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Rebecca: (6) Les Mots de Travers (nouvelle)

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Rebecca: (6) Les Mots de Travers




Le message était tombé dans sa boîte de réception Facebook un mardi soir, alors que Rebecca finissait son verre de vin en scrolling distraitement. Le profil s’appelait simplement "Camille D.", photo de profil floue comme si prise à la va-vite dans un miroir de salle de bain. La bio était courte : "29 ans, lesbienne, curieuse de tout." Ce qui avait attiré Rebecca, c'était la phrase écrite en petit sous le nom : "Je cherche des rencontres sincères, sans faux-semblants. Si tu as un cœur et une histoire, écris-moi."

Rebecca avait répondu par politesse d'abord, par curiosité ensuite. Camille écrivait bien, avec une sincérité désarmante. Elle parlait de ses voyages, de son travail dans une librairie indépendante, de son amour pour les vieux films en noir et blanc. Elle ne posait pas de questions sur le corps de Rebecca, sur ce qu'elle avait entre les jambes, sur son passé. Elle demandait simplement : "Qu'est-ce qui te fait vibrer, toi ?"

Elles avaient échangé pendant trois semaines. Des messages le matin, des vocaux le soir. La voix de Camille était douce, un peu grave, avec cet accent du sud-ouest qui traînait sur les "r". Rebecca s'était surprise à attendre ses messages avec une impatience qu'elle ne s'était pas autorisée depuis longtemps. Elle avait même montré la conversation à Alex, qui avait haussé un sourcil avec un sourire complice. "Tu as un crush." Elle avait nié, bien sûr. Mais au fond d'elle, une petite flamme s'était allumée.

Quand Camille avait proposé un rendez-vous, Rebecca avait dit oui sans hésiter. Un bar à vin, dans le quartier de Camille, un endroit discret avec des banquettes en velours et des bougies. Elle avait relu le message plusieurs fois. Camille écrivait : "Je serai celle avec un carnet rouge sous le bras et un sourire qui tremble un peu." Rebecca avait ri toute seule dans sa cuisine.

Le soir du date, elle passa plus d'une heure à se préparer. Elle choisit une robe noire, sobre mais élégante, qui tombait juste au-dessus du genou. Des bas fins, des talons bas pour ne pas trop la grandir. Sa perruque était un carré blond impeccable, strict, avec une mèche qui tombait sur son œil droit. Elle se maquilla avec soin, rouge à lèvres rouge sombre, un trait d'eye-liner parfait, un soupçon de blush. Alex l'avait regardée sortir avec un sifflement admiratif. "Elle va tomber raide." Rebecca lui avait envoyé un baiser et était partie dans la nuit.

Le bar était à la hauteur de ses espérances. Une petite salle enfumée, des étagères de bouteilles alignées jusqu'au plafond, des tables en bois ciré. À une table du fond, une femme était assise, un carnet rouge posé devant elle. Elle avait les cheveux bruns courts, coupés à la garçonne, dégageant un cou long et fin. Des yeux bleus-gris, une bouche charnue, un visage anguleux mais doux. Elle portait une chemise blanche ouverte sur un t-shirt noir, un jean, des baskets. Simple. Élégante. Et elle souriait, ce sourire tremblant qu'elle avait promis.

Rebecca s'approcha, le cœur battant. "Camille ?"

La femme leva les yeux, et son sourire s'élargit. "Rebecca. Enfin." Elle se leva, la serra dans ses bras. Une étreinte spontanée, chaleureuse. Rebecca sentit son parfum, un mélange de vanille et de bois de cèdre, et ferma les yeux une seconde. "Tu es magnifique", murmura Camille contre son oreille. "Bien plus que sur tes photos."

Le dîner fut une longue conversation à bâtons rompus. Elles parlèrent de livres d'abord, parce que c'était le terrain commun le plus sûr. Camille adorait Marguerite Duras, Rebecca préférait Colette. Elles débattirent gentiment, avec des rires. Puis vinrent les confidences. Camille raconta son enfance dans une petite ville du sud, son coming-out à dix-huit ans, ses amours passées, ses déceptions. Rebecca écoutait, attentive, posant sa main sur la table à portée de celle de Camille. Quand ce fut son tour, elle raconta sa transition, ses doutes, ses joies, sa rencontre avec Alex, la liberté qu'il lui avait offerte. Camille écoutait sans détourner le regard, hochant la tête, posant des questions précises, jamais indiscrètes.

"Alex est au courant que tu es là, ce soir ?" demanda Camille, un sourire en coin.

"Oui. Il m'a dit de m'amuser."

"Quel homme."

"Le meilleur."

Le vin coulait, deux bouteilles de Bourgogne qu'elles partagèrent sans compter. Leurs visages étaient rouges, leurs gestes plus amples. Camille posa sa main sur celle de Rebecca, la caressa du pouce. Un geste simple, électrique. "Je dois te dire quelque chose." Sa voix était plus grave, plus intime. "Avant ce soir, je n'avais jamais été avec une femme trans. Je ne savais pas si je devais te le dire. Je ne voulais pas que tu penses que je te voyais comme une curiosité."

Rebecca la regarda, cherchant la sincérité dans ses yeux. Elle la trouva. "Et maintenant que tu me vois en vrai, tu penses quoi ?"

"Je pense que tu es magnifique, intelligente, drôle. Et que j'ai très envie de t'embrasser depuis que je t'ai vue entrer."

Rebecca sentit son cœur s'emballer. Elle se pencha, effleura les lèvres de Camille du bout des siennes. Le baiser fut doux, hésitant au début, puis plus profond. La langue de Camille glissa contre la sienne, chaude et savoureuse. Elles s'embrassèrent longuement, sans se soucier des autres clients. Quand elles se séparèrent, leurs fronts se touchèrent. "On va chez moi ?" murmura Camille. "C'est à deux pas."

L'appartement de Camille était petit, encombré de livres et de plantes vertes. Une grande fenêtre donnait sur une cour intérieure silencieuse. Un canapé en velours bleu, des bougies partout, une couverture en laine jetée sur le dossier. Camille retira ses baskets, Rebecca ses talons. Elles se faisaient face, un sourire gêné aux lèvres.

"Je suis un peu nerveuse", avoua Camille.

"Moi aussi."

"Tu veux un verre d'eau ?"

"Je veux que tu m'embrasses."

Camille s'approcha, l'enlaça, ses mains glissant sur la robe noire de Rebecca. Le baiser fut plus lent, plus explorateur. Les lèvres de Camille descendirent sur son cou, sa mâchoire, son oreille. Rebecca ferma les yeux, se laissa porter. Elle sentait les doigts de Camille caresser sa nuque, descendre le long de sa colonne vertébrale, s'attarder sur les courbes de ses reins. "J'ai envie de te voir", murmura Camille. "Toute."

Rebecca recula, défit lentement les boutons de sa robe. Elle la laissa glisser sur le sol, révélant sa lingerie noire : un soutien-gorge push-up qui faisait déborder ses seins lourds, une culotte en dentelle qui contenait à peine sa queue épaisse déjà à moitié dure. Camille retint son souffle. "Mon Dieu, tu es magnifique."

Elle s'agenouilla devant elle, embrassa son ventre, remonta ses lèvres jusqu'au creux de ses seins, puis les libéra du soutien-gorge. Les seins de Rebecca tombèrent, généreux, les tétons roses et durs. Camille les prit dans sa bouche l'un après l'autre, les suça avec une lenteur gourmande. Rebecca gémissait doucement, ses doigts dans les cheveux courts de Camille. La sensation était différente de celle d'Alex : plus douce, plus patiente, presque méditative.

Camille se releva, embrassa Rebecca sur la bouche tout en la guidant vers le lit. Le grand lit blanc était couvert de coussins, de plaids doux. Rebecca s'y allongea, se sentant vulnérable et désirée à la fois. Camille se déshabilla à son tour, avec une lenteur délibérée. Sa chemise tomba, puis son t-shirt, révélant des seins petits mais fermes, des tétons clairs. Son jean glissa sur ses hanches étroites, laissant apparaître une culotte simple, en coton blanc, sous laquelle on devinait un renflement discret. Quand elle la retira, Rebecca vit son sexe : une vulve soignée, des lèvres roses, un petit mont de Vénus parfaitement épilé. Camille s'allongea à côté d'elle, leur corps se touchant du torse aux genoux.

