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Braises et Confidences (nouvelle)

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Braises et Confidences




Le soleil déclinait derrière les pins quand Léa et Julien posèrent leurs sacs sur l'emplacement numéro 7. La terre était chaude sous leurs pieds nus, parsemée d'aiguilles de pin qui craquaient à chaque pas. Le camping des Cigales avait cette odeur particulière des vacances : résine, herbe sèche, et cette liberté qui flottait dans l'air comme une promesse. Autour d'eux, des tentes de toutes les couleurs, des caravanes rutilantes, et partout, cette nudité tranquille qui les avait tant intimidés à l'arrivée.

Léa déroula le tapis de sol en retenant son souffle. Elle n'était pas encore tout à fait à l'aise. Son corps, qu'elle aimait pourtant, lui semblait soudain exposé, jugé, comparé. Elle portait un paréo léger, juste assez pour cacher l'essentiel, mais elle sentait le regard des autres campeurs sur ses hanches, ses seins, cette peau qu'elle n'avait jamais montrée si librement. Julien, lui, s'était déjà débarrassé de tout, son corps brun et athlétique se mouvant avec une aisance qu'elle lui enviait. Il était comme ça, lui. Décomplexé. Vivant.

"Ça va ?" demanda-t-il en la voyant hésiter.

Elle hocha la tête, les lèvres serrées. Il s'approcha, posa ses mains sur ses épaules nues, et la regarda dans les yeux.

"Personne ne te juge, ici. Regarde."

Il désigna du menton le camping autour d'eux. Un homme de soixante ans lisait son journal, nu comme un ver, les jambes croisées. Une femme bronzait sur sa serviette, ses seins offerts au ciel, un livre posé sur son ventre. Des enfants couraient entre les tentes, insouciants, leur nudité si naturelle qu'on en oubliait presque la leur. Léa inspira profondément, et lentement, elle défit le nœud du paréo. Le tissu glissa sur sa peau, révélant son ventre plat, ses seins ronds, son bassin étroit. Elle se sentit comme une naissance. Nue. Vulnérable. Libérée.

Ils montèrent la tente en silence, leurs gestes synchronisés par quatre ans de vie commune. Le dôme bleu s'éleva entre les pins, et Léa s'y glissa pour ranger les affaires, son corps enfin à l'abri des regards. Mais au fond, elle savait que cette pudeur n'était qu'une habitude, un vêtement de plus qu'elle devrait apprendre à enlever. Elle entendit Julien siffloter dehors, installant les chaises pliantes, le réchaud, cette vie de campeur qu'ils aimaient tant.

C'est à ce moment qu'une voix joyeuse s'éleva.

"Salut ! Vous êtes les nouveaux du 7, non ?"

Léa sortit la tête de la tente et découvrit un couple debout devant leur emplacement. L'homme était grand, les épaules larges, avec une barbe rousse taillée court et des yeux verts qui pétillaient. La femme, plus petite, avait une chevelure blonde fouettée par le vent et un sourire immense qui plissait les coins de ses yeux. Tous deux étaient nus, bien sûr, sans la moindre gêne, leurs corps bronzés comme s'ils vivaient là depuis des semaines.

"Nous sommes au 8," dit la femme en désignant la tente voisine. "Je suis Manon, et voici Thomas. On se disait que vous voudriez peut-être partager notre feu ce soir ?"

Julien jeta un coup d'œil à Léa, un sourire aux lèvres. Elle sentit un frisson lui parcourir l'échine, ce mélange d'appréhension et de curiosité qui la rendait fébrile. Elle savait que son mari aimait ces rencontres imprévues, ces moments où l'inconnu devenait confident.

"Avec plaisir," répondit-elle avant même d'avoir réfléchi.

La soirée tomba sur le camping comme un rideau de velours. Le ciel s'embrasa d'orange et de pourpre, puis vira au bleu profond, parsemé d'étoiles que la campagne dévoilait sans pudeur. Le feu de camp crépitait entre les emplacements 7 et 8, ses flammes dansant sur les visages des quatre campeurs. Thomas avait apporté des guimauves, des bières fraîches, et une bouteille de vin rouge qui circulait de main en main. Léa s'était installée sur une couverture, ses jambes croisées, son corps nu réchauffé par les braises et par l'alcool qui coulait dans ses veines.

Les conversations allaient bon train. Ils parlaient de leurs vies, de leurs métiers, de leurs voyages. Léa apprit que Thomas était architecte, Manon professeure de yoga. Ils n'avaient pas d'enfants, et leurs vacances étaient toujours un prétexte pour se retrouver, pour se redécouvrir. Julien raconta leur randonnée en Corse, leurs nuits à la belle étoile, cette complicité qui les liait depuis le premier jour.

Manon se pencha vers Léa, sa main effleurant son avant-bras.

"Vous êtes beaux, tous les deux," dit-elle doucement. "On le voit, l'amour que vous avez."

Léa rougit. Le compliment, dans ce contexte, prenait une résonance particulière. Les regards de Manon s'attardèrent sur son corps, sur ses seins, sur ses hanches, mais ce n'était pas un regard de jalousie. C'était un regard d'admiration, de désir partagé. Léa sentit ses tétons se durcir sous la caresse invisible de ses yeux. Elle croisa les bras instinctivement, puis les relâcha, honteuse de cette pudeur qui la rattrapait.

"Vous êtes belle, Léa. Vraiment."

La voix de Thomas était grave, chaude comme le feu. Elle leva les yeux vers lui, et son regard plongea dans le sien. Il y avait une intensité dans ses prunelles vertes, une franchise qui la désarma. Il ne la déshabillait pas du regard, il la voyait. Telle qu'elle était. Nue.

Julien passa un bras autour de ses épaules, l'attirant contre lui. Ses doigts tracèrent des cercles sur sa peau, un geste habituel mais qui ce soir semblait chargé de sens. Léa s'appuya contre son torse, sentant son souffle dans ses cheveux. Elle savait qu'il aimait ces moments où elle se laissait aller, où elle acceptait d'être désirée, même par d'autres. C'était leur jeu, leur secret, cette complicité qui les rendait plus forts.

Le vin coulait, les rires s'égrenaient dans la nuit. Le feu projetait des ombres dansantes sur les corps nus, les sculptant en formes mouvantes. Léa sentait le regard de Manon sur elle, ce regard doux et insistant qui la parcourait comme une main invisible. Elle se tourna vers elle, un sourire aux lèvres, et leurs yeux se rencontrèrent. Un accord silencieux, une permission muette.

"J'ai une bouteille de porto dans la tente," dit Manon en se levant. "Vous voulez goûter ?"

Elle disparut un instant, laissant Léa seule avec Thomas. Le silence était chargé d'électricité, cette tension délicieuse qui précède les basculements. Julien se leva à son tour, prétextant chercher une autre couverture, mais Léa le retint par la main.

"Reste," murmura-t-elle. "Reste."

Il se rassit, son corps contre le sien, et elle sentit son sexe dur contre sa cuisse. Le désir était là, palpable, insistant. Il n'y avait plus de mots, plus de confidences, plus que ces corps qui se parlaient dans la langue des peaux.

Manon revint avec le porto, mais elle ne s'assit pas. Elle se tint debout devant Léa, son corps offert, ses seins ronds éclairés par les flammes. Elle tendit le verre, et Léa le prit, leurs doigts se touchant dans un frôlement qui dura une seconde de trop.

"Vous êtes prêts ?" demanda Manon, sa voix à peine plus haute qu'un souffle.

Léa comprit que la question ne portait pas sur le porto.

Elle regarda Julien, ses yeux cherchant une réponse dans les siens. Il hocha la tête, un sourire aux lèvres, et elle sentit cette chaleur monter en elle, ce désir qu'elle n'avait jamais vraiment osé avouer. Elle reposa le verre sur l'herbe et se leva à son tour. Ses seins dansaient sous la lumière du feu, ses hanches se balançaient au rythme des braises.

"Je suis prête," dit-elle.

Thomas se leva lui aussi, et ils étaient quatre, nus, face au feu, leurs souffles mêlés dans l'air frais de la nuit. Les premières mains s'égarèrent, timides, exploratrices. Manon caressa l'épaule de Léa, suivit la ligne de sa nuque, et leurs lèvres se frôlèrent. Un baiser d'abord, léger, à peine un contact. Puis un second, plus appuyé, où les langues se trouvèrent.

Léa sentit les mains de Thomas sur ses hanches, ses doigts s'enfonçant dans sa chair, tandis que Julien embrassait Manon à quelques centimètres. C'était vertigineux, ce mélange de corps, ce brouillage des limites. Elle ne savait plus où commençaient ses mains, où finissaient celles des autres. Les quatre corps n'étaient plus que des courbes enlacées, des souffles saccadés, des peaux qui se cherchaient dans la pénombre.

Elle se retrouva allongée sur la couverture, les étoiles au-dessus d'elle, et les deux hommes penchés sur son corps. Thomas embrassait sa bouche tandis que Julien descendait le long de sa gorge, ses lèvres traçant un chemin de feu sur sa poitrine. Elle sentit ses dents mordre son téton, une douleur exquise qui fit monter un gémissement de sa poitrine. Manon était là aussi, ses doigts parcourant l'intérieur de ses cuisses, cette zone si sensible qu'elle frémissait sous chaque caresse.

