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La Semaine du Péché (novella)

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La Semaine du Péché





Chapitre Premier : La Veuve de Deux Jours

Le drap noir couvrait encore les miroirs du manoir de Thornwood. Charlotte les avait fait recouvrir elle-même, par respect pour les convenances, mais à présent, elle trouvait cette obscurité étouffante. Elle errait dans le grand salon, ses doigts effleurant les meubles comme pour y chercher un réconfort qui n'existait plus.

Deux jours. Cela faisait deux jours que Lord Edmund avait rendu son dernier souffle, emporté par une fièvre qui l'avait consumé en une semaine. Deux jours qu'elle était veuve. Et déjà, les rapaces tournaient autour du domaine.

« Lady Charlotte, » annonça le majordome depuis le seuil, « le cousin Godfrey est dans le vestibule. Il insiste pour vous voir. »

Charlotte ferma les yeux. Godfrey. Le plus proche héritier mâle. Un homme gras, suant, dont les doigts boudinés avaient déjà caressé les boiseries du manoir avec une convoitise à peine dissimulée. Il avait cinquante ans, deux épouses mortes en couches, et une réputation de joueur invétéré qui avait déjà dilapidé sa propre fortune.

« Faites-le entrer, » dit-elle, redressant les épaules.

Godfrey se répandit dans le salon comme une marée grasse. Son costume était trop serré, son sourire trop large.

« Ma chère cousine, » dit-il en saisissant ses mains qu'il baisa avec un bruit humide. « Quelle triste journée. Mais rassurez-vous, je suis là. Je veillerai sur vous. Sur le domaine. »

Charlotte retira ses mains avec une politesse glaciale. « Votre sollicitude me touche, cousin. Mais Thornwood est à moi, par les termes du testament. »

Le sourire de Godfrey se figea. « Le testament... oui, à propos. Lord Edmund n'a jamais été très... précis dans ses affaires. Et je crois savoir qu'il n'y a pas d'héritier direct. N'est-ce pas, ma chère ? »

Le coup porta droit au cœur. Charlotte sentit le sang quitter ses joues. Il avait raison. Edmund ne lui avait pas touché depuis plus d'un mois. Ses forces déclinantes, les médecins l'avaient prévenu, rendaient toute conception impossible. Elle n'avait pas d'enfant. Et sans enfant, le domaine reviendrait au plus proche parent mâle.

Godfrey.

« Je suis prêt à être généreux, » poursuivit-il en s'approchant, son odeur de tabac et de sueur l'enveloppant. « Je vous laisserai une petite pension. Une chambre dans le quartier des domestiques. Vous pourrez prier pour l'âme de votre cher Edmund. »

L'outrage était si flagrant que Charlotte en resta muette. Il n'attendait même pas que son deuil soit achevé pour la dépouiller de tout.

« Je vous laisse réfléchir, » dit Godfrey en s'inclinant. « Je reviendrai dans une semaine. Après tout, une veuve a besoin de temps pour... accepter sa nouvelle situation. »

Il sortit en ricanant. Charlotte resta figée, les poings serrés, les ongles s'enfonçant dans ses paumes jusqu'à la douleur.

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Chapitre Deux : La Visite de Jane

La lettre arriva le lendemain matin. Charlotte la reconnut immédiatement : le papier épais, l'encre violette, l'écriture ondulée et exubérante de Lady Jane Ashworth, sa plus vieille amie.

« Ma chère Charlotte,

J'ai appris la nouvelle par la gazette. Mon cœur se serre pour toi, mais je connais trop bien ton courage pour te croire abattue. Viens à Londres. Immédiatement. Ne discute pas, ne réfléchis pas. Prends la diligence de midi, je t'enverrai ma voiture à l'auberge du Cheval Blanc.

Ne me fais pas l'affront de refuser.

Ton amie dévouée,

Jane »

Charlotte sourit malgré tout. Jane. Toujours aussi impérieuse, toujours aussi sûre d'elle. Elles s'étaient connues au pensionnat, deux orphelines élevées parmi les rires et les chuchotements des autres filles. Jane était devenue une beauté flamboyante, épousée à seize ans par le riche et vieux Lord Ashworth, qui l'avait laissée veuve à vingt ans avec une fortune considérable. Puis elle avait épousé Lord Julian, un homme de son âge, excentrique et dévoué, qui lui laissait une liberté que la plupart des épouses n'osaient même pas rêver.

