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L'Aube des Infidèles. Ch01 (roman)

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L'Aube des Infidèles

Chapitre 1: Le Souffle de l'Enfer

Le fracas ne fut pas un simple bruit ; ce fut une déchirure de la réalité physique. À Téhéran, le son a d’ordinaire une texture de goudron chaud, de klaxons lointains et de rumeurs étouffées, mais ce qui venait d’éventrer l’air près du quartier de la Place de la Liberté appartenait à une autre dimension. C’était le hurlement du métal contre le béton, la foudre s’abattant sur les fondations d’un monde qui n’en finissait pas de mourir. L’onde de choc fit vibrer les vitres de l’immeuble de briques jaunies avec une telle violence que le cadre de la porte gémit comme un os qui se brise. La poussière, une poudre fine et grise accumulée par des décennies de pollution et de négligence, se détacha des plafonds pour danser dans les rais de lumière mourante.

Reza était déjà à l’intérieur. Il ne respirait plus, il filtrait le chaos. À quarante-huit ans, son corps était une archive de la survie. Il savait que dans cette ville, le salut ne descendait jamais du ciel, sauf sous la forme de ferraille incandescente. Il se tenait au milieu de la pièce, les muscles tendus, le regard fixé sur la porte d’entrée dont le bois bon marché tremblait encore. L’odeur du soufre et du bitume brûlé s’engouffrait par les jointures, chassant l’odeur de vieux papier et de thé froid qui imprégnait d’ordinaire sa planque.

La porte s’ouvrit avec le fracas d’une mise en bière ratée. Leyla s’engouffra dans la pièce, portée par une bourrasque de cendres chaudes et de panique. Elle ne prit pas le temps de vérifier si elle était suivie ; elle n’en avait plus la force. Son premier geste, instinctif, presque animal, fut de porter ses mains à sa gorge. Ses doigts s’emmêlèrent dans le tissu synthétique et sombre du hijab, ce linceul obligatoire qu’elle portait comme une marque au fer rouge, une insulte permanente à son intellect de femme libre.

D’un mouvement sec, une déchirure de tissu qui résonna dans le silence soudain de l’appartement, elle l’arracha. Elle ne le retira pas avec la délicatesse d’une femme rentrant chez elle ; elle s’en délivra comme on s’arrache une peau infectée. Elle le jeta au sol avec un dégoût viscéral, le piétinant de ses bottines couvertes de la boue sèche des rues de Téhéran. Ses cheveux, d’un noir d’ébène, se libérèrent enfin, collés par la sueur à ses tempes et à sa nuque, tombant en cascades désordonnées sur ses épaules. Elle haletait, la poitrine soulevée par une rage qui n’avait rien de spirituel. C’était la colère pure de la matière vivante revendiquant son droit à l’oxygène, loin des décrets de pudeur et des simulacres de vertu.

— Les fils de pute… finit-elle par cracher. La voix était éraillée par la fumée et le cri qu’elle avait retenu tout le long de la rue. Ils ont frappé le centre de commandement des Gardiens. C’est l’enfer dehors, Reza. Les Bassidjis tirent en l’air, ils frappent les gens qui ne courent pas assez vite, ils cherchent des boucs émissaires dans chaque regard.

Reza ne répondit pas immédiatement. Il l’observait avec une intensité froide. Il y avait dans cette nudité soudaine du visage et de la chevelure de Leyla quelque chose de plus subversif, de plus dangereux pour l’ordre établi, que le missile qui venait de transformer un bâtiment gouvernemental en charnier de béton. C’était une profanation magnifique. Il détestait ce régime pour ses dieux absents, certes, mais surtout pour sa capacité à transformer l’individu en une ombre interchangeable, une silhouette dénuée de désirs propres. En cet instant, sous la lumière blafarde d’une ampoule nue, Leyla n’était plus une ombre. Elle était de la chair, du sang, et une volonté athée dont l’éclat l’éblouissait.

— Ferme la porte et pousse le verrou double, Leyla, dit-il enfin d’une voix sourde. On n’attend plus personne. Ni les amis, ni les ennemis.

Elle obéit, les mains tremblantes d’une décharge d’adrénaline qui ne retombait pas. L’appartement était une planque spartiate, un vestige d’une époque où l’Iran rêvait encore de modernité, aujourd’hui réduit à une carcasse de béton. Une table en métal froid, deux chaises dépareillées, un matelas de fortune jeté dans un coin et, trônant sur une commode écaillée, un vieux téléviseur cathodique qui semblait attendre son heure pour vomir sa dose quotidienne de fiel.

Le contact entre eux n’était pas encore physique, mais il était déjà électrique. La poussière qui flottait entre leurs corps semblait chargée de particules ionisées. Leyla se tourna vers lui, ses yeux brûlant d’une lueur fébrile. Elle était une activiste, une femme qui avait passé sa jeunesse à ruser avec les organes sécuritaires, à porter le voile uniquement pour éviter les coups de fouet ou la prison d’Evin, tout en méprisant chaque atome de cette piété imposée. Son athéisme était son armure, sa seule hygiène mentale dans une ville qui puait la superstition et la mort.

— On est seuls, Reza, murmura-t-elle en s’avançant vers lui. Il n’y a pas de Grand Architecte pour nous sortir de là. Les cieux sont vides, ils l’ont toujours été. Il n’y a que le fer qui tombe et nous qui restons debout.

Reza hocha la tête, un rictus amer au coin des lèvres.

— Les cieux sont vides, mais la terre est pleine d’imbéciles qui croient les remplir de leurs cris. On est les derniers infidèles dans un asile à ciel ouvert.

Il s’approcha d’elle. L’odeur de Leyla, un mélange d’ozone, de sueur acide et de cette note persistante de savon brut, agissait sur lui comme un catalyseur. Il posa sa main sur son épaule, là où le tissu de son chemisier était encore chaud du soleil de plomb qu’elle venait de fuir. Sous ses doigts, il sentit le tressaillement d’une bête traquée qui refuse de se soumettre, une vibration qui parcourait toute sa structure osseuse.

— Tu es revenue, c’est tout ce qui compte, ajouta-t-il.

Le premier contact fut comme un court-circuit. Leurs mains se cherchèrent dans la pénombre, non pas pour une étreinte de consolation, mais pour une reconnaissance de combat. Leyla s’agrippa à ses bras, ses doigts s’enfonçant dans le cuir de son blouson, cherchant la solidité de ses muscles pour s’assurer qu’elle n’était pas déjà un spectre dans cette ville qui s’effondrait.

Le fracas d’une seconde explosion, plus lointaine celle-là, fit vibrer le sol sous leurs pieds. La télévision, bien qu’éteinte, émit un petit craquement statique, comme si elle se nourrissait de la tension ambiante. Dans cet espace restreint, saturé de poussière et de haine pour le dogme, Reza et Leyla comprirent que leur propre révolution commençait ici. Une révolution qui ne passerait pas par des slogans ou des barricades collectives, mais par la reconquête de leurs propres sens, de leur propre peau, contre tous ceux qui voulaient les sanctifier ou les sacrifier.

Le voile, gisant au sol comme une peau de serpent abandonnée, symbolisait déjà la fin d’un règne. Leyla releva la tête vers Reza, son visage baigné d’une lueur bleutée venant de la fenêtre. Elle ne demanda rien, elle n’attendait aucune permission. Son regard était un défi lancé à la fois aux mollahs, aux bombes et au néant.

— Ils ne nous auront pas, Reza. Ni morts, ni vivants, ils n’auront jamais ce qu’on est.

Reza la serra contre lui, sentant le battement frénétique de son cœur contre sa poitrine. À cet instant précis, au milieu des décombres de Téhéran, ils étaient les seuls êtres véritablement vivants, parce qu’ils étaient les seuls à ne plus rien espérer de personne, sinon d’eux-mêmes.



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جزر القلق (قصة قصيرة)

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جزر القلق




تأخذنا الدروب الضيقة في "المدينة العتيقة" ببنزرت إلى حكاية "سلوى"، امرأة في الخامسة والثلاثين، تحمل في عينيها زرقة البحر الممزوجة بملوحة الخيبات. بعد طلاق عاصف خلّف وراءه ندوباً نفسية أكثر من الجسدية، وجدت سلوى نفسها تعود لبيت والديها في حي "الأندلس"، حيث الجدران البيضاء والأبواب الزرقاء العتيقة التي تبدو وكأنها تحرس أسرار النساء المكلومات.



الفصل الأول: صدى القنال الكبير

في بنزرت، لا يمكنك الهروب من صوت البحر. كان هذا الصوت هو الرفيق الوحيد لسلوى وهي تجلس كل مساء على "الرصيف القديم". الطلاق في مجتمع يحكمه العرف قبل القانون ليس مجرد ورقة رسمية، بل هو وصمة غير مرئية تشعر بها سلوى في نظرات الجارات اللواتي يتوقفن عن الكلام بمجرد مرورها، وفي شفقة أمها التي تحاول إقناعها بأن "الستر" أهم من الحب.
كانت سلوى تعمل في مكتبة صغيرة قريبة من "المنطقة السياحية". هناك، وسط رائحة الورق القديم والحبر، كانت تبحث عن الحب الذي افتقدته في زواجها السابق. لم يكن بحثها عن رجل بالمعنى المادي فقط، بل كانت تبحث عن "الاعتراف". عن شخص يرى فيها "المرأة" لا "المطلقة".
ذات صباح ممطر، دخل المكتبة رجل غريب. لم يكن من أبناء الحي، ملامحه توحي بهدوء غامض، كان يبحث عن ديوان شعر للشاعر التونسي "المنصف المزغني".
قال لها وهو يتصفح الكتاب: "بنزرت في الشتاء أجمل، أليس كذلك؟".
أجابت بنبرة حاذرة: "هي أجمل لمن لا يملك ذكريات حزينة فيها".
ابتسم الرجل، واسمه "مراد"، مهندس معماري جاء من تونس العاصمة للإشراف على ترميم بعض المباني التاريخية. كان في ابتسامته نوع من الأمان الذي افتقدته سلوى لسنوات.



الفصل الثاني: لغة الصمت والورد

تكررت زيارات مراد للمكتبة. بدأت الأحاديث تطول، من الأدب إلى تاريخ المدينة، وصولاً إلى التفاصيل الصغيرة. شعرت سلوى بدبيب الحياة يعود إلى أوصالها. كانت تختار أجمل ثيابها، تضع لمسة خفيفة من الكحل، وتنتظر الساعة الرابعة عصراً، موعد مروره المعتاد.
لكن الخوف كان رفيقها الدائم. "هل يعرف أنني مطلقة؟" كان هذا السؤال يؤرقها. في مجتمعها، يُنظر للمطلقة كأنها "بضاعة مستعملة" في سوق العواطف، بينما يُنظر للرجل كأنه دائماً في ريعان بداياته.
في إحدى الأمسيات، دعاه مراد لتناول القهوة في مقهى "الفينيق" المطل على البحر. كان الهواء بارداً، لكن الدفء كان يتسلل من نظراته.
قالت له فجأة، وكأنها تلقي بحجر في بركة راكدة: "أنا امرأة خرجت من حرب خاسرة.. أنا مطلقة يا مراد".
توقع أمين أن يرى في عينيه تلك النظرة المألوفة: تراجع، أو رغبة عابرة، أو حتى شفقة. لكن مراد وضع فنجانه بهدوء وقال: "أنا لا أبحث عن سجل مدني، أنا أبحث عن روح تشبهني. والحروب هي التي تصنع المعادن النفيسة".



الفصل الثالث: مواجهة الواقع

بدأت قصة الحب تنمو تحت شمس بنزرت الشاحبة. كانا يتجولان في "كورنيش سيدي سالم"، يراقبان الصيادين وهم يجرون شباكهم المليئة بالخيبة أحياناً وبالرزق أحياناً أخرى. شعرت سلوى أنها تولد من جديد.
لكن "المدينة الصغيرة" لا ترحم. بدأت الإشاعات تطاردها. "سلوى المطلقة تواعد غريباً"، "ابنة فلان تمشي مع رجل من العاصمة". وصلت الأخبار إلى شقيقها "سامي"، الذي كان يرى في حرية أخته تهديداً لـ "شرفه" المتوهم.
انفجر سامي في وجهها ليلة عودتها متأخرة قليلاً: "هل تريدين أن تصبحي حديث المدينة؟ أنتِ مطلقة، يجب أن تحني رأسكِ وتنتظري قدراً يستر خيبتك، لا أن تتسكعي في الشوارع!".
بكت سلوى، لا ضعفاً، بل قهراً. بكت لأنها اكتشفت أن أقرب الناس إليها يراها "عبئاً" يجب إخفاؤه، لا إنساناً من حقه البحث عن السعادة.



الفصل الرابع: عاصفة "الرأس الأبيض"

قرر مراد أن ينهي هذا الجدل. طلب منها أن تلتقي به في منطقة "الرأس الأبيض"، أبعد نقطة في شمال أفريقيا، حيث تلتقي الجبال بالبحر في مشهد مهيب.
هناك، وسط الرياح العاتية، قال لها: "سلوى، أنا لا أريد حباً في الخفاء. أريد أن أتقدم لخطبتكِ رسمياً. أريدكِ أن تنتقلي معي إلى تونس، لنبدأ حياة بعيدة عن هذه الجدران التي تخنقكِ".
كانت لحظة الحقيقة. هل تختار الأمان الموحش في كنف عائلتها؟ أم تغامر بالرحيل مع رجل عرفته منذ شهور قليلة؟
كانت تدرك أن الحب في بنزرت، للمرأة المطلقة، هو فعل تمرد. هو ثورة على الماضي وعلى قيود المجتمع.



