et se frotta contre sa bouche jusqu’à jouir elle-même en s’appuyant sur le bord du canapé. Diane la tenait par les hanches, la langue active, avide.

Elles finirent par remonter sur le canapé, épuisées. Amal était encore ouverte, la robe rose complètement écartée, les cuisses écartées, le sexe brillant et sensible. Diane s’allongea contre elle, une jambe passée sur la sienne, une main posée sur son sein. Leurs souffles se calmaient lentement. La pluie avait diminué dehors, n’était plus qu’un bruissement léger.

Diane caressait paresseusement le ventre d’Amal, remontait vers un mamelon, le titillait du bout des doigts sans chercher à relancer tout de suite. Amal avait les yeux mi-clos, le corps lourd, satisfait, encore parcouru de petits frissons. Elle sentait l’humidité de Diane contre sa cuisse, l’odeur de leurs sexes mêlés, la chaleur de la peau contre la sienne.

— Je ne peux pas rester demain matin, murmura Diane. Ils rentrent en fin d’après-midi.

— Je sais.

— Mais ce soir…

— Ce soir tu restes.

Diane hocha la tête contre l’épaule d’Amal. Sa main redescendit entre les cuisses ouvertes, trouva le clitoris encore gonflé, le caressa avec une lenteur infinie. Amal écarta un peu plus les jambes, laissa faire. Le plaisir monta une dernière fois, doux, presque nostalgique. Elle jouit en silence, le visage tourné vers le cou de Diane, les lèvres contre sa peau.

Elles restèrent allongées ainsi, enlacées, ouvertes l’une contre l’autre, sur le canapé gris. La robe rose était froissée sous elles, la robe bleu marine était quelque part sur le sol. Leurs corps encore sensibles se touchaient de partout. Dehors, l’orage était passé. À l’intérieur, le désir qu’elles n’avaient pas réussi à éteindre les avait de nouveau traversées, les avait de nouveau remplies, les avait de nouveau laissées haletantes et satisfaites.

Amal posa un baiser sur les cheveux bouclés de Diane. Diane répondit en resserrant son bras autour d’elle. Elles ne parlèrent plus. Il n’y avait plus besoin de mots. Seulement la pluie lointaine, le battement de leurs cœurs qui se calmaient, et la certitude silencieuse qu’elles reviendraient l’une vers l’autre, encore et encore, tant que le désir resterait aussi difficile à contenir.







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