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Christine: (4) Le Sang de la Famille
Christine se tenait debout devant le grand miroir doré de sa chambre, en chemise de nuit vert d’eau à dentelle. Le tissu fin collait à sa peau encore tiède de la douche, dessinant la lourdeur de ses seins, le creux de sa taille, la rondeur de ses hanches. Elle avait quarante-cinq ans et savait exactement comment se regarder. Ses cheveux bruns étaient tirés en un chignon lâche, quelques mèches folles sur la nuque. Elle tenait le mascara entre les doigts et l’appliquait avec précision, la bouche légèrement ouverte, les yeux fixés sur son reflet.
La sonnette retentit. Elle ne se pressa pas. Elle termina le second œil, posa le mascara, vérifia le rouge à lèvres rose nu, puis alla ouvrir.
Hélène se tenait sur le pas de la porte. Sa cousine. Deux ans de moins qu’elle, le même sang, le même rire, le même goût pour les robes qui collent. Elle portait une robe noire moulante, des escarpins, les cheveux longs et lâchés. Elle sourit, les yeux brillants.
— Tu es prête ? On a réservé pour huit heures.
Christine la laissa entrer. L’odeur de son parfum — quelque chose de boisé et de chaud — envahit immédiatement le vestibule. Hélène ferma la porte derrière elle et s’arrêta net en voyant la chemise de nuit.
— Tu n’es pas habillée.
— J’étais en train de me maquiller, répondit Christine. Entre.
Elles passèrent dans la chambre. Hélène s’assit au bord du lit, les jambes croisées, et regarda Christine reprendre son rouge à lèvres. Le silence s’étira. Christine sentait le regard de sa cousine glisser sur ses épaules nues, sur la dentelle qui laissait deviner le haut de ses seins, sur ses cuisses nues sous l’ourlet court.
— Tu es magnifique comme ça, dit Hélène d’une voix plus basse.
Christine se tourna vers elle. Le tube de rouge à lèvres restait entre ses doigts. Leurs regards se croisèrent. Quelque chose de vieux et de jamais dit passa entre elles. Elles s’étaient toujours touchées un peu trop longtemps, embrassées un peu trop près, rire un peu trop près du corps de l’autre. Mais jamais comme ça. Jamais avec cette tension qui faisait déjà battre le sang entre les cuisses de Christine.
Hélène se leva. Elle s’approcha lentement, prit le rouge à lèvres des doigts de Christine et le posa sur la coiffeuse. Puis elle posa ses mains sur les hanches de sa cousine, sous le tissu vert, et l’attira contre elle.
Le baiser fut immédiat, violent. Leurs bouches s’ouvrirent, les langues se cherchèrent avec une urgence presque animale. Hélène mordit la lèvre inférieure de Christine, tira, suca. Christine gémit et agrippa les cheveux de sa cousine, l’obligeant à pencher la tête pour approfondir le baiser. Leurs seins se pressèrent l’un contre l’autre. Christine sentit les mamelons d’Hélène durcir à travers le tissu de la robe noire.
Hélène fit glisser les bretelles de la chemise de nuit. Le tissu tomba jusqu’à la taille. Les seins de Christine s’offrirent, lourds, les pointes déjà dures. Hélène se pencha et prit un mamelon entre ses lèvres. Elle suca fort, tira avec les dents, pendant que sa main libre remontait sous la chemise et trouvait le sexe de Christine déjà trempé. Deux doigts glissèrent entre les lèvres chaudes, pénétrèrent d’un coup sec.
Christine poussa un cri. Elle s’accrocha aux épaules d’Hélène. Sa cousine la poussa en arrière jusqu’au lit et la fit tomber sur le dos. D’un geste brutal, elle releva la chemise jusqu’au-dessus des seins et s’agenouilla entre ses cuisses ouvertes. Sa bouche se posa directement sur le sexe de Christine. Elle lécha avec une faim sauvage, la langue large et plate, puis se concentra sur le clitoris, le suçotant, le tirant, le battant de la pointe de la langue.
Christine se cambra, les mains dans les cheveux d’Hélène, les hanches soulevées. Hélène ajouta trois doigts, les enfonça profondément et les agita rapidement pendant qu’elle suçait. L’orgasme arriva comme une déflagration. Christine hurla, les cuisses serrant la tête de sa cousine, le corps secoué de spasmes violents. Le jus coula sur la main d’Hélène et sur les draps.
Hélène ne s’arrêta pas. Elle continua de lécher, plus fort, plus vite, les doigts toujours en mouvement. Christine tressaillait, hypersensible, mais Hélène la maintenait fermement. Un deuxième orgasme la prit presque immédiatement, encore plus violent. Elle cria le nom de sa cousine, les ongles plantés dans les draps.
