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Dewi
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Chapitre 2 : Le Transfert Interdit
Le silence de l’agence, autrefois apaisant, était devenu en quelques minutes une chape de plomb, une atmosphère électrique où chaque craquement du parquet semblait dénoncer l’intrusion de Marc dans l’intimité d'Aditya. Assis sur la chaise de son subordonné, le directeur sentait la moiteur de ses propres paumes contre le plastique froid de la souris. Son regard était rivé sur l’écran, hypnotisé par la galerie de photos et les fils de discussion de la messagerie Messenger où Dewi s’exhibait sans pudeur. Il savait qu’il devait agir vite. L’imprudence d'Aditya était une opportunité qui ne se représenterait jamais, une porte ouverte sur un abîme de pouvoir et de désir qu’il se sentait l’obligation quasi physique de franchir.
D’un geste fébrile, Marc fouilla dans la poche intérieure de sa veste de costume. Ses doigts rencontrèrent le métal froid de sa clé USB personnelle, un objet d’ordinaire réservé à la sauvegarde de fichiers administratifs sensibles ou de présentations budgétaires. Il l’inséra dans le port de l’unité centrale d'Aditya. Le petit clic de connexion résonna comme un coup de feu dans le calme plat de l’open-space. Sur l’écran, une fenêtre s’ouvrit, proposant d’explorer le périphérique. Marc l’écarta d’un revers de curseur. Il revint à la fenêtre du navigateur, là où le monde de Dewi s’étalait dans toute sa luxure numérique.
Le pillage commença. Marc ne se contenta pas de quelques clichés au hasard. Avec une méthodologie de prédateur, il entreprit de capturer l'intégralité de l'existence clandestine de son comptable. Il ouvrit les albums de photos un à un, sélectionnant les images avec une rapidité nerveuse. "Enregistrer sous", "Enregistrer sous", le mouvement devint un rituel mécanique. Il créa sur sa clé USB un dossier qu'il nomma d'un simple "X", une lettre anonyme pour cacher l'incendie qu'il était en train d'allumer.
Il ne se limita pas aux photos publiques où Dewi posait en hijab de soie, jouant les icônes de mode sophistiquées. Il plongea tête la première dans les archives de la messagerie. Il sélectionna les vidéos, ces séquences courtes où la Waria se déhanchait devant son miroir, ajustant la dentelle de son soutien-gorge sur sa poitrine plate, ou caressant son propre visage avec une langue gourmande. Il copia les conversations entières, les blocs de texte où des hommes anonymes proposaient des sommes d'argent ou des rencontres en échange de poses de plus en plus dégradantes. Marc voyait les barres de progression s'étirer sur l'écran. Chaque octet transféré était un morceau de la dignité d'Aditya qui passait dans sa poche.
Pendant que les fichiers les plus lourds, notamment les vidéos haute définition, se copiaient, Marc restait aux aguets. Ses yeux faisaient la navette entre l'écran et la porte entrouverte du bureau. Le moindre bruit dans le couloir, le déclenchement automatique de la climatisation ou le passage d'une voiture dans l'avenue de Messine le faisait sursauter. Il imaginait un instant qu'Aditya puisse revenir, ayant oublié ses clés ou son téléphone, et le trouver là, en plein vol d'intimité. Cette pensée, loin de le freiner, ajoutait une décharge d'adrénaline à son acte. La peur de la découverte rendait le larcin plus précieux encore.
Il finit par cliquer sur les photos les plus extrêmes qu'il avait aperçues plus tôt. Celle du stylo inséré dans l'anus, celle où Dewi, totalement nue, écartait ses propres fesses avec une impudence de pornographie artisanale. Il les copia avec une sorte de fureur possessive. Il voulait tout. Il voulait chaque grain de peau, chaque ombre sur le torse imberbe, chaque expression de soumission lascive. Lorsque la dernière fenêtre de transfert se referma, Marc éprouva un soulagement mêlé d'une excitation sombre. Le dossier "X" pesait maintenant plusieurs gigaoctets. L'essentiel de la vie secrète d'Aditya était désormais stocké sur ce petit morceau de métal.
