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Sirine: (1) Nuit de Velours (nouvelle)

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Sirine: (1) Nuit de Velours





La lumière de fin d’après-midi filtrait à travers les volets à demi fermés de l’appartement de Sirine, dans le quartier calme de Mutuelleville. Tunis respirait encore la chaleur du jour, mais ici, derrière les murs épais, l’air était frais, parfumé de jasmin et d’une pointe d’encens. Sirine avait préparé le grand lit avec un soin presque rituel. Les draps de velours violet, épais et doux comme une seconde peau, étaient parfaitement tirés. Elle avait allumé deux bougies à l’odeur d’orange amère, posé une carafe d’eau fraîche et des verres sur la table de chevet. Elle portait encore une simple robe de soie claire quand la sonnerie retentit.

Leïla entra la première, les yeux brillants, un peu nerveuse, mais souriante. Derrière elle, Baligh. Quarante ans, silhouette solide, regard droit, les mains un peu crispées le long du corps. Sirine les regarda un instant, puis ouvrit les bras. Leïla se jeta contre elle. Leur étreinte dura longtemps. Sirine posa ses lèvres dans les cheveux de Leïla, respira son parfum, murmura :

« Tu es là. Vous êtes là. »

Baligh resta un pas en retrait. Sirine leva les yeux vers lui, lui tendit la main. Il la prit. Sa paume était chaude, un peu moite.

« Merci d’être venu », dit-elle simplement.

Il hocha la tête. « Elle m’a tout dit. Depuis deux ans. Je… j’ai besoin de comprendre. Et de voir. »

Sirine sourit, un sourire lent, presque tendre. « Alors regarde. Et touche, si tu le veux. Ici, personne ne se cache. »

Ils passèrent dans la chambre. Leïla ferma la porte derrière eux. Sans un mot, Sirine dénoua le nœud de sa robe. Le tissu glissa le long de ses hanches, tomba à ses pieds. Elle resta debout, nue, cinquante ans, seins lourds et ronds, ventre doux, hanches larges, la peau mate sous la lumière dorée. Leïla la regarda avec cet amour qu’elle ne dissimulait plus. Puis elle se déshabilla à son tour, plus vite, presque fébrile. Baligh, lui, prit son temps. Quand il fut nu, Sirine posa une main sur son bras.

« Viens. »

Ils montèrent sur le lit. Le velours accueillit leurs corps. Sirine s’allongea au centre, Leïla contre elle, Baligh de l’autre côté. Pendant de longues minutes, ils ne firent que se regarder et se caresser. Les doigts de Leïla glissaient sur l’épaule de Sirine, descendaient le long de son bras, remontaient vers sa poitrine. Sirine embrassa son front, puis sa bouche, un baiser lent, profond, qui parlait de deux années de nuits secrètes. Baligh observait. Sa main vint se poser sur la hanche de sa femme, puis, plus hardiment, sur celle de Sirine. Elle ne se déroba pas. Elle tourna la tête vers lui et lui sourit.

« Tu peux. Elle t’a dit que je t’avais dit oui. »

Il se pencha et déposa un baiser sur l’épaule de Sirine. Puis un autre, plus bas. Leïla glissa une main entre les cuisses de Sirine, la trouva déjà humide, et murmura contre sa bouche :

« Je t’aime. Je t’aime tellement d’avoir accepté. »

Sirine répondit en l’embrassant plus fort. Pendant qu’elles s’embrassaient, Baligh se plaça derrière Leïla. Il entra en elle lentement, les yeux fixés sur le visage de Sirine. Leïla gémit dans la bouche de sa maîtresse. Sirine sentit le mouvement du corps de Leïla contre le sien, le rythme que Baligh imposait. Elle passa un bras autour de la taille de Leïla, la serra plus fort, et continua de l’embrasser pendant que Baligh la prenait. Leurs langues se mêlaient, leurs souffles se confondaient. De temps en temps, Sirine ouvrait les yeux et croisait le regard de Baligh. Il n’y avait ni jalousie ni possession brutale. Seulement une curiosité intense, une confiance qui s’installait.

