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Avant Toi, On Était Deux - Ch01 (novella)

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CHAPITRE 1 – LA FAILLE



Le samedi matin à Paris possédait cette lumière grise, une sorte de voile terne qui semblait peser sur les toits de zinc et s’infiltrer par les larges baies vitrées de l’appartement de Nadia. Dans le salon cossu, l’air était saturé d’une odeur mêlée de café froid, de parfum capiteux et de la légère moiteur des corps qui s’éveillent sans but. Nadia était affalée sur son canapé en cuir blanc, une pièce de mobilier immense qui paraissait pourtant presque étroite sous sa stature. À cinquante ans, elle portait ses cent kilos avec une majesté lourde, une autorité physique qui ne s’encombrait plus des parures de la séduction classique. Elle était en sous-vêtements de coton noir, des pièces larges qui moulaient son ventre rond, ses cuisses épaisses et ses fesses massives, laissant ses bras puissants et ses épaules larges exposés à la fraîcheur relative de la pièce.
Elle tenait son téléphone à quelques centimètres de son visage, ses yeux sombres balayant l'écran avec une régularité de métronome. Elle ne cherchait pas une conversation, elle cherchait une rupture. Depuis des années, elle gérait sa vie et celle de Léna avec une poigne de fer, dictant les plaisirs, organisant les désirs, régnant sur leur petit monde clos comme une reine mère un peu lasse. Mais ce matin-là, la lassitude avait laissé place à une faim nouvelle : le besoin d’être détrônée.
Elle s’arrêta sur un profil. Rafael. Trente ans. Le visage était taillé à la serpe, le menton carré, les yeux d’un noir d’encre qui semblaient fixer l’objectif avec un mépris souverain. Pas un sourire. Pas une concession à la sympathie. Rafael n’était pas là pour plaire, il était là pour prendre. Nadia sentit un fourmillement familier au creux de ses reins, une chaleur qui se propageait dans ses chairs lourdes. Elle savait, d'instinct, que cet homme ne verrait pas en elle une femme à ménager, mais une masse à dompter.
— Léna ? appela-t-elle sans détourner les yeux de l’écran.
Sa voix était grave, habituée à être obéie. Quelques instants plus tard, Léna entra dans le salon. Le contraste entre les deux femmes était saisissant, presque chorégraphié. Léna, quarante-cinq ans, femme trans aux cheveux longs d’un blond polaire, était déjà prête pour la journée, ou plutôt prête pour être regardée. Elle portait un pull sans manches en maille fine qui laissait deviner l’arrondi de ses seins développés par les hormones, et un short en jean très court qui dévoilait ses longues jambes fines et la naissance de ses fesses généreuses. Son maquillage était, comme à son habitude, une œuvre d’art de guerre : un khôl épais soulignant son regard bleu-vert et un rouge à lèvres sombre qui donnait à sa bouche un aspect charnu, presque provocant.
Léna s’approcha du canapé, le pas léger, ses hanches balançant avec cette souplesse que Nadia aimait tant posséder. Elle sentait le regard de sa compagne peser sur elle, une inspection qu'elle subissait avec une passivité consentante depuis des années.
— Tu as trouvé ? demanda Léna d’une voix douce, un souffle qui trahissait une légère nervosité.
— J’ai trouvé, répondit Nadia en lui tendant le téléphone. Regarde-le bien. Il s’appelle Rafael.
Léna prit l’appareil. Ses doigts fins tremblèrent imperceptiblement en voyant le visage de l’homme. La brutalité qui émanait de la photo semblait traverser l’écran.
— Il a l’air… dur, murmura-t-elle.
— Il l’est, affirma Nadia en se redressant avec effort, la peau de ses cuisses se décollant du cuir blanc avec un bruit de succion. Il ne sourit pas. Il ne négocie pas. Il vient déjeuner avec nous au restaurant du coin dans une heure. Et après, il vient ici.
