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Possédé par le Patron (novella)

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Possédé par le Patron





Chapitre Premier : L'Invisible

Je m'appelle Julián, et ma vie est une blague que l'univers raconte à ses propres dépens.

À vingt-sept ans, je n'ai rien accompli qui mérite d'être mentionné. Mon appartement est une boîte à chaussures au troisième étage sans ascenseur, dans un immeuble qui sent le moisi et les souvenirs brisés. Les murs sont si minces que j'entends mon voisin tousser, ma voisine pleurer, et le couple du dessous se disputer chaque soir à propos de choses que je préfère ignorer.

Carla, ma copine, partage cet espace exigu avec moi, bien que "partager" soit un terme généreux. Elle occupe l'espace comme une armée d'occupation. Ses affaires débordent de l'armoire, ses magazines s'accumulent sur la table basse, ses critiques remplissent chaque silence.

« Julián, tu pourrais au moins ranger tes chaussures. »

« Julián, tu as encore oublié d'acheter du pain. »

« Julián, pourquoi tu ne peux pas être comme les autres hommes ? »

Cette dernière question résonne en moi comme un glas. Pourquoi je ne peux pas être comme les autres hommes ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Il y a quelque chose en moi de fondamentalement défectueux, une pièce manquante dans l'engrenage de la virilité.

Je travaille dans une agence de communication où je suis un fantôme. Mon bureau est dans un coin, tourné vers le mur, comme si même l'open-space voulait m'oublier. Mes collègues passent devant moi sans me voir. Mes supérieurs oublient mon nom. Je suis l'employé qu'on ne remarque que quand quelque chose ne va pas, et encore, c'est rare.

Ce matin-là, je suis assis devant mon écran, les yeux fixés sur un rapport que je ne lis pas. Les chiffres dansent, se brouillent. Ma tête est ailleurs. Elle est toujours ailleurs, dans ce paysage intérieur où je suis quelqu'un d'autre. Où je suis fort. Où je suis désiré. Où je suis...

« Julián. »

La voix me fait sursauter. Je lève les yeux.

Gustave se tient devant mon bureau. C'est la première fois qu'il vient jusqu'ici. D'habitude, il m'appelle par interphone, ou il envoie un assistant. Mais là, il est là, en personne, son ombre tombant sur moi comme un linceul.

Il est immense. Je l'avais oublié, ou peut-être que je ne veux pas me souvenir. Ses épaules sont larges, sa mâchoire est taillée à la serpe, ses cheveux noirs sont coiffés en arrière avec une précision chirurgicale. Ses yeux sont d'un bleu si clair qu'ils en sont presque transparents, et ils me transpercent comme des lames.

« Mon bureau. Tout de suite. »

Il ne dit pas "s'il vous plaît". Il ne demande pas. Il ordonne. Il se retourne et s'éloigne, sa démarche souple et assurée, celle d'un prédateur qui sait que sa proie ne peut pas s'enfuir.

Autour de moi, les chuchotements fusent. Qu'est-ce qu'il a fait ? Pourquoi le patron le convoque ? Il va se faire virer ? Je ne réponds pas. Je ne peux pas. Mes jambes sont en coton, ma bouche est sèche, mon cœur cogne si fort que je l'entends battre dans mes oreilles.

Je me lève. Je marche. Chaque pas est un effort, chaque mètre est une éternité. La porte en verre du bureau de Gustave se profile devant moi comme la gueule d'un dragon. Je frappe.

« Entre. »

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Chapitre Deux : Le Prédateur

Le bureau de Gustave est un sanctuaire de pouvoir. La baie vitrée offre une vue imprenable sur la ville, les buildings qui s'élèvent vers un ciel gris, les voitures qui grouillent en contrebas comme des insectes affairés. Le bureau en acajou est massif, imposant, couvert de dossiers parfaitement alignés. Les fauteuils en cuir noir sont si profonds qu'on s'y enfonce comme dans un piège.

Gustave est assis derrière son bureau, les doigts croisés, son regard fixé sur moi. Je reste debout devant lui, comme un écolier convoqué chez le directeur. Je ne sais pas où poser mes mains. Je les froisse dans mes poches, puis je les retire, puis je les croise, puis je les décroise.

« Assieds-toi, Julián. »

Sa voix est grave, posée. Pas de colère. Pas d'émotion. Juste une certitude tranquille, celle d'un homme qui n'a jamais eu à douter de lui-même.

Je m'assieds. Le cuir grince sous moi. Je suis trop petit pour ce fauteuil. Je suis trop petit pour cette pièce. Je suis trop petit pour lui.

Il me regarde longuement. Je sens son regard glisser sur mon visage, mes épaules, mes mains nerveuses. Il prend son temps, comme s'il évaluait un cheval à l'achat.

« Tu sais pourquoi tu es là ? »

Je secoue la tête. Ma voix ne sort pas.

Il se penche en avant. Ses yeux bleus s'intensifient. « Je t'ai entendu. »

Mon sang se glace. Mes doigts s'agrippent aux accoudoirs du fauteuil. « Entendu... quoi ? »

« Le soir. Quand tu restes tard. » Il sourit, un sourire lent et cruel. « Tu penses que tu es seul, n'est-ce pas ? Tu penses que personne ne te voit. Mais je suis là, Julián. Je suis toujours là. »

Mon cœur s'arrête. Puis il repart, plus vite, comme un cheval emballé. Les soirs où je reste tard, je parle tout seul. Je murmure mes fantasmes. Je laisse échapper les mots que je n'ose jamais dire à voix haute.

« Je t'ai entendu parler de tes rêves, » poursuit-il. « De tes désirs. De ta... faiblesse. »

La honte m'envahit comme une marée. Mes joues brûlent. Je veux m'enfoncer dans le sol, disparaître, me volatiliser. Il a tout entendu. Mes secrets les plus obscurs, mes fantasmes les plus humiliants.

