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Avant Toi, On Était Deux - Ch02 (novella)

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CHAPITRE 2 – L'INVASION DU TERRITOIRE



Le trajet du retour entre le restaurant et l’appartement de Nadia s'effectua dans un silence qui n'avait rien de paisible. C’était un silence de plomb, une chape de tension qui semblait absorber les bruits de la rue parisienne. Rafael marchait en tête, d’un pas régulier et lourd, sans se retourner. Nadia suivait, sa respiration légèrement plus courte qu’à l’accoutumée, sentant le frottement de ses cuisses massives l’une contre l’autre sous son short noir. Elle se sentait lourde, non pas de son poids habituel qu’elle portait avec fierté, mais d’une anticipation qui lui nouait l’estomac. Derrière elle, Léna fermait la marche, le cliquetis de ses talons sur le trottoir sonnant comme un décompte. Chaque pas les rapprochait de l'instant où l'intimité de leur foyer allait être violée, non par la force, mais par leur propre consentement.
Lorsqu'ils atteignirent le palier, Nadia sortit ses clés. Ses doigts tremblaient imperceptiblement. Rafael ne l’aidait pas, il ne faisait pas preuve de galanterie ; il attendait simplement, les bras croisés sur son torse puissant, fixant la porte comme s'il en était déjà le propriétaire. Dès que le pêne tourna, il poussa le battant et entra le premier.
L’appartement, d’ordinaire si protecteur avec ses lumières tamisées et son luxe feutré, parut soudainement vulnérable. Rafael ne s’arrêta pas dans l’entrée. Il traversa le couloir, ses boots de cuir marquant le parquet avec une autorité sonore, et se rendit directement au centre du salon. Il s’arrêta devant le grand canapé en cuir blanc, cette pièce maîtresse où Nadia régnait autrefois. Il se retourna pour leur faire face.
— Fermez la porte, dit-il.
Sa voix n’était pas forte, mais elle possédait une densité qui ne laissait aucune place à l’hésitation. Léna s’exécuta, le clic de la serrure retentissant comme le signal de départ d'une pièce de théâtre cruelle. Nadia s’avança à son tour, se postant à quelques mètres de lui. Elle se sentait immense dans cet espace, ses cent kilos occupant une place considérable, mais sous le regard noir de Rafael, elle se sentait soudainement exposée, comme une bête offerte à l'examen d'un marchand.
— Déshabille-toi, Nadia, ordonna-t-il froidement.
Nadia sentit une décharge électrique remonter le long de sa colonne vertébrale. Ce n'était pas une demande de préliminaire, c'était une sommation de se mettre à nu, d'abandonner toute dignité sociale. Elle regarda Léna du coin de l'œil. La plus jeune était restée près de la porte, ses longs cheveux blonds dissimulant une partie de son visage maquillé, ses mains agrippant nerveusement l'ourlet de son short en jean.
— Maintenant, ajouta Rafael, ses yeux fixés sur le pull sans manches pourpre de Nadia.
Nadia porta ses mains à l'ourlet de son vêtement. Elle le souleva lentement, révélant d'abord son ventre rond et blanc, cette masse de chair qu'elle avait toujours considérée comme sa force et qui devenait ici le symbole de sa vulnérabilité. Elle passa le pull par-dessus sa tête, laissant tomber le tissu au sol. Elle se retrouva en sous-vêtements noirs, ses seins généreux contenus dans un soutien-gorge de dentelle sombre, ses bras massifs et ses épaules larges offerts à la lumière crue de l'après-midi. Elle ne bougea plus, sa respiration faisant onduler sa poitrine.
Rafael ne fit aucun commentaire sur son corps. Il ne l'approcha pas. Son indifférence était plus humiliante qu'une critique. Il détourna son regard d'elle pour le fixer sur Léna.
— Toi aussi. Mais ne reste pas là-bas. Viens ici, au milieu.
Léna s'avança, tremblante. Elle retira son pull sans manches d'un mouvement fluide, révélant ses seins pointant sous la lumière, puis elle boutonna son short en jean qu'elle laissa glisser le long de ses jambes fines. Elle resta en culotte de dentelle, son identité de femme trans s'affichant sans artifice : la finesse de sa taille, le rebondi de ses fesses et ce "secret" que Nadia aimait tant, pressé contre le tissu fin de sa lingerie.
Rafael se déshabilla à son tour avec une efficacité brutale. Il ne cherchait pas à être sensuel, il se débarrassait simplement de ses entraves. Quand il fut nu, la puissance de son corps s'imposa à la pièce. Musclé, sec, dépourvu de la moindre faiblesse graisseuse, il était le contrepoint parfait de la masse moelleuse de Nadia. Son sexe était déjà vigoureux, témoignant d'une excitation froide et maîtrisée.
— Contre le mur, Léna, dit-il en désignant la paroi entre les deux grandes fenêtres qui offraient une vue sur les toits de Paris.
Léna obéit sans mot dire. Elle se plaça face au mur, ses mains s'appuyant contre la tapisserie de soie grise. Rafael s'approcha d'elle. Il ne la toucha pas tout de suite avec ses mains. Il colla son corps contre le sien, sa poitrine dure écrasant les omoplates de la jeune femme. Nadia, restée au milieu de la pièce, assistait à la scène. Elle se sentait exclue et pourtant au cœur du dispositif.
— Nadia, ordonna Rafael sans se retourner. À genoux. À côté de nous.
Nadia sentit le poids de ses cent kilos alors qu'elle s'exécutait. Ses genoux s'enfoncèrent dans le tapis épais. Elle se retrouva au niveau des hanches de Rafael et des fesses de Léna. L'odeur du sexe et de la sueur commençait déjà à saturer l'espace immédiat.
— Écarte-lui les fesses, commanda-t-il.
Nadia tendit ses mains larges. Ses doigts, habitués à la douceur de Léna, vinrent se poser sur les globes charnus de sa compagne. Elle sentit la fraîcheur de la peau de Léna et la chaleur qui émanait du corps de Rafael. Elle écarta les fesses de Léna, révélant son intimité, l'anus serré et le sexe pendant entre les cuisses. Rafael n'attendit pas. Il saisit les hanches de Léna avec une poigne de fer, ses doigts s'enfonçant dans la chair comme pour y laisser une marque indélébile.
D'un coup sec, il pénétra Léna. Le cri qui s'échappa de la bouche de la jeune femme fut étouffé contre le mur. Ce n'était pas une pénétration de tendresse, mais une prise de possession territoriale. Nadia voyait le va-et-vient brutal, les muscles du dos de Rafael se contracter à chaque poussée, les hanches de l'homme claquer contre les fesses de Léna avec un bruit sourd et rythmé.
— Regarde-la, Nadia, dit Rafael, sa voix haletante mais impérieuse. Regarde ce que je lui fais. Et caresse-toi. Je veux que tu sentes ton propre poids pendant que je la déchire.
Nadia commença à se caresser, ses doigts explorant son entrejambe humide tandis qu'elle gardait l'autre main sur la fesse de Léna pour la stabiliser. Elle voyait la vulnérabilité totale de Léna, son visage écrasé contre le mur, ses longs cheveux blonds balayés par les mouvements brusques de Rafael. Elle ressentait une forme de jalousie viscérale mêlée à une soumission absolue. Elle n'était plus la maîtresse de ce salon, elle n'était que le témoin auxiliaire de sa propre déchéance.
Le rythme s'accéléra. Rafael ne cherchait pas le plaisir de Léna, il cherchait sa propre libération à travers l'humiliation de celles qui l'avaient invité. Ses poussées devenaient plus profondes, plus erratiques. Léna gémissait, un son guttural, un mélange de souffrance et d'extase forcée. Nadia, à genoux, sentait ses propres muscles chauffer sous l'effort de la masturbation et de la position.
Soudain, Rafael se figea. Il poussa une dernière fois, un grognement s'échappant de sa gorge, et il se répandit sur le dos de Léna, la semence coulant le long de la cambrure de la jeune femme. Il ne se retira pas immédiatement. Il resta collé à elle, son souffle chaud sur sa nuque, tandis que Nadia, les doigts encore enfouis en elle-même, le regardait avec une fascination mêlée d'effroi.
Il finit par reculer d'un pas. Léna glissa le long du mur, ses jambes ne la portant plus, et s'effondra sur le tapis, en larmes. Rafael ne fit pas un geste pour la relever. Il se tourna vers Nadia, qui était toujours à genoux, massive et immobile.
— C'est ton tour de t'occuper d'elle, dit-il en désignant Léna d'un geste du menton. Nettoie-la. Utilise ta bouche. Je veux que tu goûtes ce que j'ai laissé en elle.
Nadia baissa la tête. Elle rampa sur le tapis, sa masse se déplaçant avec une lenteur de pachyderme. Elle s'approcha de Léna qui sanglotait doucement. Nadia sentit l'odeur de Rafael sur la peau de sa compagne. Elle commença à lécher le dos de Léna, remontant vers ses épaules, ses lèvres recueillant le mélange de sueur et de sperme. C'était l'acte de soumission ultime : accepter les restes du maître sur le corps de celle qu'elle avait cru posséder.
Rafael s'installa sur le canapé en cuir blanc, croisant ses jambes musclées, observant les deux femmes au sol. Il ne souriait toujours pas, mais son regard noir brillait d'une satisfaction froide.
— Demain, dit-il, on passera aux choses sérieuses. Pour l'instant, préparez-moi à manger. Nue, Nadia. Et toi, Léna, reste à ses pieds.
L'invasion était terminée. L'occupation commençait. Dans le salon de l'appartement parisien, le silence revint, mais il était désormais chargé du parfum de la défaite de Nadia. Elle se releva péniblement, ses cent kilos pesant plus lourd que jamais, et se dirigea vers la cuisine, consciente que chaque mouvement de ses fesses et de son ventre était scruté par l'homme qui venait de briser leur vie à deux pour instaurer son propre règne.
Nadia commença à s'affairer parmi les casseroles et les ustensiles en inox. Le contact de l'air frais sur sa peau nue lui rappelait à chaque seconde son état de vulnérabilité. Elle entendait le bruit de la télévision que Rafael venait d'allumer, un geste d'une banalité insultante après la violence de ce qui venait de se passer. Léna était entrée dans la cuisine, silencieuse, s'asseyant sur un tabouret haut, ses jambes nues croisées, son regard perdu dans le vide.
— Tu vas bien ? chuchota Nadia en découpant des légumes.
— Je ne sais pas, répondit Léna dans un souffle. J'ai l'impression que... que nous n'existons plus par nous-mêmes.
— C'est ce qu'il veut, dit Nadia, le cœur serré. C'est ce que j'ai voulu en le faisant venir.
Elle réalisa alors la profondeur de sa propre trahison envers Léna, mais aussi envers elle-même. En cherchant un maître, elle avait ouvert une porte qu'elle ne pourrait plus jamais refermer. L'appartement, autrefois son sanctuaire, était devenu sa cage. Et le plus troublant, c'était que l'excitation qu'elle ressentait ne faiblissait pas. Au contraire, elle se nourrissait de cette perte de contrôle, de cette transformation de son foyer en un terrain de jeu pour la volonté d'un autre.
La nuit promettait d'être longue, et le dimanche qui suivrait, encore plus redoutable. Nadia savait que ce n'était que le début du dressage.





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