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Islam / Islamisme

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La distinction contemporaine entre l'Islam et l'islamisme repose sur un postulat sémantique qui s'effrite dès qu'on le confronte à la réalité des sources scripturaires. Pour l'observateur non averti, l'islamisme serait une excroissance monstrueuse, une déviation radicale d'une foi purement spirituelle. Pourtant, cette séparation est une invention moderne, un outil de diplomatie verbale qui occulte une vérité historique et théologique : l'Islam est, par essence, une structure juridique et politique globale qui ne conçoit pas la dissociation entre le temple et l'État.

Le dogme islamique se définit lui-même comme un système totalisant, résumé par la formule Dine, Dounia wa Dawla (Religion, Monde et État). Contrairement au christianisme, dont la naissance s'est faite dans la séparation initiale avec le pouvoir romain, l'Islam s'est constitué dès ses premières années comme une entité conquérante et législatrice. Prétendre que la volonté d'appliquer la charia est une "idéologie politique" distincte de la religion est une contradiction profonde, puisque la charia est le cœur battant de la religion elle-même.

Cette illusion sémantique sert de paravent à une réalité plus crue : l'Islam ne propose pas seulement un chemin vers le salut de l'âme, mais un code de conduite hégémonique. Le concept de "valabilité pour tous les temps et tous les lieux" verrouille toute tentative de réforme réelle. Si les textes qui prônent la soumission du monde et l'asservissement des non-musulmans sont considérés comme la parole incréée et éternelle de Dieu, alors l'islamiste n'est pas un extrémiste, mais un traditionaliste cohérent qui refuse l'hypocrisie de la modernité.

L'usage du terme "islamisme" permet d'évacuer la responsabilité du dogme dans les violences commises en son nom. En créant cette entité distincte, on peut blâmer "l'idéologie" tout en sanctuarisant la "religion". C'est un mécanisme de défense qui permet d'éviter un débat nécessaire sur les textes fondateurs. Pourtant, les groupes radicaux ne font que réactiver le logiciel médiéval de la conquête, utilisant la Sira (biographie du prophète) et les récits du djihad comme un mode d'emploi actuel, légitimé par quatorze siècles de jurisprudence sunnite.

La preuve la plus flagrante de cette continuité réside dans le silence des grandes institutions cléricales. Lorsqu'une instance comme Al-Azhar refuse de déclarer les membres de Daech comme mécréants, elle ne fait qu'appliquer la loi islamique classique : le crime, aussi barbare soit-il, ne sort pas le croyant de l'Islam s'il respecte les rites. Paradoxalement, cette même jurisprudence maintient la peine de mort pour l'apostat ou celui qui délaisse la prière. Ce système de valeurs place la loyauté envers le groupe et la soumission au dogme bien au-dessus de la morale universelle ou du respect de la vie humaine.

Parler de "religion de paix" en occultant les versets du glaive et la pratique historique du djihad relève d'une forme de Taqiyya (dissimulation) intellectuelle, visant à rendre le dogme acceptable dans un monde régi par les droits de l'homme. Le djihad n'a jamais été, historiquement, un simple effort spirituel de l'âme ; il a été le moteur d'une expansion impériale ininterrompue, instaurant le statut de dhimmi pour les peuples vaincus. Ce statut de citoyen de seconde zone, humilié et soumis à l'impôt, est inscrit dans l'ADN du droit musulman.

En fin de compte, l'islamisme est l'Islam dans sa forme active et politique, débarrassé des compromis que la vie en société moderne impose aux individus. Les musulmans qui vivent leur foi de manière pacifique et privée le font souvent en dépit du dogme politique, et non grâce à lui. Ils pratiquent une forme d'islam "neutralisé" par la culture environnante, mais les racines du texte, elles, restent inchangées et prêtes à être cueillies par quiconque souhaite restaurer la puissance de l'Oumma.

Il est temps de regarder la vérité en face : le problème n'est pas une "interprétation" erronée, mais la persistance d'un logiciel médiéval de domination que personne n'ose officiellement abroger. Tant que le monde musulman ne déclarera pas que ses lois politiques et guerrières sont obsolètes, la distinction entre Islam et islamisme restera un mensonge de confort. La vérité est que le dogme porte en lui les germes de l'oppression qu'il prétend aujourd'hui condamner.