Léa perdit la notion du temps. Les corps se confondaient, les plaisirs s'accumulaient comme des vagues. Elle sentit Thomas s'insérer en elle d'un coup, sa chaleur la remplissant tandis que Julien se glissait dans sa bouche. Ses deux trous étaient occupés, remplis, possédés, et elle se laissa aller à ce vertige. Les allers-retours s'accéléraient, les doigts de Manon jouant avec son clitoris, la tirant vers cet orgasme qui montait lentement.

Elle jouit une première fois en criant son prénom, un prénom qu'elle ne reconnut pas tant il était déformé par le plaisir. Puis elle sentit Julien se retirer de sa bouche pour la retourner, la prendre par-derrière pendant que Thomas continuait en elle. Les deux hommes la prenaient à tour de rôle, leurs sexe glissant l'un après l'autre dans sa chaleur, leurs mains sur ses hanches, ses épaules, ses seins.

Manon s'allongea devant elle, ses jambes ouvertes, son sexe humide tendu vers Léa. Léa comprit ce qu'elle attendait, et elle plongea sa langue dans ce jardin ouvert, goûtant ce nectar salé qui la fit frémir. Elle lécha, suça, ses doigts s'enfonçant dans la chair de Manon tandis que les hommes la prenaient par-derrière. Les gémissements se mêlaient, les corps se confondaient, et la nuit était pleine de ces bruits d'amour qui résonnaient comme une incantation.

Thomas jouit en elle, sa semence chaude inondant son ventre, et Léa sentit cette chaleur se répandre comme une promesse. Julien la reprit alors, ses coups plus profonds, plus sauvages, et elle cria de nouveau, son orgasme explosant en même temps que celui de son mari. Les deux hommes se retirèrent ensemble, leurs sexe encore durs, et ils s'allongèrent sur l'herbe, les souffles haletants.

Manon se releva, ses lèvres humides de la langue de Léa, et elle se pencha sur Thomas. Elle prit son sexe dans sa bouche, le nettoyant du sperme de Léa et de son propre jus, tandis que Julien la regardait, ses yeux brillants de désir. Léa s'approcha de lui, l'embrassa, goûtant sur ses lèvres le mélange de leurs corps.

"À toi," murmura-t-elle.

Julien se tourna vers Manon, son sexe à nouveau dur. Il la prit en levrette, ses mains sur ses hanches, tandis que Thomas s'allongeait sous Léa, l'attirant sur lui. Léa chevaucha Thomas, ses seins dansant sous les étoiles, tandis que Manon gémissait sous les coups de Julien. Les quatre corps n'étaient plus qu'un seul animal, une bête à quatre têtes qui cherchait son plaisir dans la nuit.

Léa sentit un deuxième orgasme monter, plus profond, plus viscéral. Elle cria, ses doigts s'enfonçant dans la poitrine de Thomas, tandis que lui jouissait en elle une seconde fois, sa semence mêlée à celle de Julien qui emplissait Manon. Les deux hommes se retirèrent, épuisés, et les deux femmes s'enlacèrent sur la couverture, leurs corps collés, leurs souffles mêlés.

Elles s'embrassèrent longuement, un baiser qui goûtait le vin, le feu, et leur propre désir. Léa sentit les doigts de Manon s'aventurer entre ses cuisses, jouant avec son clitoris encore sensible. Elle se laissa faire, ses mains parcourant le corps de Manon, ses seins, son ventre, cette peau douce qu'elle apprenait à connaître.

"Encore," murmura Léa.

Manon sourit dans la pénombre. Elle descendit le long du corps de Léa, ses lèvres traçant un chemin de feu sur son ventre, ses hanches, l'intérieur de ses cuisses. Sa langue trouva son clitoris, le lécha, le suça, tandis que Léa gémissait de plus belle. Les deux hommes regardaient, leurs corps de nouveau tendus, leurs mains caressant leurs propres sexes.

Léa jouit une troisième fois, ses doigts enfoncés dans les cheveux blonds de Manon, son corps secoué de spasmes. Elle s'affaissa sur la couverture, épuisée, vidée, et Manon remonta vers elle, leurs lèvres s'unissant dans un baiser qui goûtait son propre plaisir.

Les quatre corps s'installèrent sur la couverture, enlacés les uns aux autres. Le feu s'était éteint, ne laissant que des braises qui rougeoyaient dans la nuit. Léa se blottit contre Julien, sa tête sur son torse, tandis que Thomas et Manon s'allongeaient de l'autre côté, leurs mains entrelacées.

"On recommence demain ?" demanda Manon, sa voix fatiguée mais rieuse.

Léa rit, un petit rire qui secoua ses épaules.

"Demain matin. Au lever du soleil."

Ils s'endormirent ainsi, nus sous les étoiles, leurs corps mêlés comme les branches des pins au-dessus d'eux. Le vent caressait leurs peaux, le feu mourait lentement, et la nuit était pleine de ces promesses, ces confidences qu'on ne fait qu'à ceux qui vous ont vu nu.

Au matin, Léa s'éveilla la première. Le soleil se levait sur le camping, dorant les tentes d'une lumière chaude. Elle regarda les trois corps endormis autour d'elle, ce tableau paisible de peaux nues et de sourires apaisés. Elle se sentait légère, libre, comme si la nuit avait effacé toutes ses pudeurs.

Julien ouvrit les yeux, la regarda, et lui sourit.

"Bien dormi ?"

Elle posa sa main sur sa joue, ses doigts caressant sa barbe naissante.

"J'ai jamais aussi bien dormi."

Il l'attira contre lui, ses lèvres cherchant les siennes. Leurs baisers se firent plus profonds, plus intimes, tandis que les autres dormaient encore. Il la fit glisser sur lui, la prenant doucement, à l'aube naissante, tandis que le camping s'éveillait autour d'eux.

Léa se cambra, ses seins offerts au ciel, et elle se laissa emporter par ce plaisir tranquille, ce matin qui promettait une journée de découvertes. Elle n'avait plus peur. Plus de gêne. Juste cette certitude que son corps était à elle, qu'il pouvait être offert, partagé, savouré.

Les quatre campeurs passèrent la journée à se regarder, à se sourire, à se frôler. Ils partagèrent leurs repas, leurs baignades dans le lac voisin, leurs confidences. La nuit venue, le feu fut rallumé, et les corps se retrouvèrent, mêlés, offerts.

Léa n'avait jamais connu une telle plénitude. Elle comprit que l'échangisme n'était pas une trahison, mais un partage, une manière de se retrouver en se perdant un peu. Elle n'aimait pas moins Julien pour avoir pris Thomas, elle l'aimait davantage, comme s'ils avaient découvert ensemble un territoire inexploré.

La dernière nuit, ils firent l'amour tous les quatre une dernière fois, leurs corps soudés dans une danse lente et profonde. Les orgasmes se succédèrent, les fluides se mêlèrent, et quand ils s'endormirent, enlacés, Léa sut qu'elle ne serait plus jamais la même.

Le lendemain, ils se dirent au revoir sur le parking du camping. Manon la serra dans ses bras, un long moment, ses lèvres effleurant son oreille.

"On se reverra," murmura-t-elle. "Je le sais."

Léa hocha la tête, les larmes aux yeux. Elle monta dans la voiture, Julien au volant, et ils s'éloignèrent sous le soleil de midi. Les pins défilaient, le camping s'évanouissait dans le rétroviseur, mais elle gardait au creux de son ventre cette chaleur, cette promesse, ces braises qui ne s'éteindraient jamais.

Le voyage de retour fut silencieux. Pas un silence pesant, mais un silence de ceux qui ont tout dit, tout donné. Julien posa sa main sur sa cuisse, ses doigts traçant des cercles sur sa peau.

"J'ai aimé te voir comme ça," dit-il.

Elle se tourna vers lui, un sourire aux lèvres.

"J'ai aimé être comme ça."

Et ils surent tous les deux que ce n'était qu'un début.






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Insomnie Partagée (nouvelle)

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Insomnie Partagée





L'horloge numérique du chevet affichait 3h14 quand Léo ouvrit les yeux. La chambre baignait dans cette obscurité bleutée que seule la ville sait offrir, ce filtre de lumière urbaine qui traversait les stores et dessinait des rayures fantômes sur le plafond. Il resta immobile quelques secondes, les sens en alerte, à écouter le silence de l'appartement. Rien. Juste le ronronnement lointain du frigo et le battement de son propre cœur qui semblait trop sonore dans la pénombre.

La sueur perlait encore sur sa nuque. Un rêve s'était dissipé au bord de la conscience, emportant avec lui ses images confuses pour ne laisser qu'une chaleur diffuse entre ses cuisses, une tension douce qui n'avait pas tout à fait trouvé son chemin vers le réveil. Il tourna la tête sur l'oreiller et contempla le dos de Clara, sa courbe parfaite, l'épaule qui se soulevait à chaque respiration lente. Elle dormait comme une enfant, une main sous la joue, les cheveux sombres en cascade sur la taie d'oreiller.

