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La Résidence Moon - Chapitre 10 (roman)

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La Résidence Moon 

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Chapitre 10 - Le Jardin Suspendu




L’aube n’était encore qu’une lueur de zinc fondu au-dessus des toits quand Marco commença sa ronde extérieure. Dans la cour intérieure de la Résidence Moon, l’air stagnait, lourd de l’humidité minérale qui s'échappait des murs de béton brut. Cet encaissement architectural, conçu par les bâtisseurs des années soixante-dix pour offrir un havre de calme à l’écart du fracas de la ville, ressemblait ce matin-là à un puits d’ombre. Marco recula de quelques pas vers le centre du pavage, renversant la tête pour balayer du regard la verticale de la série C. C’est alors qu’il le vit : un jaillissement de vert sombre, une cascade désordonnée de feuillage et de lianes ligneuses qui s’échappait du balcon du huitième étage pour venir draper la façade.
La végétation était si dense qu’elle avait entièrement englouti le garde-corps du 08C, descendant en draperies lourdes jusqu'à voiler presque totalement la baie vitrée de l'appartement du septième. Les vrilles d'un lierre vigoureux s'accrochaient aux interstices du crépis, tandis que des branches d'hybride de glycine et de chèvrefeuille sauvage descendaient en ballottes menaçantes, alourdies par la rosée matinale. Si un coup de vent violent venait à balayer la cour, ou si la structure en bois des bacs cédait sous le poids de la terre détrempée, des pots entiers risquaient de s'effondrer sur le pavé, huit étages plus bas. Marco fronça les sourcils. Dans un immeuble où le Cabinet Valmont imposait une rature rectiligne à la moindre ligne de fuite, ce débordement végétal tenait de l'hérésie.
Le gardien remonta à sa loge pour y saisir sa sacoche de cuir, son sécateur de précision à long manche, une scie d'élagage pliable et une paire de gants de toile renforcée. Il s'assura que le trousseau de clés "Passe" pendait à son crochet habituel et prit l'ascenseur B. La cabine vitrée s'éleva sans secousse, lui offrant une vue plongeante sur la grille des paliers qui défilaient dans une régularité de ruche. Arrivé au huitième étage, Marco s'engagea dans le couloir de la série C. L'atmosphère y était singulièrement différente de celle des autres niveaux. L'odeur de cire synthétique et de moquette neuve cédait la place à un parfum tenace d'humus, d'eau stagnante et d'infusion de thym.
Il s'arrêta devant la porte sombre du 08C. La plaque de cuivre fixée au-dessus de la serrure portait un nom presque effacé par les décapages successifs : Mme B. Duval. Marco frappa trois coups mesurés contre le panneau massif.
Un silence pesant s'installa, seulement troublé par le bourdonnement lointain des gaines de ventilation. Puis, un bruit de verrous glissant dans leurs gâches se fit entendre. La porte s'entrouvrit prudemment, retenue par une chaînette d'acier terni. Dans l'entrebâillement apparut le visage d'une femme d'une cinquantaine d'années, aux cheveux gris tirés en un chignon strict. Elle portait un tablier de lin sombre sur un chemisier simple, et ses yeux fatigués balayèrent les outils de Marco avec une méfiance instinctive.
— Bonjour, Madame. Je suis Marco, le gardien de la résidence. Je viens au sujet des plantes du balcon. La végétation commence à poser un problème de sécurité pour la cour intérieure, et elle occulte complètement la lumière de l'appartement du dessous.
La femme sembla se crisper, prête à opposer un refus, mais une voix fluette, haut perchée mais singulièrement timbrée, s'éleva du fond du couloir de l'appartement.
— Laisse entrer ce jeune homme, Hélène. Nous savons très bien que mes glycines ont encore une fois dépassé les bornes.
La femme plus âgée soupira, retira la chaînette et s'effaça pour laisser passer le gardien. En franchissant le seuil du 08C, Marco eut le sentiment de traverser une frontière invisible. Alors que le reste de la Résidence Moon s'efforçait d'afficher la modernité glacée du verre et de l'acier brossé, cet appartement semblait avoir conservé la mémoire vivante de l'époque où la tour avait été érigée. Le parquet de chêne massif craquait sous ses pas, couvert de tapis persans aux teintes passées. Les murs étaient tapissés d'un papier peint à motifs floraux un peu jauni, et une odeur de verveine et de papier ancien imprégnait l'air.
Au centre d'un grand salon baigné d'une lumière verte et filtrée, assise dans un fauteuil à oreilles garni de velours grenat, se tenait Madame Berthe Duval. Âgée de huitante-cinq ans, la doyenne de l'immeuble avait une taille minuscule, presque frêle, mais son regard d'un bleu délavé conservait une étincelle d'une vive intelligence. Une couverture de laine posée sur ses genoux, elle observait Marco avec un sourire indulgent où se mêlaient la malice et une pointe de fierté nostalgique.
— Bonjour, Monsieur le Gardien, dit-elle en désignant du menton la baie vitrée qui s'ouvrait sur la terrasse. Ne m'engueulez pas trop vite. C'est le problème quand on plante des choses vivantes dans un monde de béton : elles s'obstinent à vouloir grandir.
— Bonjour, Madame Duval, répondit Marco en s'inclinant légèrement avec un respect spontané. Je ne viens pas pour vous engueuler. Mais le feuillage a recouvert le garde-corps et commence à s'effondrer chez vos voisins du septième. Si une branche casse, c'est l'accident garanti. Je dois tailler ce qui dépasse de la balustrade.
— Je sais, je sais... Hélène, ma fille, me répète la même chose chaque matin, mais mes jambes ne me permettent plus de sortir sur le balcon avec un sécateur. Et Hélène a peur du vide. Allez-y, faites votre travail. Mais je vous en prie, coupez avec discernement. Ces plantes ont cinquante ans. Elles ont connu les fondations de cet endroit.
Marco hocha la tête et franchit le double vitrage pour sortir sur le balcon. L'espace était une véritable jungle suspendue. Des bacs en béton moulé, intégrés à l'architecture d'origine de la tour, débordaient de terre noire et riche. Des souches épaisses comme des troncs d'arbustes s'y contorsionnaient, projetant des réseaux de branches noueuses qui formaient une voûte végétale au-dessus de sa tête. L'air y était frais, saturé d'humidité et du bourdonnement de quelques abeilles perdues à cette hauteur.
Pendant plus d'une demi-heure, Marco travailla avec méthodologie. S'agrippant d'une main à la structure de béton, il coupait les lianes trop longues, dégageait les prises d'air et taillait les sarments qui s'étaient aventurés vers le niveau inférieur. Chaque coup de sécateur libérait un parfum âcre d'écorce et de sève. Il rassemblait les résidus au sol, veillant à ne rien laisser tomber dans le vide. De l'intérieur du salon, à travers la vitre laissée entrouverte, Madame Berthe l'observait sans dire un mot, bercée par le claquement régulier de la lame de métal.
Lorsqu'il eut fini de dégager la perspective et de sécuriser la balustrade, Marco balaya soigneusement les dalles de la terrasse. Le résultat était net : la lumière du jour s'engouffrait à nouveau vers le septième étage, tandis que le balcon du 08C conservait sa couronne de verdure, simplement domestiquée.
Alors qu'il s'apprêtait à prendre sa sacoche pour faire ses adieux, Hélène réapparut, portant un plateau sur lequel reposaient une théière en porcelaine et deux tasses.
— Maman souhaite que vous preniez un thé avant de redescendre, dit-elle d'un ton neutre qui ne laissait guère de place au refus. C'est sa façon de vous remercier d'avoir épargné ses pieds de vigne.
Marco jeta un coup d'œil à sa montre de poche. La loge pouvait attendre quelques minutes ; l'immeuble était calme et les moniteurs ne signalaient aucune anomalie. Il posa ses outils près de l'entrée et vint s'asseoir sur une chaise de bois cannée que la vieille dame lui désignait d'un geste bienveillant.
— Vous faites du bon travail, Marco, dit Madame Berthe en versant le liquide fumant dans les tasses. Je vous observe depuis ma fenêtre quand vous balayez le parvis le matin. Vous avez cette façon de marcher qui appartient aux hommes qui écoutent les bâtiments. Les derniers gardiens que le Cabinet Valmont nous a envoyés ne voyaient dans cette tour qu'un empilement de m2 à louer. Ils ne comprenaient pas que la Résidence Moon a une mémoire.
— Un immeuble reste de la pierre et des tuyaux, Madame Duval, répondit doucement Marco en prenant la tasse qu'elle lui tendait. Ce sont les gens qui y vivent qui font la mémoire.
— Oh, les gens passent, mais les murs gardent tout, rétorqua-t-elle avec une lueur d'amusement dans les yeux. J'ai emménagé ici en octobre 1974. J'avais trente-cinq ans. Mon mari était l'un des ingénieurs qui avaient participé au coulage de la structure en béton armé. À l'époque, la tour s'appelait simplement "Le Bélier". Il n'y avait pas de caméras, pas de badges magnétiques, pas ce vernis de marbre prétentieux dans le hall. Ce n'était que du brut, du projet, de l'espoir.
Elle fit un signe à sa fille, qui se dirigea vers un secrétaire en acajou au fond de la pièce. Hélène en tira trois épais albums à la reliure de cuir usé et les posa délicatement sur la petite table basse, entre la théière et les tasses.
— Regardez ceci, Marco. C'est l'histoire que votre syndic aimerait bien effacer pour vendre ses appartements au prix du diamant.
