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Elara: (3) Le Printemps de la Chair
Le soleil d’avril entrait en biais par la grande fenêtre de l’atelier, dessinant des rectangles dorés sur le parquet usé. L’air sentait le lilas qui fleurissait dans la cour intérieure et le bois chaud des étagères. Elara était seule depuis le début de l’après-midi. Julien était parti livrer une montre restaurée dans le 16e et ne rentrerait pas avant le soir. Elle avait rangé ses outils, essuyé l’établi, puis était montée dans l’appartement au-dessus, le pull de lin clair collé à sa peau par la douceur du jour.
Elle s’était assise sur le canapé, les jambes repliées sous elle, et avait ouvert son ordinateur sans trop savoir pourquoi. Une recommandation était apparue. Un film. Elle avait cliqué, d’abord par curiosité, puis elle n’avait plus quitté l’écran.
Sur la vidéo, une femme un peu plus jeune qu’elle, au corps plein, se faisait prendre lentement par un homme qui la regardait comme si elle était la seule chose au monde. La caméra s’attardait sur la façon dont les seins de la femme bougeaient, sur le ventre souple, sur les cuisses qui s’écartaient, sur le visage qui se détendait dans le plaisir. Elara sentit une chaleur monter entre ses jambes, lente et insistante. Elle croisa les cuisses, puis les décroisa. Sa main glissa sous le pull, trouva le bord de son soutien-gorge, puis la peau chaude de son sein. Elle se toucha un moment, distraitement, pendant que la femme à l’écran jouissait avec un gémissement grave.
Quand la vidéo se termina, Elara resta immobile, le souffle un peu court. Elle ferma l’ordinateur, se leva, marcha jusqu’à la fenêtre. Dehors, les arbres de la cour étaient couverts de jeunes feuilles. Elle sentait encore le désir dans son bas-ventre, une humidité qui avait imbibé sa culotte. Elle n’avait jamais regardé ce genre de film. Pas vraiment. Depuis qu’elle était avec Julien, le sexe était tendre, profond, parfois urgent, mais toujours dans le cadre de ce qu’ils connaissaient. Là, quelque chose s’était ouvert. Une envie plus large, plus curieuse.
Elle entendit la porte de l’atelier s’ouvrir en bas. Les pas de Julien sur l’escalier. Elle ne bougea pas. Quand il entra dans le salon, elle était toujours près de la fenêtre, le pull légèrement déformé par la main qu’elle avait glissée dessous.
Il s’arrêta. « Tout va bien ? »
Elara se tourna vers lui. Ses lunettes avaient glissé un peu. Ses joues étaient roses. « J’ai regardé quelque chose », dit-elle simplement.
Julien posa son sac, s’approcha. « Quel genre de quelque chose ? »
Elle hésita une seconde, puis sourit, un sourire un peu insolent qu’il ne lui connaissait pas. « Un film. Un film où les gens se touchent. Beaucoup. »
Il la regarda, les sourcils légèrement levés, puis un demi-sourire apparut. « Et ça t’a plu. »
« Oui. » Elle s’approcha de lui, posa les mains à plat sur sa poitrine. « Ça m’a donné envie de toi. Différemment. »
Julien passa un bras autour de sa taille. « Différemment comment ? »
Elara se haussa sur la pointe des pieds et l’embrassa. Le baiser fut plus affamé que d’habitude. Sa langue chercha la sienne, ses seins s’écrasèrent contre lui. Elle prit une de ses mains et la glissa sous son pull, directement sur sa peau nue, sur le poids chaud de son sein. « Comme ça », murmura-t-elle contre sa bouche. « Sans attendre. Sans être sage. »
Julien ne répondit pas par des mots. Il la souleva presque et l’entraîna vers la chambre. La lumière de fin d’après-midi entrait à flots, dorée, sans pudeur. Elara s’assit au bord du lit et le regarda se déshabiller. Elle aimait le voir ainsi, sans précipitation, le torse large, les bras solides, le sexe déjà dur quand il retira son pantalon. Elle retira son pull d’un seul geste. Ses seins lourds se libérèrent, les mamelons rosés déjà durs. Elle ouvrit son jean et le fit glisser le long de ses hanches, emportant la culotte avec. Nue, elle s’allongea en travers du lit, les cuisses légèrement ouvertes, et le regarda.
« Viens me regarder », dit-elle.
Julien s’agenouilla entre ses jambes. Ses mains remontèrent le long de ses cuisses charnues, s’attardèrent sur le creux de l’aine, puis écartèrent doucement ses lèvres. Il la regarda un long moment, le visage sérieux, presque studieux. Puis il pencha la tête et posa sa bouche sur elle.
Elara poussa un soupir long. La langue de Julien était chaude, précise. Il léchait lentement, de bas en haut, s’attardait sur son clitoris, le suçotait, y traçait des cercles. Une de ses mains remontait pour prendre un sein, le pétrir, rouler le mamelon entre ses doigts. Elara cambra le dos, une main dans les cheveux de Julien, l’autre agrippant le drap. Elle se sentait observée, exposée, et cela l’excitait davantage. Elle poussa son bassin vers sa bouche, lui demandant plus. Il glissa deux doigts en elle, les courba, et continua de la lécher jusqu’à ce qu’elle jouisse avec un cri rauque, les cuisses tremblantes de chaque côté de sa tête.
Elle n’eut pas le temps de redescendre. Julien se releva, s’allongea sur elle, et entra d’un seul mouvement. Elara gémit, les jambes s’enroulant autour de ses reins. Il la prit profondément, régulièrement, les yeux fixés sur son visage. Ses seins bougeaient à chaque coup de hanches. Il se pencha et en prit un dans sa bouche, le suçotant pendant qu’il continua de la pénétrer. Elara sentait chaque centimètre de lui, la façon dont il frottait contre l’endroit sensible à l’intérieur d’elle. Elle jouit une deuxième fois, plus sèche, plus intense, en se contractant autour de lui.
Julien ralentit, se retira presque, puis poussa à nouveau, très lentement. « Tu veux autre chose », dit-il contre sa tempe. Ce n’était pas une question.
Elara hocha la tête. « Oui. »
Il se retira complètement, se mit sur le dos, et l’attira à lui. Elle le chevaucha, le guidant en elle, et s’abaissa jusqu’à le sentir tout au fond. Elle posa les mains sur son torse et commença à bouger, d’abord lentement, savourant la sensation. Ses seins se balançaient devant le visage de Julien. Il les prit à deux mains, les pressa l’un contre l’autre, lécha les mamelons quand elle se penchait. Elara accéléra, cherchant son propre rythme, le frottement de son clitoris contre son pubis. Elle jouit ainsi, en le regardant, la bouche ouverte, un gémissement continu sortant de sa gorge.
Elle ne s’arrêta pas. Elle continua de le chevaucher, plus vite, jusqu’à ce que Julien la tienne par les hanches et la retourne. Il la mit à quatre pattes, s’agenouilla derrière elle, et la pénétra d’un coup. Elara poussa un cri. Ses seins pendaient, lourds, et balançaient à chaque mouvement. Julien les prit en main par en dessous, les caressa, pinça les mamelons pendant qu’il la prenait fort. Une de ses mains glissa entre ses jambes et frotta son clitoris. Elara s’effondra presque en avant, le visage dans le matelas, les fesses relevées. Elle jouit encore, longuement, en gémissant son nom.
Julien se retira avant de jouir. Elara se retourna, le regarda, et comprit. Elle s’assit, le prit dans sa main, puis dans sa bouche. Elle n’avait jamais été très à l’aise avec ça auparavant. Ce soir, elle le voulait. Elle le suçota lentement, la langue tournant autour du gland, une main autour de la base, l’autre caressant ses couilles. Julien gémissait, une main dans ses cheveux. Quand il prévint qu’il allait jouir, elle ne se retira pas. Elle le garda dans sa bouche et avala, les yeux levés vers lui.
Ils restèrent un moment ainsi, le souffle court. Puis Julien l’attira contre lui, l’embrassa, goûta le mélange de leurs corps. « Tu es différente ce soir », murmura-t-il.
« J’ai envie d’explorer », répondit-elle. « Avec toi. Tout. »
Ils se levèrent, allèrent sous la douche. L’eau chaude coulait sur leurs peaux. Julien savonna longuement le corps d’Elara, s’attardant sur ses seins, son ventre, entre ses cuisses. Elle le savonna à son tour, le prit en main sous le jet, le caressa jusqu’à ce qu’il soit à nouveau dur. Elle se tourna face au mur, les mains à plat sur le carrelage, et lui offrit son dos. Il entra en elle sous l’eau, une main sur son sein, l’autre entre ses jambes. Ils bougèrent lentement, le bruit de l’eau couvrant leurs souffles. Elara jouit en silence, la tête renversée contre l’épaule de Julien.
Le soir, ils dînèrent en peignoir, sur le canapé, les fenêtres ouvertes sur la douceur du printemps. Elara avait encore le corps sensible, chaque mouvement de tissu sur sa peau lui rappelait ce qu’ils avaient fait. Après le repas, elle se colla contre lui, prit sa main et la posa entre ses cuisses. « Encore », dit-elle simplement.
Julien sourit. Il la fit s’allonger, écarta le peignoir, et la caressa longuement avec les doigts, puis avec la bouche. Il prit son temps, la faisant monter très haut, la laissant redescendre un peu, puis la ramenant au bord. Quand elle supplia, il entra en elle, face à face, les yeux dans les yeux. Ils bougèrent ensemble, sans précipitation, comme s’ils avaient toute la nuit. Elara sentait chaque poussée résonner dans tout son corps. Elle jouit en le tenant fort, les ongles dans son dos, et lui la suivit quelques secondes plus tard, s’enfonçant profondément et restant collé à elle.
Ils s’endormirent ainsi, enlacés, la fenêtre ouverte sur les bruits de Paris au printemps.
Le lendemain, Elara se réveilla la première. Julien dormait encore, un bras jeté sur sa taille. Elle le regarda un moment, puis glissa vers le bas du lit. Elle prit son sexe encore mou dans sa bouche, le caressa avec la langue jusqu’à ce qu’il durcisse. Julien s’éveilla en gémissant. Elle continua, lentement, profondément, jusqu’à ce qu’il vienne dans sa bouche. Ensuite, elle remonta et s’allongea contre lui.
