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Sirine: (4) Au Nom du Fils (nouvelle)
La sonnerie de l'appartement de Mounira retentit un vendredi après-midi, alors que Sirine et elle venaient de finir leur déjeuner et sirotaient un thé à la menthe dans le salon. Mounira se leva avec un soupir de contentement, encore alourdie par les pâtisseries qu'elles avaient partagées.
« C'est probablement Karim, » dit-elle en ajustant son foulard. « Il m'a dit qu'il passerait en fin de semaine. »
Sirine posa sa tasse et sentit une petite onde curieuse parcourir son ventre. Le fils de Mounira. Elle ne l'avait pas vu depuis des années, depuis une époque où il était encore un adolescent aux membres trop longs, au regard timide et aux oreilles qui rougissaient dès qu'on lui adressait la parole. Elle se souvenait d'un garçon silencieux, assis dans un coin lors des dîners, qui la regardait parfois avec une intensité qu'elle n'avait jamais su interpréter.
La porte s'ouvrit. Mounira l'embrassa sur les joues avec effusion, puis s'écarta. Sirine leva les yeux.
Ce n'était plus un adolescent.
Karim avait maintenant trente-deux ans, une barbe sombre et bien taillée qui encadrait une mâchoire carrée, des épaules larges, une carrure solide. Son corps avait pris la densité d'un homme, ses bras musclés sous la chemise blanche, ses mains grandes et fortes. Mais ses yeux étaient restés les mêmes : profondément noirs, un peu tristes, et lorsqu'ils croisèrent ceux de Sirine, elle y lut immédiatement l'étincelle du souvenir. Pas un souvenir neutre, non. Une reconnaissance chargée de quelque chose qui avait mûri dans l'ombre pendant toutes ces années.
« Karim, » dit Sirine en se levant, une main tendue vers lui. « Tu as tellement grandi. »
Il prit sa main. Sa paume était chaude, un peu rugueuse. Il la serra plus longtemps que nécessaire.
« Sirine, » répondit-il, la voix grave, légèrement enrouée. « Je ne vous ai pas oubliée. »
Il y avait une pause, un battement de cœur suspendu. Mounira, debout derrière son fils, observa la scène avec un sourire qui ne quitta pas son visage, mais qui se fit plus subtil, plus complice.
« Asseyez-vous tous les deux, » dit-elle en s'approchant de la table basse. « Karim, tu veux du thé ? »
Il s'assit en face de Sirine, sur le canapé où elle était installée. Ses genoux touchèrent presque les siens. Il avait les jambes longues et ne trouvait pas tout à fait où les mettre. Sirine observa sa gêne avec une tendresse amusée, mais son regard s'attarda sur ses mains posées sur ses cuisses, sur les veines qui saillaient sous la peau, sur la force contenue qu'elles promettaient.
Le thé fut servi. Les premières paroles furent banales : le travail de Karim, la santé de sa mère, les nouvelles de la ville. Mais Sirine sentait un courant électrique sous les mots, une fréquence plus basse qui vibrait entre elle et le jeune homme. Chaque fois qu'elle levait les yeux vers lui, elle le surprenait à la regarder, et il détournait le regard trop brusquement, les joues un peu plus sombres sous la barbe.
Mounira, elle, semblait ne rien remarquer. Ou plutôt, Sirine commençait à se demander si elle ne faisait pas exprès de ne rien remarquer. Elle parlait avec une légèreté un peu trop appuyée, racontait des histoires sans importance, laissait le silence s'installer juste assez pour que le regard de Karim puisse s'attarder sur Sirine sans être dérangé.
À un moment, Mounira se leva et disparut dans la cuisine.
« Je vais chercher des gâteaux, » dit-elle en s'éloignant. « Karim, occupe-toi de Sirine. »
Le silence tomba entre eux. Le fils et l'amante de sa mère. Karim toussota, passa une main dans ses cheveux.
« Je me souviens de la première fois que je vous ai vue, » dit-il enfin, la voix plus basse. « J'avais quinze ans. Vous portiez une robe jaune. »
Sirine sourit, touchée par la précision du souvenir. « Je ne me rappelle pas. »
« Moi si, » insista-t-il. « Vous étiez assise sur le balcon. Vous riiez. La lumière tombait sur vos cheveux. Je me suis demandé... » Il s'arrêta, but un peu de thé. « Je me suis demandé comment une femme pouvait être aussi belle. »
Le compliment était simple, presque enfantin. Mais la voix de Karim, grave et chaude, lui donnait une intensité que Sirine ne s'attendait pas à ressentir. Elle sentit une chaleur monter le long de ses cuisses, une petite vague de désir inattendue.
