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Sirine: (5) Les Trois Grâces (nouvelle)

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Sirine: (5) Les Trois Grâces





La chaleur de l'après-midi pesait sur Nabeul comme une main posée sur la nuque. Sirine avait pris une chambre à l'étage de la maison d'hôtes, une ancienne demeure familiale aux murs blancs et aux volets bleus, entourée de jardins de jasmin et de citronniers. Elle était arrivée la veille, fatiguée par le voyage, par les mois de travail à Tunis, par cette lassitude qui s'installe parfois au milieu de la vie sans qu'on sache d'où elle vient. Elle avait besoin de mer, de soleil, de silence.

Mais le silence, à la maison d'hôtes des sœurs Ben Youssef, n'était pas vraiment au rendez-vous.

Amina et Farida étaient inséparables. Elles avaient quarante-cinq ans, le même visage ovale, les mêmes yeux noirs en amande, les mêmes cheveux longs et sombres. Pourtant, elles étaient différentes comme le jour et la nuit. Amina, l'aînée de quelques minutes, parlait doucement, riait avec retenue, touchait les choses comme si elles étaient fragiles. Farida était plus brusque, son rire éclatait comme une vague, ses gestes étaient amples, presque sauvages. Elles se complétaient, s'équilibraient, et leur complicité fascinait Sirine dès le premier jour.

Le premier soir, elles avaient dîné ensemble sur la terrasse. Farida avait préparé un couscous aux légumes, Amina avait sorti une bouteille de vin blanc. Elles avaient parlé de Tunis, des saisons, de la mer. Sirine avait raconté sa vie, sans entrer dans les détails intimes, mais les deux sœurs l'écoutaient avec une attention qui la troublait. Leurs regards se croisaient au-dessus de la table, échangeaient des messages muets. Sirine sentait qu'elle était observée, jaugée, désirée peut-être, mais elle n'osait pas formuler cette pensée.

Le deuxième jour, elles l'avaient emmenée à la plage. Une petite crique à l'écart, loin des touristes. Le sable était chaud, l'eau turquoise. Farida s'était déshabillée sans pudeur, révélant un corps bronzé et ferme, des seins ronds, un ventre plat. Amina, plus timide, avait gardé son paréo jusqu'à ce qu'elle entre dans l'eau. Sirine les avait regardées nager, leurs corps glissant dans les vagues, leurs rires portés par le vent. Elle avait senti quelque chose bouger en elle, un désir ancien et pourtant neuf, une envie de les toucher, d'être touchée.

Le troisième jour, elles avaient passé l'après-midi à se promener dans les ruelles de Nabeul, à sentir les épices, à boire du thé à la menthe. Leurs bras se frôlaient, leurs mains se cherchaient parfois. Sirine avait remarqué la façon dont Amina posait sa main sur son épaule pour lui montrer quelque chose, la façon dont Farida la frôlait en passant dans une porte étroite. Ces contacts, apparemment anodins, faisaient naître en elle une chaleur diffuse, une anticipation.

La quatrième nuit, elles l'invitèrent à se baigner dans la mer.

« La lune est pleine, » avait dit Amina en posant sa main sur le bras de Sirine. « L'eau est parfaite. »

Farida était déjà debout, un drap blanc jeté sur ses épaules. « Viens. On t'attend. »

Sirine les suivit jusqu'à la plage. La lune était haute, ronde, argentée, et sa lumière dansait sur les vagues comme des écailles de poisson. Le sable était encore chaud sous leurs pieds nus. Elles s'arrêtèrent au bord de l'eau.

Farida jeta son drap. Elle était nue, splendide, la peau luisante. Amina, après une hésitation, laissa tomber sa robe légère. Sirine fit de même, lentement, offrant son corps de cinquante ans à la lumière de la lune. Elle vit le regard des deux sœurs sur ses seins lourds, son ventre doux, ses hanches larges. Il n'y avait pas de jugement dans leurs yeux, seulement une admiration profonde, presque religieuse.

Elles entrèrent dans l'eau. La mer était tiède, enveloppante, comme une étreinte. Elles nagèrent un moment, silencieuses, puis se retrouvèrent dans une eau peu profonde où elles pouvaient se tenir debout. Farida s'approcha de Sirine et posa ses mains sur ses épaules. Ses doigts étaient chauds, salés. Elle la regarda dans les yeux.

« Tu es belle, » dit-elle. Sa voix avait perdu sa brusquerie, elle était grave, presque tendre.

Amina s'approcha par derrière et passa ses bras autour de la taille de Sirine. Elle posa son menton sur son épaule et murmura contre sa nuque : « On te veut, Sirine. On te veut toutes les deux. »

Sirine ferma les yeux. L'eau la portait, les corps des deux sœurs la soutenaient, leurs mains la caressaient. Elle ne savait plus où finissait l'une, où commençait l'autre. Elle se laissa faire, se laissa glisser dans cette eau chaude qui n'était plus seulement la mer, mais aussi le désir des deux femmes.

Farida se pencha et l'embrassa. Le baiser fut fort, profond, sauvage. Sa langue entra dans la bouche de Sirine comme pour la prendre, la posséder. Pendant ce temps, les mains d'Amina glissaient sur le ventre de Sirine, remontaient vers ses seins, les caressaient doucement. Sirine gémit dans la bouche de Farida.

Elles sortirent de l'eau, ruisselantes. Leurs corps nus brillaient sous la lune. Sans un mot, elles prirent Sirine par la main et la conduisirent vers la maison. Les marches en pierre étaient encore chaudes. Elles montèrent jusqu'à la chambre des sœurs, au deuxième étage, une grande pièce aux murs blancs, au lit immense recouvert de draps de lin.

Farida poussa Sirine sur le lit. Elle s'allongea sur elle, la couvrant de son corps, l'embrassant avec une faim qui faisait vibrer l'air. Amina, plus lente, s'installa à côté, caressant les cheveux de Sirine, son cou, ses épaules. Elles échangèrent un regard, un sourire, et commencèrent leur jeu.

Farida descendit. Elle embrassa la gorge de Sirine, la clavicule, la naissance des seins. Sa langue était chaude, rapide. Elle prit un mamelon dans sa bouche et le suça avec une force qui fit crier Sirine. En même temps, Amina se pencha sur l'autre sein, plus doucement, le léchant, le mordillant à peine. Les deux sœurs travaillaient ensemble, en parfaite harmonie, comme si elles ne faisaient qu'un seul corps à deux têtes.

Sirine sentit ses mains s'agripper aux draps. Elle avait les yeux fermés, le corps tendu, les cuisses déjà humides. Farida descendit plus bas, embrassa son ventre, son nombril, tandis qu'Amina remontait vers sa bouche et l'embrassait longuement. Sirine goûta ses lèvres, sa langue, respira son parfum mêlé à celui de la mer. Pendant qu'elles s'embrassaient, elle sentit les doigts de Farida glisser entre ses cuisses, trouver son sexe déjà ouvert, et le caresser avec une lenteur exquise.

« Tu es si mouillée, » murmura Farida contre sa peau. « On te fait ça ? »

Sirine ne put répondre qu'un gémissement. Amina, toujours sur sa bouche, sourit.

« Laisse-toi faire, » dit-elle doucement. « On va te donner tout ce que tu veux. »

Farida se plaça entre les cuisses de Sirine. Elle les écarta largement, posa ses mains sur ses hanches et plongea son visage entre ses jambes. Sa langue trouva immédiatement le clitoris, le lécha, le suça, le mordilla avec une précision affolante. Sirine poussa un long cri et se cambra. En même temps, Amina se pencha sur elle et l'embrassa à nouveau, pour étouffer ses gémissements, pour les partager.

Les deux sœurs travaillaient en symbiose. Farida léchait Sirine avec une faim vorace, tandis qu'Amina caressait ses seins, son ventre, ses hanches. Leurs mains se rejoignaient parfois sur le corps de Sirine, se mêlaient, s'embrassaient. La bouche de Farida était partout : sur le clitoris, sur les lèvres intérieures, à l'entrée du sexe, qu'elle léchait longuement avant de replonger. Elle glissa deux doigts en Sirine, les enfonça profondément, les courba pour toucher ce point qui faisait toujours trembler les femmes. Sirine cria encore, ses hanches bougeant contre le visage de Farida.

Amina, sentant que Sirine était proche, descendit et vint se placer à côté de sa sœur. Elle écarta encore plus les cuisses de Sirine, et pendant que Farida continuait de la lécher, elle posa sa propre bouche sur le clitoris. Deux langues, deux bouches, sur le même sexe. Sirine n'avait jamais rien vécu de tel. Les langues des sœurs se rencontraient, se croisaient, se mêlaient autour de son clitoris. L'une léchait, l'autre suçait, elles alternaient, s'accordaient, comme si elles lisaient dans les pensées l'une de l'autre.

Sirine sentit l'orgasme monter, une vague immense, dévastatrice. Elle ouvrit la bouche pour crier, mais aucun son ne sortit. Son corps se tendit, se cambra, puis se brisa. Elle jouit avec une violence qui la secoua tout entière, les jambes tremblantes, les mains agrippées aux cheveux des deux sœurs. Farida et Amina ne s'arrêtèrent pas. Elles continuèrent de lécher, plus doucement, recueillant le plaisir qui coulait, jusqu'à ce que Sirine les tire vers elle.

« Arrêtez, » murmura-t-elle, la voix brisée. « Je n'en peux plus. »

Elles remontèrent le long de son corps, la couvrant de baisers, se frottant à elle. Sirine les regarda, leurs visages brillants de son propre plaisir, leurs yeux noirs qui brillaient de désir. Elle les embrassa l'une après l'autre, goûtant son goût sur leurs lèvres.

Mais le jeu n'était pas fini.

