Translate

Elara: (3) Le Printemps de la Chair (nouvelle)

.


.
Elara: (3) Le Printemps de la Chair




Le soleil d’avril entrait en biais par la grande fenêtre de l’atelier, dessinant des rectangles dorés sur le parquet usé. L’air sentait le lilas qui fleurissait dans la cour intérieure et le bois chaud des étagères. Elara était seule depuis le début de l’après-midi. Julien était parti livrer une montre restaurée dans le 16e et ne rentrerait pas avant le soir. Elle avait rangé ses outils, essuyé l’établi, puis était montée dans l’appartement au-dessus, le pull de lin clair collé à sa peau par la douceur du jour.

Elle s’était assise sur le canapé, les jambes repliées sous elle, et avait ouvert son ordinateur sans trop savoir pourquoi. Une recommandation était apparue. Un film. Elle avait cliqué, d’abord par curiosité, puis elle n’avait plus quitté l’écran.

Sur la vidéo, une femme un peu plus jeune qu’elle, au corps plein, se faisait prendre lentement par un homme qui la regardait comme si elle était la seule chose au monde. La caméra s’attardait sur la façon dont les seins de la femme bougeaient, sur le ventre souple, sur les cuisses qui s’écartaient, sur le visage qui se détendait dans le plaisir. Elara sentit une chaleur monter entre ses jambes, lente et insistante. Elle croisa les cuisses, puis les décroisa. Sa main glissa sous le pull, trouva le bord de son soutien-gorge, puis la peau chaude de son sein. Elle se toucha un moment, distraitement, pendant que la femme à l’écran jouissait avec un gémissement grave.

Quand la vidéo se termina, Elara resta immobile, le souffle un peu court. Elle ferma l’ordinateur, se leva, marcha jusqu’à la fenêtre. Dehors, les arbres de la cour étaient couverts de jeunes feuilles. Elle sentait encore le désir dans son bas-ventre, une humidité qui avait imbibé sa culotte. Elle n’avait jamais regardé ce genre de film. Pas vraiment. Depuis qu’elle était avec Julien, le sexe était tendre, profond, parfois urgent, mais toujours dans le cadre de ce qu’ils connaissaient. Là, quelque chose s’était ouvert. Une envie plus large, plus curieuse.

Elle entendit la porte de l’atelier s’ouvrir en bas. Les pas de Julien sur l’escalier. Elle ne bougea pas. Quand il entra dans le salon, elle était toujours près de la fenêtre, le pull légèrement déformé par la main qu’elle avait glissée dessous.

Il s’arrêta. « Tout va bien ? »

Elara se tourna vers lui. Ses lunettes avaient glissé un peu. Ses joues étaient roses. « J’ai regardé quelque chose », dit-elle simplement.

Julien posa son sac, s’approcha. « Quel genre de quelque chose ? »

Elle hésita une seconde, puis sourit, un sourire un peu insolent qu’il ne lui connaissait pas. « Un film. Un film où les gens se touchent. Beaucoup. »

Il la regarda, les sourcils légèrement levés, puis un demi-sourire apparut. « Et ça t’a plu. »

« Oui. » Elle s’approcha de lui, posa les mains à plat sur sa poitrine. « Ça m’a donné envie de toi. Différemment. »

Julien passa un bras autour de sa taille. « Différemment comment ? »

Elara se haussa sur la pointe des pieds et l’embrassa. Le baiser fut plus affamé que d’habitude. Sa langue chercha la sienne, ses seins s’écrasèrent contre lui. Elle prit une de ses mains et la glissa sous son pull, directement sur sa peau nue, sur le poids chaud de son sein. « Comme ça », murmura-t-elle contre sa bouche. « Sans attendre. Sans être sage. »

Julien ne répondit pas par des mots. Il la souleva presque et l’entraîna vers la chambre. La lumière de fin d’après-midi entrait à flots, dorée, sans pudeur. Elara s’assit au bord du lit et le regarda se déshabiller. Elle aimait le voir ainsi, sans précipitation, le torse large, les bras solides, le sexe déjà dur quand il retira son pantalon. Elle retira son pull d’un seul geste. Ses seins lourds se libérèrent, les mamelons rosés déjà durs. Elle ouvrit son jean et le fit glisser le long de ses hanches, emportant la culotte avec. Nue, elle s’allongea en travers du lit, les cuisses légèrement ouvertes, et le regarda.

« Viens me regarder », dit-elle.

Julien s’agenouilla entre ses jambes. Ses mains remontèrent le long de ses cuisses charnues, s’attardèrent sur le creux de l’aine, puis écartèrent doucement ses lèvres. Il la regarda un long moment, le visage sérieux, presque studieux. Puis il pencha la tête et posa sa bouche sur elle.

Elara poussa un soupir long. La langue de Julien était chaude, précise. Il léchait lentement, de bas en haut, s’attardait sur son clitoris, le suçotait, y traçait des cercles. Une de ses mains remontait pour prendre un sein, le pétrir, rouler le mamelon entre ses doigts. Elara cambra le dos, une main dans les cheveux de Julien, l’autre agrippant le drap. Elle se sentait observée, exposée, et cela l’excitait davantage. Elle poussa son bassin vers sa bouche, lui demandant plus. Il glissa deux doigts en elle, les courba, et continua de la lécher jusqu’à ce qu’elle jouisse avec un cri rauque, les cuisses tremblantes de chaque côté de sa tête.

Elle n’eut pas le temps de redescendre. Julien se releva, s’allongea sur elle, et entra d’un seul mouvement. Elara gémit, les jambes s’enroulant autour de ses reins. Il la prit profondément, régulièrement, les yeux fixés sur son visage. Ses seins bougeaient à chaque coup de hanches. Il se pencha et en prit un dans sa bouche, le suçotant pendant qu’il continua de la pénétrer. Elara sentait chaque centimètre de lui, la façon dont il frottait contre l’endroit sensible à l’intérieur d’elle. Elle jouit une deuxième fois, plus sèche, plus intense, en se contractant autour de lui.

Julien ralentit, se retira presque, puis poussa à nouveau, très lentement. « Tu veux autre chose », dit-il contre sa tempe. Ce n’était pas une question.

Elara hocha la tête. « Oui. »

Il se retira complètement, se mit sur le dos, et l’attira à lui. Elle le chevaucha, le guidant en elle, et s’abaissa jusqu’à le sentir tout au fond. Elle posa les mains sur son torse et commença à bouger, d’abord lentement, savourant la sensation. Ses seins se balançaient devant le visage de Julien. Il les prit à deux mains, les pressa l’un contre l’autre, lécha les mamelons quand elle se penchait. Elara accéléra, cherchant son propre rythme, le frottement de son clitoris contre son pubis. Elle jouit ainsi, en le regardant, la bouche ouverte, un gémissement continu sortant de sa gorge.

Elle ne s’arrêta pas. Elle continua de le chevaucher, plus vite, jusqu’à ce que Julien la tienne par les hanches et la retourne. Il la mit à quatre pattes, s’agenouilla derrière elle, et la pénétra d’un coup. Elara poussa un cri. Ses seins pendaient, lourds, et balançaient à chaque mouvement. Julien les prit en main par en dessous, les caressa, pinça les mamelons pendant qu’il la prenait fort. Une de ses mains glissa entre ses jambes et frotta son clitoris. Elara s’effondra presque en avant, le visage dans le matelas, les fesses relevées. Elle jouit encore, longuement, en gémissant son nom.

Julien se retira avant de jouir. Elara se retourna, le regarda, et comprit. Elle s’assit, le prit dans sa main, puis dans sa bouche. Elle n’avait jamais été très à l’aise avec ça auparavant. Ce soir, elle le voulait. Elle le suçota lentement, la langue tournant autour du gland, une main autour de la base, l’autre caressant ses couilles. Julien gémissait, une main dans ses cheveux. Quand il prévint qu’il allait jouir, elle ne se retira pas. Elle le garda dans sa bouche et avala, les yeux levés vers lui.

Ils restèrent un moment ainsi, le souffle court. Puis Julien l’attira contre lui, l’embrassa, goûta le mélange de leurs corps. « Tu es différente ce soir », murmura-t-il.

« J’ai envie d’explorer », répondit-elle. « Avec toi. Tout. »

Ils se levèrent, allèrent sous la douche. L’eau chaude coulait sur leurs peaux. Julien savonna longuement le corps d’Elara, s’attardant sur ses seins, son ventre, entre ses cuisses. Elle le savonna à son tour, le prit en main sous le jet, le caressa jusqu’à ce qu’il soit à nouveau dur. Elle se tourna face au mur, les mains à plat sur le carrelage, et lui offrit son dos. Il entra en elle sous l’eau, une main sur son sein, l’autre entre ses jambes. Ils bougèrent lentement, le bruit de l’eau couvrant leurs souffles. Elara jouit en silence, la tête renversée contre l’épaule de Julien.

Le soir, ils dînèrent en peignoir, sur le canapé, les fenêtres ouvertes sur la douceur du printemps. Elara avait encore le corps sensible, chaque mouvement de tissu sur sa peau lui rappelait ce qu’ils avaient fait. Après le repas, elle se colla contre lui, prit sa main et la posa entre ses cuisses. « Encore », dit-elle simplement.

Julien sourit. Il la fit s’allonger, écarta le peignoir, et la caressa longuement avec les doigts, puis avec la bouche. Il prit son temps, la faisant monter très haut, la laissant redescendre un peu, puis la ramenant au bord. Quand elle supplia, il entra en elle, face à face, les yeux dans les yeux. Ils bougèrent ensemble, sans précipitation, comme s’ils avaient toute la nuit. Elara sentait chaque poussée résonner dans tout son corps. Elle jouit en le tenant fort, les ongles dans son dos, et lui la suivit quelques secondes plus tard, s’enfonçant profondément et restant collé à elle.

Ils s’endormirent ainsi, enlacés, la fenêtre ouverte sur les bruits de Paris au printemps.

Le lendemain, Elara se réveilla la première. Julien dormait encore, un bras jeté sur sa taille. Elle le regarda un moment, puis glissa vers le bas du lit. Elle prit son sexe encore mou dans sa bouche, le caressa avec la langue jusqu’à ce qu’il durcisse. Julien s’éveilla en gémissant. Elle continua, lentement, profondément, jusqu’à ce qu’il vienne dans sa bouche. Ensuite, elle remonta et s’allongea contre lui.

« Bonjour », dit-elle.

Il rit, un rire grave, et l’embrassa. « Tu as décidé de tout essayer d’un coup. »

« J’ai le temps », répondit-elle. « On est mariés. »

Dans la journée, entre deux clients, ils s’enfermèrent dans l’arrière-boutique. Elara s’assit sur l’établi, releva sa jupe, écarta sa culotte. Julien s’agenouilla et la lécha jusqu’à ce qu’elle jouisse, une main sur sa bouche pour étouffer le cri. Plus tard, elle le prit dans le bureau, à genoux sous le bureau pendant qu’il essayait de répondre à un mail. Il n’y arriva pas.

Le soir, ils allèrent se promener dans le Marais. L’air était doux, les terrasses bondées. Elara portait une robe légère qui collait à sa poitrine et laissait voir la courbe de ses hanches. Julien ne cessait de la toucher : une main dans le bas de son dos, des doigts qui frôlaient sa cuisse sous la table au restaurant. En rentrant, ils n’allèrent même pas jusqu’à la chambre. Dans l’escalier, Julien la poussa contre le mur, releva sa robe, baissa sa culotte et la pénétra debout. Elara enroula une jambe autour de lui, gémit dans son cou. Ils jouirent ainsi, pressés l’un contre l’autre, le cœur battant.

Dans les jours qui suivirent, Elara continua d’explorer. Elle regarda d’autres films, parfois avec Julien, parfois seule. Elle lui montrait ce qui l’excitait, lui demandait d’essayer. Une après-midi, elle se attacha les poignets au lit avec une de ses cravates et le laissa la toucher partout, la faire jouir plusieurs fois avant de la prendre. Une autre fois, elle le chevaucha à l’envers, lui offrant le spectacle de son dos, de ses fesses, de la façon dont il disparaissait en elle. Elle apprit à aimer le goût de lui dans sa bouche, la sensation d’être prise par-derrière, la façon dont ses seins bougeaient quand elle était à quatre pattes.

Un soir, alors qu’ils étaient allongés dans le noir, Elara dit :

« Avant, j’avais peur de mon corps. De ce qu’il voulait. Maintenant, je veux tout. »

Julien caressa son ventre, ses seins, le creux entre ses cuisses. « Alors on prendra tout. Lentement. Ou vite. Comme tu voudras. »

Elle se tourna vers lui, l’embrassa, et glissa une jambe par-dessus la sienne. Elle le guida en elle et se mit à bouger, très lentement. La lumière du lampadaire de la rue entrait par la fenêtre ouverte. On entendait des rires au loin, une musique. Elara le regardait pendant qu’elle le prenait, les yeux brillants derrière ses lunettes qu’elle n’avait pas ôtées. Elle jouit ainsi, en silence, en le serrant en elle, et resta immobile longtemps après, le sentant encore dur à l’intérieur.

Le printemps s’installait. Les journées s’allongeaient. L’atelier sentait le bois et le lilas. Elara travaillait, riait, se laissait toucher, initiait. Son corps, qu’elle avait longtemps regardé avec méfiance, était devenu un territoire de plaisir qu’elle offrait et réclamait. Julien la suivait, parfois la guidait, toujours présent.

Une après-midi particulièrement chaude, ils fermèrent l’atelier plus tôt. Elara s’allongea nue sur le canapé du salon, les jambes ouvertes, et regarda Julien la toucher. Il utilisa ses doigts, sa bouche, puis un petit vibromasseur qu’ils avaient acheté ensemble la veille. Elara gémissait sans retenue, le corps arché, les seins offerts. Quand elle fut au bord, il l’enleva et la pénétra, la faisant jouir autour de lui. Ensuite, il se retira, se mit à genoux près de son visage, et elle le prit dans sa bouche jusqu’au bout.

Ils se lavèrent, se rhabillèrent, et sortirent dîner. Dans la rue, Elara marchait près de lui, la main dans la sienne, le corps encore sensible. Elle se sentait vivante, présente, entière. Le désir n’était plus quelque chose qu’elle subissait ou qu’elle cachait. C’était une langue qu’elle apprenait à parler, avec Julien, dans la lumière du printemps.

Le soir, rentrés, ils firent l’amour une dernière fois, très lentement, face à face. Elara caressait le visage de Julien pendant qu’il bougeait en elle. Elle sentait monter en elle quelque chose de plus large que le plaisir : une gratitude, une liberté. Quand elle jouit, ce fut avec des larmes aux yeux, des larmes qu’il embrassa.

Après, allongés dans le noir, la fenêtre ouverte sur la nuit douce, Elara murmura :

« Je ne savais pas que le mariage pouvait être ça. »

Julien sourit contre sa tempe. « Moi non plus. »

Elle se colla davantage, une cuisse entre les siennes, un sein écrasé contre son torse. Dehors, Paris respirait le printemps. Dedans, leurs corps se reconnaissaient encore, encore, encore.








.

Elara: (2) Le Battement de la Pluie

.


.
Elara: (2) Le Battement de la Pluie




La pluie était revenue, plus fine, plus insistante, comme si elle avait décidé de s’installer pour de bon sur les toits de Paris. Dans l’atelier, les gouttes tapaient un rythme familier contre les vitres, un bruit que ni Elara ni Julien n’entendaient vraiment plus. Il faisait partie du décor, comme l’odeur du bois, de l’huile et du thé à la bergamote.

Elara était penchée sur l’établi, ses longs cheveux châtains ondulés retenus en une queue basse qui laissait libre sa nuque. Ses lunettes glissaient légèrement sur le bout de son nez. Elle portait un simple pull de laine fine, trop large, qui glissait parfois sur une épaule, et un jean soft qui épousait la rondeur de ses hanches et la courbe généreuse de son ventre. Sous le pull, sa poitrine lourde et pleine se soulevait à chaque respiration. Elle avait quarante-trois ans et son corps portait ce temps avec une sensualité tranquille, des seins lourds, une peau douce et mate, des cuisses fermes et charnues. Julien, derrière elle, la regardait travailler depuis plusieurs minutes sans rien dire.

Il s’approcha, posa une main chaude sur sa hanche et colla son corps contre le sien. Elara sourit sans quitter la montre des yeux.

« Tu vas me faire rater le réglage », murmura-t-elle.

« Je m’en fiche », répondit-il en glissant sa bouche contre sa nuque. Ses lèvres s’attardèrent juste sous l’oreille, là où elle était particulièrement sensible. Sa main remonta sous le pull, trouva la peau nue, puis la dentelle du soutien-gorge. Il caressa le dessous de son sein, le poids chaud et souple, avant de monter jusqu’au mamelon déjà durci.

Elara ferma les yeux un instant. Le tournevis resta suspendu au-dessus du mouvement. Elle poussa un soupir bas et se cambra légèrement contre lui. Julien fit glisser le pull plus haut, libéra un sein, et le prit en main pendant que ses lèvres continuaient de parcourir sa nuque et son épaule. L’autre main descendit, déboutonna le jean, s’introduisit sous la culotte. Ses doigts trouvèrent immédiatement la chaleur humide d’Elara. Il traça de lents cercles sur son clitoris pendant qu’il pétrissait son sein.