Léna rendit le téléphone, son regard fuyant vers la fenêtre. Elle savait ce que cela signifiait. Jusqu’ici, elles étaient deux. Un couple asymétrique où Nadia commandait et où Léna servait de muse et d’objet de culte. Mais l’introduction d’un élément comme Rafael allait tout balayer. Nadia se leva, imposante, et s'approcha de Léna. Elle dominait sa compagne de toute sa masse. Elle posa ses mains larges sur les épaules dénudées de Léna, ses doigts s'enfonçant légèrement dans la chair souple.
— Regarde-moi, ordonna Nadia.
Léna leva les yeux. Nadia vit la peur, mais aussi cette étincelle de désir masochiste qui les liait. Nadia approcha son visage de celui de Léna. Elle sentit le parfum de poudre et de rouge à lèvres. D'un mouvement brusque, elle saisit le menton de Léna et l'embrassa. Ce n'était pas un baiser de tendresse, c'était un baiser de marquage. Ses mains descendirent sur les seins de Léna, les pressant avec une force qui fit gémir la plus jeune. Elle pinça les tétons à travers la maille du pull, ses ongles s'enfonçant juste assez pour laisser une trace.
— Tu es à moi, Léna. Mais aujourd'hui, je vais te prêter. Et je vais me prêter avec toi. On ne va pas seulement lui ouvrir notre porte, on va lui donner les clés de nos corps. Est-ce que tu comprends ?
— Oui, Nadia… souffla Léna, les yeux mi-clos, déjà soumise à l'autorité de celle qui l'avait façonnée.
Nadia lâcha prise et retourna vers la chambre pour se préparer. Elle choisit ses vêtements avec soin : un short noir extensible qui soulignait la rondeur de ses cuisses et un pull sans manches pourpre, profond, qui laissait ses bras massifs entièrement libres. Elle ne cherchait pas à camoufler ses formes, elle voulait les offrir comme un terrain de conquête. Elle ne mit pas de maquillage, laissant son visage nu, marqué par l'âge et une certaine fierté brute, contraster avec l'apparence ultra-féminine et artificielle de Léna.
Pendant qu'elle s'habillait, Nadia réfléchissait à la faille. La faille, c’était ce moment précis où l’on décide de ne plus être le maître de son propre destin. Elle avait passé sa vie à construire, à écrire, à diriger. Mais en voyant Rafael, elle avait compris que sa véritable puissance résiderait désormais dans sa capacité à obéir à plus fort qu'elle. Elle voulait sentir le poids d'un homme qui ne demanderait pas la permission.
Elle retourna au salon. Léna l’attendait, debout près de l’entrée, ses mains croisées devant son short en jean, ses longs cheveux blonds tombant en cascades ondulées sur ses épaules. Elle ressemblait à une poupée précieuse que l’on s’apprête à sortir de sa boîte. Nadia s'arrêta un instant pour la contempler. Elle aimait le sexe de Léna, ce secret qu'on devinait sous le tissu du short, cette ambiguïté qui faisait d'elle le point de convergence de tous les désirs.
— On y va, dit Nadia. Et souviens-toi : à partir du moment où il s'assoit à notre table, tu ne regardes plus que lui ou le sol. Sauf s'il t'ordonne le contraire.
Léna hocha la tête, le regard déjà baissé. Elles sortirent de l'appartement. L'ascenseur descendit dans un silence lourd, rompu seulement par le frottement des cuisses de Nadia à chaque pas. Dans la rue, le quartier s'animait. Les gens pressaient le pas, indifférents au drame privé qui se nouait. Nadia marchait d'un pas lourd et assuré, Léna trottant légèrement derrière elle sur ses talons, ses fesses généreuses ondulant sous le jean.
Le bar-restaurant était un endroit sans prétention, avec des nappes à carreaux et une odeur de cuisine familiale. Ils avaient choisi une table dans un coin sombre, à l’abri des regards indiscrets. Nadia s'assit, sa masse occupant tout l'espace de la banquette. Léna s'installa à côté d'elle, serrant ses jambes l'une contre l'autre.