« Julián, » dit-il, sa voix devenant douce comme une caresse, « tu n'es pas fait pour être un homme. »

Les mots résonnent en moi comme une vérité que j'ai toujours sue mais jamais acceptée. Je veux protester. Je veux me lever et partir. Mais mes jambes ne m'obéissent pas. Mon corps est figé, prisonnier de son regard.

« Regarde-toi, » continue-t-il. « Tu es faible. Tu es mou. Tu passes ta vie à espérer qu'on te remarque, qu'on te sauve. Mais personne ne va te sauver, Julián. Personne ne te sauvera de toi-même. »

Il se lève. Il contourne le bureau. Chaque pas est mesuré, délibéré. Il s'arrête devant moi. Je dois lever les yeux pour le voir. Il est si grand. Si puissant.

« Les hommes comme toi, » dit-il, sa main se posant sur mon épaule, « ne sont pas faits pour être des hommes. Vous êtes faits pour servir. Pour obéir. Pour être façonnés. »

Sa main est lourde, chaude. Elle pèse sur moi comme une promesse. Je sens la chaleur de sa paume à travers ma chemise.

« Tu veux ça, n'est-ce pas ? Tu veux que quelqu'un te prenne en main. Que quelqu'un te brise. Que quelqu'un te reconstruise. »

Je veux dire non. Les mots sont sur ma langue, prêts à sortir. Mais ils se coincent dans ma gorge, et un autre mot les remplace. Un mot que je n'ai jamais dit à voix haute.

« Oui. »

Le sourire de Gustave s'élargit. Un sourire de loup. « Alors commençons. »

Il se penche. Sa main attrape ma nuque, ferme, impérieuse. Il force ma tête en arrière. Et il m'embrasse.

Ce n'est pas un baiser doux. Ce n'est pas un baiser d'amoureux. C'est une prise de possession. Sa langue entre dans ma bouche comme s'il m'appartenait déjà. Je sens le goût de son café, de son assurance, de sa domination.

Je devrais le repousser. Je devrais crier. Je devrais me lever et m'enfuir.

Au lieu de ça, je gémis.

Quand il se retire, je suis essoufflé, les lèvres rouges et gonflées, le regard vide. Je n'ai jamais été embrassé comme ça. Carla m'embrasse comme une corvée, rapide, distraite. Gustave m'a embrassé comme un conquérant.

« La première leçon, » dit-il, sa voix calme et posée. « Tu ne dis plus jamais non. Tu dis oui. Tu dis merci. Tu dis s'il vous plaît. »

Il retourne à son bureau. Il s'assied. Il me regarde comme on regarde un animal qu'on vient de dompter.

« Maintenant, lève-toi. Mets-toi à genoux. »

Je ne réfléchis pas. Mes jambes bougent toutes seules. Je tombe à genoux devant lui, mes mains sur mes cuisses, ma tête baissée.

« Ouvre la bouche. »

J'ouvre la bouche.

Il déboutonne son pantalon. Le bruit de la fermeture éclair déchire le silence. Je vois ses mains, grandes, fortes, s'affairer. Je vois ce qu'il dévoile.

Je ne ferme pas les yeux. Je ne peux pas. Je suis hypnotisé. Fasciné. Terrifié.

« Tu vas apprendre, Julián. » Sa voix est douce, presque tendre. « Tu vas apprendre à servir. Tu vas apprendre à obéir. Tu vas apprendre à aimer ce que tu es. »

Il guide ma tête vers lui. Et je sais, à ce moment précis, que ma vie ne sera plus jamais la même.

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Chapitre Trois : Les Règles

Cette nuit-là, je ne dors pas.

Je suis allongé dans mon lit, Carla dormant à côté de moi, son souffle régulier, son corps tourné vers le mur. Je fixe le plafond, les yeux grands ouverts, revivant chaque instant de ma journée. Le regard de Gustave. Sa main sur ma nuque. Son baiser. Son ordre.

Mes lèvres sont encore sensibles. Mon genou porte la marque du tapis. Ma bouche a un goût que je n'arrive pas à oublier.

Le lendemain, je reçois un message.

Règle n°1 : Tu ne portes plus de vêtements masculins chez toi. J'ai fait livrer une garde-robe. Elle arrive ce soir. Tu la porteras. Tous les soirs. Tu m'enverras une photo.

Règle n°2 : Tu apprends à te maquiller. Je veux que tu sois parfait. Je veux que tu te regardes dans le miroir et que tu ne voies plus un homme.

Règle n°3 : Tu coupes les ponts avec Carla. Elle ne mérite pas ce que tu vas devenir.

Règle n°4 : Tu m'appelles "Patron". Toujours.

Je relis le message cinq fois. Dix fois. Vingt fois. Chaque mot s'imprime dans ma mémoire comme un tatouage.

Je suis chez moi, ce soir. Carla est partie chez sa sœur pour le week-end. Je suis seul. Les colis sont arrivés dans l'après-midi, livrés en mains propres par un coursier silencieux. Je les ai posés sur mon lit, sans les ouvrir.

Maintenant, je les regarde.

Leurs formes sont élégantes, mystérieuses. Le papier kraft est lisse. Les rubans sont en soie. Je n'ai jamais reçu de colis aussi sophistiqués.

Je déchire le premier.

Une robe. Noire, en soie, longue, avec des manches en dentelle. Je la soulève, la sens entre mes doigts. Elle est légère, fluide, presque transparente.

Le deuxième colis contient des sous-vêtements. De la lingerie fine. Des culottes en soie, des bas résille, un corset. Je touche les tissus, ému par leur douceur. Ma peau n'a jamais connu que du coton rugueux et des chemises de travail.

Le troisième contient des chaussures. Des talons hauts. Des escarpins en cuir noir. Des chaussures à brides.

Le quatrième contient du maquillage. Des pots de fond de teint, des tubes de rouge à lèvres, des eye-liners, des ombres à paupières, des pinceaux de toutes tailles. Je les aligne sur la table, comme des soldats prêts au combat.

Je reste là, nu, devant le miroir de la salle de bain. La lumière est crue, impitoyable. Elle révèle tout. Mes côtes qui dépassent, mes épaules tombantes, ma poitrine plate. Rien ne va. Rien n'est à sa place.