« Tu étais un enfant, » dit-elle doucement. « Les enfants disent ce qu'ils pensent. »
« Je ne suis plus un enfant, » répondit-il, et ses yeux plongèrent dans les siens avec une franchise qui la fit frissonner.
Ils restèrent ainsi quelques secondes, à se regarder, à mesurer ce qui s'était passé entre ces années. Des années où Karim avait grandi, s'était fait un homme, et où Sirine avait vieilli sans perdre ce magnétisme qui semblait attirer les regards.
Mounira revint avec une assiette de gâteaux. Elle s'installa à côté de son fils, sur le même canapé, et posa une main sur son genou d'un geste possessif et tendre à la fois.
« Alors, » dit-elle en souriant, « j'espère que tu ne la dévores pas trop des yeux, mon fils. Sirine est une amie précieuse. »
Le mot "dévores" flotta dans l'air, trop choisi pour être innocent. Sirine rencontra le regard de Mounira et y lut une lueur qu'elle reconnut : un mélange de défi, de jeu, et de quelque chose de plus trouble. Mounira savait. Elle voyait l'attirance de son fils, et au lieu de la désapprouver, elle la nourrissait.
Les heures passèrent. L'après-midi s'étira en conversations où les vérités se cachaient sous les sous-entendus. Karim parlait de ses conquêtes passées, de ses relations qui n'avaient jamais duré. Il disait qu'il cherchait une femme qui comprenne la profondeur des choses, qui ne se contente pas des apparences. Il disait cela en regardant Sirine. Mounira écoutait, jouait avec les perles de son collier, et souriait.
Vers le crépuscule, Mounira proposa de faire un repas. Elle invita Sirine à rester, bien sûr. Karim hocha la tête, pressé de passer plus de temps en leur compagnie.
La cuisine était petite. Mounira coupait des légumes tandis que Sirine rangeait les verres. Karim se tenait debout près de la porte, les bras croisés, les observant. Leurs corps passaient l'un près de l'autre dans l'espace étroit. À un moment, Sirine se tourna pour prendre une assiette et se retrouva face à Karim, tout près, si près qu'elle sentit la chaleur de son corps à travers ses vêtements. Elle leva les yeux. Il baissa les siens. Leurs lèvres étaient à quelques centimètres.
« Pardon, » murmura-t-elle sans reculer.
Il ne répondit pas. Il posa une main sur la hanche de Sirine, un geste presque involontaire, pour l'empêcher de tomber ou pour la retenir, elle ne sut jamais lequel. Le contact électrique traversa son corps tout entier. Elle sentit ses doigts s'enfoncer un peu dans la chair de sa hanche, et un petit feu s'alluma dans son bas-ventre.
Mounira, derrière eux, toussa doucement.
« Karim, » dit-elle d'une voix neutre, « aide-moi à sortir les assiettes. »
Il retira sa main, mais ses yeux restèrent plantés dans ceux de Sirine. Il y avait dans son regard une promesse silencieuse, une intensité qui disait : ce n'est que le début.
Le dîner se déroula dans une atmosphère de plus en plus chargée. Mounira avait ouvert une bouteille de vin rouge, puis une deuxième. Karim était assis à côté de Sirine, leurs bras se touchant parfois lorsqu'ils se penchaient pour prendre un plat. Chaque contact était une étincelle, chaque regard un pacte tacite.
Mounira, elle, jouait son rôle avec une maîtrise parfaite. Elle racontait des histoires de jeunesse, des souvenirs où Sirine était belle et libre. Elle parlait de leur première rencontre, de la façon dont Sirine avait su la mettre à l'aise, de sa peau, de ses mains. Ses mots étaient précis, presque caressants. Karim écoutait, les yeux brillants, buvant chaque détail comme s'il découvrait une carte au trésor.
Après le dîner, Mounira proposa de regarder un film. La lumière de la télévision bleutait leurs visages dans le salon assombri. Karim s'était installé au milieu du canapé, Sirine à sa droite, Mounira à sa gauche. L'écran montrait une histoire d'amour sans importance. Mais les vrais événements se déroulaient dans l'espace sombre entre les trois corps.
