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Insomnie Partagée (nouvelle)

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Insomnie Partagée





L'horloge numérique du chevet affichait 3h14 quand Léo ouvrit les yeux. La chambre baignait dans cette obscurité bleutée que seule la ville sait offrir, ce filtre de lumière urbaine qui traversait les stores et dessinait des rayures fantômes sur le plafond. Il resta immobile quelques secondes, les sens en alerte, à écouter le silence de l'appartement. Rien. Juste le ronronnement lointain du frigo et le battement de son propre cœur qui semblait trop sonore dans la pénombre.

La sueur perlait encore sur sa nuque. Un rêve s'était dissipé au bord de la conscience, emportant avec lui ses images confuses pour ne laisser qu'une chaleur diffuse entre ses cuisses, une tension douce qui n'avait pas tout à fait trouvé son chemin vers le réveil. Il tourna la tête sur l'oreiller et contempla le dos de Clara, sa courbe parfaite, l'épaule qui se soulevait à chaque respiration lente. Elle dormait comme une enfant, une main sous la joue, les cheveux sombres en cascade sur la taie d'oreiller.

Il ne savait pas ce qui l'avait tiré du sommeil. Peut-être une pensée, un souvenir, ou simplement ce besoin animal qui parfois s'éveille aux heures les plus secrètes de la nuit. Il connaissait ce genre d'insomnie. Ce n'était pas l'angoisse, ni l'inquiétude. C'était autre chose, plus viscéral, une pulsation sourde qui réclamait de la chaleur, du contact, de la vie.

Léo retint son souffle et glissa une main hors des draps. L'air de la chambre était frais sur sa peau, un contraste agréable avec la fournaise qu'il avait laissée sous la couette. Sa main resta suspendue un instant au-dessus du corps de Clara, presque à distance, à quelques centimètres de sa hanche. Le temps suspendu. Il pouvait sentir la chaleur émaner de sa peau, même sans la toucher. Cette chaleur qui appelle, qui promet, qui dit "viens".

Sa paume se posa avec une douceur infinie sur la courbe de sa hanche, là où le pyjama de soie formait un pli délicat. Le tissu était lisse sous ses doigts, à peine froissé par son sommeil agité. Clara ne broncha pas. Sa respiration resta profonde, régulière, ce murmure à peine audible qui le rassurait depuis quatre ans. Il aimait la regarder dormir, dans ces moments où la vie se retire un peu pour laisser la vulnérabilité.

Il laissa sa main glisser doucement, traçant une ligne paresseuse sur son flanc, remontant vers ses côtes qu'il sentait bouger au rythme de son souffle. La soie suivait ses doigts comme une seconde peau, et sous ses doigts, il pouvait deviner la douceur de sa chair, ce corps qu'il connaissait par cœur mais qui chaque nuit le surprenait encore. Il s'arrêta au niveau de sa poitrine, là où la courbe s'accentuait, et déposa un baiser sur son épaule dénudée. Un baiser à peine effleuré, du bout des lèvres, comme une promesse.

Clara remua légèrement, un frémissement qui parcourut tout son corps. Un petit bruit de gorge, ce ronronnement à peine audible qu'elle faisait quand elle dormait profondément et que son esprit commençait à émerger par la peau. Léo sourit dans l'obscurité. Il aimait la sentir réagir à ses caresses même dans le sommeil, comme si son corps gardait la mémoire de ses mains, comme si la nuit était l'heure des confidences silencieuses.

Il remonta doucement, n'osant pas encore aller plus loin, juste explorer la courbe de son dos, le creux de ses reins, ces territoires qu'il connaissait mieux que les cartes de sa propre ville. Sa main s'attarda un instant dans le creux lombaire, là où la colonne vertébrale s'effaçait dans la rondeur des fesses. Il appuya du bout des doigts, un massage minuscule, circulaire, à peine appuyé. Clara exhala un petit soupir et se tourna à moitié sur le dos.

Elle ouvrit un œil. Un seul. L'iris sombre brilla un instant dans la pénombre, avant de se refermer. Un sourire naquit au coin de ses lèvres, presque invisible. Elle ne dit rien. Elle savait. Elle pouvait sentir cette présence, cette main qui s'aventurait, cette chaleur qui se rapprochait.

Alors Léo se rapprocha vraiment. Son torse colla contre son dos, sa respiration dans son cou. Il sentit la mousse de son shampooing, ce parfum d'abricot qui persistait même après une nuit de sommeil. Il l'aspira, s'enivra, laissant ses lèvres effleurer son épaule, la naissance de sa nuque, cette zone si sensible qui la faisait toujours frissonner. Et elle frissonna. Un petit tremblement qui partit de son épaule pour descendre le long de sa colonne, ondulant jusqu'à ses pieds.

Sa main, sous la couette, glissa vers son ventre, ce ventre plat qu'il aimait couvrir de baisers le matin quand ils prenaient leur temps. Il appliqua sa paume à plat contre sa peau, juste au-dessus du nombril, et sentit la chaleur intense qui émanait d'elle. Clara respira un peu plus fort, une fois, deux fois, ce rythme qui changeait quand elle commençait à s'éveiller vraiment. Elle ne bougea pas encore, elle se laissa faire, offrant son corps en confidence.

Léo se souleva sur un coude pour la regarder. Ses yeux étaient fermés, mais ses lèvres entrouvertes laissaient échapper une respiration plus rapide, plus courte. Un filet de lumière traversait le store et tombait sur son cou, dessinant la ligne de sa mâchoire. Il avait envie de la dévorer, mais il savait que ce n'était pas encore l'heure. L'heure des lenteurs. L'heure des redécouvertes.

Il laissa sa main s'aventurer plus bas, passant la ceinture de son pyjama, cette fine barrière de tissu qui cédait sous ses doigts comme une promesse. Sa paume rencontra la chaleur de son ventre, cette zone toujours un peu plus chaude que le reste, comme si un foyer intérieur brûlait rien que pour lui. Il écarta les doigts, palpa doucement la courbe de son bassin, ces os qui dessinaient une arche qu'il suivit jusqu'au creux de ses hanches.

Clara s'étira. Un mouvement lent, délibéré, comme un chat qui tend chaque muscle avant de bondir. Sa main à elle chercha la sienne sous les draps, l'attrapa, la guida. Un geste qui disait "continue", "ne t'arrête pas", "je suis là". Elle n'avait pas encore ouvert les yeux, mais tout son corps parlait, un langage que Léo comprenait parfaitement après toutes ces nuits et toutes ces insomnies partagées.

Il la retourna doucement. Clara se laissa faire, roulant sur le dos, ses cheveux sombres s'étalant en auréole sur l'oreiller. Elle ouvrit enfin les yeux, deux éclats d'ambre dans la pénombre, et le regarda. Ce regard. Ce mélange d'endormie et d'éveillée, de fragilité et de désir, ce regard qui lui disait "tu es là" et "je t'attendais". Leurs yeux se trouvèrent, se reconnurent, se promirent. Pas besoin de mots. Les mots viendraient plus tard, quand la fièvre serait retombée.

Léo se pencha sur elle, ses lèvres effleurant les siennes. Un baiser d'abord, un simple contact, un goût de sommeil et de vie. Puis un second, plus appuyé, où les langues se cherchèrent. Clara passa ses bras autour de son cou, l'attirant contre elle, ses doigts se nouant dans ses cheveux courts, les tirant doucement. Elle aimait ça, cette douce douleur, ce rappel qu'il était là, réel, en vie, tout contre elle.

Sous les draps, leurs jambes s'entremêlèrent. Léo sentit la chaleur de sa cuisse contre la sienne, la douceur de sa peau, cette soie naturelle qu'elle avait sans jamais rien faire. Il caressa sa jambe, remontant de la cheville au genou, puis de la cuisse à la hanche, traçant des cercles lents qui élargissaient la zone de contact. Elle se cambra légèrement, offrant son ventre, ce ventre qu'il aimait couvrir de baisers jusqu'à ce qu'elle en perde le souffle.

Il glissa une main entre ses cuisses, là où la chaleur était la plus intense. Il sentit son sexe à travers le coton, cette humidité naissante, ce frémissement qui disait "je suis prête". Il ne se précipita pas. Il savait que le plaisir de cette heure était dans la lenteur, dans les petites morts avant la grande, dans ces instants suspendus où le temps n'existait plus que par le battement des cœurs.

Clara grogna, un son grave au fond de sa gorge, et ses mains descendirent le long du torse de Léo, jouant avec ses tétons, cette zone si sensible qu'elle connaissait par cœur. Il frissonna à son tour, cette fois, cette traînée de plaisir qui partait de sa poitrine pour descendre le long de son ventre, plus bas, toujours plus bas. Elle attrapa son sexe déjà dur, l'enveloppa de ses doigts, et le caressa avec une lenteur insupportable. Le souffle de Léo s'accéléra, il s'arrêta une seconde, juste une seconde, pour savourer cette sensation, cette main qui ne lui appartenait plus mais qui faisait de lui ce qu'elle voulait.

Il plongea alors, ses lèvres trouvant sa bouche, sa gorge, le creux de sa clavicule, ce point précis qui la faisait gémir à chaque fois. Elle gémit. Un petit son étouffé, à peine audible, qu'elle noya contre son épaule en mordant la peau. Il sentit ses dents, cette marque qu'elle laissait parfois quand l'envie était trop forte, et ça le fit sourire.

Il remonta le pyjama de soie, le dégageant du corps de Clara, découvrant sa poitrine offerte. La lumière de la ville dansait sur ses seins, dessinant des ombres mouvantes. Il s'attarda là, ses lèvres parcourant le galbe, ses dents effleurant le téton qui se dressait déjà. Elle se cambra davantage, offrant plus, ses doigts maintenant enfoncés dans ses épaules comme pour s'y accrocher.

Il descendit plus bas, traçant un chemin de baisers sur son ventre, ce ventre qui se soulevait sous ses lèvres, ce ventre qui l'accueillait comme un territoire sacré. Il arriva à la ceinture de son pyjama et l'écarta enfin, découvrant l'échancrure de ses cuisses. Il posa ses lèvres sur le haut de son pubis, juste là où la peau devient plus fine, plus sensible, et il souffla. Clara sursauta, ses mains s'agrippant à ses cheveux, et elle le tira vers elle.

Il comprit. Elle ne voulait plus attendre.

Il remonta sur elle, son sexe pressé contre son ventre, cette chaleur qui les unissait sans encore les pénétrer. Il la regarda dans les yeux. Elle était là, pleinement éveillée maintenant, les pupilles dilatées, les lèvres humides, la respiration haletante. "Viens," murmura-t-elle, et ce simple mot suffit à faire exploser la dernière barrière.

Il s'inséra en elle avec une lenteur calculée, sentant chaque millimètre de cette entrée qui était à la fois un retour et une découverte. Elle poussa un soupir profond, un soupir qui venait de là où les mots ne vont pas, et ses hanches se soulevèrent pour l'accueillir. Il s'arrêta un instant, à l'intérieur, juste pour sentir cette chaleur qui l'enveloppait, cette étreinte qui n'était pas de ses bras mais de tout son corps.

Clara bougea. Un mouvement de bassin, infime, presque imperceptible, mais qui suffit à le faire basculer. Il se mit à son rythme, un rythme lent, profond, chaque va-et-vient une promesse. Les draps froissés, les souffles saccadés, les corps qui trouvaient leur cadence après toutes ces années d'entraînement. La chambre n'était plus que bruits : le craquement du sommier, le souffle qui s'accélérait, les gémissements étouffés.

Léo sentit la montée, cette vague qui commençait à se former loin, très loin, et qui avançait inexorablement. Il ralentit, voulant la faire durer, cette sensation de lévitation où le monde n'existe plus que par le corps de l'autre. Clara colla ses mains contre les siennes, doigts entrelacés, et ils s'arrêtèrent un instant, juste un instant, à se regarder. Les yeux dans les yeux, les souffles mêlés, les corps unis.

"Ne t'arrête pas," murmura-t-elle, et il ne s'arrêta pas.

Il accéléra, les coups plus profonds, plus précis, atteignant ce point en elle qui la faisait crier. Elle ne criait pas, pas vraiment, pas encore, mais ses doigts s'enfonçaient dans son dos, ses ongles laissaient des traces, et sa voix montait, cette voix qu'elle ne reconnaissait pas elle-même. Il sentait sa chaleur l'envelopper, l'aspirer, l'entraîner dans ce tourbillon où il n'y avait plus ni Léo ni Clara mais un seul être à la recherche de sa propre lumière.

Il la retourna. Un geste brusque, presque violent, où il la fit pivoter sur le ventre et la reprit par-derrière, ses mains agrippées à ses hanches, ses doigts s'enfonçant dans la chair. Elle poussa un cri étouffé dans l'oreiller, les épaules soulevées, le dos cambré, offrant tout ce qu'elle pouvait offrir. Il la prit ainsi, profondément, sauvagement, les coups de bassin qui résonnaient dans la chambre comme un appel.

Clara s'abandonna. Elle lâcha prise, ses muscles se détendirent, et elle le laissa la mener là où il voulait, cette chute libre qu'elle aimait tant, ce moment où plus rien n'existe que ses mains sur elle, sa respiration dans son cou, son sexe en elle. Elle gémit son prénom, une fois, deux fois, un mantra qui rythmait leurs mouvements.

Léo sentit le moment approcher. La tension dans son ventre, cette chaleur qui se concentrait, qui montait. Il ralentit, voulant prolonger, mais Clara bougea ses hanches dans un mouvement circulaire, l'invitant à ne pas attendre. "Maintenant," dit-elle, et ce mot ouvrit les vannes.

Il jouit en elle dans un soupir rauque, ses mains toujours enfoncées dans ses hanches, son corps tendu comme une corde. Clara le suivit presque immédiatement, un cri étouffé dans l'oreiller, des tremblements qui parcoururent tout son corps, des vagues qui se succédaient dans un silence presque religieux. Ils restèrent ainsi quelques secondes, immobiles, soudés l'un à l'autre, les souffles qui reprenaient peu à peu un rythme normal.

Puis Léo retira son sexe d'elle, doucement, et se laissa tomber sur le dos, les bras en croix, épuisé. Clara se retourna, vint se blottir contre lui, sa tête sur son torse, ses doigts traçant des cercles sur sa poitrine. La sueur perlait encore sur leurs peaux, les draps étaient en désordre, la chambre embaumait l'odeur de leurs corps mêlés.

Il passa un bras autour d'elle, l'attirant plus près, et posa un baiser sur son front. Elle ferma les yeux, un sourire aux lèvres.

"T'as mis du temps à venir," murmura-t-elle, la voix ensommeillée.

"Je voulais te regarder dormir," répondit-il.

Elle rit, un petit rire fatigué.

"On recommence quand tu veux."

Léo sourit dans l'obscurité. L'horloge affichait 4h47. Le jour allait bientôt se lever. Mais pour l'instant, il n'y avait qu'elle, cette chaleur, cette paix qui s'installait dans ses os. Il sentit sa respiration s'apaiser, se faire plus régulière. Elle s'endormait déjà.

Il la regarda une dernière fois, cette femme qui partageait ses insomnies, ses rêves, ses corps. Il éteignit l'horloge avec un doigt pour ne plus voir le temps passer, puis il ferma les yeux à son tour, bercé par le souffle de Clara contre son torse.

Le sommeil vint, cette fois, léger et profond, emportant avec lui les dernières heures de la nuit. Dehors, la ville commençait à s'éveiller, mais dans la chambre, il n'y avait que deux corps enlacés, deux respirations qui s'accordaient, deux cœurs qui battaient l'un pour l'autre. Une insomnie partagée, une nuit de plus, une promesse de recommencer.






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Amal: (6) Après l’Orage (nouvelle)

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Amal: (6) Après l’Orage





La pluie frappait les vitres de l’immeuble avec une régularité sourde quand la sonnette retentit. Amal, encore enveloppée dans la chaleur de sa douche, serra la ceinture de sa robe de chambre rose satinée et alla ouvrir. Diane se tenait sur le palier, les cheveux bouclés un peu mouillés, la robe bleu marine collée à sa peau par la pluie, un petit sac à l’épaule. Ses yeux étaient plus sombres que d’habitude.

— Je ne savais pas où aller, dit-elle simplement. Ils sont chez sa mère jusqu’à demain soir. Ma fille aussi. J’ai pris la voiture et… je suis venue.

Amal s’écarta sans un mot. Diane entra, sentit l’odeur familière de l’appartement, celle du savon d’Amal et du café tiédi. Elle retira ses chaussures, laissa le sac tomber près de la porte. Amal alla chercher une serviette, lui sécha un peu les cheveux, les épaules. Leurs doigts se frôlèrent. Le contact fut bref, mais il suffit à faire remonter tout ce qu’elles avaient partagé quelques semaines plus tôt.

Elles s’installèrent sur le canapé gris. Amal avait allumé seulement la lampe du coin, celle qui donnait une lumière chaude et basse. Diane était encore en robe, le tissu sombre moulant sa poitrine et ses hanches. Amal, elle, gardait la robe de chambre rose, entrouverte juste assez pour laisser deviner la peau encore humide de la douche. Elles parlèrent d’abord de choses ordinaires : le service, une collègue qui venait de partir en congé, le temps qu’il faisait, les embouteillages. La pluie continuait de tomber dehors, un bruit de fond constant qui isolait encore davantage l’appartement.

