.
.
Une Nuit sans Retour
Fred n’avait jamais vraiment cru aux coups de foudre. À trente-deux ans, il se considérait comme un pragmatique : un ingénieur logiciel qui aimait les algorithmes parce qu’ils ne mentaient jamais, les bières du vendredi avec les potes, et les séries qu’il regardait seul dans son appartement trop grand pour un célibataire. Mais ce soir-là, dans ce bar à tapas de la rue Oberkampf, tout avait basculé en moins de dix minutes.
Elle s’appelait Simone. Elle était entrée comme on entre dans une pièce qu’on connaît déjà : sans hésitation, un sourire discret aux lèvres, une veste en cuir noir ouverte sur un top en soie rouge sombre qui soulignait la courbe généreuse de sa poitrine. Ses cheveux noirs cascadaient en boucles lâches jusqu’au milieu du dos, et quand elle s’était assise au comptoir à deux tabourets de lui, Fred avait senti son pouls s’accélérer sans raison apparente.
Ils avaient commencé par parler de rien : le vin trop cher, la playlist trop années 90, le serveur qui oubliait toujours les olives. Puis elle avait ri – un rire grave, chaleureux, qui vibrait dans la cage thoracique de Fred comme une basse mal réglée. À un moment, elle avait posé sa main sur son avant-bras pour ponctuer une phrase, et il avait ressenti une décharge électrique remonter jusqu’à sa nuque.
« Tu regardes mes lèvres quand je parle, avait-elle murmuré en se penchant légèrement. C’est mignon. »
Il avait rougi. Elle avait souri plus largement, révélant une fossette sur la joue gauche.
Trois heures plus tard, ils étaient chez lui.
L’appartement sentait le café froid et le bois ciré. Simone avait retiré ses bottines à talons dans l’entrée, pieds nus sur le parquet, et avait laissé tomber sa veste sur le dossier du canapé. Fred alluma une lampe de chevet tamisée, celle qui donnait à la pièce une teinte ambrée, presque cinématographique.
Ils s’embrassèrent d’abord doucement, comme pour tester les limites. Les lèvres de Simone étaient pleines, chaudes, légèrement salées du dernier verre de rouge. Elle glissa ses doigts dans les cheveux de Fred, tirant juste assez pour lui faire comprendre qu’elle n’était pas là pour jouer les timides. Il répondit en la plaquant doucement contre le mur du couloir, ses mains descendant le long de ses hanches, sentant la fermeté sous le tissu fluide de sa jupe crayon.
« Attends, murmura-t-elle contre sa bouche. Je veux que tu saches quelque chose avant qu’on aille plus loin. »
Fred recula d’un demi-pas, le cœur battant. Il la regarda dans les yeux – des yeux noisette pailletés d’or, intenses, presque vulnérables malgré l’assurance qu’elle dégageait.
« Je suis trans, dit-elle simplement. Femme trans. Pré-op. Si ça te pose problème, on peut arrêter là, sans drame. Mais si tu continues, je veux que ce soit parce que tu en as envie, pas parce que tu fais semblant de ne pas avoir entendu. »
Fred sentit une vague de chaleur monter dans sa poitrine, pas de la peur, pas du doute – juste une tendresse immense et inattendue. Il prit son visage entre ses mains, caressa ses pommettes du bout des pouces.
« J’ai envie de toi depuis que tu t’es assise à côté de moi, Simone. Tout de toi. Rien n’a changé. »
Elle ferma les yeux une seconde, comme si elle relâchait un souffle qu’elle retenait depuis trop longtemps. Puis elle l’embrassa à nouveau, plus fort, plus affamée.
Ils finirent dans la chambre. Les vêtements tombèrent en cascade silencieuse : le top rouge, la jupe, le boxer noir de Fred, la culotte en dentelle noire de Simone. Elle le poussa doucement sur le lit, s’installa à califourchon sur ses cuisses. Fred la regardait, fasciné. Son corps était magnifique – courbes douces, peau mate illuminée par la lumière orangée, seins pleins aux aréoles larges ornées de barres argentées qui scintillaient à chaque mouvement. Au centre de sa poitrine, un tatouage sombre en forme d’étoile stylisée descendait vers son sternum comme une constellation privée. Un piercing au nombril brillait, petit joyau suspendu.
Simone se pencha pour l’embrasser encore, ses cheveux formant un rideau autour de leurs visages. Puis elle descendit lentement le long de son torse, traçant un chemin de baisers humides sur sa peau. Quand elle arriva à son sexe déjà dur, elle le prit en main avec une lenteur délibérée, le caressant du bout des doigts, puis de la paume entière, observant ses réactions.
« Tu es beau quand tu trembles comme ça », murmura-t-elle.
Fred gémit doucement quand elle le prit en bouche, chaude et profonde, sa langue dansant autour du gland avec une précision experte. Elle alternait succion lente et mouvements plus rapides, une main massant ses testicules, l’autre appuyée sur sa cuisse pour garder l’équilibre. Il glissa les doigts dans ses cheveux, sans forcer, juste pour sentir sa présence.
Mais Simone avait d’autres plans.
Elle remonta sur lui, s’agenouillant au-dessus de son bassin. Fred sentit son propre sexe palpiter contre l’intérieur de ses cuisses. Simone attrapa son membre d’une main, le guida lentement vers elle. Elle ne le laissa pas entrer tout de suite. D’abord, elle frotta le gland contre son propre sexe – dur, chaud, déjà luisant de désir – en petits cercles lents, se caressant elle-même avec lui. Fred sentit la texture soyeuse de sa peau, la veine qui pulsait sous ses doigts quand elle resserra sa prise.