Farida s'allongea sur le dos et tira Sirine vers elle. Sirine comprit : elle s'installa à califourchon sur elle, son sexe contre le sien. Amina se plaça derrière Sirine, colla son corps contre son dos, passa ses bras autour d'elle pour prendre ses seins. Et ainsi, elles commencèrent à bouger ensemble.

Le frottement des sexes de Sirine et Farida était lent, profond. Leurs clitoris se touchaient, se pressaient, se cherchaient. Les mains d'Amina caressaient les seins de Sirine, pinçaient ses mamelons, descendaient sur son ventre. Amina glissa une main entre les cuisses de Sirine, trouva l'endroit où les deux corps se joignaient, et caressa les deux sexes ensemble.

Sirine se pencha en arrière, chercha la bouche d'Amina par-dessus son épaule. Elles s'embrassèrent maladroitement, passionnément, pendant que les hanches de Sirine bougeaient sur celles de Farida. Farida, en dessous, gémissait doucement, ses mains sur les hanches de Sirine, la guidant.

La position changea. Amina s'allongea à son tour, Sirine sur elle, le corps de Farida contre son dos. Elles formèrent un enchevêtrement de bras, de jambes, de cheveux. Les mains de l'une trouvaient les seins de l'autre, les doigts glissaient entre les cuisses, les bouches s'embrassaient sans savoir à qui appartenaient ces lèvres.

Sirine se retrouva allongée sur le dos, les deux sœurs de chaque côté d'elle. Farida prit son sein gauche, Amina le droit. Elles le suçaient en même temps, en rythme, leurs langues imitant le même mouvement. Les mains de Sirine caressaient leurs têtes, leurs nuques, tandis qu'elle regardait leurs visages penchés sur sa poitrine. Elles étaient si belles, si semblables, et pourtant si différentes.

Puis elles descendirent. Farida prit la cuisse gauche de Sirine, Amina la droite. Elles les écartèrent, les embrassèrent, les léchèrent. Leurs langues remontèrent lentement, de l'intérieur du genou jusqu'à l'aine. Sirine frissonnait à chaque contact. Elle sentait la chaleur de leurs bouches, la douceur de leurs langues, la pression de leurs doigts.

Quand elles atteignirent le sexe, elles s'arrêtèrent. Elles se regardèrent, eurent un sourire complice, et plongèrent ensemble. Leurs langues se posèrent sur le clitoris de Sirine, l'une de chaque côté, puis se rencontrèrent, se mêlèrent. En même temps, leurs mains glissèrent le long des cuisses de Sirine, remontèrent vers son sexe. Un doigt de Farida, un doigt d'Amina, s'enfoncèrent ensemble en elle.

Sirine poussa un cri. Deux doigts en elle, deux langues sur elle, et les deux sœurs la regardaient pendant qu'elles la faisaient jouir. Elle sentit l'orgasme monter, plus lentement, plus profond. Elle ferma les yeux et se laissa emporter.

Leurs doigts bougeaient à l'intérieur d'elle, en rythme, l'un s'enfonçant pendant que l'autre se retirait. Leurs langues travaillaient le clitoris avec une précision de plus en plus intense. Sirine sentit qu'elle allait jouir, mais quelque chose la retenait, la faisait flotter.

« Regarde-nous, » murmura Farida.

Sirine ouvrit les yeux. Les deux sœurs étaient penchées sur son sexe, leurs visages si proches qu'ils se touchaient presque. Elles la regardaient, leurs langues toujours sur elle, leurs doigts toujours en elle. Sirine vit leur désir, leur complicité, leur amour, et elle se sentit prise, possédée, offerte.

L'orgasme la frappa comme une vague. Elle cria, se cambra, ses mains agrippant les draps. Elle sentit les doigts des sœurs s'enfoncer plus profond en elle pendant qu'elle jouissait, leurs langues qui continuaient de la lécher. L'orgasme ne s'arrêtait pas. Il roulait en elle, la secouait, la vidait, la remplissait. Elle sentit ses larmes couler sur ses joues.

Quand elle redescendit, les deux sœurs étaient encore là, leurs visages contre son sexe, leurs mains sur ses cuisses. Elles la léchèrent doucement, recueillant les dernières gouttes de son plaisir, jusqu'à ce qu'elle les tire vers elle.

« Assez, » murmura-t-elle. « Je vous en supplie. »

Elles remontèrent et s'allongèrent contre elle, une de chaque côté, leurs têtes sur ses épaules. Sirine sentit leurs corps chauds, leurs souffles qui s'apaisaient.

Mais Sirine n'avait pas fini. Elle se tourna vers Farida et l'embrassa profondément. Puis elle se tourna vers Amina et l'embrassa de la même façon. Ses mains caressèrent leurs corps, explorèrent leurs seins, leurs ventres, leurs hanches.

« À mon tour, » dit-elle.

Elle fit s'allonger Farida sur le dos, puis Amina vint s'allonger sur sa sœur, leurs corps se superposant. Deux paires de seins, deux ventres, deux sexes si proches. Sirine s'agenouilla devant elles. Elle posa sa bouche sur le sexe de Farida, en bas, et ses doigts sur celui d'Amina, au-dessus. Elle lécha Farida pendant que ses doigts caressaient Amina.

Les deux sœurs gémissaient ensemble. Farida tendait ses mains vers le visage de Sirine, Amina se frottait contre ses doigts. Sirine alternait, passant de l'une à l'autre, les léchant, les touchant, les faisant monter ensemble vers le plaisir. Parfois elle glissait son visage entre les deux corps, léchant les deux sexes à la fois, leur langue se mêlant à leur chair.

Elle sentit qu'elles étaient proches. Elle s'installa entre leurs cuisses, glissa ses mains sur leurs hanches, et les fit jouir ensemble, presque au même instant. Leurs cris se mêlèrent, leurs corps se tendirent, et le lit trembla sous leurs orgasmes.

Farida et Amina s'effondrèrent l'une sur l'autre. Sirine les regarda, leurs corps emmêlés, leurs visages apaisés. Elle les prit dans ses bras, les serra contre elle, forma un cercle de trois corps nus.

Elles restèrent longtemps ainsi, à se caresser, à s'embrasser. Parfois l'une prenait la main de l'autre et la guidait vers un endroit sensible. Parfois une bouche se posait sur une épaule, sur un sein, sur des lèvres. Elles parlaient peu, seulement des murmures, des rires étouffés, des soupirs.

Amina se blottit contre Sirine, sa tête sur sa poitrine. Farida s'allongea le long de son corps, sa tête sur son ventre. Sirine caressait leurs cheveux, leurs épaules, leurs dos. Elle se sentait comblée, vidée, remplie. Elle n'avait jamais connu une telle intensité, une telle osmose entre trois corps.

« Vous êtes incroyables, » murmura-t-elle. « Vous êtes comme une seule personne. »

Farida rit, un rire doux qui vibra contre la peau de Sirine. « On s'entraîne depuis quarante-cinq ans. »

Amina leva les yeux vers elle. « On savait qu'on te voudrait, dès qu'on t'a vue. »

Sirine sourit. « Vous le saviez ? »

Farida releva la tête. « On t'a regardée arriver, avec ta robe blanche, tes cheveux dans le vent. On s'est dit : elle est à nous. » Elle sourit, sauvage. « Et elle l'est. »

Sirine sentit quelque chose de chaud, de doux, qui se déployait dans sa poitrine. Elle se sentait désirée, aimée, prise dans un filet de soie dont elle ne voulait pas sortir.

Elle se tourna vers Amina, la plus douce, et la regarda dans les yeux. « Et toi ? Tu le savais aussi ? »

Amina sourit, un sourire timide, presque gêné. « Je le savais. Mais j'osais moins le dire. »

Sirine l'embrassa, un baiser lent, profond. Puis elle se tourna vers Farida et l'embrassa de la même manière. Les deux sœurs se regardèrent, eurent un sourire, et se penchèrent en même temps vers Sirine pour l'embrasser ensemble, leurs langues se mêlant sur ses lèvres.

La nuit avançait. La lune était maintenant haute, sa lumière argentée entrait par la fenêtre et baignait leurs corps. Parfois Sirine rouvrait les yeux, en voyait un, une ombre, une main qui cherchait son corps. Elle se laissait faire, se laissait toucher. Une bouche sur son sein, une main entre ses cuisses, des doigts qui s'enfonçaient en elle, encore, toujours. Elle jouit une fois, deux fois, trois fois, sans compter, les orgasmes se succédant, affolants, renversants.

À un moment, elle se retrouva allongée sur le ventre, et les deux sœurs, l'une à sa droite, l'autre à sa gauche, descendirent le long de son dos. Leurs langues léchèrent sa nuque, ses épaules, ses omoplates, le bas de son dos, le creux de ses reins. Puis elles redescendirent, plus bas, jusqu'à ses fesses, qu'elles caressèrent, qu'elles écartèrent. Sirine sentit une langue sur son anus, une autre sur son sexe, et elle hurla dans l'oreiller.

Elles la retournèrent. Farida s'installa entre ses cuisses, Amina au-dessus d'elle, et elles l'embrassèrent, la léchèrent, la pénétrèrent jusqu'à ce qu'elle jouisse une fois de plus, une dernière fois, la plus longue, la plus profonde.

Lorsqu'elle rouvrit les yeux, la lumière de l'aube filtrait à travers les volets. Le ciel était rose, l'odeur du jasmin entrait par la fenêtre. Les deux sœurs étaient endormies contre elle. Amina sur son épaule gauche, Farida sur son épaule droite. Leurs bras étaient passés sur son ventre, leurs jambes mêlées aux siennes.

Sirine les regarda. Elles étaient si belles, si paisibles. Elle vit la petite ride au coin de l'œil d'Amina, la cicatrice sur la joue de Farida. Elle vit les détails qui les rendaient uniques, malgré leur ressemblance. Elle les aima, à cet instant, d'un amour sans nom, sans condition.

