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Rebecca: (5) Les Cadeaux du Cœur (nouvelle)

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Rebecca: (5) Les Cadeaux du Cœur





Tout commença par une rose, une seule, déposée sur le paillasson de leur appartement un lundi matin. Alex la découvrit en sortant chercher le courrier. La tige était coupée net, entourée d’un ruban de satin blanc, et un petit mot était attaché au ruban : « Pour la plus belle. » Alex montra la rose à Rebecca, qui haussa les épaules avec un sourire amusé. « Un voisin galant, sans doute. » Ils n’y prêtèrent pas davantage attention.

Le jeudi suivant, une boîte en carton blanc était posée devant leur porte. À l’intérieur, un carnet de chocolats artisanaux, ceux de la petite chocolaterie rue des Lilas, et un nouveau mot : « Votre sourire éclaire mes journées. » Rebecca leva les sourcils. « C’est flatteur, mais un peu insistant. » Alex, lui, commençait à trouver la situation étrange. Il n’avait jamais vu de voisin s’attarder sur Rebecca, et leur immeuble était pourtant peuplé de gens discrets, presque invisibles.

La semaine suivante, les cadeaux devinrent plus personnels. Une écharpe en soie, couleur bordeaux, déposée dans une enveloppe kraft glissée sous la porte. Un mot : « Cette couleur irait si bien à votre cou. » Puis un livre, un recueil de poèmes d’amour, avec une page cornée au sonnet le plus sensuel. Puis encore une rose, deux roses, un bouquet entier. Rebecca, d’abord flattée, commençait à être troublée. « Qui peut bien m’envoyer tout ça ? » Alex sentit une pointe de jalousie, vite remplacée par une curiosité grandissante. Il décida de mener l’enquête.

Il examina les colis. Pas d’étiquette d’expéditeur, pas de code postal. Seule une petite carte manuscrite, à chaque fois, avec une écriture fine, presque enfantine. Il interrogea le voisin du dessous, la dame du troisième, le gardien. Personne n’avait rien vu. « C’est peut-être quelqu’un de ton travail ? » suggéra-t-il à Rebecca. Elle secoua la tête. Elle n’avait parlé à personne de particulièrement proche, ces derniers temps.

Le samedi suivant, un nouveau colis, plus grand que les autres. Alex le déballa sous les yeux de Rebecca. À l’intérieur, une boîte en velours rouge. Il l’ouvrit, et resta figé. Une culotte en dentelle noire, fine, presque transparente, avec un petit nœud satiné sur le devant. Et un mot : « Pour que vous vous sentiez belle, même dans l’intime. » Rebecca prit la culotte entre ses doigts, la tourna, la retourna. « C’est mon tour de taille, » murmura-t-elle. « Exactement. Comment cette personne sait-elle ma taille ? »

Alex sentit la moutarde lui monter au nez. Quelqu’un les observait. Quelqu’un connaissait Rebecca, peut-être de loin, peut-être de très près. Il passa l’après-midi à inspecter les recoins du couloir, à vérifier si une caméra avait été cachée. Rien. Le dimanche, il se leva avant l’aube, s’installa près de la fenêtre du salon, et observa la rue. À sept heures passées, une silhouette apparut au bout de l’allée. Une jeune femme, frêle, vêtue d’un manteau trop grand pour elle, les cheveux bruns attachés en queue de cheval. Elle tenait une boîte à la main, la posa devant leur porte, puis repartit en courant, presque honteuse.

Alex attendit qu’elle soit hors de vue, puis sortit. Il ouvrit la boîte. Une paire de bas résille, cette fois. Et un mot : « Vos jambes sont un poème. » Il remonta la rue, chercha la jeune femme. Elle avait tourné au coin, vers la boulangerie du quartier.