Il ne savait pas ce qui l'avait tiré du sommeil. Peut-être une pensée, un souvenir, ou simplement ce besoin animal qui parfois s'éveille aux heures les plus secrètes de la nuit. Il connaissait ce genre d'insomnie. Ce n'était pas l'angoisse, ni l'inquiétude. C'était autre chose, plus viscéral, une pulsation sourde qui réclamait de la chaleur, du contact, de la vie.

Léo retint son souffle et glissa une main hors des draps. L'air de la chambre était frais sur sa peau, un contraste agréable avec la fournaise qu'il avait laissée sous la couette. Sa main resta suspendue un instant au-dessus du corps de Clara, presque à distance, à quelques centimètres de sa hanche. Le temps suspendu. Il pouvait sentir la chaleur émaner de sa peau, même sans la toucher. Cette chaleur qui appelle, qui promet, qui dit "viens".

Sa paume se posa avec une douceur infinie sur la courbe de sa hanche, là où le pyjama de soie formait un pli délicat. Le tissu était lisse sous ses doigts, à peine froissé par son sommeil agité. Clara ne broncha pas. Sa respiration resta profonde, régulière, ce murmure à peine audible qui le rassurait depuis quatre ans. Il aimait la regarder dormir, dans ces moments où la vie se retire un peu pour laisser la vulnérabilité.

Il laissa sa main glisser doucement, traçant une ligne paresseuse sur son flanc, remontant vers ses côtes qu'il sentait bouger au rythme de son souffle. La soie suivait ses doigts comme une seconde peau, et sous ses doigts, il pouvait deviner la douceur de sa chair, ce corps qu'il connaissait par cœur mais qui chaque nuit le surprenait encore. Il s'arrêta au niveau de sa poitrine, là où la courbe s'accentuait, et déposa un baiser sur son épaule dénudée. Un baiser à peine effleuré, du bout des lèvres, comme une promesse.

Clara remua légèrement, un frémissement qui parcourut tout son corps. Un petit bruit de gorge, ce ronronnement à peine audible qu'elle faisait quand elle dormait profondément et que son esprit commençait à émerger par la peau. Léo sourit dans l'obscurité. Il aimait la sentir réagir à ses caresses même dans le sommeil, comme si son corps gardait la mémoire de ses mains, comme si la nuit était l'heure des confidences silencieuses.

Il remonta doucement, n'osant pas encore aller plus loin, juste explorer la courbe de son dos, le creux de ses reins, ces territoires qu'il connaissait mieux que les cartes de sa propre ville. Sa main s'attarda un instant dans le creux lombaire, là où la colonne vertébrale s'effaçait dans la rondeur des fesses. Il appuya du bout des doigts, un massage minuscule, circulaire, à peine appuyé. Clara exhala un petit soupir et se tourna à moitié sur le dos.

Elle ouvrit un œil. Un seul. L'iris sombre brilla un instant dans la pénombre, avant de se refermer. Un sourire naquit au coin de ses lèvres, presque invisible. Elle ne dit rien. Elle savait. Elle pouvait sentir cette présence, cette main qui s'aventurait, cette chaleur qui se rapprochait.

Alors Léo se rapprocha vraiment. Son torse colla contre son dos, sa respiration dans son cou. Il sentit la mousse de son shampooing, ce parfum d'abricot qui persistait même après une nuit de sommeil. Il l'aspira, s'enivra, laissant ses lèvres effleurer son épaule, la naissance de sa nuque, cette zone si sensible qui la faisait toujours frissonner. Et elle frissonna. Un petit tremblement qui partit de son épaule pour descendre le long de sa colonne, ondulant jusqu'à ses pieds.

Sa main, sous la couette, glissa vers son ventre, ce ventre plat qu'il aimait couvrir de baisers le matin quand ils prenaient leur temps. Il appliqua sa paume à plat contre sa peau, juste au-dessus du nombril, et sentit la chaleur intense qui émanait d'elle. Clara respira un peu plus fort, une fois, deux fois, ce rythme qui changeait quand elle commençait à s'éveiller vraiment. Elle ne bougea pas encore, elle se laissa faire, offrant son corps en confidence.

Léo se souleva sur un coude pour la regarder. Ses yeux étaient fermés, mais ses lèvres entrouvertes laissaient échapper une respiration plus rapide, plus courte. Un filet de lumière traversait le store et tombait sur son cou, dessinant la ligne de sa mâchoire. Il avait envie de la dévorer, mais il savait que ce n'était pas encore l'heure. L'heure des lenteurs. L'heure des redécouvertes.

Il laissa sa main s'aventurer plus bas, passant la ceinture de son pyjama, cette fine barrière de tissu qui cédait sous ses doigts comme une promesse. Sa paume rencontra la chaleur de son ventre, cette zone toujours un peu plus chaude que le reste, comme si un foyer intérieur brûlait rien que pour lui. Il écarta les doigts, palpa doucement la courbe de son bassin, ces os qui dessinaient une arche qu'il suivit jusqu'au creux de ses hanches.

Clara s'étira. Un mouvement lent, délibéré, comme un chat qui tend chaque muscle avant de bondir. Sa main à elle chercha la sienne sous les draps, l'attrapa, la guida. Un geste qui disait "continue", "ne t'arrête pas", "je suis là". Elle n'avait pas encore ouvert les yeux, mais tout son corps parlait, un langage que Léo comprenait parfaitement après toutes ces nuits et toutes ces insomnies partagées.

Il la retourna doucement. Clara se laissa faire, roulant sur le dos, ses cheveux sombres s'étalant en auréole sur l'oreiller. Elle ouvrit enfin les yeux, deux éclats d'ambre dans la pénombre, et le regarda. Ce regard. Ce mélange d'endormie et d'éveillée, de fragilité et de désir, ce regard qui lui disait "tu es là" et "je t'attendais". Leurs yeux se trouvèrent, se reconnurent, se promirent. Pas besoin de mots. Les mots viendraient plus tard, quand la fièvre serait retombée.

Léo se pencha sur elle, ses lèvres effleurant les siennes. Un baiser d'abord, un simple contact, un goût de sommeil et de vie. Puis un second, plus appuyé, où les langues se cherchèrent. Clara passa ses bras autour de son cou, l'attirant contre elle, ses doigts se nouant dans ses cheveux courts, les tirant doucement. Elle aimait ça, cette douce douleur, ce rappel qu'il était là, réel, en vie, tout contre elle.

Sous les draps, leurs jambes s'entremêlèrent. Léo sentit la chaleur de sa cuisse contre la sienne, la douceur de sa peau, cette soie naturelle qu'elle avait sans jamais rien faire. Il caressa sa jambe, remontant de la cheville au genou, puis de la cuisse à la hanche, traçant des cercles lents qui élargissaient la zone de contact. Elle se cambra légèrement, offrant son ventre, ce ventre qu'il aimait couvrir de baisers jusqu'à ce qu'elle en perde le souffle.

Il glissa une main entre ses cuisses, là où la chaleur était la plus intense. Il sentit son sexe à travers le coton, cette humidité naissante, ce frémissement qui disait "je suis prête". Il ne se précipita pas. Il savait que le plaisir de cette heure était dans la lenteur, dans les petites morts avant la grande, dans ces instants suspendus où le temps n'existait plus que par le battement des cœurs.

Clara grogna, un son grave au fond de sa gorge, et ses mains descendirent le long du torse de Léo, jouant avec ses tétons, cette zone si sensible qu'elle connaissait par cœur. Il frissonna à son tour, cette fois, cette traînée de plaisir qui partait de sa poitrine pour descendre le long de son ventre, plus bas, toujours plus bas. Elle attrapa son sexe déjà dur, l'enveloppa de ses doigts, et le caressa avec une lenteur insupportable. Le souffle de Léo s'accéléra, il s'arrêta une seconde, juste une seconde, pour savourer cette sensation, cette main qui ne lui appartenait plus mais qui faisait de lui ce qu'elle voulait.

Il plongea alors, ses lèvres trouvant sa bouche, sa gorge, le creux de sa clavicule, ce point précis qui la faisait gémir à chaque fois. Elle gémit. Un petit son étouffé, à peine audible, qu'elle noya contre son épaule en mordant la peau. Il sentit ses dents, cette marque qu'elle laissait parfois quand l'envie était trop forte, et ça le fit sourire.

Il remonta le pyjama de soie, le dégageant du corps de Clara, découvrant sa poitrine offerte. La lumière de la ville dansait sur ses seins, dessinant des ombres mouvantes. Il s'attarda là, ses lèvres parcourant le galbe, ses dents effleurant le téton qui se dressait déjà. Elle se cambra davantage, offrant plus, ses doigts maintenant enfoncés dans ses épaules comme pour s'y accrocher.

Il descendit plus bas, traçant un chemin de baisers sur son ventre, ce ventre qui se soulevait sous ses lèvres, ce ventre qui l'accueillait comme un territoire sacré. Il arriva à la ceinture de son pyjama et l'écarta enfin, découvrant l'échancrure de ses cuisses. Il posa ses lèvres sur le haut de son pubis, juste là où la peau devient plus fine, plus sensible, et il souffla. Clara sursauta, ses mains s'agrippant à ses cheveux, et elle le tira vers elle.