Charlotte hésita. Le deuil exigeait qu'elle reste cloîtrée, qu'elle porte le noir, qu'elle se retire du monde. Mais Godfrey reviendrait dans une semaine. Et avec lui, la ruine.

Elle appela sa femme de chambre. « Préparez mes bagages. Je vais à Londres. »

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Chapitre Trois : Le Temple du Plaisir

La maison de Jane à Londres était un palais de marbre et de velours cramoisi. Les domestiques se déplaçaient avec une discrétion silencieuse, les bougies brûlaient en abondance, et une odeur de jasmin et d'opium flottait dans l'air.

Jane l'accueillit dans le grand salon, vêtue d'une robe de satin vert qui laissait entrevoir ses épaules nues et une généreuse portion de sa poitrine. Ses cheveux roux flamboyaient à la lumière des chandelles.

« Ma pauvre Charlotte, » dit-elle en l'embrassant sur les deux joues. « Tu es pâle comme un fantôme. Et si mince ! On dirait que tu n'as pas mangé depuis un mois. »

« Je n'ai pas beaucoup d'appétit, ces derniers temps, » avoua Charlotte.

Jane la prit par les épaules et la conduisit vers un canapé. « Assieds-toi. Bois ceci. » Elle lui tendit un verre de vin rouge, épais et sucré. « Et maintenant, dis-moi tout. »

Charlotte lui raconta tout. La maladie d'Edmund, son absence du lit conjugal, la visite de Godfrey, la menace qui pesait sur Thornwood. Jane écouta sans l'interrompre, ses yeux verts s'assombrissant progressivement.

Quand Charlotte eut fini, Jane se leva et fit les cent pas. « Alors, c'est ça. Il te faut un enfant. Un héritier. Dans un délai... de combien de temps ? »

« Le médecin dit qu'il faut environ un mois pour qu'une grossesse soit certaine. Mais avec le deuil, je ne peux pas me remarier avant un an. »

« Et Godfrey revient dans une semaine ? » Jane s'arrêta, un sourire lent, dangereux, s'étirant sur ses lèvres. « Alors il te faut une solution... rapide. »

Charlotte sentit un frisson lui parcourir l'échine. « Que veux-tu dire ? »

Jane s'approcha et s'accroupit devant elle, prenant ses mains dans les siennes. « Charlotte. Écoute-moi. Je vais te dire quelque chose qui va te choquer. Mais c'est la vérité. »

« Je t'écoute. »

« Julian et moi... nous avons des amis. Des amis très particuliers. Des hommes qui comprennent que le plaisir n'est pas un péché, mais un don. Des hommes qui savent ce qu'une femme désire, et qui ne demandent pas la permission pour le lui donner. »

Le souffle de Charlotte s'accéléra. « Jane... »

« Je ne te parle pas d'adultère. Je te parle de survie. » Jane serra ses mains plus fort. « Il te faut un enfant. Pas un mari. Pas un amour. Un enfant. Et pour cela, tu n'as pas besoin d'un gentleman qui s'inclinera poliment avant de t'effleurer. Tu as besoin d'un homme qui sait ce qu'il fait. Un homme viril. Fort. Avec du sang chaud dans les veines. Et il ne t'en faut pas un. Il t'en faut plusieurs. »

Charlotte ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit.

« Une semaine, » poursuivit Jane. « Une semaine à Londres. Je vais organiser des... rencontres. Des gentlemen choisis pour leur vigueur et leur discrétion. Tu coucheras avec autant d'entre eux que tu pourras. Et si Dieu est avec nous, dans un mois, tu porteras l'héritier de Thornwood. »

« C'est de la folie ! »

« C'est la seule solution. »

Charlotte se leva d'un bond, le cœur battant. « Je ne peux pas faire ça. Je suis une veuve de deux jours ! Je porte encore le deuil ! »

Jane se leva aussi, la prenant par les épaules. « Et dans cinq jours, tu seras sans abri. Sans argent. Sans nom. Godfrey te jettera à la rue comme une chienne galeuse. Alors, dis-moi, Charlotte. Qu'est-ce qui est le plus scandaleux : coucher avec quelques gentlemen, ou voir le domaine de ta famille, le foyer de tes ancêtres, tomber entre les mains de ce porc ? »

Le silence s'installa. Charlotte sentit les larmes monter à ses yeux, mais elle les refoula. Jane avait raison. Elle avait toujours raison.

« Je ne sais même pas comment on fait, » murmura-t-elle, la voix brisée. « Edmund... il n'était pas très... entreprenant. Il venait, il faisait ce qu'il avait à faire, et il repartait. Je n'ai jamais... je n'ai jamais rien ressenti. »

Les yeux de Jane s'illuminèrent d'une lueur douce et compréhensive. « Alors, ma chère Charlotte, » dit-elle en l'attirant contre elle dans une étreinte chaleureuse, « tu as beaucoup à apprendre. Et je vais t'enseigner. »

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Chapitre Quatre : Le Premier Cours

L'après-midi suivante, Jane conduisit Charlotte dans une aile de la maison qu'elle n'avait pas encore explorée. La décoration y était différente : plus sensuelle, avec des tentures de soie pourpre, des coussins brodés d'or, et un grand lit à baldaquin qui trônait au centre de la pièce.

« C'est ici que Julian et moi... recevons nos invités spéciaux, » expliqua Jane avec un sourire énigmatique.

Charlotte sentit ses joues s'empourprer. Elle n'avait jamais vu une telle pièce. Les murs étaient ornés de peintures représentant des scènes mythologiques : des nymphes étreignant des satyres, Vénus caressant Adonis, des corps entrelacés dans des positions qui lui firent détourner le regard.

« Ne sois pas timide, » dit Jane en riant. « Il n'y a rien de honteux dans le plaisir. Le corps est fait pour être célébré, pas pour être caché. »

Un bruit de pas dans le couloir. Charlotte sursauta. La porte s'ouvrit, et Lord Julian entra, vêtu simplement d'une chemise de lin ouverte sur la poitrine. Il était grand, brun, avec des yeux rieurs et une mâchoire carrée qui lui donnait l'air d'un dieu païen.

« Charlotte, » dit-il en s'approchant pour lui baiser la main. « Jane m'a tout raconté. Je suis à votre disposition. »

« Julian est mon mari, » dit Jane en posant une main sur son épaule, « mais il est aussi mon complice. Et aujourd'hui, il sera ton... professeur. »

Charlotte recula. « Quoi ? »

« Il faut bien que quelqu'un t'apprenne les bases, » dit Jane avec une douceur implacable. « Julian est un homme expérimenté. Il sait comment toucher une femme, comment l'éveiller, comment la faire jouir. Il t'enseignera ce que tu as besoin de savoir. Et moi, je serai là. Pour t'encourager. Pour regarder. Pour m'assurer que tu apprécies. »

« Mais... c'est votre mari ! »

« Je sais. Et je le partage volontiers. » Jane s'accroupit devant elle, prenant son visage entre ses mains. « Charlotte. Écoute-moi. Dans cette maison, il n'y a pas de place pour la honte. Il n'y a que le désir, le plaisir, et la liberté. Julian ne te fera rien que tu ne veuilles. Mais je te promets que, si tu l'acceptes, tu vas découvrir des sensations que tu n'aurais jamais imaginées. »

Charlotte regarda Julian. Il la regardait avec une douceur qui la surprit, sans aucune trace de convoitise dans ses yeux. Il attendait. Il lui laissait le choix.

« Je ne sais pas faire, » murmura-t-elle.

« Personne ne sait faire, au début, » dit-il doucement. « Mais le corps sait. Il a été fait pour ça. Laisse-moi juste te montrer. Et si tu veux que je m'arrête, à n'importe quel moment, dis un mot. Un seul. Et je m'arrêterai. »

Charlotte prit une profonde inspiration. Elle pensa à Thornwood. À Godfrey. À la ruine. Elle pensa à Edmund, qui ne l'avait jamais touchée comme elle le désirait. Elle pensa à cette chaleur étrange qui s'était réveillée dans son ventre, la veille, quand Jane lui avait parlé de son plan.

« D'accord, » dit-elle à voix basse.

Julian s'approcha lentement. Il ne se jeta pas sur elle comme un prédateur. Il s'accroupit devant elle, prenant ses mains, les caressant du pouce. « D'abord, on respire, » dit-il. « On se détend. Le plaisir ne vient pas quand on est tendue. Il faut le laisser venir. »

Charlotte ferma les yeux. Elle sentit les mains de Julian remonter le long de ses bras, doucement, comme des plumes. Puis il se pencha et déposa un baiser sur son cou, léger comme un soupir. Un frisson la parcourut. Ce n'était pas comme les baisers d'Edmund, pressés et mécaniques. C'était une caresse, une promesse.