La main de Karim, posée sur sa cuisse, s'était déplacée imperceptiblement vers celle de Sirine. Son petit doigt frôlait le tissu de son pantalon. Elle ne bougea pas. Elle sentit son propre désir monter, une chaleur humide entre ses cuisses qui l'étonnait par son intensité.
Mounira, de l'autre côté de son fils, avait posé une main sur son épaule. Elle la caressait lentement, machinalement, comme elle l'avait fait quand il était enfant. Mais il n'était plus un enfant, et ses doigts s'attardaient un peu trop sur les muscles de son cou, sur la ligne de sa mâchoire.
Le film se termina. Mounira se leva, bâilla, s'étira.
« Je suis fatiguée, » dit-elle, mais sa voix avait un sourire dedans. « Je vais me coucher. Karim, tu veux rester encore un peu ? Il y a des draps dans l'armoire. »
Il hocha la tête, les yeux toujours fixés sur Sirine.
Mounira s'approcha de Sirine et posa un baiser sur son front. Puis elle se pencha vers son fils et murmura quelque chose à son oreille. Sirine n'entendit pas les mots, mais elle vit Karim fermer les yeux et hocha la tête, la mâchoire serrée.
La porte de la chambre de Mounira se referma. Le silence s'installa, épais, chargé de tout ce qui n'avait pas été dit.
Karim se tourna vers Sirine, lentement, comme s'il se retournait dans un rêve.
« Je ne peux pas m'empêcher de penser à vous, » dit-il. « Depuis tout à l'heure. Depuis quinze ans. »
Sirine sentit son cœur battre plus vite. Elle savait qu'elle aurait dû se lever, prendre son sac, partir. Mais ses jambes ne lui obéissaient pas.
« Karim, » dit-elle doucement, « je suis l'amie de ta mère. »
Il se pencha vers elle, son visage à quelques centimètres.
« Et alors ? » murmura-t-il. « Elle le veut aussi. Je l'ai vu dans ses yeux. Elle veut que je vous touche. »
La main de Karim se posa sur la jambe de Sirine, plus haut que tout à l'heure. Il la caressa lentement, du genou jusqu'à l'ourlet de son pantalon. Elle sentait la chaleur de sa paume à travers le tissu, et une décharge électrique à chaque mouvement.
« Elle nous regarde, » dit Sirine, la voix un peu rauque. « Elle est là, derrière cette porte. »
Karim sourit, un sourire qui avait quelque chose de félin, de prédateur.
« Je sais, » répondit-il. « Elle le veut. Elle m'a toujours dit qu'une femme comme vous devait être aimée comme elle le mérite. »
Sirine n'eut pas le temps de répondre. Sa bouche était sur la sienne.
Le baiser fut d'abord hésitant, presque timide, comme s'il demandait la permission. Puis il devint plus profond, plus exigeant. La langue de Karim trouva la sienne, l'explora, la conquit. Ses mains glissèrent dans ses cheveux, les emmêlèrent, les tirèrent doucement pour incliner sa tête en arrière.
Sirine gémit, un son qu'elle n'avait pas prévu, un son de désir pur. Elle se sentit glisser sur le canapé, s'allonger, Karim au-dessus d'elle. Son poids était bon, chaud, solide. Il la couvrait de son corps, et elle sentit son érection contre sa hanche, dure et pressante.
Ses mains trouvèrent les boutons de sa chemise, les défirent un à un. Elle écarta le tissu et découvrit un torse bronzé, recouvert d'un léger duvet sombre qui descendait en une ligne fine jusqu'au bas de son ventre. Elle posa ses paumes à plat sur sa poitrine, sentit les battements de son cœur sous ses doigts.
« Vous êtes si belle, » murmura-t-il contre sa bouche. « Je ne pensais pas que je pourrais un jour... »
Il n'acheva pas sa phrase. Il descendit, embrassa son cou, sa clavicule, la naissance de ses seins. Sirine ferma les yeux et se laissa faire. Elle savait que Mounira les écoutait, peut-être les regardait par une porte entrouverte. Cette pensée, loin de la refroidir, l'excitait davantage.
Karim remonta son chemisier, dévoila son ventre, ses seins maintenus par un soutien-gorge de dentelle noire. Il les regarda, un instant, avec une vénération presque religieuse. Puis il se pencha et mordilla le tissu, souffla sur la peau, fit naître des frissons sur tout son corps.
« Enlève-le, » dit-elle d'une voix qu'elle ne reconnaissait pas. Une voix de commandement, de désir impérieux.