Il comprit. Elle ne voulait plus attendre.

Il remonta sur elle, son sexe pressé contre son ventre, cette chaleur qui les unissait sans encore les pénétrer. Il la regarda dans les yeux. Elle était là, pleinement éveillée maintenant, les pupilles dilatées, les lèvres humides, la respiration haletante. "Viens," murmura-t-elle, et ce simple mot suffit à faire exploser la dernière barrière.

Il s'inséra en elle avec une lenteur calculée, sentant chaque millimètre de cette entrée qui était à la fois un retour et une découverte. Elle poussa un soupir profond, un soupir qui venait de là où les mots ne vont pas, et ses hanches se soulevèrent pour l'accueillir. Il s'arrêta un instant, à l'intérieur, juste pour sentir cette chaleur qui l'enveloppait, cette étreinte qui n'était pas de ses bras mais de tout son corps.

Clara bougea. Un mouvement de bassin, infime, presque imperceptible, mais qui suffit à le faire basculer. Il se mit à son rythme, un rythme lent, profond, chaque va-et-vient une promesse. Les draps froissés, les souffles saccadés, les corps qui trouvaient leur cadence après toutes ces années d'entraînement. La chambre n'était plus que bruits : le craquement du sommier, le souffle qui s'accélérait, les gémissements étouffés.

Léo sentit la montée, cette vague qui commençait à se former loin, très loin, et qui avançait inexorablement. Il ralentit, voulant la faire durer, cette sensation de lévitation où le monde n'existe plus que par le corps de l'autre. Clara colla ses mains contre les siennes, doigts entrelacés, et ils s'arrêtèrent un instant, juste un instant, à se regarder. Les yeux dans les yeux, les souffles mêlés, les corps unis.

"Ne t'arrête pas," murmura-t-elle, et il ne s'arrêta pas.

Il accéléra, les coups plus profonds, plus précis, atteignant ce point en elle qui la faisait crier. Elle ne criait pas, pas vraiment, pas encore, mais ses doigts s'enfonçaient dans son dos, ses ongles laissaient des traces, et sa voix montait, cette voix qu'elle ne reconnaissait pas elle-même. Il sentait sa chaleur l'envelopper, l'aspirer, l'entraîner dans ce tourbillon où il n'y avait plus ni Léo ni Clara mais un seul être à la recherche de sa propre lumière.

Il la retourna. Un geste brusque, presque violent, où il la fit pivoter sur le ventre et la reprit par-derrière, ses mains agrippées à ses hanches, ses doigts s'enfonçant dans la chair. Elle poussa un cri étouffé dans l'oreiller, les épaules soulevées, le dos cambré, offrant tout ce qu'elle pouvait offrir. Il la prit ainsi, profondément, sauvagement, les coups de bassin qui résonnaient dans la chambre comme un appel.

Clara s'abandonna. Elle lâcha prise, ses muscles se détendirent, et elle le laissa la mener là où il voulait, cette chute libre qu'elle aimait tant, ce moment où plus rien n'existe que ses mains sur elle, sa respiration dans son cou, son sexe en elle. Elle gémit son prénom, une fois, deux fois, un mantra qui rythmait leurs mouvements.

Léo sentit le moment approcher. La tension dans son ventre, cette chaleur qui se concentrait, qui montait. Il ralentit, voulant prolonger, mais Clara bougea ses hanches dans un mouvement circulaire, l'invitant à ne pas attendre. "Maintenant," dit-elle, et ce mot ouvrit les vannes.

Il jouit en elle dans un soupir rauque, ses mains toujours enfoncées dans ses hanches, son corps tendu comme une corde. Clara le suivit presque immédiatement, un cri étouffé dans l'oreiller, des tremblements qui parcoururent tout son corps, des vagues qui se succédaient dans un silence presque religieux. Ils restèrent ainsi quelques secondes, immobiles, soudés l'un à l'autre, les souffles qui reprenaient peu à peu un rythme normal.

Puis Léo retira son sexe d'elle, doucement, et se laissa tomber sur le dos, les bras en croix, épuisé. Clara se retourna, vint se blottir contre lui, sa tête sur son torse, ses doigts traçant des cercles sur sa poitrine. La sueur perlait encore sur leurs peaux, les draps étaient en désordre, la chambre embaumait l'odeur de leurs corps mêlés.

Il passa un bras autour d'elle, l'attirant plus près, et posa un baiser sur son front. Elle ferma les yeux, un sourire aux lèvres.

"T'as mis du temps à venir," murmura-t-elle, la voix ensommeillée.

"Je voulais te regarder dormir," répondit-il.

Elle rit, un petit rire fatigué.

"On recommence quand tu veux."

Léo sourit dans l'obscurité. L'horloge affichait 4h47. Le jour allait bientôt se lever. Mais pour l'instant, il n'y avait qu'elle, cette chaleur, cette paix qui s'installait dans ses os. Il sentit sa respiration s'apaiser, se faire plus régulière. Elle s'endormait déjà.

Il la regarda une dernière fois, cette femme qui partageait ses insomnies, ses rêves, ses corps. Il éteignit l'horloge avec un doigt pour ne plus voir le temps passer, puis il ferma les yeux à son tour, bercé par le souffle de Clara contre son torse.

Le sommeil vint, cette fois, léger et profond, emportant avec lui les dernières heures de la nuit. Dehors, la ville commençait à s'éveiller, mais dans la chambre, il n'y avait que deux corps enlacés, deux respirations qui s'accordaient, deux cœurs qui battaient l'un pour l'autre. Une insomnie partagée, une nuit de plus, une promesse de recommencer.






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Amal: (6) Après l’Orage (nouvelle)

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Amal: (6) Après l’Orage





La pluie frappait les vitres de l’immeuble avec une régularité sourde quand la sonnette retentit. Amal, encore enveloppée dans la chaleur de sa douche, serra la ceinture de sa robe de chambre rose satinée et alla ouvrir. Diane se tenait sur le palier, les cheveux bouclés un peu mouillés, la robe bleu marine collée à sa peau par la pluie, un petit sac à l’épaule. Ses yeux étaient plus sombres que d’habitude.

— Je ne savais pas où aller, dit-elle simplement. Ils sont chez sa mère jusqu’à demain soir. Ma fille aussi. J’ai pris la voiture et… je suis venue.

Amal s’écarta sans un mot. Diane entra, sentit l’odeur familière de l’appartement, celle du savon d’Amal et du café tiédi. Elle retira ses chaussures, laissa le sac tomber près de la porte. Amal alla chercher une serviette, lui sécha un peu les cheveux, les épaules. Leurs doigts se frôlèrent. Le contact fut bref, mais il suffit à faire remonter tout ce qu’elles avaient partagé quelques semaines plus tôt.

Elles s’installèrent sur le canapé gris. Amal avait allumé seulement la lampe du coin, celle qui donnait une lumière chaude et basse. Diane était encore en robe, le tissu sombre moulant sa poitrine et ses hanches. Amal, elle, gardait la robe de chambre rose, entrouverte juste assez pour laisser deviner la peau encore humide de la douche. Elles parlèrent d’abord de choses ordinaires : le service, une collègue qui venait de partir en congé, le temps qu’il faisait, les embouteillages. La pluie continuait de tomber dehors, un bruit de fond constant qui isolait encore davantage l’appartement.

Puis le silence s’installa autrement. Diane posa son verre de vin sur la table basse, se tourna vers Amal.

— Tu y as repensé ? demanda-t-elle tout bas.

Amal n’eut pas besoin de demander à quoi. Elle hocha la tête.

— Tous les jours. Et toi ?

— Toutes les nuits. Même quand il est à côté de moi. Surtout quand il est à côté de moi.

Leurs regards se croisèrent. Diane tendit la main, posa ses doigts sur le menton d’Amal, exactement comme elle l’avait fait la dernière fois. Le pouce caressa la ligne de la mâchoire. Amal ferma les yeux une seconde. Quand elle les rouvrit, Diane était plus près. Leurs souffles se mêlaient déjà.

— Je n’arrive pas à l’éteindre, murmura Diane. Ce désir. Il est là, tout le temps. Je me réveille la nuit et je te sens encore sur ma peau.

Amal ne répondit pas par des mots. Elle pencha la tête, posa ses lèvres sur celles de Diane. Le baiser fut lent, profond, chargé de toutes les semaines d’attente. La langue de Diane entra dans sa bouche, exploratrice, familière. Amal gémit faiblement. Sa main monta dans les cheveux bouclés encore humides, les enfonça. L’autre main trouva la taille de Diane, le tissu de la robe bleu marine.

Diane glissa plus près sur le canapé. Ses doigts quittèrent le visage d’Amal pour descendre le long de sa gorge, puis sur le bord de la robe de chambre rose. Elle tira doucement sur le satin. La ceinture se desserra. Le tissu s’ouvrit un peu, révéla le haut des seins, la peau tiède encore parfumée de savon. Diane ne précipita rien. Elle laissa ses doigts glisser le long de l’ouverture, frôlant la courbe d’un sein sans le prendre vraiment. Amal arqua légèrement le dos, offrit davantage.