Madame Berthe ouvrit le premier album. Des photographies en noir et blanc, aux coins légèrement cornés, révélèrent le chantier de la Résidence Moon. Marco se pencha, fasciné. Il vit la fosse béante à l'emplacement de l'actuel sous-sol S-2, les grues monumentales se détachant sur le ciel, et le squelette de béton qui s'élevait étage par étage. Sur l'un des clichés, un groupe d'hommes en casque de chantier posait fièrement devant ce qui allait devenir la loge du gardien.
— Mon mari est celui de gauche, murmura-t-elle en pointant un doigt tremblant sur un homme jeune au sourire confiant. Et là, c'était le premier occupant du 20A. Vous savez qui c'était ? Un architecte utopiste qui voulait créer une communauté verticale. Il avait imaginé que le toit-terrasse deviendrait un potager commun pour tous les résidents. Il organisait des banquets là-haut chaque été. On montait avec nos bouteilles de vin et nos enfants.
Marco tourna la page. Les images en couleur des années quatre-vingt prirent le relais. La tour s'était habillée de ses baies vitrées modernes, mais les photographies racontaient une tout autre histoire que celle du luxe impersonnel d'aujourd'hui. On y voyait des fêtes d'immeuble dans le hall, des résidents en vêtements de l'époque riant ensemble autour de grandes tables installées là où se trouvait maintenant le comptoir de marbre étanche de la loge.
— Que s'est-il passé pour que tout cela disparaisse ? demanda Marco, captivé par cette métamorphose.
— La spéculation, mon cher ami, répondit la vieille dame en secouant tristement la tête. Vers le milieu des années 90, les anciens propriétaires ont commencé à vendre. Le quartier a changé de valeur. Le Cabinet Valmont a racheté les lots uns par uns, imposant des règlements de plus en plus stricts, interdisant le bruit, interdisant l'affichage, fermant l'accès au toit. Ils ont transformé une maison collective en une ruche d'anonymes où l'on paye très cher le droit de ne jamais croiser son voisin.
Elle tourna encore quelques pages, s'arrêtant sur une série de clichés représentant l'appartement 07C. Marco se redresse imperceptiblement, l'attention soudainement aiguisée. L'image montrait une grande pièce baignée de soleil, meublée d'une bibliothèque imposante et de tableaux abstraits.
— Le 07C... murmura Marco. Vous vous souvenez de ceux qui y habitaient ?
— Comment oublier ? C'était le professeur Morand et sa femme. Un homme d'une culture immense, mais d'une discrétion absolue. Il travaillait pour le ministère des Affaires Étrangères. Pendant des années, nous avons vu défiler chez lui des gens étranges, des diplomates, des traducteurs, parfois des hommes qui arrivaient en pleine nuit avec des dossiers sous le bras. Quand il est mort, il y a une dizaine d'années, le syndic n'a jamais réussi à remettre la main sur ses héritiers. L'appartement est resté sous scellés, puis il a été racheté par une société de recouvrement anonyme. C'est depuis ce jour-là que le 07C est censé être vide... mais les vieux murs racontent d'autres choses, n'est-ce pas ?
Marco ne répondit pas, se contentant d'un hochement de tête silencieux. Il revit en pensée le sifflement d'eau chaude au sous-sol et les consommations d'électricité anormales qu'il avait notées sur ses registres. La mémoire de Madame Berthe ne faisait que confirmer ce que son instinct de Shérif soupçonnait déjà : le 07C n'avait jamais cessé d'être une planque stratégique, un lieu de passage toléré par l'administration ou utilisé par des forces invisibles.
Madame Berthe passa au dernier album, plus mince. Elle s'arrêta sur une photo du 14B, prise lors de l'inauguration du réseau de télécommunications de la tour dans les années deux mille.
— Là, c'est l'étage des machines, dit-elle d'une voix plus basse. Quand la première société informatique s'est installée au quatorzième, ils ont fait renforcer les planchers avec des poutres d'acier pour supporter le poids des équipements. Mon mari m'avait dit que le 14B et le 01C avaient été reliés par une gaine technique réservée, une conduite aveugle qui ne passe pas par les tableaux généraux de l'immeuble. À l'époque, ils disaient que c'était pour des raisons de sécurité industrielle. Aujourd'hui, je me demande bien ce qui se transmet dans ces tuyaux.
Marco retint son souffle. L'information était capitale. Ainsi, l'installation soudaine d'Hassan Chammari au 01C avec ses caisses de matériel lourd et ses structures en acier n'était pas un fait isolé. Elle s'inscrivait dans un réseau physique préexistant, conçu des décennies plus tôt au cœur même de la structure du bâtiment. La Résidence Moon n'était pas seulement une juxtaposition de secrets individuels ; elle possédait une anatomie clandestine, des liaisons invisibles que seul le temps avait recouvertes de poussière.
— Vous voyez, Marco, reprit Madame Berthe en refermant doucement l'album de cuir, les jeunes gens comme cette petite Léa du 04B ou cette pauvre Hélène du 5A croient qu'elles sont les premières à vivre leurs drames ici. Elles ne savent pas que ces murs ont déjà tout bu : les passions, les faillites, les trahisons et les départs clandestins. La tour absorbe tout. Elle est faite pour durer plus longtemps que nos petites exécutions quotidiennes.
— Et vous, Madame Duval ? Pourquoi être restée alors que tous les autres sont partis ?
La doyenne tourna son regard vers la baie vitrée. À travers les géraniums et les lianes de chèvrefeuille qu'il venait de tailler, la lumière du matin inondait le salon d'un éclat serein.
— Parce que j'ai planté ce jardin quand mon mari est mort, dit-elle simplement. Le syndic a essayé dix fois de me faire enlever mes bacs. Ils ont envoyé des lettres recommandées, des menaces d'amendes, des sommations d'huissiers. Mais je suis la seule ici à avoir vu couler le premier mètre cube de béton de cette fondation. Ils peuvent changer les serrures du hall et installer leurs caméras partout, Marco : tant que mes plantes enfonceront leurs racines dans ce balcon, c'est moi qui serai chez moi, et ce sont eux qui ne seront que de passage.
Hélène s'avança silencieusement et posa une main affectueuse sur l'épaule de sa mère. Le temps semblait s'être arrêté dans ce salon du huitième étage, suspendu entre la mémoire d'un monde disparu et la rigueur du présent.
Marco se leva lentement. Il se sentait investi d'une responsabilité nouvelle. Il n'était plus seulement le gardien payé par le Cabinet Valmont pour maintenir l'ordre et passer le balai sur le marbre du hall. Il était désormais le dépositaire des clés de la mémoire de la Résidence Moon. Les récits de Madame Berthe venaient d'éclairer d'un jour nouveau les pièces du puzzle qu'il assemblait chaque jour depuis sa loge.
— Je vous remercie pour le thé, Madame Duval, et pour cette histoire, dit-il en remettant sa casquette. Je repasserai au mois de septembre pour vérifier que la glycine ne s'attaque pas aux gouttières de la toiture.
— Comptez sur moi pour vous attendre, Marco, répondit la vieille dame avec un rire léger. Et si le syndic vous cherche des querelles pour avoir perdu votre temps chez une vieille folle, dites-leur que vous étiez en train de protéger les fondations. Ils n'y comprendront rien, mais cela les occupera un moment.
Marco ramassa sa sacoche, son sécateur et sa scie. Hélène le raccompagna jusqu'au palier dans un silence respectueux, lui adressant un signe de tête reconnaissant avant de refermer la porte lourde du 08C.
Sur le palier, l'odeur d'humus et de verveine s'estompa rapidement, remplacée par le parfum neutre de la résine synthétique. Marco attendit l'ascenseur de service. En montant dans la cabine vitrée pour redescendre vers le rez-de-chaussée, il jeta un coup d'œil par la vitre latérale qui donnait sur la cour intérieure. Le balcon du 08C arborait désormais une ligne propre, une architecture végétale maîtrisée mais toujours indomptable, fièrement accrochée au flanc de la géante de béton.
De retour dans sa loge, Marco posa ses outils dans le placard technique. Le hall de marbre était désert, baigné par la lumière crue des néons du plafond. Les moniteurs de surveillance continuaient de faire défiler leurs images grises et silencieuses : le garage S-1, la rampe d'accès, le 14B, le 01C de Chammari. Mais Marco ne les regardait plus de la même façon. Derrière chaque angle mort, derrière chaque câble de caméra, il devinait désormais la présence des fantômes du passé et les conduites cachées qui reliaient les époques.
Il ouvrit son grand registre de cuir noir. Il passa la page consacrée à l'entretien des vannes de chauffage et s'arrêta à la ligne du huitième étage. D'une écriture droite, appliquée, il inscrivit : « 08C : Taille de sécurité de la végétation de façade effectuée. Drainage et ancrages des bacs conformes. Entretien de la mémoire de la tour assuré avec Mme Berthe Duval. »
Il referma le carnet avec un bruit mat qui résonna dans la loge. Dehors, la ville continuait de s'agiter, mais au cœur de la Résidence Moon, le jardin suspendu du huitième étage continuait de faire battre le pouls invisible d'un monde que le marbre ne parviendrait jamais tout à fait à étouffer. Marco reprit sa place derrière le comptoir de chêne, prêt à veiller sur la ruche pour le reste de la journée, fort des secrets qu'une doyenne de 85 ans venait de déposer entre ses mains.