Elle caressa leurs cheveux. Elles bougèrent à peine, se blottirent plus près. Sirine ferma les yeux. Elle se sentait légère, flottante, comme si la mer, la lune, et le corps des deux sœurs l'avaient transformée.

Elle pensa aux jours à venir, aux bains dans la mer, aux dîners sur la terrasse, aux nuits dans ce grand lit. Elle pensa à la douceur d'Amina, à la sauvagerie de Farida. Elle pensa à la façon dont elles la regardaient, comme si elle était un trésor.

« On se lève ? » murmura Amina, la voix ensommeillée.

« Pas tout de suite, » répondit Sirine.

Farida grogna, se colla plus fort contre elle. « Encore un peu. »

Sirine sourit. Elle regarda la lumière qui grandissait à travers les volets, écouta les oiseaux qui chantaient dans le jardin, sentit la mer au loin, le sel sur leurs peaux, l'odeur des corps mêlés.

Elle se sentait chez elle. Pas dans cette maison, pas dans cette chambre, mais dans ce corps à trois, cette danse à deux têtes qui l'avait prise, emportée, et qui lui avait offert une nuit qu'elle n'oublierait jamais.

Elle ferma les yeux, blottie entre les deux sœurs, bercée par leurs souffles, par la lumière, par la mer qui murmurait au loin. Elle n'avait plus besoin de chercher. Elle avait trouvé.

Les jours suivants, ils se baignèrent encore, mangèrent ensemble, rirent ensemble. Les nuits, toujours, les retrouvaient dans le grand lit, leurs corps s'explorant, s'aimant, se retrouvant. Sirine apprit à connaître leurs différences, leurs rythmes, leurs désirs. Elle apprit à les faire jouir ensemble, en s'adaptant à elles, en se laissant guider par leur symbiose.

Et quand vint le moment de partir, elle les embrassa toutes les deux sur le seuil, avec des larmes qu'elle ne chercha pas à cacher.

« Reviens, » dit Farida. Pas une question, un ordre, une promesse.

« Oui, » répondit Sirine. « Reviens, » dit Amina, plus doucement, la main sur son cœur.

Sirine hocha la tête. Elle prit le bus pour Tunis, les fenêtres ouvertes, le vent dans ses cheveux. Elle sentait encore le sel sur sa peau, le parfum des deux sœurs dans ses vêtements.

Elle savait qu'elle reviendrait. Pas pour les vacances. Pour elles. Pour les Trois Grâces, qui l'avaient aimée comme on aime une mer, une lune, une nuit d'été.





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Sirine: (4) Au Nom du Fils (nouvelle)

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Sirine: (4) Au Nom du Fils (nouvelle)




La sonnerie de l'appartement de Mounira retentit un vendredi après-midi, alors que Sirine et elle venaient de finir leur déjeuner et sirotaient un thé à la menthe dans le salon. Mounira se leva avec un soupir de contentement, encore alourdie par les pâtisseries qu'elles avaient partagées.

« C'est probablement Karim, » dit-elle en ajustant son foulard. « Il m'a dit qu'il passerait en fin de semaine. »

Sirine posa sa tasse et sentit une petite onde curieuse parcourir son ventre. Le fils de Mounira. Elle ne l'avait pas vu depuis des années, depuis une époque où il était encore un adolescent aux membres trop longs, au regard timide et aux oreilles qui rougissaient dès qu'on lui adressait la parole. Elle se souvenait d'un garçon silencieux, assis dans un coin lors des dîners, qui la regardait parfois avec une intensité qu'elle n'avait jamais su interpréter.

La porte s'ouvrit. Mounira l'embrassa sur les joues avec effusion, puis s'écarta. Sirine leva les yeux.

Ce n'était plus un adolescent.

Karim avait maintenant trente-deux ans, une barbe sombre et bien taillée qui encadrait une mâchoire carrée, des épaules larges, une carrure solide. Son corps avait pris la densité d'un homme, ses bras musclés sous la chemise blanche, ses mains grandes et fortes. Mais ses yeux étaient restés les mêmes : profondément noirs, un peu tristes, et lorsqu'ils croisèrent ceux de Sirine, elle y lut immédiatement l'étincelle du souvenir. Pas un souvenir neutre, non. Une reconnaissance chargée de quelque chose qui avait mûri dans l'ombre pendant toutes ces années.

« Karim, » dit Sirine en se levant, une main tendue vers lui. « Tu as tellement grandi. »

Il prit sa main. Sa paume était chaude, un peu rugueuse. Il la serra plus longtemps que nécessaire.

« Sirine, » répondit-il, la voix grave, légèrement enrouée. « Je ne vous ai pas oubliée. »

Il y avait une pause, un battement de cœur suspendu. Mounira, debout derrière son fils, observa la scène avec un sourire qui ne quitta pas son visage, mais qui se fit plus subtil, plus complice.

« Asseyez-vous tous les deux, » dit-elle en s'approchant de la table basse. « Karim, tu veux du thé ? »

Il s'assit en face de Sirine, sur le canapé où elle était installée. Ses genoux touchèrent presque les siens. Il avait les jambes longues et ne trouvait pas tout à fait où les mettre. Sirine observa sa gêne avec une tendresse amusée, mais son regard s'attarda sur ses mains posées sur ses cuisses, sur les veines qui saillaient sous la peau, sur la force contenue qu'elles promettaient.

Le thé fut servi. Les premières paroles furent banales : le travail de Karim, la santé de sa mère, les nouvelles de la ville. Mais Sirine sentait un courant électrique sous les mots, une fréquence plus basse qui vibrait entre elle et le jeune homme. Chaque fois qu'elle levait les yeux vers lui, elle le surprenait à la regarder, et il détournait le regard trop brusquement, les joues un peu plus sombres sous la barbe.

Mounira, elle, semblait ne rien remarquer. Ou plutôt, Sirine commençait à se demander si elle ne faisait pas exprès de ne rien remarquer. Elle parlait avec une légèreté un peu trop appuyée, racontait des histoires sans importance, laissait le silence s'installer juste assez pour que le regard de Karim puisse s'attarder sur Sirine sans être dérangé.

À un moment, Mounira se leva et disparut dans la cuisine.

« Je vais chercher des gâteaux, » dit-elle en s'éloignant. « Karim, occupe-toi de Sirine. »

Le silence tomba entre eux. Le fils et l'amante de sa mère. Karim toussota, passa une main dans ses cheveux.

« Je me souviens de la première fois que je vous ai vue, » dit-il enfin, la voix plus basse. « J'avais quinze ans. Vous portiez une robe jaune. »

Sirine sourit, touchée par la précision du souvenir. « Je ne me rappelle pas. »

« Moi si, » insista-t-il. « Vous étiez assise sur le balcon. Vous riiez. La lumière tombait sur vos cheveux. Je me suis demandé... » Il s'arrêta, but un peu de thé. « Je me suis demandé comment une femme pouvait être aussi belle. »

Le compliment était simple, presque enfantin. Mais la voix de Karim, grave et chaude, lui donnait une intensité que Sirine ne s'attendait pas à ressentir. Elle sentit une chaleur monter le long de ses cuisses, une petite vague de désir inattendue.

« Tu étais un enfant, » dit-elle doucement. « Les enfants disent ce qu'ils pensent. »

« Je ne suis plus un enfant, » répondit-il, et ses yeux plongèrent dans les siens avec une franchise qui la fit frissonner.

Ils restèrent ainsi quelques secondes, à se regarder, à mesurer ce qui s'était passé entre ces années. Des années où Karim avait grandi, s'était fait un homme, et où Sirine avait vieilli sans perdre ce magnétisme qui semblait attirer les regards.

Mounira revint avec une assiette de gâteaux. Elle s'installa à côté de son fils, sur le même canapé, et posa une main sur son genou d'un geste possessif et tendre à la fois.

« Alors, » dit-elle en souriant, « j'espère que tu ne la dévores pas trop des yeux, mon fils. Sirine est une amie précieuse. »

Le mot "dévores" flotta dans l'air, trop choisi pour être innocent. Sirine rencontra le regard de Mounira et y lut une lueur qu'elle reconnut : un mélange de défi, de jeu, et de quelque chose de plus trouble. Mounira savait. Elle voyait l'attirance de son fils, et au lieu de la désapprouver, elle la nourrissait.

Les heures passèrent. L'après-midi s'étira en conversations où les vérités se cachaient sous les sous-entendus. Karim parlait de ses conquêtes passées, de ses relations qui n'avaient jamais duré. Il disait qu'il cherchait une femme qui comprenne la profondeur des choses, qui ne se contente pas des apparences. Il disait cela en regardant Sirine. Mounira écoutait, jouait avec les perles de son collier, et souriait.

Vers le crépuscule, Mounira proposa de faire un repas. Elle invita Sirine à rester, bien sûr. Karim hocha la tête, pressé de passer plus de temps en leur compagnie.

La cuisine était petite. Mounira coupait des légumes tandis que Sirine rangeait les verres. Karim se tenait debout près de la porte, les bras croisés, les observant. Leurs corps passaient l'un près de l'autre dans l'espace étroit. À un moment, Sirine se tourna pour prendre une assiette et se retrouva face à Karim, tout près, si près qu'elle sentit la chaleur de son corps à travers ses vêtements. Elle leva les yeux. Il baissa les siens. Leurs lèvres étaient à quelques centimètres.

« Pardon, » murmura-t-elle sans reculer.

Il ne répondit pas. Il posa une main sur la hanche de Sirine, un geste presque involontaire, pour l'empêcher de tomber ou pour la retenir, elle ne sut jamais lequel. Le contact électrique traversa son corps tout entier. Elle sentit ses doigts s'enfoncer un peu dans la chair de sa hanche, et un petit feu s'alluma dans son bas-ventre.

Mounira, derrière eux, toussa doucement.

