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Le Seigneur des Anneaux -ch09 (novella)

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Le Seigneur des Anneaux

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Chapitre 9 — La cérémonie d'amour




L'automne s'était installé sur Montepulciano, peignant les collines de teintes rousses et dorées, comme si la terre elle-même voulait célébrer quelque chose. Les vendanges étaient terminées, les olives mûrissaient dans les champs, et l'air sentait le vin jeune, la terre humide, les feuilles mortes qui craquaient sous les pieds.

Lorenzo était guéri. La fièvre avait disparu, emportant avec elle les derniers vestiges de sa faiblesse. Il avait retrouvé ses forces, sa vitalité, son énergie. Mais il avait changé, profondément. La maladie l'avait marqué comme un fer rouge, lui avait montré ce qu'il risquait de perdre, lui avait rappelé que la vie était fragile, précieuse, éphémère.

Il avait décidé de célébrer leur union. Pas une union légale, pas une union religieuse, pas une union reconnue par les hommes. Une union secrète, intime, profonde. Une union qui n'avait besoin que de trois personnes pour exister, que de trois cœurs pour battre, que de trois âmes pour s'aimer.

Il avait fait préparer la chambre. Des bougies, partout, des centaines de bougies qui brûlaient dans des candélabres d'argent, sur la cheminée, sur la table, sur le rebord de la fenêtre. Des fleurs, des roses rouges, des lys blancs, des branches de laurier. Des huiles parfumées, de la lavande, du romarin, du santal. Un vin vieux, un vin de Chianti qu'il gardait pour les grandes occasions. Et le grand lit, le lit de velours rouge, recouvert de draps de soie blanche, comme un autel, comme un trône, comme un sanctuaire.

Ce soir-là, il n'y aurait pas de prêtre. Pas de témoins. Pas de dieu. Juste eux, trois, dans la chambre, à la lueur des bougies, pour sceller une alliance qui n'avait besoin de rien d'autre que de leur amour.

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Elena entra la première. Elle avait mis sa plus belle robe, une robe de velours vert qu'elle ne portait que pour les grandes occasions. Ses cheveux bruns étaient dénoués, tombant sur ses épaules en cascades lourdes. Elle avait mis du rouge à ses lèvres, du noir à ses yeux, comme une courtisane, comme une reine.

Elle s'arrêta sur le seuil, et elle regarda la chambre transformée. Elle vit les bougies, les fleurs, le lit de soie blanche. Elle vit Lorenzo debout au milieu de la pièce, vêtu d'une tunique de soie noire qui tombait sur ses épaules, ouvert sur sa poitrine. Elle vit Ginevra, assis sur le lit, vêtu de la robe de soie blanche, ses cheveux roux retenus par des rubans d'argent.

"Bienvenue," dit Lorenzo. "Bienvenue, Elena."

Elle traversa la pièce, ses pas silencieux sur le tapis persan, et elle s'arrêta devant lui.

"Nous sommes ici pour une cérémonie," dit Lorenzo. "Une cérémonie d'amour. Une cérémonie qui n'a pas besoin d'être reconnue par les hommes pour être vraie."

Il lui prit la main, il la porta à ses lèvres, il l'embrassa.

"Elena, tu es ma compagne depuis vingt ans. Tu es la mère de mon enfant. Tu es la femme qui m'a soutenu, qui m'a aimé, qui m'a supporté. Je ne serais pas là sans toi. Je ne serais pas celui que je suis sans toi. Je te remercie."

Elena sentit les larmes monter à ses yeux. Elle ne pleurait pas souvent, pas en public, pas devant les autres. Mais ce soir, elle ne pouvait pas les retenir.

"Je t'aime, Lorenzo," dit-elle. "Je t'ai toujours aimé. Et je t'aimerai toujours."

Il l'embrassa, un baiser long, doux, tendre. Un baiser qui scellait vingt ans de vie commune, vingt ans de partage, vingt ans d'amour.

Puis Lorenzo se tourna vers Ginevra. Il s'approcha du lit, il s'accroupit devant lui, il prit ses mains dans les siennes.

"Ginevra," dit-il. "Je t'ai acheté comme on achète une chose. Je t'ai pris comme on prend un objet. Je t'ai forcé comme on force un esclave. Mais ce soir, ce soir je ne suis pas ton maître. Je ne suis pas ton propriétaire. Je suis ton amant, ton ami, ton compagnon."

Il leva les yeux vers lui, ses yeux noirs brillant à la lumière des bougies.

"Je te prends, Ginevra. Pas comme un objet, pas comme une chose, pas comme un substitut. Mais comme toi. Ginevra. Mon ange. Mon amour."