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محميحو المهدي، صاحب العصير والرّمان وبول البعير المعتّق (مسرح)

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محميحو المهدي، صاحب العصير والرّمان وبول البعير المعتّق

التلفزيون المحلي - تغطية خاصة: "تائه من العصر العباسي في شوارع تل أبيب!"

[المذيعة - من داخل الاستوديو]:
"أهلاً بكم. في حدث يُصنّف كأغرب خطأ جغرافيا في التاريخ البشري، استيقظ سكان حي 'فلورنتين' بوسط تل أبيب صباح أمس على اهتزازات أرضية خفيفة، ظنها الجميع زلزالاً، ليتبين أنها عملية خروج مفاجئة لمخلوق غريب من إحدى بالوعات الصرف الصحي الرئيسية. المخلوق، الذي يرتدي خرقة غبارية ويُعرف نفسه بـ 'محميحو المهدي'، صرّح بأنه دخل سرداباً في سامراء بالعراق قبل 1200 عام قاصداً الخروج في مكة المكرمة، لكنه أخطأ الاتجاه بسبب غياب خدمات (GPS) تحت الأرض! زميلنا نداف ينقل لنا المشهد ميدانياً."

(تنتقل الكاميرا إلى الشارع. الزحام شديد، وسياج أمني يحيط بكوخين من القصب المتهالك بُنيا فوق البالوعة مباشرة. الناس يتجمهرون ويلتقطون صور 'سيلفي' وهم يمسكون بأنوفهم من شدة الرائحة النتنة).

[المراسل - نداف (يمسك الميكروفون بيده واليد الأخرى تضع كمامة)]:
"نعم، أنا أقف الآن أمام أكثر المعالم إثارة للفضول والسخرية هنا. 'محميحو' لم يكتفِ بالخروج الخاطئ، بل قرر استثمار وقت غيبته الطويلة بإطلاق مشروعه الخاص: أكشاك من القصب! الكوخ الأول يُقدم 'عصير الرمان المهداوي'، والثاني مخصص لـ 'بول البعير المعتق'. لنحاول الحديث معه..."

(يقترب المراسل من كوخ القصب، حيث يظهر 'محميحو' غارقاً في الغبار ويحرك عصا خشبية في سطل صدئ).
[المراسل]:
"سيد محميحو... مرحباً بك في القرن الحادي والعشرين. كيف حدث هذا الخطأ الجغرافي الفادح؟"
[محميحو - ينظر بريبة ويحك لحيته المليئة بالقمل]:
"ويحكم! أين الكعبة؟ أين صحراء مكة؟ لقد حفرتُ طوال اثني عشر قرناً في العتمة! اعتقدتُ أنني أتجه جنوباً، ولكن يبدو أن الطبقة الصخرية تحت الفرات حرفت مساري غرباً... المهم، هل تشترون العصير؟ سطل الرمان معتق منذ أيام المتوكل العباسي!"
(تتحول الكاميرا إلى المارة، حيث تقف عائلة من السياح تضحك وتلتقط الصور).
[سائحة تضحك]:
"إنه مضحك جداً! يشبه معروضات متاحف التاريخ الطبيعي، لكنه يتكلم! أريد التقاط صورة معه وهو يمسك بجرة البول المعتق، لكن الرائحة لا تُطاق حقاً!"
[المراسل - يعود لمخاطبة محميحو]:
"سيد محميحو، الناس هنا يأتون فقط للتفرج عليك كمعلم سياحي أو كحيوان نادِر خرج من حفرة. لا أحد يشتري بضاعتك. العصائر تعفنت، والمعتقات أصبحت مصدر تلوث بيئي وصدرت بحقك مخالفة من بلدية تل أبيب!"
[محميحو - يصرخ بغضب ويحرك مكيال القصب]:
"عجباً لكم ولعدم تقديركم للتراث! هذا ليس تلوثاً، هذا خافق الأرواح ومقوي الأبدان! خلطة سردابية سرية! لم يشترِ مني أحد منذ أمس سوى قطة شاردة شربت مسحة من الرمان وماتت في الحين! أنتم قوم لا تفقهون في التجارة العابرة للعصور!"
[المراسل - ملوحاً للمصمورين]:
"كما تتابعون، المشروع الإمبراطوري لـ 'صاحب العصير والرمان' يبدو أنه يتجه للفشل الذريع. البضاعة فاسدة، الرائحة تزكم الأنوف، والجمهور يتعامل مع المكان كحديقة حيوانات مفتوحة مجانية.
أحد الخبراء يتوقع أن تتدخل الشرطة قريباً لإغلاق دكاني القصب وإعادة 'محميحو' إلى شبكة الصرف الصحي، إلا إذا قرر تعديل الخريطة والحفر مجدداً باتجاه آخر!
كان معكم نداف، لتلفزيون المنطقة، من أمام دكان القصب المكتوب عليه بخط اليد: 'عصير المهداوي... صُنع بعناية تحت الأرض'."





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Amal: (8) Sans Possession (nouvelle)

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Amal: (8) Sans Possession





Le samedi soir était doux, l’un de ces soirs de début d’automne où Paris semble retenir encore un peu de chaleur. Amal avait hésité jusqu’au dernier moment avant d’accepter l’invitation de Valérie. Elles se connaissaient depuis des années, s’étaient croisées à l’hôpital, avaient partagé des cafés et des confidences sur la vie qui passait. Valérie avait la cinquantaine élégante, les cheveux blonds toujours parfaitement coiffés, une voix douce et une façon de regarder les gens qui mettait immédiatement à l’aise. Amal savait qu’elle s’était remariée deux ans plus tôt, mais elle n’avait jamais rencontré le mari.

L’appartement se trouvait dans le 16e, spacieux, aux murs clairs, avec de grandes fenêtres ouvertes sur un balcon fleuri. Valérie ouvrit la porte en souriant, vêtue d’une robe noire simple qui soulignait sa silhouette encore fine. Derrière elle se tenait un homme plus jeune, la trentaine bien marquée, les cheveux bruns un peu longs, le teint olivâtre, les yeux sombres. Il s’appelait Luca. Italien. Quand il prit la main d’Amal pour la saluer, sa paume était chaude et sèche, et son sourire avait quelque chose d’immédiatement charnel sans être agressif.

— Enchanté, dit-il avec un léger accent. Valérie m’a beaucoup parlé de vous.

Le dîner fut excellent : antipasti, risotto aux truffes, vin italien généreux. La conversation coula facilement. Luca parlait peu mais écoutait avec une attention qui ne mentait pas. Valérie racontait des anecdotes de leur voyage en Sicile, riait, posait parfois la main sur le bras de son mari. Amal sentait une tension légère dans l’air, quelque chose d’indéfinissable qui n’était pas de l’hostilité, plutôt une curiosité douce posée sur elle.

Vers la fin du repas, Valérie posa son verre et regarda Amal droit dans les yeux.

— On va être honnêtes avec toi, dit-elle calmement. Luca et moi avons une façon particulière de vivre notre intimité. On aime partager, parfois. Avec des personnes qu’on apprécie vraiment. Des personnes comme toi. Il n’y a aucune obligation. Tu peux partir quand tu veux. Mais si tu as envie de rester… on serait très heureux.

Amal sentit son cœur s’accélérer. Elle n’avait jamais envisagé une telle chose. Elle regarda Luca. Il ne souriait plus, mais son regard était patient, presque tendre. Valérie ajouta, plus bas :

— On veut surtout que tu te sentes désirée. Regardée. Touchée. Sans que personne ne te demande rien en retour.

Le silence dura plusieurs secondes. Amal pensa à son appartement vide, à la solitude des soirs, au besoin qui la tenait éveillée certaines nuits. Elle but une gorgée de vin pour se donner du temps. Puis elle posa le verre.

— Je reste.

Valérie sourit, un sourire vrai, soulagé. Luca se leva, vint derrière la chaise d’Amal, et posa simplement ses mains sur ses épaules. Le contact fut léger, respectueux. Valérie se rapprocha de l’autre côté et prit la main d’Amal dans la sienne.

Ils passèrent au salon. Les lumières furent baissées. Luca mit une musique lente, instrumentale. Valérie s’assit sur le large canapé et attira Amal contre elle. Le premier baiser vint de Valérie : doux, familier, rassurant. Les lèvres d’une femme qu’elle connaissait depuis longtemps. Puis Luca s’agenouilla devant elles et posa ses lèvres sur le genou nu d’Amal, sous l’ourlet de sa jupe. Elle frissonna.

Les caresses commencèrent lentement. Valérie dénoua la fermeture de la blouse d’Amal, glissa ses mains sous le tissu, trouva la peau chaude. Luca remontait le long de sa cuisse, les doigts légers. Quand la blouse tomba, Valérie embrassa le haut de sa poitrine pendant que Luca retirait la jupe. Amal se retrouva en soutien-gorge et culotte noirs. Elle se sentait exposée, mais le regard des deux sur elle n’avait rien de vorace. C’était de l’admiration, presque de la gratitude.

