.
.
Zola: (2) La Clé et la Bague
Zola ne s’était jamais crue capable d’un amour aussi soudain, aussi total. À cinquante-sept ans, après un mariage qui s’était brisé sur sa stérilité et des années de solitude soigneusement construite, elle avait cru que le grand sentiment lui était définitivement fermé. Puis Henri était arrivé.
La première nuit restait gravée en elle comme une brûlure douce. Elle se souvenait de chaque détail : la robe turquoise tombée au sol, ses propres hanches larges offertes sur les draps blancs, la langue d’Henri qui l’avait explorée avec une faim presque religieuse, le poids de son corps quand il l’avait pénétrée profondément, jambes relevées, yeux dans les yeux. Et surtout cette phrase, murmurée au moment où il était encore enfoncé jusqu’à la garde : « Épouse-moi. Maintenant. Pendant que je suis encore en toi. Je veux te baiser tous les jours pour le reste de ma vie. Tu acceptes ? »
Elle avait dit oui en jouissant. Un oui long, tremblant, convulsif, pendant qu’il la remplissait de son sperme chaud.
Chaque fois qu’elle y repensait, un sourire lui montait aux lèvres, impossible à retenir. Même dans le métro, même devant son ordinateur, même en préparant son café le matin. Ce sourire qui disait : j’ai cinquante-sept ans et je suis amoureuse comme une idiote.
Henri, lui, travaillait dans un cabinet d’architecture près de la place de la République. Zola gérait une petite association culturelle afro-parisienne dans le 18e. Leurs journées étaient pleines, sérieuses, adultes. Pourtant, entre deux réunions, entre deux mails, leurs téléphones vibraient sans cesse.
« Je pense à ta bouche sur ma queue », écrivait-il à 11 h 17.
« Je suis déjà mouillée rien qu’en lisant ça », répondait-elle trois minutes plus tard.
« Ce soir je veux te lécher jusqu’à ce que tu me supplieras d’arrêter. »
« Tu n’arrêteras pas. Je te l’interdis. »
Les messages étaient chauds, crus, tendres, fous. Parfois elle riait toute seule dans son bureau. Parfois elle devait croiser les jambes sous la table. Est-ce que c’était ça, la folie de l’âge adulte ? Cet amour qui arrivait trop tard et qui n’en était que plus vorace ?
Ils avaient échangé les clés très vite. Une semaine après la demande en mariage, Zola lui avait tendu le double de son appartement de la rue Marcadet. Henri, lui, lui avait confié celui de son deux-pièces près du Panthéon. « Comme ça tu peux venir quand tu veux, même si je ne suis pas là », avait-il dit. Elle avait fait la même chose. Depuis, leurs nuits se passaient presque toujours chez elle. L’immeuble était plus calme, le lit plus large, et Zola aimait l’idée qu’il entre dans son intimité comme s’il y avait toujours habité.
Ce soir-là, Henri termina plus tôt. Il était 18 h 40 quand il tourna la clé dans la serrure de l’appartement de Zola. L’odeur de son parfum flottait encore dans l’entrée. Il sourit, retira sa veste de costume, ses chaussures, et se changea dans la chambre. T-shirt bleu marine moulant, short en jean coupe courte qui s’arrêtait à mi-cuisse. Il se regarda un instant dans le miroir. Quarante-six ans, barbe soigneusement taillée, corps encore ferme. Il pensait à elle. À ses seins lourds, à son ventre doux, à la façon dont ses cuisses s’ouvraient pour lui.
Il s’installa sur le grand canapé crème du salon, les pieds nus sur le tapis. L’appartement était baigné de la lumière dorée de fin de journée qui entrait par les fenêtres donnant sur la cour intérieure. Il attendit.
À 19 h 12, la clé tourna de nouveau. Zola entra, un peu essoufflée, un sac à main à la main. Elle portait une robe courte en soie rose clair, sans manches, profondément décolletée, qui épousait chaque courbe de son corps généreux. Les bretelles fines laissaient ses épaules nues. Le tissu brillait légèrement sur ses seins opulents, sur son ventre, sur ses hanches larges. Aux pieds, des escarpins à talons hauts de la même teinte rose. Ses cheveux noirs et gris étaient complètement lâchés, tombant en cascade sur ses épaules et son dos.
Elle le vit assis là, en t-shirt bleu et short jean, et son visage s’illumina.
— Tu es déjà là…
Henri ne répondit pas par des mots. Il se leva, la rejoignit en deux pas, passa un bras autour de sa taille et l’attira contre lui. Ses mains glissèrent sur la soie, sentirent la chaleur de sa peau en dessous. Il l’embrassa longuement, profondément, la langue cherchant la sienne avec une lenteur gourmande. Zola gémit dans sa bouche, laissa tomber son sac, passa ses bras autour de son cou.
Il la guida jusqu’au canapé sans quitter ses lèvres, s’assit et la tira sur ses genoux. Elle s’installa à califourchon, la robe remontée sur ses cuisses épaisses, le short en jean d’Henri frottant déjà contre sa culotte. Leurs bouches ne se séparèrent pas. Le baiser dura, s’approfondit, devint presque salace. Les mains d’Henri remontèrent sous la soie rose, caressèrent le bas de son dos, puis s’installèrent solidement autour de sa taille, l’attirant plus près encore.
Quand enfin leurs lèvres se séparèrent, Zola avait les yeux brillants, la respiration courte.
Henri glissa une main dans la poche de son short et en sortit une fine bague en or, simple, élégante, avec un petit diamant serti.
— Donne-moi ta main gauche, murmura-t-il.
Elle obéit, le cœur battant trop fort. Il prit son annulaire et y fit glisser la bague avec une lenteur cérémonielle.
— Pour te dire que j’ai vraiment besoin de toi, en attendant que les choses deviennent officielles. Je ne veux plus d’un seul jour sans savoir que tu es à moi.
Zola regarda la bague briller à son doigt, puis releva les yeux vers lui. Ses lèvres tremblèrent un instant avant de s’étirer en un sourire ému et sensuel à la fois.
— Elle est magnifique… Toi aussi tu es à moi, Henri.
Il l’embrassa de nouveau, plus fort cette fois. Ses mains remontèrent le long de sa robe, trouvèrent la fermeture invisible dans le dos et la firent glisser. La soie rose tomba de ses épaules, s’accumula autour de sa taille. Ses seins lourds, libres, s’offrirent à la lumière du soir. Henri les prit à pleines mains, les soupesa, en porta un mamelon à sa bouche et le suca avec une lenteur dévote. Zola pencha la tête en arrière, gémit, enfonça ses doigts dans les cheveux courts d’Henri.
Il passa à l’autre sein, le tortura de la même façon, tout en faisant glisser la robe complètement. Elle se retrouva en culotte rose claire et escarpins assortis, assise à califourchon sur lui. Henri glissa une main entre leurs corps, écarta la dentelle et trouva sa vulve déjà trempée. Deux doigts s’enfoncèrent en elle sans difficulté. Elle était brûlante, serrée, prête.
— Tu es tellement mouillée… murmura-t-il contre son sein.
— C’est de ta faute. Toute la journée tes messages…
Il la fit basculer sur le canapé, la coucha sur le dos, s’agenouilla entre ses cuisses écartées. Il retira la culotte d’un geste précis, la jeta quelque part, et plongea son visage entre ses jambes. Sa langue s’aplatit contre sa vulve, lappa longuement, s’enfonça, revint sur le clitoris qu’il prit entre ses lèvres pour le sucer avec une précision cruelle. Zola poussa un cri rauque, les hanches se soulevant vers sa bouche. Henri la maintint fermement, les mains sur ses cuisses charnues, et continua. Il la lécha, la suçota, la pénétra de la langue, revint inlassablement sur ce point qui la faisait trembler.
Le premier orgasme la prit vite, violent, les cuisses serrées autour de sa tête, un long gémissement qui se termina en sanglot de plaisir. Henri ne s’arrêta pas. Il ralentit juste assez pour la laisser redescendre un peu, puis recommença, plus lent, plus profond. Zola se cambra, agrippa les coussins du canapé, cria son nom. Le deuxième orgasme fut plus long, plus déchirant, la laissant tremblante et affolée.
Seulement alors Henri se redressa, retira son t-shirt bleu d’un geste, puis son short et son boxer. Son sexe était dur, épais, les veines saillantes. Il se positionna entre ses cuisses encore ouvertes, frotta le gland contre son entrée trempée, et s’enfonça d’un seul mouvement lent et profond. Zola poussa un soupir long, presque soulagé, en le sentant la remplir complètement.
Il commença à bouger, coups de reins réguliers, profonds, regardant son visage, ses seins qui rebondissaient à chaque poussée, son ventre doux qui ondulait. La bague en or brillait à son doigt chaque fois qu’elle agrippait son épaule. Il la prit ainsi longtemps, changeant parfois d’angle pour frotter ce point à l’intérieur qui la faisait gémir plus fort. Quand il sentit qu’elle approchait encore, il accéléra, une main glissant entre eux pour caresser son clitoris. Le troisième orgasme la secoua de tout son corps, les muscles de son sexe se contractant rythmiquement autour de lui.
Henri se retira juste avant de jouir. Il se redressa sur ses genoux, le sexe luisant de leurs fluides, et guida la tête de Zola vers lui. Elle comprit immédiatement. Elle s’assit un peu, prit sa verge à deux mains et l’engloutit dans sa bouche avec une gourmandise amoureuse. Sa langue tourna autour du gland, ses lèvres épaisses glissèrent le long de la tige, elle suca avec un rythme parfait, les yeux levés vers lui. Henri posa une main dans ses cheveux lâchés, gémit son nom.
— Je vais jouir… prévint-il d’une voix rauque.
Elle ne se retira pas. Au contraire, elle le prit plus profond, les joues creusées. Henri jouit avec un grognement sourd, des jets épais et chauds qui remplirent la bouche de Zola. Elle avala, but tout, sans en perdre une goutte, la gorge travaillant, les yeux fermés de plaisir. Quand il n’y eut plus rien, elle se retira lentement, lécha une dernière perle au coin de ses lèvres, et le regarda avec un sourire satisfait et tendre.
— Ton lait est si délicieux, chéri…
Henri s’effondra à côté d’elle sur le canapé, le souffle court, un bras passant immédiatement autour de sa taille pour l’attirer contre lui. Leurs corps chauds, suants, s’emboîtèrent. La robe rose était quelque part au sol, les escarpins encore à ses pieds. La bague en or brillait à son annulaire dans la lumière du soir qui baissait doucement.
Il embrassa son front, puis ses lèvres encore salées de lui.
— Je t’aime, Zola. Vraiment.
Elle posa sa tête sur son épaule, passa une main sur son torse nu, et répondit d’une voix douce, encore un peu cassée par le plaisir :
— Moi aussi. Et je ne veux plus jamais dormir sans toi.
Dehors, Paris continuait sa vie nocturne. À l’intérieur, sur le canapé froissé, deux adultes qui avaient cru que l’amour leur était passé à côté tenaient enfin quelque chose de solide, de chaud, de fou. La clé était déjà dans la serrure. La bague était au doigt. Et la nuit ne faisait que commencer.
.
.
.



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire