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Christine: (1) Les Nuits de Beyrouth
Beyrouth, un soir de septembre où la chaleur collait encore à la peau comme une seconde couche. Christine sortit de la douche, l’eau encore tiède sur ses épaules, et s’essuya lentement devant le miroir. Quarante-cinq ans. Des hanches plus larges qu’à vingt ans, des seins lourds et ronds sous le tissu de la serviette, des cuisses fermes que les années n’avaient pas affadies. Elle se regarda sans indulgence et sourit. Elle savait ce qu’elle valait.
Elle choisit la petite robe en denim qu’elle aimait tant : boutons métalliques, décolleté en V qui laissait deviner le creux entre ses seins, ourlet qui s’arrêtait juste au milieu des cuisses. Pas de soutien-gorge. Pas de culotte. Seulement la robe et une paire d’escarpins noirs à talons fins. Ses cheveux bruns tirés en un chignon haut, quelques mèches folles sur la nuque, de grands créoles dorés aux oreilles. Elle se parfuma à la base du cou, entre les seins, et plus bas, sur le haut des cuisses.
Ce soir-là, elle n’avait pas prévu de rencontrer qui que ce soit. Elle avait juste besoin d’air, de la ville, du bruit des klaxons et de l’odeur du café turc qui montait des rues. Elle descendit les escaliers de son immeuble à Achrafieh, la robe collée à sa peau encore humide, et marcha jusqu’au bar de la rue Monot. Un endroit discret, éclairé de lampes basses, où l’on pouvait s’asseoir seule sans que personne ne vienne coller.
Elle commanda un arak allongé d’eau et s’installa sur un fauteuil de cuir noir. Les jambes croisées, la robe remontée un peu trop haut sur ses cuisses lisses. Elle sentait le regard des hommes, et celui de quelques femmes aussi. Ça ne la dérangeait pas. Ça l’excitait même, cette sensation d’être vue, désirée, sans encore être touchée.
C’est alors qu’elle entra.
Une femme plus jeune, peut-être trente-deux ans, cheveux noirs longs et lâchés, peau mate, yeux verts. Elle portait une robe noire moulante et des sandales à lanières. Elle s’assit deux tables plus loin, commanda un verre de vin blanc, et croisa le regard de Christine. Un instant. Deux. Puis un sourire lent, presque provocant.
Christine ne détourna pas les yeux. Elle releva son verre, but une gorgée, et laissa sa langue passer sur sa lèvre inférieure. La femme sourit plus largement et se leva. Elle traversa l’espace entre elles avec une assurance tranquille et s’arrêta devant la table de Christine.
— Je peux m’asseoir ? demanda-t-elle en français, avec un léger accent.
— Oui, répondit Christine. Asseyez-vous.
Elle s’appelait Leila. Architecte. Vivait à Gemmayzeh. Célibataire. Bisexuelle, elle le dit sans détour après le deuxième verre, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Christine sentit une chaleur monter entre ses cuisses.
— Et vous ? demanda Leila.
— Christine. Libanaise. Quarante-cinq ans. Bisexuelle aussi. Et célibataire depuis trop longtemps.
Leila rit doucement. Sa main se posa sur la table, près de celle de Christine. Leurs doigts se frôlèrent. Un simple contact. Mais Christine sentit son corps réagir immédiatement. Ses mamelons durcirent sous le denim. Elle croisa plus fort les jambes, pressant ses cuisses l’une contre l’autre.
Elles parlèrent de tout et de rien. De Beyrouth, de la mer, des nuits trop chaudes, des corps qui se cherchent. Puis Leila se pencha un peu plus près.
— Tu veux sortir d’ici ? murmura-t-elle.
Christine n’hésita pas.
Elles marchèrent côte à côte dans les rues étroites, leurs bras se touchant parfois. Leila habitait un appartement au troisième étage d’un immeuble ancien, avec un balcon qui donnait sur les toits. À peine la porte fermée, Leila poussa Christine contre le mur et l’embrassa.
La bouche de Leila était douce, chaude, exigeante. Sa langue glissa contre celle de Christine, et Christine gémit dans le baiser. Les mains de Leila montèrent le long de ses côtes, trouvèrent les boutons de la robe en denim et les défirent un à un. Le tissu s’écarta. Les seins de Christine s’offrirent, lourds, les pointes déjà dures.