« Karim, » dit-elle d'une voix neutre, « aide-moi à sortir les assiettes. »

Il retira sa main, mais ses yeux restèrent plantés dans ceux de Sirine. Il y avait dans son regard une promesse silencieuse, une intensité qui disait : ce n'est que le début.

Le dîner se déroula dans une atmosphère de plus en plus chargée. Mounira avait ouvert une bouteille de vin rouge, puis une deuxième. Karim était assis à côté de Sirine, leurs bras se touchant parfois lorsqu'ils se penchaient pour prendre un plat. Chaque contact était une étincelle, chaque regard un pacte tacite.

Mounira, elle, jouait son rôle avec une maîtrise parfaite. Elle racontait des histoires de jeunesse, des souvenirs où Sirine était belle et libre. Elle parlait de leur première rencontre, de la façon dont Sirine avait su la mettre à l'aise, de sa peau, de ses mains. Ses mots étaient précis, presque caressants. Karim écoutait, les yeux brillants, buvant chaque détail comme s'il découvrait une carte au trésor.

Après le dîner, Mounira proposa de regarder un film. La lumière de la télévision bleutait leurs visages dans le salon assombri. Karim s'était installé au milieu du canapé, Sirine à sa droite, Mounira à sa gauche. L'écran montrait une histoire d'amour sans importance. Mais les vrais événements se déroulaient dans l'espace sombre entre les trois corps.

La main de Karim, posée sur sa cuisse, s'était déplacée imperceptiblement vers celle de Sirine. Son petit doigt frôlait le tissu de son pantalon. Elle ne bougea pas. Elle sentit son propre désir monter, une chaleur humide entre ses cuisses qui l'étonnait par son intensité.

Mounira, de l'autre côté de son fils, avait posé une main sur son épaule. Elle la caressait lentement, machinalement, comme elle l'avait fait quand il était enfant. Mais il n'était plus un enfant, et ses doigts s'attardaient un peu trop sur les muscles de son cou, sur la ligne de sa mâchoire.

Le film se termina. Mounira se leva, bâilla, s'étira.

« Je suis fatiguée, » dit-elle, mais sa voix avait un sourire dedans. « Je vais me coucher. Karim, tu veux rester encore un peu ? Il y a des draps dans l'armoire. »

Il hocha la tête, les yeux toujours fixés sur Sirine.

Mounira s'approcha de Sirine et posa un baiser sur son front. Puis elle se pencha vers son fils et murmura quelque chose à son oreille. Sirine n'entendit pas les mots, mais elle vit Karim fermer les yeux et hocha la tête, la mâchoire serrée.

La porte de la chambre de Mounira se referma. Le silence s'installa, épais, chargé de tout ce qui n'avait pas été dit.

Karim se tourna vers Sirine, lentement, comme s'il se retournait dans un rêve.

« Je ne peux pas m'empêcher de penser à vous, » dit-il. « Depuis tout à l'heure. Depuis quinze ans. »

Sirine sentit son cœur battre plus vite. Elle savait qu'elle aurait dû se lever, prendre son sac, partir. Mais ses jambes ne lui obéissaient pas.

« Karim, » dit-elle doucement, « je suis l'amie de ta mère. »

Il se pencha vers elle, son visage à quelques centimètres.

« Et alors ? » murmura-t-il. « Elle le veut aussi. Je l'ai vu dans ses yeux. Elle veut que je vous touche. »

La main de Karim se posa sur la jambe de Sirine, plus haut que tout à l'heure. Il la caressa lentement, du genou jusqu'à l'ourlet de son pantalon. Elle sentait la chaleur de sa paume à travers le tissu, et une décharge électrique à chaque mouvement.

« Elle nous regarde, » dit Sirine, la voix un peu rauque. « Elle est là, derrière cette porte. »

Karim sourit, un sourire qui avait quelque chose de félin, de prédateur.

« Je sais, » répondit-il. « Elle le veut. Elle m'a toujours dit qu'une femme comme vous devait être aimée comme elle le mérite. »

Sirine n'eut pas le temps de répondre. Sa bouche était sur la sienne.

Le baiser fut d'abord hésitant, presque timide, comme s'il demandait la permission. Puis il devint plus profond, plus exigeant. La langue de Karim trouva la sienne, l'explora, la conquit. Ses mains glissèrent dans ses cheveux, les emmêlèrent, les tirèrent doucement pour incliner sa tête en arrière.

Sirine gémit, un son qu'elle n'avait pas prévu, un son de désir pur. Elle se sentit glisser sur le canapé, s'allonger, Karim au-dessus d'elle. Son poids était bon, chaud, solide. Il la couvrait de son corps, et elle sentit son érection contre sa hanche, dure et pressante.

Ses mains trouvèrent les boutons de sa chemise, les défirent un à un. Elle écarta le tissu et découvrit un torse bronzé, recouvert d'un léger duvet sombre qui descendait en une ligne fine jusqu'au bas de son ventre. Elle posa ses paumes à plat sur sa poitrine, sentit les battements de son cœur sous ses doigts.

« Vous êtes si belle, » murmura-t-il contre sa bouche. « Je ne pensais pas que je pourrais un jour... »

Il n'acheva pas sa phrase. Il descendit, embrassa son cou, sa clavicule, la naissance de ses seins. Sirine ferma les yeux et se laissa faire. Elle savait que Mounira les écoutait, peut-être les regardait par une porte entrouverte. Cette pensée, loin de la refroidir, l'excitait davantage.

Karim remonta son chemisier, dévoila son ventre, ses seins maintenus par un soutien-gorge de dentelle noire. Il les regarda, un instant, avec une vénération presque religieuse. Puis il se pencha et mordilla le tissu, souffla sur la peau, fit naître des frissons sur tout son corps.

« Enlève-le, » dit-elle d'une voix qu'elle ne reconnaissait pas. Une voix de commandement, de désir impérieux.

Il obéit. Le soutien-gorge fut dégrafé, jeté sur le sol. Ses seins se libérèrent, et Karim poussa un petit cri presque enfantin. Il les prit dans ses mains, les souleva, les caressa. Il posa ses lèvres sur un mamelon, le suça doucement, puis plus fermement. Sirine arqua le dos, ses mains agrippées à ses épaules.

« Plus fort, » murmura-t-elle.

Il mordilla, lécha, alterna les deux seins avec une faim qui grandissait. Sirine sentait le plaisir monter, une vague chaude qui partait de sa poitrine et descendait vers son bas-ventre. Elle écarta les jambes, instinctivement, et la main de Karim glissa immédiatement entre elles.

Il trouva le sexe humide sous le pantalon, caressa à travers le tissu, pressa au bon endroit. Sirine gémit plus fort.

« S'il te plaît, » dit-elle, « maintenant. »

Il se déshabilla en quelques secondes, avec une rapidité qui la fit sourire malgré son désir brûlant. Il était nu, debout devant elle, son sexe dur et droit, fier. Elle le regarda, puis se déshabilla à son tour, lentement, comme une offrande.

Son corps de cinquante ans, ses hanches larges, ses seins lourds, son ventre doux. Tout était offert à ce jeune homme qui la regardait comme s'il voyait une déesse.

Il s'agenouilla entre ses jambes, et cette fois elle le guida. Elle posa une main sur sa nuque et le fit descendre. Il comprit. Sa langue trouva son clitoris, d'abord timidement, puis avec une assurance grandissante. Il l'apprit, la lécha, la suça, écoutant les gémissements de Sirine comme des instructions.

Elle jouit une première fois, rapidement, un orgasme vif qui la fit crier le nom de Karim. Il ne s'arrêta pas. Il continua, plus doucement, puis plus fermement, jusqu'à ce qu'elle le tire par les cheveux.

« Maintenant, » dit-elle, la voix brisée, « je te veux en moi. »

Il remonta, se plaça au-dessus d'elle. Son sexe pressa contre son entrée, s'ouvrit un chemin dans son corps prêt. Il entra d'un seul coup, lentement, profondément, et Sirine sentit le monde basculer.

Le rythme s'installa, d'abord lent, puis plus rapide. Karim la regardait dans les yeux, et dans ses yeux, elle lisait tout : l'adolescent qu'il avait été, l'homme qu'il était devenu, le désir interdit qui les unissait. Elle passa ses jambes autour de ses hanches, l'attira plus profond, le retint.

« Ta mère, » murmura-t-elle entre deux halètements, « elle sait ce qu'on fait. »

« Je sais, » répondit-il sans ralentir. « Elle le veut. »

La porte de la chambre de Mounira était entrouverte, Sirine le vit soudain. Une ombre se découpait dans l'entrebâillement, et dans l'ombre, deux yeux brillaient. Mounira les regardait.

Sirine se sentit soudainement prise dans un filet de désir et de transgression. Karim en elle, Mounira qui les regardait. Le fils, l'amante, la mère. Un triangle parfait et pervers.

Elle n'avait plus honte. Elle releva la tête, chercha le regard de Mounira à travers la pénombre. Elle la vit, debout, silencieuse, une main posée sur son propre corps. Mounira les regardait, et Sirine vit son plaisir à elle, ce désir qui s'ajoutait aux leurs.

« Bouge, » ordonna-t-elle à Karim, les yeux toujours fixés sur Mounira. « Plus fort. »

Il obéit. Ses coups devenaient plus profonds, plus rapides. Sirine cambra le dos, ses seins tressautant à chaque mouvement. Sa main descendit entre ses jambes, caressa son clitoris, ajouta une couche de plaisir à la pression de Karim en elle.

Elle jouit une deuxième fois, la tête renversée en arrière, les yeux fermés, en criant. Elle crut entendre un gémissement de l'autre côté de la porte, un gémissement de Mounira qui se touchait en les regardant.

Karim continua, porté par le mouvement, par l'excitation. Sirine le sentit se tendre, son souffle s'accélérer.

« Pas encore, » dit-elle soudain, en le retenant. « Pas comme ça. »

Elle le fit basculer sur le dos. Elle s'installa à califourchon sur lui, le prit en elle d'un mouvement souple. Elle commença à bouger, lentement, en le regardant.

Il était beau, comme ça, offert, vulnérable, les yeux brillants de désir et d'admiration. Elle se sentit puissante, maîtresse de leur plaisir.

« Regarde-moi, » dit-elle. « Ne détourne pas les yeux. »

Et elle bougea sur lui, ondulant des hanches, roulant son bassin avec une lenteur exquise. Karim fermait parfois les yeux, puis les rouvrait, comme s'il ne pouvait s'empêcher de la regarder.

De l'autre côté de la porte, Mounira avait cessé de se cacher. Elle était entrée dans la pièce. Elle s'approcha du canapé, le corps enveloppé d'une robe de chambre légère, les cheveux défaits. Elle s'agenouilla derrière son fils et posa ses mains sur ses épaules.

Elle le caressait, doucement, tout en regardant Sirine chevaucher son fils.

« Tu es magnifique, » murmura Mounira. « Les deux. »

Karim gémit. Il ne savait plus où regarder, entre le corps de sa mère derrière lui et celui de Sirine en lui.

Sirine se pencha en avant, prit le visage de Karim dans ses mains, l'embrassa longuement. Et pendant qu'elle l'embrassait, elle sentit la main de Mounira descendre le long du torse de son fils, puis glisser sur son ventre, puis atteindre l'endroit où leurs sexes étaient joints.

Les doigts de Mounira les touchèrent, les caressèrent ensemble. Sirine gémit dans la bouche de Karim. Mounira ajouta une pression, un mouvement, qui fit basculer Karim dans l'orgasme.

Il cria, un son rauque, profond, en s'enfonçant le plus profond possible en Sirine. Elle le sentit jouir, sentit le spasme de son sexe en elle, et cette sensation, combinée aux doigts de Mounira sur son clitoris, la fit jouir une troisième fois.

Elles s'effondrèrent ensemble, Karim entre les deux femmes, Sirine sur lui, Mounira derrière son fils, les trois corps mêlés dans une lassitude heureuse.

Le silence revint. La respiration de Karim s'apaisait. Sirine posa sa tête sur sa poitrine et écouta son cœur. Mounira se pencha par-dessus son fils et posa un baiser sur les lèvres de Sirine, un baiser tendre, presque maternel.

« Merci, » murmura Mounira.

Sirine sourit. « Pourquoi ? »

« Pour lui avoir donné ce que je ne pouvais pas lui donner. »

Karim ouvrit les yeux. Il regarda sa mère, puis Sirine. Il ne comprenait pas tout, mais il comprenait que quelque chose de grand venait de se passer. Il serra Sirine plus fort contre lui.

« Restez, » dit-il. « Restez toutes les deux. »

Mounira et Sirine échangèrent un regard. Puis Mounira se déshabilla, vint se blottir de l'autre côté de son fils, les trois corps enlacés sur le canapé trop étroit.

La nuit s'étira, douce et chaude. Parfois une main caressait, une bouche s'ouvrait, un corps se tendait. Ils firent l'amour encore, lentement, comme pour sceller ce qui venait de naître. Karim prit sa mère par-derrière tandis que Sirine l'embrassait, et ce fut étrange et beau et terrible. Puis Sirine et Mounira s'embrassèrent au-dessus de lui, leurs seins se frottant l'un contre l'autre, leurs langues se mêlant, tandis qu'il les regardait.

À l'aube, ils s'endormirent, un enchevêtrement de bras et de jambes, de cheveux et de souffles. Le fils, la mère, l'amante. Le triangle parfait, enfin équilibré.

Et dans le sommeil, Karim murmura des mots que seules les deux femmes entendirent, des mots qui parlaient d'amour et de libération, d'interdit franchi et de paix trouvée.

Sirine, au milieu de cet enchevêtrement, se sentit à la fois mère et amante, transgresseuse et guérisseuse. Elle avait pris ce qu'elle voulait, et elle avait donné ce qu'elle pouvait.

La lumière du matin filtrait à travers les rideaux quand elle ferma les yeux pour de bon. Elle entendit le souffle régulier de Mounira, le ronflement léger de Karim. Elle sourit, apaisée, et se laissa emporter par le sommeil.

Au nom du fils, avait-elle pensé. Parce que parfois, les fils héritent de bien plus que les biens de leurs mères. Parce que parfois, les désirs se transmettent, se partagent, s'accomplissent. Et parce que, dans l'amour, il n'y a pas de règles, seulement des corps qui se rencontrent, des âmes qui se reconnaissent, et des nuits qui durent jusqu'à l'aube.







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Safa: (2) Regard de minuit (nouvelle)

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Safa: (2) Regard de minuit




Il était largement passé minuit et Safa ne trouvait toujours pas le sommeil. La chaleur de la nuit d’été à Bizerte pesait sur la ville comme une main moite. Même les draps, pourtant fins, lui collaient à la peau. Elle s’était retournée dix fois, avait écarté le drap, l’avait ramené, puis écarté de nouveau. Ses seins lourds tiraient légèrement quand elle changeait de position. Entre ses cuisses, une tiédeur vague, presque distraite, refusait de s’éteindre.

Elle se leva. La nuisette qu’elle portait était à peine un voile de coton clair, si fine qu’elle laissait deviner la rondeur de sa poitrine et l’ombre de son pubis. Elle n’avait rien mis dessous. Ses cheveux blonds, longs, tombaient en désordre sur ses épaules. Elle traversa le salon dans le semi-obscurité et ouvrit la porte-fenêtre qui donnait sur le balcon.

L’air de la nuit la frappa, chaud, chargé d’iode et de la poussière fine des rues. Les lampadaires de la rue jetaient une lumière jaune et lointaine, à peine suffisante pour dessiner les contours des immeubles d’en face. Safa s’avança jusqu’à la rambarde, posa les mains sur le fer chaud encore de la journée, et respira profondément.

C’est alors qu’elle remarqua la fenêtre. Au troisième étage de l’immeuble d’en face, une lumière restait allumée. Pas une lumière forte, plutôt une lampe de chevet, douce, dorée. Deux silhouettes s’y découpaient. D’abord un homme, large d’épaules, debout. Puis une femme, plus petite, qui s’approcha de lui. Safa cligna des yeux. Les formes se confondaient un peu à cause de la distance et du voilage léger, mais elle devinait les gestes. L’homme prenait le visage de la femme entre ses mains. Puis il l’attirait contre lui. Leurs corps se collèrent. Une main glissa le long d’un dos, puis plus bas.

Safa resta immobile un long moment, les doigts crispés sur la rambarde. Elle aurait dû rentrer. Au lieu de cela, elle se détourna, rentra un instant, prit la chaise légère qui se trouvait près de la porte, et la posa sur le balcon, légèrement de biais, face à la fenêtre allumée. Elle s’assit. La nuisette remonta un peu sur ses cuisses. Elle leva les jambes et posa les pieds contre la rambarde, genoux légèrement écartés. L’air de la nuit glissa entre ses cuisses nues.

Là-bas, les silhouettes bougeaient. La femme semblait maintenant assise ou à genoux. L’homme se penchait au-dessus d’elle. Safa imagina ce qu’elle ne pouvait pas vraiment voir : des lèvres sur une gorge, des mains qui dénudent, un sexe qui s’offre. Une chaleur plus nette lui monta entre les cuisses. Elle passa une main sur sa poitrine, à travers le tissu fin. Ses seins pesaient, chauds. Elle les souleva, les pressa, sentit les mamelons se durcir sous ses paumes. Elle pinça l’un d’eux, puis l’autre, tirant un peu, roulant la pointe sensible entre le pouce et l’index.

Sa main gauche glissa le long de son ventre, souleva le bord de la nuisette, et trouva la peau nue de son bas-ventre. Les poils de son pubis étaient doux sous ses doigts. Elle les caressa un instant, puis descendit plus bas. Ses lèvres étaient déjà humides. Elle écarta un peu plus les genoux, les pieds toujours appuyés contre la rambarde, et laissa son index glisser entre elles. Le clitoris, gonflé, répondit immédiatement à la pression légère. Elle traça un cercle lent, très lent, tout en regardant la fenêtre d’en face.

Les silhouettes s’étaient rapprochées encore. On aurait dit que la femme était maintenant allongée, ou penchée en avant. L’homme se tenait derrière elle, ou au-dessus. Leurs mouvements avaient pris un rythme. Safa sentit son propre rythme s’accorder au leur, même de loin. Elle appuya un peu plus fort sur son clitoris, puis glissa deux doigts plus bas, les enfonça doucement en elle. L’humidité les accueillit sans résistance. Elle les fit avancer et reculer, lentement d’abord, pendant que le pouce restait posé sur le petit bouton sensible, le frottant en cercles précis.

La nuisette était remontée jusqu’à sa taille. Ses seins se soulevaient à chaque respiration plus profonde. Elle les prit à pleine main de nouveau, les pressa l’un contre l’autre, pinça les mamelons jusqu’à ce qu’une petite douleur douce se mêle au plaisir. Ses hanches bougeaient maintenant sur la chaise, cherchant plus de contact. Elle écartait davantage les cuisses, offrante, presque insolente dans la demi-obscurité du balcon. Si quelqu’un, là-bas, détournait un instant le regard de son amante pour regarder vers l’extérieur, il la verrait. Assise, jambes levées, une main entre les cuisses, l’autre sur sa poitrine, le visage tourné vers eux.

L’idée l’excita davantage. Elle s’imagina regardée. Elle s’imagina les yeux de l’homme glissant un instant vers elle pendant qu’il prenait la femme. Ou les yeux de la femme, surprise, curieuse. Safa gémit tout bas, un son à peine audible. Ses doigts allaient plus vite. Trois maintenant, s’enfonçant profondément, tandis que le pouce travaillait le clitoris avec une attention quasi obsessionnelle. Elle sentait les parois de son sexe se contracter autour de ses doigts. L’autre main quitta ses seins pour glisser derrière, sous la nuisette, et caresser le sillon de ses fesses, effleurer l’anus, appuyer sans encore entrer.

Là-bas, les mouvements s’étaient accélérés. Les silhouettes se confondaient, se séparaient, se rejoignaient. Safa devinait des têtes renversées, des dos arqués. Elle se mordit la lèvre. Ses propres mouvements devenaient plus urgents. Elle se pencha un peu en arrière sur la chaise, le bassin basculé vers l’avant, offrant sa vulve à l’air de la nuit et à son propre regard intérieur. Elle se voyait comme ils pourraient la voir : une femme de quarante-cinq ans, le corps encore plein, les seins lourds, les cuisses ouvertes, les doigts brillants d’humidité, le visage marqué par le plaisir.

L’orgasme monta comme une vague qui avait longuement hésité. Elle le sentit d’abord au bas du ventre, une tension qui se resserrait. Puis il explosa. Ses parois se contractèrent violemment autour de ses doigts. Son clitoris pulsa sous son pouce. Un cri lui échappa, plus fort cette fois, qu’elle étouffa à moitié contre son épaule. Ses jambes tremblèrent contre la rambarde. Les pieds glissèrent un peu. Elle continua de bouger les doigts, prolongeant les vagues, les unes après les autres, jusqu’à ce que le plaisir devienne presque trop aigu. Ses cuisses battaient d’un tremblement qu’elle ne contrôlait plus. Un filet d’humidité coula le long de sa paume, goutta sur la chaise.

Elle resta ainsi, haletante, les doigts encore en elle, les yeux fixés sur la fenêtre d’en face. Les silhouettes s’étaient immobilisées, ou presque. Peut-être que l’homme et la femme, eux aussi, venaient de jouir. Ou peut-être qu’ils s’étaient simplement rapprochés l’un de l’autre dans un geste de tendresse. Safa ne savait pas. Elle ne saurait jamais. Mais l’idée qu’ils avaient partagé, sans le savoir, ce même instant de la nuit, la laissa avec une étrange douceur dans la poitrine.

Lentement, elle retira ses doigts. Elle les porta à ses lèvres, goûta le sel de son propre plaisir. Puis elle laissa retomber la nuisette sur ses cuisses. Ses jambes étaient encore molles. Elle les descendit de la rambarde, posa les pieds sur le sol du balcon, et resta assise un moment, respirant l’air chaud, le cœur qui se calmait peu à peu.

Assouvie. Contente. Rassasiée.

Elle se leva, prit la chaise, la remit à sa place à l’intérieur. Elle ferma la porte-fenêtre sans faire de bruit. Dans la chambre, elle ne prit même pas la peine d’allumer. Elle se jeta de tout son poids sur le lit, la nuisette encore relevée sur ses hanches, les seins libres sous le tissu. L’oreiller accueillit sa joue. Ses jambes, encore un peu tremblantes, s’étendirent. Elle ferma les yeux.

Dehors, la nuit de Bizerte continuait, chaude, immobile. Derrière la fenêtre d’en face, la lumière finirait peut-être par s’éteindre. Safa sourit dans le noir. Elle pensait déjà qu’il y aurait d’autres nuits comme celle-ci. D’autres balcons. D’autres silhouettes. Ou peut-être, un jour, plus que des silhouettes.

Pour l’instant, le sommeil venait enfin, lourd, profond, bercé par le souvenir encore vivant de ses doigts, de son clitoris battant, et de ce regard imaginaire posé sur elle depuis l’autre côté de la rue.





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Safa: (1) Miroir Brûlant (nouvelle)

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Safa: (1) Miroir Brûlant





Safa referma la fenêtre du navigateur d’un geste brusque. Le popup avait duré à peine quinze secondes, mais c’était suffisant. L’image d’une femme aux cuisses écartées, doigts brillants d’humidité, râle étouffé, s’était gravée derrière ses paupières. Elle avait quarante-cinq ans, habitait un appartement clair près du port de Bizerte, et depuis des mois la solitude lui pesait comme une chaleur lourde. Ce soir, le désir s’était réveillé d’un seul coup, brutal, insistante, impossible à ignorer.

Elle se leva du canapé. Les stores laissaient filtrer la lumière dorée du crépuscule tunisien. Dehors, on entendait encore le bruit lointain des bateaux et le cri d’un goéland. À l’intérieur, le silence était presque total. Safa passa une main sur sa poitrine généreuse à travers le tissu fin de son débardeur. Ses seins pesaient, lourds, sensibles. Elle sentit ses mamelons se durcir déjà. Plus bas, entre ses cuisses, une chaleur sourde battait.

Elle marcha jusqu’à la salle de bains. Carrelage frais sous ses pieds nus. Elle alluma seulement la petite applique près du lavabo, assez pour voir sans être éblouie. Puis elle se mit à genoux, prit le grand miroir qu’elle gardait derrière la porte et le posa à plat sur le sol, face à elle. Elle s’agenouilla de l’autre côté, s’assit sur ses talons, et se regarda.

Ses cheveux blonds, longs, tombaient en vagues sur ses épaules. Elle les repoussa en arrière. Le débardeur suivit, tiré par-dessus la tête. Ses seins s’affranchirent, lourds, ronds, la peau claire marquée de légères veines bleutées. Les mamelons, déjà durs, pointaient vers le bas. Elle passa les deux mains dessous, les souleva, les pétrit doucement, les sentit peser dans ses paumes. Puis elle pinça les pointes entre le pouce et l’index, tira un peu, roula. Un frisson lui parcourut le ventre. Elle recommença, plus fort cette fois, jusqu’à ce qu’une petite douleur douce se mêle au plaisir.

Le short suivit. Elle le fit glisser le long de ses hanches larges, de ses fesses plantureuses. À genoux maintenant, nue, elle se regarda dans le miroir posé au sol. Le triangle de poils sombres contrastait avec la peau claire de son bas-ventre. Elle écarta un peu les cuisses. Les lèvres de sa vulve, charnues, déjà légèrement écartées, montraient un éclat d’humidité. Plus bas, l’anus foncé, plissé, se devinait entre les fesses rondes.

Safa passa une main sur son pubis velu. Les poils étaient doux sous ses doigts. Elle les caressa en cercles lents, puis descendit plus bas. L’index glissa entre les lèvres, trouva le sillon humide. Elle s’ouvrit un peu davantage, se regardant faire. Deux doigts écartèrent les grandes lèvres. Le clitoris, déjà gonflé, apparaissait, rose et luisant. Elle posa le bout du médius dessus, appuya très légèrement, traça un cercle minuscule. La sensation fut immédiate, nette, comme une étincelle.

Elle continua ainsi un long moment, uniquement concentrée sur ce petit bouton sensible. Cercles lents, puis un peu plus rapides, puis de nouveau très lents. Parfois elle le pinçait délicatement entre deux doigts, le roulait, le relâchait. Sa respiration s’était accélérée. Ses seins se soulevaient à chaque inspiration. Elle les prit à pleine main de nouveau, les pressa l’un contre l’autre, pinça les mamelons en même temps qu’elle caressait son clitoris. Le plaisir montait par vagues tièdes.

Quand l’envie se fit plus pressante, elle glissa l’index plus bas, le long de l’entrée. L’humidité était abondante maintenant. Elle s’enfonça jusqu’à la première phalange, sentit les parois chaudes et serrées l’accueillir. Elle avança plus loin, jusqu’à la deuxième, puis retira lentement, recommença. Le médius rejoignit bientôt le premier. Deux doigts en elle, elle les fit avancer et reculer avec un rythme régulier, pendant que le pouce de la même main restait posé sur le clitoris, le frottant en petits mouvements précis.

Dans le miroir, elle se voyait parfaitement. Les fesses relevées, les seins ballottant légèrement à chaque mouvement de hanche, le visage un peu rougi, la bouche entrouverte. Elle se pencha davantage en avant, les genoux plus écartés, le bassin basculé. L’autre main glissa derrière elle. Les doigts trouvèrent le sillon entre les fesses, caressèrent l’anus foncé, appuyèrent sans entrer encore. Elle traça des cercles autour de l’ouverture, sentit le muscle se contracter sous le bout de son doigt. Puis, lentement, elle poussa. L’annulaire s’enfonça d’un demi-centimètre, juste assez pour sentir la résistance chaude et étroite. Elle resta ainsi, un doigt à l’arrière, deux à l’avant, le pouce sur le clitoris.

Le rythme s’accéléra. Les doigts dans sa vulve allaient plus vite, plus profond. Elle les courbait légèrement pour frotter l’endroit sensible à l’intérieur. Le clitoris recevait une attention constante, presque obsessionnelle : cercles, pressions, frottements latéraux. Chaque fois qu’elle sentait l’orgasme approcher trop vite, elle ralentissait, retirait un peu les doigts, se contentait de caresser les lèvres ou de pincer un mamelon. Puis elle recommençait.

La chaleur de la salle de bains lui collait à la peau. Des gouttes de sueur glissaient entre ses seins, le long de sa colonne. Elle gémit tout bas, un son rauque qui résonna contre le carrelage. Ses hanches ondulaient maintenant d’elles-mêmes, cherchant plus de friction. Elle s’enfonça trois doigts, les sentit s’étirer agréablement. Le doigt dans l’anus pénétra un peu plus loin. La double sensation la fit gémir plus fort.

Elle se regardait sans relâche. Dans le miroir, sa vulve était ouverte, rouge, brillante. Les doigts entraient et sortaient, brillants eux aussi. Le clitoris, gonflé, apparaissait et disparaissait sous le mouvement de son pouce. Elle se trouva belle ainsi, affamée, livrée à elle-même. À quarante-cinq ans, son corps avait encore cette générosité, cette densité sensuelle qui l’émouvait.