— Encore, souffla-t-elle.

Diane dénoua complètement la ceinture. La robe rose s’écarta, tomba de chaque côté des épaules d’Amal. Les seins apparurent, lourds, les mamelons déjà durs. Diane les regarda un long moment, comme si elle les redécouvrait. Puis elle posa les paumes à plat dessus, sentit leur poids, leur chaleur. Ses pouces commencèrent à titiller les mamelons, des cercles lents, insistants. Amal ferma les yeux, laissa échapper un gémissement plus profond. Chaque frottement envoyait une décharge directe entre ses cuisses.

Diane se pencha, remplaça un de ses pouces par sa bouche. Elle prit le mamelon entre ses lèvres, le suçota avec une lenteur presque cruelle, tourna la langue autour, mordilla juste assez pour faire sursauter Amal. Elle passa à l’autre sein, prit le même temps, la même attention. Ses mains tenaient les seins, les soulevaient vers sa bouche. Amal avait la tête renversée contre le dossier du canapé, les lèvres entrouvertes, les mains perdues dans les cheveux de Diane. La robe rose n’était plus qu’un cadre satiné autour de son torse nu.

Quand Diane releva la tête, ses lèvres étaient brillantes. Elle embrassa Amal à nouveau, lui fit goûter le sel de sa propre peau. Puis ses doigts redescendirent, ouvrirent davantage la robe, glissèrent sur le ventre, s’arrêtèrent au bord de la culotte fine qu’Amal portait. Elle caressa à travers le tissu d’abord, sentit l’humidité déjà présente. Amal écarta les cuisses sans qu’on le lui demande. Diane tira la culotte sur le côté, laissa ses doigts trouver la fente chaude, glisser le long des lèvres gonflées, s’attarder sur le clitoris. Des cercles lents, précis. Amal gémissait maintenant plus fort, les hanches suivant le mouvement.

Diane la fit glisser un peu plus bas sur le canapé, s’agenouilla au sol entre ses jambes. Elle retira complètement la culotte, la jeta quelque part derrière elle. Puis elle ouvrit les cuisses d’Amal avec ses mains et posa sa bouche là où ses doigts avaient été. Sa langue trouva le clitoris immédiatement, le lécha, le suçota, le tourmenta avec une patience infinie. Deux doigts entrèrent en même temps, se courbèrent, cherchèrent le point qui faisait trembler Amal. La pluie battait toujours les vitres. Les gémissements d’Amal se mêlaient au bruit de l’orage.

Elle jouit une première fois ainsi, les cuisses serrées autour de la tête de Diane, un long cri rauque qu’elle étouffa à moitié contre le dos de sa main. Diane ne s’arrêta pas. Elle continua à lécher, plus doucement, jusqu’à ce que le corps d’Amal se détende, puis recommença à insister. La deuxième vague monta plus lentement, plus large. Amal agrippa les coussins, les hanches soulevées, et jouit à nouveau en appelant le prénom de Diane d’une voix cassée.

Diane remonta, l’embrassa. Amal goûta son propre désir, mêlé à la pluie et au rouge à lèvres de Diane. Elle tira sur la robe bleu marine. Diane se laissa faire. Le tissu glissa le long de son corps, révéla un soutien-gorge noir, une culotte assortie. Amal les retira à son tour, avec la même lenteur. Les seins de Diane tombèrent lourds dans ses mains. Elle les suçota comme on lui avait fait, longuement, avidement. Puis elle glissa plus bas, embrassa le ventre, le mont de Vénus, et ouvrit les cuisses de Diane.

Sa langue trouva le clitoris déjà gonflé. Elle lécha avec application, fit entrer ses doigts, les bougea en rythme. Diane tenait sa tête, gémissait son nom, les hanches suivant chaque mouvement. Quand elle jouit, ce fut en pressant le visage d’Amal contre elle, un gémissement long et tremblant qui se termina en souffle court.

Elles glissèrent du canapé au sol, sur le tapis épais. La robe rose d’Amal était maintenant complètement ouverte, étalée sous elle comme une tache de couleur claire. Diane s’allongea à l’envers, au-dessus d’elle, et elles se trouvèrent en 69. La bouche de Diane revint sur le sexe d’Amal, chaude, humide, insistante. En même temps, Amal ouvrit les cuisses de Diane au-dessus de son visage et plongea sa langue. Elles se léchaient mutuellement avec une intensité croissante, les hanches se balançant, les gémissements vibrants l’un contre l’autre. Les doigts s’ajoutèrent, entrèrent, ressortirent, caressèrent. L’odeur de leurs sexes se mêlait, le goût aussi. Amal sentait Diane jouir contre sa bouche en même temps qu’elle-même se contractait autour de la langue de Diane. Elles vinrent presque ensemble, les corps tendus, les cris étouffés contre la chair.

Elles restèrent ainsi un moment, le visage encore enfoui l’une contre l’autre, le souffle court. Puis Diane se retourna, s’allongea à côté d’Amal, face à face. Leurs seins se touchaient. Diane passa une jambe par-dessus la cuisse d’Amal et colla son sexe contre le sien. Elles se frottèrent lentement d’abord, clitoris contre clitoris, lèvres contre lèvres, dans un mouvement humide et précis. Les mains tenaient les hanches, les fesses, les seins. Le plaisir remontait déjà, différent, plus large. Elles accélérèrent. Le bruit de leurs sexes qui glissaient l’un contre l’autre emplissait le salon. Amal jouit en premier, en agrippant la fesse de Diane, un gémissement rauque. Diane suivit presque aussitôt, le front collé contre celui d’Amal, les yeux fermés.

Elles ne s’arrêtèrent pas. Diane glissa une main entre elles, trouva le clitoris d’Amal, le frotta pendant qu’elles continuaient à se presser l’une contre l’autre. Deux doigts entrèrent en Amal, puis en Diane. Elles se doigtèrent mutuellement en se frottant, en s’embrassant, en se mordillant les lèvres. Les orgasmes se succédèrent, moins violents mais plus profonds, plus longs. Amal perdit le compte. Chaque fois que le plaisir retombait, les doigts ou la cuisse de Diane le faisaient remonter. Chaque fois, Diane répondait de la même façon.

À un moment, Amal bascula Diane sur le dos, s’agenouilla entre ses cuisses et la lécha à nouveau, longuement, jusqu’à ce que Diane jouisse une fois de plus en tenant sa tête à deux mains. Puis elle se retourna, s’assit sur le visage de Diane, et se frotta contre sa bouche jusqu’à jouir elle-même en s’appuyant sur le bord du canapé. Diane la tenait par les hanches, la langue active, avide.

Elles finirent par remonter sur le canapé, épuisées. Amal était encore ouverte, la robe rose complètement écartée, les cuisses écartées, le sexe brillant et sensible. Diane s’allongea contre elle, une jambe passée sur la sienne, une main posée sur son sein. Leurs souffles se calmaient lentement. La pluie avait diminué dehors, n’était plus qu’un bruissement léger.

Diane caressait paresseusement le ventre d’Amal, remontait vers un mamelon, le titillait du bout des doigts sans chercher à relancer tout de suite. Amal avait les yeux mi-clos, le corps lourd, satisfait, encore parcouru de petits frissons. Elle sentait l’humidité de Diane contre sa cuisse, l’odeur de leurs sexes mêlés, la chaleur de la peau contre la sienne.

— Je ne peux pas rester demain matin, murmura Diane. Ils rentrent en fin d’après-midi.

— Je sais.

— Mais ce soir…

— Ce soir tu restes.

Diane hocha la tête contre l’épaule d’Amal. Sa main redescendit entre les cuisses ouvertes, trouva le clitoris encore gonflé, le caressa avec une lenteur infinie. Amal écarta un peu plus les jambes, laissa faire. Le plaisir monta une dernière fois, doux, presque nostalgique. Elle jouit en silence, le visage tourné vers le cou de Diane, les lèvres contre sa peau.

Elles restèrent allongées ainsi, enlacées, ouvertes l’une contre l’autre, sur le canapé gris. La robe rose était froissée sous elles, la robe bleu marine était quelque part sur le sol. Leurs corps encore sensibles se touchaient de partout. Dehors, l’orage était passé. À l’intérieur, le désir qu’elles n’avaient pas réussi à éteindre les avait de nouveau traversées, les avait de nouveau remplies, les avait de nouveau laissées haletantes et satisfaites.

Amal posa un baiser sur les cheveux bouclés de Diane. Diane répondit en resserrant son bras autour d’elle. Elles ne parlèrent plus. Il n’y avait plus besoin de mots. Seulement la pluie lointaine, le battement de leurs cœurs qui se calmaient, et la certitude silencieuse qu’elles reviendraient l’une vers l’autre, encore et encore, tant que le désir resterait aussi difficile à contenir.







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Amal: (5) Métamorphoses (nouvelle)

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Amal: (5) Métamorphoses





Amal reconnut la silhouette près du comptoir des pizzas à emporter. Quinze ans. Les mêmes yeux clairs, les mêmes cheveux bouclés un peu plus longs, un peu plus clairs maintenant, une silhouette plus ronde, plus affirmée. Diane. L’infirmière avec qui elle avait partagé des gardes de nuit interminables, des cafés trop forts, des rires étouffés dans le office. Diane qui avait dansé à son mariage, qui avait tenu Élie bébé dans ses bras, qui avait pleuré avec elle le jour de l’enterrement.

— Amal ?

La voix n’avait pas changé. Elles se regardèrent une seconde, puis se prirent dans les bras au milieu du magasin, maladroites, émues. Diane sentait le parfum léger et le savon. Amal serra plus fort.

Elles parlèrent trop vite, trop fort. Diane habitait maintenant de l’autre côté de Paris, mariée depuis douze ans, deux enfants adolescents. Elle était revenue dans le service pour un remplacement de quelques mois. Amal lui raconta Élie et Élise, les petits-enfants, l’appartement trop silencieux. Quand le serveur appela leur numéro, Diane proposa :

— On mange chez toi ? Comme avant. Pizza et confidences.

Amal accepta sans hésiter.

L’appartement sentait encore le café du matin. Amal alluma les lampes basses, ouvrit une bouteille de rouge, posa les cartons sur la table basse. Elles s’installèrent sur le canapé, les jambes repliées, les cartons ouverts entre elles. La pizza était chaude, le fromage filait. Elles rirent d’abord, de souvenirs absurdes : un médecin qui s’était endormi debout, une nuit de pleine lune où tout le service avait semblé fou.

Puis le silence s’installa autrement. Diane posa son verre, regarda Amal longuement.

— Tu vis seule depuis longtemps maintenant.

— Dix ans. Oui.

— Et le toucher ? demanda Diane tout bas. Le simple fait d’être touchée. Pas forcément… tu vois. Juste les bras de quelqu’un.

Amal sentit la gorge se serrer. Elle hocha la tête.

— Ça manque. Tous les jours. Même les câlins des enfants, ce n’est pas pareil. Ils sont grands. Ils ont leur vie.

Diane se rapprocha. Sa main se posa sur le genou d’Amal, légère. Puis elle ouvrit les bras. Amal s’y glissa. Le câlin fut long, silencieux. Diane sentait le parfum familier d’autrefois et quelque chose de plus chaud, de plus mûr. Ses mains caressaient le dos d’Amal à travers le haut léger. Amal ferma les yeux. La solitude de dix ans semblait un peu moins lourde.

Elles restèrent ainsi un moment. Quand elles se séparèrent, leurs visages étaient proches. Diane posa son front contre celui d’Amal.

— Je t’ai manqué, murmura-t-elle.

— Toi aussi.

Le deuxième câlin fut plus lent. Les mains de Diane glissèrent plus bas, le long de la colonne, s’arrêtèrent juste au-dessus des reins. Amal ne bougea pas. Elle sentait le souffle de Diane contre sa joue. Puis les lèvres de Diane se posèrent sur sa tempe, sur sa joue, tout près de sa bouche. Amal tourna légèrement la tête. Leurs lèvres se touchèrent.

Le baiser fut hésitant d’abord, presque timide. Deux femmes qui se connaissaient depuis longtemps, qui avaient partagé des confidences d’infirmières, qui avaient vu naître et mourir des patients ensemble. Puis le baiser s’approfondit. La langue de Diane toucha la sienne. Amal gémit faiblement. Ses mains montèrent dans les cheveux bouclés de Diane, les enfoncèrent.

Elles s’embrassèrent longtemps sur le canapé, les cartons de pizza oubliés. Les mains de Diane glissèrent sous le haut d’Amal, trouvèrent la peau chaude du dos, puis remontèrent vers les seins. Amal n’avait pas de soutien-gorge. Les paumes de Diane se posèrent sur la lourdeur de sa poitrine, les pouces caressèrent les mamelons qui durcissaient déjà. Amal arqua le dos, offrit davantage.

Diane se retira un instant, le regard sombre.

— On peut s’arrêter si tu veux.

— Non, répondit Amal d’une voix rauque. Continue.

Diane l’embrassa à nouveau, plus profondément. Ses doigts pinçaient doucement les mamelons, les roulaient. Amal sentait la chaleur monter entre ses cuisses, une humidité qu’elle n’avait pas connue depuis des mois. Elle passa une main sous le haut de Diane, découvrit qu’elle non plus ne portait rien en dessous. Les seins de Diane étaient ronds, lourds, les mamelons déjà durs. Amal les caressa, les pesa, les pinça à son tour. Diane gémit contre sa bouche.

Elles se débarrassèrent des hauts. Peau contre peau, seins contre seins. Le frottement était doux, presque électrique. Diane bascula Amal en arrière sur le canapé, s’allongea à moitié sur elle. Sa bouche descendit le long de la gorge, s’arrêta sur un sein, le prit entièrement. Elle suçota lentement, tourna la langue, mordilla juste assez. Amal posa les mains dans les cheveux bouclés, pencha la tête en arrière. Chaque succion envoyait une vague plus bas.

Diane passa à l’autre sein, prit le même temps, la même attention. Puis elle glissa plus bas, embrassa le ventre, le nombril, la ligne de la culotte. Amal souleva les hanches. Diane tira le pantalon et la culotte d’un même geste. Amal se retrouva nue du bas, les cuisses légèrement écartées. Diane s’agenouilla entre elles, regarda un long moment.

— Tu es belle, murmura-t-elle. Tellement belle.

Elle posa un baiser sur le mont de Vénus, puis ouvrit les lèvres de la vulve avec les doigts et posa sa langue sur le clitoris. Lentement. Avec une précision d’infirmière qui savait exactement où appuyer. Elle lécha, tournoya, suçota. Deux doigts glissèrent en Amal, la trouvèrent trempée. Ils se courbèrent, cherchèrent. Amal agrippa les coussins. Les vagues montaient trop vite. Elle jouit une première fois en gémissant fort, les cuisses tremblantes autour de la tête de Diane. Diane continua à la lécher pendant qu’elle se remettait, plus doucement, jusqu’à ce que le plaisir remonte encore. La deuxième fois fut plus profonde, plus longue, un cri rauque échappant de la gorge d’Amal.

Diane remonta, l’embrassa. Amal goûta son propre désir sur sa bouche. Elle passa les mains dans le dos de Diane, trouva la fermeture du pantalon, le tira vers le bas. Diane se débarrassa du reste. Elles se retrouvaient nues l’une contre l’autre sur le canapé. Amal fit basculer Diane sur le dos à son tour. Elle voulait rendre. Elle voulait goûter.

Elle descendit le long du corps de Diane, s’arrêta sur les seins, les suçota longuement, les pinça entre ses lèvres. Puis elle glissa plus bas. L’odeur de Diane était différente, plus musquée, plus chaude. Amal ouvrit les cuisses de son amie, posa sa langue sur le clitoris gonflé. Elle lécha comme on lui avait fait, lentement d’abord, puis plus fermement. Ses doigts entrèrent, deux, puis trois. Diane gémissait, les hanches se soulevant. Amal la regardait par en dessous, les yeux dans les yeux. Quand Diane jouit, ce fut en agrippant les cheveux d’Amal, un long gémissement qui se termina en souffle tremblant.

Elles restèrent un moment enlacées, peaux collées, souffles courts. Puis Amal se leva, tendit la main.

— La chambre.

Diane la suivit. Le lit était défait depuis le matin. Elles s’y allongèrent face à face. Les caresses recommencèrent, plus lentes cette fois, plus exploratrices. Les mains d’Amal parcouraient le corps de Diane : les seins lourds, le ventre doux, les hanches larges, l’intérieur des cuisses, les fesses. Diane faisait de même. Elles s’embrassaient entre chaque découverte. Parfois leurs sexes se frottaient, clitoris contre clitoris, dans un mouvement lent et humide qui les faisait gémir ensemble.

Amal se glissa plus bas à nouveau, ouvrit davantage les cuisses de Diane, et plongea sa langue plus profondément. Elle lécha l’entrée, y entra un peu, revint sur le clitoris. Ses doigts s’ajoutèrent, courbés, insistants. Diane arquait le dos, les mains dans les cheveux d’Amal. Elle jouit une deuxième fois plus sèchement, les muscles se contractant autour des doigts.

Puis ce fut au tour de Diane. Elle retourna Amal sur le ventre, s’agenouilla entre ses jambes écartées, souleva légèrement les hanches. Sa langue traça une ligne depuis le bas du dos jusqu’à l’anus, tourna, appuya. Amal sursauta, puis se détendit. Diane lécha longuement, humidifia, fit entrer un doigt lentement, puis un second. Amal gémissait dans l’oreiller, le visage écrasé. Quand la langue de Diane revint sur son clitoris en même temps que les doigts bougeaient en elle, Amal jouit une troisième fois, le corps secoué de tremblements.