L'attente commença. Chaque fois que la porte de l'établissement s'ouvrait, un courant d'air frais entrait, et avec lui, une décharge d'adrénaline. Nadia ne touchait pas à son verre d'eau. Elle attendait le prédateur. Elle savait qu'il serait à l'heure. Les hommes comme lui n'étaient jamais en retard pour une exécution.
Soudain, la porte s'ouvrit avec une certaine brusquerie. Un homme entra. Trente ans, grand, une carrure d'athlète sans un gramme de graisse superflue. Il portait un jean brut, des boots de cuir sombre et un tee-shirt gris qui moulait ses pectoraux et ses bras musclés. Pas de barbe, le visage rasé de frais, ce qui accentuait la dureté de ses traits et la fixité de son regard noir. C’était Rafael.
Il balaya la salle du regard. Quand ses yeux tombèrent sur Nadia, il ne sourit pas. Il ne fit aucun signe de reconnaissance socialement acceptable. Il marcha vers elles d'un pas lourd, assuré, le pas d'un homme qui sait que l'espace lui appartient. Il s'assit en face d'elles sans dire un mot, ses yeux noirs passant de Nadia à Léna avec une intensité qui semblait les déshabiller sur place.
Nadia sentit son cœur cogner contre sa poitrine. La faille était là. Elle venait de s'ouvrir sous ses pieds. Le jeu pouvait commencer.
— Vous avez faim ? demanda Rafael d'une voix sourde, presque métallique.
Ce n'était pas une invitation au repas, c'était une question sur leurs besoins profonds. Nadia soutint son regard une seconde, avant de sentir sa propre assurance s'effriter.
— On attendait que tu arrives pour savoir ce qu'on doit faire, répondit-elle.
Rafael posa ses mains larges sur la table. Des mains d'artisan ou de tueur, propres mais massives. Il fixa Léna, qui n'osait pas lever les yeux. Il observa son maquillage outrancier, le rebondi de ses seins sous le pull sans manches, la courbe de ses jambes sous la table.
— Bien, dit-il simplement. Alors on va commencer.
Sous la nappe de tissu épais qui retombait bas, Nadia sentit que c'était le moment. Elle glissa ses pieds hors de ses chaussures. Elle chercha, avec une audace qui la surprit elle-même, les jambes de Rafael. Elle remonta le long de ses mollets, sentant la rudesse du jean, jusqu'à atteindre l'entrejambe. Elle pressa son pied contre son sexe. Il était déjà dur, une barre de fer dissimulée qui ne demandait qu'à être libérée. Une décharge électrique traversa le corps de Nadia. En même temps, elle glissa sa main sous la table, trouvant la cuisse de Léna. Elle remonta vers l'entrejambe de sa compagne, malaxant la chair à travers le short en jean, sentant l'humidité déjà présente de Léna.
Le contraste était total : la dureté de l'homme sous son pied gauche, la souplesse de la femme sous sa main droite. Et Rafael restait là, immobile, commandant ses plats au serveur qui arrivait, comme si de rien n'était. Mais sous la table, il écrasa soudainement le pied de Nadia avec le sien, lui intimant de rester immobile, de subir sa propre audace.
La hiérarchie venait de s'établir. Le repas ne serait qu'une formalité avant le retour à l'appartement, là où la faille deviendrait un gouffre.