Luca se releva, se pencha et l’embrassa pour la première fois. Sa bouche était différente de celle de Valérie : plus affirmée, plus chaude. Sa langue chercha la sienne avec assurance. En même temps, Valérie ouvrait le soutien-gorge et prenait un sein dans sa main, le caressant, le portant à sa bouche. Amal ferma les yeux. Deux bouches, quatre mains. Elle n’avait jamais ressenti cela.

Ils la guidèrent vers la chambre. Le lit était immense, les draps blancs immaculés. Valérie se déshabilla la première, avec une simplicité naturelle. Son corps de femme de cinquante ans était encore ferme, les seins un peu plus bas, le ventre marqué par les années. Luca retira sa chemise, révéla un torse lisse, musclé sans excès, puis le reste. Son sexe était déjà en érection, épais, veineux. Amal le regarda sans détourner les yeux.

Ils la déshabillèrent complètement. Luca s’allongea d’abord entre ses cuisses. Sa bouche trouva son sexe avec une précision étonnante. Il lécha lentement, longuement, pendant que Valérie s’installait à côté d’Amal et embrassait ses seins, titillait les mamelons avec sa langue. Amal tenait la tête de Luca d’une main et le dos de Valérie de l’autre. Le plaisir monta vite. Elle jouit une première fois en arquant le dos, un gémissement rauque échappant de sa gorge. Luca ne s’arrêta pas. Il continua à la lécher plus doucement, jusqu’à ce qu’une deuxième vague la traverse, plus profonde.

Valérie se décala alors et s’installa à son tour entre les cuisses d’Amal. Sa façon de lécher était différente : plus large, plus humide, plus tendre. En même temps, Luca se plaça près du visage d’Amal et lui offrit son sexe. Elle l’ouvrit volontiers, le prit en bouche, sentit le poids et la chaleur sur sa langue. Valérie ajouta deux doigts, les courba. Amal jouit une troisième fois en suçant Luca, les hanches soulevées contre la bouche de son amie.

Ils la laissèrent reprendre son souffle un moment, la caressant partout : les seins, le ventre, l’intérieur des cuisses, les fesses. Luca l’embrassait sur la bouche pendant que Valérie léchait le sel sur sa peau. Puis Luca s’installa entre ses jambes et la pénétra d’un mouvement lent et profond. Amal était si mouillée qu’il glissa jusqu’au fond sans résistance. Valérie se plaça à genoux près de sa tête et lui offrit son sexe. Amal leva le visage et commença à la lécher pendant que Luca la prenait avec des coups de reins réguliers et profonds.

Le plaisir était partout. La langue d’Amal sur Valérie, le sexe de Luca en elle, les mains de Valérie sur ses seins. Elle jouit une quatrième fois autour de Luca, les muscles se contractant fortement. Il gémit, ralentit, mais continua. Valérie jouit contre sa bouche peu après, en tenant sa tête à deux mains.

Ils changèrent de position. Amal se mit à quatre pattes. Luca la pénétra par-derrière pendant que Valérie s’allongeait devant elle. Amal put ainsi lécher à nouveau son amie tout en étant prise profondément. Les coups de reins de Luca étaient plus appuyés maintenant. Une de ses mains passait sous le ventre d’Amal pour frotter son clitoris. Elle jouit une cinquième fois dans cette position, le visage enfoui entre les cuisses de Valérie.

Luca se retira un moment. Valérie s’allongea sur le dos et attira Amal au-dessus d’elle, face à face. Leurs sexes se touchèrent. Elles se frottèrent lentement, clitoris contre clitoris, pendant que Luca se plaçait derrière Amal et la pénétrait à nouveau. La double stimulation était presque trop. Amal gémissait sans retenue, le front collé à celui de Valérie. Les deux femmes s’embrassaient entre les souffles. Luca tenait fermement les hanches d’Amal et la prenait avec une régularité qui ne faiblissait pas. Elle jouit une sixième fois, longue, tremblante, en serrant Valérie contre elle.

Ils la laissèrent encore reprendre haleine. Luca lui apporta de l’eau. Valérie lui essuya le front avec un coin du drap. Puis ils recommencèrent. Amal s’assit sur le visage de Valérie et se frotta contre sa bouche pendant que Luca la pénétrait par-devant, à genoux. Les orgasmes se succédaient maintenant, moins violents mais plus rapprochés. Elle avait perdu le compte. Chaque fois qu’elle pensait ne plus pouvoir, une main, une bouche ou un sexe la ramenait vers le plaisir.

À un moment, Luca s’allongea sur le dos. Amal s’empala sur lui, le face à face. Valérie se plaça derrière Amal, colla son corps au sien, passa ses bras autour de sa taille et caressa ses seins pendant qu’elle le chevauchait. Les trois corps formaient une seule masse chaude. Amal sentait le sexe de Luca profondément en elle et les seins de Valérie contre son dos. Elle jouit encore, en s’appuyant sur les épaules de Luca.

Plus tard, ils la placèrent sur le côté. Luca la pénétra par-derrière pendant que Valérie s’allongeait face à elle et glissait une cuisse entre les siennes. Elles se frottèrent ainsi pendant que Luca la prenait. Les caresses étaient partout : bouches sur les seins, doigts sur les clitoris, mains dans les cheveux. Amal se sentait au centre d’un désir qui n’appartenait à personne en particulier, un désir qui circulait librement entre les trois.

Vers le milieu de la nuit, Luca jouit pour la première fois en elle, profondément, en la tenant serrée contre lui. Il ne se retira pas tout de suite. Valérie lécha le mélange qui perlait le long de la cuisse d’Amal, puis embrassa Luca sur la bouche. Le geste était d’une intimité totale, sans jalousie.

Ils se reposèrent un moment, enlacés les trois. Puis le désir revint. Valérie prit le visage d’Amal entre ses mains et l’embrassa longuement pendant que Luca, déjà dur à nouveau, la pénétrait plus doucement. Ensuite ce fut Valérie qui s’allongea et demanda à Amal de la lécher pendant que Luca la prenait une dernière fois. Amal le fit avec application, sentant les gémissements de son amie vibrer contre sa bouche. Quand Luca joutit à nouveau, ce fut en regardant les deux femmes, un regard presque reconnaissant.

L’aube filtrait déjà par les rideaux quand ils s’immobilisèrent enfin. Amal était allongée au milieu du lit, une femme de chaque côté. Valérie avait une main posée sur son ventre. Luca caressait distraitement ses cheveux. Son corps était lourd, sensible, marqué de traces de doigts et de bouches. Entre ses cuisses, elle sentait encore la chaleur et l’humidité de tout ce qui s’était passé.

Personne ne parla tout de suite. Il n’y avait rien à expliquer. Valérie finit par murmurer contre son épaule :

— Tu vas bien ?

Amal sourit dans la semi-obscurité.

— Oui. Très bien.

Elle resta encore une heure, les yeux ouverts, sentant les respirations des deux corps contre le sien. Elle pensait à la façon dont ils l’avaient regardée, touchée, prise, sans jamais chercher à la posséder. Chaque geste avait semblé un cadeau. Chaque orgasme lui avait été offert comme une évidence.

Quand elle se leva, le soleil était déjà haut. Luca lui prépara un café. Valérie lui apporta ses vêtements soigneusement pliés. Ils l’embrassèrent tous les deux à la porte, tendrement, sans promesse excessive.

— Tu reviendras si tu veux, dit simplement Valérie.

Amal hocha la tête. Elle descendit l’escalier, sortit dans la rue claire du dimanche matin. Son corps était encore chaud, encore ouvert, encore plein du souvenir de leurs mains et de leurs bouches. Elle marcha un moment sans but, sentant l’air frais sur son visage.

Pour la première fois depuis très longtemps, elle ne se sentait ni seule ni en manque. Elle avait été le centre d’un désir généreux, d’un désir qui ne demandait rien en échange, d’un désir qui l’avait regardée jusqu’au bout et l’avait laissée repartir libre.

Et cette sensation-là, plus encore que la fatigue douce de son corps, lui donnait envie de sourire.