Leila se pencha et prit un mamelon entre ses lèvres. Elle suca lentement, tirant un peu, tandis que sa main libre glissait sous la robe, remontait le long de la cuisse nue, et trouva le sexe de Christine déjà humide. Deux doigts glissèrent entre les lèvres chaudes, caressèrent le clitoris avec une précision délicieuse.
Christine gémit plus fort. Elle écarquilla les jambes, s’appuyant contre le mur, les talons de ses escarpins claquant légèrement sur le carrelage. Leila s’agenouilla. Elle releva la robe jusqu’à la taille de Christine et planta son visage entre ses cuisses.
Sa langue fut d’abord douce, exploratrice. Elle léchait longuement, de bas en haut, s’attardant sur le clitoris, le suçant doucement. Christine passa une main dans les cheveux de Leila et la pressa plus fort contre elle. Leila obéit. Sa langue devint plus rapide, plus insistante. Elle glissa un, puis deux doigts à l’intérieur de Christine et les courba, cherchant ce point précis qui fit trembler les cuisses de Christine.
— Plus fort… murmura Christine.
Leila obéit encore. Elle suçait, léchait, digérait, pendant que ses doigts allaient et venaient. Christine sentit l’orgasme monter, chaud, inévitable. Elle se cambra, gémit, et jouit dans la bouche de Leila, les hanches convulsant, le jus coulant le long de ses cuisses.
Leila se releva, le visage brillant, et l’embrassa. Christine goûta son propre goût sur les lèvres de l’autre femme. Elle tourna Leila contre le mur et lui releva la robe noire. Pas de culotte non plus. Le sexe de Leila était rasé, déjà trempé. Christine s’agenouilla à son tour.
Elle lécha avec gourmandise, savourant l’odeur et le goût. Sa langue pénétra, sortit, revint sur le clitoris. Elle ajouta ses doigts, trois cette fois, et baisa Leila de la main et de la bouche jusqu’à ce que la plus jeune se mette à trembler et à crier. Leila jouit en tenant la tête de Christine contre elle, les genoux fléchissant.
Elles se redressèrent, essoufflées, et s’embrassèrent encore. Puis Leila prit la main de Christine et la conduisit jusqu’à la chambre. Le lit était large, les draps blancs. Elles se déshabillèrent complètement. La robe en denim tomba au sol. Les escarpins furent écartés d’un coup de pied.
Christine s’allongea sur le dos. Leila se plaça au-dessus d’elle, genoux de chaque côté de ses hanches, et se pencha pour l’embrasser. Leurs seins se pressèrent l’un contre l’autre. Leila descendit lentement le long du corps de Christine, embrassant le ventre, le nombril, le haut des cuisses. Puis elle se retourna et s’agenouilla au-dessus du visage de Christine, en position 69.
Christine releva la tête et plongea sa langue dans le sexe de Leila tandis que Leila faisait de même. Elles se léchaient l’une l’autre avec une faim partagée, les hanches se balançant, les gémissements étouffés contre la chair. Christine glissa deux doigts dans Leila et les agita rapidement. Leila répondit en faisant de même, ajoutant même un troisième doigt. Elles jouirent presque en même temps, le corps secoué, les cris étouffés dans les cuisses de l’autre.
Après, elles restèrent allongées, enlacées, la peau moite. Leila traça des cercles sur le ventre de Christine.
— Tu restes ? demanda-t-elle.
— Oui, répondit Christine.
Elles dormirent un peu. Vers deux heures du matin, Christine se réveilla. Leila dormait encore, une jambe posée sur elle. Christine se glissa hors du lit, alla boire un verre d’eau dans la cuisine, puis revint. Elle s’assit au bord du lit et regarda le corps de Leila. La peau mate, les seins fermes, le sexe encore légèrement ouvert.
Elle se pencha et recommença à lécher. Doucement d’abord, pour ne pas réveiller trop brutalement. Leila gémit dans son sommeil, puis ouvrit les yeux. Elle sourit et écarta les jambes plus largement.
Christine la lécha jusqu’à ce qu’elle jouisse à nouveau, plus doucement cette fois, un orgasme long et tremblant. Ensuite, Leila la tira vers elle et elles s’embrassèrent longuement.
— J’ai envie de plus, murmura Leila. J’ai un ami. Un homme. Il est discret. Et il aime regarder. Et participer, si on le veut.
Christine hésita une seconde. Puis elle sourit.
— Appelle-le.
Leila prit son téléphone. Un message. Une réponse rapide. Une demi-heure plus tard, on frappa à la porte.
Il s’appelait Karim. Quarante ans environ, grand, épaules larges, barbe courte, yeux sombres. Il entra, embrassa Leila sur la bouche, puis regarda Christine, encore nue sur le lit.
— Bonsoir, dit-il simplement.
Christine se leva. Elle s’approcha de lui, défit les boutons de sa chemise, et posa ses mains sur son torse. Karim la laissa faire. Elle descendit jusqu’à sa ceinture, la défit, baissa son pantalon et son boxer. Son sexe était déjà à moitié dur. Épais, long, veineux.
Christine s’agenouilla et le prit dans sa bouche. Elle le suca lentement, s’habituant à la taille, laissant sa salive couler le long de la verge. Karim gémit et passa une main dans ses cheveux. Derrière elle, Leila s’agenouilla aussi et se mit à lécher les testicules de Karim, puis à rejoindre Christine sur le gland. Leurs langues se croisaient, se mêlaient autour de la queue de l’homme.
Karim les regardait, le souffle court. Puis il les tira vers le lit. Il s’allongea sur le dos. Leila se mit à califourchon sur son visage et s’abaissa, tandis que Christine enfourcha ses hanches et guida son sexe à l’intérieur d’elle.
Christine gémit en le sentant la remplir. Elle se mit à bouger, lentement d’abord, puis plus vite, les seins rebondissant. Leila se penchait en avant pour l’embrasser pendant que Karim la léchait. Christine sentait les doigts de Leila sur ses seins, pinçant ses mamelons, pendant qu’elle chevauchait Karim.
Elle jouit une première fois, le sexe serré autour de la queue de Karim. Puis elle se retira. Leila prit sa place, s’empala à son tour, et Christine se plaça au-dessus du visage de Karim. Il la lécha avec application pendant que Leila le chevauchait. Christine se pencha en avant et embrassa Leila. Leurs seins se pressaient, leurs langues se mêlaient.
Karim les fit changer de position. Il plaça Christine à quatre pattes et entra en elle par-derrière. Profondément. Ses hanches claquaient contre les fesses de Christine. Leila se glissa sous Christine, la tête entre ses cuisses, et se mit à lécher le clitoris de Christine pendant que Karim la pénétrait. Christine cria. L’orgasme la prit de plein fouet, violent, la faisant trembler de tout son corps.
Karim se retira juste avant de jouir. Il se redressa. Leila et Christine s’agenouillèrent devant lui et ouvrirent la bouche. Il se branla rapidement et éjacula sur leurs langues et leurs seins. Elles avalèrent ce qu’elles purent et se léchèrent l’une l’autre pour nettoyer le reste.
Elles restèrent encore une heure, se caressant, se suçant, se baisant avec les doigts et les bouches. Karim repartit vers quatre heures, discret, avec un baiser sur le front de chacune.
Leila et Christine restèrent seules. Elles prirent une douche ensemble, se savonnant lentement, se caressant sous l’eau chaude. Puis elles retournèrent au lit, épuisées, heureuses.
Christine s’endormit contre Leila, une main posée sur le ventre de l’autre femme.
Le lendemain matin, la lumière entrait par les volets. Christine se réveilla la première. Elle regarda Leila dormir. Elle se sentait légère. Pas amoureuse encore. Mais quelque chose de proche. Une promesse.
Elle se leva, enfila à nouveau la robe en denim, sans culotte, et prépara du café. Quand Leila se réveilla, elles burent ensemble sur le balcon, nues sous leurs peignoirs, regardant les toits de Beyrouth.
— Tu reviendras ? demanda Leila.
Christine sourit.
— Oui. Et la prochaine fois, on prendra plus de temps.
Elle embrassa Leila longuement avant de partir. Dans l’escalier, elle sentait encore le sexe de Leila sur sa langue, la queue de Karim en elle, et le goût de la nuit.
Dehors, la ville s’éveillait. Christine marcha vers chez elle, la robe collée à sa peau, le sourire aux lèvres. Elle savait déjà qu’elle rappellerait. Et que cette histoire ne faisait que commencer.
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