الفصل الخامس: الانبعاث

في يوم مشمس من أيام الربيع البنزرتي، حين تزهر أشجار اللوز في "جبل الناظور"، كانت سلوى تحزم حقائبها. لم يكن الأمر سهلاً، فالمواجهة مع أهلها كانت قاسية، لكنها كانت ضرورية. أخبرتهم أن حياتها ملكها، وأن "الطلاق" ليس نهاية العالم، بل ربما كان البداية الصحيحة لقصة خاطئة.
وقفت سلوى على شرفة غرفتها القديمة للمرة الأخيرة. نظرت إلى البحر الذي شهد انكساراتها وانتصاراتها. رأت القوارب الصغيرة وهي تغادر الميناء نحو المجهول بجرأة.
اتصل بها مراد: "أنا أنتظركِ عند القنال".
نزلت الدرج، خرجت إلى النهج الضيق، كانت تشعر بخفة لم تعهدها من قبل. لم تعد "سلوى المطلقة"، بل أصبحت "سلوى التي وجدت نفسها". مشت نحو القنال، حيث كان مراد يقف بجانب سيارته، يبتسم لها وكأنه يرى فيها كل كنوز البحر.





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بين شرفتين (قصة قصيرة)

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بين شرفتين




بنزرت، المدينة التي ينام البحر في حضنها وتستيقظ هي على ملوحته. في حي "بوقطفا"، حيث تتراص العمارات ببرود يوحي بالسكينة ويخفي خلف الجدران آلاف الحكايات المكتومة، كان "أمين" يعيش روتينه كمن يسير في حلم طويل.
أمين، مهندس في ميكانيكا السفن، رجل في أواخر الثلاثينيات، اختار العزلة لا كعقاب، بل كدرع. شقته في الطابق الرابع تطل مباشرة على نهج ضيق يفصل بين عمارته وعمارة مقابلة، توأم في القبح المعماري وفي الوجع الإنساني.



نافذة على عالم آخر

بدأت القصة في ليلة من ليالي الشتاء البنزرتي القاسي، حين تعوي الرياح "الشرقية" وتجبر الجميع على إغلاق النوافذ. لكن أمين، الذي كان يدخن سيجارته الأخيرة قبل النوم، لمح حركية في الشقة المقابلة. كانت هي.
لم تكن "ليلى" مجرد جارة، بل كانت تجسيداً للحياة التي لم يعشها أمين. كانت تعيش في الطابق الثالث من العمارة المواجهة. في تلك الليلة، كانت تحاول تهدئة طفلها الصغير بينما يركض الآخر حول الطاولة. كانت ملامحها متعبة، هالات سوداء خفيفة تحت عينيها، وشعرها مربوط بإهمال يوحي بامرأة لم تعد تملك وقتاً لنفسها.
مع مرور الأيام، تحولت الملاحظة العابرة إلى طقس يومي. لم يكن أمين "متلصصاً" بالمعنى القبيح للكلمة، بل كان يبحث عن "ونس" في فراغه. كان يعرف مواعيد استيقاظها، متى تفتح الستائر لتسمح لشمس الصباح الباهتة بالدخول، ومتى يعود زوجها.



الرجل الظل

الزوج، "كمال"، كان رجلاً غليظ الملامح، يعمل في التجارة الحرة بين بنزرت وتونس العاصمة. كان يعود متأخراً دائماً، وفي الأيام التي يعود فيها باكراً، كان أمين يسمع صراخهما يتصاعد عبر الشارع الضيق. لم تكن كلمات واضحة، بل نبرات حادة، صفعات معنوية ترتطم بجدران شقة أمين وتستقر في قلبه.
كان أمين يراقب ليلى وهي تقف في الشرفة بعد كل مشاجرة. تمسك بكوب قهوة بارد، وتنظر نحو الأفق، نحو القنال الكبير حيث تمر السفن الضخمة. كان يشعر برغبة عارمة في أن يلوح لها، في أن يقول لها: "أنا هنا، أنا أراكِ، وأعرف كم أنتِ وحيدة".
ذات صباح في سوق "السمك" القديم، التقت نظراتهما لأول مرة. كانت تشتري "الوراطة" من بائع يساومها على السعر. وقف أمين قريباً منها، شم رائحة عطرها البسيط الممزوج برائحة البحر. التفتت نحوه، بدت كأنها تعرفه. ربما لمحت ظله خلف نافذته؟ ربما هو الصمت المشترك بين الغرباء؟
قال لها بصوت خفيض: "هذا البائع يغش في الميزان، انتقلي إلى الطاولة الموالية".
نظرت إليه بدهشة، ثم ابتسمت ابتسامة شاحبة وقالت: "شكراً.. ظننت أن لا أحد يهتم".




الحب الصامت

تلك الجملة "ظننت أن لا أحد يهتم" كانت القيد الذي كبّل أمين. منذ ذلك اليوم، تحولت المراقبة إلى حب صامت، ينمو في العتمة مثل الطحالب على صخور الميناء. بدأ يشتري لها الهدايا التي لا يستطيع منحها إياها. يشتري كتباً يعتقد أنها ستحبها، يضعها على رف مكتبته ويهديها إياها في خياله.
كان يراقبها وهي تلاعب طفليها. كان يرى في حركاتها حناناً يفتقده هو في جدران شقته الباردة. بدأ يتخيل نفسه مكانه "كمال". يتخيل أنه هو من يعود بالخبز الساخن، وهو من يقبل جبينها ويخبرها أن كل شيء سيكون بخير.
لكن الواقع كان يصفعه في كل مرة يرى فيها كمال يدخل الشقة ويغلق الستائر بعنف.



المواجهة غير المعلنة

في أحد أيام الربيع، حين تكتسي غابات "الناظور" بالخضرة، قرر أمين أن يكسر الصمت بطريقته. لم يكن يريد هدم بيتها، بل أراد أن يكون "رئة" تتنفس منها.
بدأ يضع أحياناً أصيصاً من الورد على شرفته، أزهار "الجيرانيوم" الحمراء التي تحبها نساء بنزرت. كانت ليلى تلاحظ. وفي المقابل، بدأت هي الأخرى تترك نافذة المطبخ مفتوحة لفترة أطول. كانا يتواصلان عبر "الفراغ" بين العمارتين. هي تغسل الأطباق وتدندن بصوت لا يصله، وهو يقرأ كتابه ويتظاهر بأنه لا يراقبها.
ذات ليلة، انقطع التيار الكهربائي عن الحي بأكمله. ساد الظلام، وخرج الناس إلى الشرفات. كانت المسافة بين الشرفتين لا تتجاوز الستة أمتار.
قالت ليلى بصوت مسموع: "ظلام موحش، أليس كذلك؟".
أجاب أمين، وقلبه يقرع كطبل: "أحياناً يكون الظلام أرحم من رؤية ما لا نحب".
ساد صمت طويل، ثم قالت: "لماذا تراقبني يا جار؟".
تجمد أمين. لم يتوقع الصراحة.
"أنا لا أراقبكِ، أنا أنتظر أن تبتسمي، لكي أعرف أن العالم لا يزال بخير".
سمع تنهيدة عميقة من الجانب الآخر. "العالم ليس بخير، وأنا لست بخير. كمال يريد الرحيل.. يريد الهجرة إلى إيطاليا ويتركني هنا مع الطفلين حتى يتدبر أمره".