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イスラムのエロティカ

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純潔という名の分裂
現代のアラブ・イスラム社会の集合意識が直面しているのは、一種の深刻な「認知的分裂」である。それは、天使のように清らかな過去という妄想上のイメージと、欲望や肉体的なディテールに満ちあふれた人間臭い歴史的現実との間の乖離である。この矛盾は、歴史を欲望のない長い祈りの絨毯のように描く現代の道徳的言説と、高名な指導者や解釈学者、法学者が記した古典籍の内容を比較したときに明白となる。かつての知識人たちは「バー(性愛学)」について論じることに何の躊躇も抱いていなかったが、現代の一般大衆はこの隠された側面について、多分に欺かれた状態にある。
例えば、イスラム解釈学とハディース学の重鎮であるジャラール・アッ=ディーン・アッ=スユートィーは、現代の敬虔な信者が読めば衝撃を受け、検閲当局が「放蕩」を理由に没収するであろう著作のリストを残している。その中には、有名な『性交の知識における茂みの珍品(Nawadir al-Ayk)』をはじめ、『合法的な魔術から吸い上げた清らかな水』、『ふくよかな女性の特質における高価なルビー』、『性交の名称に関する開示』などが含まれる。これらの書物は単なる一時的な過ちではなく、肉体を恥じなかった当時の文化の現れである。スユートィーは性器や体位に関する何百もの名称をまとめ、遊牧民や法学者にまつわるエロティックな逸話を紹介した。これは、現代人が主張する「慎み」が、かつては遥かに開放的であった伝統とは異質な、比較的新しい文化であることを証明している。
スユートィー一人に限ったことではない。チュニジアの大臣の勧めで書かれたシェイク・ネフザウィの『香り高き庭園(Al-Rawd al-Atir)』は、現代のあらゆるレッドラインを越える露骨な官能譚を含む性の完全ガイドであるが、当時は教育的かつ娯楽的な著作と見なされていた。同様に、オスマン帝国の最高権威「シェイフル・イスラーム」の一人であったイブン・ケマル・パシャの作とされる『老人の青春への回帰』も、イスラム・カリフ制の宗教的ヒエラルキーの頂点にいた人物が、性の文化を細部にわたって記録することに関与していたことを裏付けている。こうした開放性は学術書にとどまらず、アブー・ル・ファラジュ・アル=イスファハーニーの『歌の書(Al-Aghani)』やイブン・アブド・ラッビヒの『比類なき首飾り』といった主要な歴史資料に見られるカリフや対面たちの物語にも及んでいる。これらの書物の中では、ウマイヤ朝のカリフ、ヤズィード・イブン・アブド・アルマリクと、彼の愛妾「ハバーバ」や「サラーマ」との情事などが語られており、放蕩や露骨な性的詩歌がダマスカスやバグダードの宮廷に不可欠な一部であったことを物語っている。
女奴隷(ジャリヤ)や捕虜をめぐる問題は、この歴史的偽善の最大の柱である。現代の宗教的言説は、イスラムが性を結婚のみに限定したと主張するが、契約も制限もなく、男性が望むだけの女性と性交渉を持つことを許した「右手の所有(Milk al-Yamin)」という制度を無視している。歴史は、バグダードやカイロの奴隷市場について語っている。そこでは「商品」と見なされた女奴隷たちが、その魅力を露わにする衣服をまとって展示され、法学者や有力者を含む買い手たちは、その「性的品質」を保証するために彼女たちの体を検査していた。さらに、イブン・クダーマの『アル=ムグニー』やサラフスィーの『アル=マブスート』といった法学書には、女奴隷の裸体や購入前に触れてもよい部位についての詳細な法的議論が含まれている。これらは、もし今日現代的なスタイルで出版されれば、一部の人々からは不信心や堕落と見なされるであろう議論である。
現代の公的機関が、現代のエロティックな本を禁止し、制作者を「公序良俗への冒涜」で訴追する一方で、先祖たちが誇りを持って生き、記録してきた現実を否定し続けているのは、偽善の極みである。この組織的な欺瞞は、本能と調和していた真のルーツから切り離された「パッケージ化されたムスリム」を製造することを目的としている。1400年にわたるイスラムの歴史は、主張されているような純潔の歴史ではなく、祈りや禁欲と同じくらい、性や放蕩、肉体的搾取に満ちた、極めて人間的な歴史であった。この側面を否定することは真実を歪曲し、宗教検閲のハサミが許したものしか読まなくなった世代を欺くことである。その一方で、かつての指導者たちが、今日のもっとも急進的な自由主義者さえも持ち得ない大胆さで快楽について記していた時代の証人として、古典籍は今も高い棚の上から私たちを見つめている。