Ginevra le regarda, ses yeux bleus remplis de larmes. Il ne pleurait pas, pas encore, mais ses yeux étaient brillants, comme deux étoiles dans la nuit.

"Je te prends, Lorenzo," dit-il, sa voix claire et ferme. "Je te prends comme mon amant, mon ami, mon compagnon. Je te prends parce que je t'aime. Je te prends parce que je ne veux plus être sans toi."

Lorenzo se leva, et il l'embrassa. Un baiser long, profond, passionné. Un baiser qui disait tout ce que les mots ne pouvaient pas dire, tout ce que les années ne pouvaient pas effacer, tout ce que la mort ne pouvait pas emporter.

Puis Lorenzo se tourna vers Elena, il la prit dans ses bras, il l'embrassa aussi.

"Elena," dit-il. "Ma compagne, ma maîtresse, la mère de mon enfant. Celle qui a rendu tout cela possible. Je te prends, toi aussi. Je te prends pour ce que tu es, pour ce que tu as été, pour ce que tu seras."

"Je te prends, Lorenzo," dit Elena. "Je te prends pour la vie."

Il la prit, là, devant Ginevra, avec une lenteur infinie, comme une offrande. Il la prit comme on prend une femme qu'on aime, comme on prend une compagne, comme on prend une égale. Il la prit en la regardant dans les yeux, en lui parlant doucement, en lui disant des mots qu'il n'avait jamais dits.

"Tu es belle, Elena. Tu es la plus belle femme que j'aie jamais connue. Et tu es la plus forte."

Elle gémit sous lui, elle s'abandonna à lui, elle se donna à lui. Elle le prit en retour, comme on prend un amant, comme on prend un ami, comme on prend un compagnon.

Puis Lorenzo se tourna vers Ginevra. Il l'allongea sur le lit de soie blanche, il écarta les pans de sa robe, et il le prit avec la même lenteur, la même douceur, la même dévotion. Il le prit comme on prend un amant qu'on aime, comme on prend un ange, comme on prend un miracle.

"Tu es beau, Ginevra," murmura-t-il. "Tu es le plus bel être que j'aie jamais connu. Tu es mon ange, mon amour, ma vie."

Il le prit en le regardant dans les yeux, en lui parlant doucement, en lui disant des mots qu'il n'avait jamais dits à personne.

"Tu n'es pas un objet, Ginevra. Tu n'es pas une chose. Tu es un homme, un être humain, une personne. Tu es Ginevra. Et je t'aime."

Ginevra pleura, mais ce n'étaient pas des larmes de douleur. C'étaient des larmes de joie, des larmes de reconnaissance, des larmes d'amour. Il prit Lorenzo en lui, il le retint, il le garda.

"Je t'aime, Lorenzo," dit-il. "Je t'aime pour toujours."

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Puis Lorenzo les prit tous les deux. Alternativement, comme s'il les consacrait, comme s'il les unissait, comme s'il faisait d'eux une seule chair. Il prit Elena, puis Ginevra, puis Elena, puis Ginevra. Il les prit comme on prend une offrande, comme on prend une prière, comme on prend un sacrement.

Elena et Ginevra se regardaient, se touchaient, s'aimaient. Ils étaient deux, ils étaient trois, ils étaient un. Ils étaient une famille.

Quand Lorenzo eut fini, quand il se fut donné tout entier, il s'allongea entre eux, les bras autour de leurs corps, les tenant contre lui. Il sentait leurs souffles, leurs cœurs, leurs vies. Il sentait qu'il était aimé, aimé comme il ne l'avait jamais été.

"Nous sommes une famille," dit Elena, sa voix à peine audible.

Ginevra répéta le mot, comme s'il le découvrait, comme s'il le goûtait pour la première fois.

"Une famille," dit-il. "Nous sommes une famille."

Lorenzo sourit, et il les serra plus fort contre lui.

"Oui," dit-il. "Une famille. Notre famille."

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Ils restèrent longtemps enlacés, les corps encore chauds, les souffles encore courts, les cœurs encore battants. Les bougies brûlaient autour d'eux, projetant des ombres dansantes sur les murs, sur les draps, sur leurs corps.

Ginevra était au milieu, comme souvent. Il avait la tête posée sur la poitrine d'Elena, les jambes entrelacées avec celles de Lorenzo, les bras autour de leurs tailles. Il se sentait en sécurité, protégé, aimé.

"Je n'ai jamais eu de famille," dit-il, doucement. "Je n'ai jamais su ce que c'était. Je n'ai jamais su ce que c'était que d'être aimé."

Il tourna la tête vers Elena, puis vers Lorenzo.

"Mais maintenant, je sais. Maintenant, je sais ce que c'est. C'est vous. C'est nous. C'est ici."

Elena l'embrassa sur le front. Lorenzo l'embrassa sur les cheveux.

"Tu es chez toi, Ginevra," dit Elena. "Ici, avec nous, tu es chez toi."

"Tu es chez toi pour toujours," ajouta Lorenzo. "Pour toujours."

Ginevra ferma les yeux, et il sourit. Ce sourire qui était devenu le sien, ce sourire qui disait tout ce que les mots ne pouvaient pas dire, ce sourire qui était la marque de son bonheur.

"Je vous aime," dit-il. "Je vous aime tous les deux."

"Nous t'aimons aussi, Ginevra," dirent-ils en même temps.

Et cette nuit-là, ils s'endormirent, les trois ensemble, enlacés, unis, réconciliés.

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Au matin, Ginevra se réveilla le premier. Le soleil entrait par la fenêtre, éclairant la chambre d'une lumière dorée. Les bougies s'étaient éteintes, laissant des traces de cire sur les candélabres. Les fleurs avaient fané, mais leur parfum flottait encore dans l'air.

Il regarda les deux corps endormis près de lui, Elena et Lorenzo, qui dormaient encore, les bras autour de lui, les souffles paisibles. Il les regarda longuement, comme on regarde un trésor, comme on regarde un miracle, comme on regarde un rêve éveillé.

Il se souvint de la nuit, des mots, des baisers, des caresses. Il se souvint de la cérémonie, de l'alliance, de la promesse. Il se souvint qu'il était aimé, aimé pour ce qu'il était, aimé pour toujours.

Il se leva doucement, pour ne pas les réveiller. Il alla à la fenêtre, il regarda les collines toscanes, les oliviers, les cyprès, les vignes. Il regarda le monde, ce monde qu'il avait cru perdu, ce monde qu'il avait cru ne plus mériter.

Il posa sa main sur son ventre, là où les testicules atrophiées n'étaient plus que des souvenirs. Il se dit qu'il n'était plus un enfant, qu'il n'était plus un objet, qu'il n'était plus une chose. Il était Ginevra. Il était l'être aimé de deux personnes. Il était chez lui.

Il retourna au lit, se glissa entre Elena et Lorenzo, retrouvant leurs bras, leur chaleur, leur amour.

"Bonjour, Ginevra," murmura Elena, à moitié endormie.

"Bonjour, Elena," dit-il.

"Bonjour, mon ange," dit Lorenzo, ouvrant les yeux.

"Bonjour, Lorenzo," dit-il.

Il se blottit contre eux, et il ferma les yeux, se laissant porter par la lumière, par la chaleur, par l'amour.

Il était chez lui. Il était aimé. Il était vivant. Et c'était tout ce qui comptait.

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Les jours qui suivirent furent des jours de paix, des jours de joie, des jours d'amour. Lorenzo, Elena et Ginevra vécurent comme une famille, une vraie famille, une famille qui s'était choisie. Ils partagèrent les repas, les promenades, les nuits. Ils partagèrent les rires, les larmes, les silences.

Ils n'avaient pas besoin de grand-chose, pas besoin de richesses, pas besoin de reconnaissance. Ils avaient besoin l'un de l'autre, et c'était assez.

Parfois, le soir, ils s'asseyaient ensemble devant la cheminée, et ils se racontaient des histoires. Lorenzo racontait ses voyages, ses affaires, ses conquêtes. Elena racontait son enfance, ses espoirs, ses rêves. Ginevra racontait sa vie, son passé, sa douleur. Mais il le faisait maintenant sans peur, sans honte, sans regret. Il savait qu'il était aimé, et l'amour guérissait toutes les blessures.

Un soir, Ginevra demanda : "Pourquoi moi ? Pourquoi m'avez-vous choisi, moi, parmi tous les autres ?"

Lorenzo le regarda, et il sourit.

"Parce que tu es toi, Ginevra. Parce que tu es unique. Parce que tu es la seule personne au monde qui puisse être ce que tu es."

Elena ajouta : "Et parce que nous t'aimons. Parce que nous t'avons aimé dès le premier instant, sans savoir pourquoi."

Ginevra les regarda, et il sentit son cœur se gonfler d'un bonheur qu'il n'avait jamais connu.

"Je vous aime," dit-il. "Je vous aime pour toujours."

"Nous t'aimons aussi, Ginevra," dirent-ils en même temps.

Et cette nuit-là, ils s'endormirent, les trois ensemble, enlacés, unis, heureux.




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