ذروة الألم

مرت الشهور، وأصبح أمين جزءاً غير مرئي من حياة ليلى. كان يعرف متى يمرض طفلها "ياسين"، وكان يعرف متى تبكي لأن كمال لم يتصل. أصبح حبه لها نوعاً من "الصوفية الحديثة"؛ حب لا يطمح للمس، بل للاحتواء.
في ليلة عاصفة من شهر نوفمبر، اشتعل شجار عنيف في الشقة المقابلة. صراخ، تكسير أواني، ثم صوت صفعة قوية تلاها بكاء مكتوم. لم يستطع أمين الاحتمال. نزل الدرج ركضاً، عبر النهج، وصعد عمارتها. وقف أمام بابها، يده ترتجف.
فتح كمال الباب، كان يفوح برائحة التبغ والغضب.
"ماذا تريد؟" سأل كمال بوقاحة.
قال أمين بصوت ثابت رغم الرعب: "الجيران يشتكون من الضجيج.. اهدأ قليلاً".
دفع كمال أمين في صدره وقال: "اهتم بشؤونك يا أعزب، واغرب عن وجهي".
أغلق الباب في وجهه. عاد أمين إلى شقته، وقف خلف نافذته والدموع في عينيه. رأى ليلى تقترب من نافذتها، كانت عينها محمرة ومتورمة. نظرت إليه، وضعت يدها على الزجاج، ووضع هو يده على زجاج نافذته. كان الزجاج هو الفاصل، وهو الحامي، وهو المستحيل.



الرحيل والبقاء

بعد تلك الحادثة بأسبوع، رحل كمال. لم يرحل إلى إيطاليا، بل رحل إلى امرأة أخرى في مدينة أخرى، تاركاً ليلى تواجه مصيرها مع طفلين وإيجار شقة لا تملك ثمنه.
بدأت ليلى تذبل. رآها أمين وهي تبيع قطعاً من أثاثها. رآها وهي تخرج في الصباح الباكر لتبحث عن عمل في معامل الخياطة بـ "منزل جميل".
قرر أمين أن يتدخل، لكن بكرامة. بدأ يضع مغلفات مالية تحت بابها ليلاً، دون اسم. كان يكتب فقط: "من صديق لا ينام".
كانت تعرف أنه هو. في الصباح، كانت تنظر نحو نافذته، تحني رأسها قليلاً كعلامة شكر، ثم تمضي لعملها.
لم يتجرأ أمين يوماً على اقتحام حياتها. ظل "الحبيب الظل". كان يكتفي برؤيتها وهي تطعم طفليها، وهي تستعيد عافيتها تدريجياً. أصبحت ضحكات الأطفال تعود لتملأ الشارع، وأصبح أمين يبتسم من خلف زجاجه.



الخاتمة

في مدينة بنزرت، حيث يختلط الحب بالملوحة، تعلم أمين أن أسمى أنواع الحب هو ذلك الذي لا يمتلك. هو الذي يحمي من بعيد، الذي يكون "سقفاً" لشخص لا يعرف أنك تحميه من المطر.
ذات مساء، بينما كان الجو صحواً والقمر ينعكس على مياه القنال، رأى ليلى تضع أصيص "جيرانيوم" جديداً على شرفتها. نظرت باتجاهه، ابتسمت بوضوح هذه المرة، ثم دخلت لتنادي طفليها.
لم يتزوج أمين ليلى، ولم يلمس يدها أبداً. لكنه في كل ليلة، قبل أن ينام، يغلق ستائره وهو يشعر أنه أغنى رجل في العالم، لأنه يملك "نافذة" تطل على الجنة، حتى لو كانت تلك الجنة ملكاً لشخص آخر.





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Les Cintres et le Désir (nouvelle)

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Les Cintres et le Désir





La boutique s'appelait Le Tissage Doré, un nom pompeux pour une petite échoppe de prêt-à-porter dans une rue commerçante d'Hammam Lif, à vingt kilomètres de Tunis. Hanane et Jamila y travaillaient depuis respectivement six et quatre ans. Elles passaient leurs journées à plier des chemisiers, à ranger des jeans, à sourire à des clientes qui les regardaient à peine, et à compter les heures jusqu'à la fermeture.

Hanane avait trente-quatre ans, un voile beige soigneusement épinglé, un mari qui l'appelait deux fois par semaine de sa chantier à Djerba pour lui demander ce qu'elle avait préparé pour le dîner, et une vie qu'elle aurait crue réglée comme du papier à musique. Elle s'était mariée à dix-neuf ans, avait eu trois enfants, avait fait ce qu'on attendait d'elle. Parfois, le soir, en rangeant les verres après le repas, elle se demandait où elle en était de ses propres désirs. La réponse, depuis longtemps, était : nulle part.

Jamila avait trente-deux ans, un voile bleu nuit qu'elle ajustait vingt fois par jour, un mari qu'elle avait quitté après trois ans de mariage parce qu'elle « ne supportait plus son odeur », selon ses propres mots, et une réputation de femme « difficile » dans le quartier. Elle vivait avec sa mère, une vieille dame acariâtre qui lui rappelait chaque jour qu'elle aurait dû « faire des efforts » pour garder son homme. Jamila souriait, haussait les épaules, et venait travailler en serrant les dents.

Elles étaient colocataires de comptoir, partageant les mêmes horaires, les mêmes pauses, les mêmes clientes impossibles. Pendant des années, leur relation s'était limitée à des échanges fonctionnels : « Range le stock », « Passe-moi le cintre », « T'as vu la nouvelle collection ? C'est moche. » Rien de plus.

Puis, un jour, la climatisation tomba en panne. Un mois de juillet, quarante degrés dehors, quarante-cinq dedans. Les clientes désertaient la boutique, préférant les grands centres commerciaux climatisés. Hanane et Jamila se retrouvèrent seules, coincées entre des rangées de vêtements inertes, à s'éventer avec des catalogues.

« Je vais mourir, » gémit Hanane, la nuque perlée de sueur.

« On va toutes mourir, » répondit Jamila. « Mais au moins, on sera mortes en soldes. C'est glamour. »

Hanane rit malgré elle. C'était la première fois qu'elle riait sincèrement avec Jamila.

Elles s'assirent par terre, adossées à la caisse, les jambes étendues sur le carrelage frais. Leurs voiles, d'habitude impeccables, étaient de travers, laissant échapper quelques mèches de cheveux. Elles avaient retiré leurs chaussures, leurs pieds nus se touchaient presque.

« T'as des enfants, toi ? » demanda Jamila.

« Trois. Des garçons. Tous. »

« Ah, la chance. Tu dois être tranquille. »

Hanane ricana. « Tranquille ? Ils se battent tout le temps. Le dernier a cassé la télé la semaine dernière. »

« Moi, j'ai pas d'enfants. Mon mari ne voulait pas. Il disait que ça coûte trop cher. » Jamila marqua une pause. « En fait, il ne voulait rien de moi. Juste que je sois là, à faire la cuisine et à me taire. »

Le silence s'installa, lourd de tout ce qu'elles n'avaient jamais dit à personne.

« Pourquoi tu l'as quitté ? » demanda Hanane.