« Tu vois ? » murmura Jane, derrière elle. « Ce n'est pas si terrible. »

Charlotte rouvrit les yeux. Julian s'était relevé et la regardait, attendant son approbation. Elle hocha la tête.

Il commença à défaire les boutons de sa robe. Lentement. Un par un. Chaque bouton libéré était comme une chaîne brisée. Charlotte sentit l'air frais sur sa peau. La robe tomba, révélant sa chemise fine, presque transparente. Julian s'arrêta.

« Maintenant, tu vas guider mes mains, » dit-il. « Tu vas me dire où je dois toucher. Qu'est-ce qui te fait du bien. Et si quelque chose te déplaît, tu me le dis. »

Charlotte hésita, puis prit ses mains et les posa sur sa poitrine, au-dessus de la chemise. La chaleur de ses paumes traversait le tissu. Elle sentit ses tétons durcir sous ses doigts. Julian sourit.

« Tu vois ? Ton corps parle. Il suffit de l'écouter. »

Les mains de Julian commencèrent à bouger, dessinant des cercles sur sa poitrine, descendant doucement vers ses hanches. Charlotte sentit une chaleur sourde s'installer dans son bas-ventre. Elle ne savait pas ce qu'elle ressentait exactement, mais ce n'était pas désagréable. C'était... électrisant.

Jane s'approcha, s'agenouilla devant elle, et posa une main sur sa jambe. « Tu es belle, Charlotte. » dit-elle en remontant sa jupe. « Tu as un corps magnifique. Pourquoi l'as-tu caché si longtemps ? »

Charlotte ne répondit pas. Les mains de Julian étaient sur ses hanches, les doigts de Jane caressaient l'intérieur de sa cuisse. Elle était prise entre deux feux, et pour la première fois de sa vie, elle ne voulait pas s'échapper.

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Chapitre Cinq : Le Premier Galant

Le lendemain, Charlotte se réveilla dans une chambre inconnue. La soie des draps glissait contre sa peau, et elle se souvint soudain de tout. Les mains de Julian. La bouche de Jane. Les gémissements qu'elle avait poussés, qu'elle n'avait jamais su qu'elle pouvait pousser.

Elle se couvrit le visage de ses mains, rouge de honte. Mais au fond d'elle, une petite voix lui chuchotait : « Tu as aimé ça. Ne mens pas. »

Jane entra avec un plateau de petit-déjeuner, souriant comme un ange déchu. « Alors ? Comment te sens-tu ? »

« Je ne sais pas, » avoua Charlotte. « Confuse. Étrange. Et... »

« Et ? »

« Et j'ai envie de recommencer. »

Jane éclata de rire, un rire clair et joyeux. « Ah, ma chère Charlotte. Je t'ai reconnue dès le premier jour. Tu n'es pas une femme froide. Tu es une femme qui n'a jamais eu le droit de s'enflammer. Mais maintenant, ce droit, tu le prends. »

Elle déposa le plateau sur le lit. « Mange. Car ce soir, tu as un rendez-vous. »

Un frisson parcourut Charlotte. « Un rendez-vous ? »

« Lord Andrew Pemberton. La trentaine. Beau comme un dieu grec. Et surtout, » Jane baissa la voix, « une réputation de semeur d'héritiers. Il a déjà trois enfants légitimes et, dit-on, une demi-douzaine de bâtards. Si quelqu'un peut te rendre enceinte, c'est lui. »

Charlotte avala sa salive. « Et il est d'accord ? »

« Il est ravi. » Jane lui lança un regard entendu. « Il adore les veuves. Il dit qu'elles sont plus reconnaissantes. »

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Ce soir-là, Charlotte se tenait devant le miroir, vêtue d'une robe de soie bleue que Jane lui avait prêtée. La robe était légèrement transparente, laissant deviner les courbes de son corps. Ses cheveux blonds étaient tombés en cascade sur ses épaules, et un collier de perles ornait son cou.

« Tu es magnifique, » dit Jane derrière elle. « Andrew va te dévorer des yeux. »

« C'est exactement ce que je crains, » murmura Charlotte.