Puis le silence s’installa autrement. Diane posa son verre de vin sur la table basse, se tourna vers Amal.

— Tu y as repensé ? demanda-t-elle tout bas.

Amal n’eut pas besoin de demander à quoi. Elle hocha la tête.

— Tous les jours. Et toi ?

— Toutes les nuits. Même quand il est à côté de moi. Surtout quand il est à côté de moi.

Leurs regards se croisèrent. Diane tendit la main, posa ses doigts sur le menton d’Amal, exactement comme elle l’avait fait la dernière fois. Le pouce caressa la ligne de la mâchoire. Amal ferma les yeux une seconde. Quand elle les rouvrit, Diane était plus près. Leurs souffles se mêlaient déjà.

— Je n’arrive pas à l’éteindre, murmura Diane. Ce désir. Il est là, tout le temps. Je me réveille la nuit et je te sens encore sur ma peau.

Amal ne répondit pas par des mots. Elle pencha la tête, posa ses lèvres sur celles de Diane. Le baiser fut lent, profond, chargé de toutes les semaines d’attente. La langue de Diane entra dans sa bouche, exploratrice, familière. Amal gémit faiblement. Sa main monta dans les cheveux bouclés encore humides, les enfonça. L’autre main trouva la taille de Diane, le tissu de la robe bleu marine.

Diane glissa plus près sur le canapé. Ses doigts quittèrent le visage d’Amal pour descendre le long de sa gorge, puis sur le bord de la robe de chambre rose. Elle tira doucement sur le satin. La ceinture se desserra. Le tissu s’ouvrit un peu, révéla le haut des seins, la peau tiède encore parfumée de savon. Diane ne précipita rien. Elle laissa ses doigts glisser le long de l’ouverture, frôlant la courbe d’un sein sans le prendre vraiment. Amal arqua légèrement le dos, offrit davantage.

— Encore, souffla-t-elle.

Diane dénoua complètement la ceinture. La robe rose s’écarta, tomba de chaque côté des épaules d’Amal. Les seins apparurent, lourds, les mamelons déjà durs. Diane les regarda un long moment, comme si elle les redécouvrait. Puis elle posa les paumes à plat dessus, sentit leur poids, leur chaleur. Ses pouces commencèrent à titiller les mamelons, des cercles lents, insistants. Amal ferma les yeux, laissa échapper un gémissement plus profond. Chaque frottement envoyait une décharge directe entre ses cuisses.

Diane se pencha, remplaça un de ses pouces par sa bouche. Elle prit le mamelon entre ses lèvres, le suçota avec une lenteur presque cruelle, tourna la langue autour, mordilla juste assez pour faire sursauter Amal. Elle passa à l’autre sein, prit le même temps, la même attention. Ses mains tenaient les seins, les soulevaient vers sa bouche. Amal avait la tête renversée contre le dossier du canapé, les lèvres entrouvertes, les mains perdues dans les cheveux de Diane. La robe rose n’était plus qu’un cadre satiné autour de son torse nu.

Quand Diane releva la tête, ses lèvres étaient brillantes. Elle embrassa Amal à nouveau, lui fit goûter le sel de sa propre peau. Puis ses doigts redescendirent, ouvrirent davantage la robe, glissèrent sur le ventre, s’arrêtèrent au bord de la culotte fine qu’Amal portait. Elle caressa à travers le tissu d’abord, sentit l’humidité déjà présente. Amal écarta les cuisses sans qu’on le lui demande. Diane tira la culotte sur le côté, laissa ses doigts trouver la fente chaude, glisser le long des lèvres gonflées, s’attarder sur le clitoris. Des cercles lents, précis. Amal gémissait maintenant plus fort, les hanches suivant le mouvement.

Diane la fit glisser un peu plus bas sur le canapé, s’agenouilla au sol entre ses jambes. Elle retira complètement la culotte, la jeta quelque part derrière elle. Puis elle ouvrit les cuisses d’Amal avec ses mains et posa sa bouche là où ses doigts avaient été. Sa langue trouva le clitoris immédiatement, le lécha, le suçota, le tourmenta avec une patience infinie. Deux doigts entrèrent en même temps, se courbèrent, cherchèrent le point qui faisait trembler Amal. La pluie battait toujours les vitres. Les gémissements d’Amal se mêlaient au bruit de l’orage.

Elle jouit une première fois ainsi, les cuisses serrées autour de la tête de Diane, un long cri rauque qu’elle étouffa à moitié contre le dos de sa main. Diane ne s’arrêta pas. Elle continua à lécher, plus doucement, jusqu’à ce que le corps d’Amal se détende, puis recommença à insister. La deuxième vague monta plus lentement, plus large. Amal agrippa les coussins, les hanches soulevées, et jouit à nouveau en appelant le prénom de Diane d’une voix cassée.

Diane remonta, l’embrassa. Amal goûta son propre désir, mêlé à la pluie et au rouge à lèvres de Diane. Elle tira sur la robe bleu marine. Diane se laissa faire. Le tissu glissa le long de son corps, révéla un soutien-gorge noir, une culotte assortie. Amal les retira à son tour, avec la même lenteur. Les seins de Diane tombèrent lourds dans ses mains. Elle les suçota comme on lui avait fait, longuement, avidement. Puis elle glissa plus bas, embrassa le ventre, le mont de Vénus, et ouvrit les cuisses de Diane.

Sa langue trouva le clitoris déjà gonflé. Elle lécha avec application, fit entrer ses doigts, les bougea en rythme. Diane tenait sa tête, gémissait son nom, les hanches suivant chaque mouvement. Quand elle jouit, ce fut en pressant le visage d’Amal contre elle, un gémissement long et tremblant qui se termina en souffle court.

Elles glissèrent du canapé au sol, sur le tapis épais. La robe rose d’Amal était maintenant complètement ouverte, étalée sous elle comme une tache de couleur claire. Diane s’allongea à l’envers, au-dessus d’elle, et elles se trouvèrent en 69. La bouche de Diane revint sur le sexe d’Amal, chaude, humide, insistante. En même temps, Amal ouvrit les cuisses de Diane au-dessus de son visage et plongea sa langue. Elles se léchaient mutuellement avec une intensité croissante, les hanches se balançant, les gémissements vibrants l’un contre l’autre. Les doigts s’ajoutèrent, entrèrent, ressortirent, caressèrent. L’odeur de leurs sexes se mêlait, le goût aussi. Amal sentait Diane jouir contre sa bouche en même temps qu’elle-même se contractait autour de la langue de Diane. Elles vinrent presque ensemble, les corps tendus, les cris étouffés contre la chair.

Elles restèrent ainsi un moment, le visage encore enfoui l’une contre l’autre, le souffle court. Puis Diane se retourna, s’allongea à côté d’Amal, face à face. Leurs seins se touchaient. Diane passa une jambe par-dessus la cuisse d’Amal et colla son sexe contre le sien. Elles se frottèrent lentement d’abord, clitoris contre clitoris, lèvres contre lèvres, dans un mouvement humide et précis. Les mains tenaient les hanches, les fesses, les seins. Le plaisir remontait déjà, différent, plus large. Elles accélérèrent. Le bruit de leurs sexes qui glissaient l’un contre l’autre emplissait le salon. Amal jouit en premier, en agrippant la fesse de Diane, un gémissement rauque. Diane suivit presque aussitôt, le front collé contre celui d’Amal, les yeux fermés.

Elles ne s’arrêtèrent pas. Diane glissa une main entre elles, trouva le clitoris d’Amal, le frotta pendant qu’elles continuaient à se presser l’une contre l’autre. Deux doigts entrèrent en Amal, puis en Diane. Elles se doigtèrent mutuellement en se frottant, en s’embrassant, en se mordillant les lèvres. Les orgasmes se succédèrent, moins violents mais plus profonds, plus longs. Amal perdit le compte. Chaque fois que le plaisir retombait, les doigts ou la cuisse de Diane le faisaient remonter. Chaque fois, Diane répondait de la même façon.

À un moment, Amal bascula Diane sur le dos, s’agenouilla entre ses cuisses et la lécha à nouveau, longuement, jusqu’à ce que Diane jouisse une fois de plus en tenant sa tête à deux mains. Puis elle se retourna, s’assit sur le visage de Diane, et se frotta contre sa bouche jusqu’à jouir elle-même en s’appuyant sur le bord du canapé. Diane la tenait par les hanches, la langue active, avide.

Elles finirent par remonter sur le canapé, épuisées. Amal était encore ouverte, la robe rose complètement écartée, les cuisses écartées, le sexe brillant et sensible. Diane s’allongea contre elle, une jambe passée sur la sienne, une main posée sur son sein. Leurs souffles se calmaient lentement. La pluie avait diminué dehors, n’était plus qu’un bruissement léger.