Elles se retournèrent face à face. Diane passa une jambe par-dessus celle d’Amal, colla son sexe contre le sien. Elles se frottèrent lentement d’abord, puis plus vite, clitoris contre clitoris, lèvres contre lèvres. Les mains tenaient les seins, les hanches, les fesses. Le bruit humide de leurs sexes qui glissaient l’un contre l’autre emplissait la chambre. Amal sentait le plaisir monter encore, différent, plus large. Elles jouirent presque en même temps, les fronts collés, les souffles mélangés, un gémissement commun qui se termina en rire tremblant.

Elles s’allongèrent enlacées, les jambes entremêlées. La sueur collait leurs peaux. Diane caressait le dos d’Amal, des cercles lents.

— Ça faisait si longtemps, murmura Diane. Que je n’avais pas touché une femme. Que je n’avais pas été touchée comme ça.

— Moi aussi, répondit Amal. Depuis… depuis avant même la mort de mon mari. On avait cessé depuis longtemps.

Le silence qui suivit n’était plus lourd. Il était plein. Diane se pencha, embrassa l’épaule d’Amal, puis le creux de sa gorge, puis un sein. Les caresses reprirent, plus paresseuses cette fois. Les doigts glissaient entre les cuisses, trouvaient l’humidité, entraient, ressortaient. Les bouches suçaient les mamelons avec une lenteur presque endormie. Puis le désir remontait, inévitable.

Amal se mit à califourchon sur la cuisse de Diane, frotta son sexe contre la peau chaude et ferme. Diane tenait ses hanches, l’aidait au mouvement. Amal penchait la tête en arrière, les seins offerts. Diane se souleva, prit un mamelon en bouche pendant qu’Amal se frottait. Le plaisir monta vite. Amal jouit en s’appuyant sur les épaules de Diane, un long gémissement rauque.

Ensuite, Diane s’allongea sur le dos, écarta largement les cuisses. Amal s’installa entre elles, face contre sexe, et plongea. Elle lécha, suçota, fit entrer la langue, ajouta les doigts. Diane tenait sa tête, gémissait son nom. Quand elle jouit, ce fut en pressant le visage d’Amal contre elle, les hanches soulevées, un cri étouffé.

Elles changèrent encore. Amal s’allongea sur le dos. Diane s’agenouilla au-dessus de son visage, s’abaissa. Amal ouvrit la bouche, reçut le sexe de Diane contre sa langue. Elle lécha de bas en haut, suca le clitoris, pénétra avec la langue. Diane se tenait à la tête de lit, se balançait doucement. L’odeur, le goût, la chaleur : tout était intensément féminin, familier et nouveau à la fois. Diane jouit une fois de plus, les cuisses tremblantes de chaque côté de la tête d’Amal.

Elles s’écroulèrent l’une contre l’autre. La nuit était avancée. Dehors, Paris dormait. À l’intérieur, les draps étaient froissés, imprégnés de leurs odeurs mélangées. Amal posa la tête sur le sein de Diane, écouta le cœur battre encore vite.

— Les enfants, murmura Diane. Mon mari.

— Je sais.

— Ce n’est pas… je ne regrette pas. Mais demain…

— Demain on verra, dit Amal. Ce soir, on est là.

Diane embrassa ses cheveux. Sa main redescendit entre les cuisses d’Amal, trouva l’humidité persistante, caressa paresseusement le clitoris encore sensible. Amal écarta un peu plus les jambes. Les doigts entrèrent, lents, tendres. Le plaisir monta une dernière fois, doux, presque nostalgique. Amal jouit en silence, le visage enfoui contre la peau de Diane, les larmes aux coins des yeux sans qu’elle sache pourquoi.

Elles restèrent éveillées encore un moment, se caressant sans chercher à jouir, juste à toucher. Les métamorphoses s’étaient faites lentement : de l’amitié ancienne à la confidence, de la confidence au câlin, du câlin au baiser, du baiser à cette exploration sans retenue. Les sensations avaient changé de forme, les sentiments aussi. Ce qui avait été de la nostalgie était devenu du désir. Ce qui avait été de la solitude était devenu une présence chaude, féminine, familière.

Vers l’aube, Diane s’endormit la première, une jambe passée sur celle d’Amal, une main posée sur son sein. Amal resta éveillée un peu plus longtemps, regardant le plafond, sentant le corps de Diane contre le sien. Elle pensait à son mari, à ces dernières années sans toucher, à la façon dont le corps de Diane avait répondu sous ses mains, à la façon dont le sien avait répondu sous celles de Diane.

Elle ferma les yeux. Pour la première fois depuis très longtemps, le silence de l’appartement n’était plus vide. Il était rempli du souffle d’une autre femme, de la chaleur d’une peau connue et redécouverte, des traces encore humides de ce qu’elles avaient partagé.

Les métamorphoses continuaient, silencieuses, dans le creux du lit.





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Amal: (4) Œuvre d’Architecte (nouvelle)

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Amal: (4) Œuvre d’Architecte




Amal poussait son caddie dans les allées de l’hypermarché en fin d’après-midi, un samedi de juin. Elle cherchait du yaourt grec et du pain de seigle quand une voix familière l’appela près des rayons de fruits.

— Madame Amal ?

Elle se retourna. Thomas. Le meilleur ami d’Élie depuis l’école d’architecture. Quarante ans tout juste, divorcé depuis deux ans, les cheveux bruns un peu longs, une barbe de trois jours soignée, un t-shirt gris sous une veste légère. Il tenait un panier à moitié vide.

— Thomas. Quelle surprise.

Ils se firent la bise. Il sentait le savon et quelque chose de boisé. Elle lui demanda des nouvelles d’Élie, de ses enfants, de Lyon. Il lui demanda des siennes. La conversation glissa facilement. Quand ils arrivèrent aux caisses en même temps, il proposa de l’aider à charger le coffre. Sur le parking, le soleil baissait déjà.

— Je prépare un dîner simple ce soir, dit-il. Rien de fancy. Si vous n’avez rien de prévu… ce serait agréable d’avoir de la compagnie.

Elle hésita une seconde. Son appartement l’attendait, silencieux. Les enfants étaient loin. Elle accepta.

Chez lui, un loft lumineux dans le 11e, les murs blancs, des plans d’architecte épinglés, de grandes baies vitrées ouvertes sur une cour intérieure. Il lui versa un verre de vin blanc bien frais pendant qu’il préparait des pâtes aux fruits de mer. Elle s’installa sur un tabouret de la cuisine ouverte, les jambes croisées, regardant ses mains travailler. Des mains d’architecte : précises, longues, un peu calleuses.

Ils parlèrent longtemps. De la solitude après un divorce. Du silence d’un appartement trop grand. Du désir qui ne disparaissait pas après cinquante ans, mais qui changeait de forme, devenait plus urgent, plus honnête. Elle lui dit qu’elle se sentait parfois invisible. Il lui dit qu’il la trouvait tout le contraire. Leurs regards s’attardaient un peu trop. Le vin coulait. La lumière du soir dorait la pièce.

Après le dîner, ils s’installèrent sur le grand canapé. La conversation ralentit. Ses genoux se touchèrent. Ni l’un ni l’autre ne bougea. Elle sentait la chaleur de sa cuisse à travers le tissu de sa jupe. Son cœur battait un peu trop fort.

— Vous savez, murmura-t-il, depuis le jour où Élie m’a présenté à vous, il y a des années… je n’ai jamais cessé de vous trouver magnifique.

Elle tourna la tête. Leurs bouches se trouvèrent. Le baiser fut lent, exploratoire, puis plus profond. Sa main se posa sur sa nuque, la tira doucement plus près. Elle passa un bras autour de son cou. Le goût du vin et du désir se mélangeait. Quand ils se séparèrent, elle respirait plus vite.

Il la regarda un long moment, puis se leva, lui tendit la main. Elle le suivit jusqu’à la chambre. Les draps étaient gris anthracite, le lit bas et large. Il alluma seulement une lampe de chevet. La lumière était douce.

Amal se tenait debout près du lit. Elle retira sa jupe, puis son haut. En dessous, elle portait la lingerie qu’elle avait enfilée le matin sans vraiment y penser : un soutien-gorge violet clair en dentelle fine, semi-transparent, orné de motifs floraux noirs et d’un petit nœud au centre, un top assorti en voile léger qui laissait deviner la peau, une culotte noire fine, et des bas résille noirs maintenus par des jarretelles de dentelle. Un collier fin doré reposait entre ses seins. Elle se sentit soudain exposée, vulnérable, et pourtant désirée.

Thomas resta immobile, le regard posé sur elle. Ses yeux parcoururent chaque courbe : la lourdeur de sa poitrine sous la dentelle, le ventre doux, les hanches larges, les cuisses épaisses cerclées de résille. Il s’approcha lentement, posa les mains sur ses hanches, les fit glisser vers le haut jusqu’à ses seins. Ses pouces caressèrent les mamelons à travers le tissu.

— Vous êtes… une œuvre, murmura-t-il. Une architecture parfaite.

Elle sourit, un peu tremblante. Il l’embrassa à nouveau, plus profondément. Ses doigts trouvèrent les agrafes du soutien-gorge, les ouvrirent avec précaution. Les seins se libérèrent, lourds, les mamelons déjà durs. Il baissa la tête, prit l’un d’eux en bouche, le suçota lentement, tourna la langue, mordilla juste assez. L’autre reçut le même traitement. Amal posa les mains dans ses cheveux, pencha la tête en arrière. Chaque succion envoyait une vague de chaleur entre ses cuisses.

Il la guida vers le lit. Elle s’y allongea. Il retira le top de voile, puis s’agenouilla pour lui retirer les bas un par un, les faisant glisser le long de ses jambes avec une lenteur presque cérémonieuse. Il embrassa l’intérieur de chaque cuisse, remonta jusqu’à la culotte. Ses doigts glissèrent sous le tissu, la trouvèrent déjà mouillée. Il la caressa un moment à travers le tissu, puis tira la culotte vers le bas. Elle se retrouva entièrement nue, sauf le collier.

Thomas se déshabilla rapidement. Son corps était solide, torse ferme, sexe déjà dur, épais. Il s’allongea entre ses cuisses, l’embrassa longuement, puis descendit. Sa bouche trouva son sexe. Il lécha, suçota, fit entrer sa langue. Deux doigts glissèrent en elle, la courbèrent, cherchèrent. Amal agrippa les draps. Les vagues montaient trop vite. Elle jouit une première fois en gémissant fort, les cuisses tremblantes autour de sa tête. Il continua à la lécher pendant qu’elle se remettait, plus doucement, jusqu’à ce que le plaisir remonte encore. La deuxième fois fut plus profonde, plus longue.

Il remonta le long de son corps, l’embrassa. Elle goûta son propre désir sur sa bouche. Il s’installa entre ses cuisses, posa le gland de son sexe contre son entrée. Il ne pénétra pas tout de suite. Il frotta, enduisit, la taquina. Elle tenta de s’empaler, mais il retint ses hanches.

— Dis-moi que tu le veux, murmura-t-il.

— Je le veux. Maintenant.

Il s’enfonça d’un seul mouvement lent et profond. Elle était si mouillée qu’il glissa jusqu’au fond. Tous deux gémirent. Il resta immobile un instant, enfoncé jusqu’à la garde, le front contre le sien. Puis il commença à bouger. Des coups de reins lents, profonds, qui frottaient exactement là où elle en avait besoin. Ses mains tenaient ses hanches. Il baissait les yeux pour regarder son sexe entrer et sortir d’elle.

Amal croisa les chevilles dans son dos, le força plus près. Il accéléra. Le bruit de leurs peaux qui s’entrechoquaient emplit la chambre. Elle jouit une troisième fois autour de lui, les muscles de son sexe se contractant violemment. Il gémit, ralentit, mais ne sortit pas. Il continua, plus doucement, jusqu’à ce qu’elle redescende, puis recommença.

Ils changèrent de position. Il la mit sur le côté, souleva une de ses jambes, la pénétra plus profondément encore. Une main passa devant pour frotter son clitoris en rythme. Elle jouit une quatrième fois en serrant son bras. Il embrassa son épaule, murmura des mots contre sa peau.

Plus tard, il la fit s’asseoir sur lui. Elle s’empala seule, les mains sur sa poitrine, et se mit à le chevaucher. Ses seins bougeaient à chaque mouvement. Il les tenait, les pinçait, les regardait. Elle se pencha pour l’embrasser, ses cheveux maintenant défaits tombant autour de leurs visages. Elle le sentait battre en elle. Elle ralentit, fit de petits cercles avec ses hanches. Il gémit son nom.

Elle jouit une cinquième fois en le chevauchant, le corps tendu. Il la retourna ensuite sur le ventre, releva ses hanches, la pénétra par-derrière. Ses mains tenaient fermement ses fesses. Chaque coup de reins faisait claquer sa peau contre la sienne. Il se pencha, embrassa sa nuque, mordilla son épaule. Une de ses mains passa sous son ventre pour frotter son clitoris. Elle cria cette fois, un son long et rauque. La sixième jouissance arriva en vague large, les muscles se contractant autour de lui.

Ils s’écroulèrent un moment, enlacés, couverts de sueur. Il était toujours en elle, à demi dur. Elle sentait les battements de son cœur contre son dos. Ses doigts traçaient des cercles absents sur son ventre.

— Encore, murmura-t-elle.

Il sortit lentement, se releva, la guida jusqu’à la grande fenêtre ouverte sur la cour. Debout, il la pénétra par-derrière, une main sous son sein, l’autre entre ses cuisses. L’air de la nuit caressait leur peau. Il la prenait lentement, profondément. Elle posa les mains contre le rebord. Chaque coup de reins la faisait gémir. Elle jouit une septième fois en regardant les lumières de la cour, le visage appuyé contre le cadre.

Il la ramena au lit. Cette fois, il s’allongea sur le dos, la fit s’agenouiller au-dessus de son visage. Il la lécha longuement, profondément, jusqu’à ce qu’elle jouisse une huitième fois en s’appuyant sur la tête de lit, les cuisses tremblantes. Puis il la fit redescendre, s’empala à nouveau. Elle le chevaucha jusqu’à l’épuisement. Quand il ne put plus se retenir, il la retourna sur le dos, s’enfonça profondément, et jouit en elle en gémissant son nom, les hanches collées aux siennes. Elle le sentit pulser, la remplir. Elle le serra contre elle jusqu’à ce qu’il se soit vidé entièrement.

Ils restèrent ainsi longtemps, collés, respirant fort. La nuit avançait. Parfois il la caressait à nouveau, parfois elle le prenait en main jusqu’à ce qu’il durcisse, et ils recommençaient, plus lentement encore. Chaque fois, il la regardait comme s’il découvrait une architecture secrète, chaque courbe, chaque réaction. Chaque fois, elle se laissait aller sans retenue, se laissait remplir, se laissait désirer de cette façon profonde et attentive.

Quand le sommeil les prit enfin, ils étaient enlacés, sa main posée sur sa hanche, sa tête contre son épaule.

Le lendemain matin, la lumière filtrait doucement à travers les rideaux. Amal s’éveilla seule dans le lit. L’odeur du café montait de la cuisine. Elle se leva, enfila seulement la chemise qu’il avait portée la veille, ouverte sur sa poitrine, et le rejoignit pieds nus.

Thomas était debout devant la plaque, en boxer, en train de faire griller du pain et de battre des œufs. Il se retourna, sourit.

— Bonjour. Café ?

Elle s’approcha, passa les bras autour de sa taille par-derrière, posa le visage contre son dos. Il sentait le savon et le sommeil. Il se retourna dans ses bras, l’embrassa longuement. Le baiser était tendre d’abord, puis plus profond. Sa main glissa sous la chemise, trouva un sein, le caressa. Elle sentit le désir remonter, lent, inévitable.

— Le petit-déjeuner peut attendre, murmura-t-il.

Il la souleva facilement, la posa sur la table de la cuisine, écartant les assiettes d’un geste. La chemise s’ouvrit complètement. Il s’agenouilla un instant entre ses cuisses ouvertes, l’embrassa là où elle était déjà humide, lécha longuement jusqu’à ce qu’elle gémissît et écartât davantage les jambes. Puis il se releva, baissa son boxer, et s’enfonça en elle d’un mouvement profond.

Elle était assise au bord de la table, les jambes autour de sa taille. Il la prenait avec des coups de reins réguliers, profonds, en la regardant. Ses mains tenaient ses hanches. Le soleil du matin entrait par la fenêtre, illuminait leur peaux. Elle posa les mains derrière elle, s’arc-bouta. Chaque va-et-vient faisait claquer doucement sa peau contre la sienne. Il baissa la tête, prit un mamelon en bouche pendant qu’il la baisait. Elle jouit rapidement, les muscles se contractant autour de lui, un gémissement rauque échappant de sa gorge.

Il continua, plus fort maintenant. La table grinçait légèrement. Elle croisa les chevilles dans son dos, le força plus près. Le plaisir remontait déjà. Il frottait son clitoris avec le pouce en rythme. Elle jouit une deuxième fois plus sèchement, les ongles plantés dans ses épaules. Cette fois, il ne se retint plus. Il s’enfonça jusqu’au bout, gémit fort, et jouit en elle, profondément, par vagues chaudes qu’elle sentit la remplir.

Ils restèrent ainsi un long moment, collés, respirant fort. Le pain grillait un peu trop sur la plaque. L’odeur du café se mélangeait à celle de leur sexe. Thomas sortit lentement d’elle, l’embrassa sur le front, puis sur la bouche.

— Petit-déjeuner maintenant ? demanda-t-il en souriant.

Elle rit doucement, un son un peu cassé, et passa les bras autour de son cou.

— Oui. Mais après, peut-être encore un peu.

Il l’aida à descendre de la table. Elle sentait le mélange chaud couler un peu le long de sa cuisse. Dans la lumière du matin, nue sous sa chemise ouverte, elle se sentait plus vivante, plus désirée, plus femme qu’elle ne l’avait été depuis des années. L’architecte avait dessiné une nuit, puis un matin, et elle s’y était entièrement abandonnée.





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