Le bruit d'une voiture dans la rue. Jane jeta un coup d'œil par la fenêtre. « Il arrive. Je vais te laisser. Souviens-toi : tu es en contrôle. Si tu veux t'arrêter, tu t'arrêtes. Mais si tu veux continuer... laisse-toi aller. »

Elle sortit, laissant Charlotte seule, le cœur battant.

Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit et Lord Andrew entra. Jane n'avait pas menti. Il était grand, large d'épaules, avec des cheveux noirs et des yeux gris qui semblaient lire en elle comme dans un livre ouvert. Son sourire était confiant, mais pas arrogant.

« Lady Charlotte, » dit-il en s'inclinant. « Jane m'a beaucoup parlé de vous. »

Charlotte déglutit. « J'espère que c'était du bien. »

Il rit, un rire chaud et grave. « Elle a dit que vous étiez belle. Elle a menti. Vous êtes bien plus que cela. »

Il s'approcha et prit sa main. « Je sais que vous êtes nerveuse. C'est normal. Mais je vous promets que je vais prendre soin de vous. »

Il la guida vers le lit, et Charlotte sentit son cœur s'emballer. Andrew s'assit sur le bord du lit et l'attira doucement sur ses genoux. Ses mains trouvèrent la nuque de Charlotte, massant doucement les muscles tendus.

« Fermez les yeux, » murmura-t-il. « Respirez. »

Charlotte obéit. Elle sentit les doigts d'Andrew glisser le long de ses épaules, défaire les lacets de sa robe. La soie glissa, révélant sa peau nue. Andrew la retourna et posa ses lèvres sur son cou, descendant lentement vers sa poitrine.

Charlotte gémit, ne reconnaissant pas sa propre voix. Andrew était lent, méthodique, comme un musicien accordant un instrument précieux. Il savait exactement où toucher, exactement où embrasser.

« Vous êtes si sensible, » murmura-t-il contre sa peau. « C'est merveilleux. »

Il l'allongea sur le lit, couvrant son corps du sien. Charlotte sentit son poids, sa chaleur, et pour la première fois, elle ne voulut pas le repousser. Elle voulut sentir chaque once de lui.

« Charlotte, » dit-il, la regardant dans les yeux. « Vous êtes sûre ? »

Elle hocha la tête, incapable de parler.

Andrew pénétra en elle avec une douceur qui la surprit. Ce n'était pas comme Edmund, pressé et indifférent. C'était une lente expansion, un remplissage, une connexion qu'elle n'avait jamais connue. Elle sentit ses doigts s'enfoncer dans le drap, son corps s'arc-boutant contre lui.

Andrew commença à bouger, un rythme régulier, profond. Charlotte entendait ses propres gémissements, mêlés à sa respiration haletante. La chaleur en elle grandissait, s'intensifiait.

« Laisse-toi aller, » murmura-t-il. « Je te tiens. Je te retiens. Laisse-toi tomber. »

Et elle tomba. Un orgasme la traversa, puissant, dévastateur, la secouant tout entière. Andrew la suivit, s'abandonnant en elle avec un cri sourd.

Ils restèrent allongés un long moment, respirant ensemble. Charlotte sentait le poids d'Andrew sur elle, et pour la première fois depuis la mort d'Edmund, elle ne se sentait pas seule.

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Chapitre Six : La Semaine du Plaisir

Les jours suivants suivirent le même rythme. Chaque matin, Charlotte se réveillait épuisée mais comblée. Chaque soir, un nouvel homme entrait dans sa chambre.

Il y eut Lord Henry, un officier de marine au corps tanné par le vent, qui la prit contre le mur, ses mains fermes sur ses hanches. Il y eut Sir Geoffrey, un poète mélancolique aux doigts longs, qui l'aima lentement, lyriquement, comme s'il composait un poème sur sa peau. Il y eut même un jeune vicomte, à peine plus âgé qu'elle, qui tremblait tellement de nervosité que Charlotte dut le guider, découvrant avec étonnement qu'elle aussi pouvait être enseignante.

Jane et Julian étaient toujours présents. Parfois ils regardaient, assis dans des fauteuils, commentant les performances comme des connaisseurs au théâtre. Parfois ils participaient, Julian prenant Charlotte par-derrière pendant qu'un autre galant la caressait par-devant. Jane la tenait, l'embrassait, lui murmurait des encouragements.