Le lendemain, Alex se rendit à la boulangerie à l’heure où il l’avait vue. Il la reconnut immédiatement, derrière le comptoir. Elle portait un tablier blanc, une charlotte sur ses cheveux bruns, et servait les clients avec une timidité qui se lisait dans ses épaules voûtées et ses mains qui tremblaient un peu. Elle s’appelait Nina, selon l’étiquette épinglée sur son tablier. Alex acheta une baguette, l’observa discrètement. Elle avait un visage doux, des yeux marron très clairs, presque ambrés, et une bouche fine qu’elle mordillait nerveusement entre deux clients. Sous le tablier, il devinait une silhouette menue, des hanches étroites, et une pomme d’Adam légèrement visible quand elle levait la tête. Une jeune femme trans, comprit-il, qui n’avait probablement pas encore commencé son traitement hormonal, ou qui en était au tout début. Ses seins étaient à peine ébauchés sous le tissu de sa chemise.

Il rentra, raconta tout à Rebecca. « La boulangère ? » s’étonna-t-elle. « La boulangère. Je l’ai vue déposer le colis. » Rebecca resta silencieuse un long moment. « Tu sais quoi ? Je vais y aller, demain. Je vais lui parler. » Alex voulut l’accompagner, mais elle refusa. « Laisse-moi faire. À femme à femme, ce sera plus simple. »

Le lendemain, Rebecca se fit belle, mais sans excès. Une robe beige sobre, des chaussures plates, une perruque discrète – un carré châtain qui adoucissait ses traits. Elle entra dans la boulangerie en fin d’après-midi, quand il n’y avait presque plus de clients. Nina était en train de ranger les étagères. Quand elle leva les yeux et reconnut Rebecca, son visage devint blême. Elle recula d’un pas, heurta une étagère, fit tomber un paquet de biscuits.

« Je… je peux vous aider ? » balbutia-t-elle.

« Je crois que tu m’as déjà aidée, » répondit Rebecca doucement. « Les roses, les chocolats, la lingerie… c’était toi, n’est-ce pas ? »

Nina ferma les yeux. Ses lèvres tremblaient. « Je suis désolée. Je suis vraiment désolée. Je ne voulais pas… je voulais juste… » Elle éclata en sanglots, s’effondra sur une chaise. Rebecca s’approcha, s’accroupit devant elle, lui prit les mains. « Ne pleure pas. Je ne suis pas en colère. Je veux juste comprendre. »

Nina leva vers elle ses yeux rouges. « Je vous vois passer tous les matins. Vous êtes tellement belle. Tellement… vous êtes ce que j’aimerais être. Et je n’ose pas. Je n’ose rien. Alors je vous envoie des cadeaux. Pour me sentir un peu plus proche de vous. »

Rebecca la regarda longuement. Elle vit la détresse, la solitude, ce désir éperdu de ressembler à quelqu’un qu’on admire. Elle reconnut en Nina la jeune femme qu’elle avait été, des années plus tôt, avant de s’accepter, avant de rencontrer Alex, avant de devenir celle qu’elle était.

« Viens chez nous, ce soir, » dit Rebecca. « On parlera. Je ne te mangerai pas. »

Nina hésita, puis hocha la tête, comme une enfant qui accepte une main tendue dans l’obscurité.

Elle arriva à huit heures, vêtue d’un jean et d’un pull trop large, ses cheveux défaits sur ses épaules. Alex les accueillit, proposa un verre de vin. Nina était nerveuse, assise au bord du canapé, les mains entre les jambes. Rebecca s’assit en face d’elle, Alex à côté. La conversation fut douce, d’abord. Nina raconta sa vie, son enfance dans une petite ville du nord, son départ à dix-huit ans, son travail à la boulangerie, sa transition qu’elle n’osait pas vraiment commencer. « Je prends des hormones depuis six mois, mais à petite dose. Je n’ose pas en parler à mon patron. Je n’ose pas me montrer. Je me cache tout le temps. »

Rebecca se leva, s’approcha, s’assit à côté d’elle sur le canapé. « Tu veux que je te montre quelque chose ? » Nina acquiesça. Rebecca retira sa perruque, révéla ses cheveux naturels, plus courts, plus clairs. Elle défit les premiers boutons de sa robe, montra ses seins lourds, ses hanches. « Je ne suis pas née comme ça, Nina. Je me suis construite. J’ai souffert. J’ai douté. Mais j’ai fini par m’aimer. Et toi aussi, tu vas y arriver. »

Nina la regardait, bouche bée, des larmes coulant de nouveau sur ses joues. « Vous êtes si belle… » murmura-t-elle. « Moi, je ne le serai jamais. »

« Tais-toi, » dit Rebecca doucement. Et elle l’embrassa.