Elle posa enfin le tournevis et se retourna dans ses bras. Leurs bouches se trouvèrent. Le baiser fut profond, familier, encore affamé. Julien la souleva légèrement et l’assit sur le bord de l’établi. Elara écarta les cuisses pour le laisser s’approcher. Il baissa son jean et sa culotte d’un seul geste, s’agenouilla et posa sa bouche entre ses jambes.

Elara s’appuya sur les coudes, la tête renversée. La langue de Julien était lente, précise, comme s’il réparait quelque chose de fragile et précieux. Il la léchait longuement, suçotait, glissait deux doigts en elle pendant que sa langue insistait sur le point exact qui la faisait trembler. Elle gémit, une main dans ses cheveux, l’autre agrippant le bord de l’établi. Quand l’orgasme arriva, il fut long, profond, un tremblement qui partit du bas de son ventre et remonta jusqu’à sa gorge. Julien ne s’arrêta pas tout de suite. Il continua de la caresser doucement jusqu’à ce qu’elle le tire vers le haut.

Elle le déshabilla rapidement. Quand il entra en elle, elle était encore ultra-sensible. Il poussa un soupir rauque et s’immobilisa un instant, le front contre le sien. Puis il commença à bouger, des coups de reins lents et profonds. Elara enroula ses jambes autour de lui, le tirant plus près. Ses seins se balançaient au rythme de leurs mouvements. Julien les prit à pleine main, les caressa, pinça les mamelons pendant qu’il la prenait. L’établi grinçait légèrement. La pluie continuait dehors. Ils jouirent presque en même temps, Elara d’abord, se contractant autour de lui, puis Julien, s’enfonçant jusqu’au bout et restant collé à elle, le souffle court.

Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, enlacés, les vêtements en désordre, la peau chaude. Julien embrassa son front, ses paupières, le coin de sa bouche.

« On ne va jamais finir cette montre », dit Elara en riant doucement.

« Tant mieux », répondit-il.

Trois semaines plus tard, un client important arriva. Un collectionneur américain qui voulait confier à Julien une montre de poche du XVIIIe siècle, extrêmement rare, pour une restauration complète. Le travail allait prendre des mois. Il proposa aussi une exposition à New York, dans six mois, et demanda à Julien de venir présenter la pièce. Julien accepta, mais Elara sentit immédiatement quelque chose se tendre en elle.

Le soir, après le départ du client, ils étaient dans la petite cuisine au fond de l’atelier. Elara préparait le dîner. Julien s’approcha par derrière, l’entoura de ses bras, posa son menton sur son épaule.

« Tu viens avec moi à New York », dit-il simplement.

Elara resta immobile un moment. Elle n’avait pas quitté Paris depuis son arrivée. Londres était trop proche de tout ce qu’elle avait fui. New York représentait l’inconnu, le grand large, le risque.

« Je ne sais pas », murmura-t-elle.

Julien la fit se retourner. Il prit son visage entre ses mains, ses pouces caressant ses pommettes sous les lunettes.

« Je ne te force à rien. Mais je veux que tu sois là. Pas comme mon assistante. Comme ma femme. »

Le mot tomba dans le silence de la cuisine. Elara sentit son cœur s’accélérer. Ils n’avaient jamais parlé de mariage. Leur pacte avait toujours été le présent, l’ici et maintenant. Pourtant, depuis des mois, le présent s’était étiré, s’était installé, était devenu un avenir silencieux.

Elle posa sa tête contre sa poitrine. « J’ai peur », dit-elle.

« Moi aussi », répondit-il. « Mais j’ai plus peur de ne pas te le demander. »

Ce soir-là, ils firent l’amour dans le lit de l’appartement au-dessus de l’atelier. Lentement, longuement. Julien la caressa de la tête aux pieds, s’attarda sur chaque courbe, chaque pli. Il embrassa le creux de ses seins, le dessous de son ventre, l’intérieur de ses cuisses. Quand il entra en elle, ce fut face à face, les yeux ouverts. Elara le regarda tout le temps, une main sur sa joue, l’autre dans ses cheveux. Ils bougèrent ensemble, sans précipitation, jusqu’à ce que le plaisir les emporte tous les deux dans un silence tremblant.

Après, allongés l’un contre l’autre, Elara parla. Elle raconta plus en détail ce qui s’était passé à Londres : le mariage qui s’était effondré, la trahison, la façon dont elle s’était sentie effacée, réduite à une erreur. Julien l’écouta sans l’interrompre, sa main traçant de lents cercles sur son dos.

« Je ne te demandais pas d’oublier », dit-il quand elle se tut. « Je te demandais seulement de me laisser faire partie de ton histoire. »

Elle se souleva sur un coude et le regarda. Puis elle sourit, un sourire un peu tremblant.

« Oui », dit-elle. « Je viens à New York. »

Les semaines qui suivirent furent un mélange de travail intense et d’intimité plus profonde encore. Elara aidait Julien sur la restauration. Ils passaient des heures côte à côte, se touchant sans y penser : une main sur la nuque, un baiser volé, une caresse dans le bas du dos. Parfois le travail s’arrêtait net. Julien l’asseyait sur l’établi, écartait ses jambes et la prenait là, rapidement, urgent, pendant que la pluie battait les vitres. D’autres fois, le soir, ils s’attardaient dans le bain, Elara adossée contre lui, sa main entre ses cuisses, le caressant lentement jusqu’à ce qu’elle jouisse en silence, la tête renversée sur son épaule.

Un soir, alors qu’ils étaient allongés dans le noir, Elara demanda :

« Tu es sûr ? De moi. De nous. »

Julien se tourna vers elle. « Je n’ai jamais été aussi sûr de quelque chose. »

Il se leva, alla chercher quelque chose dans le tiroir de la table de nuit. Quand il revint, il tenait une petite boîte en bois, simple, qu’il avait fabriquée lui-même. À l’intérieur, une bague. Pas un diamant ostentatoire. Une bague fine en or rose, avec une pierre de lune qui capturait la lumière.

« Je n’ai pas voulu faire de grand discours », dit-il. « Juste ça. Si tu veux. »

Elara regarda la bague, puis lui. Ses yeux s’étaient embués derrière les lunettes. Elle tendit la main.

« Oui », murmura-t-elle.

Il lui passa la bague. Elle était parfaite. Ils firent l’amour encore, plus tendrement, plus profondément, comme s’ils scellaient quelque chose. Elara était au-dessus de lui, le chevauchant lentement, ses seins lourds dans ses mains. Elle le regardait dans les yeux pendant qu’elle montait et descendait, savourant chaque centimètre de lui en elle. Quand elle jouit, elle se pencha en avant, colla son front au sien, et murmura son nom. Julien la suivit presque immédiatement, les mains agrippées à ses hanches.

Ils partirent pour New York en novembre. La ville était froide, grise, pleine d’une énergie différente de celle de Paris. L’exposition eut lieu dans une galerie de Manhattan. La montre restaurée était magnifique. Julien parla avec passion, Elara à ses côtés, la bague à son doigt, le corps habillé d’une robe noire simple qui soulignait sa silhouette pleine et élégante. Des collectionneurs vinrent les féliciter. Un journaliste demanda qui était la femme à ses côtés. Julien répondit simplement : « Ma fiancée. »

Le soir, dans leur chambre d’hôtel, avec vue sur les lumières de la ville, Elara se tenait devant la fenêtre. Julien s’approcha derrière elle, glissa la fermeture éclair de sa robe, la laissa tomber. Elle était nue en dessous. Il l’embrassa le long de la colonne, s’agenouilla et la caressa de la bouche jusqu’à ce qu’elle tremble contre la vitre froide. Puis il la prit là, debout, une main sur son sein, l’autre entre ses cuisses, la tenant pendant qu’il la pénétrait profondément. Elara gémissait contre le verre, regardant les lumières de New York pendant que Julien la faisait jouir encore et encore.

Ils restèrent une semaine. Ils se promenèrent dans Central Park sous une pluie fine, se tinrent la main, s’embrassèrent dans des cafés. Elara se sentait différente. Plus légère. Comme si quelque chose d’ancien s’était enfin détaché d’elle.

Le dernier soir, dans le lit de l’hôtel, allongés face à face, Julien demanda :

« Quand on rentre, on se marie ? Pas grand-chose. Juste nous. L’atelier. La pluie. »

Elara sourit. Elle passa une jambe par-dessus la sienne, se colla contre lui, sentit son désir renaître.

« Oui », dit-elle. « Juste nous. »

Elle le prit en main, le guida en elle, et ils bougèrent ensemble, lentement, dans le silence de la chambre new-yorkaise. Dehors, il pleuvait. Dedans, le temps s’était arrêté encore une fois.

Ils rentrèrent à Paris une semaine plus tard. L’atelier les accueillit avec son odeur familière. Elara posa ses bagages, enleva son manteau, et se tourna vers Julien. Il la regardait déjà, le même regard lent et attentif qu’au premier jour.

Elle s’approcha, posa ses mains sur sa poitrine, et l’embrassa. Le baiser s’approfondit. Bientôt ils étaient à moitié déshabillés sur le canapé usé. Elara chevauchait Julien, sa robe relevée, sans culotte. Elle le prenait profondément, les mains sur ses épaules, le regardant. Ses seins se balançaient à chaque mouvement. Julien les caressait, les suçotait, gémissait son nom. Quand elle jouit, elle se pencha en avant et l’embrassa pendant que son corps se contractait autour de lui. Il la suivit, la tenant fort contre lui.

Plus tard, en silence, ils préparèrent le thé. Elara regarda la bague à son doigt, puis la pluie qui recommençait contre les vitres.

« Tu te souviens de la première fois ? » demanda-t-elle.

Julien hocha la tête. « Tu avais une loupe sur un œil et tu tremblais. »

« Maintenant je ne tremble plus », dit-elle.

Il s’approcha, posa une main sur sa joue, puis glissa ses doigts dans ses cheveux.

« Si », murmura-t-il. « Mais d’une autre façon. »

Elle sourit et se pressa contre lui. Dehors, la pluie continuait son rythme obstiné. Dedans, deux cœurs battaient au même tempo, lentement, sûrement, comme une montre parfaitement réglée.

Les mois suivants furent une suite de jours ordinaires et extraordinaires. Ils se marièrent un matin de mars, sous une pluie fine, dans une petite mairie du Marais, avec seulement deux témoins. Elara portait une robe simple en soie ivoire qui soulignait sa poitrine généreuse et ses hanches. Julien n’arrêtait pas de la regarder. Après, ils rentrèrent à l’atelier, firent l’amour sur le canapé, puis sur le lit, puis encore sous la douche, comme s’ils n’arrivaient pas à se rassasier l’un de l’autre.

Elara ne craignait plus l’écho de la pluie. Elle l’attendait. Chaque fois qu’elle entendait les premières gouttes, quelque chose s’ouvrait en elle. Parfois Julien la prenait contre l’établi, rapidement, urgent. Parfois ils restaient des heures allongés, se caressant, se parlant à voix basse, se redécouvrant. Son corps, qu’elle avait longtemps vu comme trop plein, trop marqué par le temps, était devenu pour elle un territoire de plaisir. Julien le touchait avec une admiration constante, une faim qui ne s’émoussait jamais. Il aimait le poids de ses seins dans ses mains, la douceur de son ventre, la façon dont ses cuisses s’ouvraient pour lui.

Un soir d’été, alors que la chaleur rendait l’atelier étouffant, ils s’allongèrent nus sur le sol, une simple couverture sous eux. La fenêtre était ouverte. On entendait les bruits de la rue. Elara était sur le dos, Julien entre ses jambes, la langue lente et précise. Elle avait les yeux fermés, une main dans ses cheveux, l’autre agrippant la couverture. Quand elle jouit, ce fut long, silencieux, un tremblement qui la parcourut tout entière. Puis il la penetra, profondément, et ils bougèrent ensemble jusqu’à ce que le plaisir les emporte tous les deux.

Après, allongés l’un contre l’autre, Elara murmura :

« Je ne savais pas que ça pouvait être comme ça. »

Julien embrassa son épaule. « Moi non plus. »

Ils restèrent ainsi longtemps, écoutant le silence de Paris, le battement de leurs cœurs, et au loin, très loin, le premier grondement d’un orage qui s’approchait.

La pluie, encore. Toujours.

Et cette fois, Elara sourit.





.

Elara: (1) L’Écho de la Pluie (nouvelle)

.


.
Elara: (1) L’Écho de la Pluie




La pluie battait contre les vitres de l’atelier, un rythme incessant et hypnotique qui semblait isoler le petit monde intérieur du vacarme de la ville. Paris, habituellement frénétique et bruyant, avait été réduit à un fond sonore étouffé, comme si la ville entière s’était mise à genoux sous l’averse. À l’intérieur, l’air était frais, chargé de l’odeur métallique des outils et du bois ancien des étagères qui bordaient les murs.

Elara ajusta sa loupe, le visage concentré sur la montre qu’elle réparait. C’était une pièce d’exception, un chronographe Valjoux des années cinquante, dont le mécanisme complexe résistait à ses tentatives de démontage. Ses doigts, longs et précis, maniaient le loup avec une dextérité acquise en dix années de pratique. Elle était perdue dans la micro-mécanique, dans la géométrie des engrenages, dans la satisfaction silencieuse de remettre de l’ordre dans le chaos d’un temps qui s’était figé.

Elle avait passé la quarantaine depuis peu, et son corps en portait la marque avec une sensualité assumée. Ses longs cheveux châtains, légèrement ondulés, retombaient en cascade sur ses épaules et le long de son dos, encadrant un visage aux traits doux et affirmés. Ses lunettes à monture fine soulignaient des yeux bruns profonds, marqués de quelques rides de sagesse aux coins. Sa bouche, pleine et peinte d’un rouge discret, gardait une expression concentrée. Sous le débardeur noir en dentelle qu’elle portait ce jour-là, sa poitrine généreuse se soulevait à chaque respiration, la dentelle soulignant la courbe de ses seins lourds. Sa taille s’évasait vers des hanches amples, un ventre doux et des cuisses pleines moulées dans un jean bleu foncé. Elle était une femme dans la force de l’âge, charnue, réelle, dont la présence remplissait l’atelier d’une chaleur incarnée.

Mais son attention fut détournée par un craquement de plancher.

Elle leva les yeux, la loupe encore en place sur son œil droit, ce qui lui donnait un air distrait et légèrement comique, si elle n’avait pas été aussi sérieuse. Julien se tenait dans l’encadrement de la porte. Il était là, comme à son habitude, sans bruit, comme une ombre qui aurait pris vie pour lui rendre visite.

Il tenait deux tasses de thé fumantes. L’odeur de bergamote et de cannelle envahit immédiatement l’air froid de l’atelier, chassant les effluves de graisse et d’acier. C’était son rituel. Chaque fois que la pluie s’abattait sur la ville, Julien apportait du réconfort sous forme de thé chaud et de présence silencieuse.

Il s’approcha et posa une tasse à côté d’elle, sur une surface libre de l’établi. Ses doigts effleurèrent brièvement les siens au moment où elle posait son outil. Ce contact léger, presque imperceptible pour un observateur extérieur, fit s’arrêter le souffle d’Elara. Une onde de chaleur parcourut son bras, remontant jusqu’à son épaule, et elle sentit ses joues s’empourprer légèrement. Elle retira rapidement sa loupe, cachant son trouble derrière un geste technique.

« Tu as oublié de manger ce midi », dit-il simplement. Sa voix était grave, douce, comme le velours usé.

« Je me suis perdue dans le temps », répondit-elle, sans oser lever les yeux tout de suite. Elle préférait fixer la vapeur qui s’échappait de sa tasse.

Julien s’assit sur le tabouret adjacent. Le silence qui suivit n’était pas vide, mais lourd d’une présence palpable. Dans cet atelier, le silence avait une texture. Il n’était pas l’absence de bruit, mais une présence active, tissée de pensées non dites et d’émotions retenues. Elara sentait la chaleur de son corps, à quelques centimètres seulement. Elle décelait l’odeur de pluie et de vieux livres qui émanait de lui, un parfum qui lui rappelait les bibliothèques de son enfance, ces lieux sacrés où le temps semblait suspendu.

Elle leva enfin les yeux. Julien la regardait, non pas avec la rapidité d’un homme pressé, mais avec la lenteur de quelqu’un qui prend le temps de voir. Son regard balayait son visage avec une attention méticuleuse, comme s’il décodait une carte ancienne, cherchant à comprendre chaque détail, chaque nuance de son humeur du jour. Puis son regard descendit, s’attardant un instant sur la dentelle noire qui soulignait la courbe de ses seins, sur la peau mate de son décolleté, sur la façon dont le jean épousait ses hanches.