Hélène se redressa, le visage brillant, et se déshabilla d’un geste impatient. La robe noire tomba. Elle était nue en dessous. Seins fermes, ventre plat, sexe rasé, déjà luisant. Elle grimpait sur le lit, s’agenouilla au-dessus du visage de Christine et s’abaissa.
— Lèche-moi, ordonna-t-elle.
Christine obéit. Elle planta sa langue dans le sexe de sa cousine, la digéra, la suçota. Hélène se mit à chevaucher son visage, les hanches roulant, les gémissements rauques. Christine glissa deux doigts à l’intérieur d’elle et les courba. Hélène jouit vite, violemment, le corps arqué, un flot de liquide chaud inondant la bouche de Christine.
Elles se retournèrent. Hélène s’allongea sur le dos. Christine se plaça entre ses cuisses et la pénétra avec sa main, quatre doigts cette fois, puis le poing presque entier, lentement, pendant que sa bouche travaillait le clitoris. Hélène hurlait, les hanches soulevées, les seins rebondissant. Christine la baisait de la main avec une force quasi brutale, entrant et sortant rapidement. Hélène jouit une deuxième fois, puis une troisième, les orgasmes se chevauchant, le corps secoué de convulsions.
Christine se redressa, s’essuya la bouche et se positionna à califourchon sur la cuisse d’Hélène. Elle frotta son sexe trempé contre la peau de sa cousine, cherchant le frottement. Hélène la regardait, les yeux noirs de désir. Elle agrippa les hanches de Christine et l’aida à bouger plus fort, plus vite. Christine jouit à nouveau, le corps plié en deux, un cri long et déchirant.
Elles se battirent presque pour la domination. Hélène retourna Christine sur le ventre, l’écarta de force et entra trois doigts en elle par-derrière pendant que son autre main passait sous son corps pour frotter son clitoris. Elle la baisait violemment, les doigts claquant dans la chair humide. Christine hurlait dans l’oreiller, jouissant encore, les jambes tremblantes, incapable de se tenir.
Puis Hélène se coucha sur le dos et tira Christine au-dessus d’elle en position 69 inversée. Elles se dévorèrent. Bouches ouvertes, langues rapides, doigts enfoncés, ongles griffant les cuisses. Les gémissements se mêlaient. Christine jouit contre la bouche d’Hélène. Hélène jouit contre la bouche de Christine. Elles continuèrent, insatiables, jusqu’à ce que leurs corps soient trempés de sueur et de jus, les muscles endoloris, les sexes en feu.
Enfin, épuisées, elles s’effondrèrent l’une contre l’autre. Christine avait le visage rouge, les lèvres gonflées, le mascara un peu coulé. Hélène respirait fort, une main posée sur le sein de sa cousine.
— On a faim, murmura Christine.
Hélène rit, un rire rauque.
— Oui. On a faim.
Elles se levèrent. Christine enfila une robe noire simple, sans soutien-gorge, sans culotte. Hélène remit sa robe. Elles se regardèrent dans le miroir. Leurs bouches étaient rouges, leurs yeux brillants. Elles se ressemblaient plus que jamais.
Hélène prit les clés de sa voiture. Elles descendirent les escaliers en silence, les corps encore chauds, les cuisses encore humides. Dans la voiture, Hélène posa une main sur la cuisse de Christine et la laissa là pendant tout le trajet. Christine ne dit rien. Elle sentait encore les doigts de sa cousine en elle.
Le restaurant était petit, éclairé de bougies, les tables serrées. Elles commandèrent du vin rouge, des mezzés, du poisson grillé. Elles mangèrent avec appétit, les jambes se touchant sous la table. Parfois Hélène glissait le pied le long de la jambe de Christine. Parfois Christine lui prenait la main et y plantait ses ongles.
Elles parlèrent peu. Il n’y avait plus grand-chose à dire. Le désir était toujours là, sous la surface, mais assouvi pour l’instant. Elles savaient qu’il reviendrait. Peut-être ce soir encore. Peut-être demain. Peut-être chaque fois qu’elles se verraient.
À la fin du dîner, Hélène regarda Christine par-dessus son verre.
— Chez toi ou chez moi ?
Christine sourit, le rouge à lèvres un peu effacé, les yeux sombres.
— Chez moi. Et cette fois, on ne s’arrête pas avant l’aube.
Elles payèrent et sortirent dans la nuit chaude de Beyrouth. La main d’Hélène trouva celle de Christine. Leurs doigts s’entrelacèrent. Le sang de la famille battait entre elles, plus fort que jamais, et le désir n’était plus un secret.
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