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Islamic Erotica

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What the contemporary Arab and Islamic collective consciousness is witnessing today is a state of acute cognitive schizophrenia, separating an imagined image of an angelic past from a historical reality that teemed with humanity in all its lusts and physical details. This contradiction is clearly manifested when comparing contemporary moralizing discourse—which depicts history as a long prayer rug devoid of desire—with the foundational heritage books written by top sheikhs, exegetes, and jurists. These figures found no shame in diving into the literature of "Bah" (erotology), while today's public remains largely deceived about this hidden dimension.

For instance, Imam Jalal al-Din al-Suyuti, a pillar of Quranic exegesis and Hadith, left behind a list of compositions that would shock the contemporary devout and lead today's censorship authorities to confiscate them on charges of debauchery. Among them are his famous book Nawadir al-Ayk fi Ma'rifat al-Nayk (The Rarities of the Grove in the Knowledge of Coitus), as well as The Suction of Pure Water from Halal Magic, The Precious Rubies on the Attributes of Plump Women, and The Disclosure of the Names of Intercourse. These books were not mere fleeting lapses, but rather an expression of an era's culture that was not ashamed of the body. Al-Suyuti compiled hundreds of names for genitalia and sexual positions, even showcasing erotic anecdotes attributed to Bedouins and jurists, proving that the "modesty" claimed by moderns is a recent culture foreign to a heritage that was once far more open.

The matter is not limited to al-Suyuti alone. We find Sheikh al-Nefzaoui, in his book The Perfumed Garden (Al-Rawd al-Atir), written at the behest of a Tunisian minister, offering a complete guide to sex containing explicit erotic stories that cross all contemporary red lines, yet it was viewed then as an educational and recreational work. In the same context, the book The Return of the Old Man to His Youth emerges, attributed to Ibn Kemal Pasha, one of the great scholars of the Ottoman Empire and its "Sheikh al-Islam," confirming that the pinnacle of the religious hierarchy in the Islamic Caliphate was involved in documenting sexual culture in its finest details. This openness was not restricted to scientific books but extended to the stories of caliphs and companions in major historical sources such as Al-Aghani by al-Isfahani, The Unique Necklace by Ibn Abd Rabbih, and The Ultimate Ambition by al-Nuwayri. In these volumes, we read about the romances of Umayyad caliphs like Yazid bin Abd al-Malik and his obsession with his concubines "Hababa" and "Salama," illustrating how debauchery and explicit sexual poetry were an integral part of the courts in Damascus and Baghdad.

The issue of concubines and female captives represents the greatest pillar of this historical hypocrisy. Modern religious discourse claims that Islam restricted sex to marriage, ignoring the institution of "Milk al-Yamin" (ownership right), which permitted men to engage in sex with as many women as they wished without contracts or restrictions. History tells us of slave markets in Baghdad and Cairo, where concubines—regarded as "merchandise"—were displayed in clothing that revealed their charms so that buyers, including jurists and notables, could inspect their bodies to ensure their "sexual quality." Furthermore, books of jurisprudence, such as Al-Mughni by Ibn Qudama or Al-Mabsut by al-Sarakhsi, contain precise legal discussions regarding the nakedness of the slave girl and which parts of her body may be touched before purchase. These are discussions that, if published today in a modern style, would be deemed by some as apostasy or depravity.