Jamila tourna la tête vers elle. Ses yeux, d'habitude froids, avaient une douceur nouvelle. « Parce que je me suis réveillée un matin, et j'ai réalisé que j'avais passé trois ans à attendre que ma vie commence. Et que j'en avais marre d'attendre. »

Hanane sentit ses yeux s'embuer. Elle détourna le regard.

« Toi, pourquoi tu es restée ? » demanda Jamila doucement.

« Parce que... » Hanane chercha ses mots. « Parce que je ne sais pas faire autrement. Parce que ma mère me dit que c'est comme ça. Parce que si je pars, je serai une femme sans mari, sans rien, et que dans ce pays, une femme sans mari... »

« Est une femme libre, » coupa Jamila. « Et ça fait peur à tout le monde. »

Leurs regards se croisèrent. Dans celui de Jamila, il y avait une force que Hanane n'avait jamais vue chez personne. Dans celui de Hanane, il y avait une fragilité que Jamila n'avait jamais montrée à personne.

Ce jour-là, il ne se passa rien de plus. Mais quelque chose avait changé.

Les semaines suivantes, la climatisation fut réparée, mais la chaleur, elle, resta. Pas celle de l'air – celle qui montait entre elles chaque fois qu'elles se frôlaient en rangeant les rayons, chaque fois que leurs mains se touchaient en prenant le même cintre, chaque fois que Jamila riait de quelque chose et que Hanane se surprenait à regarder sa bouche.

Hanane commença à arriver plus tôt, à partir plus tard, à inventer des prétextes pour rester avec Jamila. Elle se surprit à choisir ses vêtements avec plus de soin, à mettre un peu de parfum le matin, à vérifier son voile devant le miroir de la boutique pour être sûre qu'il tombait bien. Ridicule, se disait-elle. Elle avait trente-quatre ans, trois enfants, un mari absent, et elle se maquillait comme une adolescente avant d'aller travailler.

Jamila, elle, avait compris depuis longtemps. Elle savait ce qui se passait dans sa poitrine quand Hanane s'approchait, quand elle souriait, quand elle la regardait avec ces yeux où il y avait tout ce qu'elle n'osait pas dire. Elle avait vécu ça avant, à vingt ans, avec une camarade de fac. Ça avait mal fini – la fille avait eu peur, avait tout nié, s'était mariée trois mois plus tard avec un garçon de sa famille. Jamila avait juré qu'elle ne retomberait jamais dans ce piège.

Mais Hanane était différente. Hanane ne trichait pas. Hanane était sincère, maladroite, terrifiée. Et terriblement belle dans sa terreur.

Un soir de septembre, la boutique fermait plus tard que d'habitude. La gérante était partie depuis une heure, les laissant seules pour ranger. Le volet métallique était baissé à demi. Dehors, la rue s'endormait.

Elles pliaient les dernières chemises en silence, fatiguées, quand Jamila laissa tomber un cintre. Hanane se baissa pour le ramasser en même temps qu'elle. Leurs mains se rencontrèrent. Leurs visages, soudain, étaient à quelques centimètres l'un de l'autre.

Le souffle de Hanane s'arrêta.

« Hanane, » murmura Jamila.

« Oui ? »

« Arrête de faire semblant. »

« Je ne fais pas semblant. »

« Si. Toi et moi, on fait semblant depuis des mois. On fait semblant que ce qu'on ressent n'existe pas. On fait semblant qu'on est juste des collègues. On fait semblant que nos vies ne sont pas des prisons. »

Hanane sentit ses yeux s'embuer. « Je ne sais pas faire autrement. »

« Moi non plus. Mais je veux apprendre. Avec toi. »

Leurs lèvres se touchèrent. Ce ne fut pas un baiser fiévreux, mais une question posée, doucement, patiemment. Hanane répondit en fermant les yeux, en laissant ses doigts s'ouvrir, en laissant Jamila entrer.

La boutique, avec ses rangées de vêtements, ses miroirs, ses cintres qui grinçaient, devint leur refuge. Jamila releva lentement le voile de Hanane, défit les épingles une à une, comme on dénoue une corde. Les cheveux de Hanane, bruns, coupés court, apparurent. Elle les toucha, gênée.

« Ne te cache pas, » dit Jamila. « Pas avec moi. »

À son tour, Hanane défit le voile de Jamila. Ses cheveux, plus longs, plus foncés, tombèrent en cascade sur ses épaules. Elle les caressa, émerveillée.

Elles s'embrassèrent encore, plus profondément cette fois. Leurs mains commencèrent à explorer, à découvrir. La robe de Hanane glissa sur ses épaules. Le chemisier de Jamila se défit sous ses doigts maladroits.

« Ici ? » chuchota Hanane, regardant autour d'elle.

« Ici, » répondit Jamila en riant doucement. « Sur les vêtements qu'on vend toute la journée. Comme une revanche. »

Hanane rit aussi, un rire nerveux, libérateur. L'humour noir de la situation lui apparut : elles allaient faire l'amour sur des chemisiers à quatre-vingt-dix dinars, dans une boutique où leurs mères venaient acheter leurs robes de mariage.

Elles s'allongèrent sur le tapis de la réserve, au milieu des cartons de marchandise. Le carrelage était froid sous leurs dos nus, mais elles ne sentaient que la chaleur l'une de l'autre. Jamila guida Hanane avec une douceur infinie, lui apprenant ce que personne ne lui avait jamais appris : que son corps était à elle, que ses désirs étaient légitimes, que le plaisir n'était pas un péché.

Hanane découvrit des sensations qu'elle n'avait jamais connues. La bouche de Jamila sur sa poitrine, ses doigts qui savaient exactement où aller, son regard qui plongeait dans le sien pendant qu'elle la faisait jouir. Quand l'orgasme la traversa, elle pleura – des larmes silencieuses de libération.

Puis ce fut son tour, et elle apprit à son tour à donner, à écouter les soupirs de Jamila, à suivre ses mouvements, à lire dans ses yeux ce qu'elle voulait. Quand Jamila jouit dans ses bras, ce fut comme si elle jouissait elle-même.

Ce fut rapide – un quickie volé au temps, aux conventions, aux mensonges. Mais dans ces quelques minutes, tout avait changé.

Elles restèrent enlacées longtemps, nues sur les cartons, riant de l'absurdité de leur situation.

« On a fait l'amour dans un tas de jeans, » dit Jamila.

« C'est très classe, » répondit Hanane. « On pourrait le mettre sur notre CV. »

Elles éclatèrent de rire, un rire étouffé pour ne pas alerter les voisins.

Les semaines suivantes, leur relation s'intensifia. Chaque après-midi de fermeture, chaque moment volé dans la réserve, chaque regard complice devant les clientes devenaient des trésors. Mais le secret pesait.

Hanane, chez elle, devenait distraite. Ses enfants remarquaient qu'elle souriait plus souvent, qu'elle chantonnait en préparant le dîner, qu'elle répondait à des messages avec un air coupable. Son mari, quand il appelait, sentait quelque chose de différent dans sa voix.

« T'es bizarre, en ce moment, » dit-il un soir.