L’orgasme arriva d’un coup, sans prévenir. Une contraction violente la prit au bas-ventre. Ses parois se resserrèrent autour des doigts, l’anus se contracta sur le doigt qui y était. Elle poussa un cri étouffé, le front presque contre le miroir. Les vagues se succédèrent, puissantes, presque douloureuses de plaisir. Ses cuisses tremblaient. Elle continua de bouger les doigts malgré tout, prolongeant, étirant l’orgasme jusqu’à ce qu’il devienne trop intense. Alors seulement elle s’immobilisa, doigts encore enfoncés, souffle court, le cœur battant fort.

Elle resta ainsi plusieurs minutes, à genoux, le front appuyé contre le bord du miroir. Quand elle retira lentement ses doigts, un filet d’humidité glissa le long de sa cuisse. Elle le recueillit du bout des doigts et le porta à sa bouche, goûta le sel et la chaleur. Puis elle se regarda encore. Cheveux en désordre, seins marqués de traces rouges là où elle les avait pinçés, sexe encore ouvert et luisant. Elle sourit faiblement.

Le regret vint juste après. Elle aurait dû filmer. Poser le téléphone à côté du miroir, enregistrer ces minutes où elle s’était ouverte à elle-même avec tant d’avidité. Pouvoir revoir plus tard le mouvement de ses doigts sur le clitoris, l’expression de son visage au moment de jouir, le balancement de ses seins. Mais elle n’avait pas pensé à le faire. La prochaine fois, se dit-elle. Il y aurait d’autres occasions. D’autres soirs où le désir la prendrait ainsi, seule, face au miroir.

Elle se releva lentement, les jambes encore un peu molles. Alluma la douche tiède, se laissa couler l’eau sur le corps. Sous le jet, elle passa encore une main entre ses cuisses, caressa distraitement le clitoris sensible, sentit une dernière petite vague de plaisir. Puis elle se lava avec douceur, comme on prend soin de quelque chose de précieux.

Plus tard, enfilant une robe légère, elle alla s’asseoir près de la fenêtre ouverte. L’air du soir de Bizerte entrait, chargé d’iode et de chaleur. Elle pensait déjà à la prochaine fois. Peut-être demain. Peut-être dans quelques jours. Elle saurait alors allumer la caméra. Pour l’instant, le souvenir était encore frais sous sa peau, dans le creux de son ventre, sur le bout de ses doigts.

Safa ferma les yeux. Le désir n’était pas totalement apaisé. Il sommeillait seulement, prêt à se rallumer. Elle passa une main sur sa poitrine, sentit le poids familier de ses seins, et sourit dans le semi-obscurité.





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أحد أهمّ أسماء الله المنسيّة: الفاشل (مقال)

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أحد أهمّ أسماء الله المنسيّة: الفاشل






ثمّة اسمٌ لله لم يذكره المتكلّمون ولا المفسّرون، اسمٌ لا نجده في قوائم الأسماء الحسنى عند المسلمين، ولا في صفات الربّ عند اليهود والمسيحيين، لكنّه الاسم الأكثر صدقاً والأكثر انطباقاً على مجمل الأفعال الإلهية المسرودة في الكتب المقدسة. إنّه اسم "الفاشل". ليس هذا استهزاءً مجّانياً، بل هو قراءة متأنية لمسار الأحداث الإلهية منذ بداية الخليقة حتى يومنا هذا. إذا جردنا أنفسنا من الهالة المقدسة التي تحيط بالنصوص، ونظرنا إليها كما ننظر إلى أيّ نصّ تاريخي أو أدبي، سنكتشف أنَّ الفعل الإلهي يتّسم بتكرار مذهل للفشل، وأنَّ كلّ محاولة من محاولات الإله لإصلاح العالم أو توجيه البشر تنتهي إلى نتائج عكسية، أو إلى نتائج ضئيلة لا تتناسب مع القدرة المطلقة التي يزعمها لنفسه.

فلنبدأ من البداية، من لحظة الخلق نفسها. يخبرنا سفر التكوين أن الله خلق العالم في ستة أيام ورأى أن كل ما صنعه حسن جداً. ولكن سرعان ما يتبين أن هذا الحسن لم يدم طويلاً، فما إن خلق الإنسان ووضعه في جنة عدن حتى عصى الأمر الأول والأسهل: عدم الأكل من الشجرة المحرمة. هنا نرى أول فشل إلهي، إذ أن الله خلق إنساناً في أحسن تقويم، ووضعه في أحسن بيئة، وأعطاه أمراً واحداً، ومع ذلك لم يستطع هذا الإنسان أن يمتثل، وكأن الله لم يحسب حساباً لضعف خلقه، رغم أنه هو الذي خلقه وعلم بضعفه مسبقاً. لكن بدلاً من أن يعيد النظر في تصميم خلقه، قرر الله أن يلعن الأرض والإنسان والحيوان، وكأن العقاب هو الحل الأمثل لمشكلة فشل التصميم.

لم يمضِ وقت طويل بعد طرد آدم من الجنة حتى تفاقم الشر بين البشر، وبلغ حداً جعل الله يندم على خلقهم، وهذا النص في التكوين صريح: "فندم الرب على أنه عمل الإنسان في الأرض وتأسف في قلبه". هنا نصل إلى مفارقة مذهلة: إله يندم! إله يتأسف! إله يكتشف بعد أن يخلق أن قراره كان خاطئاً! هذا ليس كلاماً من خارج النص، بل هو قلب النص التوراتي. فإذا كان الله يندم ويتأسف، فهذا يعني أنه لم يكن يعلم النتيجة مسبقاً، أو أنه علمها لكنه خاطر مع ذلك، والمخاطرة بخلق عالم سيفسد هي بحد ذاتها فشل في التقدير أو فشل في القدرة على منع الفساد. وبما أن الندم والتأسف هما رد فعل بشري على خطأ سابق، فإن إسنادهما إلى الله يجعله أشبه بكائن بشري يخطئ ويصحح، وليس بإله كامل.

ثم يأتي الحل العجيب: الطوفان. يقرر الله أن يعيد تشغيل النظام من الصفر، أن يمحي كل كائن حي من على وجه الأرض، ويبقي فقط نوحاً وعائلته وزوجين من كل حيوان، ثم يعد بعدم تكرار الطوفان أبداً. هنا كان من المفترض أن تبدأ صفحة جديدة ناصعة، أن ينشأ جيل جديد صالح لا يفسد في الأرض. لكن ما إن انتهى الطوفان وجفّت المياه، حتى بدأ نوح بالزراعة، ثم صنع الخمر، ثم سكر، ثم انكشفت عورته، ثم لعن ابنه حام، وهكذا عادت سلسلة الخطيئة من جديد وكأن الطوفان لم يكن. وهذا يعني أن المحاولة الإلهية لإعادة ضبط العالم قد فشلت تماماً، لأن آدم الثاني، وهو نوح، كان ضعيفاً كآدم الأول، بل والأدهى أن نوحاً لم يطع الله في شيء واضح، بل انحرف بعد النجاة مباشرة، وكأن التصميم البشري معيب بشكل لا يمكن إصلاحه إلا بتغيير جذري في الخلقة، وهو ما لم يفعله الله.

بعد الطوفان، اختار الله إبراهيم ليكون أبا لأمة مقدسة، ووعده بأن نسله سيكون كنجوم السماء. ونحن نعرف ما حدث لنسل إبراهيم: لقد استعبدهم المصريون أربعمائة سنة، ثم أخرجهم الله بموسى، فشق لهم البحر، وأنزل عليهم المن والسلوى، وأعطاهم التوراة، ولكن ما إن صعد موسى إلى الجبل لتلقي الألواح حتى صنعوا عجلاً من ذهب وعبدوه، بعد كل تلك المعجزات التي رأوها بأعينهم! هنا فشل الله مرة أخرى، ليس في إنقاذهم فحسب، بل في قدرته على جعلهم يؤمنون به بعد كل تلك البراهين. ولو كان الله كلي العلم، لعلم أنهم سيفعلون ذلك، ولو كان كلي القدرة، لاستطاع أن يغيّر قلوبهم، لكنه فضل أن يغضب ويكسر الألواح ويعاقبهم بالتيه أربعين سنة، رغم أنه يعلم أن الجيل الجديد سيفسد أيضاً، وسيُفتن بآلهة كنعان كما افتتن آباؤهم بالعجل.

وهنا ندخل في دورة فشل مذهلة تتكرر طوال العهد القديم، وهي دورة السقوط والعقاب والخلاص والسقوط من جديد. الله يرسل أنبياء، فيكذبهم شعبه، فيعاقبهم بأن يسلمهم لأعدائهم، ثم يخلصهم حين يتوبون، لكن توبتهم لا تدوم طويلاً، فيعودون إلى الشر، فيعاقبهم من جديد. وكأن الله عالق في حلقة مفرغة لا يستطيع الخروج منها، كل محاولاته لإصلاح شعبه تنتهي إلى الفشل نفسه. ولو كان الله حكيماً، لكان أدرك أن إرسال أنبياء وإقامة معجزات ليس كافياً لتغيير الطبيعة البشرية، ولو كان كلي القدرة، لكان غيّر هذه الطبيعة من جذورها، ولكنه اختار أن يلعب لعبة العقاب والتوبة التي لا تنتهي، والتي تظهره كإله فاشل في تحقيق أي تغيير جذري دائم.

