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CHAPITRE 6 – LE CULTE DU MATIN
Le dimanche matin ne s’éveilla pas avec la douceur des grâces matinales, mais avec la précision d’un couperet. La lumière, d’un blanc laiteux et implacable, finit par percer l’obscurité de la chambre, révélant le chaos immobile du lit king-size. Rafael fut le premier à s’extraire de la torpeur. Sans un mot, il se dégagea de l’étreinte des deux femmes, les laissant soudainement orphelines de sa chaleur. Nadia, dont le bras était totalement privé de sensations à force de servir de support, gémit doucement en sentant le sang refluer dans ses veines, une douleur de mille aiguilles qui la ramena brutalement à la réalité de son état.
— Debout, dit Rafael.
Sa voix, parfaitement claire malgré l’heure, n’admettait aucune transition. Il se tenait au pied du lit, nu, le corps d’une raideur athlétique, observant ses deux conquêtes avec une froideur de propriétaire. Nadia se redressa péniblement, ses cent kilos pesant sur ses articulations. Léna, les cheveux emmêlés et le regard embrumé, semblait sortir d’un rêve dont elle aurait aimé ne jamais s’extirper.
— Nadia, en cuisine. Prépare le petit-déjeuner. Je veux du café, des œufs, de la viande. Et ne t’habille pas. Le tablier suffira, ordonna-t-il.
Nadia hocha la tête, les lèvres serrées. Elle se leva, sa masse imposante se déplaçant avec une lenteur de pachyderme. Elle se dirigea vers la cuisine, sentant l’air frais du matin sur sa peau nue. Elle trouva le tablier de lin blanc accroché derrière la porte. Elle l’enfila, les lanières se perdant dans les plis de son dos et soulignant l’arrondi massif de ses hanches. Sous le tissu fin, ses fesses restaient entièrement exposées, tout comme ses bras puissants et ses jambes lourdes. Elle commença à s’affairer, le cliquetis des casseroles sur l’inox marquant le début de son service dominical.
Pendant que l’odeur du café commençait à saturer l’air, elle entendit Rafael s’installer dans la salle à manger attenante. Léna arriva peu après, poussée par une main invisible. Rafael l’avait forcée à s’asseoir à table, face à la place qu’il allait occuper.
— Nadia, apporte le café, lança-t-il.
Elle s’exécuta, portant le plateau avec une précaution de servante. En entrant dans la pièce, elle vit Rafael assis sur l’une des chaises de velours bleu, une jambe repliée, l’autre étendue. Il la regarda approcher, ses yeux noirs fixant le balancement de sa poitrine sous le tablier.
— Pose ça là. Et maintenant, au sol, Nadia.
Nadia posa le café et, sans hésiter, descendit sur le parquet. Elle se mit à quatre pattes, sa masse de cent kilos occupant l'espace entre la table et les jambes de l'homme.
— Plus près, commanda Rafael. Sous la table. Je veux que tu serves de repose-pieds.
Nadia rampa, sentant le froid du bois contre ses genoux. Elle se glissa sous la table en chêne massif. Rafael posa alors ses pieds nus sur le dos de Nadia, entre ses omoplates. Le poids était modeste pour elle, mais le symbole était dévastateur. Elle n'était plus la maîtresse de maison recevant un invité ; elle était le mobilier.
— Léna, regarde-la, dit Rafael en commençant à verser son café. Regarde ta Nadia. Elle est à sa place, tu ne trouves pas ?
Léna, assise en face, baissa les yeux vers le sol où le corps de Nadia disparaissait sous la table. Elle ne répondit pas, ses doigts pétrissant nerveusement l'ourlet de son propre short en jean qu'elle avait été autorisée à remettre.
— Réponds-moi quand je te parle, Léna, reprit-il d'un ton plus sec.
— Oui… elle est… elle est magnifique comme ça, souffla Léna, la voix tremblante.
— Bien. Puisque tu l'apprécies tant, approche.
Rafael écarta ses jambes sous la table, libérant un espace de chaque côté de Nadia. Il fit signe à Léna de se lever et de venir se placer devant lui. Léna s’exécuta, se tenant debout entre les jambes du maître, son sexe à la hauteur du visage de Rafael.
— Nadia, sors la tête, ordonna-t-il en appuyant légèrement ses talons sur le dos de la femme.
Nadia avança légèrement, dégageant son visage de sous le plateau de la table. Elle se retrouva face au ventre de Léna. L’odeur de la peau de sa compagne, mêlée à celle du maquillage et de la sueur de la nuit, l’assaillit.
— Léna est encore un peu tendue ce matin, constata Rafael en portant sa tasse à ses lèvres. Nadia, occupe-toi d'elle. Je veux qu'elle soit prête pour cet après-midi. Utilise ta bouche. Ne t'arrête que quand je te le dirai.
Nadia ne discuta pas. Elle s'approcha du sexe de Léna. Ses mains larges vinrent saisir les cuisses de la plus jeune pour la stabiliser. Elle commença son office avec une lenteur méthodique. C’était une scène de dévotion totale : Nadia, la femme mûre de cent kilos, à genoux sous le regard d'un homme qui l'utilisait comme un piédestal, pratiquant un cunnilingus sur sa compagne de toujours.