Quand Baligh se retira, Leïla se retourna et l’embrassa, longuement, comme pour le remercier d’être là. Puis elle se pencha vers le sexe de Sirine. Sa langue trouva immédiatement la fente chaude, la lécha avec une familiarité tendre. Sirine gémit, écarta un peu plus les cuisses. Baligh s’approcha. Sirine se souleva sur un coude, prit son sexe dans sa main, le guida vers sa bouche. Elle l’avala lentement, en le regardant. Leïla, en même temps, suçait et léchait sa vulve avec application, tout en malaxant ses gros seins, pétrissant la chair souple, pinçant les tétons déjà durs. Sirine avait la bouche pleine du sexe de Baligh, les seins sous les mains de Leïla, le sexe sous sa langue. Elle ferma les yeux et se laissa aller à la sensation d’être entièrement prise, entièrement donnée.

Baligh caressait ses cheveux. « Tu es magnifique », dit-il d’une voix rauque. « Les deux. Vous êtes magnifiques. »

Sirine se retira un instant de sa bouche pour répondre, les lèvres brillantes : « Et toi, tu es patient. Continue. »

Elle reprit son sexe plus profondément. Leïla intensifia ses caresses. Les doigts de Leïla s’enfoncèrent en Sirine pendant que sa langue travaillait le clitoris. Sirine vacilla. Elle relâcha le sexe de Baligh, jeta la tête en arrière, et jouit en silence d’abord, puis avec un long gémissement qui fit vibrer le lit. Leïla ne s’arrêta pas tout de suite. Elle lapa doucement, jusqu’à ce que Sirine la tire vers elle pour l’embrasser, goûter son propre plaisir sur la bouche de l’autre.

Ils changèrent de position. Baligh s’allongea sur le dos. Leïla s’installa à califourchon sur lui et l’enfila d’un mouvement souple. Sirine se plaça derrière Leïla, colla son ventre contre son dos, passa les bras autour d’elle, prit ses seins dans ses mains. Elle embrassa la nuque de Leïla, ses épaules, pendant que Baligh la pénétrait. Leïla pencha la tête en arrière, chercha la bouche de Sirine. Elles s’embrassèrent pendant que le corps de Leïla montait et descendait. Sirine glissa une main plus bas, trouva le clitoris de Leïla et le caressa en rythme. Baligh tenait les hanches de sa femme et regardait les deux visages si proches. Sa respiration s’accéléra.

« Je vais… » murmura-t-il.

« Pas encore », dit Sirine doucement. « On a le temps. »

Il ralentit. Leïla se pencha en avant, offrit sa bouche à Sirine une dernière fois, puis se retira. Elle se coucha sur le côté. Sirine se plaça à quatre pattes face à elle. Baligh s’agenouilla derrière Sirine et entra en elle d’un seul mouvement. Sirine poussa un cri sourd. Leïla se rapprocha, captura ses lèvres, l’embrassa pendant que Baligh la prenait. Les seins de Sirine balançaient sous les coups. Leïla les prit dans ses mains, les soutint, les caressa. Sirine gémissait dans sa bouche. Baligh pencha le corps en avant, embrassa l’épaule de Sirine, puis tendit la main vers Leïla. Leïla la prit, entrelaca leurs doigts.

Ils restèrent ainsi longtemps, le rythme changeant, tantôt lent et profond, tantôt plus pressé. Sirine jouit une deuxième fois, le visage enfoui dans le cou de Leïla. Quand elle redescendit, elle se retourna, poussa doucement Baligh sur le dos, et s’installa à califourchon sur lui. Elle le prit en elle, s’assit complètement, et commença à bouger. Leïla se plaça derrière Sirine, colla sa poitrine contre son dos, passa les bras autour d’elle, caressa ses seins, son ventre, puis descendit jusqu’à l’endroit où le sexe de Baligh disparaissait en Sirine. Elle caressa leurs sexes joints, mouilla ses doigts, les porta à sa bouche. Sirine se pencha en arrière, chercha la bouche de Leïla par-dessus son épaule. Elles s’embrassèrent maladroitement, passionnément, pendant que Sirine se balançait sur Baligh.