Diane caressait paresseusement le ventre d’Amal, remontait vers un mamelon, le titillait du bout des doigts sans chercher à relancer tout de suite. Amal avait les yeux mi-clos, le corps lourd, satisfait, encore parcouru de petits frissons. Elle sentait l’humidité de Diane contre sa cuisse, l’odeur de leurs sexes mêlés, la chaleur de la peau contre la sienne.

— Je ne peux pas rester demain matin, murmura Diane. Ils rentrent en fin d’après-midi.

— Je sais.

— Mais ce soir…

— Ce soir tu restes.

Diane hocha la tête contre l’épaule d’Amal. Sa main redescendit entre les cuisses ouvertes, trouva le clitoris encore gonflé, le caressa avec une lenteur infinie. Amal écarta un peu plus les jambes, laissa faire. Le plaisir monta une dernière fois, doux, presque nostalgique. Elle jouit en silence, le visage tourné vers le cou de Diane, les lèvres contre sa peau.

Elles restèrent allongées ainsi, enlacées, ouvertes l’une contre l’autre, sur le canapé gris. La robe rose était froissée sous elles, la robe bleu marine était quelque part sur le sol. Leurs corps encore sensibles se touchaient de partout. Dehors, l’orage était passé. À l’intérieur, le désir qu’elles n’avaient pas réussi à éteindre les avait de nouveau traversées, les avait de nouveau remplies, les avait de nouveau laissées haletantes et satisfaites.

Amal posa un baiser sur les cheveux bouclés de Diane. Diane répondit en resserrant son bras autour d’elle. Elles ne parlèrent plus. Il n’y avait plus besoin de mots. Seulement la pluie lointaine, le battement de leurs cœurs qui se calmaient, et la certitude silencieuse qu’elles reviendraient l’une vers l’autre, encore et encore, tant que le désir resterait aussi difficile à contenir.







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Amal: (5) Métamorphoses (nouvelle)

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Amal: (5) Métamorphoses





Amal reconnut la silhouette près du comptoir des pizzas à emporter. Quinze ans. Les mêmes yeux clairs, les mêmes cheveux bouclés un peu plus longs, un peu plus clairs maintenant, une silhouette plus ronde, plus affirmée. Diane. L’infirmière avec qui elle avait partagé des gardes de nuit interminables, des cafés trop forts, des rires étouffés dans le office. Diane qui avait dansé à son mariage, qui avait tenu Élie bébé dans ses bras, qui avait pleuré avec elle le jour de l’enterrement.

— Amal ?

La voix n’avait pas changé. Elles se regardèrent une seconde, puis se prirent dans les bras au milieu du magasin, maladroites, émues. Diane sentait le parfum léger et le savon. Amal serra plus fort.

Elles parlèrent trop vite, trop fort. Diane habitait maintenant de l’autre côté de Paris, mariée depuis douze ans, deux enfants adolescents. Elle était revenue dans le service pour un remplacement de quelques mois. Amal lui raconta Élie et Élise, les petits-enfants, l’appartement trop silencieux. Quand le serveur appela leur numéro, Diane proposa :

— On mange chez toi ? Comme avant. Pizza et confidences.

Amal accepta sans hésiter.

L’appartement sentait encore le café du matin. Amal alluma les lampes basses, ouvrit une bouteille de rouge, posa les cartons sur la table basse. Elles s’installèrent sur le canapé, les jambes repliées, les cartons ouverts entre elles. La pizza était chaude, le fromage filait. Elles rirent d’abord, de souvenirs absurdes : un médecin qui s’était endormi debout, une nuit de pleine lune où tout le service avait semblé fou.

Puis le silence s’installa autrement. Diane posa son verre, regarda Amal longuement.

— Tu vis seule depuis longtemps maintenant.

— Dix ans. Oui.

— Et le toucher ? demanda Diane tout bas. Le simple fait d’être touchée. Pas forcément… tu vois. Juste les bras de quelqu’un.

Amal sentit la gorge se serrer. Elle hocha la tête.

— Ça manque. Tous les jours. Même les câlins des enfants, ce n’est pas pareil. Ils sont grands. Ils ont leur vie.

Diane se rapprocha. Sa main se posa sur le genou d’Amal, légère. Puis elle ouvrit les bras. Amal s’y glissa. Le câlin fut long, silencieux. Diane sentait le parfum familier d’autrefois et quelque chose de plus chaud, de plus mûr. Ses mains caressaient le dos d’Amal à travers le haut léger. Amal ferma les yeux. La solitude de dix ans semblait un peu moins lourde.

Elles restèrent ainsi un moment. Quand elles se séparèrent, leurs visages étaient proches. Diane posa son front contre celui d’Amal.

— Je t’ai manqué, murmura-t-elle.

— Toi aussi.

Le deuxième câlin fut plus lent. Les mains de Diane glissèrent plus bas, le long de la colonne, s’arrêtèrent juste au-dessus des reins. Amal ne bougea pas. Elle sentait le souffle de Diane contre sa joue. Puis les lèvres de Diane se posèrent sur sa tempe, sur sa joue, tout près de sa bouche. Amal tourna légèrement la tête. Leurs lèvres se touchèrent.

Le baiser fut hésitant d’abord, presque timide. Deux femmes qui se connaissaient depuis longtemps, qui avaient partagé des confidences d’infirmières, qui avaient vu naître et mourir des patients ensemble. Puis le baiser s’approfondit. La langue de Diane toucha la sienne. Amal gémit faiblement. Ses mains montèrent dans les cheveux bouclés de Diane, les enfoncèrent.

Elles s’embrassèrent longtemps sur le canapé, les cartons de pizza oubliés. Les mains de Diane glissèrent sous le haut d’Amal, trouvèrent la peau chaude du dos, puis remontèrent vers les seins. Amal n’avait pas de soutien-gorge. Les paumes de Diane se posèrent sur la lourdeur de sa poitrine, les pouces caressèrent les mamelons qui durcissaient déjà. Amal arqua le dos, offrit davantage.

Diane se retira un instant, le regard sombre.

— On peut s’arrêter si tu veux.

— Non, répondit Amal d’une voix rauque. Continue.

Diane l’embrassa à nouveau, plus profondément. Ses doigts pinçaient doucement les mamelons, les roulaient. Amal sentait la chaleur monter entre ses cuisses, une humidité qu’elle n’avait pas connue depuis des mois. Elle passa une main sous le haut de Diane, découvrit qu’elle non plus ne portait rien en dessous. Les seins de Diane étaient ronds, lourds, les mamelons déjà durs. Amal les caressa, les pesa, les pinça à son tour. Diane gémit contre sa bouche.

Elles se débarrassèrent des hauts. Peau contre peau, seins contre seins. Le frottement était doux, presque électrique. Diane bascula Amal en arrière sur le canapé, s’allongea à moitié sur elle. Sa bouche descendit le long de la gorge, s’arrêta sur un sein, le prit entièrement. Elle suçota lentement, tourna la langue, mordilla juste assez. Amal posa les mains dans les cheveux bouclés, pencha la tête en arrière. Chaque succion envoyait une vague plus bas.

Diane passa à l’autre sein, prit le même temps, la même attention. Puis elle glissa plus bas, embrassa le ventre, le nombril, la ligne de la culotte. Amal souleva les hanches. Diane tira le pantalon et la culotte d’un même geste. Amal se retrouva nue du bas, les cuisses légèrement écartées. Diane s’agenouilla entre elles, regarda un long moment.

— Tu es belle, murmura-t-elle. Tellement belle.

Elle posa un baiser sur le mont de Vénus, puis ouvrit les lèvres de la vulve avec les doigts et posa sa langue sur le clitoris. Lentement. Avec une précision d’infirmière qui savait exactement où appuyer. Elle lécha, tournoya, suçota. Deux doigts glissèrent en Amal, la trouvèrent trempée. Ils se courbèrent, cherchèrent. Amal agrippa les coussins. Les vagues montaient trop vite. Elle jouit une première fois en gémissant fort, les cuisses tremblantes autour de la tête de Diane. Diane continua à la lécher pendant qu’elle se remettait, plus doucement, jusqu’à ce que le plaisir remonte encore. La deuxième fois fut plus profonde, plus longue, un cri rauque échappant de la gorge d’Amal.

Diane remonta, l’embrassa. Amal goûta son propre désir sur sa bouche. Elle passa les mains dans le dos de Diane, trouva la fermeture du pantalon, le tira vers le bas. Diane se débarrassa du reste. Elles se retrouvaient nues l’une contre l’autre sur le canapé. Amal fit basculer Diane sur le dos à son tour. Elle voulait rendre. Elle voulait goûter.

Elle descendit le long du corps de Diane, s’arrêta sur les seins, les suçota longuement, les pinça entre ses lèvres. Puis elle glissa plus bas. L’odeur de Diane était différente, plus musquée, plus chaude. Amal ouvrit les cuisses de son amie, posa sa langue sur le clitoris gonflé. Elle lécha comme on lui avait fait, lentement d’abord, puis plus fermement. Ses doigts entrèrent, deux, puis trois. Diane gémissait, les hanches se soulevant. Amal la regardait par en dessous, les yeux dans les yeux. Quand Diane jouit, ce fut en agrippant les cheveux d’Amal, un long gémissement qui se termina en souffle tremblant.

Elles restèrent un moment enlacées, peaux collées, souffles courts. Puis Amal se leva, tendit la main.

— La chambre.

Diane la suivit. Le lit était défait depuis le matin. Elles s’y allongèrent face à face. Les caresses recommencèrent, plus lentes cette fois, plus exploratrices. Les mains d’Amal parcouraient le corps de Diane : les seins lourds, le ventre doux, les hanches larges, l’intérieur des cuisses, les fesses. Diane faisait de même. Elles s’embrassaient entre chaque découverte. Parfois leurs sexes se frottaient, clitoris contre clitoris, dans un mouvement lent et humide qui les faisait gémir ensemble.

Amal se glissa plus bas à nouveau, ouvrit davantage les cuisses de Diane, et plongea sa langue plus profondément. Elle lécha l’entrée, y entra un peu, revint sur le clitoris. Ses doigts s’ajoutèrent, courbés, insistants. Diane arquait le dos, les mains dans les cheveux d’Amal. Elle jouit une deuxième fois plus sèchement, les muscles se contractant autour des doigts.

Puis ce fut au tour de Diane. Elle retourna Amal sur le ventre, s’agenouilla entre ses jambes écartées, souleva légèrement les hanches. Sa langue traça une ligne depuis le bas du dos jusqu’à l’anus, tourna, appuya. Amal sursauta, puis se détendit. Diane lécha longuement, humidifia, fit entrer un doigt lentement, puis un second. Amal gémissait dans l’oreiller, le visage écrasé. Quand la langue de Diane revint sur son clitoris en même temps que les doigts bougeaient en elle, Amal jouit une troisième fois, le corps secoué de tremblements.

Elles se retournèrent face à face. Diane passa une jambe par-dessus celle d’Amal, colla son sexe contre le sien. Elles se frottèrent lentement d’abord, puis plus vite, clitoris contre clitoris, lèvres contre lèvres. Les mains tenaient les seins, les hanches, les fesses. Le bruit humide de leurs sexes qui glissaient l’un contre l’autre emplissait la chambre. Amal sentait le plaisir monter encore, différent, plus large. Elles jouirent presque en même temps, les fronts collés, les souffles mélangés, un gémissement commun qui se termina en rire tremblant.

Elles s’allongèrent enlacées, les jambes entremêlées. La sueur collait leurs peaux. Diane caressait le dos d’Amal, des cercles lents.

— Ça faisait si longtemps, murmura Diane. Que je n’avais pas touché une femme. Que je n’avais pas été touchée comme ça.

— Moi aussi, répondit Amal. Depuis… depuis avant même la mort de mon mari. On avait cessé depuis longtemps.

Le silence qui suivit n’était plus lourd. Il était plein. Diane se pencha, embrassa l’épaule d’Amal, puis le creux de sa gorge, puis un sein. Les caresses reprirent, plus paresseuses cette fois. Les doigts glissaient entre les cuisses, trouvaient l’humidité, entraient, ressortaient. Les bouches suçaient les mamelons avec une lenteur presque endormie. Puis le désir remontait, inévitable.

Amal se mit à califourchon sur la cuisse de Diane, frotta son sexe contre la peau chaude et ferme. Diane tenait ses hanches, l’aidait au mouvement. Amal penchait la tête en arrière, les seins offerts. Diane se souleva, prit un mamelon en bouche pendant qu’Amal se frottait. Le plaisir monta vite. Amal jouit en s’appuyant sur les épaules de Diane, un long gémissement rauque.

Ensuite, Diane s’allongea sur le dos, écarta largement les cuisses. Amal s’installa entre elles, face contre sexe, et plongea. Elle lécha, suçota, fit entrer la langue, ajouta les doigts. Diane tenait sa tête, gémissait son nom. Quand elle jouit, ce fut en pressant le visage d’Amal contre elle, les hanches soulevées, un cri étouffé.

Elles changèrent encore. Amal s’allongea sur le dos. Diane s’agenouilla au-dessus de son visage, s’abaissa. Amal ouvrit la bouche, reçut le sexe de Diane contre sa langue. Elle lécha de bas en haut, suca le clitoris, pénétra avec la langue. Diane se tenait à la tête de lit, se balançait doucement. L’odeur, le goût, la chaleur : tout était intensément féminin, familier et nouveau à la fois. Diane jouit une fois de plus, les cuisses tremblantes de chaque côté de la tête d’Amal.

Elles s’écroulèrent l’une contre l’autre. La nuit était avancée. Dehors, Paris dormait. À l’intérieur, les draps étaient froissés, imprégnés de leurs odeurs mélangées. Amal posa la tête sur le sein de Diane, écouta le cœur battre encore vite.

— Les enfants, murmura Diane. Mon mari.

— Je sais.

— Ce n’est pas… je ne regrette pas. Mais demain…

— Demain on verra, dit Amal. Ce soir, on est là.

Diane embrassa ses cheveux. Sa main redescendit entre les cuisses d’Amal, trouva l’humidité persistante, caressa paresseusement le clitoris encore sensible. Amal écarta un peu plus les jambes. Les doigts entrèrent, lents, tendres. Le plaisir monta une dernière fois, doux, presque nostalgique. Amal jouit en silence, le visage enfoui contre la peau de Diane, les larmes aux coins des yeux sans qu’elle sache pourquoi.

Elles restèrent éveillées encore un moment, se caressant sans chercher à jouir, juste à toucher. Les métamorphoses s’étaient faites lentement : de l’amitié ancienne à la confidence, de la confidence au câlin, du câlin au baiser, du baiser à cette exploration sans retenue. Les sensations avaient changé de forme, les sentiments aussi. Ce qui avait été de la nostalgie était devenu du désir. Ce qui avait été de la solitude était devenu une présence chaude, féminine, familière.

Vers l’aube, Diane s’endormit la première, une jambe passée sur celle d’Amal, une main posée sur son sein. Amal resta éveillée un peu plus longtemps, regardant le plafond, sentant le corps de Diane contre le sien. Elle pensait à son mari, à ces dernières années sans toucher, à la façon dont le corps de Diane avait répondu sous ses mains, à la façon dont le sien avait répondu sous celles de Diane.

Elle ferma les yeux. Pour la première fois depuis très longtemps, le silence de l’appartement n’était plus vide. Il était rempli du souffle d’une autre femme, de la chaleur d’une peau connue et redécouverte, des traces encore humides de ce qu’elles avaient partagé.

Les métamorphoses continuaient, silencieuses, dans le creux du lit.





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Amal: (4) Œuvre d’Architecte (nouvelle)

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Amal: (4) Œuvre d’Architecte




Amal poussait son caddie dans les allées de l’hypermarché en fin d’après-midi, un samedi de juin. Elle cherchait du yaourt grec et du pain de seigle quand une voix familière l’appela près des rayons de fruits.

— Madame Amal ?

Elle se retourna. Thomas. Le meilleur ami d’Élie depuis l’école d’architecture. Quarante ans tout juste, divorcé depuis deux ans, les cheveux bruns un peu longs, une barbe de trois jours soignée, un t-shirt gris sous une veste légère. Il tenait un panier à moitié vide.

— Thomas. Quelle surprise.

Ils se firent la bise. Il sentait le savon et quelque chose de boisé. Elle lui demanda des nouvelles d’Élie, de ses enfants, de Lyon. Il lui demanda des siennes. La conversation glissa facilement. Quand ils arrivèrent aux caisses en même temps, il proposa de l’aider à charger le coffre. Sur le parking, le soleil baissait déjà.

— Je prépare un dîner simple ce soir, dit-il. Rien de fancy. Si vous n’avez rien de prévu… ce serait agréable d’avoir de la compagnie.

Elle hésita une seconde. Son appartement l’attendait, silencieux. Les enfants étaient loin. Elle accepta.

Chez lui, un loft lumineux dans le 11e, les murs blancs, des plans d’architecte épinglés, de grandes baies vitrées ouvertes sur une cour intérieure. Il lui versa un verre de vin blanc bien frais pendant qu’il préparait des pâtes aux fruits de mer. Elle s’installa sur un tabouret de la cuisine ouverte, les jambes croisées, regardant ses mains travailler. Des mains d’architecte : précises, longues, un peu calleuses.