Ma main tremble quand je prends la culotte en soie noire. Je l'enfile. La soie glisse sur ma peau, douce, interdite. Je ferme les yeux. La sensation est étrange, comme une caresse électrique.

Puis la jupe. Courte, elle s'arrête à mi-cuisse. Mes jambes sont nues, pâles, fines. Je les regarde dans le miroir. Ce n'est pas un homme. C'est... autre chose.

Le corset. Je le serre, ajuste les lacets. Il comprime ma taille, souligne mes hanches. Je ressemble presque à une femme. Presque.

La chemise en dentelle. Transparente, elle laisse voir mes tétons durcis par le froid et l'émotion. Je passe mes doigts dessus. La sensation est étrange, troublante.

Les bas. Résille noire, ils montent jusqu'à mes cuisses. Je les attache aux jarretelles. Le tissu serre ma peau, sculpte mes jambes.

Les talons. Je les enfile, hésitant, maladroit. Je me tiens au mur pour ne pas tomber. Le poids de mon corps bascule, mes mollets se tendent. Je me redresse. Je suis plus grand, plus élancé.

Maintenant, le maquillage. J'ai regardé des tutoriels en cachette, tard la nuit, quand Carla dormait. Je sais comment faire. Je sais ce qu'il faut.

Fond de teint. Anti-cernes. Je camoufle mes imperfections, mes cernes, mes rides naissantes. Ma peau devient lisse, uniforme, parfaite.

L'eye-liner. Mes mains tremblent, mais je trace le trait. Noir, précis, il allonge mon regard, le rend plus intense. Mes yeux marron semblent plus grands, plus expressifs.

Les ombres. Je les estompe sur mes paupières. Un dégradé de gris et de noir qui donne de la profondeur à mon regard.

Le mascara. Mes cils s'allongent, s'épaississent, s'assombrissent.

Le rouge à lèvres. Cramoisi, violent, il colore ma bouche. Mes lèvres sont plus pleines, plus pulpeuses. Je les entrouvre, les regarde dans le miroir.

Je recule. Je contemple le reflet.

Ce n'est plus Julián.

C'est une créature étrange, androgyne, perdue entre deux mondes. Mon visage est celui d'un homme, mais maquillé, il devient presque beau. Mon corps est celui d'un homme, mais vêtu de dentelle et de soie, il devient presque désirable.

Je prends mon téléphone. Mes doigts tremblent. Je prends une photo, une seule. Je l'envoie à Gustave.

La réponse arrive en une seconde.

Bien. Très bien. Demain, tu viens au bureau comme ça. Sous ta tenue de travail. Tu gardes la lingerie. Tu gardes les bas. Tu gardes le corset. Et le soir, tu restes. J'ai des choses à te montrer.

Mon cœur s'emballe. Mon ventre se serre.

Je suis terrifié.

Je suis excité.

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Chapitre Quatre : Le Bureau

Le lendemain, je porte la culotte en soie sous mon costume. Les dentelles grattent contre ma peau. Chaque pas me rappelle ce que je suis devenu. Les bas résille sont cachés sous mon pantalon, mais je les sens, ils serrent mes jambes, me rappellent que je ne suis plus un homme ordinaire.

Toute la journée, je suis assis à mon bureau, les jambes croisées, le visage impassible. Mes collègues ne voient rien. Ils ne savent pas. Ils ne peuvent pas savoir.

Mais je sais, moi. Je sais que mes ongles sont vernis d'un rose pâle sous mes gants. Je sais que mes tétons sont durcis contre la dentelle de ma chemise. Je sais que je porte des bas résille sous mon pantalon de costume.

Je suis un secret ambulant.

Gustave me regarde, de loin. Je sens son regard sur moi comme une brûlure. Il sourit. Un sourire de propriétaire. Il sait.

Le soir, alors que tout le monde est parti, il me fait signe.

Je me lève. Je marche vers son bureau. Mes jambes tremblent. Chaque pas est un effort. La porte en verre s'ouvre devant moi. J'entre.

La pièce est différente, ce soir. Des bougies. Des dizaines de bougies, alignées sur les étagères, le bureau, le sol. Leur lumière danse sur les murs, crée des ombres mouvantes. Un grand miroir a été installé au centre de la pièce. Et un fauteuil, un simple fauteuil en bois, est posé devant.

« Enlève ton costume, » ordonne Gustave. « Lentement. Je veux voir. »

Mes mains tremblent. Je déboutonne ma veste. Elle tombe à mes pieds. Je dénoue ma cravate. Je défais les boutons de ma chemise, un par un. La dentelle apparaît, noire et provocante, ma peau pâle à travers. Je laisse tomber la chemise.

Le pantalon. Je déboutonne la ceinture. Je le laisse glisser sur mes hanches. Les bas résille apparaissent. La culotte en soie. Le corset.

Je suis en lingerie devant lui, nue, vulnérable.

Il s'approche. Il fait le tour de moi. Sa main effleure mon dos, descend le long de ma colonne vertébrale. Ses doigts tracent des cercles sur mes hanches, s'attardent sur mes fesses. Je tremble sous son toucher.

« Tu es magnifique, » murmure-t-il.

Il me pousse vers le fauteuil. « Assieds-toi. Regarde-toi. »

Je m'assieds. Je regarde mon reflet dans le miroir. Mes jambes en bas résille sont croisées, élégantes. Mon corps en lingerie est sculpté, transformé. Mon visage maquillé est presque beau.

« Tu vois ce que je vois ? » dit Gustave derrière moi. « Un être faible. Un être qui a besoin d'être guidé. Un être qui a trouvé sa place. »

Sa main descend le long de ma poitrine, effleure mes tétons durcis. Je gémis. La sensation est électrique.

« Tu vas apprendre à aimer ça, Julián. » Il sourit. « Ou plutôt... je vais t'apprendre à aimer ça. »

Il me fait lever. Il me tourne face au miroir. Il se place derrière moi, ses mains sur mes hanches. Nos reflets s'entrelacent dans le miroir. Lui, grand, puissant, costaud. Moi, petit, fragile, transformé.

« Regarde, » murmure-t-il. « Regarde comme tu es beau quand tu es soumis. »

Il m'embrasse dans le cou. Sa bouche est chaude, humide. Elle descend le long de ma colonne vertébrale, dépose des baisers sur ma nuque, mes omoplates, mon dos. Je frissonne. Je suis en feu.

Ses doigts trouvent la culotte. Il l'écarte. Je sens sa main sur ma peau, explorant, caressant. Ses doigts me pénètrent lentement, doucement, inexorablement.

« Dis-moi ce que tu veux, » murmure-t-il.

« Je... je... » Ma voix se brise. Les mots sont coincés dans ma gorge.

« Dis-le. »

« Je veux que vous me preniez, » soufflé-je. « Je veux être à vous. Totalement. »

Il rit. Un rire grave, satisfait. « Alors tu l'auras. »

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Chapitre Cinq : L'Initiation

Cette nuit-là, je ne rentre pas chez moi.

Je reste dans le bureau de Gustave, à genoux sur le tapis, mes mains liées derrière le dos, ma tête entre ses mains. Il m'apprend à servir. Il m'apprend à obéir. Il m'apprend à aimer la douleur mêlée au plaisir.

« La première fois, ça fait mal, » dit-il, ses doigts me pénétrant, explorant, préparant. « Mais tu vas t'habituer. Tu vas apprendre à aimer ça. »

Je suis à quatre pattes, les fesses en l'air, le visage contre le tapis. Je sens ses doigts en moi, lents, précis, méthodiques. Il est patient, si patient. Il prend son temps, comme un artiste qui prépare sa toile.

« Tu es si serré, » murmure-t-il. « Si vierge. C'est parfait. »

Je gémis. La sensation est étrange, envahissante. Je n'ai jamais rien senti de pareil. Une douleur sourde, mêlée à une tension qui monte, qui monte, qui menace de me faire éclater.

Il ajoute un doigt. Puis un autre. Je crie, mais je ne veux pas qu'il s'arrête. Je veux qu'il continue. Je veux qu'il me remplisse.

« Dis-moi que tu es à moi, » ordonne-t-il.

« Je suis à vous, » haleté-je.

« Dis-moi que tu n'es plus un homme. »

« Je ne suis plus un homme. »

« Dis-moi ce que tu es. »

« Je suis... » Mes mots s'étranglent dans ma gorge. « Je suis votre... votre chose. »

Il rit. « Parfait. »

Il retire ses doigts. Je l'entends déboutonner son pantalon. Puis je sens son sexe à mon entrée, pressant, s'insinuant.

Il me pénètre. Lentement. Profondément. Et je crie.

Ce n'est pas une douleur pure. C'est une douleur mêlée de plaisir, de honte, de libération. Je suis brisé, ouvert, vulnérable. Et pour la première fois de ma vie, je me sens entier.

Il bouge en moi, ses mains sur mes hanches, son souffle dans mon cou. Il me prend comme on prend une chose, un objet, une possession. Il est puissant, il est grand, il est tout.

« Tu vois, » dit-il entre deux gémissements. « C'est là que tu appartiens. À genoux. À mes pieds. »

Je ne réponds pas. Je ne peux plus parler. Je suis perdu dans la sensation, dans la soumission, dans l'oubli. Je suis perdu en lui.

Il accélère. Ses hanches cognent contre les miennes. Chaque mouvement me remplit, m'ouvre, me défait. Je sens l'orgasme monter, une vague inévitable, dévastatrice.

« Viens, » ordonne-t-il. « Viens pour moi. »

Et je viens. Mon corps se contracte, tremble, explose. Le plaisir me traverse comme un éclair, m'arrache un cri que je n'ai jamais entendu de ma bouche.

Il jouit un instant plus tard. Je le sens. Un flot chaud en moi, une marque. Une preuve que je suis à lui.

Il reste un instant en moi, puis se retire. Je reste à genoux, tremblant, le corps en feu, le visage contre le tapis.

« Lève-toi, » dit-il.

Je me lève. Mes jambes tremblent. Je peine à rester debout.

« Nettoie-toi. Et demain, tu portes la robe que j'ai choisie pour toi. »

Je hoche la tête, incapable de parler.

« Et n'oublie pas : tu es à moi. Maintenant, pour toujours. »

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Chapitre Six : La Possession

Les semaines passent. Les jours se fondent en une brume de soumission.

Je suis devenu un autre homme. Non, pas un homme. Je suis devenu ce que Gustave a fait de moi. Sa chose, sa propriété, son jouet.

Je porte les robes qu'il choisit. Je porte le maquillage qu'il approuve. Je porte les bas, les corsets, les talons. Je suis sa poupée, sa marionnette, son objet.

Carla m'a quitté. Elle est rentrée un soir plus tôt que prévu, a trouvé les robes, a trouvé le maquillage, a trouvé la photo que j'avais oublié de cacher.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » a-t-elle crié, sa voix montant dans les aigus. « Qu'est-ce que tu fais, Julián ? Tu es un malade ? Tu es un... un... »

Elle n'a pas fini sa phrase. Elle a pris ses affaires et elle est partie. Je ne l'ai pas retenue. Je ne l'ai pas suivie. Je suis resté là, en robe, à la regarder disparaître dans la nuit.

Je ne la regrette pas.

Je ne regrette rien.

Chaque soir, je vais dans le bureau de Gustave. Il me déshabille, il me maquille, il me possède. Il me force à m'agenouiller, à supplier, à le remercier.

Et chaque fois, je le fais.

Parce que c'est là que je veux être. À genoux. Soumis. Possédé.

Parce que pour la première fois de ma vie, je ne suis pas invisible. Je suis vu. Je suis désiré.

Même si c'est pour être détruit.

Un soir, il me fait enfiler une robe de soirée noire, longue, fendue sur la cuisse. Des talons aiguilles. Un collier de perles autour du cou. Il me maquille lui-même, ses doigts précis, ses yeux concentrés.