« Regarde-moi », souffla-t-elle.
Il obéit. Leurs regards se verrouillèrent. Simone se mordit la lèvre inférieure, un sourire malicieux aux coins. Puis, très lentement, elle s’abaissa.
La pénétration fut progressive, délicieuse. Fred sentit la chaleur étroite de son cul l’envelopper centimètre par centimètre. Simone gémit doucement, un son rauque qui vibra dans toute la pièce. Une fois complètement empalée, elle resta immobile un instant, le temps de s’habituer, de savourer la plénitude. Ses seins se soulevaient au rythme de sa respiration accélérée, les piercings aux tétons captant la lumière comme des étoiles minuscules.
Puis elle commença à bouger.
D’abord des oscillations lentes, circulaires, comme si elle cherchait le bon angle. Fred posa les mains sur ses hanches, sentant les muscles rouler sous sa peau. Elle accéléra progressivement, montant et descendant avec une fluidité hypnotique. Ses seins tressautaient à chaque descente, lourds et beaux. Le tatouage sur son sternum semblait danser au rythme de ses mouvements.
Fred ne pouvait détacher les yeux d’elle. Il voyait tout : la façon dont son propre sexe disparaissait en elle à chaque plongeon, la perle de sueur qui roulait entre ses seins, la façon dont ses lèvres s’entrouvraient sur des gémissements de plus en plus audibles. Il sentait ses testicules se contracter contre ses fesses à chaque fois qu’elle s’abaissait complètement.
Simone se pencha en avant, posa les mains de part et d’autre de sa tête, ses cheveux tombant en cascade autour d’eux. Leurs bouches se retrouvèrent, langues mêlées, souffles partagés. Elle accéléra encore, le chevauchant avec une urgence nouvelle. Fred remonta les genoux, planta les pieds dans le matelas pour aller à sa rencontre, poussant plus profond à chaque coup de reins.
« Putain, Fred… » haleta-t-elle contre sa bouche. « Tu me remplis tellement bien… »
Il glissa une main entre eux, trouva son sexe dur et gonflé, le caressa au même rythme que ses mouvements. Simone trembla violemment, un cri étouffé s’échappant de sa gorge. Elle se redressa, cambra le dos, offrant sa poitrine à ses mains. Fred empoigna ses seins, pinça doucement les piercings, arrachant un nouveau gémissement à Simone.
Elle ralentit soudain, torturant. Remonta presque jusqu’à le laisser sortir, puis redescendit d’un coup sec, le prenant jusqu’à la garde. Fred jura entre ses dents, le plaisir montant en flèche.
« Je veux te sentir jouir en moi », murmura-t-elle, la voix cassée par le désir. « Je veux tout. »
Ces mots le firent basculer. Il agrippa ses hanches plus fort, imprima un rythme plus rapide, plus sauvage. Simone suivit, ses mouvements devenant désordonnés, désespérés. Son sexe frottait contre le ventre de Fred à chaque descente, laissant une traînée humide.
Quand l’orgasme arriva, ce fut simultané.
Fred se cambra, s’enfonça profondément en elle et se vida dans un grognement rauque, spasme après spasme. Simone cria son prénom, son corps secoué de tremblements, son propre sexe pulsant entre eux alors qu’elle jouissait à son tour, répandant sa semence chaude sur le torse de Fred.
Ils restèrent immobiles un long moment, haletants, collés l’un à l’autre par la sueur et le plaisir. Simone s’effondra sur lui, le visage niché dans son cou. Fred l’enlaça, caressa son dos en longs mouvements apaisants.
« Tu es incroyable », murmura-t-il.
Elle releva la tête, un sourire fatigué mais radieux aux lèvres.
« Toi aussi. Et… merci. »
« De quoi ? »
« De m’avoir regardée comme si j’étais la seule personne au monde. »
Fred l’embrassa doucement sur le front.
« Parce que c’est le cas. »
Ils restèrent enlacés jusqu’à ce que leurs respirations se calment. Simone finit par rouler sur le côté, tirant Fred contre elle. Ils s’endormirent comme ça, peau contre peau, dans la lumière mourante de la lampe.
Le lendemain matin, le soleil filtrait à travers les rideaux mal tirés. Fred se réveilla le premier. Simone dormait encore, un bras jeté en travers de son torse, les cheveux en bataille. Il la regarda longtemps, mémorisant chaque détail : la courbe de son épaule, le tatouage qui semblait respirer avec elle, les traces de rouge à lèvres encore visibles sur sa clavicule.
Il se leva doucement, prépara du café. Quand il revint avec deux tasses, elle était réveillée, assise contre la tête de lit, le drap remonté jusqu’à la poitrine.
« Tu es resté », dit-elle avec un petit sourire.
« Évidemment. »
Elle prit la tasse, but une gorgée.
« Et maintenant ? »
Fred s’assit au bord du lit, posa une main sur sa cuisse.
« Maintenant, on continue à se découvrir. Lentement. Sans pression. Mais ensemble. »
Simone posa sa tasse sur la table de nuit, attira Fred contre elle.
« Embrasse-moi encore. »
Il obéit.
Et cette fois, ce n’était plus seulement du désir. C’était le début de quelque chose de plus grand, de plus doux, de plus vrai.
.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire