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Emma
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Chapitre 2 – Samedi soir : le trio et la chambre fermée
La sonnette retentit à dix-neuf heures précises. Emma, qui rangeait déjà les dernières assiettes dans le placard, s’essuya les mains sur un torchon et alla ouvrir. Carole se tenait sur le seuil, un sourire clair sur le visage, un petit sac à bandoulière accroché à l’épaule. Elle portait un jean moulant et un pull fin qui soulignait la rondeur de sa poitrine. Ses cheveux châtains tombaient en une cascade légère sur ses épaules. Jean apparut derrière Emma, le visage illuminé. Il embrassa Carole sur la bouche, un baiser franc, un peu trop long pour être parfaitement discret, puis l’attira à l’intérieur.
— Entre, dit-il. Maman a tout préparé.
Emma sourit. Le mot « maman » résonna dans l’entrée comme chaque fois, doux et possessif. Elle serra Carole contre elle un instant, sentit le parfum frais de la jeune fille, puis s’écarta.
— Tu as bien fait de venir. Il y a du poulet rôti et une tarte aux pommes. Tu aimes les pommes ?
Carole hocha la tête, polie, un peu intimidée. Emma l’entraîna vers le salon. La table était déjà dressée avec soin : nappe blanche, bougies allumées, verres de vin rouge. L’odeur du poulet emplissait la pièce, chaude et réconfortante. Jean tira une chaise pour Carole. Emma servit le vin, s’assit en face d’eux, et le dîner commença.
Les conversations restèrent légères. On parla de la faculté, des professeurs ridicules, d’un film que Carole avait vu la semaine précédente. Jean riait facilement, posait sa main sur la cuisse de Carole sous la table. Emma observait. Ses regards glissaient de l’un à l’autre, s’attardaient sur les doigts de Jean qui caressaient distraitement le genou de la jeune fille, sur la façon dont Carole se penchait vers lui pour lui chuchoter quelque chose. Une petite jalousie inconsciente serrait la gorge d’Emma. Elle se resservit du vin, sourit plus fort, posa des questions sur les projets de week-end de Carole. L’atmosphère restait chaleureuse, presque trop. Les rires fusaient, les assiettes se vidaient, mais quelque chose d’étouffant flottait dans l’air, comme si les murs de la maison retenaient leur souffle.
Emma se leva pour débarrasser. Dans la cuisine, elle laissa l’eau couler plus fort que nécessaire. Elle entendait les voix dans le salon, le rire de Carole, la voix plus grave de Jean. Elle ferma les yeux un instant. L’image de Jean penché vers Carole, la main sur sa cuisse, lui revint. Elle secoua la tête et retourna à table avec la tarte. On mangea le dessert. Jean parla de ses examens. Carole posa sa tête un moment contre son épaule. Emma détourna les yeux vers la fenêtre noire.
Vers vingt-deux heures, Jean se leva.
— On monte ? demanda-t-il à Carole d’une voix un peu rauque.
Carole sourit, rougit à peine, et hocha la tête. Emma se leva aussi.
— Bonne nuit, les enfants. Si vous avez besoin de quelque chose…
— On gère, maman, répondit Jean en l’embrassant sur la joue. Dors bien.
Le baiser fut bref. Emma sentit la chaleur de sa peau contre ses lèvres. Puis Jean et Carole montèrent les escaliers. La porte de la chambre de Jean se ferma avec un clic discret.
Emma resta seule dans le salon. Elle éteignit les bougies une à une, rangea les derniers verres, passa un coup de chiffon sur la table. Puis elle monta à son tour. Dans le couloir, elle s’arrêta un instant devant la porte fermée. Des murmures lui parvenaient déjà, des rires étouffés, le bruit de vêtements qui glissaient. Elle serra les poings et gagna sa propre chambre. Elle laissa la porte entrouverte, s’assit sur le lit dans le noir, et écouta.
Dans la chambre de Jean, la lumière de la lampe de chevet était basse. Carole se tenait debout près du lit, le pull déjà retiré. Elle portait un soutien-gorge de dentelle noire qui soulignait la fermeté de ses seins. Jean s’approcha derrière elle, passa ses bras autour de sa taille, posa ses lèvres sur sa nuque. Carole bascula la tête en arrière. Jean dénoua le soutien-gorge, le laissa tomber. Ses mains montèrent, prirent les seins de Carole, les pétrirent avec une avidité jeune. Les mamelons durcirent sous ses doigts. Il les pinça légèrement, les roula, puis tourna Carole vers lui et baissa la tête. Sa bouche s’ouvrit sur un sein, tira le mamelon entre ses lèvres, le suçota avec force. Carole gémit, les doigts enfoncés dans les cheveux de Jean.
Ils se déshabillèrent complètement. Jean retira son t-shirt, son jean, son boxer. Son sexe était déjà dur, dressé, les veines saillantes. Carole s’agenouilla devant lui sans hésiter. Elle prit la verge dans sa main, la caressa lentement de la base jusqu’au gland, puis ouvrit la bouche et l’engloutit. Ses lèvres s’étirèrent autour de la chair chaude. Elle avança, recula, fit claquer sa langue contre le frein. Jean gémit, posa une main sur l’arrière de sa tête, guida le rythme. La salive coulait le long de la verge, brillait sous la lumière de la lampe. Carole suçait avec application, les joues creusées, les yeux levés vers le visage de Jean. Elle prenait presque toute la longueur, s’étouffait un peu, puis recommençait. Jean sentait la chaleur moite de sa bouche, le frottement de sa langue, la pression de sa gorge. Il retira son sexe, le frotta contre les lèvres de Carole, puis le replongea plus profond.