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في خرافة القداسة وتفاهة المتمسكين بها: لا قداسة لأحد، لا قداسة للدين (مقال)

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في خرافة القداسة وتفاهة المتمسكين بها: لا قداسة لأحد، لا قداسة للدين





تبدأ مأساة العقل البشري حين يقرر طواعية أن يضع غشاوة على عينيه ويطلق عليها اسم "المقدس". هذه الكلمة التي لا تتجاوز في جوهرها كونها آلية دفاعية نفسية واجتماعية، تحولت عبر العصور إلى مقصلة تُذبح عليها الحريات ويُغيب تحت وطأتها المنطق. إن الحديث عن القداسة في القرن الحادي والعشرين، في عصر الذكاء الاصطناعي وغزو الفضاء وفهم الشيفرة الوراثية، يبدو كأنه استحضار لأشباح القرون الوسطى في مختبر علمي حديث. فالمقدس ليس صفة أصيلة في الأشياء أو الأشخاص، بل هو غلاف خارجي يضفيه الإنسان على فكرة ما ليمنع الآخرين من فحصها، وليمنح نفسه شعوراً زائفاً بالطمأنينة والتفوق الأخلاقي. الحقيقة التي يجب أن تُقال بوضوح، ودون مواربة، هي أن القداسة خرافة، وأن التمسك بها ليس إلا دليلاً على هشاشة فكرية وعدم قدرة على مواجهة الواقع بآليات عقلانية صلبة.
إن تاريخ البشرية هو في جوهره تاريخ الصراع بين العقل الباحث عن الحقيقة وبين "الكهنة" الحراس لتوابيت المقدس. عندما أعلن جاليليو جاليلي في القرن السابع عشر أن الأرض تدور، لم يكن يهاجم الرب، بل كان يكسر "قداسة" النص والمؤسسة الكنسية التي جعلت من تصورات بشرية خاطئة حقيقة مطلقة لا تُناقش. دفع جاليليو ثمن عقلانيته، لكن الأرض استمرت في الدوران، وسقطت قداسة الكنيسة أمام برهان التلسكوب. واليوم، نرى المشهد نفسه يتكرر بصور مختلفة؛ حيث يُراد لنا أن نصدق أن قادة ميليشيات إرهابية أو رجال دين يرتدون العمائم يمتلكون حصانة "إلهية" تمنع نقد سياساتهم أو السخرية من فشلهم. إن إقحام الدين في السياسة هو في الواقع عملية "تدنيس" متعمدة للدين نفسه، فبمجرد أن يصبح المعتقد أداة للحكم أو وسيلة لجمع المال والسلاح، فإنه يفقد أي صبغة روحية مفترضة ويصبح مجرد برنامج سياسي خاضع لكل أدوات النقد البشري، بما فيها السخرية والكاريكاتير.
لا توجد قداسة للدين لأن الأديان في نهاية المطاف هي نتاج سياقات تاريخية واجتماعية ولغوية بشرية. إن ادعاء أن نصاً ما لا يجوز نقده لأنه "منزل" هو تعطيل لأهم وظيفة في الدماغ البشري، وهي وظيفة التساؤل. نرى ذلك بوضوح في العالم العربي اليوم، وتحديداً في لبنان، حيث يتم توظيف "المقدس" كدرع لحماية عصابات مسلحة تأتمر بأوامر خارجية. عندما قامت قناة إل بي سي اللبنانية في شهر مايو من عام ألفين وستة وعشرين ببث فيديو يسخر من نعيم قاسم وميليشيا حزب الله، لم تكن تهين ديناً، بل كانت تمارس حقها في تعرية مشروع سياسي وعسكري يستخدم الدين كغطاء. استنفار الدولة اللبنانية وأجهزتها القضائية لملاحقة فيديو ساخر هو قمة التفاهة السياسية، وهو اعتراف صريح بأن هذه الدولة لم تعد سيدة قرارها، بل هي مجرد أداة في يد "المقدس المسلح". كيف يمكن لعاقل أن يقبل بأن تكون السخرية من قائد ميليشيا "جريمة"، بينما قتل الأحرار وتدمير اقتصاد الوطن وتغييب السيادة هو "تكليف شرعي"؟
إن التمسك بالقداسة هو تعبير عن خوف عميق من الحرية. الحرية مخيفة لأنها تضع الإنسان أمام مسؤولية خياراته دون وسيط، أما المقدس فهو يوفر إجابات جاهزة وقوالب معلبة تعفي العقل من عناء التفكير. لهذا السبب نجد أن الأنظمة الثيوقراطية والجماعات الشمولية، مثل نظام الولي الفقيه في إيران أو أتباعه في المنطقة، يبنون جدران العزلة حول رموزهم. إنهم يدركون أن "هيبتهم" لا تقوم على إنجازات واقعية، بل على صورة ذهنية وهمية تتغذى على الخوف والتبجيل الأعمى. وعندما يأتي الكاريكاتير أو المقال العقلاني ليكسر هذه الصورة، تنهار المنظومة بالكامل، لأنها تفتقر للأساس المنطقي. إن القداسة هي "الخرقة" التي يغطي بها العاري جسده؛ فإذا نُزعت الخرقة، انكشف الزيف.