L’acte n’avait plus la saveur des jeux amoureux d’autrefois. Il était empreint d’une rigueur rituelle. Nadia s’appliquait à donner du plaisir à Léna, non pas pour Léna elle-même, mais pour satisfaire l’exigence de Rafael. Elle sentait le corps de Léna se tendre, les gémissements de la jeune femme résonnant dans la pièce silencieuse. Rafael, souverain, continuait de boire son café, ses pieds toujours posés sur les reins de Nadia, sentant les vibrations de son travail à travers ses muscles.
— Plus de ferveur, Nadia, commenta-t-il froidement. Tu traites sa chair comme si c'était de la paperasse administrative. Je veux sentir que tu l'adores comme je t'ordonne de l'adorer.
Nadia intensifia ses mouvements, ses lèvres et sa langue explorant chaque recoin de l'intimité de Léna. Elle sentait l'humidité monter, le parfum de Léna s'intensifier sous l'effet de la chaleur. Nadia elle-même commençait à être submergée par une excitation paradoxale. Le fait d'être humiliée, réduite à ce rôle de servante sexuelle sous la menace silencieuse de Rafael, réveillait en elle une soif de soumission qu'elle n'avait jamais osé s'avouer.
Léna finit par craquer. Ses mains vinrent se poser sur la tête de Nadia, ses doigts s'enfonçant dans ses cheveux bruns. Elle bascula la tête en arrière, un cri étouffé s'échappant de sa gorge. Elle jouit longuement, ses jambes tremblant contre les bras de Nadia.
— Bien, dit Rafael après un silence. Nadia, recule.
Nadia se dégagea et retourna s'asseoir sur ses talons, le visage humide, le tablier de lin froissé. Elle leva les yeux vers Rafael. Il la fixait avec une intensité nouvelle.
— Tu vois, Nadia, tu es bien meilleure quand tu ne réfléchis pas. Quand tu es juste un instrument. Regarde ta compagne. Elle est brisée. C’est ce que tu voulais, non ? C’est pour ça que tu m’as fait venir. Pour que j’arrache tout ce qui restait de volonté en elle… et en toi.
Nadia ne répondit pas. Elle savait qu'il avait raison. Le silence de la cuisine, l'odeur du petit-déjeuner qui finissait de refroidir, le corps pantelant de Léna face à elle… tout confirmait sa capitulation.
— Maintenant, allez vous préparer, ordonna Rafael en se levant. On a une longue après-midi devant nous. Nadia, nettoie cette cuisine. Je ne veux pas voir une miette traîner. Léna, va te maquiller. Plus fort que d'habitude. Je veux que tu ressembles à une idole qu'on s'apprête à souiller.
Les deux femmes quittèrent la pièce. Nadia resta seule dans la cuisine. Elle commença à laver la vaisselle, ses mains s'activant mécaniquement dans l'eau savonneuse. Elle regardait son reflet flou dans la fenêtre au-dessus de l'évier. Elle voyait cette femme de cent kilos, nue sous son tablier, marquée par les ébats et la soumission. Elle se sentait vide, mais d'un vide pur, libéré du fardeau de la décision.
Elle pensait au chapitre 7 qui se profilait. Elle savait ce que Rafael prévoyait. Elle avait vu le harnais dans le sac qu'il avait apporté. L'idée de voir Léna la pénétrer, de subir la force de sa compagne sous la direction de Rafael, la faisait frémir d'une terreur délicieuse. Elle n'était plus l'écrivaine, la créatrice de mondes. Elle était devenue le personnage central d'une œuvre qu'elle ne contrôlait plus.
Elle finit de ranger la cuisine avec une minutie maniaque. Chaque objet devait être à sa place, chaque surface devait briller. C’était sa manière de montrer à Rafael qu’elle acceptait son ordre, jusque dans les moindres détails domestiques.
Quand elle retourna au salon, Léna était déjà là. Elle portait un pull sans manches vert olive et un short noir très court. Son maquillage était effectivement plus prononcé : ses lèvres étaient d'un pourpre presque noir, ses yeux cernés de khôl profond, lui donnant un air à la fois féroce et vulnérable. Elle était assise sur le bord du canapé, les mains sur ses cuisses nues, attendant.
Rafael sortit de la chambre. Il tenait à la main un objet en cuir noir. Le harnais.
— C’est l’heure, dit-il simplement.
Le dimanche après-midi s'étirait devant eux, lourd de promesses sombres. Nadia sentit son cœur battre dans sa gorge. Elle se dirigea vers le tapis au centre du salon et, sans qu'il ait besoin de lui dire, elle se mit à quatre pattes, offrant sa masse imposante, ses fesses généreuses et son ventre rond à la volonté de celui qui, en moins de vingt-quatre heures, était devenu le centre absolu de son existence.
Avant toi, on était deux, pensa-t-elle une dernière fois. Mais ce "nous" n'existait plus. Il n'y avait plus que la chair qui attendait d'être marquée.
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