Il obéit. Le soutien-gorge fut dégrafé, jeté sur le sol. Ses seins se libérèrent, et Karim poussa un petit cri presque enfantin. Il les prit dans ses mains, les souleva, les caressa. Il posa ses lèvres sur un mamelon, le suça doucement, puis plus fermement. Sirine arqua le dos, ses mains agrippées à ses épaules.
« Plus fort, » murmura-t-elle.
Il mordilla, lécha, alterna les deux seins avec une faim qui grandissait. Sirine sentait le plaisir monter, une vague chaude qui partait de sa poitrine et descendait vers son bas-ventre. Elle écarta les jambes, instinctivement, et la main de Karim glissa immédiatement entre elles.
Il trouva le sexe humide sous le pantalon, caressa à travers le tissu, pressa au bon endroit. Sirine gémit plus fort.
« S'il te plaît, » dit-elle, « maintenant. »
Il se déshabilla en quelques secondes, avec une rapidité qui la fit sourire malgré son désir brûlant. Il était nu, debout devant elle, son sexe dur et droit, fier. Elle le regarda, puis se déshabilla à son tour, lentement, comme une offrande.
Son corps de cinquante ans, ses hanches larges, ses seins lourds, son ventre doux. Tout était offert à ce jeune homme qui la regardait comme s'il voyait une déesse.
Il s'agenouilla entre ses jambes, et cette fois elle le guida. Elle posa une main sur sa nuque et le fit descendre. Il comprit. Sa langue trouva son clitoris, d'abord timidement, puis avec une assurance grandissante. Il l'apprit, la lécha, la suça, écoutant les gémissements de Sirine comme des instructions.
Elle jouit une première fois, rapidement, un orgasme vif qui la fit crier le nom de Karim. Il ne s'arrêta pas. Il continua, plus doucement, puis plus fermement, jusqu'à ce qu'elle le tire par les cheveux.
« Maintenant, » dit-elle, la voix brisée, « je te veux en moi. »
Il remonta, se plaça au-dessus d'elle. Son sexe pressa contre son entrée, s'ouvrit un chemin dans son corps prêt. Il entra d'un seul coup, lentement, profondément, et Sirine sentit le monde basculer.
Le rythme s'installa, d'abord lent, puis plus rapide. Karim la regardait dans les yeux, et dans ses yeux, elle lisait tout : l'adolescent qu'il avait été, l'homme qu'il était devenu, le désir interdit qui les unissait. Elle passa ses jambes autour de ses hanches, l'attira plus profond, le retint.
« Ta mère, » murmura-t-elle entre deux halètements, « elle sait ce qu'on fait. »
« Je sais, » répondit-il sans ralentir. « Elle le veut. »
La porte de la chambre de Mounira était entrouverte, Sirine le vit soudain. Une ombre se découpait dans l'entrebâillement, et dans l'ombre, deux yeux brillaient. Mounira les regardait.
Sirine se sentit soudainement prise dans un filet de désir et de transgression. Karim en elle, Mounira qui les regardait. Le fils, l'amante, la mère. Un triangle parfait et pervers.
Elle n'avait plus honte. Elle releva la tête, chercha le regard de Mounira à travers la pénombre. Elle la vit, debout, silencieuse, une main posée sur son propre corps. Mounira les regardait, et Sirine vit son plaisir à elle, ce désir qui s'ajoutait aux leurs.
« Bouge, » ordonna-t-elle à Karim, les yeux toujours fixés sur Mounira. « Plus fort. »
Il obéit. Ses coups devenaient plus profonds, plus rapides. Sirine cambra le dos, ses seins tressautant à chaque mouvement. Sa main descendit entre ses jambes, caressa son clitoris, ajouta une couche de plaisir à la pression de Karim en elle.
Elle jouit une deuxième fois, la tête renversée en arrière, les yeux fermés, en criant. Elle crut entendre un gémissement de l'autre côté de la porte, un gémissement de Mounira qui se touchait en les regardant.
Karim continua, porté par le mouvement, par l'excitation. Sirine le sentit se tendre, son souffle s'accélérer.
« Pas encore, » dit-elle soudain, en le retenant. « Pas comme ça. »
Elle le fit basculer sur le dos. Elle s'installa à califourchon sur lui, le prit en elle d'un mouvement souple. Elle commença à bouger, lentement, en le regardant.
Il était beau, comme ça, offert, vulnérable, les yeux brillants de désir et d'admiration. Elle se sentit puissante, maîtresse de leur plaisir.