Il tendit la main et effleura une mèche de cheveux qui s’était échappée de sa chignonne. Son doigt traça une ligne imaginaire le long de sa tempe, effleurant sa peau avec une délicatesse à couper le souffle. Elara se figea, le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Ce n’était pas un geste possessif, mais une exploration douce, pleine de respect et d’une curiosité brûlante. Il ne cherchait pas à prendre, mais à comprendre.

« Il tarde à repartir », murmura-t-il en regardant le mécanisme de la montre.

« La complication des tourbillons », répondit-elle, la voix légèrement tremblante. Elle pointa du doigt le petit rouage qui résistait encore. « C’est un système anti-choc qui bloque le ressort. Il faut du temps pour le détendre. »

Julien rit doucement, un son grave qui fit vibrer l’air entre eux. Il se pencha légèrement, réduisant l’espace qui les séparait. Elara put voir les nuances de gris dans ses yeux, l’éclat de l’attention qu’il lui portait. La tension entre eux s’épaissit, devenant une entité vivante, électrisante. Ce n’était pas seulement de l’attirance physique, bien qu’il y en eût. C’était une reconnaissance mutuelle, le sentiment d’être enfin vu dans sa totalité, avec ses défauts, ses obsessions et ses silences.

Il ne l’embrassa pas. Il se contenta de poser son front contre le sien, fermant les yeux. Elara fit de même, inspirant profondément. Dans ce rapprochement, il y avait plus d’intimité que dans n’importe quel acte physique : c’était la promesse d’une confiance absolue, d’une connexion qui transcendait les mots. C’était le sentiment de la maison, du retour après un long voyage.

« Quand tu auras fini », dit Julien, la voix rauque, « je t’attendrai. »

« Je ne suis pas pressée », répondit Elara en ouvrant les yeux.

Pour la première fois de la journée, un sourire léger effleura ses lèvres. La pluie continuait de tomber, mais à l’intérieur, le monde s’était réchauffé instantanément.

Elara n’était pas venue à Paris pour devenir horlogère. Elle y était venue pour oublier. Trois ans plus tôt, sa vie avait éclaté en milliers de fragments, comme une vitre sous un marteau. Son mariage, sa carrière, son identité : tout avait disparu dans un nuage de mensonges et de trahisons. Elle avait fui Londres, fuyant les regards compatissants de ses amis et les questions insidieuses de sa famille.

L’horlogerie était devenue son refuge. Dans la mécanique des montres, tout avait un sens. Chaque pièce avait sa fonction, chaque engrenage sa place. Si quelque chose ne fonctionnait pas, c’était parce qu’un élément était défectueux ou mal placé. Il n’y avait pas de place pour l’ambiguïté, pour le mensonge. C’était un monde binaire, juste ou faux, fonctionnel ou brisé.

Julien, lui, était différent. Il n’était pas brisé, mais il portait ses propres cicatrices. Il avait ouvert cet atelier dix ans plus tôt, après avoir quitté la maison familiale, après avoir refusé de reprendre l’entreprise de son père. Il avait choisi la liberté, au prix de la solitude.

Ils s’étaient rencontrés par hasard, un soir de novembre, quand Elara était entrée dans l’atelier pour réparer une montre qui n’était pas cassée, mais simplement en retard. Julien avait accepté de la réparer sans la lui facturer, disant qu’il avait besoin de s’entraîner. Elle était repartie avec une montre à la minute près, et une dette de gratitude.

Depuis, elle revenait chaque semaine. Parfois pour des réparations, parfois juste pour boire un thé et parler. Ils parlaient de tout et de rien. De la littérature, de la philosophie, de la météo. Ils parlaient de leurs rêves, de leurs peurs, de leurs échecs. Mais ils évitaient soigneusement de parler de l’avenir.

C’était leur pacte non écrit. L’ici et maintenant. Le présent.

Ce soir-là, la pluie avait intensifié leur conversation. Les mots coulaient plus facilement, comme l’eau sur les toits de Paris. Elara raconta comment elle avait appris l’horlogerie en autodidacte, parcourant des manuels anciens dans les bibliothèques universitaires. Julien lui parla de son père, un homme rigide et froid, qui voyait les relations humaines comme des transactions commerciales.

« Il ne comprenait pas », dit Julien, en faisant tourner sa tasse entre ses mains. « Il pensait que la liberté était une faiblesse. »

« Et toi ? » demanda Elara.

« Je sais que c’est un courage », répondit-il. « Un courage qui se paie cher. »

Elara sentit une bouffée d’émotion la submerger. Elle regarda Julien, vraiment le regarda, pour la première fois depuis des mois. Il était beau, non pas d’une beauté classique, mais d’une beauté authentique, forgée par l’expérience et la résilience. Ses cheveux châtains, légèrement grisonnants aux tempes, encadraient un visage marqué par le temps, mais illuminé par une intelligence vive et bienveillante.

« Et moi ? » demanda-t-elle, la voix tremblante. « Je sais que je suis forte, mais je sais aussi que je suis fragile. »

Julien hocha la tête. Il ne chercha pas à la rassurer avec des paroles vides. Il accepta sa fragilité comme on accepte une pièce fragile d’une montre : avec soin, avec douceur, avec respect.

« La force et la fragilité ne s’opposent pas, Elara », dit-il lentement. « Elles se complètent. C’est ce qui fait la beauté du mécanisme. »

Le thé était froid maintenant, mais personne n’y touchait. La conversation avait changé de ton. Elle était devenue plus intime, plus vulnérable. Elara sentait la distance entre eux se réduire, non pas physiquement, mais émotionnellement. Il n’y avait plus de murs, plus de frontières.

Julien se leva et s’approcha de l’établi. Il prit la montre des mains d’Elara, la regarda un instant, puis la posa délicatement.

« Tu devrais arrêter », dit-il.

« Pourquoi ? » demanda-t-elle.

« Parce que tu trembles », répondit-il.

Elara regarda ses mains. Il avait raison. Ses doigts tremblaient légèrement, un tremblement imperceptible pour quiconque ne la regardait pas avec attention. Elle le regarda, surprise.

« Tu remarques tout », dit-elle.

« Je t’observe », répondit-il simplement.

Il se mit à genoux devant elle, sur le sol froid de l’atelier. Pour la première fois, ils étaient à la même hauteur, leurs visages presque au niveau l’un de l’autre. Elara sentit son cœur s’accélérer. Elle ne savait pas quoi faire, quoi dire. Elle se sentait nue, exposée, sans défense.

Julien prit ses mains dans les siennes. Ses paumes étaient chaudes, calleuses, celles d’un homme qui travaille avec ses mains. Il les caressa doucement, avec une tendresse infinie, passant son pouce sur le dos de ses doigts, sur ses poignets, où le pouls battait trop vite.

« Tu as peur », dit-il.

« De quoi ? » demanda-t-elle, la voix à peine audible.

« De ressentir », répondit-il. « De laisser tomber les gardes. De permettre à quelqu’un d’entrer dans ta vie. »

Elara ferma les yeux. Il avait raison. Elle avait passé trois ans à construire des murs, à se protéger, à éviter tout attachement. Mais avec Julien, les murs s’effondraient un à un, comme des cartes de sol.

« J’ai peur », admit-elle. « J’ai peur d’être blessée. J’ai peur de souffrir. »

Julien ouvrit les yeux et les fixa aux siens.

« Et si tu souffrais », dit-il. « Et si tu étais blessée ? »

Elara hésita. Puis, elle hocha la tête.

« Alors je souffrirais », dit-elle. « Mais je vivrais. »

Julien sourit, un sourire triste et beau. Il se leva et prit Elara dans ses bras. Il ne l’étreignit pas avec passion, mais avec une douceur infinie. Il la tenait comme on tient un oiseau blessé : avec une force contenue, avec une promesse de protection. Ses mains glissèrent le long de son dos, sentant sous la dentelle la chaleur de sa peau, la courbe de sa taille, la rondeur de ses hanches. Elara posa sa tête contre sa poitrine. Elle entendit le battement de son cœur, lent et régulier. C’était une musique apaisante, un rythme qui la rassurait. Elle ferma les yeux et laissa aller. Elle laissa tomber les gardes. Elle se permit de ressentir.

Ses propres mains, hésitantes d’abord, remontèrent le long des bras de Julien, touchant les muscles fermes sous le tissu de sa chemise. Elle sentit la solidité de son corps, la chaleur qui rayonnait de lui. Quand ses doigts effleurèrent la nuque de Julien, il poussa un soupir bas, et ses bras se resserrèrent un peu plus autour d’elle. Une de ses mains glissa plus bas, s’attardant sur la courbe de sa fesse moulée dans le jean, la pressant légèrement, comme pour s’assurer qu’elle était réelle.