« Parfait, » dit-il en reculant. « Absolument parfait. »

Il m'emmène dans le grand salon de son appartement. Il y a du monde. Des hommes en costumes, des femmes en robes. Une réception privée. Un dîner intime.

Je reste figé sur le seuil.

« Viens, Julián, » dit Gustave, tendant la main. « Mes invités veulent te rencontrer. »

Je m'avance. Mes talons claquent sur le marbre. Les regards se tournent vers moi. Des sourires entendus. Des murmures.

« Voici ma... protégée, » dit Gustave, posant une main possessive sur ma hanche. « Elle est parfaite, n'est-ce pas ? »

Les invités hochèrent la tête. L'un d'eux, un homme âgé à la barbe grise, s'approcha.

« Elle est magnifique, Gustave. Où l'as-tu trouvée ? »

« Dans la rue, » répondit-il. « Elle était perdue. Elle avait besoin d'être retrouvée. »

Je rougis. Je veux disparaître. Mais en même temps, je veux rester. Je veux être regardé. Je veux être désiré.

Gustave me fait asseoir sur ses genoux. Sa main glisse sous ma robe, caressant ma cuisse. Je sens ses doigts sur la dentelle de mes bas, remontant lentement.

« Montre-leur, » murmure-t-il. « Montre-leur ce que tu es. »

Je ferme les yeux. Et je m'abandonne.

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Chapitre Sept : La Soumission Totale

Les mois passent. Je ne suis plus Julián.

Je suis ce que Gustave a fait de moi. Une chose. Une poupée. Une possession.

Je porte ses vêtements. Je porte son maquillage. Je porte son nom, comme une marque au fer rouge. Je suis sa propriété.

Je n'ai plus d'appartement. Je vis chez lui, dans une chambre qu'il a aménagée pour moi. Une chambre de poupée, avec des miroirs partout, des penderies remplies de robes, des tiroirs pleins de lingerie.

Je me réveille chaque matin, je m'habille comme il le veut, je me maquille comme il l'ordonne. Je suis prêt à le servir à toute heure.

Parfois, il m'appelle au milieu de la nuit. Il me fait m'agenouiller, il me prend, il me possède. Je ne proteste pas. Je ne demande rien. Je reçois ce qu'il me donne.

« Tu es parfait, » me dit-il souvent. « Tu es exactement ce que j'ai voulu. »

Et je le crois. Parce que je suis parfait. Pour lui.

Mais parfois, la nuit, quand il dort, je me glisse hors du lit et je vais dans la salle de bain. Je me regarde dans le miroir. Je vois une créature androgyne, en lingerie fine, les lèvres rouges, les yeux cernés de noir.

Je ne sais plus qui je suis. Je ne sais plus si j'ai jamais su.

Mais ce que je sais, c'est que quand Gustave me touche, quand il me prend, quand il me possède, je me sens vivant.

Je suis son jouet. Son esclave. Sa chose.

Et c'est la seule chose qui compte.

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Épilogue : L'Éternité

Un an plus tard, je suis toujours là.

Je suis assis sur le lit de Gustave, vêtu d'une robe de soie blanche, les cheveux longs, le visage parfaitement maquillé. Je suis sa création. Son chef-d'œuvre.

Il entre dans la pièce, vêtu d'un costume sombre, son sourire habituel aux lèvres. Il s'approche du lit, me regarde avec cette lueur de possession dans les yeux.

« Ma belle, » dit-il en s'asseyant à côté de moi. « Ma chose. »

Il pose sa main sur ma nuque, me tire vers lui, m'embrasse. Je m'abandonne. Je suis toujours son.

« Tu es à moi, » murmure-t-il contre mes lèvres. « Pour toujours. »

« Pour toujours, » répété-je.

Je sais que je ne serai jamais libre. Je sais que je ne serai jamais moi-même. Je suis ce qu'il a fait de moi, et je le resterai.

Mais c'est tout ce que j'ai toujours voulu.

Je suis possédé. Je suis soumis. Je suis à lui.

Et c'est tout ce qui compte.

Fin.





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La Servante du Duc (novella)

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La Servante du Duc




Chapitre Premier : La Nouvelle Recrue

Le carrosse de la poste s'arrêta devant les grilles en fer forgé du domaine de Westbury, et Emily sentit son cœur s'emballer. Elle avait voyagé toute la journée depuis Londres, les os secoués par les cahots de la route, et voilà qu'elle se tenait devant la demeure la plus imposante qu'elle eût jamais vue.

Le château de Westbury se dressait au sommet d'une colline verdoyante, ses tours de pierre grise dominant le paysage comme un gardien ancestral. Des jardins à la française s'étendaient de chaque côté, et au loin, on apercevait les toits des écuries et des dépendances.

« Alors, tu es la nouvelle femme de chambre ? » demanda une voix derrière elle.

Emily se retourna. Une servante d'une trentaine d'années la regardait, un panier de linge sous le bras. Elle était ronde, avec des joues roses et un sourire chaleureux.

« Oui, » répondit Emily en s'inclinant légèrement. « Emily Turner. Je viens de Londres. »

« Bienvenue à Westbury, Emily. Je suis Betty, la femme de chambre de la duchesse. Suis-moi, je vais te montrer ta chambre. »

Emily suivit Betty à travers une cour pavée, puis par une porte de service qui menait à un long couloir. L'intérieur du château était encore plus impressionnant que l'extérieur : des tapisseries aux couleurs vives ornaient les murs, des bougies brûlaient dans des chandeliers d'argent, et l'odeur du bois ciré flottait dans l'air.

Mais ce qui frappa Emily, ce ne fut ni les tapisseries ni les chandeliers. Ce fut les femmes.

Elles étaient partout. Des servantes, des cuisinières, des filles de ferme. Et presque toutes étaient enceintes. Emily compta cinq ventres arrondis rien que dans le couloir principal. Une jeune femme passa près d'elle, un plateau à la main, son tablier tendu par une grossesse avancée. Une autre, plus âgée, portait un bébé dans ses bras et tenait la main d'un bambin.