"Puis-je te toucher ?" demanda Camille.

"Oui."

La main de Camille descendit entre les jambes de Rebecca, caressa sa queue à travers la dentelle, sentit sa dureté. "Elle est belle", murmura-t-elle. "Puis-je la voir ?"

Rebecca hocha la tête, le souffle court. Camille retira la culotte, libérant la queue épaisse de Rebecca, longue, veinée, le gland gonflé et luisant. Elle la caressa du bout des doigts, d'abord timidement, puis avec plus d'assurance. Rebecca gémit, se cambra. "Tu aimes ça ?" demanda Camille.

"Oui. Continue."

Camille se pencha, prit la queue de Rebecca dans sa bouche. Sa langue était chaude, douce, experte. Elle la suça lentement, du gland à la base, ses lèvres glissant sur la peau sensible. Rebecca agrippa les draps, les yeux fermés, la bouche ouverte. Elle n'avait jamais été prise en bouche par une femme de cette façon, avec cette dévotion silencieuse. Camille prenait son temps, explorant chaque centimètre, chaque veine, le pré-sperme qui perçait déjà au bout du gland. Elle remonta, embrassa le ventre de Rebecca, ses seins, son cou, puis redescendit.

"Je veux te goûter autrement", murmura Camille. Elle écarta les cuisses de Rebecca, s'installa entre elles, et descendit sa bouche plus bas, vers son anus. Sa langue traça un cercle autour de l'ouverture, d'abord léger, puis plus ferme. Rebecca cria, un cri étouffé, surprise par la sensation. Camille la léchait avec une précision délicate, ses doigts caressant la base de sa queue, le gland, les testicules. Le plaisir montait en spirale, intense, presque trop.

"Arrête, arrête une seconde", haleta Rebecca. "Je vais jouir."

Camille remonta, l'embrassa sur la bouche. "Pas encore. J'ai tellement de choses à te montrer."

Elle se releva, fouilla dans un tiroir de la table de nuit, en sortit un grand dildo en silicone noir, lisse, d'environ vingt centimètres, avec une base élargie. Elle le montra à Rebecca. "J'aime me faire prendre. J'adore la sensation d'être remplie. Tu veux essayer ?"

Rebecca regarda l'objet, puis Camille. "Tu veux que je te le mette ?"

"Je veux que tu me baises avec. Que tu me baises comme une femme le fait avec une autre."

Rebecca prit le dildo, le caressa, le lubrifia généreusement avec un gel qu'elle trouva sur la table. Camille s'allongea sur le dos, écarta les jambes, les plaça sur les épaules de Rebecca. Sa vulve était humide, les lèvres roses et offertes. Elle guida le dildo vers son entrée, poussa doucement. Le silicone glissa avec une facilité surprenante. Camille gémit, sa tête renversée en arrière. "Oui… comme ça… plus profond."

Rebecca s'installa entre ses jambes, le dildo en main, et commença un mouvement lent et régulier. Elle regardait le visage de Camille, ses yeux fermés, sa bouche entrouverte, ses mains agrippant les draps. La sensation de tenir ce sexe artificiel, de pénétrer cette femme, de la voir prendre du plaisir grâce à elle, était enivrante. Elle accéléra doucement, le dildo glissant de plus en plus vite dans le vagin serré de Camille.

"Tu es magnifique", murmura Rebecca. "Tu aimes te faire baiser comme ça ?"

"Oui… oh oui… continue, ne t'arrête pas."

Rebecca sentit sa propre queue durcir encore plus, battant contre son ventre à chaque mouvement. Elle continua à pénétrer Camille, plus fort, plus vite. Camille se cambra, un cri rauque s'échappant de sa gorge. Son corps se tendit, puis se relâcha, parcouru de spasmes. Elle jouit violemment, son vagin se contractant autour du dildo. Elle resta quelques secondes immobile, haletante, les yeux ouverts sur le plafond.