Le baiser était doux, presque maternel au début. Puis Nina se détendit, ses lèvres s’écartèrent, sa langue répondit à celle de Rebecca. Alex, immobile sur le canapé, regardait la scène, le cœur battant. Il vit la main de Rebecca glisser le long du cou de Nina, descendre sur son épaule, puis sur sa poitrine à travers le pull. Nina frissonna, mais ne se déroba pas.

« Je peux ? » demanda Rebecca.

« Oui, » souffla Nina.

Rebecca retira le pull de Nina, puis son soutien-gorge. Ses seins étaient petits, à peine formés, avec des tétons roses et sensibles. Rebecca les prit dans sa bouche l’un après l’autre, les suça doucement. Nina gémissait, la tête renversée en arrière, les mains dans les cheveux de Rebecca. Alex banda immédiatement, sa queue pressant contre son pantalon.

Rebecca se redressa, défit son propre soutien-gorge, laissa ses seins lourds apparaître. Elle prit les mains de Nina et les posa dessus. « Touche-moi. Apprends. » Nina caressa les seins de Rebecca avec une timidité qui peu à peu se transforma en avidité. Elle les massa, les embrassa, les suça. Rebecca gémissait doucement, ses yeux clos.

Puis Rebecca recula, se leva, et retira complètement sa robe. Elle se tenait nue devant Nina, ses hanches rondes, sa queue épaisse qui durcissait lentement. Nina la regarda, le souffle coupé. « Tu veux voir mon corps ? » demanda Rebecca. Nina hocha la tête, incapable de parler.

Rebecca s’agenouilla devant elle, défit son jean, le lui retira. Nina portait une culotte blanche toute simple, sous laquelle on devinait un petit renflement. Rebecca écarta le tissu, découvrit le pénis de Nina, mince, d’une longueur modeste, déjà dur et pointant vers le ciel. « Il est beau, » murmura Rebecca. « Il est à toi. Assume-le. »

Elle se pencha et prit le sexe de Nina dans sa bouche. Nina cria, un cri étouffé, ses mains agrippant les épaules de Rebecca. Alex, de sa place, vit Nina se cambrer, ses petits seins frémissant, sa bouche ouverte dans un râle de plaisir. Rebecca suçait avec une lenteur experte, sa langue tournant autour du gland, ses lèvres descendant le long de la tige fine.

« Je vais jouir, » haleta Nina. « Je vais jouir tout de suite… »

« Joue, » dit Rebecca, la bouche pleine. « Joue pour moi. »

Nina jouit presque instantanément, un petit cri aigu, son pénis pulsant dans la bouche de Rebecca qui avala tout, sans une grimace. Nina s’effondra sur le canapé, tremblante, les yeux fermés.

Rebecca se tourna vers Alex. Elle lui fit signe d’approcher. Il vint, se mit à genoux derrière Nina. Il caressa ses cheveux, embrassa son front. « Tu es belle, Nina, » murmura-t-il. « Tu sais ça ? » Nina ouvrit les yeux, le regarda, sourit faiblement.

Rebecca allongea Nina sur le canapé, écarta ses jambes. Elle se plaça au-dessus d’elle, frotta sa queue épaisse contre le petit pénis de Nina. Les deux sexes se touchaient, se frottaient, lubrifiés par la salive et le désir. Nina gémissait de nouveau, ses mains sur les hanches de Rebecca.

« Tu veux qu’on aille plus loin ? » demanda Rebecca.

« Oui, » répondit Nina. « Je veux tout. »

Rebecca se mit sur le dos, attira Nina au-dessus d’elle. « Empale-toi sur moi. Doucement. » Nina, tremblante, se positionna, guida la queue de Rebecca vers son anus. La pression, l’entrée lente, la douleur mêlée au plaisir. Elle cria un peu, puis s’enfonça centimètre par centimètre, jusqu’à ce que la queue entière disparaisse en elle. « Oh mon Dieu, » murmura-t-elle. « C’est si gros… »

Rebecca la laissa s’habituer, puis commença à bouger. Nina, les mains sur les seins de Rebecca, se laissa bercer par le mouvement. Alex, derrière Nina, la caressait, embrassait son dos, ses épaules. Il glissa une main entre ses jambes, caressa son petit pénis qui avait déjà durci de nouveau. Nina gémissait de plus en plus fort, son corps se tendant.

