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Chloé -Ch04 (novella)

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Chloé 
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Chapitre 4 – L'acte



Chloé se réveille à deux heures du matin.

La chambre est noire. La bougie s'est éteinte depuis longtemps. Il ne reste que la lueur orange du réverbère qui filtre à travers les stores, découpant des barreaux de lumière sur le plafond.

Gabriel dort encore. Sa respiration est lente, profonde. Sa main repose sur son ventre à elle, chaude, large, paisible.

Elle le regarde.

Son visage est détendu. Plus de sourire en coin, plus de regard intense. Juste un homme. Un homme qui dort dans son lit. Un homme qui a embrassé son corps entier sans reculer. Sans poser de questions. Sans faire la grimace.

Elle se souvient de sa bouche. Entre ses cuisses. De cette langue qui ne cherchait pas à explorer, juste à aimer. De ses mains sur ses hanches, fermes, qui la retenaient quand elle aurait voulu fuir.

Elle a joui. Vraiment joui. Pas ce simulacre qu'elle s'infligeait parfois toute seule, dans le noir, la main sur la bouche pour ne pas faire de bruit. Un cri. Un vrai. Qui a déchiré sa gorge et rempli l'appartement.

Personne ne l'avait jamais entendue crier comme ça.

Pas même elle.

Elle bouge à peine. Un frémissement de hanche. Sa cuisse effleure celle de Gabriel.

Il ouvre les yeux.

D'un coup. Sans tâtonnement. Comme s'il n'avait jamais vraiment dormi.

— Chloé, murmure-t-il.

Sa voix est grave. Ensablée. Elle résonne dans son torse, contre son épaule à elle.

— Je ne voulais pas te réveiller, dit-elle.

— Tu ne m'as pas réveillé. Je t'attendais.

Il se tourne vers elle. Dans la pénombre, ses yeux brillent. Du miel liquide. Il pose sa main sur sa joue. Son pouce caresse sa pommette. Descend jusqu'à ses lèvres.

— Tu as pleuré, dit-il.

— Un peu.

— De quoi ?

— De joie. Je crois. Je n'étais pas sûre que ça existait.

Il ne répond pas. Il l'embrasse.

Ce baiser est différent de ceux de la veille. Il n'y a plus d'hésitation. Plus de question. Juste une certitude. Sa langue entre dans sa bouche comme chez elle. Elle l'accueille. Sa main à elle remonte le long de son torse. Elle sent ses muscles sous sa chemise — il n'a pas enlevé sa chemise, elle est froissée, ouverte, il dort toujours avec ses vêtements à moitié défaits.

Elle la pousse. Il se laisse faire. La chemise glisse sur ses épaules. Il la jette par terre.

Son torse est nu.

Elle le regarde. Elle n'avait pas vu, dans l'obscurité de la veille. Il n'est pas musclé comme un athlète. Il est juste dessiné. Des pectoraux nets, un ventre plat, une ligne de poils bruns qui descend de son nombril à sa ceinture.

Elle pose sa main sur cette ligne. Il frissonne.

— Chloé, dit-il. Ce soir, je veux tout.

— Tout ?

— Tout. Toi. Entière. Sans retenue.

Elle respire. Sa main descend plus bas. Elle trouve la boucle de sa ceinture. Elle la défait. Le cuir grince. Le bouton du pantalon saute. La fermeture éclair descend.

Il se redresse sur un coude. Il l'aide. Il enlève son pantalon. Ses jambes sont longues, solides. Et là. Entre ses cuisses.

Son sexe.

Dressé. Lourd. La peau est sombre, presque brune, contrastant avec la pâleur de son ventre. Pas démesuré. Juste présent. Impatient.

Elle le regarde. Elle ne recule pas. Elle a passé trop d'années à reculer.

— Je peux ? demande-t-elle.

— Tu peux tout.

Elle pose sa main dessus.

Il est chaud. Chaud comme un fer oublié au soleil. La peau est douce, incroyablement douce, tendue sur ce qui palpite en dessous. Sa main ne fait pas le tour. Elle commence à bouger. Lentement. De haut en bas. Il ferme les yeux. Sa bouche s'entrouvre.

— Comme ça, murmure-t-il. Exactement comme ça.

Elle continue. Elle trouve le rythme. Pas trop vite. Pas trop fort. Il gémit. Un son grave, rauque, qui lui traverse le ventre.

Il ouvre les yeux. Il prend sa main. Il l'arrête.

— Pas seulement toi, dit-il. Je veux te sentir.

Il se tourne. Il l'allonge sur le dos. Il se place au-dessus d'elle. Ses avant-bras encadrent son visage. Il la regarde de haut. Il a les cheveux en bataille. Il est magnifique.

Il descend.

Sa bouche retrouve ses seins. Il les baise longuement, alternant, suçant, mordillant. Ses mains descendent le long de son ventre. Elles trouvent sa culotte — elle n'a jamais enlevé sa culotte, la dentelle noire est encore là. Il écarte le tissu. Il touche.

Son sexe est dur sous ses doigts.

Il le caresse. Doucement. Du bout des doigts. Elle se cambre. Elle gémit.

— Tu aimes ça, dit-il.

— Oui.

— Tu veux que je continue ?

— Oui. Mais pas seulement ça, Gabriel. Je veux te sentir. En moi.

Il s'arrête. Il la regarde.

— Tu es sûre ?

— Je n'ai jamais été aussi sûre de rien.

Il se redresse. Il écarte complètement sa culotte. Il la jette par terre. Elle est nue. Vraiment nue. Pour la première fois de sa vie, nue devant un homme, complètement, sans rien pour cacher, sans bras croisés, sans oreiller sur le ventre.

Elle a peur. Mais elle a envie. L'envie est plus forte.

Il se place entre ses cuisses. Il la regarde. Il voit son sexe. Il voit son anus. Il voit tout ce qu'elle est.

Il ne dit rien. Il sourit.

Il se penche. Il l'embrasse sur la bouche. En même temps, sa main descend. Il mouille ses doigts dans sa bouche à lui — un geste ancien, instinctif — et il les descend entre ses fesses.

Elle se cambre.

Son doigt trouve l'entrée. Il masse. Il tourne. Il entre. Doucement. Un seul doigt. Elle serre. Elle respire. Il attend.

— Dis-moi si ça fait mal.

— Ça ne fait pas mal. Ça remplit.

Il ajoute un deuxième doigt. Il écarte. Il bouge. Lentement. Il cherche. Il trouve.

Elle crie.

Il a trouvé. Ce point. Ce point qu'elle n'arrivait jamais à toucher toute seule. Il presse. Il masse. Elle perd la tête.

— Gabriel, je vais…

— Pas encore, dit-il. Pas sans moi.

Il retire ses doigts. Il se positionne. Son sexe contre son anus. La chaleur. La pression. Il la regarde.

— Chloé. Je te vois. Je te veux. Je te prends.

— Prends-moi.

Il entre.

D'un coup. Lent. Mais d'un coup. Sa tête passe le sphincter. Elle crie. Pas de douleur. De plénitude. Il s'arrête. Il attend. Elle respire par à-coups.

— Bouge, dit-elle.

Il bouge.

D'abord lentement. Des allers-retours profonds, réguliers, qui la remplissent et la vident, la remplissent et la vident. Elle sent chaque millimètre de lui. La chaleur. La pulsation. La vie.

Il accélère.

Ses mains tiennent ses hanches. Ses doigts s'enfoncent dans sa chair. Elle est secouée à chaque poussée. Ses seins pointus dansent au rythme des coups de reins. Ses cheveux blonds sont collés à son front, à ses joues.

Il se penche. Il l'embrasse. Sa langue entre dans sa bouche en même temps que son sexe entre dans son corps. Elle est possédée. Doublement. Totalement.

— Gabriel, murmure-t-elle entre deux baisers. Gabriel.

— Je suis là. Je suis en toi.

Il change de rythme. Plus vite. Plus fort. Le lit grince contre le mur. La tête de lit frappe le plâtre. Rien n'existe plus. Juste eux. Juste ce mouvement. Cette danse viscérale.

Sa main à elle descend. Elle touche son propre sexe. Il est dur. Très dur. Elle se masturbe pendant qu'il la prend. Au rythme de ses coups. Le plaisir monte. Des deux côtés.

— Ensemble, dit-il. Maintenant. Ensemble.

Elle n'a pas besoin de répondre.

Son corps explose.

La jouissance la traverse comme une lame. Elle n'a pas le temps de crier. Seul un souffle rauque sort de sa gorge. Ses mains agrippent les draps. Ses doigts blanchissent. Ses cuisses tremblent. Son sexe pulse dans sa main.

En même temps, Gabriel se cambre.

Il s'enfonce une dernière fois, au plus profond, et il jouit. Elle sent les pulsations en elle. Chaudes. Fortes. Il pousse. Il pousse encore. Il vide tout. Avec un grognement sourd qui ressemble à une prière.

Ils restent immobiles.

Lui en elle. Elle autour de lui. Les souffles courts. La sueur qui refroidit sur leurs peaux.

Il se retire doucement. Elle sent le vide. Un vide bon. Un vide qui a du sens.

Il se couche à côté d'elle. Il l'attire contre son torse. Il embrasse son épaule, sa nuque, ses cheveux blonds en bataille.

— Chloé, dit-il.

— Oui.

— Tu as senti ?

— J'ai senti.

— On a fait quelque chose, ce soir. On a fait quelque chose de vrai.

Elle pose sa main sur son cœur. Il bat vite. Comme le sien.

Ils ne disent plus rien.

La chambre est noire. La rue est calme. Paris dort.

Mais dans ce studio, sous les toits, deux corps viennent de s'inventer un monde où personne ne pose de questions parce que les réponses sont évidentes.

Il l'aime. Elle l'aime. Ils ne l'ont pas dit. Mais leurs sexes le savent.






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