« Regarde-moi, » dit-elle. « Ne détourne pas les yeux. »
Et elle bougea sur lui, ondulant des hanches, roulant son bassin avec une lenteur exquise. Karim fermait parfois les yeux, puis les rouvrait, comme s'il ne pouvait s'empêcher de la regarder.
De l'autre côté de la porte, Mounira avait cessé de se cacher. Elle était entrée dans la pièce. Elle s'approcha du canapé, le corps enveloppé d'une robe de chambre légère, les cheveux défaits. Elle s'agenouilla derrière son fils et posa ses mains sur ses épaules.
Elle le caressait, doucement, tout en regardant Sirine chevaucher son fils.
« Tu es magnifique, » murmura Mounira. « Les deux. »
Karim gémit. Il ne savait plus où regarder, entre le corps de sa mère derrière lui et celui de Sirine en lui.
Sirine se pencha en avant, prit le visage de Karim dans ses mains, l'embrassa longuement. Et pendant qu'elle l'embrassait, elle sentit la main de Mounira descendre le long du torse de son fils, puis glisser sur son ventre, puis atteindre l'endroit où leurs sexes étaient joints.
Les doigts de Mounira les touchèrent, les caressèrent ensemble. Sirine gémit dans la bouche de Karim. Mounira ajouta une pression, un mouvement, qui fit basculer Karim dans l'orgasme.
Il cria, un son rauque, profond, en s'enfonçant le plus profond possible en Sirine. Elle le sentit jouir, sentit le spasme de son sexe en elle, et cette sensation, combinée aux doigts de Mounira sur son clitoris, la fit jouir une troisième fois.
Elles s'effondrèrent ensemble, Karim entre les deux femmes, Sirine sur lui, Mounira derrière son fils, les trois corps mêlés dans une lassitude heureuse.
Le silence revint. La respiration de Karim s'apaisait. Sirine posa sa tête sur sa poitrine et écouta son cœur. Mounira se pencha par-dessus son fils et posa un baiser sur les lèvres de Sirine, un baiser tendre, presque maternel.
« Merci, » murmura Mounira.
Sirine sourit. « Pourquoi ? »
« Pour lui avoir donné ce que je ne pouvais pas lui donner. »
Karim ouvrit les yeux. Il regarda sa mère, puis Sirine. Il ne comprenait pas tout, mais il comprenait que quelque chose de grand venait de se passer. Il serra Sirine plus fort contre lui.
« Restez, » dit-il. « Restez toutes les deux. »
Mounira et Sirine échangèrent un regard. Puis Mounira se déshabilla, vint se blottir de l'autre côté de son fils, les trois corps enlacés sur le canapé trop étroit.
La nuit s'étira, douce et chaude. Parfois une main caressait, une bouche s'ouvrait, un corps se tendait. Ils firent l'amour encore, lentement, comme pour sceller ce qui venait de naître. Karim prit sa mère par-derrière tandis que Sirine l'embrassait, et ce fut étrange et beau et terrible. Puis Sirine et Mounira s'embrassèrent au-dessus de lui, leurs seins se frottant l'un contre l'autre, leurs langues se mêlant, tandis qu'il les regardait.
À l'aube, ils s'endormirent, un enchevêtrement de bras et de jambes, de cheveux et de souffles. Le fils, la mère, l'amante. Le triangle parfait, enfin équilibré.
Et dans le sommeil, Karim murmura des mots que seules les deux femmes entendirent, des mots qui parlaient d'amour et de libération, d'interdit franchi et de paix trouvée.
Sirine, au milieu de cet enchevêtrement, se sentit à la fois mère et amante, transgresseuse et guérisseuse. Elle avait pris ce qu'elle voulait, et elle avait donné ce qu'elle pouvait.
La lumière du matin filtrait à travers les rideaux quand elle ferma les yeux pour de bon. Elle entendit le souffle régulier de Mounira, le ronflement léger de Karim. Elle sourit, apaisée, et se laissa emporter par le sommeil.
Au nom du fils, avait-elle pensé. Parce que parfois, les fils héritent de bien plus que les biens de leurs mères. Parce que parfois, les désirs se transmettent, se partagent, s'accomplissent. Et parce que, dans l'amour, il n'y a pas de règles, seulement des corps qui se rencontrent, des âmes qui se reconnaissent, et des nuits qui durent jusqu'à l'aube.
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