« Non, je suis bien, » répondit-elle. « Je suis bien. »

Jamila, de son côté, subissait les remarques de sa mère. « Tu rentres trop tard. Tu sors trop. Les voisins parlent. Une femme seule, ça attire les regards. »

« Je m'en fous des regards, maman. »

« Tu devrais. Dieu te voit. »

Le poids des regards, des attentes, de la religion, commençait à peser. Un soir, Hanane craqua.

« Je ne peux plus faire semblant, » dit-elle à Jamila. « Devant mes enfants, devant mon mari, devant ma mère. Je ne peux plus porter ce voile comme un mensonge. »

Jamila la prit dans ses bras. « Alors enlève-le. »

« Ici ? »

« Ici. Maintenant. Pour que la première fois que tu le fais, ce soit avec moi. »

Hanane défit son voile lentement, le tint dans ses mains un instant. Ce morceau de tissu qu'elle portait depuis quinze ans, qui avait défini sa vie, sa place dans l'espace public, son identité de femme « respectable ». Elle le regarda, puis le posa sur le comptoir.

Ses cheveux, qu'elle cachait depuis si longtemps, apparurent. Elle les toucha, comme si elle découvrait une partie d'elle-même.

« J'ai peur, » murmura-t-elle.

« Je sais. Moi aussi. »

« Si quelqu'un nous voit... »

« Personne ne nous verra. Pas ce soir. Et demain, on décidera ensemble. »

Elles s'embrassèrent, et cette nuit-là, elles firent l'amour sans se presser, sans peur d'être découvertes, sans ce sentiment de voler quelque chose. Ce fut lent, profond, différent. Pour la première fois, Hanane ne se sentait pas coupable.

Le lendemain, elles arrivèrent au travail sans voile.

La gérante les regarda, stupéfaite. « Vous avez oublié vos foulards ? »

« Non, » dit Jamila calmement. « On ne les porte plus. »

« Mais... pourquoi ? »

« Parce qu'on ne veut plus, » répondit Hanane. Sa voix tremblait, mais elle tenait. « Parce qu'on a décidé que c'était notre choix, pas celui de Dieu, pas celui des hommes. Le nôtre. »

La gérante ouvrit la bouche, la referma, haussa les épaules. « C'est vous qui voyez. Mais si les clientes se plaignent... »

« Elles ne se plaindront pas, » dit Jamila. « Et si elles se plaignent, on leur vendra quand même nos chemisiers. »

Les jours suivants furent un choc. Les clientes les regardaient différemment, certains maris détournaient le regard, les voisins commentaient. Hanane reçut des messages de sa mère, des appels de sa belle-famille, des sermons par téléphone. Son mari, quand il apprit la nouvelle, resta silencieux longtemps, puis dit : « Tu fais ce que tu veux. Tu es une grande fille. » Ce n'était ni un soutien ni une condamnation. C'était de l'indifférence. Et pour Hanane, c'était presque pire.

Jamila, elle, affronta sa mère. La vieille dame pleura, cria, la traita de folle, de pécheresse, de déshonneur pour la famille. Jamila écouta, patiente, et quand sa mère eut fini, elle dit simplement : « Je t'aime, maman. Mais je ne porterai plus jamais quelque chose que je ne choisis pas. »

La rupture avec la religion fut plus douloureuse qu'elles ne l'avaient imaginé. Ce n'était pas une décision soudaine – c'était un cheminement, des mois de réflexion, de lecture, de discussions. Hanane, qui avait toujours prié cinq fois par jour, se surprit à sauter une prière, puis deux, puis à ne plus compter. Elle ne savait pas si elle croyait encore en Dieu – elle savait qu'elle ne croyait plus en ceux qui parlaient en son nom pour dicter sa vie.

Jamila, plus radicale, avait déjà fait son deuil de la foi de son enfance. « Je ne peux pas croire en un Dieu qui me dit que ce que je ressens pour toi est un péché, » dit-elle un soir. « Alors soit Dieu ment, soit ceux qui disent parler pour lui mentent. Dans les deux cas, je ne veux plus écouter. »

Elles commencèrent à explorer leur liberté. Leurs cheveux au vent, elles marchaient dans les rues de Tunis sans cette barrière de tissu qui les séparait du monde. Au début, elles avaient peur – des regards, des remarques, des hommes qui les suivaient. Mais peu à peu, elles apprirent à ignorer, à marcher droit, à exister.

Un après-midi, dans la boutique, après une journée harassante, Jamila ferma le volet et se tourna vers Hanane.

« Tu te rends compte ? » dit-elle. « On a passé notre vie à faire ce qu'on nous disait. Porter ce qu'on nous disait de porter. Prier quand on nous disait de prier. Aimer qui on nous disait d'aimer. »

Hanane hocha la tête. « Et maintenant ? »

« Maintenant, on choisit. »

Elle s'approcha d'elle, la prit dans ses bras. Leurs lèvres se cherchèrent, trouvèrent le chemin.

Ce soir-là, elles firent l'amour sur le tapis de la boutique, nues, libres, leurs cheveux mêlés sur le carrelage. Ce ne fut pas un quickie volé, ni une étreinte coupable. Ce fut une célébration.

Après, allongées l'une contre l'autre, Hanane dit : « Tu sais ce que ma mère m'a dit quand je lui ai annoncé que je partais vivre avec toi ? »

« Quoi ? »

« Elle m'a dit : "Tu vas brûler en enfer." »

Jamila rit doucement. « Et toi, tu lui as dit quoi ? »

« Je lui ai dit : "Si l'enfer c'est d'être heureuse, alors j'y vais les yeux fermés." »

Elles rirent ensemble, un rire un peu amer, un peu joyeux. Le rire de celles qui ont renoncé à plaire pour exister.

La boutique, Le Tissage Doré, continue d'exister. Les clientes viennent toujours acheter leurs chemisiers, leurs jeans, leurs robes. Hanane et Jamila sourient, plient, rangent, encaissent. Mais quelque chose a changé. Leurs cheveux sont visibles maintenant, libres. Leurs regards sont plus directs. Et le soir, quand le volet tombe, la boutique devient un autre lieu – un lieu où deux femmes s'aiment sans peur, sans honte, sans mensonge.

Les mères du quartier racontent que « les deux filles du magasin de vêtements » sont devenues folles. Les maris disent qu'elles sont « dangereuses ». Les religieux affirment qu'elles sont perdues.

Hanane et Jamila n'écoutent plus.

Parfois, elles repensent à leurs voiles, posés au fond d'un placard, témoins muets d'une vie qu'elles ont laissée derrière elles. Parfois, elles se demandent ce qu'elles auraient fait si elles n'avaient pas osé, ce jour-là, dans la boutique vide, sous la climatisation cassée.

« On serait encore en train d'attendre, » dit Jamila. « D'attendre que nos vies commencent. »

« Et maintenant ? »

« Maintenant, on vit. »

Un soir de Ramadan, alors que la mosquée du quartier appelait à la prière, elles restèrent dans leur petit appartement, allongées sur le canapé, les jambes enchevêtrées.

« Tu ne regrettes rien ? » demanda Hanane.