Elara frissonna. Ce simple contact, à travers le denim, envoya une vague de chaleur dans son bas-ventre. Elle releva le visage. Leurs regards se croisèrent, et cette fois, il n’y eut plus de retenue. Julien pencha la tête et posa ses lèvres sur les siennes.

Le baiser fut d’abord doux, exploratoire, un simple frottement de bouches. Puis il s’approfondit. La langue de Julien effleura la sienne, et Elara gémit dans sa bouche, un son étouffé qui sembla le encourager. Ses mains remontèrent le long de son dos, passant sous le débardeur de dentelle pour caresser la peau nue. Ses doigts traçèrent la ligne de sa colonne, puis s’écartèrent pour encercler sa taille, remontant jusqu’à frôler le bas de ses seins lourds.

Elara se cambr a légèrement, offrant plus de contact. Elle sentit le désir monter en elle, une chaleur lente et insistante qui faisait battre son cœur plus fort. Quand la main de Julien glissa vers l’avant et cupa un de ses seins à travers la dentelle, elle poussa un soupir plus profond. Son pouce effleura le mamelon déjà durci, le faisant rouler doucement sous le tissu. Une décharge électrique parcourut Elara, et elle se pressa davantage contre lui.

Ils restèrent ainsi longtemps, dans le silence de l’atelier, s’embrassant, se caressant avec une lenteur délibérée. La pluie avait cessé de tomber, remplacée par une bruine fine et constante. Les lampes de l’atelier projetaient des ombres douces sur les murs, créant une atmosphère onirique, irréelle.

Julien s’écarta légèrement, regardant Elara dans les yeux. Ses lèvres étaient rougies, ses lunettes un peu de travers. Il les retira délicatement et les posa sur l’établi.

« Je ne te demande rien », dit-il. « Je ne te promets pas l’avenir. Je te propose le présent. Ici. Maintenant. »

Elara le regarda, voyant en lui non pas un sauveur, mais un compagnon. Quelqu’un qui marcherait à ses côtés, pas devant elle, pas derrière elle.

« J’accepte », dit-elle.

Julien sourit. Il prit son visage entre ses mains et l’embrassa à nouveau. Ce ne fut plus un baiser doux. Ce fut un baiser plus affamé, plus urgent. Elara répondit avec la même faim, laissant ses mains glisser dans les cheveux de Julien, tirant légèrement. Elle sentit la texture de ses cheveux, la chaleur de sa peau. Elle se sentit vivante, pour la première fois depuis trois ans.

Quand ils se séparèrent, Elara se sentit différente. Plus légère. Plus libre. Et plus désireuse.

Julien prit sa main et l’entraîna vers l’arrière de l’atelier, là où un vieux canapé de cuir usé attendait contre le mur. Il s’assit et la tira doucement sur ses genoux. Elara s’y installa, ses cuisses de chaque côté des siennes, le jean frottant contre le sien. Elle sentit immédiatement la dureté de son désir sous le tissu, et un frisson de plaisir la parcourut.

Ses mains remontèrent le long de ses flancs, soulevant le débardeur de dentelle. Elara leva les bras, le laissant l’enlever complètement. À l’air libre, ses seins lourds et pleins se dressèrent, les mamelons rosés déjà durs. Julien les regarda un long moment, comme s’il mémorisait chaque détail, avant de pencher la tête et de prendre un mamelon entre ses lèvres.

Elara poussa un cri étouffé, les mains s’agrippant à ses épaules. La chaleur de sa bouche, la pression de sa langue, le léger pincement de ses dents… tout cela alluma un feu dans son bas-ventre. Il passa d’un sein à l’autre, les caressant, les suçotant, les massant avec ses mains larges pendant que sa bouche travaillait. Elara se balançait légèrement sur ses genoux, frottant son sexe encore habillé contre la dureté de lui, cherchant un peu de soulagement.

Quand Julien releva la tête, ses yeux étaient sombres de désir. « Tu es magnifique », murmura-t-il. « Chaque courbe, chaque ligne… »

Ses doigts débouclèrent le jean d’Elara, le boutonnant, puis le firent glisser le long de ses hanches. Elle se souleva pour l’aider, et bientôt le jean et la culotte noire tombèrent sur le sol. NUE sur ses genoux, Elara se sentit vulnérable et puissante à la fois. Julien la regarda, la main glissant entre ses cuisses pour caresser la chaleur humide qu’il y trouva. Ses doigts glissèrent le long de ses plis, trouvant le point sensible et y traçant de petits cercles.

Elara gémit, la tête renversée en arrière. Elle se sentait fondre sous ces caresses patientes. Quand un doigt glissa en elle, puis un second, elle serra les cuisses autour de sa main, poussant contre lui. Julien l’embrassait pendant qu’il la caressait, absorbant chaque son, chaque frisson.

Elle le déshabilla à son tour, boutons, ceinture, pantalon. Quand elle le prit en main, chaud et dur, il poussa un grognement bas. Elara le guida contre elle, le frottant le long de son sexe humide, se frottant à lui jusqu’à ce que le désir devienne trop fort. Elle s’abaissa lentement, le prenant en elle centimètre par centimètre, savourant la sensation d’être remplie.

Ils restèrent immobiles un instant, front contre front, respirant ensemble. Puis Elara commença à bouger, un mouvement de hanches lent et profond. Julien la tenait par les hanches, la guidant, la soulevant parfois pour la redescendre plus fort. Le canapé grinçait doucement sous leur rythme. L’atelier était rempli de leurs souffles, de leurs gémissements étouffés, du son de leurs peaux qui se rencontraient.

Elara sentit l’orgasme monter en elle comme une vague lente. Quand il la frappa, elle se contracta autour de lui, un cri rauque échappant à sa gorge. Julien la suivit quelques secondes plus tard, s’enfonçant profondément, le visage enfoui dans son cou, un grognement de plaisir s’échappant de lui.

Ils restèrent enlacés longtemps après, suants, respirant fort, le cœur battant à l’unisson. Julien caressait lentement le dos d’Elara, de longues caresses apaisantes. Elle posa sa tête contre son épaule, les yeux fermés, savourant la sensation de sa peau contre la sienne.

« Tu as fini ta montre ? » demanda Julien finalement, en souriant dans ses cheveux.

Elara regarda la montre sur l’établi. Elle était toujours là, avec ses engrenages complexes, ses tourbillons et ses complications. Mais elle ne semblait plus importante.

« Pas encore », dit-elle. « Mais je peux attendre. »

Ils s’habillèrent lentement, s’échangeant des baisers, des caresses légères, comme s’ils ne pouvaient pas se résoudre à cesser complètement de se toucher. Julien prit sa main et l’entraîna vers la porte.

« Où allons-nous ? » demanda-t-elle.

« Te promener », répondit-il. « Sous la pluie. »

Elara hésita un instant. Puis, elle sourit.

« Pourquoi pas ? »

Ils sortirent de l’atelier, dans la nuit parisienne. La ville était mouillée, éclatante de lumière. Les reflets des néons dans les flaques d’eau créaient un spectacle magique, féerique.

Elara marcha aux côtés de Julien, sa main dans la sienne. Elle ne savait pas ce que l’avenir leur réservait. Elle ne savait pas si leur relation durerait, si elle réussirait. Mais pour l’instant, elle était là. Vivante. Aimée. Et encore sensible à l’endroit où son corps avait accueilli le sien, une chaleur douce et persistante entre ses cuisses.

Et c’était suffisant.

La pluie recommença à tomber, fine et douce, comme une caresse. Elara leva le visage vers le ciel, laissant les gouttes sur sa peau. Elle sentit Julien sourire à ses côtés. De temps en temps, sa main glissait dans le bas de son dos, ou ses doigts s’entremêlaient plus fermement aux siens, un rappel silencieux de ce qu’ils venaient de partager.

« Écoute », dit-il.

Elara écouta. Elle entendit la pluie, la ville, le bruit de leurs pas sur le pavé. Et elle entendit, plus fort que tout, l’écho de son propre cœur, qui battait à l’unisson avec celui de Julien.

C’était le rythme du temps qui reprenait sa course. Le temps de la vie.

Plusieurs mois plus tard, l’atelier avait changé. Il n’était plus un lieu de refuge, mais un lieu de vie. Des plantes vertes avaient fait leur apparition sur les étagères, apportant une touche de couleur et de vitalité. Des photos encadraient les murs, capturant des moments de joie, de rire, de complicité. Sur une d’elles, Elara souriait, les cheveux détachés, les lunettes un peu de travers, le débardeur de dentelle glissant légèrement sur une épaule, le corps plein et heureux.