Plus tard, ils formèrent un cercle. Sirine allongée, les jambes ouvertes. Leïla entre ses cuisses, la léchant avec une tendresse vorace. Baligh derrière Leïla, la prenant par derrière. Sirine tenait la tête de Leïla contre son sexe, caressait ses cheveux, murmurait des mots doux :

« Oui… comme ça… je t’aime… je vous aime tous les deux… »

Baligh, le front contre le dos de sa femme, répétait le nom de Leïla, puis celui de Sirine, comme s’il apprenait une nouvelle langue. Quand il sentit qu’il ne pourrait plus se retenir, il se retira. Sirine et Leïla se redressèrent immédiatement. Elles s’agenouillèrent face à lui. Sirine prit son sexe dans sa main, le porta à sa bouche, le suç a quelques coups, puis le tendit à Leïla. Leïla l’avala à son tour. Elles alternèrent, leurs lèvres se touchant parfois autour de la verge, leurs langues se croisant. Baligh posa une main sur chaque nuque. Il jouit en silence d’abord, puis avec un long râle. Le sperme gicla. Sirine en reçut une partie sur la langue, Leïla l’autre. Elles se regardèrent, sourirent, et s’embrassèrent. Leurs langues se mêlèrent, partagèrent le goût salé, le firent glisser d’une bouche à l’autre. Une goutte coula au coin des lèvres de Sirine. Leïla la lécha.

Ils s’effondrèrent ensuite sur le velours violet, un enchevêtrement de bras et de jambes. Sirine au centre, Leïla blottie contre son épaule, Baligh de l’autre côté, une main posée sur la hanche de Sirine. Personne ne parlait tout de suite. Leurs respirations se calmaient ensemble. Sirine caressait les cheveux de Leïla d’une main, et de l’autre, les doigts de Baligh.

« Ça va ? » demanda-t-elle enfin, la voix enrouée.

Leïla releva la tête, les yeux un peu brillants. « Oui. Plus que oui. »

Baligh sourit, un sourire un peu étonné, presque heureux. « Je ne savais pas que c’était possible… de sentir ça. De vous voir ensemble et de ne pas avoir peur. »

Sirine se tourna vers lui, posa un baiser léger sur sa bouche. « Parce que tu l’aimes. Et qu’elle m’aime. Et que moi… je vous aime tous les deux, ce soir. »

Ils restèrent encore longtemps ainsi. Par moments, une main se remettait à caresser, un baiser se posait, un doigt explorait à nouveau. Baligh entra une dernière fois en Leïla, lentement, pendant que Sirine les regardait et leur murmurait des encouragements doux. Puis il se retira et vint finir entre les seins de Sirine, le sperme étalé par les mains de Leïla qui le massait contre la peau. Elles le partagèrent encore, lèches et baisers mêlés.

La nuit était tombée complètement quand ils s’immobilisèrent vraiment. Tunis vibrait au loin, klaxons lointains, voix dans la rue. Dans la chambre, il n’y avait plus que le souffle des trois corps et le parfum du jasmin mélangé à celui de leur peau.

Sirine tira le drap de velours sur eux. Leïla posa sa tête sur sa poitrine. Baligh enlaça les deux femmes d’un bras large. Sirine ferma les yeux. Elle pensait aux deux années de secrets, aux nuits où elle avait tenu Leïla contre elle en sachant qu’un homme l’attendait quelque part. Ce soir, il n’y avait plus de secret. Il y avait quelque chose de plus vaste, de plus fragile aussi, mais de vivant.

« Restez », murmura-t-elle. « La nuit est longue. »

Leïla répondit contre sa peau : « On reste. »

Baligh serra un peu plus fort. « On reste. »

Et dans le grand lit aux draps de velours, à Tunis, les trois corps s’endormirent lentement, mêlés, confiants, ouverts.







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