Après de longues minutes, il la releva et la poussa sur le lit. Carole s’allongea, les cuisses ouvertes. Jean s’agenouilla entre elles. Il écarta les lèvres de son sexe avec les pouces, regarda un instant la chair rose et brillante, puis plongea sa langue. Il léchait longuement, remontait le long de la fente, tournait autour du clitoris, le suçotait. Carole arquait le dos, gémissait plus fort. « Oui… là… plus fort… » Jean glissa deux doigts en elle, les courba, les fit aller et venir pendant que sa langue travaillait le clitoris avec des mouvements rapides et précis. Le jus de Carole coulait sur sa main, sur son menton. Elle se tordait, agrippait les draps, poussait des petits cris aigus. L’orgasme la prit soudain, violent. Son ventre se contracta, ses cuisses serrèrent la tête de Jean, un long gémissement lui échappa. Jean continua de la lécher jusqu’à ce qu’elle le repousse doucement, trop sensible.
Il se redressa, ouvrit le tiroir de la table de nuit, sortit un préservatif. Il l’ouvrit, le déroula sur sa verge encore luisante de salive. Puis il se positionna entre les jambes de Carole, posa le gland contre l’entrée de son sexe et poussa. La chair s’ouvrit autour de lui. Il s’enfonça d’un seul trait, jusqu’à la garde. Carole cria de plaisir. Jean commença à baiser, d’abord lentement, puis plus vite. Ses hanches claquaient contre les siennes. Il tenait ses genoux écartés, la regardait. Le préservatif brillait de leurs fluides. Il se pencha, prit un sein dans sa bouche, suçota le mamelon tout en continuant de la pénétrer. Carole gémissait sans retenue maintenant. « Plus fort… Jean… plus fort… » Il obéit. Les coups de reins devinrent brutaux, profonds. Le lit grinçait. La tête de Carole cognait presque contre la tête de lit. Elle jouisit une deuxième fois, le corps secoué de spasmes, le sexe se contractant autour de la verge de Jean.
Jean ralentit, changea de position. Il la fit passer à quatre pattes. Il entra en elle par derrière, les mains posées sur ses hanches. Il regardait son sexe disparaître et réapparaître, le préservatif brillant. Il claqua plus fort. Carole poussait des gémissements gutturaux à chaque coup. Jean sentait la chaleur de son corps, le bruit humide de leur union, l’odeur de sexe qui emplissait la chambre. Il se pencha, passa une main sous elle, trouva son clitoris et le frotta en rythme. Carole hurla presque. Un troisième orgasme la traversa. Jean ne put plus se retenir. Il s’enfonça jusqu’au fond, se figea, et jouit dans le préservatif avec un long gémissement rauque. Ses hanches donnèrent encore quelques coups courts pendant que le sperme remplissait le latex.
Ils restèrent un moment ainsi, haletants. Jean se retira, retira le préservatif, le noua et le jeta dans la poubelle. Il s’allongea à côté de Carole. Elle se blottit contre lui, la tête sur son torse. Leurs corps étaient moites, collants. Jean caressait distraitement son dos. Un malaise vague l’envahit peu à peu. Ce n’était pas le corps de Carole. Ce n’était pas le plaisir. C’était autre chose. Une présence. Il pensait à la maison, au silence au-delà de la porte, à Emma qui dormait peut-être, ou qui n’avait pas encore éteint sa lumière. Il serra Carole un peu plus fort, comme pour chasser la pensée. Mais le malaise restait, sourd, inexplicable.
Dans sa chambre, Emma était restée assise sur le bord du lit, dans le noir. Elle avait tout entendu. Les gémissements de Carole, les bruits de chair contre chair, les cris aigus, le grincement du lit, le long râle final de Jean. Chaque son avait frappé son ventre comme un coup. Elle avait fermé les yeux, les poings serrés sur les draps. La jalousie montait en elle, chaude, amère, qu’elle n’osait pas encore nommer. Elle imaginait le corps de Jean, nu, ardent, plongé entre les cuisses d’une autre. Elle imaginait ses mains, sa bouche, la façon dont il devait la regarder. Une chaleur troublante s’était installée entre ses propres cuisses, malgré elle. Elle avait glissé une main sous sa nuisette, avait touché ses seins lourds, puis plus bas, là où le petit sexe se cachait. Elle n’avait pas osé aller plus loin. Elle s’était contentée d’écouter jusqu’au silence.
Quand tout fut redevenu calme, Emma se leva, s’approcha de la porte de sa chambre, l’entrouvrit un peu plus. Le couloir était obscur. Aucun bruit. Elle referma doucement, se recoucha, et resta les yeux ouverts dans le noir. La jalousie ne partait pas. Elle restait là, logée quelque part entre sa poitrine et son ventre, mêlée à une autre émotion plus trouble encore qu’elle refusait de regarder en face. De l’autre côté du mur, Jean et Carole respiraient déjà d’un sommeil de satiété. Emma, elle, veillait, le corps tendu, le cœur trop plein, tandis que la maison tout entière semblait retenir son souffle autour du secret qui grandissait en silence.
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