Quand elle reprit ses esprits, elle sourit à Rebecca, les joues rouges. "À mon tour."

Elle prit le dildo, le nettoya rapidement, puis s'approcha de Rebecca. "Allonge-toi sur le ventre. Je veux te prendre."

Rebecca obéit, se retournant, offrant ses fesses rondes et fermes. Camille s'installa derrière elle, lubrifia le dildo, puis sa propre vulve. Elle se pencha, embrassa le dos de Rebecca, ses omoplates, le creux de ses reins. "Je vais y aller doucement", murmura-t-elle. "Dis-moi si ça fait mal."

Elle posa le dildo contre l'anus de Rebecca, poussa doucement. La résistance fut grande au début, puis la chair s'ouvrit, accueillant l'objet centimètre par centimètre. Rebecca ferma les yeux, se concentrant sur la sensation, la plénitude, cette douce douleur mêlée au plaisir. Camille avançait avec une lenteur infinie, ses mains caressant les hanches de Rebecca, ses lèvres embrassant sa nuque.

"Tu es si serrée", murmura Camille. "Si chaude."

Quand le dildo fut entré à fond, elle s'arrêta, laissant Rebecca s'habituer. Puis elle commença à bouger, un va-et-vient régulier, profond, presque hypnotique. Rebecca gémissait dans l'oreiller, ses doigts agrippant les draps. Elle sentait le dildo remplir son anus, stimuler ses terminaisons nerveuses, la faire vibrer de l'intérieur. La main de Camille vint caresser sa queue, la masturber en rythme avec ses pénétrations.

"Je vais jouir", haleta Rebecca. "Je vais jouir."

"Attends-moi", répondit Camille. "Attends-moi."

Elle accéléra, son corps frappant les fesses de Rebecca, le dildo entrant et sortant avec une vigueur croissante. Sa main sur la queue de Rebecca se fit plus rapide, plus ferme. Rebecca sentit l'orgasme monter comme une vague, incontrôlable. Elle cria, son corps se contractant violemment, éjaculant sur les draps en longs jets chauds. Au même instant, Camille poussa un cri rauque, sa propre jouissance la submergeant, son vagin se serrant autour de la base du dildo.

Elles restèrent immobiles, enlacées, essoufflées. Camille se retira lentement, allongea Rebecca sur le côté, se blottit contre elle. Leurs corps étaient collés, humides de sueur, leurs respirations s'accordant. Camille caressa les cheveux de Rebecca, embrassa son épaule.

"Je n'aurais jamais imaginé ça", murmura Camille. "Cette intimité. Cette confiance."

Rebecca se tourna, l'embrassa doucement. "Moi non plus. Je pensais que ce serait juste un date gentil, un verre, un baiser, peut-être. Pas ça."

"Et tu regrettes ?"

"Pas une seconde."

Elles restèrent un long moment à parler, allongées nues dans le lit défait. Camille raconta ses premiers amours, ses doutes, ses joies. Rebecca parla de sa transition, de son corps qu'elle avait appris à aimer, de ses peurs aussi. Elles partagèrent un verre d'eau, des rires, des silences confortables.

Au bout d'une heure, Rebecca se leva pour aller aux toilettes. En passant devant la bibliothèque de Camille, elle remarqua une photo encadrée sur une étagère. Un couple, une femme brune avec une petite fille blonde. Elle ne dit rien, mais Camille vit son regard. "Ma fille", dit-elle doucement. "Elle a six ans. Elle vit chez son père la semaine, chez moi le week-end."

Rebecca hocha la tête, un sourire aux lèvres. "Tu es mère ?"

"Oui. Une mère lesbienne, célibataire, qui essaie de trouver sa place. Et toi, tu veux des enfants un jour ?"

"Je n'y avais jamais vraiment pensé. Avec Alex, on en a parlé, mais... c'est compliqué."

"Je comprends."