Avec une précaution de faussaire, il revint sur la page Facebook. Il déconnecta la session de Dewi, s'assurant que le champ de mot de passe était vide. Il ferma le navigateur, vérifia qu'aucune icône suspecte ne restait dans la barre des tâches, puis il éteignit l'ordinateur d'Aditya. L'écran redevint noir, emportant avec lui le visage voilé et le regard de khôl de la déesse indonésienne. Marc retira sa clé USB, la glissa au fond de sa poche et sortit du bureau en refermant la porte avec une discrétion absolue.
Il traversa l'open-space, ses pas se perdant dans la moquette grise. Il se sentait plus grand, investi d'une autorité nouvelle qui ne devait rien à son titre de directeur. Il entra dans son propre bureau, ferma la porte à clé et s'assit dans son large fauteuil de cuir. Son cœur ne s'était pas encore calmé. Il alluma son ordinateur de bureau, une machine puissante et sécurisée. Il inséra la clé USB et ouvrit son navigateur sur son compte Google Drive professionnel, protégé par une double authentification.
Il créa un dossier caché, enfoui dans plusieurs sous-répertoires aux noms techniques et ennuyeux : "Archives Fiscales 2024 / Annexes / Reportings / Data-Indo". C'est là qu'il lança le téléversement des fichiers. La connexion haut débit de l'entreprise permettait un transfert rapide, mais la quantité de données était telle que la barre de progression affichait encore plusieurs minutes d'attente.
Pendant que les données montaient vers le cloud, Marc ne put s'empêcher d'ouvrir à nouveau certains fichiers directement depuis la clé. Il avait besoin d'une autre dose de ce spectacle interdit. Il cliqua sur une photo qu'il n'avait pas eu le temps de détailler dans le bureau d'Aditya. C'était un gros plan de la poitrine du comptable. La peau était d'une pâleur ambrée, d'une douceur que l'on devinait au-delà de l'image. Les mamelons étaient petits, d'un rose délicat. Il n'y avait pas un seul poil, pas une trace de virilité rugueuse. Marc passa à l'image suivante. Dewi y apparaissait vêtue d'un slip de dentelle blanche, les jarretelles enserrant ses cuisses fines. Elle posait de profil, le dos cambré, mettant en valeur la rondeur de ses fesses que le tissu transparent ne cherchait pas à dissimuler.
Marc sentit une nouvelle vague de chaleur l'envahir. Il regardait son comptable, cet homme qui, quelques heures plus tôt, lui présentait des bilans avec une voix monocorde, se transformer sous ses yeux en une courtisane provocante. L'idée de ce dédoublement le rendait fou. Il cliqua sur une vidéo. Le son était coupé, mais il voyait Dewi parler à la caméra, sans doute pour répondre à une commande privée. Elle portait son hijab noir, mais son buste était nu. Elle caressait ses propres hanches avec une lenteur calculée, ses doigts longs et effilés s'attardant sur la naissance de son sexe. Marc zooma sur le visage. Les yeux d'Aditya, derrière le maquillage, semblaient implorer et défier tout à la fois.
L'uploading continuait. Quatre-vingt pour cent. Marc était comme en transe. Il ouvrit la photo du stylo. Il étudia l'expression de Dewi. Ce n'était pas de la douleur, c'était une sorte de déconnexion sensuelle, une lassitude qui semblait dire qu'elle avait tout abandonné au plaisir ou au besoin. Il se demanda quel effet cela ferait de remplacer ce stylo par sa propre chair. Cette pensée le terrifia un instant, mais elle s'installa avec une force inouïe. Il n'était plus seulement le spectateur d'un secret ; il en devenait l'architecte.
