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Le Seigneur des Anneaux
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Chapitre 5 — L'invitation d'Elena
Le soir était tombé sur Montepulciano comme un voile de soie grise, enveloppant les collines, les oliviers, les cyprès, dans une douceur crépusculaire qui semblait suspendre le temps. Lorenzo s'était retiré dans sa chambre plus tôt que d'habitude, fatigué par une journée de comptes, de lettres, de décisions. Les affaires du domaine l'avaient épuisé, et pour la première fois depuis des semaines, il n'avait pas la force de prendre Ginevra.
Il était assis dans son fauteuil de velours bleu, une coupe de vin à la main, les yeux mi-clos. La fatigue creusait des sillons profonds sur son visage, des marques que les années et les excès avaient gravées dans sa chair. Il avait quarante-cinq ans, et ce soir, il les sentait tous.
Ginevra était allongé sur le lit, dans sa robe de soie blanche, les cheveux roux épars sur l'oreiller. Il attendait. Il attendait toujours, à cette heure, le rituel, la préparation, la pénétration. Mais ce soir, Lorenzo ne bougeait pas. Il restait là, immobile, la coupe à la main, le regard perdu dans le vide.
Elena était dans la chambre, comme d'habitude, près de la table des huiles et des linges. Elle regardait Lorenzo, elle regardait Ginevra, et elle lisait dans leurs corps ce que leurs mots ne disaient pas. Elle savait que Lorenzo était épuisé. Elle savait que Ginevra était perdu. Et elle savait que quelque chose allait se passer, quelque chose qui changerait tout.
Lorenzo leva les yeux vers elle. Il la regarda longuement, comme s'il la voyait pour la première fois. Cette femme qui partageait sa vie depuis vingt ans, cette femme qui lui avait donné un fils, cette femme qui connaissait ses secrets, ses désirs, ses faiblesses.
"Elena," dit-il, sa voix rauque de fatigue, "viens ici."
Elle s'approcha. Elle s'arrêta devant lui, les mains jointes, le visage calme.
"Je suis fatigué," dit-il. "Je ne peux pas ce soir. Je n'ai pas la force." Il fit un geste vers le lit, vers Ginevra allongé, immobile, offert. "Prends-le, Elena. Prends-le pour moi. Fais-lui ce que je lui fais. Donne-lui ce que je ne peux pas lui donner ce soir."
Elena ouvrit la bouche, surprise. Elle avait assisté à toutes les séances, elle avait touché Ginevra, elle l'avait caressé, préparé, nettoyé. Mais elle ne l'avait jamais pris. Elle n'avait jamais été celle qui pénètre, celle qui possède, celle qui jouit.
"Lorenzo," dit-elle, "je ne sais pas si je peux."
"Tu peux," dit-il. "Je sais que tu peux. Tu es une femme, tu es une amante, tu es ma maîtresse. Tu sais ce qu'il faut faire. Tu es la seule qui peut le faire à ma place."
Elena regarda Ginevra. Le jeune homme était allongé sur le lit, les yeux grands ouverts, fixes, comme toujours. Mais il y avait quelque chose dans son regard, quelque chose qui n'y était pas avant. Une question, peut-être. Une attente, peut-être. Un espoir, peut-être.
Elle se tourna vers Lorenzo, et elle hocha la tête lentement.
"Je le ferai," dit-elle. "Pour toi. Pour lui. Pour nous."
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Elle s'approcha du lit. Elle ôta sa robe de laine grise, lentement, avec des gestes qui n'avaient rien d'impudique. Elle resta en chemise de lin blanc, une chemise simple, ouverte sur la poitrine, qui laissait voir ses seins lourds, ses épaules solides, ses bras forts. Elle s'allongea près de Ginevra, et elle le prit dans ses bras.
Il était léger, si léger, comme un oiseau, comme un enfant. Il ne résista pas, il ne se tendit pas. Il se laissa faire, comme il s'était toujours laissé faire, avec cette passivité qui était devenue sa seconde nature. Mais ses yeux, ses yeux bleus, la regardaient, la suivaient, ne la quittaient pas.
Elena posa sa main sur son dos. Elle sentit les omoplates saillantes, la colonne vertébrale qui dessinait une ligne sous la peau, les côtes qui se soulevaient au rythme de sa respiration. Elle caressa sa nuque, ses épaules, ses bras. Elle descendit le long de son dos, jusqu'à ses fesses, fermes et rondes, et elle les caressa doucement, en cercles lents.
Ginevra frissonna. Personne ne l'avait jamais touché comme ça, avec cette lenteur, avec cette douceur, avec cette tendresse. Les mains de Lorenzo étaient des mains d'homme, des mains qui prenaient, qui possédaient, qui pénétraient. Les mains d'Elena étaient des mains de femme, des mains qui caressaient, qui réchauffaient, qui guérissaient.
Elle glissa sa main entre ses cuisses, doucement, sans brusquerie. Elle sentit la chair chaude, la peau lisse, le duvet roux à peine visible. Elle caressa l'intérieur de ses cuisses, lentement, en cercles de plus en plus larges, de plus en plus proches de l'anneau.
Ginevra gémit. Un petit gémissement, à peine audible, mais qui disait tout. Il aimait ces mains, ces mains de femme, ces mains qui le touchaient sans le prendre, qui le caressaient sans le posséder.
Elena le retourna doucement, sur le dos. Elle se pencha sur lui, et elle l'embrassa sur le front, sur les joues, sur les lèvres. Ses lèvres étaient douces, chaudes, maternelles. Elle l'embrassa comme on embrasse un enfant, comme on embrasse un amant, comme on embrasse un être qu'on aime.
Puis elle descendit le long de son corps. Elle embrassa son cou, sa poitrine plate, son ventre creux. Elle s'arrêta sur son pubis, sur le duvet roux, sur le petit pénis inerte. Elle le prit dans sa bouche, doucement, sans rien attendre, sans rien demander. Elle le suça, le lécha, le caressa avec sa langue. Ginevra gémit, un gémissement plus fort, un gémissement de surprise et de plaisir.
Elle savait qu'il ne banderait jamais. Elle savait qu'il ne pourrait jamais jouir comme les autres hommes. Mais elle savait aussi que ce petit appendice, ce morceau de chair inerte, avait encore des nerfs, encore des sensations, encore une vie. Et elle le caressa avec une tendresse infinie, comme on caresse un enfant malade, comme on caresse un ami blessé.
Puis elle remonta le long de son corps, et elle le retourna sur le ventre. Elle écarta ses fesses, et elle regarda l'anneau de chair, ce petit trou rose qui avait tant souffert, qui avait tant servi, qui avait tant donné. Elle y posa un doigt, doucement, et elle sentit la chaleur, la douceur, l'accueil.
"Je vais y aller doucement, Ginevra," murmura-t-elle. "Je vais y aller très doucement. Et si ça te fait mal, tu me le dis. Tu me le dis, d'accord ?"
Il ne répondit pas, mais il hocha la tête. Un petit mouvement, à peine perceptible, mais qui disait oui.
Elena prit le godemichet sur la table. Il était en bois sculpté, poli, enduit d'huile d'olive. Elle le regarda un instant, ce morceau de bois qui allait pénétrer Ginevra, qui allait le prendre à sa place, qui allait lui donner le plaisir qu'elle ne pouvait pas lui donner avec son propre corps.
Elle l'enduisit d'huile, avec soin, avec lenteur. Puis elle s'approcha de Ginevra, elle posa le godemichet contre l'anneau, et elle commença à le pousser.
Doucement. Très doucement. Elle sentit la résistance de la chair, puis l'ouverture, puis l'accueil. Elle poussa un peu plus, et le godemichet entra, lentement, en tournant, comme une vis, comme une promesse.
Ginevra gémit. Il serra les draps de ses mains, il ferma les yeux. Mais il ne résista pas. Il s'ouvrit, il s'offrit, il se donna. Il avait appris, avec Lorenzo, à accueillir la pénétration. Mais avec Elena, c'était différent. Ce n'était pas une prise, ce n'était pas une possession, ce n'était pas une domination. C'était un cadeau.
Elena poussa le godemichet jusqu'au bout, et elle s'arrêta. Elle attendit que Ginevra se détende, qu'il s'habitue, qu'il se réchauffe. Puis elle commença à bouger, lentement, très lentement. Elle le prenait comme on prend un instrument fragile, comme on prend une fleur, comme on prend un baiser.
Elle le regardait. Elle regardait son dos, ses omoplates qui se soulevaient sous la peau, ses fesses fermes qui accueillaient le godemichet, ses doigts qui s'agrippaient aux draps. Elle regardait ses cheveux roux, épars sur l'oreiller, et elle voyait qu'il pleurait.
Des larmes coulaient sur ses joues, des larmes silencieuses, des larmes qui n'étaient pas de douleur. C'étaient des larmes d'être touché par une femme, des larmes d'être tenu comme on tient un enfant, des larmes d'être aimé peut-être.
"Chut," murmura Elena, sans cesser de bouger. "Chut, mon petit. Ça va aller. Je suis là. Je suis avec toi."
Elle accéléra un peu le rythme, sans brusquerie, sans violence. Elle sentait l'anneau de Ginevra se resserrer et se relâcher autour du godemichet, sentir la chaleur qui montait, sentir la vie qui revenait.
Ginevra pleurait toujours, mais il pleurait en silence. Il ne savait pas pourquoi il pleurait. Il avait pleuré tant de fois, pour tant de raisons. Mais ces larmes-ci étaient différentes. Elles ne venaient pas de la douleur, ni de la peur, ni de la honte. Elles venaient d'un endroit plus profond, un endroit qu'il croyait mort, un endroit qu'il pensait avoir enterré depuis des années.
Il ouvrit la bouche, et il dit un mot. Un mot qu'il n'avait jamais dit à personne.
"Maman."
Elena s'arrêta. Elle le regarda, les yeux brillants de larmes. Elle posa le godemichet, elle le prit dans ses bras, elle le serra contre elle.
"Oui," dit-elle. "Oui, mon enfant. Je suis là. Je suis ta maman."
Elle le berça, comme on berce un bébé, comme on berce un enfant malade, comme on berce un être qu'on aime. Elle chantait une chanson, une vieille chanson toscane qu'elle chantait à son propre fils quand il était petit. Une chanson sur la mer, sur le vent, sur les mères qui attendent leurs enfants.
Ginevra posa sa tête sur sa poitrine, il sentit ses seins contre sa joue, il sentit son cœur battre. Ce cœur qui battait pour lui, ce cœur qui l'aimait, ce cœur qui était à lui.
Il s'endormit, dans les bras d'Elena, bercé par sa chanson, réchauffé par sa tendresse.
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Lorenzo regardait la scène, assis dans son fauteuil. Il avait suivi tout le rituel, du début à la fin. Il avait vu Elena préparer Ginevra, le caresser, le prendre. Il avait vu Ginevra pleurer, s'abandonner, s'endormir. Et il avait été touché, profondément touché.
Il comprenait, pour la première fois, ce qu'Elena pouvait donner à Ginevra. Il comprenait qu'elle pouvait lui donner ce qu'il ne pouvait pas lui donner : la tendresse, la mère qu'il n'avait jamais eue, l'amour inconditionnel que seuls les femmes savent donner.
Il se leva du fauteuil, et il s'approcha du lit. Il regarda les deux corps enlacés, Elena qui tenait Ginevra dans ses bras comme un enfant, Ginevra qui dormait contre sa poitrine comme un bébé. Il regarda leurs visages paisibles, leurs souffles mêlés, leurs cœurs qui battaient à l'unisson.
Il se déshabilla, silencieusement, et il s'allongea près d'eux. Il les prit dans ses bras, les deux à la fois, les serra contre lui. Il sentit la chaleur de leurs corps, la douceur de leur peau, la paix de leur sommeil.
"Vous êtes ma famille maintenant," murmura-t-il. "Vous êtes ma seule famille."
Il embrassa Elena sur le front, puis Ginevra. Il sentit les cheveux roux sous ses lèvres, la peau chaude, le souffle tranquille. Il ferma les yeux, et il s'endormit avec eux, les tenant contre lui, comme un trésor, comme un rêve, comme un miracle.
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Au milieu de la nuit, Ginevra s'éveilla. Il était toujours dans les bras d'Elena, toujours contre sa poitrine. Mais Lorenzo était là aussi, derrière lui, ses bras enserrant les deux corps. Il était pris entre eux, comme entre deux murailles de chair et de chaleur.
Il ouvrit les yeux. Il regarda la chambre, la lumière des bougies qui vacillait encore, les ombres qui dansaient sur les murs. Il regarda les mains de Lorenzo sur son ventre, les bras d'Elena autour de ses épaules.
Et il sourit.
C'était la première fois qu'il souriait. Pas un sourire forcé, pas un sourire de soumission, pas un sourire de peur. Un vrai sourire, un sourire qui venait du cœur, un sourire qui disait : "Je suis heureux."
Il ne savait pas pourquoi il était heureux. Il ne savait pas ce qui avait changé. Il ne savait pas ce que l'avenir lui réservait. Mais il savait, à cet instant précis, qu'il était là où il devait être, avec les personnes qu'il devait être, dans les bras qu'il devait avoir.
Il se blottit contre Elena, il sentit sa chaleur, son odeur, son souffle. Il ferma les yeux, et il se rendormit, le sourire encore aux lèvres, les larmes encore sur les joues.
Et dans son sommeil, il rêva. Il rêva qu'il était un enfant, un petit garçon aux cheveux roux, qui courait dans un champ de blé, poursuivi par une femme aux cheveux bruns. Il rêva que la femme le rattrapait, le prenait dans ses bras, l'embrassait sur le front. Il rêva qu'elle lui disait : "Je t'aime, mon enfant. Je t'aime pour toujours."
Il rêva qu'il était aimé. Et pour la première fois de sa vie, il crut que c'était vrai.
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