Elara réparait toujours des montres, mais elle ne se perdait plus dans le temps. Elle vivait dans le présent, avec Julien. Leur intimité avait grandi avec les semaines. Les nuits de pluie étaient devenues leurs moments privilégiés. Parfois, ils faisaient l’amour lentement sur le canapé, ou debout contre l’établi, Elara penchée en avant pendant que Julien la prenait de derrière, une main sur sa poitrine, l’autre entre ses cuisses. D’autres fois, c’était plus tendre : des caresses prolongées, des baisers partout sur son corps, ses seins, son ventre, l’intérieur de ses cuisses, jusqu’à ce qu’elle se dissolve de plaisir sous sa langue.

Un soir de pluie, ils étaient assis sur le tabouret adjacent, comme au premier jour. Julien buvait du thé, Elara lisait un livre. Il n’y avait pas besoin de mots. Le silence entre eux était confortable, riche.

Julien posa son livre et regarda Elara.

« Tu te souviens de cette montre ? » demanda-t-il, en pointant du doigt la montre Valjoux sur l’établi.

« Oui », répondit Elara. « Elle est réparée. »

« Elle est même en avance », dit Julien.

Elara rit.

« Le temps », dit-elle en se levant et en allant vers lui, « n’est pas une ennemie. C’est un compagnon. »

Julien la prit dans ses bras. Ses mains glissèrent sous son pull, caressant la peau chaude de son dos, remontant jusqu’à ses seins. Elara soupira et se pressa contre lui.

« Et toi », dit-il, « tu es mon meilleur compagnon. »

Elara posa sa tête contre sa poitrine. Elle écouta le battement de son cœur, lent et régulier. Puis elle releva le visage et l’embrassa, profondément, tandis que ses propres mains descendaient le long de son corps, le déshabillant avec une familiarité tendre et affamée.
C’était le rythme du temps qui tournait. Le temps de l’amour.

Et pour la première fois, Elara ne craignait plus l’écho de la pluie. Elle l’aimait. Elle aimait le bruit, la fraîcheur, la promesse. Elle aimait la vie. Elle aimait le corps de Julien contre le sien, la façon dont il la regardait, la touchait, la prenait, et la façon dont elle se donnait à lui, librement, complètement, dans la pluie et dans le silence de l’atelier.







.

Lerato: (2) Ubumnene Nobuhlungu

.


.
Lerato: (2) Ubumnene Nobuhlungu




ULerato wavuka kancane, umzimba usinda, ikhanda lisasezintofinto zokulala. Ukukhanya okumpunga kwasekuseni kwakuthela ngeziheqo zaseSea Point, kudweba imigqa ephaphathekile embhedeni ongahlelwanga. Wanyakaza kancane nje wezwa ngokushesha ukuzwela okubukhali kwesibunu sakhe. Ubuhlungu obuthambile, obufudumele, obuqhubekayo, bamkhumbuza yonke isentimitha yepipi likaThabo elalimgcwalise izolo. Wayesagcwele yena. Amadlozi ayeseomile kancane ngaphakathi kwemilenze yakhe, ancangathi, futhi umuzwa wokusinda wawusasele ugxilile ngokujulile ngaphakathi kuye.

UThabo wayelele ngomhlane eceleni kwakhe, ingalo esindayo idlule ezungeze isinqe sakhe. Intshebe yakhe empunga yayihlikihla kancane ehlombe lakhe. Isifuba sakhe esibanzi siphakama futhi sehla ngesigqi esizolile. ULerato wahlala enganyakazi isikhashana, amehlo evulekile, ejabulela ukufudumala komzimba wakhe ngokumelene nowakhe. Ngomzwangedwa wabeka isandla esibunwini sakhe wathinta ngezihloko zeminwe umnyango osavuvukele kancane, ozwelayo. Ukuthuthumela kwahamba esiswini sakhe. Kwakubuhlungu. Kodwa akazange azisole ngalutho.

Waphenduka kancane kuye. UThabo wavula amehlo cishe ngokushesha, njengokungathi wezwa ukubuka kwakhe. Ukumamatheka okuhamba kancane kwanweba izindebe zakhe.

“Sawubona, sthandwa sami,” ehleba ngezwi elisakhuhla ngenxa yokulala. “Kubuhlungu?”

ULerato wanikina ikhanda, enamahloni kancane, ejabule kancane kakade. “Yebo… kuyadonsa. Kuyashisa kancane.”

UThabo wadlulisa isandla esikhulu ehlombe lakhe, wase ephansi, phakathi kwezinqe zakhe. Iminwe yakhe yahlola ngobumnene obumangazayo. Wathinta umnyango ozwelayo, wezwa ukufudumala nokuvuvuka okuncane. ULerato waqhaqhazela.

“Ngiyazi,” esho nje. “Ngikuthathe ngamandla izolo. Futhi isikhathi eside.” Wagobela wabeka ukwanga ebunzini lakhe, wase emlonyeni. “Kodwa umuhle kakhulu kanje. Usavulekile. Usuyimi.”

Wamanga ngokujulile kakhulu. Intshebe yakhe yayihlikihla kamnandi isilevu sikaLerato. Ulimi lwakhe lwangena emlonyeni wakhe ngokuhamba kancane okungokwempahla. Ngesikhathi esifanayo, umunwe omkhulu wacindezela kancane esibunwini sakhe esibuhlungu. ULerato wabubula ekwangeni, umzimba uqinile phakathi kwenjabulo eqalayo nokuzwela okukhulu kakhulu.

UThabo akazange aphuthume. Wayemthinta isikhathi eside, isandla esisodwa emabeleni akhe aqinile, egingqa amabele ase eqinile kakade phakathi kweminwe yakhe, esinye isandla sisele phakathi kwezinqe zakhe, sicubungula umnyango ozwelayo ngaphandle kokungena okwamanje. Wayehleba amazwi emlonyeni, entanyeni, endlebeni.

“Uyafiseka kakhulu… noma ubuhlungu… ikakhulukazi ubuhlungu. Umbobo wakho omncane osangazi. Amabele akho aqinayo uma ngikuthinta. Naleli pipi elincane…”

Isandla sakhe sahamba phambili. Wathola ipipi elincane likaLerato, lisathambile, ligobile ku-foreskin enama-wrinkles. Walithatha phakathi kwesithupha nomunwe, walithinta ngokuhamba kancane ocishe waba uthando, elihambisa esikhumbeni salo. ULerato waphuma ukuphefumula okuthuthumelayo. Ubuhlungu ngemuva nokuthinta phambili kwahlangana ngendlela ekhathazayo.

“Phenduka,” kusho uThabo kancane. “Ohlangothini. Ungibheke.”

Walalela. Waphakamisa umlenze wakhe ophezulu wawubeka ehlombe lakhe. Ipipi lakhe elase lilukhuni futhi lisindile lahlala phakathi kwezinqe zikaLerato. Akangenanga ngokushesha. Wahlikihla nje ikhanda esibunwini esizwelayo, eligcwalisa ngoketshezi lwakhe lwangaphambi kwamadlozi, elihambisa phezulu naphansi, ecindezela nje ngokwanele ukuthi uLerato azwe ukucindezela ngaphandle kokuvulwa okwamanje.

“Ngibuke,” wayala.

ULerato waphakamisa amehlo akhe kuye. Awakhe ayemnyama, ezolile, egcwele isifiso esijulile nesibekezelayo.

“Umuhle,” esho ecindezela kakhulu kancane. “Muhle kakhulu namadlozi ami asengaphakathi kuwe. Muhle kakhulu uma ubuhlungu ngenxa yami.”

Waphusha. Ikhanda langena kancane. ULerato wacima amehlo isikhashana, ukububula okubukhali kuphuma kuye. Kwakuluma. Isibunu, esase sicashile kakade, sanwebeka futhi ezungeze ubukhulu bukaThabo. Wahamba ngamamitha ngamamitha, emisa njalo uma eqina, emanga umlomo wakhe, ethinta ipipi lakhe elincane ukuze aphambukise kancane ubuhlungu.

“Phefumula… yimi… ungithatha kahle kakhulu…”

Ngesikhathi engena ngokuphelele ngaphakathi kuye, wahlala enganyakazi isikhathi eside. ULerato wayethuthumela kancane, ibunzi libhekene nelakhe, ukuphefumula kufushane. Ubuhlungu babukhona, bubukhali, kodwa base buhlangene nenye into: umuzwa wokugcwala, wokuba yimpahla, wokufiseka. UThabo wanyakaza ekugcineni. Ukushaya okuncane kakhulu kuqala, nje ngokwanele ukwenza azwe ukuya nokubuya ngaphakathi kuye ngaphandle kokuhlasela umnyango ozwelayo.

“Uyangizwa?” wabuza ezindebeni zakhe.