بل إن الفشل يصل إلى ذروته حين يقرر الله أن يرسل ابنه، أو كلمته، أو رسوله الأخير، حسب كل دين. في المسيحية، جاء يسوع ليخلص العالم، وكان من المفترض أن يعمّر على الأرض ويقيم ملكوتاً أبدياً، ولكنه انتهى مصلوباً، وتبعه عدد قليل من التلاميذ، بينما رفضه اليهود جميعاً تقريباً. ثم انتشرت المسيحية في الإمبراطورية الرومانية، لكنها لم توحد العالم ولا حملت السلام، بل انقسمت إلى طوائف ومذاهب تحارب بعضها، وكما قال نيتشه ساخراً: "لقد مات الله، لكن المسيحيين لا يزالون يصلبون بعضهم بعضاً". وفي الإسلام، جاء محمد ليكون خاتم الأنبياء، وكان من المفترض أن يوحد العرب ويجعلهم أمة واحدة، ولكن بعد وفاته بسنوات قليلة، اختلفوا وتقاتلوا، وانقسمت الأمة إلى سنة وشيعة، ثم إلى مذاهب متناحرة، ثم إلى دول وإمبراطوريات تحارب بعضها باسم الله نفسه. وهكذا نجح آخر الأنبياء في مضاعفة الفشل، إذ جعل أتباعه أكثر انقساماً من أتباع الأديان السابقة.

إذا نظرنا إلى أعداد المؤمنين الحقيقيين كما يصورهم النص، سنرى مشهداً مأساوياً. في قصة نوح، كان المؤمنون ثمانية فقط من بين ملايين البشر. في قصة لوط، كان المؤمنون عائلة واحدة، ومعظمهم هلكوا فيما بعد. في قصة موسى، كان المؤمنون حوالي ستمائة ألف في البداية، لكن جيل التيه مات بأكمله في الصحراء، ولم يدخل الأرض إلا اثنان فقط من بينهم. في قصة إيليا، كان المؤمنون سبعة آلاف لم يحنوا ركبة للبعل، وهذا رقم ضئيل جداً مقارنة بمملكة إسرائيل بأكملها. وفي قصة يسوع، كان التلاميذ اثني عشر، أحدهم خانه، وبعد صلبه تفرقوا، ولم يتجاوز عدد المؤمنين الأولين بضع مئات. أما محمد، فعدد المؤمنين في مكة قبل الهجرة كان بضع عشرات، وفي المدينة بعد الغزوات أصبحوا آلافاً، لكنهم لم يتجاوزوا حدود الجزيرة العربية في حياته، وعندما مات، كان معظم العرب ما زالوا وثنيين. إذا جمعنا كل هذه الأرقام، سنرى أن الله فشل في إقناع الغالبية العظمى من البشر بوجوده ودعوته، وأن نسبة النجاح في مشروع العبادة العالمي لا تتجاوز بضع نقاط مئوية، وهي نسبة أسوأ من أي شركة تجارية فاشلة.

في القرآن، نجد آيات تتحدث عن هذا الفشل بشكل لا إرادي، مثل قوله: "وما أكثر الناس ولو حرصت بمؤمنين" (يوسف: 103)، وقوله: "وإن تُطع أكثر من في الأرض يضلوك عن سبيل الله" (الأنعام: 116). هذه الآيات تعترف بأن الإيمان لا يمثله أكثرية، بل أقلية، وأن الغالبية العظمى من الناس في ضلال. ولكن إذا كان الله قد خلق الناس ليعبدوه، فلماذا خلقهم على هذا النحو الذي يجعلهم لا يعبدونه؟ لماذا خلق الأكثرية على ضلال؟ وإذا كان يريدهم أن يعبدوه، فلماذا لا يقنعهم بآيات واضحة لا تحتمل الشك؟ بعض المفسرين يقولون إن الله أراد اختبار الناس، ولكن الاختبار الذي يعلم الله نتيجته مسبقاً ليس اختباراً، بل تمثيلية درامية عبثية، حيث يمثل الناس دور الضالين والله يمثل دور المنتظر، وكلاهما يعرف النهاية. وهذا لا يليق بكائن حكيم، بل يليق بفاشل يحب أن يفشل لأنه يجد في الفشل متعة غامضة.

ثم هناك مسألة إعادة عقارب الساعة إلى الصفر، وهي سمة إلهية أخرى تدل على الفشل. الله يغرق العالم بطوفان، ثم يعد بعدم تكراره. لماذا؟ لأنه لاحظ أن الطوفان لم يفد بشيء، وأن الشر عاد كما كان، وكأن الطوفان كان مجرد تنفيس عن غضب، وليس حلاً جذرياً. ثم يدمر سدوم وعمورة، وهما مدينتان كاملتان، ولكنهما لم تكونا الأخيرتين، فمدن كثيرة بعدهما استحقت الدمار بحسب النصوص، مثل أريحا التي دمرها يشوع. ثم يسبي شعبه إلى بابل، ويعودون، ثم يسبيهم إلى آشور، ويعودون، ثم يخرب هيكلهم، ويعيدون بناءه، وهكذا دواليك. وكأن الله لا يملك منهجية ثابتة في العقاب، بل يردد أفعالاً فاشلة أملتها عليه العادة لا الحكمة.

أما على الصعيد الأخلاقي، فالفشل الإلهي يصل إلى مستوى مضحك حين نرى أن الشر ليس فقط مستمراً، بل يتفشى حتى بين أتباع الله أنفسهم. داود الذي هو نبي عند اليهود والمسلمين، يزن بزوجة أوريا الحثي، ويقتل زوجها ليأخذها زوجة له، ومع ذلك يظل نبياً وملكاً. سليمان الذي هو نبي عند المسلمين أيضاً، وقد ملك الدنيا كلها، في نهاية حياته ارتد وعبد الأصنام حسب التوراة، ومع ذلك يظل حكيماً. هل يمكن أن يكون الله قد فشل في اختيار أنبياء صالحين؟ أم أنه اضطر أن يختار من بين الفاشلين نفسه لأن الخيارات محدودة؟

في العهد الجديد، يفشل الله في تحقيق السلام الذي وعد به، فبدلاً من أن يأتي يسوع ليقيم ملكوتاً على الأرض، نجد أن الكنيسة نفسها أصبحت مؤسسة فاسدة، وأصبح الباباوات يتناحرون على السلطة، واندلعت الحروب الصليبية باسم المسيح، وتم حرق الزنادقة والمفكرين، وكل هذا باسم الله الذي قال إنه محبة. وفي الإسلام، نجد أن الخلافة التي كان من المفترض أن تكون عدالة إلهية، تحولت إلى ملك عضوض، وقتل الخلفاء بعضهم بعضاً، وأصبحت الدولة الأموية والعباسية نموذجاً للاستبداد والخيانة، وكل ذلك باسم الله. وكأن الله قد فشل في تنظيم أتباعه، فلا هو استطاع أن يمنعهم من الفساد، ولا هو استطاع أن يوحدهم، بل تركهم يتقاتلون حتى يومنا هذا.

ولعل السؤال الأكثر إحراجاً هو: لماذا لا يتدخل الله الآن؟ لماذا يترك البشر يتقاتلون ويتظالمون ويتضورون جوعاً، بينما هو قادر على إنهاء كل هذا بكلمة كن فيكون؟ التبرير التقليدي هو أنه يمتحنهم، ولكن الامتحان الذي يدوم آلاف السنين ولا ينتهي ليس امتحاناً، بل هو فشل في إنهاء الامتحان. أو أنه يؤخر العقاب إلى يوم القيامة، ولكن إذا كان العقاب مؤجلاً، فلماذا عاقب قوماً في الماضي بالطوفان والدمار؟ ولماذا عاقب فرعون في الدنيا، بينما سيعاقبه أيضاً في الآخرة؟ هذا يعكس فوضى إلهية في إدارة العدالة، وكأن الله لا يملك سياسة ثابتة، بل يتصرف بعواطف متغيرة، وهذا ليس من صفات الكمال.

حتى الحجج الدفاعية عن فشل الله هي في حد ذاتها اعتراف بالفشل. يقول المؤمنون: إن الله يريد منا أن نعبده بإرادة حرة، ولهذا لا يجبرنا على الإيمان. ولكن هذا ينهار أمام حقيقة أن الله تدخل كثيراً في التاريخ وأظهر معجزات لأقوام، مما أثر على إرادتهم الحرة. وإذا كان التدخل يضر بالحرية، فلماذا تدخل مع موسى ويسوع ومحمد؟ ولماذا لا يتدخل معنا بنفس الطريقة؟ وإذا كانت المعجزات السابقة لم تنجح في إقناع الأكثرية، فلماذا يعتقد الله أن المعجزات القادمة ستنجح؟ هذا تكرار للفشل نفسه بنفس الأسلوب ونفس النتيجة المتوقعة.

وفي النهاية، يمكننا أن نقول إن كل السرديات الدينية هي قصة فشل متسلسل، تبدأ بخلق آدم وفشل تربيته، وتنتهي بيوم القيامة الذي لم يأتِ رغم مرور آلاف السنين على الوعد به. الله يفشل في جعل البشر يعبدونه، ويفشل في جعلهم يعيشون بسلام، ويفشل في توحيدهم، ويفشل في تحقيق أي من أهدافه المعلنة، باستثناء هدف واحد ربما تحقق: وهو أنه جعل بعض الناس يخافونه، لكن الخوف ليس عبادة، بل هو استسلام تحت التهديد، وأي إله لا يستطيع أن يجعل الناس يحبونه طواعية هو إله فاشل بكل معنى الكلمة.

لا يمكن لإله أن يكون كلي القدرة وكلي العلم وكلي الرحمة، ثم ينتج عنه هذا العالم المشوه المليء بالشر والألم والخلاف. إما أن يكون عاجزاً عن التغيير، أو جاهلاً بما سيحدث، أو غير مكترث بما يصنع خلقه. وأي من هذه الصفات هي صفات فشل، لا صفات إله. ولهذا نقول: إن فشل الله هو الاسم الخفي الذي تخفيه جميع النصوص، وهو الاسم الذي لو عرفه المؤمنون حق المعرفة، لتركوا عبادته وتوجهوا إلى عبادة الإنسان وقدرته على تحمل الفشل دون أن يلوم إلهاً وهمياً على إخفاقاته.





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