Une notification discrète apparut : "Téléversement terminé". Marc ferma immédiatement les fenêtres de visualisation. Il vérifia que le dossier sur Google Drive était bien accessible. Il sortit alors son smartphone de sa poche, ouvrit l'application Drive et s'identifia. Il navigua dans l'arborescence qu'il venait de créer : "Archives Fiscales 2024... Data-Indo". Le dossier apparut. Il cliqua sur une image au hasard. Elle s'afficha instantanément sur le petit écran de son téléphone. Tout était là. Dewi était désormais partout avec lui, dans sa poche, dans son cloud, gravée dans les serveurs de Google, accessible à tout moment, en tout lieu.
Le sentiment de possession totale l'enivra. Il n'avait plus besoin de la clé physique. Cet objet était maintenant une preuve compromettante s'il venait à être trouvé. Marc ferma l'application sur son téléphone, puis il revint à son ordinateur de bureau. Il sélectionna le lecteur de la clé USB. D'un clic droit ferme, il choisit l'option "Formater". Une fenêtre d'avertissement apparut : "Attention, le formatage supprimera toutes les données". Marc n'hésita pas une seconde. Il cliqua sur "Démarrer".
Il regarda la petite barre verte progresser. En quelques secondes, le dossier "X", les photos de nu, les vidéos lascives et les conversations honteuses furent effacés de la mémoire flash. La clé était redevenue vierge, un simple outil de bureau sans histoire. Marc l'éjecta proprement et la rangea dans son tiroir, bien au fond.
Il s'adossa à son fauteuil, prenant une grande inspiration. L'opération était réussie. Il avait pillé l'âme secrète d'Aditya et l'avait mise sous clé dans un coffre-fort numérique dont il était le seul à posséder la combinaison. Il se sentait investi d'une mission sombre. Le chantage n'était pas encore formulé, mais l'idée était là, latente, prête à éclore. Il regarda l'horloge murale. Dix-huit heures quarante-cinq. Le temps avait passé à une vitesse folle.
Il éteignit son ordinateur de bureau. La pièce retomba dans une semi-obscurité, éclairée seulement par les lumières de l'avenue de Messine qui se reflétaient sur le plafond. Marc resta immobile quelques instants, savourant le silence. Il pensait à Aditya qui, à cet instant, rentrait probablement chez lui, ignorant que son sanctuaire avait été violé. Il l'imaginait dans le métro, entouré de passagers anonymes, ce petit homme discret dont le patron connaissait désormais la forme de l'anus et le goût pour les stylos.
Une bouffée de mépris monta en lui, mais elle fut immédiatement balayée par une pulsion de désir. Marc savait qu'il ne pourrait plus jamais regarder Aditya de la même manière. Chaque interaction professionnelle, chaque signature de document, chaque échange de regards serait désormais teinté de cette connaissance interdite. Il possédait Dewi. Il possédait le secret de la déesse.
Il se leva, enfila son manteau de laine grise et vérifia que son smartphone était bien dans sa poche. Il quitta son bureau, verrouilla la porte et traversa les locaux déserts une dernière fois. En sortant de l'immeuble, l'air frais de la nuit parisienne lui parut plus pur, plus vif. Il marcha vers son garage, sentant une énergie nouvelle circuler dans ses veines.
Le transfert n'était pas seulement numérique ; il était spirituel. Marc avait franchi le rubicon de la respectabilité. Il n'était plus le directeur sans reproche ; il était devenu le maître d'un secret capable de briser une vie. Et cette sensation de pouvoir, mêlée à l'image persistante du corps d'Aditya sous le voile noir, était la drogue la plus puissante qu'il ait jamais goûtée.
Il monta dans sa voiture, démarra le moteur et s'inséra dans la circulation parisienne. Dans le flux des phares rouges et blancs, il n'était plus qu'un anonyme parmi d'autres, mais dans sa tête, Dewi dansait, et il savait que le Grand Livre de leur relation venait d'écrire son chapitre le plus sombre. Le pillage était terminé, le règne de la menace pouvait commencer.
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