“Yebo…” waphefumula. “Umkhulu… kakhulu… kubuhlungu… kodwa hlala… hlala kimi…”

Wamamatheka waqala ukumthatha ngempela. Kancane. Ngokujulile. Ukushaya ngakunye kwakulawulwa, kulawulwa, kodwa waya kwaze kwafinyelela ekugcineni, ecindezela isinqe sakhe ezinqeni zikaLerato, emenza azwe yonke isentimitha. Esinye isandla sahlala epipini lakhe elincane, silithinta, sicindezela ngezikhathi ezithile ngamandla amakhulu kancane, sidlala ngamasende amancane azwelayo. Esinye isandla sabamba ihlombe lakhe, simgcina lapho afuna khona.

“Ungowami,” ehleba ngesiZulu kuqala, wase ngesiNgisi. “Ngiyakuthanda… uyafiseka kakhulu… isibunu sakho esingicindezelayo noma kubuhlungu… amabele akho esifubeni sami… leli pipi elincane elithambile esandleni sami…”

ULerato wayebubula manje ngaphandle kokuzibamba. Ubuhlungu babungashabalanga, kodwa base buguqukile. Kwakuyingxenye yenjabulo. Njalo uma uThabo engena kwaze kwafinyelela ekugcineni, igagasi lokufudumala lalikhuphuka ngomqolo wakhe, lihlangana nokusha kokunwebeka. Wayebambelela emahlombe akhe abanzi, uzipho lugxilile esikhumbeni sakhe esimnyama.

Wamthatha kanje imizuzu emide, ngaphandle kokusheshisa ngempela, ejabulela ukuphefumula ngakunye, ukuqina ngakunye, ukukhala okuncane ngakunye. Wabe esephuma kancane. ULerato waphuma ukububula kokuphikisa ngesikhathi ivenge lenziwa ngaphakathi kuye.

“Ishawa,” kusho uThabo nje. “Ngifuna ukukuthatha ngaphansi kwamanzi.”

Wasukuma, esabekeka noma enqunu, ipipi lakhe lisacwebezela ngenhlanganisela yoketshezi lwabo. Wanikeza isandla. ULerato wasithatha wamlandela kwaze kwaba yilapho efika egumbini lokugeza.

Amanzi afudumele ageleza emizimbeni yabo. UThabo wammisa ubheke udonga olufakwe ithayela, izandla zivulekile ethayeleni. Waguqa ngemuva kwakhe wasula isikhathi eside isibunu sakhe ngolimi, ehlanza, ethambisa, ejabulisa ngesikhathi esifanayo. ULerato wabeka ibunzi odongeni, amadolo ebuthakathaka. Ulimi olufudumele lukaThabo enyameni ecashile lwalucishe lwaba lukhulu kakhulu. Wakhotha, wamunca, wafaka kancane isihloko solimi, wase ephakama.

Wangena futhi. Kalula kakhulu manje ngenxa yamanzi namathe, kodwa ubukhulu basafuna. ULerato wakhala kancane ngesikhathi engena ngokushaya okukodwa kwaze kwafinyelela ekugcineni.

“Shhh… umuhle,” esho endlebeni yakhe eqala ukumaya ngokuqinile kakhulu. “Muhle kakhulu ngaphansi kwamanzi… nepipi lami lingene kuwe… amabele akho amancane acindezelwa odongeni…”

Wamthatha ngamandla amakhulu manje. Ukushaya kwesinqe sakhe ezinqeni zakhe kwakuzwakala ekhabinethini yeshawa. Amanzi ageleza emizimbeni yabo, ehlanganisa umjuluko nensali yamadlozi obusuku. UThabo wabamba izinqe zakhe ngamandla, emdonsela kuye ngakunye ukushaya. Isandla sangena phambili sabamba futhi ipipi elincane likaLerato. Wasicindezela, wasidonsa kancane, sacindezela amasende amancane phakathi kweminwe ngesikhathi esheshisa.

“Kubuhlungu?” wabuza, izwi likhuhla.

“Yebo…” wabubula uLerato. “Yebo… kodwa ungami… ngiyakucela…”

“Ngoba uyafiseka noma ubuhlungu. Ikakhulukazi uma ubuhlungu ngenxa yami.”

Waqhubeka. Ukushaya kwaba kujulile kakhulu, kuphikelele. ULerato wezwa isibunu sakhe sisha, sivuleka, sivaleka ezungeze ipipi elikhulu. Ubuhlungu nenjabulo kwakuhlangene kakhulu kangangokuba wayengazi ukuthi kuphelaphi okunye nokuqala okunye. Waphuma kuqala, ukuphuma okomile nobudlova okwamenza wathuthumela umzimba wonke, ipipi lakhe elincane licindezela esandleni sikaThabo ngaphandle kokuphuma cishe lutho.

UThabo akamisi. Wamgcina evulekile, wangena futhi futhi, ehleba amazwi angcolile nathambile ngesikhathi esifanayo.

“Ngizokugcwalisa futhi… ngizoshiya amadlozi ami kuwe usuku lonke… uzohamba unami ngaphakathi… uzonuka iphunga lami…”

Waphuma ngokububula okude okujulile, engena kwaze kwafinyelela ekugcineni futhi ehlala encamathele kuye ngesikhathi imifudumalo ifudumele igcwalisa izindonga ezizwelayo zesibunu sakhe. ULerato wezwa ukushaya ngakunye. Waphuma isililo senjabulo nokugcwala kakhulu.

Bahlala ngaphansi kwamanzi isikhathi eside, uThabo esangena ngaphakathi kuye, izandla zakhe ezinkulu zikhuphuka ngasesiswini sakhe zithatha amabele akhe. Wanga intamo yakhe, amahlombe akhe, phezulu komhlane wakhe.

“Ungowami,” waphinda nje.

Kamuva, besongwe ngamathawula, babuyela embhedeni. ULerato walala ngesisu. UThabo wahlala eqaqela ngemuva kwemilenze yakhe waqala ukucubungula isibunu sakhe esisavulekile futhi sibomvu ngeminwe emibili egcotshwe nge-lubricant ayithole edroweni. Wangena iminwe kancane, eyihlukanisa, eyivala, ecubungula izindonga ezibuhlungu ngaphakathi.

“Kuyathokozisa?” wabuza.

“Yebo… futhi cha…” waphefumula uLerato, ubuso bufihliwe kumcamelo. “Qhubeka…”

Waqhubeka isikhathi eside. Wengeza umunwe wesithathu. Wawaphendula, wawagoba, wathola amaphuzu okwenza uLerato akhale. Wabe esekhipha iminwe wangena okwesithathu ngepipi lakhe, kancane kakhulu, ocishe waba uthando, ngesikhathi egoba ukuze amange umhlane futhi akhulume phansi kuye.

“Uyinto enhle kakhulu engake ngayibamba. Noma uthuthumela. Noma ubuhlungu. Ikakhulukazi khona-ke.”

ULerato wayekhala kancane manje, ngenxa yenjabulo, ngenxa yemizwa eminingi kakhulu, nangenxa yendlela ubuhlungu nobumnene obuhlangene ngaphakathi kuye. UThabo wamthatha kwaze kwaba yilapho ephuma okokugcina, kuncane kakhulu, kodwa ngokujulile, embamba kuye.

Ngemva, bahlala behlangene, ipipi likaThabo lisangene nengxenye ngaphakathi kuye, liphola kancane. ULerato wadweba imibuthano engekho esifubeni sakhe esibanzi.

“Angazi ukuthi ngizokwazi yini ukuhamba kahle namuhla,” ehleba nokuhleka okuncane okukhathala.

UThabo wamamatheka ezinweleni zakhe. “Kulungile. Ngifuna uzwe ipipi lami lisengaphakathi kuwe uma wenza i-live yakho kusihlwa. Ngifuna uhlale kancane ngokucophelela. Futhi ucabange ngami.”

Waphakamisa ikhanda wamanga.

“Ngizocabanga ngawe,” wathembisa. “Ngaso sonke isikhathi.”

Ngaphandle, iCape Town yayivuka ngempela. Ngaphakathi, uLerato wagcina amehlo evaliwe isikhashana, umzimba usinda, isibunu sishaya kancane ngesigqi senhliziyo yakhe, egcwele ubumnene nobuhlungu uThabo amnikeze kona.

Wayesazi kakade ukuthi uzofuna ukuqala futhi. Maduze. Maduze kakhulu.

Ubudlelwano babusanda kuqala.







.

(Ar) مرحبا بكم على هذه المدونة

 . . أهلاً بكم في ملاذي الأدبي يسعدني حقاً أن أرحب بكم هنا. سواءً أكان وصولكم بدافع الفضول، أو مصادفةً من خلال رابط مشترك، أو بدافع حب الكل...