Jamila réfléchit. « Je regrette d'avoir attendu si longtemps. Je regrette toutes ces années où j'ai cru que j'étais malade, anormale, pécheresse. Je regrette d'avoir prié pour être guérie. »

« Et maintenant ? »

« Maintenant, je sais que je n'ai pas besoin d'être guérie. J'ai besoin d'être aimée. Et je le suis. »

Dehors, la ville continuait son vacarme. Les klaxons, les cris, les appels à la prière. Dedans, elles étaient chez elles, libres, nues de tous leurs voiles, vivantes.

L'humour grinçant de leur situation – deux ex-vendeuses de prêt-à-porter, vivant en couple dans un quartier conservateur de Tunis, ayant échangé leurs voiles contre la liberté – ne leur échappait jamais. C'était absurde, c'était merveilleux, c'était leur vie.

« On devrait peut-être ouvrir notre propre boutique, » dit un jour Jamila. « Des vêtements pour femmes libres. »

« Et on l'appellerait comment ? »

« Le Tissage Brisé. »

Hanane rit. « C'est parfait. »

L'avenir était incertain. Les familles restaient hostiles. La société continuait de juger. La religion qu'elles avaient quittée les poursuivait parfois dans leurs rêves, comme une ombre.

Mais elles avaient appris une chose essentielle : la liberté ne se demande pas, elle se prend. Et elles l'avaient prise, à pleines mains, dans une boutique de prêt-à-porter, au milieu des cintres et des cartons, un soir de canicule.

C'était leur histoire. Leur choix. Leur vie.

Et pour la première fois, elles étaient chez elles.




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ميتافيزيقا الانتظار وفضيحة التفكير بالتمني وآليات الاستقالة المعرفية من صناعة التاريخ (مقال)

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ميتافيزيقا الانتظار وفضيحة التفكير بالتمني وآليات الاستقالة المعرفية من صناعة التاريخ




تمثل علاقة الإنسان العربي المعاصر بالزمن واحدة من أعقد تجليات فساد المعرفة والقيم، حيث تحول الوقت من وعاء مادي للمراكمة والإنتاج والسيادة إلى سجن ميتافيزيقي يسكنه "الانتظار السلبي" المفتوح على أوهام الغيب. إن الفصام المعرفي الذي تعيشه المجتمعات المتخلفة يتجسد بوضوح في تحويل المستقبل من "مشروع يُبنى" بجهد بشري منظم وقوانين فيزيائية واقتصادية صارمة، إلى "هبة إلهية" أو "حدث قدري" يُنتظر وقوعه دون تدديم أي مقدمات مادية. إن هذا النوع من التفكير بالتمني ليس مجرد شطحة عاطفية، بل هو آلية دفاعية لعقل عاجز قرر الهروب من استحقاقات الواقع المرير عبر الارتماء في أحضان الخيال الغيبي، منتظراً "المهدي المنتظر" أو "البطل المخلص" الذي سيغير موازين القوى بضربة سحرية، أو حتى "انهيار الغرب" تلقائياً بفعل ذنوبه الأخلاقية لكي نأخذ مكانه دون عناء. إن هذا الخيال هو قمة الفساد المعرفي لأنه ينكر الحقيقة الصارمة التي تقول إن العالم المادي لا يغير مساراته إلا بالفعل البشري الواعي، وأن المادة لا تحابي أحداً ولا تستجيب إلا لمن يفك شفراتها ويحترم قوانينها الصامتة.

إن فساد المعرفة في علاقتنا بالزمن يبدأ من "إنكار السببية المادية" وإحلال "الصدفة الغيبية" محلها. فعندما يعتقد المجتمع أن صعوده أو هبوطه هو أمر مكتوب في سجلات الغيب بمعزل عن معدلات الابتكار، ونسب التعليم، وجودة الصناعة، فإنه يعلن بذلك وفاته المعرفية. إن الانتظار السلبي هو حالة من "الشلل البيولوجي والذهني" حيث يتوقف الإنسان عن التخطيط للمستقبل بناءً على المعطيات الرقمية، ويكتفي بمراقبة "علامات الساعة" أو انتظار "المعجزة الإلهية" التي ستخرق القوانين الفيزيائية لصالحه. هذا النوع من المعرفة الفاسدة يجعل الزمن يبدو كعدو يجب تزجيته أو كفراغ يجب ملؤه بالدعاء والتمني، بدلاً من رؤيته كـ "رأس مال مادي" لا يعوض. إن الشعوب التي لا تمتلك "إرادة صناعة الزمن" هي شعوب تعيش خارج التاريخ، لأن التاريخ لا يكتبه المنتظرون على أرصفة الغيب، بل يكتبه القادة الماديون والعقول العلمية التي تدرك أن الساعة التي تضيع في الانتظار هي خسارة وجودية في صراع البقاء الحضاري.

ويترافق هذا الفساد المعرفي مع "فساد قيمي" مدمر نطلق عليه "الاستقالة من المسؤولية". فمن خلال إلقاء عبء المستقبل على كاهل الغيب أو "المخلص المنتظر"، يمارس العربي نوعاً من "الطفيليات الأخلاقية" حيث يعفي نفسه من واجب العمل والكد والتغيير. إن القيمة السائدة في مجتمعات الانتظار هي قيمة "التواكل المقنع بالتدين"، حيث يصبح الجلوس في المقاهي واجترار الأحلام الغيبية نوعاً من "الإيمان"، بينما السعي المادي الصارم يُنظر إليه أحياناً كنوع من "الغرق في الدنيا". هذه الاستقالة من المسؤولية هي التي تجعلنا ننتظر انهيار الحضارة الغربية من الداخل، وكأننا نراهن على سقوط الآخر لكي ننجو نحن، دون أن ندرك أن الحضارة التي تسقط لا يرثها العاجزون، بل ترثها الأمم التي تمتلك البديل المادي والمعرفي الأكثر قوة. إن نفاق القيم هنا يتجلى في كراهية "المنهج المادي" للغرب مع الرغبة الشديدة في "وراثة ثمراته المادية" دون بذل المجهود الذي بذله ذلك الغرب في بناء علومه ومؤسساته.

إن "التفكير بالتمني" هو المحرك البنيوي لهذه الحالة من الانفصال عن الواقع، وهو آلية تجعل العقل يرى ما يحب لا ما هو كائن فعلاً. العربي يتمنى أن يسيطر على العالم وهو لا يصنع إبرة، ويتمنى أن يهزم أعداءه وهو غارق في الجهل والتبعية، ويتمنى أن يغير التاريخ وهو عاجز عن تغيير عاداته اليومية البسيطة. هذا الفساد المعرفي يحول "الأمل" من قوة دافعة للفعل إلى "مخدر" يمنع الفعل. وعندما يصطدم هذا التفكير بالتمني بصخرة الواقع المادي الصلبة، لا يراجع العربي منهجه، بل يهرب لمزيد من الغيبية، مدعياً أن النصر "تأخر" لسبب ميثولوجي، وليس بسبب تخلفه التقني أو المعرفي. إن هذا الدوران في حلقة مفرغة من التمني والانتظار هو الذي جعلنا أمة من "المتفرجين" على إنجازات الآخرين، ننتظر نهايتهم لكي نبدأ نحن، في مفارقة مضحكة ومبكية؛ إذ كيف يمكن لمن لا يملك "أدوات البدء" أن يرث نهاية العظماء؟

علاوة على ذلك، فإن فساد المعرفة في التعامل مع المستقبل يتجلى في "الاستثمار في الماضي" بدلاً من "الاستثمار في المادة". إننا نسكن في القرون الخوالي، ونستدعي شخصيات تاريخية ماتت وشبعت موتاً لكي تقاتل عنا في معارك الحاضر، وهذا نوع من "الهذيان الزمني" الذي يمنعنا من رؤية الفرص المادية المتاحة أمامنا. إن المستقبل في العقل العلمي هو "مساحة من الإمكانيات" التي تتحقق بالبحث والتجريب، أما في العقل المتخلف فهو "قدر محتوم" أو "سيناريو مكتوب سلفاً" لا نملك إلا انتظاره. هذا التصور "القدري" للزمن يدمر قيمة "المبادرة" ويجعل من الإنسان مجرد ريشة في مهب الريح الميتافيزيقية، فاقداً للسيادة على مصيره ومستقبله، مما يرسخ حالة التبعية للأمم التي تمتلك "مخططات زمنية" واضحة تمتد لعقود وقرون بناءً على حسابات مادية دقيقة.

إن التفكير الغيبي السائد حول "المعجزة الإلهية" التي ستحسم الصراع هو تعبير عن "كسل معرفي" فادح. فالمعجزة في تعريفها هي "خرق للقانون الطبيعي"، والمجتمع الذي يبني مستقبله على انتظار "الاستثناء" هو مجتمع يحتقر "القاعدة". والقاعدة المادية تقول إن القوة للأقوى علماً وتنظيماً وإنتاجاً، وإن السماء لا تمطر ذهباً ولا نصراً على رؤوس الخاملين. إن فساد القيم هنا يتمثل في "الغرور القاتل" الذي يوهم العربي بأنه "استثناء" من قوانين التاريخ، وأنه يمتلك "حالة خاصة" تجعل الله أو القدر ينحاز إليه رغم جهله وتخلفه. هذا الغرور هو الذي يمنعه من التواضع أمام المنهج العلمي ومن التعلم من تجارب الأمم التي نهضت عبر احترام "المادة والوقت والجهد البشري". إن السيادة ليست منحة غيبية، بل هي "انتزاع مادي" يتحقق لمن يمتلك العقل القادر على تطويع الزمن لخدمة أهدافه.

إن حالة "الانتظار السلبي" جعلت من العربي كائناً "طفيلياً على الزمن"؛ فهو يستهلك زمن الآخرين (عبر تكنولوجياتهم ومنتجاتهم) بينما وقته هو ضائع في الفراغ. نحن ننتظر انهيار الغرب وكأننا ننتظر "سقوط ثمرة ناضجة" في أفواهنا، دون أن نسأل أنفسنا: ماذا أعددنا لتلك اللحظة؟ هل نمتلك المختبرات، أو المصانع، أو النظم السياسية العقلانية التي تؤهلنا للقيادة؟ الإجابة المادية الصادمة هي "لا". نحن ننتظر في العراء المعرفي والقيمي، والانتظار في العراء لا يؤدي إلا إلى التجمد والموت. إن هذا الانفصال عن المنطق جعلنا نعتقد أن "نهاية العالم" هي الحل لمشاكلنا، وهو نوع من "العدمية المقنعة" التي تظهر مدى يأس العقل العربي من قدرته على الفعل المادي في هذا العالم، فيتمنى زوال العالم كله لكي يتخلص من شعوره بالدونية والفشل الحضاري.

إن إصلاح هذا الفساد المزدوج يتطلب الانتقال من "ميتافيزيقا الانتظار" إلى "فيزياء الفعل". يجب أن ندرك أن الزمن هو "مورد مادي محدود" وأن المستقبل هو "بناء مادي" وليس "وعداً غيبياً". إن التحرر من "البطل المخلص" يبدأ من إيمان كل فرد بمسؤوليته المادية عن حياته وعن مجتمعه، ومن إدراك أن "المعجزة" الوحيدة الممكنة في هذا العصر هي "معجزة العقل المنظم" الذي يحترم الثانية والدقيقة ويحولها إلى قيمة مضافة. إن الشعوب التي تنجو هي التي تصنع ساعاتها الخاصة وتضبط إيقاعها على ترددات المختبر لا على نبوءات العرافين وشيوخ الدجل الإعلامي. إن التاريخ كتاب مفتوح، وصفحاته لا ترحم من يكتفي بالقراءة والتمني، بل تخلد من يمسك بالقلم المادي ويكتب قدره بيده، عبر العلم والعمل والسيادة المعرفية المطلقة.

إن التفكير بالتمني هو "السرطان المعرفي" الذي يجب استئصاله، لأنه يجعلنا نعيش في "فقاعة" من الأوهام تحمينا مؤقتاً من ألم الواقع لكنها تضمن هلاكنا في النهاية. إن مواجهة الحقيقة المادية القائلة بأننا "هوامش" في هذا العصر هي الخطوة الأولى نحو الخروج من الهامش. والاعتراف بأن "الغرب" أو "الآخر" يتفوق علينا لأنه يحترم "قوانين المادة والزمن" هو بداية الطريق لامتلاك تلك القوانين. إن الاستقالة من المسؤولية هي "خيانة وجودية" للذات وللأجيال القادمة، والهروب نحو الغيب هو جبن معرفي لا يليق بكائن يدعي العقل. إن المستقبل ملك لمن يخطط له، لمن يحصي أنفاسه ويحولها إلى طاقة إنتاجية، لمن يرى في "الآن" فرصة للتحرر وفي "الغد" نتيجة لحسابات "اليوم".

في الختام، يظل صراعنا مع "الانتظار السلبي" هو صراع بين "الحياة والموت". فإما أن نظل طفيليين ننتظر معجزات لن تأتي وانهيارات لآخرين قد لا تخدمنا، وإما أن نستيقظ على الحقيقة المادية الصارخة: إن العالم لا يبالي بانتظارنا، والزمن يدهس المتواكلين، والمستقبل يُبنى بالحديد والنار والعلم والمنطق. إن السيادة هي أن تمتلك "إرادة صناعة الزمن"، وأن تحول "التفكير بالتمني" إلى "تفكير بالعمل"، لكي لا تظل أمتنا مجرد حاشية مهملة في كتاب التاريخ الذي يسطره الأقوياء بمداد من العرق والمادة واليقظة المعرفية الدائمة. إن الخروج من "سجن الانتظار" هو التحدي الأكبر، والحرية تبدأ عندما نتوقف عن انتظار "المخلص" لنصبح نحن المخلصين لأنفسنا عبر قوة العقل وصدق الفعل المادي.




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(Ar) مرحبا بكم على هذه المدونة

 . . أهلاً بكم في ملاذي الأدبي يسعدني حقاً أن أرحب بكم هنا. سواءً أكان وصولكم بدافع الفضول، أو مصادفةً من خلال رابط مشترك، أو بدافع حب الكل...