Emily ralentit le pas, déconcertée. Elle avait travaillé dans plusieurs grandes maisons avant celle-ci, et elle n'avait jamais vu autant de servantes enceintes. C'était presque... systématique.

« Betty, » demanda-t-elle à voix basse, « est-ce que toutes les femmes ici sont... avec enfant ? »

Betty jeta un coup d'œil autour d'elle, puis sourit. « Pas toutes. Mais beaucoup, oui. » Elle baissa la voix. « Le duc a un penchant pour les servantes. Un penchant très... prononcé. »

Emily sentit ses joues s'empourprer. « Vous voulez dire qu'il... ? »

« Qu'il couche avec elles ? » Betty rit doucement. « Ma foi, oui. Et il est très généreux. Les filles qui portent son enfant reçoivent une dot, un logement, et une place assurée pour la vie. Certaines disent même qu'il leur offre un petit cottage à leur nom. »

Emily resta muette. Elle avait entendu des rumeurs, bien sûr, sur les nobles qui abusaient de leurs servantes. Mais jamais elle n'avait imaginé que cela pouvait se faire avec autant de... transparence.

Betty la conduisit à une petite chambre mansardée, propre et confortable, avec un lit, une commode, et une fenêtre donnant sur les jardins.

« Installe-toi, » dit Betty. « La duchesse te recevra demain matin. Pour l'instant, repose-toi. Tu en auras besoin. »

Emily posa sa valise et s'assit sur le bord du lit. Le silence de la campagne l'enveloppait, brisé seulement par le chant des oiseaux. Elle ferma les yeux, et l'image des servantes enceintes lui revint. Une sensation étrange, un tiraillement dans le bas-ventre, l'envahit. Elle chassa la pensée, mais elle savait qu'elle reviendrait.

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Chapitre Deux : Les Rumeurs du Couloir

Les premiers jours à Westbury furent un tourbillon de tâches et de nouvelles visages. Emily apprenait le métier de femme de chambre auprès de Betty, qui était patiente et d'une gentillesse qui la surprenait.

Mais ce qu'elle apprenait en dehors du travail était bien plus fascinant.

Les servantes parlaient entre elles. Dans la buanderie, à la cuisine, pendant les rares moments de répit. Et leurs conversations tournaient toujours autour du même sujet : le duc.

« Il est venu me voir la semaine dernière, » confia une jeune fille rousse, agenouillée devant un baquet de lessive. « Il est entré dans ma chambre sans frapper. Il avait l'air si... déterminé. Je n'ai pas osé refuser. »

« Et tu n'as pas regretté, hein ? » ricana une autre. « Je t'ai vue toucher ton ventre. Tu es déjà prise, pas vrai ? »

La rousse rougit mais ne nia pas. « Il m'a promis une maison. Une petite maison avec un jardin. Pour moi et le bébé. »

Emily écoutait, les mains plongées dans l'eau savonneuse, son cœur battant plus vite qu'il n'aurait dû. Elle essayait de ne pas imaginer la scène. Le duc entrant dans la chambre, son regard assuré, ses mains... Elle serra les poings. Non. Elle ne devait pas penser à ça.

Mais la nuit, dans son lit, les images revenaient. Elle imaginait la chambre, la lumière des bougies, le corps puissant du duc au-dessus d'elle. Elle imaginait ses mains sur sa peau, sa voix grave, son souffle chaud contre son cou. Et elle se surprenait à espérer, au fond d'elle-même, que ce serait son tour.

Une nuit, elle s'éveilla en sursaut, le corps brûlant, une main posée sur son ventre. Elle était trempée de sueur. Elle se leva, ouvrit la fenêtre, et respira l'air frais de la nuit. Mais rien ne calmait ce feu qui la consumait.

Elle voulait être comme les autres. Elle voulait être remplie, portée, récompensée. Elle voulait sentir le poids d'un enfant dans son ventre, la fierté d'avoir été choisie.

Le lendemain matin, elle prit une décision.

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Chapitre Trois : La Confession

La duchesse de Westbury était une femme d'une beauté froide, avec des cheveux noirs tirés en arrière et des yeux gris qui semblaient voir à travers les âmes. Elle trônait dans son boudoir, un ouvrage de broderie sur les genoux, quand Emily frappa à la porte.

« Entrez, » dit-elle d'une voix calme.

Emily entra, les mains tremblantes. Elle avait préparé son discours toute la nuit, mais maintenant qu'elle était devant la duchesse, les mots s'évanouissaient.

« Votre Grâce, » commença-t-elle, « je... j'ai quelque chose à vous confesser. »

La duchesse leva les yeux de sa broderie. « Oui ? »

« Je sais... je sais ce qui se passe ici. Avec les servantes. Je sais que le duc... » Emily avala sa salive. « Je sais qu'il les visite. »

La duchesse ne sourcilla pas. « Et cela te dérange ? »

« Non, » dit Emily, la voix brisée. « Au contraire, c'est... je veux dire... je... »

La duchesse posa sa broderie et l'observa attentivement. Ses yeux gris parcoururent le corps d'Emily, de la tête aux pieds, comme si elle évaluait une marchandise.

« Tu veux être la prochaine, » dit-elle, sans aucune ambiguïté. « C'est ça ? »

Emily sentit ses joues s'embraser. « Oui, Votre Grâce. Je... je ne peux pas m'en empêcher. Quand je vois les autres, avec leurs ventres ronds, la façon dont elles sourient... j'ai envie de ça. J'ai envie d'être comme elles. J'ai envie qu'il me prenne, qu'il me remplisse, qu'il me donne un enfant. »

Les mots jaillirent d'elle comme une cascade, et quand elle eut fini, elle était essoufflée, les larmes aux yeux.

La duchesse se leva. Elle s'approcha d'Emily et posa une main sur son épaule. Sa main était chaude, solide. « Ma chère enfant, » dit-elle, sa voix soudain plus douce, « tu n'as pas à avoir honte. Le désir est naturel. C'est notre corps qui parle, et il sait ce qu'il veut. »

Emily leva les yeux vers elle, surprise par cette bienveillance. « Vous... vous ne me méprisez pas ? »

« Mépriser ? » La duchesse rit, un rire clair et musical. « Mon mari a une nature puissante. Je le sais, je l'accepte, et je l'encourage. Les enfants qu'il sème dans les servantes sont des bénédictions pour ce domaine. Et le plaisir qu'il leur donne est un cadeau. Pourquoi le refuserais-je à une jeune femme qui le désire ? »

Emily la regarda, incrédule. La duchesse était sérieuse. Elle ne plaisantait pas.

« Mais, » poursuivit la duchesse, « il ne faut pas y aller comme une ingénue. Mon mari est un homme exigeant. Il aime les femmes qui savent ce qu'elles veulent, qui ne se laissent pas intimider par leur propre désir. Il faut te préparer. »

« Me préparer ? »

La duchesse sourit d'un sourire énigmatique. « Oui. Il te faut apprendre à connaître ton corps. À savoir ce qui te fait plaisir. À t'abandonner sans honte. » Elle prit Emily par la main. « Viens. Je vais t'enseigner. »

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Chapitre Quatre : L'Éducation de la Duchesse

La duchesse conduisit Emily dans une pièce qu'elle n'avait jamais vue. C'était une chambre secrète, accessible par un panneau dissimulé dans le boudoir. La pièce était tapissée de soie cramoisie, éclairée par des bougies parfumées. Un grand lit trônait au centre, couvert de draps de satin.

« Ici, » dit la duchesse, « personne ne nous entendra. Personne ne nous dérangera. »

Emily sentit son cœur battre à tout rompre. « Votre Grâce, je ne comprends pas... »

« Appelle-moi Eleanor, » dit la duchesse en dénouant les rubans de sa robe. « Et comprends ceci : pour savoir ce que tu veux, il faut d'abord que tu l'expérimentes. »

La robe d'Eleanor tomba à ses pieds. Elle était nue en dessous, ses courbes généreuses, sa peau pâle comme du lait, ses seins fermes et ronds. Emily n'avait jamais vu une autre femme nue. Elle ne savait pas où poser les yeux.

« Déshabille-toi, » dit Eleanor doucement.

Emily hésita. Puis, lentement, elle défit les boutons de sa robe, laissa tomber sa chemise. Elle se tenait devant la duchesse, nue, vulnérable, tremblante.

Eleanor s'approcha et posa ses mains sur les épaules d'Emily. Ses doigts étaient chauds, doux, et ils tracèrent des cercles sur sa peau.

« Tu es belle, » murmura-t-elle. « Si jeune, si fraîche. Les hommes vont t'adorer. »

Emily sentit une chaleur monter en elle, une chaleur étrange et puissante. Les mains d'Eleanor glissèrent le long de ses bras, de ses hanches, s'attardant sur ses seins. Emily laissa échapper un petit gémissement.

« Tu vois ? » dit Eleanor en souriant. « Ton corps aime ça. Écoute-le. »

Eleanor la poussa doucement vers le lit et l'allongea sur le satin. Puis elle s'allongea à côté d'elle, sa main caressant le ventre d'Emily, descendant lentement entre ses cuisses.

Emily ferma les yeux, les doigts s'enfonçant dans les draps. Elle sentit les doigts d'Eleanor explorer son intimité, la caresser là où personne ne l'avait jamais touchée. Un frisson la parcourut, puis un autre, plus fort.

« C'est bon, » murmura Eleanor. « Laisse-toi aller. »

Emily n'avait jamais ressenti cela. Une tension qui montait, qui montait, jusqu'à devenir presque insupportable. Ses hanches se soulevèrent d'elles-mêmes, cherchant plus de contact. Eleanor accéléra le mouvement, ses doigts plus pressants, plus experts.

Et Emily explosa. Un orgasme la traversa comme un éclair, la secouant tout entière, arrachant un cri de sa gorge. Elle trembla, s'agrippant à Eleanor, haletante, le corps parcouru de frissons.

Quand elle rouvrit les yeux, Eleanor la regardait avec un sourire satisfait.

« Bien, » dit-elle. « Très bien. Tu as appris vite. »

Emily resta allongée, le souffle court, les jambes tremblantes. Elle venait de découvrir quelque chose qu'elle n'avait jamais su exister. Quelque chose d'aussi puissant que la vie elle-même.

« Maintenant, » dit Eleanor en se levant, « tu es prête pour le duc. »

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Chapitre Cinq : La Visite du Duc

Le lendemain soir, Emily fut convoquée dans les appartements privés du duc. Elle avait passé la journée dans une angoisse délicieuse, son corps encore sensible au souvenir des caresses d'Eleanor.

Elle se tenait devant la porte massive, vêtue d'une robe simple que la duchesse avait fait livrer. La robe était légère, presque transparente, et elle laissait deviner chaque courbe de son corps.

Elle frappa.

« Entrez, » dit une voix grave à l'intérieur.

Emily poussa la porte et entra. La chambre du duc était immense, avec un lit à baldaquin qui semblait pouvoir accueillir une demi-douzaine de personnes. Le duc lui-même était assis dans un fauteuil près de la cheminée, un verre de brandy à la main.

Il était plus jeune qu'elle ne l'avait imaginé. La quarantaine, les cheveux châtains, le regard bleu intense. Son corps, même vêtu d'une simple chemise, était puissant : larges épaules, mains solides, poitrine musclée.

« Emily, » dit-il en se levant. « La duchesse m'a parlé de toi. Elle m'a dit que tu étais... désireuse. »

Emily sentit ses joues s'empourprer, mais elle ne baissa pas les yeux. « Oui, Votre Grâce. »

Il s'approcha d'elle, lentement, ses yeux bleus fixés sur les siens. Il s'arrêta à un pas d'elle, si près qu'elle sentait la chaleur de son corps.