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الخميني: العقل المتحجّر المريض وحماقة فتوى التفخيذ (مقال)

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الخميني: العقل المتحجُر المريض وحماقة فتوى التفخيذ





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تعدّ المسائل الفقهية المتعلقة بالأسرة والأحوال الشخصية وحقوق الأطفال من أكثر القضايا إثارة للجدل في الفكر العربي والإسلامي المعاصر، حيث تقف هذه القضايا عند خط التماس المباشر بين الموروث النصي والتطبيقات الفقهية التراثية من جهة، وبين المعايير الأخلاقية والقانونية الحديثة التي تشكلت حول مفهوم حقوق الإنسان وحماية الطفولة من جهة أخرى. ويحضر كتاب "تحرير الوسيلة" للمدعو روح الله الخميني، وتحديداً المسألة الثانية عشرة من باب النكاح، كنموذج يبرز التباين الحاد بين الأحكام الفقهية التقليدية وبين منظومة الحقوق الحديثة، حيث يُمنح النص الفقهي في هذا السياق مساحة لإثارة تساؤلات عميقة حول حدود ما يسمّونه إجتهادا ومدى صلاحية المقاربات الفرضية القديمة لمواجهة متطلبات العالم المعاصر.
يقول النصّ: "مسألة ۱۲ - لا يجوز وطء الزوجة قبل إكمال تسع سنين، دواماً كان النكاح أو منقطعاً، وأما سائر الاستمتاعات كاللمس بشهوة والضم والتفخيذ فلا بأس بها حتى في الرضيعة، ولو وطأها قبل التسع ولم يفضها لم يترتب عليه شيء غير الإثم على الأقوى، وإن أفضاها بأن جعل مسلكي البول والحيض واحداً أو مسلكي الحيض والغائط واحداً حرم عليه وطؤها أبداً لكن على الأحوط في الصورة الثانية، وعلى أي حال لم تخرج عن زوجيته على الأقوى، فيجري عليها أحكامها من التوارث وحرمة الخامسة وحرمة أختها معها وغيرها، ويجب عليه نفقتها ما دامت حية وإن طلقها بل وإن تزوجت بعد الطلاق على الأحوط، بل لا يخلو من قوة، ويجب عليه دية الإفضاء، وهي دية النفس، فإذا كانت حرة فلها نصف دية الرجل مضافاً إلى المهر الذي استحقته بالعقد والدخول، ولو دخل بزوجه بعد إكمال التسع فأفضاها لم تحرم عليه ولم تثبت الدية، ولكن الأحوط الإنفاق عليها ما دامت حية وإن كان الأقوى عدم الوجوب."
يقوم النص المذكور في كتاب "تحرير الوسيلة" على التفريق بين الأحكام المتعلقة بالوطء والاستمتاع، محظراً الأول قبل سن التاسعة ومجيزاً الممارسات الأخرى تحت مسمى الاستمتاع، حتى وإن كانت المباشرة موجهة نحو الرضيعة. ويمثل هذا التكييف الفقهي صدمة حقيقية للمنظومات الأخلاقية والحقوقية المعاصرة، التي ترى في أي فعل ذي طبيعة جنسية موجه نحو قاصر أو طفل لا يملك الإرادة أو الأهلية العقلية والجسدية انتهاكاً صارخاً وفعلاً يقع تحت طائلة الاعتداء والاستغلال الجنسي. وتكمن المشكلة الرئيسية في أن التشريعات التراثية كانت قد تشكلت في سياقات تاريخية واجتماعية مختلفة تماماً ومتخلّفة أيضا، تعتمد التحليل الفرضي الصرف وتتعامل مع الجسد البشري والعلاقات الأسرية من منظور عقدي وشكلي، دون اعتبار حقيقي للتأثيرات النفسية والجسدية طويلة المدى التي قد تلحق بالضحايا.
إن الصدمة التي يحدثها هذا النص والنصوص الشبيهة في المذاهب الأخرى لا تقف عند حدود الاستنكار الأخلاقي، بل تتعداها إلى تفكيك المنهجية الفكرية التي تنتج مثل هذه الأحكام وتستمر في الدفاع عنها. فالاعتماد على الفتاوى الفرضية واستقصاء الاحتمالات العقلية المجردة دون النظر إلى مآلات الأفعال ونتائجها الواقعية يولد فجوة عميقة بين الفقه والواقع. ويرى بعض المفكرين والنقاد أن المشكلة لا تكمن فقط في وجود مثل هذه المسائل في الكتب القديمة، بل في استمرار نقلها وترديدها في المجموعات الفتاوى المعاصرة دون مراجعة جذرية أو حتى إعمال العقل في معانيها ومآلاتها ونتائجها، مما يسبغ عليها نوعاً من الاستمرارية الشرعية ويمنح أصحاب الفكر المتخلّف والمتطرّف أو المستغلين والمجرمين غطاءً تبريرياً لممارسة انتهاكاتهم بحق الأطفال تحت مسمى المقدّس (سواء كان المقصود هو الدين أو المذهب).
وفي هذا السياق، تظهر بوضوح إشكالية النفاق وازدواجية المعايير التي يشار إليها في نقد الخطاب الديني التقليدي السائد. فبينما يصر هذا الخطاب على توجيه الاتهامات للمجتمعات الحديثة والغربية بالانحلال الأخلاقي وتفكك القيم والاعتداء على "الفطرة الإنسانية" (التي لا معنى حقيقي لها)، فإنه يتجاهل أو يبرر الثغرات الفادحة والانتهاكات الجسيمة والجرائم الموجودة في مدوناته الفقهية. إن هذا الصخب الموجه نحو الآخر يسهم في التعمية عن النقد الذاتي المعمّق الواجب ممارسته تجاه التراث والنصوص مهما كانت درجة قداستها عند أتباعها، حيث يُستخدم الهجوم على الغرب وسياساته كأداة دفاعية للهروب من استحقاقات الإصلاح الداخلي ولمنع المساس بالمنظومة التراثية، بالرغم من أن المجتمعات الحديثة طوّرت آليات قضائية ومؤسسية حازمة لملاحقة جرائم الاعتداء على الأطفال ومحاسبة مرتكبيها بصرف النظر عن مكانتهم الاجتماعية أو الدينية.
وتتجلى ثقافة التبرير في محاولات إيجاد مبررات لغوية أو سياقية للتخفيف من حدة الفتاوى أو النصوص التاريخية، كأن يُقال إن الفقية كان يكتب في إطار افتراضي، أو أن العصر القديم كان يتقبل زواج القاصرات لاعتبارات اجتماعية وقبلية. ورغم أن هذا التفسير التاريخي قد يمتلك بعض الحجية في تتبع تطور الفكر البشري، إلا أن الإصرار على استدعائه وإسباغ القداسة عليه في القرن الحادي والعشرين يشكل عقبة أمام بناء منظومة أخلاقية متماسكة. فالأخلاق الحديثة تستند إلى مبادئ عدم إلحاق الضرر، وحماية الفئات الضعيفة، واحترام الاستقلالية الجسدية والنفسية للفرد، وهي مبادئ تصطدم كلياً مع أي نص يسمح بالاستغلال الجنسي للأطفال بغض النظر عن الحجج الفقهية أو الأطر الشكلية التي تُغلف بها.
إن تواصل هذه الإشكاليات وتكرارها يؤكد على الضرورة الملحّة لتفكيك المنظومات الفكرية التي ترفض مراجعة التراث بشجاعة. فالإصلاح الحقيقي لا يمكن أن يكتفي بالشعارات التي تتحدث عن كرامة الإنسان وحماية الأسرة، بينما تظل الفتاوى التي تنتهك هذه الكرامة مدونة ومتاحة ومعتمدة من طرف أصحاب اللحى والعمائم دون إدانة واضحة وصريحة. كما أن الاستمرار في ممارسة اللوم الخارجي واختلاق المعارك الفكرية مع المجتمعات الأخرى لن يغير من حقيقة أن الموروث الفقهي يحتوي على مساحات من الجرائم والفساد تتطلب نقداً جذرياً حقيقيا وجريئا وإعادة هيكلة شاملة، تضمن ملاءمة الأحكام مع المفاهيم الإنسانية الواقعية المستقرة بعيدا عن خرافات القداسة وتضع حداً لكل ما يهدّد سلامة وحقوق الأطفال والإنسان عموماً.






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Amal: (7) Lumineuse (nouvelle)

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Amal: (7) Lumineuse




Le dimanche après-midi était doux, l’un de ces jours de fin d’été où la lumière de Paris devient presque dorée. Amal marchait le long des quais de Seine, sans but précis, juste pour sentir l’air et le bruit de l’eau. Elle portait une robe légère couleur sable, les cheveux relevés en un chignon souple, des sandales plates. Elle n’avait rien prévu. Elle voulait seulement marcher.

C’est alors qu’elle le vit. Un homme d’une cinquantaine d’années, appareil photo en bandoulière, appuyé contre le parapet. Il la regardait déjà. Quand elle passa près de lui, il sourit, poliment.

— Pardon. Je sais que c’est indiscret, mais la lumière sur vous en ce moment… vous êtes lumineuse. Est-ce que je pourrais prendre quelques photos ? Juste quelques-unes. Je suis amateur.

Elle hésita. Les inconnus, d’habitude, elle les évitait. Mais il y avait quelque chose de calme dans sa voix, de non pressant. Elle accepta d’un signe de tête.

Il s’appelait Julien. Photographe amateur depuis vingt ans, cadre dans une maison d’édition le reste du temps. Il lui montra comment se placer, lui demanda de regarder la Seine, puis vers lui, puis de sourire à peine. L’obturateur cliqueta doucement. Il ne lui demanda jamais de poser de façon vulgaire. Il cherchait la lumière sur sa joue, le vent dans les mèches libres de son chignon, la façon dont la robe soulignait ses hanches quand elle se tournait.

Au bout d’une vingtaine de minutes, il rangea l’appareil.

— Elles seront prêtes ce soir, si vous voulez. J’habite juste de l’autre côté, rue des Saints-Pères. Vous pourriez passer voir les clichés. Un verre, rien de plus.

Elle regarda la Seine un instant. Puis elle dit oui.

Son appartement était au troisième étage d’un immeuble ancien, clair, presque nu. Des tirages noir et blanc accrochés aux murs, un grand canapé de cuir usé, une table basse en bois clair. Julien alluma l’ordinateur, lui versa un verre de vin blanc bien frais, et fit défiler les photos.