Ils parlèrent longtemps. De la solitude après un divorce. Du silence d’un appartement trop grand. Du désir qui ne disparaissait pas après cinquante ans, mais qui changeait de forme, devenait plus urgent, plus honnête. Elle lui dit qu’elle se sentait parfois invisible. Il lui dit qu’il la trouvait tout le contraire. Leurs regards s’attardaient un peu trop. Le vin coulait. La lumière du soir dorait la pièce.

Après le dîner, ils s’installèrent sur le grand canapé. La conversation ralentit. Ses genoux se touchèrent. Ni l’un ni l’autre ne bougea. Elle sentait la chaleur de sa cuisse à travers le tissu de sa jupe. Son cœur battait un peu trop fort.

— Vous savez, murmura-t-il, depuis le jour où Élie m’a présenté à vous, il y a des années… je n’ai jamais cessé de vous trouver magnifique.

Elle tourna la tête. Leurs bouches se trouvèrent. Le baiser fut lent, exploratoire, puis plus profond. Sa main se posa sur sa nuque, la tira doucement plus près. Elle passa un bras autour de son cou. Le goût du vin et du désir se mélangeait. Quand ils se séparèrent, elle respirait plus vite.

Il la regarda un long moment, puis se leva, lui tendit la main. Elle le suivit jusqu’à la chambre. Les draps étaient gris anthracite, le lit bas et large. Il alluma seulement une lampe de chevet. La lumière était douce.

Amal se tenait debout près du lit. Elle retira sa jupe, puis son haut. En dessous, elle portait la lingerie qu’elle avait enfilée le matin sans vraiment y penser : un soutien-gorge violet clair en dentelle fine, semi-transparent, orné de motifs floraux noirs et d’un petit nœud au centre, un top assorti en voile léger qui laissait deviner la peau, une culotte noire fine, et des bas résille noirs maintenus par des jarretelles de dentelle. Un collier fin doré reposait entre ses seins. Elle se sentit soudain exposée, vulnérable, et pourtant désirée.

Thomas resta immobile, le regard posé sur elle. Ses yeux parcoururent chaque courbe : la lourdeur de sa poitrine sous la dentelle, le ventre doux, les hanches larges, les cuisses épaisses cerclées de résille. Il s’approcha lentement, posa les mains sur ses hanches, les fit glisser vers le haut jusqu’à ses seins. Ses pouces caressèrent les mamelons à travers le tissu.

— Vous êtes… une œuvre, murmura-t-il. Une architecture parfaite.

Elle sourit, un peu tremblante. Il l’embrassa à nouveau, plus profondément. Ses doigts trouvèrent les agrafes du soutien-gorge, les ouvrirent avec précaution. Les seins se libérèrent, lourds, les mamelons déjà durs. Il baissa la tête, prit l’un d’eux en bouche, le suçota lentement, tourna la langue, mordilla juste assez. L’autre reçut le même traitement. Amal posa les mains dans ses cheveux, pencha la tête en arrière. Chaque succion envoyait une vague de chaleur entre ses cuisses.

Il la guida vers le lit. Elle s’y allongea. Il retira le top de voile, puis s’agenouilla pour lui retirer les bas un par un, les faisant glisser le long de ses jambes avec une lenteur presque cérémonieuse. Il embrassa l’intérieur de chaque cuisse, remonta jusqu’à la culotte. Ses doigts glissèrent sous le tissu, la trouvèrent déjà mouillée. Il la caressa un moment à travers le tissu, puis tira la culotte vers le bas. Elle se retrouva entièrement nue, sauf le collier.

Thomas se déshabilla rapidement. Son corps était solide, torse ferme, sexe déjà dur, épais. Il s’allongea entre ses cuisses, l’embrassa longuement, puis descendit. Sa bouche trouva son sexe. Il lécha, suçota, fit entrer sa langue. Deux doigts glissèrent en elle, la courbèrent, cherchèrent. Amal agrippa les draps. Les vagues montaient trop vite. Elle jouit une première fois en gémissant fort, les cuisses tremblantes autour de sa tête. Il continua à la lécher pendant qu’elle se remettait, plus doucement, jusqu’à ce que le plaisir remonte encore. La deuxième fois fut plus profonde, plus longue.

Il remonta le long de son corps, l’embrassa. Elle goûta son propre désir sur sa bouche. Il s’installa entre ses cuisses, posa le gland de son sexe contre son entrée. Il ne pénétra pas tout de suite. Il frotta, enduisit, la taquina. Elle tenta de s’empaler, mais il retint ses hanches.

— Dis-moi que tu le veux, murmura-t-il.

— Je le veux. Maintenant.

Il s’enfonça d’un seul mouvement lent et profond. Elle était si mouillée qu’il glissa jusqu’au fond. Tous deux gémirent. Il resta immobile un instant, enfoncé jusqu’à la garde, le front contre le sien. Puis il commença à bouger. Des coups de reins lents, profonds, qui frottaient exactement là où elle en avait besoin. Ses mains tenaient ses hanches. Il baissait les yeux pour regarder son sexe entrer et sortir d’elle.

Amal croisa les chevilles dans son dos, le força plus près. Il accéléra. Le bruit de leurs peaux qui s’entrechoquaient emplit la chambre. Elle jouit une troisième fois autour de lui, les muscles de son sexe se contractant violemment. Il gémit, ralentit, mais ne sortit pas. Il continua, plus doucement, jusqu’à ce qu’elle redescende, puis recommença.

Ils changèrent de position. Il la mit sur le côté, souleva une de ses jambes, la pénétra plus profondément encore. Une main passa devant pour frotter son clitoris en rythme. Elle jouit une quatrième fois en serrant son bras. Il embrassa son épaule, murmura des mots contre sa peau.

Plus tard, il la fit s’asseoir sur lui. Elle s’empala seule, les mains sur sa poitrine, et se mit à le chevaucher. Ses seins bougeaient à chaque mouvement. Il les tenait, les pinçait, les regardait. Elle se pencha pour l’embrasser, ses cheveux maintenant défaits tombant autour de leurs visages. Elle le sentait battre en elle. Elle ralentit, fit de petits cercles avec ses hanches. Il gémit son nom.

Elle jouit une cinquième fois en le chevauchant, le corps tendu. Il la retourna ensuite sur le ventre, releva ses hanches, la pénétra par-derrière. Ses mains tenaient fermement ses fesses. Chaque coup de reins faisait claquer sa peau contre la sienne. Il se pencha, embrassa sa nuque, mordilla son épaule. Une de ses mains passa sous son ventre pour frotter son clitoris. Elle cria cette fois, un son long et rauque. La sixième jouissance arriva en vague large, les muscles se contractant autour de lui.

Ils s’écroulèrent un moment, enlacés, couverts de sueur. Il était toujours en elle, à demi dur. Elle sentait les battements de son cœur contre son dos. Ses doigts traçaient des cercles absents sur son ventre.

— Encore, murmura-t-elle.

Il sortit lentement, se releva, la guida jusqu’à la grande fenêtre ouverte sur la cour. Debout, il la pénétra par-derrière, une main sous son sein, l’autre entre ses cuisses. L’air de la nuit caressait leur peau. Il la prenait lentement, profondément. Elle posa les mains contre le rebord. Chaque coup de reins la faisait gémir. Elle jouit une septième fois en regardant les lumières de la cour, le visage appuyé contre le cadre.

Il la ramena au lit. Cette fois, il s’allongea sur le dos, la fit s’agenouiller au-dessus de son visage. Il la lécha longuement, profondément, jusqu’à ce qu’elle jouisse une huitième fois en s’appuyant sur la tête de lit, les cuisses tremblantes. Puis il la fit redescendre, s’empala à nouveau. Elle le chevaucha jusqu’à l’épuisement. Quand il ne put plus se retenir, il la retourna sur le dos, s’enfonça profondément, et jouit en elle en gémissant son nom, les hanches collées aux siennes. Elle le sentit pulser, la remplir. Elle le serra contre elle jusqu’à ce qu’il se soit vidé entièrement.

Ils restèrent ainsi longtemps, collés, respirant fort. La nuit avançait. Parfois il la caressait à nouveau, parfois elle le prenait en main jusqu’à ce qu’il durcisse, et ils recommençaient, plus lentement encore. Chaque fois, il la regardait comme s’il découvrait une architecture secrète, chaque courbe, chaque réaction. Chaque fois, elle se laissait aller sans retenue, se laissait remplir, se laissait désirer de cette façon profonde et attentive.

Quand le sommeil les prit enfin, ils étaient enlacés, sa main posée sur sa hanche, sa tête contre son épaule.

Le lendemain matin, la lumière filtrait doucement à travers les rideaux. Amal s’éveilla seule dans le lit. L’odeur du café montait de la cuisine. Elle se leva, enfila seulement la chemise qu’il avait portée la veille, ouverte sur sa poitrine, et le rejoignit pieds nus.

Thomas était debout devant la plaque, en boxer, en train de faire griller du pain et de battre des œufs. Il se retourna, sourit.

— Bonjour. Café ?

Elle s’approcha, passa les bras autour de sa taille par-derrière, posa le visage contre son dos. Il sentait le savon et le sommeil. Il se retourna dans ses bras, l’embrassa longuement. Le baiser était tendre d’abord, puis plus profond. Sa main glissa sous la chemise, trouva un sein, le caressa. Elle sentit le désir remonter, lent, inévitable.

— Le petit-déjeuner peut attendre, murmura-t-il.

Il la souleva facilement, la posa sur la table de la cuisine, écartant les assiettes d’un geste. La chemise s’ouvrit complètement. Il s’agenouilla un instant entre ses cuisses ouvertes, l’embrassa là où elle était déjà humide, lécha longuement jusqu’à ce qu’elle gémissît et écartât davantage les jambes. Puis il se releva, baissa son boxer, et s’enfonça en elle d’un mouvement profond.

Elle était assise au bord de la table, les jambes autour de sa taille. Il la prenait avec des coups de reins réguliers, profonds, en la regardant. Ses mains tenaient ses hanches. Le soleil du matin entrait par la fenêtre, illuminait leur peaux. Elle posa les mains derrière elle, s’arc-bouta. Chaque va-et-vient faisait claquer doucement sa peau contre la sienne. Il baissa la tête, prit un mamelon en bouche pendant qu’il la baisait. Elle jouit rapidement, les muscles se contractant autour de lui, un gémissement rauque échappant de sa gorge.

Il continua, plus fort maintenant. La table grinçait légèrement. Elle croisa les chevilles dans son dos, le força plus près. Le plaisir remontait déjà. Il frottait son clitoris avec le pouce en rythme. Elle jouit une deuxième fois plus sèchement, les ongles plantés dans ses épaules. Cette fois, il ne se retint plus. Il s’enfonça jusqu’au bout, gémit fort, et jouit en elle, profondément, par vagues chaudes qu’elle sentit la remplir.

Ils restèrent ainsi un long moment, collés, respirant fort. Le pain grillait un peu trop sur la plaque. L’odeur du café se mélangeait à celle de leur sexe. Thomas sortit lentement d’elle, l’embrassa sur le front, puis sur la bouche.

— Petit-déjeuner maintenant ? demanda-t-il en souriant.

Elle rit doucement, un son un peu cassé, et passa les bras autour de son cou.

— Oui. Mais après, peut-être encore un peu.

Il l’aida à descendre de la table. Elle sentait le mélange chaud couler un peu le long de sa cuisse. Dans la lumière du matin, nue sous sa chemise ouverte, elle se sentait plus vivante, plus désirée, plus femme qu’elle ne l’avait été depuis des années. L’architecte avait dessiné une nuit, puis un matin, et elle s’y était entièrement abandonnée.





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الخطاب المهدوي وأزمة المشروعية في إيران المعاصرة (مقال)

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الخطاب المهدوي وأزمة المشروعية في إيران المعاصرة






تمثل عقيدة المهدي المنتظر أحد الأعمدة الأساسية للفكر الشيعي الإثني عشري، ولكنها تحولت في العقود الأخيرة، وتحديداً بعد انتصار الثورة الإيرانية عام 1979، من مجرد اعتقاد ديني ينتظر المؤمنون تحققه في نهاية الزمان، إلى أداة سياسية فعالة تستخدم لتبرير السلطة وتثبيت الحكم وتعبئة الجماهير وتوجيه السياسة الخارجية. وهذا التحول لم يكن مجرد تطبيق عملي لعقيدة قديمة، بل كان إعادة اختراع لها في سياق سياسي جديد، حيث تم توظيف الغيبة الإلهية للإمام الغائب لتأسيس نظام سياسي متكامل، يقوم على فكرة أن الفقيه هو النائب العام عن المهدي، وبالتالي فإن سلطته مستمدة من الإمام الغائب نفسه، وطاعته طاعة إلهية، ومعارضته معارضة للمهدي المنتظر. وهذه المقولة، التي صاغها روح الله الخميني في نظريته عن ولاية الفقيه، شكلت نقلة نوعية في الفكر السياسي الشيعي، لأنها حولت عقيدة كانت تنتظر الخلاص الغيبي إلى أيديولوجية حكم فعالة، تمنح النظام الديني شرعية مطلقة وتجعل من أي نقد له خروجاً على الدين نفسه. ولكن هذه الآلية، مهما كانت فعالة في ترسيخ السلطة، تحمل في طياتها أزمة مشروعية عميقة، لأنها تربط شرعية النظام بشخص غائب لا يمكن لأحد أن يشهد بوجوده أو يثبت نيابته، وتؤجل حل جميع المشكلات إلى ظهور هذا الشخص، مما يريح النخبة الحاكمة من أي مسؤولية تجاه أوضاع الناس، ويحول دون أي إصلاح سياسي أو اقتصادي جوهري.

تعود جذور أزمة المشروعية في إيران إلى اللحظة التي تأسس فيها النظام الجمهوري على أساس ديني، حيث تم وضع الدستور الإيراني ليجمع بين الجمهورية والولاية الدينية، وجعل من الفقيه الأعلى ولياً للأمر ونائباً عن الإمام الغائب. وهذه الصيغة الهجينة، التي تجمع بين الانتخاب الشعبي والتفويض الإلهي، خلقت توتراً دائماً بين مصدرين للشرعية: الشعب الذي ينتخب، والإله الذي يفوض. وفي حالة تعارض الإرادة الشعبية مع إرادة الفقيه، تكون الغلبة للفقيه بوصفه ممثل الإله، وهذا ما يفسر استمرار النظام في قمع المعارضين وتزوير الانتخابات وتكميم الأفواه، لأنه يعتبر نفسه فوق الشعب وليس خاضعاً له، وأن شرعيته تأتيه من الإمام الغائب وليس من صناديق الاقتراع. وهذه الإشكالية الدستورية هي جوهر أزمة المشروعية في إيران، لأن النظام يطلب من الشعب أن يصدق بأن الفقيه هو نائب المهدي، مع أن المهدي نفسه مجرد اعتقاد لا يمكن إثباته، وأن الفقيه ليس سوى إنسان عادي يخطئ ويصيب، ويسيء التصرف ويظلم، ولا توجد أي ضمانة على أنه يمثل بالفعل إرادة الإمام الغائب، أو أن ما يفعله هو ما كان ليفعله المهدي لو كان حاضراً.

أما على المستوى النفسي والاجتماعي، فإن الخطاب المهدوي يلعب دوراً مزدوجاً في المجتمع الإيراني، فهو من جهة يمنح المؤمنين شعوراً بالأمل والثبات، ويوحدهم حول هدف مقدس، ويجعلهم يتحملون صعوبات الحياة في ظل العقوبات والفقر والقمع، لأنهم يعتقدون أن المهدي سيأتي عاجلاً أم آجلاً ليعيد العدل وينصرهم على أعدائهم. ومن جهة أخرى، يعمل هذا الخطاب على شل الإرادة الجماعية، ويحول دون قيام الشعب بتحمل مسؤولية تغيير أوضاعه بنفسه، لأنه يجعل من التغيير أمراً إلهياً يحدث بمعجزة، وليس نتيجة لنضال سياسي واجتماعي. وهذا الشلل هو ما يفسر استمرار النظام رغم كل أزماته، فالشعب الإيراني، على الرغم من معاناته الاقتصادية والسياسية، يظل منقسمًا بين من يؤمن بالخطاب المهدوي وينتظر الخلاص، ومن يعارضه لكنه لا يملك البديل القادر على توحيده وتنظيمه، مما يخلق حالة من العجز الجماعي تحافظ على استقرار النظام الهش.

وعلى المستوى الإقليمي، استخدمت إيران عقيدة المهدي كغطاء لتوسيع نفوذها في الشرق الأوسط، ودعمت جماعات مسلحة في لبنان وفلسطين وسوريا واليمن والعراق، وقدمت هذا الدعم على أنه تمهيد لظهور المهدي، وأن هذه الجماعات هي جند المهدي التي تعد الطريق لعدله الشامل. وهذه الآلية فعالة للغاية في تجنيد المقاتلين، لأنها تمنحهم شعوراً بأنهم يشاركون في ملحمة كونية، وأن استشهادهم في سبيل المهدي هو أسمى أنواع الشهادة، وأنهم سيكونون في مقدمة جنوده عندما يظهر. ولكن هذه الآلية تحمل في طياتها مخاطر كبيرة، لأنها تخلق حالة من التطرف والعنف باسم الدين، وتبرر القتال بلا حدود أو ضوابط، لأن الهدف هو إلهي وليس سياسياً، وبالتالي فهو يعلو على كل القوانين والأخلاقيات الدولية. وهذا التطرف هو ما يفسر استمرار الصراعات في المنطقة، وعدم قدرة أي طرف على الوصول إلى حلول سياسية، لأن كل طرف يعتبر نفسه ممثلاً للإله، والآخر ممثلاً للشيطان، مما يجعل التسوية مستحيلة، والحوار عقيم، والقتال هو الحل الوحيد.