Et Charlotte apprit. Elle apprit que le plaisir n'avait pas de limites. Que son corps pouvait ressentir des choses qu'elle n'aurait jamais imaginées. Que la honte n'était qu'une construction, et que la liberté était une ivresse bien plus douce que le vin.

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Chapitre Sept : La Dernière Nuit

Le septième jour, Jane organisa une dernière soirée. Tous les galants étaient réunis dans le grand salon : Andrew, Henry, Geoffrey, le vicomte, et trois autres dont Charlotte avait oublié les noms.

« Ce soir, » annonça Jane, « Charlotte va choisir. Un seul homme, ou plusieurs. C'est elle qui décide. »

Charlotte les regarda tour à tour. Tous étaient beaux, tous l'avaient aimée avec passion. Mais un seul avait laissé une marque particulière dans son cœur. Andrew.

Elle s'approcha de lui et prit sa main. « Toi, » dit-elle simplement.

Andrew sourit, un sourire chaud et tendre. « Je suis honoré. »

« Mais pas seulement lui, » ajouta Charlotte, sentant un éclat de malice s'emparer d'elle. « Je veux vous sentir tous. Une dernière fois. Une dernière nuit. »

Les hommes échangèrent des regards, puis des sourires. La nuit qui suivit fut une orgie, un tourbillon de chairs, de sueurs, de gémissements. Charlotte fut prise de toutes parts, et elle s'abandonna entièrement.

Au petit matin, elle s'endormit, épuisée, heureuse, entre Andrew et Jane, le corps couvert de baisers, l'esprit en paix.

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Chapitre Huit : Le Retour à Thornwood

Charlotte revint à Thornwood une semaine plus tard. Godfrey l'attendait dans le salon, son sourire gras déjà en place. Il s'avança pour l'accueillir.

« Ma chère cousine, j'espère que votre séjour à Londres vous a été bénéfique. » Il s'approcha et, sans y être invité, posa ses mains sur ses hanches. « Vous êtes plus... florissante que jamais. »

Charlotte lui donna un sourire glacial. « Effectivement, cousin. Les soins de Londres m'ont fait le plus grand bien. Mais je crains que vous ne puissiez constater par vous-même. »

Elle posa sa main sur son ventre. Il était déjà légèrement arrondi. Les médecins de Londres, qu'elle avait consultés, l'avaient confirmé : elle était enceinte. De qui, elle ne le saurait jamais. Mais cela n'avait pas d'importance.

Le visage de Godfrey se décomposa. « C'est impossible. Edmund n'a pas... »

« Edmund n'a pas, en effet, » dit Charlotte, s'asseyant dans le fauteuil de sa mère. « Mais j'ai veillé à ce que la lignée des Thornwood ne s'éteigne pas. »

Godfrey blêmit. « Vous avez... vous avez... »

« Je n'ai rien fait que je n'aie choisi, » dit Charlotte. « Et je vous prie, cousin, de quitter mon domaine. Vous n'êtes plus le bienvenu. »

Godfrey ouvrit la bouche pour protester, mais aucun son n'en sortit. Il tourna les talons et quitta la pièce, laissant Charlotte seule avec son ventre et son sourire.

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Épilogue

Neuf mois plus tard, Charlotte donna naissance à un fils. Il avait les yeux gris d'Andrew, et la santé robuste de tous les autres. Elle le nomma Edmund, en hommage à son défunt mari.

Andrew vint la voir, une fois. Il ne demanda pas à savoir si l'enfant était de lui. Il se contenta de le tenir dans ses bras, et de lui sourire.

« Il est beau, » dit-il.

« Il est fort, » répondit Charlotte.

« Comme sa mère. »

Charlotte sourit, et pour la première fois, elle se sentit entièrement libre.

Jane et Julian vinrent souvent, amenant avec eux un tourbillon de rires et de plaisir que Charlotte avait appris à chérir. Parfois, la nuit, quand le petit Edmund dormait, Jane lui proposait de revenir à Londres.

« Un petit séjour ? » demandait-elle avec un sourire malicieux.

Charlotte refusait, toujours. Mais elle savait que, désormais, elle avait le choix. Et ce choix, elle l'avait gagné par la seule chose qui comptait vraiment : son plaisir.

Fin.





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