Soudain, elle poussa un cri aigu, et Alex sentit son petit sexe pulsar dans sa main. Elle jouissait une deuxième fois, secouée de spasmes, son anus se contractant violemment autour de la queue de Rebecca. Rebecca, sentant cette contraction, jouit à son tour, remplissant Nina de son sperme chaud. Nina s’effondra sur elle, haletante, les larmes aux yeux.

« Merci, » murmura-t-elle contre le cou de Rebecca. « Merci. »

Ils restèrent un long moment enlacés tous les trois sur le canapé. Alex se leva, alla chercher des verres d’eau, des serviettes. Quand il revint, Rebecca et Nina étaient enlacées, caressant doucement les cheveux de l’une, le dos de l’autre. Il s’assit près d’elles, posa un baiser sur le front de Nina, sur la bouche de Rebecca.

« Tu es des nôtres, maintenant, » dit Rebecca. « Si tu veux. »

Nina sourit, ses yeux encore rouges mais brillants. « Je veux. Plus que tout. »

Les semaines suivantes, Rebecca prit Nina sous son aile. Elle l’emmena chez son coiffeur, l’aida à choisir des vêtements qui lui allaient, lui apprit à se maquiller. Nina changeait à vue d’œil. Elle gagnait en confiance, en féminité. Elle osa parler à son patron, qui accepta de modifier ses horaires pour qu’elle puisse suivre son traitement hormonal. Elle s’inscrivit à des cours de danse, se fit des amies.

Et le soir, souvent, elle venait chez Alex et Rebecca. Parfois elle dînait avec eux, parfois elle restait dormir. Les nuits à trois devinrent une douce habitude. Rebecca apprenait à Nina à donner du plaisir, à en recevoir, à aimer son corps. Alex, témoin privilégié de cette métamorphose, découvrait chaque jour un peu plus la beauté fragile de Nina, ses petits seins qui poussaient lentement, son sourire qui s’épanouissait, sa voix qui se faisait plus douce, presque aussi rauque que celle de Rebecca.

Un soir, Nina arriva avec une rose, une seule. Elle la tendit à Rebecca. « C’est pour toi. Pas en cachette cette fois. En face. » Rebecca rit, la prit, la respira. « Tu es ma plus belle réussite, Nina. » Nina rougit, baissa les yeux. Alex les regardait, toutes deux dans la lumière de la cuisine. Il n’avait jamais été aussi heureux.

Cette nuit-là, ils firent l’amour lentement, tendrement. Rebecca prit Nina avec une douceur infinie, lui murmurant des mots d’amour à l’oreille. Alex se blottit contre elles, les caressant toutes les deux, les embrassant tour à tour. Nina jouit en criant son prénom, puis celui d’Alex, puis celui de Rebecca. Elle s’endormit entre eux, épuisée, heureuse, apaisée.

« Tu sais quoi ? » murmura Alex à Rebecca. « Je crois qu’on a gagné une fille. »

« On a gagné une sœur, » répondit Rebecca. « C’est encore mieux. »

Le lendemain matin, Nina était déjà levée. Elle avait préparé le petit-déjeuner, disposé des croissants sur la table, pressé des jus d’orange. Quand Alex et Rebecca entrèrent dans la cuisine, elle leur sourit, ses yeux ambrés brillant de bonheur.

« Je vais bien, » dit-elle avant même qu’ils ne demandent. « Pour la première fois de ma vie, je vais vraiment bien. »

Rebecca l’embrassa, Alex la serra contre lui. Ils prirent leur café ensemble, nus, sous le soleil du matin. Et la vie continua, plus douce, plus pleine, ouverte à toutes les métamorphoses.

Nina n’envoya plus jamais de cadeaux anonymes. Elle offrait ses roses maintenant à main levée, ses chocolats avec un sourire, ses mots d’amour tout haut. Et Rebecca, chaque fois, les recevait comme un trésor, comme le rappel que la beauté qu’on donne aux autres finit toujours par revenir, décuplée, illuminée.





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