Amal s’assit à côté de lui. Sur l’écran, elle se vit comme elle ne s’était jamais vue. La lumière caressait son visage, adoucissait les traits, rendait ses yeux plus profonds. Sur une photo, elle regardait au loin, et on aurait dit qu’elle attendait quelqu’un. Sur une autre, un demi-sourire, et elle paraissait à la fois fragile et sûre d’elle. Elle ne se reconnut pas tout de suite. Puis elle comprit : c’était elle, désirée par l’objectif, révélée par un regard qui ne cherchait pas à la juger.

— Vous voyez ? murmura Julien. Lumineuse.

Elle ne répondit pas. Sa gorge était serrée. Il fit défiler une dernière photo, où elle se tenait de profil, la main posée sur le parapet. Le vent avait soulevé un pan de sa robe. On devinait la courbe de sa cuisse.

Julien posa doucement sa main sur la sienne, sur la table.

— Je peux effacer si ça vous gêne.

— Non, dit-elle. Gardez-les.

Le silence qui suivit fut chargé. Elle sentait sa présence à côté d’elle, la chaleur de sa cuisse près de la sienne. Quand il se tourna vers elle, elle ne détourna pas les yeux. Il pencha la tête. Leurs lèvres se touchèrent.

Le baiser fut lent, exploratoire. Il goûtait le vin et quelque chose de plus ancien, de plus retenu. Sa main monta le long de son bras, s’arrêta sur son épaule, puis glissa vers sa nuque. Amal ouvrit la bouche, laissa sa langue rencontrer la sienne. Un frisson lui parcourut le dos. Elle n’avait pas été embrassée ainsi depuis des mois, peut-être plus.

Quand ils se séparèrent, il garda le front contre le sien.

— Je voudrais vous photographier autrement, dit-il tout bas. Si vous voulez. Ici. Maintenant.

Elle regarda l’écran encore allumé, les images d’elle-même sur les quais. Puis elle hocha la tête.

Il se leva, prit un autre appareil, plus petit, plus discret. Il alluma seulement deux lampes de salon, baissa un peu les stores. La lumière devint douce, dorée, presque intime. Amal resta debout au milieu de la pièce. Il s’approcha, posa l’appareil sur la table, et dénoua lui-même le lien de sa robe. Le tissu glissa le long de ses bras, tomba à ses pieds. Elle n’avait en dessous qu’une culotte fine couleur chair. Il la regarda longuement, sans toucher encore.

— Ne bougez pas, murmura-t-il.

Il reprit l’appareil. Le déclencheur cliqua. Une photo d’elle debout, les bras le long du corps, les seins lourds, le ventre doux, les hanches larges. Puis une autre, où elle tournait légèrement la tête. Il s’approcha, posa une main sur sa taille, l’autre tenant toujours l’appareil. Ses doigts étaient chauds. Il prit une photo de près, de son profil, de sa bouche entrouverte.

Puis il posa l’appareil un instant, et posa les lèvres sur son épaule. Le baiser fut léger. Il remontait le long de sa gorge, s’arrêta sous son oreille. Amal ferma les yeux. Ses mains trouvèrent sa poitrine, la caressèrent à travers le tissu de sa chemise. Quand il se redressa, ses yeux étaient plus sombres.

Il la guida vers le canapé. Elle s’y assit. Il s’agenouilla devant elle, entre ses genoux, et prit plusieurs photos de son visage, de sa poitrine, du creux de sa gorge. Puis il posa l’appareil, et de ses deux mains ouvrit ses cuisses. Il embrassa l’intérieur de l’une, puis de l’autre. Ses lèvres remontèrent jusqu’à la culotte. Il l’embrassa à travers le tissu, inspira son odeur. Amal posa une main dans ses cheveux.

Il tira la culotte vers le bas. Elle se retrouva nue. Il reprit l’appareil, photographia son sexe de près, les lèvres déjà humides, le clitoris un peu gonflé. Le déclencheur cliqua plusieurs fois. Puis il posa l’appareil à côté d’eux et posa sa bouche là où l’objectif avait été.

Sa langue était chaude, précise. Elle lécha lentement, de bas en haut, s’attarda sur le clitoris, le suçota doucement. Deux doigts glissèrent en elle, la trouvèrent déjà trempée. Il les courba, chercha. Amal gémit, les hanches se soulevant. Il photographia encore une fois, d’une main, pendant que l’autre et sa bouche continuaient. Le clic de l’appareil se mêlait à ses gémissements.

Elle jouit une première fois ainsi, les cuisses tremblantes autour de sa tête, un long soupir rauque. Il ne s’arrêta pas tout de suite. Il continua à la lécher plus doucement, jusqu’à ce qu’elle le repousse faiblement. Puis il se releva, l’embrassa. Elle goûta son propre désir sur sa bouche.

Il la fit se lever, se placer près de la fenêtre entrebâillée. La lumière du soir entrait encore. Il la photographia de dos, nue, les mains posées sur le rebord. Puis de profil. Puis face à lui, un bras levé contre le cadre. Entre chaque photo, il s’approchait, caressait un sein, pinçait un mamelon, glissait une main entre ses cuisses. Elle était déjà de nouveau mouillée.

Il la ramena vers le canapé, la fit s’agenouiller dessus, les avant-bras sur le dossier. Il se plaça derrière elle, photographia son sexe ainsi offert, ses fesses, le creux de ses reins. Puis il posa l’appareil et s’agenouilla. Sa langue retrouva son clitoris par-derrière, lécha longuement, fit entrer un doigt, puis deux. Amal gémissait plus fort maintenant, le visage enfoui dans ses bras. Il la fit jouir une deuxième fois dans cette position, en la tenant fermement par les hanches.

Quand elle redescendit, il se déshabilla. Son corps était solide, poitrine un peu grisonnante, sexe déjà dur. Il la fit se retourner, s’asseoir sur le canapé, et s’agenouilla à nouveau entre ses cuisses. Il la pénétra d’un mouvement lent et profond, tout en tenant l’appareil d’une main. Il prit une photo de leur union, de son sexe enfoncé en elle. Puis il posa l’appareil et commença à bouger.

Les coups de reins étaient lents, profonds, attentifs. Il la regardait jouir de chaque friction. Une de ses mains tenait sa hanche, l’autre caressait son clitoris. Amal croisa les chevilles dans son dos. Elle jouit une troisième fois autour de lui, les muscles se contractant par vagues. Il gémit, ralentit, mais ne sortit pas.

Il la fit changer de position. Elle se mit à califourchon sur lui, sur le canapé. Elle s’empala seule, les mains sur sa poitrine. Il photographia son visage pendant qu’elle le chevauchait, puis ses seins qui bougeaient, puis l’endroit où leurs corps se rejoignaient. Entre les clics, il pinçait ses mamelons, la guidait par les hanches. Elle se pencha pour l’embrasser, ses cheveux maintenant complètement défaits. Elle jouit une quatrième fois en le chevauchant, le corps tendu, la tête renversée.

La nuit tomba complètement. Ils passèrent dans la chambre. Le lit était large, les draps blancs. Il alluma une seule lampe. Il la photographia allongée sur le dos, les bras au-dessus de la tête, les cuisses ouvertes. Puis sur le côté. Puis à quatre pattes. Chaque fois, après avoir pris la photo, il la touchait : une main sur un sein, des doigts entre ses lèvres, sa bouche sur son sexe. Il la fit jouir une cinquième fois avec sa langue seulement, pendant qu’il tenait l’appareil d’une main et déclenchait au moment exact de son orgasme.

Ensuite il la pénétra à nouveau, cette fois plus profondément, plus fort. Elle était sur le dos, les jambes relevées contre sa poitrine. Il photographia encore, puis abandonna l’appareil pour se concentrer entièrement sur elle. Ses coups de reins devinrent plus rapides. Il la regardait dans les yeux. Quand elle jouit une sixième fois, il la suivit presque aussitôt, s’enfonçant jusqu’au bout, jouissant en elle avec un gémissement rauque.

Ils restèrent enlacés un long moment. Puis il reprit l’appareil. Il la photographia ainsi, encore pleine de lui, les cuisses ouvertes, le sexe brillant. Le regard qu’il posait sur elle à travers l’objectif était presque dévot. Elle se sentait vue. Vraiment vue. Pas seulement désirée, mais regardée dans chaque détail de son plaisir.

La nuit continua. Ils dormirent par intermittence. Parfois il se réveillait, allumait la petite lampe, et la photographiait endormie, ou à moitié éveillée. Parfois ses mains la caressaient jusqu’à ce qu’elle ouvre les yeux et l’attire contre elle. Une fois, vers trois heures, il la prit doucement par-derrière, cuillère, pendant qu’il tenait l’appareil devant eux et prenait des photos de ses seins dans ses mains, de son visage détendu par le plaisir. Elle jouit encore, plus sourdement, en serrant son bras contre sa poitrine.

À l’aube, la lumière grise entra par les stores mal fermés. Amal s’éveilla la première. Julien dormait sur le ventre, une main encore posée sur sa hanche. Elle se leva sans bruit, alla dans la salle de bain, se regarda dans le miroir. Son visage était reposé, ses lèvres un peu gonflées, son cou marqué de légers rouges. Entre ses cuisses, elle sentait encore la trace de lui.

Elle revint dans la chambre. Il s’était réveillé. Il la regarda s’approcher, nue dans la lumière pâle, et sourit.

— Une dernière ? demanda-t-il en montrant l’appareil.

Elle hocha la tête. Elle s’allongea sur le lit, les cheveux épars, les cuisses légèrement ouvertes. Il prit plusieurs photos. Puis il posa l’appareil, s’allongea contre elle, et l’embrassa longuement. Sa main glissa entre ses jambes, la trouva encore sensible, encore humide. Il la caressa jusqu’à ce qu’elle jouisse une dernière fois, doucement, contre sa bouche.

Après, elle s’habilla en silence. La robe sable, les sandales. Il lui prépara un café. Ils le burent près de la fenêtre, en regardant la rue s’éveiller. Il ne lui demanda pas son numéro. Elle ne le lui demanda pas non plus. Il lui montra juste le dossier des photos sur l’ordinateur, et lui dit qu’il les lui enverrait si elle voulait.

À la porte, il l’embrassa une dernière fois, tendrement.

— Merci, dit-il. D’avoir accepté d’être vue.

Elle sourit.

— Merci à vous. De m’avoir regardée.

Elle descendit l’escalier. Dehors, l’air du matin était frais. Les quais n’étaient plus très loin. Elle marcha un moment sans but, sentant encore sur sa peau la mémoire de ses mains, de sa bouche, de l’objectif qui l’avait suivie toute la nuit. Pour la première fois depuis très longtemps, elle ne se sentait plus invisible. Elle avait été lumineuse. Elle avait été désirée. Elle avait été vraiment vue.

Et ce sentiment-là, plus encore que les orgasmes, lui donnait envie de continuer à marcher, le cœur un peu plus léger, le corps encore chaud du souvenir.





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Braises et Confidences (nouvelle)

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Braises et Confidences




Le soleil déclinait derrière les pins quand Léa et Julien posèrent leurs sacs sur l'emplacement numéro 7. La terre était chaude sous leurs pieds nus, parsemée d'aiguilles de pin qui craquaient à chaque pas. Le camping des Cigales avait cette odeur particulière des vacances : résine, herbe sèche, et cette liberté qui flottait dans l'air comme une promesse. Autour d'eux, des tentes de toutes les couleurs, des caravanes rutilantes, et partout, cette nudité tranquille qui les avait tant intimidés à l'arrivée.

Léa déroula le tapis de sol en retenant son souffle. Elle n'était pas encore tout à fait à l'aise. Son corps, qu'elle aimait pourtant, lui semblait soudain exposé, jugé, comparé. Elle portait un paréo léger, juste assez pour cacher l'essentiel, mais elle sentait le regard des autres campeurs sur ses hanches, ses seins, cette peau qu'elle n'avait jamais montrée si librement. Julien, lui, s'était déjà débarrassé de tout, son corps brun et athlétique se mouvant avec une aisance qu'elle lui enviait. Il était comme ça, lui. Décomplexé. Vivant.

"Ça va ?" demanda-t-il en la voyant hésiter.

Elle hocha la tête, les lèvres serrées. Il s'approcha, posa ses mains sur ses épaules nues, et la regarda dans les yeux.

"Personne ne te juge, ici. Regarde."

Il désigna du menton le camping autour d'eux. Un homme de soixante ans lisait son journal, nu comme un ver, les jambes croisées. Une femme bronzait sur sa serviette, ses seins offerts au ciel, un livre posé sur son ventre. Des enfants couraient entre les tentes, insouciants, leur nudité si naturelle qu'on en oubliait presque la leur. Léa inspira profondément, et lentement, elle défit le nœud du paréo. Le tissu glissa sur sa peau, révélant son ventre plat, ses seins ronds, son bassin étroit. Elle se sentit comme une naissance. Nue. Vulnérable. Libérée.

Ils montèrent la tente en silence, leurs gestes synchronisés par quatre ans de vie commune. Le dôme bleu s'éleva entre les pins, et Léa s'y glissa pour ranger les affaires, son corps enfin à l'abri des regards. Mais au fond, elle savait que cette pudeur n'était qu'une habitude, un vêtement de plus qu'elle devrait apprendre à enlever. Elle entendit Julien siffloter dehors, installant les chaises pliantes, le réchaud, cette vie de campeur qu'ils aimaient tant.

C'est à ce moment qu'une voix joyeuse s'éleva.

"Salut ! Vous êtes les nouveaux du 7, non ?"

Léa sortit la tête de la tente et découvrit un couple debout devant leur emplacement. L'homme était grand, les épaules larges, avec une barbe rousse taillée court et des yeux verts qui pétillaient. La femme, plus petite, avait une chevelure blonde fouettée par le vent et un sourire immense qui plissait les coins de ses yeux. Tous deux étaient nus, bien sûr, sans la moindre gêne, leurs corps bronzés comme s'ils vivaient là depuis des semaines.

"Nous sommes au 8," dit la femme en désignant la tente voisine. "Je suis Manon, et voici Thomas. On se disait que vous voudriez peut-être partager notre feu ce soir ?"

Julien jeta un coup d'œil à Léa, un sourire aux lèvres. Elle sentit un frisson lui parcourir l'échine, ce mélange d'appréhension et de curiosité qui la rendait fébrile. Elle savait que son mari aimait ces rencontres imprévues, ces moments où l'inconnu devenait confident.

"Avec plaisir," répondit-elle avant même d'avoir réfléchi.

La soirée tomba sur le camping comme un rideau de velours. Le ciel s'embrasa d'orange et de pourpre, puis vira au bleu profond, parsemé d'étoiles que la campagne dévoilait sans pudeur. Le feu de camp crépitait entre les emplacements 7 et 8, ses flammes dansant sur les visages des quatre campeurs. Thomas avait apporté des guimauves, des bières fraîches, et une bouteille de vin rouge qui circulait de main en main. Léa s'était installée sur une couverture, ses jambes croisées, son corps nu réchauffé par les braises et par l'alcool qui coulait dans ses veines.

Les conversations allaient bon train. Ils parlaient de leurs vies, de leurs métiers, de leurs voyages. Léa apprit que Thomas était architecte, Manon professeure de yoga. Ils n'avaient pas d'enfants, et leurs vacances étaient toujours un prétexte pour se retrouver, pour se redécouvrir. Julien raconta leur randonnée en Corse, leurs nuits à la belle étoile, cette complicité qui les liait depuis le premier jour.

Manon se pencha vers Léa, sa main effleurant son avant-bras.

"Vous êtes beaux, tous les deux," dit-elle doucement. "On le voit, l'amour que vous avez."

Léa rougit. Le compliment, dans ce contexte, prenait une résonance particulière. Les regards de Manon s'attardèrent sur son corps, sur ses seins, sur ses hanches, mais ce n'était pas un regard de jalousie. C'était un regard d'admiration, de désir partagé. Léa sentit ses tétons se durcir sous la caresse invisible de ses yeux. Elle croisa les bras instinctivement, puis les relâcha, honteuse de cette pudeur qui la rattrapait.

"Vous êtes belle, Léa. Vraiment."

La voix de Thomas était grave, chaude comme le feu. Elle leva les yeux vers lui, et son regard plongea dans le sien. Il y avait une intensité dans ses prunelles vertes, une franchise qui la désarma. Il ne la déshabillait pas du regard, il la voyait. Telle qu'elle était. Nue.

Julien passa un bras autour de ses épaules, l'attirant contre lui. Ses doigts tracèrent des cercles sur sa peau, un geste habituel mais qui ce soir semblait chargé de sens. Léa s'appuya contre son torse, sentant son souffle dans ses cheveux. Elle savait qu'il aimait ces moments où elle se laissait aller, où elle acceptait d'être désirée, même par d'autres. C'était leur jeu, leur secret, cette complicité qui les rendait plus forts.

Le vin coulait, les rires s'égrenaient dans la nuit. Le feu projetait des ombres dansantes sur les corps nus, les sculptant en formes mouvantes. Léa sentait le regard de Manon sur elle, ce regard doux et insistant qui la parcourait comme une main invisible. Elle se tourna vers elle, un sourire aux lèvres, et leurs yeux se rencontrèrent. Un accord silencieux, une permission muette.

"J'ai une bouteille de porto dans la tente," dit Manon en se levant. "Vous voulez goûter ?"

Elle disparut un instant, laissant Léa seule avec Thomas. Le silence était chargé d'électricité, cette tension délicieuse qui précède les basculements. Julien se leva à son tour, prétextant chercher une autre couverture, mais Léa le retint par la main.

"Reste," murmura-t-elle. "Reste."

Il se rassit, son corps contre le sien, et elle sentit son sexe dur contre sa cuisse. Le désir était là, palpable, insistant. Il n'y avait plus de mots, plus de confidences, plus que ces corps qui se parlaient dans la langue des peaux.

Manon revint avec le porto, mais elle ne s'assit pas. Elle se tint debout devant Léa, son corps offert, ses seins ronds éclairés par les flammes. Elle tendit le verre, et Léa le prit, leurs doigts se touchant dans un frôlement qui dura une seconde de trop.

"Vous êtes prêts ?" demanda Manon, sa voix à peine plus haute qu'un souffle.

Léa comprit que la question ne portait pas sur le porto.

Elle regarda Julien, ses yeux cherchant une réponse dans les siens. Il hocha la tête, un sourire aux lèvres, et elle sentit cette chaleur monter en elle, ce désir qu'elle n'avait jamais vraiment osé avouer. Elle reposa le verre sur l'herbe et se leva à son tour. Ses seins dansaient sous la lumière du feu, ses hanches se balançaient au rythme des braises.

"Je suis prête," dit-elle.

Thomas se leva lui aussi, et ils étaient quatre, nus, face au feu, leurs souffles mêlés dans l'air frais de la nuit. Les premières mains s'égarèrent, timides, exploratrices. Manon caressa l'épaule de Léa, suivit la ligne de sa nuque, et leurs lèvres se frôlèrent. Un baiser d'abord, léger, à peine un contact. Puis un second, plus appuyé, où les langues se trouvèrent.

Léa sentit les mains de Thomas sur ses hanches, ses doigts s'enfonçant dans sa chair, tandis que Julien embrassait Manon à quelques centimètres. C'était vertigineux, ce mélange de corps, ce brouillage des limites. Elle ne savait plus où commençaient ses mains, où finissaient celles des autres. Les quatre corps n'étaient plus que des courbes enlacées, des souffles saccadés, des peaux qui se cherchaient dans la pénombre.

Elle se retrouva allongée sur la couverture, les étoiles au-dessus d'elle, et les deux hommes penchés sur son corps. Thomas embrassait sa bouche tandis que Julien descendait le long de sa gorge, ses lèvres traçant un chemin de feu sur sa poitrine. Elle sentit ses dents mordre son téton, une douleur exquise qui fit monter un gémissement de sa poitrine. Manon était là aussi, ses doigts parcourant l'intérieur de ses cuisses, cette zone si sensible qu'elle frémissait sous chaque caresse.

Léa perdit la notion du temps. Les corps se confondaient, les plaisirs s'accumulaient comme des vagues. Elle sentit Thomas s'insérer en elle d'un coup, sa chaleur la remplissant tandis que Julien se glissait dans sa bouche. Ses deux trous étaient occupés, remplis, possédés, et elle se laissa aller à ce vertige. Les allers-retours s'accéléraient, les doigts de Manon jouant avec son clitoris, la tirant vers cet orgasme qui montait lentement.

Elle jouit une première fois en criant son prénom, un prénom qu'elle ne reconnut pas tant il était déformé par le plaisir. Puis elle sentit Julien se retirer de sa bouche pour la retourner, la prendre par-derrière pendant que Thomas continuait en elle. Les deux hommes la prenaient à tour de rôle, leurs sexe glissant l'un après l'autre dans sa chaleur, leurs mains sur ses hanches, ses épaules, ses seins.

Manon s'allongea devant elle, ses jambes ouvertes, son sexe humide tendu vers Léa. Léa comprit ce qu'elle attendait, et elle plongea sa langue dans ce jardin ouvert, goûtant ce nectar salé qui la fit frémir. Elle lécha, suça, ses doigts s'enfonçant dans la chair de Manon tandis que les hommes la prenaient par-derrière. Les gémissements se mêlaient, les corps se confondaient, et la nuit était pleine de ces bruits d'amour qui résonnaient comme une incantation.

Thomas jouit en elle, sa semence chaude inondant son ventre, et Léa sentit cette chaleur se répandre comme une promesse. Julien la reprit alors, ses coups plus profonds, plus sauvages, et elle cria de nouveau, son orgasme explosant en même temps que celui de son mari. Les deux hommes se retirèrent ensemble, leurs sexe encore durs, et ils s'allongèrent sur l'herbe, les souffles haletants.

Manon se releva, ses lèvres humides de la langue de Léa, et elle se pencha sur Thomas. Elle prit son sexe dans sa bouche, le nettoyant du sperme de Léa et de son propre jus, tandis que Julien la regardait, ses yeux brillants de désir. Léa s'approcha de lui, l'embrassa, goûtant sur ses lèvres le mélange de leurs corps.

"À toi," murmura-t-elle.

Julien se tourna vers Manon, son sexe à nouveau dur. Il la prit en levrette, ses mains sur ses hanches, tandis que Thomas s'allongeait sous Léa, l'attirant sur lui. Léa chevaucha Thomas, ses seins dansant sous les étoiles, tandis que Manon gémissait sous les coups de Julien. Les quatre corps n'étaient plus qu'un seul animal, une bête à quatre têtes qui cherchait son plaisir dans la nuit.

Léa sentit un deuxième orgasme monter, plus profond, plus viscéral. Elle cria, ses doigts s'enfonçant dans la poitrine de Thomas, tandis que lui jouissait en elle une seconde fois, sa semence mêlée à celle de Julien qui emplissait Manon. Les deux hommes se retirèrent, épuisés, et les deux femmes s'enlacèrent sur la couverture, leurs corps collés, leurs souffles mêlés.

Elles s'embrassèrent longuement, un baiser qui goûtait le vin, le feu, et leur propre désir. Léa sentit les doigts de Manon s'aventurer entre ses cuisses, jouant avec son clitoris encore sensible. Elle se laissa faire, ses mains parcourant le corps de Manon, ses seins, son ventre, cette peau douce qu'elle apprenait à connaître.

"Encore," murmura Léa.

Manon sourit dans la pénombre. Elle descendit le long du corps de Léa, ses lèvres traçant un chemin de feu sur son ventre, ses hanches, l'intérieur de ses cuisses. Sa langue trouva son clitoris, le lécha, le suça, tandis que Léa gémissait de plus belle. Les deux hommes regardaient, leurs corps de nouveau tendus, leurs mains caressant leurs propres sexes.

Léa jouit une troisième fois, ses doigts enfoncés dans les cheveux blonds de Manon, son corps secoué de spasmes. Elle s'affaissa sur la couverture, épuisée, vidée, et Manon remonta vers elle, leurs lèvres s'unissant dans un baiser qui goûtait son propre plaisir.

Les quatre corps s'installèrent sur la couverture, enlacés les uns aux autres. Le feu s'était éteint, ne laissant que des braises qui rougeoyaient dans la nuit. Léa se blottit contre Julien, sa tête sur son torse, tandis que Thomas et Manon s'allongeaient de l'autre côté, leurs mains entrelacées.

"On recommence demain ?" demanda Manon, sa voix fatiguée mais rieuse.

Léa rit, un petit rire qui secoua ses épaules.

"Demain matin. Au lever du soleil."

Ils s'endormirent ainsi, nus sous les étoiles, leurs corps mêlés comme les branches des pins au-dessus d'eux. Le vent caressait leurs peaux, le feu mourait lentement, et la nuit était pleine de ces promesses, ces confidences qu'on ne fait qu'à ceux qui vous ont vu nu.

Au matin, Léa s'éveilla la première. Le soleil se levait sur le camping, dorant les tentes d'une lumière chaude. Elle regarda les trois corps endormis autour d'elle, ce tableau paisible de peaux nues et de sourires apaisés. Elle se sentait légère, libre, comme si la nuit avait effacé toutes ses pudeurs.

Julien ouvrit les yeux, la regarda, et lui sourit.

"Bien dormi ?"

Elle posa sa main sur sa joue, ses doigts caressant sa barbe naissante.

"J'ai jamais aussi bien dormi."

Il l'attira contre lui, ses lèvres cherchant les siennes. Leurs baisers se firent plus profonds, plus intimes, tandis que les autres dormaient encore. Il la fit glisser sur lui, la prenant doucement, à l'aube naissante, tandis que le camping s'éveillait autour d'eux.

Léa se cambra, ses seins offerts au ciel, et elle se laissa emporter par ce plaisir tranquille, ce matin qui promettait une journée de découvertes. Elle n'avait plus peur. Plus de gêne. Juste cette certitude que son corps était à elle, qu'il pouvait être offert, partagé, savouré.

Les quatre campeurs passèrent la journée à se regarder, à se sourire, à se frôler. Ils partagèrent leurs repas, leurs baignades dans le lac voisin, leurs confidences. La nuit venue, le feu fut rallumé, et les corps se retrouvèrent, mêlés, offerts.

Léa n'avait jamais connu une telle plénitude. Elle comprit que l'échangisme n'était pas une trahison, mais un partage, une manière de se retrouver en se perdant un peu. Elle n'aimait pas moins Julien pour avoir pris Thomas, elle l'aimait davantage, comme s'ils avaient découvert ensemble un territoire inexploré.

La dernière nuit, ils firent l'amour tous les quatre une dernière fois, leurs corps soudés dans une danse lente et profonde. Les orgasmes se succédèrent, les fluides se mêlèrent, et quand ils s'endormirent, enlacés, Léa sut qu'elle ne serait plus jamais la même.

Le lendemain, ils se dirent au revoir sur le parking du camping. Manon la serra dans ses bras, un long moment, ses lèvres effleurant son oreille.

"On se reverra," murmura-t-elle. "Je le sais."

Léa hocha la tête, les larmes aux yeux. Elle monta dans la voiture, Julien au volant, et ils s'éloignèrent sous le soleil de midi. Les pins défilaient, le camping s'évanouissait dans le rétroviseur, mais elle gardait au creux de son ventre cette chaleur, cette promesse, ces braises qui ne s'éteindraient jamais.

Le voyage de retour fut silencieux. Pas un silence pesant, mais un silence de ceux qui ont tout dit, tout donné. Julien posa sa main sur sa cuisse, ses doigts traçant des cercles sur sa peau.

"J'ai aimé te voir comme ça," dit-il.

Elle se tourna vers lui, un sourire aux lèvres.

"J'ai aimé être comme ça."

Et ils surent tous les deux que ce n'était qu'un début.






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