Elles retournèrent au lit, s'allongèrent face à face. Camille caressa les seins de Rebecca, descendit sur son ventre, puis entre ses cuisses. Sa queue était molle, apaisée. Camille la prit doucement dans sa bouche, non pas pour la faire durcir, mais pour la caresser, la sentir, la goûter. Un geste tendre, presque contemplatif.

"Je veux que tu saches quelque chose", dit Camille en relevant la tête. "Je ne veux pas juste coucher avec toi ce soir et ne plus te voir. Je veux te revoir. Je veux apprendre à te connaître. Je veux..." Elle hésita. "Je veux que tu sois une amie. Une amante. Peut-être plus."

Rebecca la regarda, ses yeux bleus-gris brillant dans la pénombre. "Je ne veux pas te faire de promesses que je ne pourrais pas tenir. Mais je veux la même chose. Alors on verra où ça nous mène."

Elles s'embrassèrent, un baiser long et doux, sans urgence. Puis elles se lovèrent l'une contre l'autre, s'endormant comme deux chats dans un rayon de soleil.

Le lendemain matin, le soleil filtrait à travers les rideaux, dessinant des rayures dorées sur les draps froissés. Rebecca se réveilla la première, regarda Camille endormie contre elle. Ses cheveux en désordre, ses lèvres entrouvertes, son souffle léger. Elle se sentait étrangement légère, comme si quelque chose s'était dénoué en elle pendant la nuit. Elle glissa doucement hors du lit, alla à la cuisine, prépara du café.

Camille arriva quelques minutes plus tard, enfilant un grand t-shirt, les yeux encore mi-clos. "Bonjour", murmura-t-elle d'une voix enrouée. "Tu es déjà levée ?"

"Je ne dormais plus."

Elle s'approcha, se blottit contre Rebecca, posa son front sur son épaule. "Je ne veux pas que tu partes."

"Je dois rentrer. Alex m'attend."

"Je sais. Mais tu peux rester encore un peu."

Elles prirent leur café sur le balcon, regardant la rue s'éveiller. Camille posa sa main sur la cuisse de Rebecca. "Est-ce que tu es heureuse ?"

Rebecca réfléchit un instant. "Oui. Plus que je ne l'ai jamais été. Avec Alex, j'ai trouvé un amour solide, stable, qui m'a permis d'être moi-même. Et toi... tu arrives comme une surprise, une petite rébellion douce. Je ne sais pas ce que ça va donner, mais je suis heureuse de l'avoir vécu."

Camille sourit, ses yeux brillant de larmes retenues. "C'est la plus belle chose qu'on m'ait dite depuis longtemps."

Elles s'embrassèrent, un baiser salé par les larmes de Camille. Puis elles retournèrent à l'intérieur, se firent l'amour une dernière fois, lentement, tendrement. Camille suça la queue de Rebecca jusqu'à ce qu'elle jouisse dans sa bouche, avalant tout sans une grimace. Rebecca pénétra Camille avec ses doigts, la fit jouir en la regardant dans les yeux, leurs souffles mêlés.

Quand Rebecca partit, Camille la raccompagna à la porte, lui offrit un livre de poèmes qu'elle avait choisi pour elle. "Pour que tu penses à moi", dit-elle.

Rebecca l'embrassa sur le front, prit le livre, et descendit les escaliers. En bas, elle envoya un message à Alex : "Je rentre. Je t'aime. Je te raconterai tout." Puis elle regarda le livre, un recueil de poèmes d'amour de Sappho, et sourit. Elle avait trouvé une amante, peut-être une amie, peut-être plus. Et pour la première fois, elle se sentait complète, désirée par un homme et par une femme, aimée par deux êtres différents mais également précieux.

La vie lui souriait, dans toute sa complexité, toute sa beauté.

Elle ouvrit le livre au hasard, et tomba sur un vers qu'elle relut plusieurs fois, le cœur serré : "L'Amour m'a secoué comme le vent sur la montagne se jette dans les chênes." Elle ferma le livre, le serra contre sa poitrine, et marcha vers le métro, un sourire aux lèvres.





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