The insistence of contemporary official institutions on banning modern erotic books while prosecuting creators for "offending public modesty" is the height of hypocrisy. They are, in fact, haunting a reality that their ancestors lived and documented with pride. This systematic deception aims to manufacture a "packaged Muslim," severed from his true roots which were far more vibrant and reconciled with instinct. Islamic history over 1,400 years was not a history of claimed purity, but rather an eminently human history, filled with sex, license, and physical exploitation as much as it was with prayer and asceticism. Denying this aspect is a falsification of truth and a deception of generations who no longer read anything except what is dictated by the religious censor’s scissors, while the reference books remain on high shelves, witnessing an era when sheikhs wrote about pleasure with an audacity that the most radical liberals would not dare possess today.

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L'Érotisme Islamique (article)

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Ce à quoi nous assistons aujourd'hui dans la conscience collective arabo-musulmane est un état de schizophrénie cognitive aiguë qui sépare une image imaginée d'un passé angélique d'une réalité historique bouillonnante d'humanité, avec tous ses désirs et ses détails physiques. Cette contradiction se manifeste clairement lorsque l'on compare le discours moralisateur contemporain, qui dépeint l'histoire comme un long tapis de prière exempt de désirs, aux ouvrages fondamentaux du patrimoine écrits par de grands cheikhs, exégètes et juristes. Ces derniers ne trouvaient aucune gêne à s'immerger dans la littérature du "Bah" (l'érotologie), alors que le public actuel ignore tout de ce pan occulté.

Par exemple, l'imam Jalal al-Din al-Suyuti, l'un des piliers de l'exégèse et du Hadith, a laissé derrière lui une liste de manuels qui choqueraient le dévot contemporain et que les autorités de censure saisiraient aujourd'hui pour "débauche". Parmi eux, son célèbre ouvrage Nawadir al-Ayk fi Ma'rifat al-Nayk (Les raretés des bosquets dans la connaissance du coït), ainsi que Rashf al-Zulal min al-Sihr al-Halal, Al-Yawaqit al-Thamina fi Sifat al-Samina (Les rubis précieux sur les attributs des femmes charnues), et Al-Ifsah fi Asma al-Nikah. Ces livres n'étaient pas des erreurs passagères, mais l'expression d'une culture d'époque qui n'avait pas honte du corps. Al-Suyuti y recensait des centaines de noms pour les organes génitaux et les positions sexuelles, tout en exposant des anecdotes érotiques attribuées à des bédouins et des juristes, prouvant que la "pudeur" revendiquée par les contemporains est une culture moderne étrangère à un patrimoine autrefois bien plus ouvert.

L'affaire ne se limite pas à al-Suyuti. Le cheikh al-Nefzaoui, dans son livre Le Jardin Parfumé (Al-Rawd al-'Atir), écrit à l'instigation d'un ministre tunisien, propose un guide complet du sexe contenant des récits érotiques explicites dépassant toutes les lignes rouges actuelles, tout en étant considéré à l'époque comme un ouvrage éducatif et récréatif. Dans le même contexte, émerge le livre Le Retour du cheikh à sa jeunesse attribué à Ibn Kemal Pasha, l'un des plus grands savants de l'Empire ottoman et son "Cheikh al-Islam", confirmant que le sommet de la hiérarchie religieuse du califat était impliqué dans la documentation de la culture sexuelle dans ses moindres détails. Cette ouverture n'était pas limitée aux livres scientifiques, mais s'étendait aux récits des califes et des compagnons dans les grandes sources historiques comme Al-Aghani d'al-Isfahani ou Al-'Iqd al-Farid d'Ibn 'Abd Rabbih. Dans ces volumes, nous lisons les amours des califes omeyyades, tel Yazid ben Abd al-Malik et sa passion pour ses concubines Hababa et Salama, illustrant comment la licence et la poésie sexuelle faisaient partie intégrante des cours de Damas et de Bagdad.

La question des esclaves et des concubines constitue le pilier majeur de cette hypocrisie historique. Le discours religieux actuel prétend que l'Islam a limité le sexe au mariage, ignorant l'institution du "Milk al-Yamin" (le droit de propriété) qui permettait à l'homme d'avoir des rapports sexuels avec autant de femmes qu'il le souhaitait, sans contrat ni restrictions. L'histoire nous raconte l'existence des marchés aux esclaves à Bagdad et au Caire, où les concubines, considérées comme des "marchandises", étaient exposées dans des tenues révélant leurs charmes afin que les acheteurs — dont des juristes et des notables — puissent examiner leurs corps pour garantir leur "qualité sexuelle". Plus encore, les livres de jurisprudence, comme Al-Mughni d'Ibn Qudama ou Al-Mabsut d'al-Sarakhsi, contiennent des discussions juridiques précises sur la nudité de l'esclave et les parties du corps qu'il est permis de toucher avant l'achat ; des débats qui, s'ils étaient publiés aujourd'hui de manière moderne, seraient considérés par certains comme de l'apostasie ou de la dépravation.

L'insistance des institutions officielles contemporaines à interdire les livres érotiques modernes tout en poursuivant les créateurs pour "outrage à la pudeur" est le comble de l'hypocrisie, car elles traquent en réalité une réalité que leurs ancêtres vivaient et documentaient avec fierté. Ce mensonge systématique vise à fabriquer un "musulman formaté", coupé de ses racines réelles qui étaient bien plus vivantes et réconciliées avec l'instinct. L'histoire islamique, sur 1400 ans, n'a pas été une histoire de pureté absolue, mais une histoire éminemment humaine, faite de sexe, de licence et d'exploitation physique autant que de prière et d'ascétisme. Nier cet aspect est une falsification de la vérité et une tromperie envers les générations qui ne lisent plus que ce que dictent les ciseaux du censeur religieux, tandis que les ouvrages de référence restent sur les hautes étagères, témoins d'une époque où les cheikhs écrivaient sur le plaisir avec une audace que les libéraux les plus radicaux n'oseraient posséder aujourd'hui.

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الإيروتيكا الإسلامية (مقال)

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إن ما يشهده العقل الجمعي العربي والإسلامي اليوم هو حالة من الفصام المعرفي الحاد الذي يفصل بين صورة متخيلة لماضٍ ملائكي وبين واقع تاريخي ضج بالبشرية بكل نزواتها وتفاصيلها الجسدية. هذا التناقض يتجلى بوضوح عندما نقارن الخطاب الوعظي المعاصر، الذي يصور التاريخ كسجادة صلاة طويلة خالية من الشهوات، وبين أمهات الكتب التراثية التي كتبها كبار الشيوخ والمفسرين والفقهاء والذين لم يجدوا أي حرج في الغوص في أدب "الباه" أو الشبقية. فعلى سبيل المثال، نجد الإمام جلال الدين السيوطي، وهو أحد أعمدة التفسير والحديث، يترك خلفه قائمة من المصنفات التي قد تصدم المتدين المعاصر وتجعل السلطات الرقابية اليوم تصادرها بتهمة الفجور، ومنها كتابه الشهير "نواضر الأيك في معرفة النيك" و"رشف الزلال من السحر الحلال" و"اليواقيت الثمينة في صفات السمينة" و"الإفصاح في أسماء النكاح". هذه الكتب لم تكن مجرد زلات عابرة، بل كانت تعبيراً عن ثقافة عصر لم تكن تخجل من الجسد، حيث كان السيوطي يجمع فيها مئات الأسماء للأعضاء التناسلية والوضعيات الجنسية، بل ويستعرض فيها نوادر جنسية منسوبة لأعراب وفقهاء، مما يثبت أن "الستر" الذي يدعيه المعاصرون هو ثقافة حديثة دخيلة على التراث المنفتح.

ولا يقتصر الأمر على السيوطي وحده، بل إننا نجد الشيخ النفزاوي في كتابه "الروض العاطر في نزهة الخاطر" الذي ألفه بإيعاز من وزير تونسي، يقدم دليلاً كاملاً للجنس يحتوي على قصص إيروتيكية صريحة تتجاوز كل الخطوط الحمراء المعاصرة، ومع ذلك كان يُنظر إليه ككتاب تعليمي وترويحي. وفي ذات السياق، يبرز كتاب "رجوع الشيخ إلى صباه في القوة على الباه" المنسوب لابن كمال باشا، وهو أحد كبار علماء الدولة العثمانية و"شيخ إسلامها"، مما يؤكد أن رأس الهرم الديني في الخلافة الإسلامية كان منخرطاً في تدوين الثقافة الجنسية بأدق تفاصيلها. هذا الانفتاح لم يكن محصوراً في الكتب العلمية، بل امتد لقصص الخلفاء والصحابة والتابعين في مصادر تاريخية كبرى مثل "الأغاني" لأبي الفرج الأصفهاني، و"عقد الفريد" لابن عبد ربه الأندلسي، و"نهاية الأرب" للنويري. في هذه المجلدات، نقرأ عن غراميات الخلفاء الأمويين مثل يزيد بن عبد الملك ووله بمحظياته "حبابة" و"سلامة"، وكيف كان المجون والشعر الجنسي الصريح جزءاً لا يتجزأ من بلاط الخلافة في دمشق وبغداد.

إن قضية السبايا والجواري تمثل الركيزة الأكبر لهذا النفاق التاريخي، حيث يتم اليوم الترويج لفكرة أن الإسلام حصر الجنس في الزواج، متجاهلين مؤسسة "ملك اليمين" التي كانت تبيح للرجل ممارسة الجنس مع ما يشاء من النساء دون عقد أو قيود. التاريخ يروي لنا عن أسواق النخاسة في بغداد والقاهرة، وكيف كانت الجارية "البضاعة" تُعرض بملابس تكشف مفاتنها ليقوم المشترون، ومن بينهم فقهاء ووجهاء، بفحص جسدها لضمان جودتها الجنسية. بل إن كتب الفقه، مثل "المغني" لابن قدامة أو "المبسوط" للسرخسي، تحتوي على نقاشات فقهية دقيقة حول عورة الجارية وما يجوز لمسها منها قبل الشراء، وهي نقاشات لو نُشرت اليوم بأسلوب عصري لعدّها البعض كفراً أو انحلالاً. هذا الواقع ينسحب أيضاً على قضية "الغلمان" التي كانت ظاهرة حاضرة في العصر العباسي، حيث تغزل شعراء كبار مثل أبو نواس وابن الرومي بالذكور في ظل صمت أو تغاضٍ من السلطة الدينية والسياسية آنذاك.

إن إصرار المؤسسات الرسمية المعاصرة على منع الكتب الإيروتيكية المعاصرة ومطاردة المبدعين بتهمة خدش الحياء هو قمة النفاق، لأنهم في الحقيقة يطاردون واقعاً كان أجدادهم يعيشونه ويدونونه بكل فخر. هذا الكذب الممنهج يهدف إلى صناعة "إنسان مسلم" معلب، منقطع عن جذوره الحقيقية التي كانت أكثر حيوية وتصالحاً مع الغريزة. إن التاريخ الإسلامي على مدى 1400 سنة لم يكن تاريخاً من الطهارة المدعاة، بل كان تاريخاً بشرياً بامتياز، فيه من الجنس والمجون والاستغلال الجسدي قدر ما فيه من الصلاة والزهد، وإنكار هذا الجانب هو تزوير للحقيقة وتغفيل للأجيال التي لم تعد تقرأ إلا ما تمليه عليها مقصات الرقيب الديني، بينما تظل أمهات الكتب في الرفوف العالية تشهد على عصر كان فيه الشيوخ يكتبون في "الباه" بجرأة لا يملكها أكثر الليبراليين تحرراً في وقتنا الحالي.

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(Ar) مرحبا بكم على هذه المدونة

 . . أهلاً بكم في ملاذي الأدبي يسعدني حقاً أن أرحب بكم هنا. سواءً أكان وصولكم بدافع الفضول، أو مصادفةً من خلال رابط مشترك، أو بدافع حب الكل...