« Tu es belle, » dit-il. « Très belle. Mais la beauté ne suffit pas. Il faut du courage. Du désir. Tu as ça, Emily ? »

« Oui, » dit-elle, sa voix plus ferme qu'elle ne l'avait cru possible. « J'ai ça. »

Le duc sourit, un sourire lent et possessif. « Alors montre-le-moi. »

Il la prit dans ses bras, ses mains fortes sur sa taille, et l'embrassa. Ce n'était pas un baiser timide. C'était un baiser de conquête, de revendication, qui lui fit perdre tout sens de l'orientation. Sa langue explora sa bouche, ses mains descendirent sur ses hanches, serrant la robe contre elle.

Emily gémit contre sa bouche. Elle sentit le feu que la duchesse avait allumé se raviver, plus fort que jamais. Ses mains trouvèrent sa nuque, ses doigts s'enfoncèrent dans ses cheveux.

Le duc la souleva et la porta au lit. Elle atterrit sur le satin, le souffle coupé. Il était au-dessus d'elle, sa chemise ouverte, révélant un torse couvert d'un léger duvet sombre. Elle voulut le toucher, mais il saisit ses poignets et les bloqua au-dessus de sa tête.

« Pas encore, » murmura-t-il. « D'abord, je veux te regarder. »

Il défit sa robe d'un geste vif, laissant ses seins nus. Il les contempla, les caressa du bout des doigts, les prit dans ses paumes en les soupesant. Emily se cambra, offerte, impatiente.

« Tu es si réactive, » dit-il. « La duchesse a fait du bon travail. »

Il se pencha et prit un de ses tétons dans sa bouche. Emily cria, surprise par l'intensité de la sensation. Il suçait, mordillait, passait sa langue en cercles autour du bouton durci. Sa main libre descendit entre ses cuisses, trouvant le chemin qu'Eleanor lui avait montré.

Ses doigts étaient plus grands, plus fermes. Ils la pénétrèrent, la préparant, tandis que sa bouche continuait son œuvre sur ses seins. Emily était en feu. Elle bougeait ses hanches contre sa main, cherchant plus, toujours plus.

« Tu veux moi, » dit-il, non pas une question, une déclaration.

« Oui, » haleta-t-elle. « Je veux vous. Je veux que vous me preniez. Que vous me remplissiez. Que vous me donniez un enfant. »

Il rit, un rire profond et satisfait. Il se défit de son pantalon, révélant son érection. Emily ne put retenir un cri de surprise. C'était plus gros que tout ce qu'elle avait imaginé.

Il la retourna, la mettant à quatre pattes. Elle sentit ses mains sur ses hanches, le guidant. Puis elle le sentit à son entrée, pressant, s'insinuant.

« Détends-toi, » murmura-t-il. « Laisse-moi entrer. »

Elle se détendit, et il la pénétra. Lentement, profondément, jusqu'à ce qu'il soit entièrement en elle. Emily cria, mêlant douleur et plaisir, son corps s'adaptant à sa taille. Il resta immobile un instant, lui laissant le temps de s'habituer.

Puis il bougea. D'abord lentement, puis plus vite, ses hanches cognant contre les siennes. Emily s'agrippa aux draps, emportée par le rythme, ses gémissements remplissant la chambre. Les orgasmes se succédaient, ininterrompus, la laissant pantelante.

Le duc la prit longuement, avec une maîtrise qui la laissait stupéfaite. Il la changea de position, la retourna sur le dos, la souleva sur ses hanches. Il l'aima de toutes les manières possibles, jusqu'à ce qu'elle ne sache plus ni où elle était ni qui elle était.

Et quand il jouit enfin en elle, elle le sentit. Un flot chaud, abondant, qui la remplit jusqu'à la faire déborder. Elle s'accrocha à lui, le corps secoué par un dernier orgasme, tandis qu'il s'effondrait sur elle.

Ils restèrent allongés un long moment, le corps du duc toujours en elle. Emily sentait sa semence couler le long de ses cuisses. Elle sourit. C'était fait. Elle était remplie.

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Chapitre Six : L'Attente

Les semaines suivantes furent un rêve. Le duc la convoqua encore et encore, parfois seul, parfois en compagnie de la duchesse. Emily apprit à connaître toutes les facettes du plaisir. Elle apprit à donner et à recevoir, à dominer et à se soumettre, à explorer les limites de son propre corps.

Et puis, un matin, elle se réveilla avec une nausée.

Elle se leva, se précipita vers le bassin, et vomit. Sa main se posa sur son ventre. Était-ce possible ?

Betty frappa à la porte et entra. Elle regarda Emily, blême et tremblante, et sourit.

« Tu es prise, » dit-elle simplement. « Félicitations. »

Emily tomba à genoux, des larmes de joie coulant sur ses joues. C'était fait. Elle allait avoir un enfant. Un enfant du duc.

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Épilogue : La Récompense

Neuf mois plus tard, Emily donna naissance à une fille. Elle avait les yeux bleus du duc et ses cheveux bruns.

Le duc tint sa promesse. Il lui offrit un petit cottage à l'orée des bois, avec un jardin et un poulailler. Elle y vécut avec sa fille, en paix, sans plus jamais avoir à travailler comme servante.

Mais elle continuait à voir le duc. Il venait souvent la visiter, et la duchesse venait aussi, apportant des cadeaux pour l'enfant et des sourires complices pour Emily.

Un soir, alors qu'elle berçait sa fille, Emily sourit en pensant à son parcours. Elle était arrivée à Westbury en servante ingénue, ignorante des plaisirs du corps. Elle en était repartie une femme, une mère, comblée et libre.

Elle caressa le ventre de sa fille, qui dormait paisiblement. Un autre enfant grandissait dans le sien, conçu lors de la dernière visite du duc. Elle ne savait pas si c'était un garçon ou une fille. Mais elle savait qu'il serait aimé, qu'il aurait tout ce dont il avait besoin.

Elle n'avait jamais imaginé que le désir pouvait mener à une telle vie. Mais elle avait appris que les rêves les plus fous étaient parfois les plus vrais.

Et elle ne regrettait rien.




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