« Bonjour », dit-elle.
Il rit, un rire grave, et l’embrassa. « Tu as décidé de tout essayer d’un coup. »
« J’ai le temps », répondit-elle. « On est mariés. »
Dans la journée, entre deux clients, ils s’enfermèrent dans l’arrière-boutique. Elara s’assit sur l’établi, releva sa jupe, écarta sa culotte. Julien s’agenouilla et la lécha jusqu’à ce qu’elle jouisse, une main sur sa bouche pour étouffer le cri. Plus tard, elle le prit dans le bureau, à genoux sous le bureau pendant qu’il essayait de répondre à un mail. Il n’y arriva pas.
Le soir, ils allèrent se promener dans le Marais. L’air était doux, les terrasses bondées. Elara portait une robe légère qui collait à sa poitrine et laissait voir la courbe de ses hanches. Julien ne cessait de la toucher : une main dans le bas de son dos, des doigts qui frôlaient sa cuisse sous la table au restaurant. En rentrant, ils n’allèrent même pas jusqu’à la chambre. Dans l’escalier, Julien la poussa contre le mur, releva sa robe, baissa sa culotte et la pénétra debout. Elara enroula une jambe autour de lui, gémit dans son cou. Ils jouirent ainsi, pressés l’un contre l’autre, le cœur battant.
Dans les jours qui suivirent, Elara continua d’explorer. Elle regarda d’autres films, parfois avec Julien, parfois seule. Elle lui montrait ce qui l’excitait, lui demandait d’essayer. Une après-midi, elle se attacha les poignets au lit avec une de ses cravates et le laissa la toucher partout, la faire jouir plusieurs fois avant de la prendre. Une autre fois, elle le chevaucha à l’envers, lui offrant le spectacle de son dos, de ses fesses, de la façon dont il disparaissait en elle. Elle apprit à aimer le goût de lui dans sa bouche, la sensation d’être prise par-derrière, la façon dont ses seins bougeaient quand elle était à quatre pattes.
Un soir, alors qu’ils étaient allongés dans le noir, Elara dit :
« Avant, j’avais peur de mon corps. De ce qu’il voulait. Maintenant, je veux tout. »
Julien caressa son ventre, ses seins, le creux entre ses cuisses. « Alors on prendra tout. Lentement. Ou vite. Comme tu voudras. »
Elle se tourna vers lui, l’embrassa, et glissa une jambe par-dessus la sienne. Elle le guida en elle et se mit à bouger, très lentement. La lumière du lampadaire de la rue entrait par la fenêtre ouverte. On entendait des rires au loin, une musique. Elara le regardait pendant qu’elle le prenait, les yeux brillants derrière ses lunettes qu’elle n’avait pas ôtées. Elle jouit ainsi, en silence, en le serrant en elle, et resta immobile longtemps après, le sentant encore dur à l’intérieur.
Le printemps s’installait. Les journées s’allongeaient. L’atelier sentait le bois et le lilas. Elara travaillait, riait, se laissait toucher, initiait. Son corps, qu’elle avait longtemps regardé avec méfiance, était devenu un territoire de plaisir qu’elle offrait et réclamait. Julien la suivait, parfois la guidait, toujours présent.
Une après-midi particulièrement chaude, ils fermèrent l’atelier plus tôt. Elara s’allongea nue sur le canapé du salon, les jambes ouvertes, et regarda Julien la toucher. Il utilisa ses doigts, sa bouche, puis un petit vibromasseur qu’ils avaient acheté ensemble la veille. Elara gémissait sans retenue, le corps arché, les seins offerts. Quand elle fut au bord, il l’enleva et la pénétra, la faisant jouir autour de lui. Ensuite, il se retira, se mit à genoux près de son visage, et elle le prit dans sa bouche jusqu’au bout.
Ils se lavèrent, se rhabillèrent, et sortirent dîner. Dans la rue, Elara marchait près de lui, la main dans la sienne, le corps encore sensible. Elle se sentait vivante, présente, entière. Le désir n’était plus quelque chose qu’elle subissait ou qu’elle cachait. C’était une langue qu’elle apprenait à parler, avec Julien, dans la lumière du printemps.
Le soir, rentrés, ils firent l’amour une dernière fois, très lentement, face à face. Elara caressait le visage de Julien pendant qu’il bougeait en elle. Elle sentait monter en elle quelque chose de plus large que le plaisir : une gratitude, une liberté. Quand elle jouit, ce fut avec des larmes aux yeux, des larmes qu’il embrassa.
Après, allongés dans le noir, la fenêtre ouverte sur la nuit douce, Elara murmura :
« Je ne savais pas que le mariage pouvait être ça. »
Julien sourit contre sa tempe. « Moi non plus. »
Elle se colla davantage, une cuisse entre les siennes, un sein écrasé contre son torse. Dehors, Paris respirait le printemps. Dedans, leurs corps se reconnaissaient encore, encore, encore.
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