أما على المستوى الاقتصادي، فإن الخطاب المهدوي يلعب دوراً خطيراً في تعزيز الفساد وعدم الكفاءة، لأن النظام يستخدم عقيدة المهدي لتبرير فشله الاقتصادي، ويعلن أن الأزمة المالية هي جزء من امتحان إلهي، وأن الحل سيأتي مع ظهور المهدي وليس من خلال الإصلاحات الاقتصادية الجادة. وهذا التبرير يريح المسؤولين من أي محاسبة، لأنهم يعتبرون أنفسهم فوق النقد، وأن أي نقد لسياساتهم هو نقد لخطة الله نفسه. والنتيجة هي استمرار التضخم والبطالة وتدهور العملة وتراجع الخدمات، مع بقاء النخبة الحاكمة في مواقعها، دون أي تغيير أو إصلاح، وكأن الشعب الإيراني محكوم عليه بالانتظار، سواء أراد ذلك أم لا. وهذه الآلية هي ما وصفها بعض المحللين بأنها "ديكتاتورية الانتظار"، حيث يتم إدارة البلاد باسم شخص غائب، ويتم تبرير الفشل باسم الإرادة الإلهية، ويتم قمع المعارضين باسم حماية العقيدة، ولا يوجد أي أفق للتغيير ما دام المهدي لم يظهر بعد.

ومن المفارقات العجيبة في هذا السياق، أن النظام الإيراني يستخدم كل أدوات العلم والتكنولوجيا الحديثة في إدارة الدولة وقمع المعارضين وتوسيع النفوذ، من الأقمار الصناعية إلى الصواريخ الذكية إلى برامج التجسس الإلكترونية، ولكنه في الوقت نفسه يظل متمسكاً بعقيدة المهدي كأساس لشرعيته، وكأن التقدم العلمي لا يتعارض مع الاعتماد على أسطورة غيبية لم تثبت تاريخياً. وهذه المفارقة تعكس الانفصام الذي يعيشه النظام، حيث يمارس السياسة بأدوات العصر، ويبررها بأساطير الماضي، ويطلب من شعبه أن يصدق بالمعجزات، بينما هو نفسه لا يعتمد عليها في إدارة أمنه أو اقتصاده، بل يعتمد على الحسابات العقلانية والمصالح الواقعية. وهذا الانفصام ليس مجرد تناقض نظري، بل هو أزمة حقيقية تهدد استقرار النظام، لأن الشعب الإيراني، وخاصة الأجيال الشابة المتعلمة، لم يعد يصدق بسهولة هذه الأساطير، وأصبح يرى التناقض بين ما يقال وما يحدث، وبين الوعد بالخلاص وواقع القمع والفقر، وهذا الوعي المتزايد هو أخطر ما يواجه النظام، لأنه يهدد أساس شرعيته القائم على الغيبيات.

أما على المستوى الداخلي، فإن أزمة المشروعية تتفاقم كلما تعمقت الأزمات الاقتصادية والسياسية، لأن النظام يفقد القدرة على تقديم حلول عملية، ويظل يكرر نفس الخطاب المهدوي الذي لم يعد مقنعاً لكثير من الإيرانيين، خاصة بعد حركة الاحتجاجات الواسعة التي شهدتها البلاد في الأعوام الأخيرة، حيث خرج الملايين إلى الشوارع مطالبين بالتغيير، ولم يعد الخطاب الديني قادراً على احتوائهم أو تهدئتهم. وهذه الاحتجاجات هي دليل واضح على أن عقيدة المهدي لم تعد كافية لتبرير الاستبداد، وأن الشعب يريد حلولاً الآن، وليس وعوداً بمستقبل غامض. وهذا التحول في الوعي الجماعي هو أكبر تحدٍ يواجه النظام الإيراني، لأنه يعني أن الخيارات التي كانت تعمل لسنوات قد استنفدت، وأن النظام مضطر إلى إعادة النظر في أسس شرعيته، أو مواجهة خطر الزوال.

إن أزمة المشروعية في إيران ليست مجرد أزمة سياسية عابرة، بل هي أزمة بنيوية، لأن النظام قام على أساس ديني، والدين أساسه الإيمان، والإيمان لا يمكن إثباته أو فرضه، وهو يضعف كلما تعمق العلم والعقلانية في المجتمع. وهذا هو المصير الذي ينتظر كل الأنظمة التي تؤسس شرعيتها على الغيبيات، فعاجلاً أم آجلاً يكتشف الناس أن الغيبيات لا تحل المشكلات، وأن الانتظار لا يغير الواقع، وأن الخلاص الحقيقي لا يأتي من شخص غائب، بل من عمل جماعي منظم يبدأ من الناس أنفسهم. وهذا الاكتشاف قد لا يحدث بين عشية وضحاها، ولكنه يحدث تدريجياً، مع تراكم الخبرات والإخفاقات، ومع تقدم التعليم والانفتاح على العالم، ومع ظهور بدائل سياسية وثقافية قادرة على منافسة الخطاب الديني المهيمن.

وفي الموازنة بين ما يروج له النظام الإيراني وما يحدث على الأرض، نجد فجوة هائلة بين الخطاب والواقع، بين الوعد بالعدل وممارسة القمع، بين التطلع إلى التحرر والسيطرة الشاملة، بين الإيمان بالشعب والاستهانة به. وهذه الفجوة هي المصدر الأكبر لأزمة المشروعية، لأنها تجعل كل خطاب النظام غير مصدق، وكل وعوده غير موثوقة، وكل تبريراته غير مقنعة. والشعب الإيراني، بعد أربعة عقود من الثورة، أصبح يدرك هذه الفجوة جيداً، وأصبح يطلب من نظامه أن يثبت شرعيته بالأداء وليس بالإيمان، بالعدل وليس بالوعد، بالشفافية وليس بالأسرار، وبالمشاركة وليس بالوصاية. وهذا التحول في الطلبات هو ما يجعل أزمة المشروعية حادة ومستمرة، لأنه يضع النظام أمام اختبار حقيقي: إما أن يتغير وإما أن يزول.

وليس من المستبعد أن يؤدي استمرار هذه الأزمة إلى تحولات كبيرة في النظام السياسي الإيراني، فالتاريخ يعلمنا أن الأنظمة التي تعتمد على الأساطير لتبرير سلطتها لا تبقى طويلاً في وجه العلم والعقلانية، وأن الخرافات مهما كانت قوية في البداية، فإنها تتهاوى عندما يصبح الناس قادرين على رؤية التناقض بين ما يقال وما يحدث. وهذا ليس تفاؤلاً بلا دليل، بل هو قراءة للتاريخ، حيث انهارت الأنظمة الدينية في أوروبا، وتراجعت سلطة الكنيسة، وتأسست الدول العلمانية، ليس لأن الناس تخلوا عن الدين، بل لأنهم فصلوا بين الدين والدولة، وجعلوا السياسة شأناً دنيوياً يقوم على العقل والمشاركة والشفافية. وقد يكون إيران في طريقها إلى نفس المصير، وإن كان الطريق طويلاً وشاقاً، ويعتمد على وعي الشعب وتنظيمه وقدرته على التغيير.

إذا أردنا الخروج باستنتاج من هذا التحليل، فعلينا أن نعترف بأن الخطاب المهدوي في إيران، على الرغم من نجاحه في ترسيخ النظام لعقود، أصبح اليوم جزءاً من المشكلة وليس الحل، وأصبح عقبة أمام التغيير والإصلاح، وأداة لتعزيز الفساد والقمع وليس لتحقيق العدل. وهذا يعني أن مستقبل إيران سيكون رهناً بقدرة الشعب على تجاوز هذا الخطاب، وبناء نظام سياسي جديد يقوم على أسس دنيوية وعقلانية، حيث تكون الشرعية من الشعب وليس من الغيب، وتكون المسؤولية أمام الناس وليس أمام إمام غائب، وتكون الحلول عملية وليست معجزية. وإن تحقق هذا التحول، فسيكون درساً للعالم أجمع، بأن أساطير الماضي مهما كانت قوية، فإنها لا تستطيع أن تقف أمام إرادة البشر في العيش بحرية وكرامة وعدل.





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