في المجتمع العقلاني الحر، الفضاء العام هو ملك للجميع، ولا يحق لأي جماعة أن تفرض "محرماتها" الخاصة على بقية المواطنين تحت ذريعة احترام المشاعر أو الرموز. المشاعر الشخصية هي مسؤولية صاحبها، ومن يشعر أن معتقده مهدد برسمة أو كلمة، فالمشكلة تكمن في ضعف معتقده لا في قوة الرسمة. إن الدولة اللبنانية، بصمتها عن سلاح حزب الله وتحركها السريع ضد فيديو "أنجري بيردز"، تؤكد أنها أصبحت حارساً لخرافة القداسة بدلاً من أن تكون حارساً للدستور والحريات. السلم الأهلي لا يهدده فنان يمتلك ريشة أو برنامج ذكاء اصطناعي، بل يهدده من يمتلك مئة ألف صاروخ خارج إطار الدولة، ومن يحول الشوارع إلى ساحات للقتل والترهيب عند كل استحقاق سياسي، كما حدث في السابع من مايو عام ألفين وثمانية.
لا قداسة لأحد، لأن البشر خطاؤون، والسياسيون أكثر خطأً من غيرهم. والقول بأن رجل الدين يمثل إرادة السماء هو ضرب من الدجل السياسي الذي استُخدم عبر التاريخ لتبرير أبشع الجرائم. من صكوك الغفران في أوروبا إلى "التكليف الشرعي" في زماننا، تظل الآلية واحدة: سلب الإنسان وعيه باسم الغيب. إن العقلاني الحر يرى في نعيم قاسم، أو أي زعيم طائفي آخر، مجرد لاعب سياسي يجب أن يُحاسب على قراراته التي أدت إلى عزل لبنان وانهياره. السخرية منه ليست فقط حقاً، بل هي واجب وطني وأخلاقي لكسر الوهم الجماعي الذي يُراد سجن اللبنانيين فيه. إننا نعيش في زمن لم يعد فيه مكان للمقدسات الجامدة، فالحقيقة الوحيدة المقدسة هي حرية الإنسان في التعبير والبحث والشك.
إن تفاهة المتمسكين بالقداسة تظهر في عجزهم عن الرد بالحجة، ولجوئهم دائماً إلى القمع الأمني أو العنف الجسدي. عندما عجزت الكنيسة عن الرد على كوبرنيكوس، أحرقت الكتب وسجنت العلماء. وعندما يعجز حزب الله اليوم عن تقديم نموذج وطني مقنع، يلجأ إلى تخوين الإعلاميين واستدعاء القضاء لقمع فيديو ساخر. هذا السلوك هو دليل الإفلاس النهائي. إن المجتمع اللبناني، الذي كان تاريخياً منبراً للحداثة والعقل في الشرق، يجد نفسه اليوم تحت وطأة "احتلال ثقافي" يحاول فرض لغة التمجيد والتبجيل لكل ما هو إيراني أو طائفي. إن الدفاع عن حرية السخرية من الرموز السياسية-الدينية هو الدفاع عن آخر معاقل الهوية اللبنانية الحرة.
لا قداسة للدين في الشأن العام، لأن القوانين يجب أن تُبنى على المصلحة العامة والعدالة الأرضية، لا على تأويلات لاهوتية تختلف من طائفة لأخرى. إن فصل الدين عن الدولة هو الطريق الوحيد لحماية الدين نفسه من الانذال الذين يستخدمونه للوصول إلى السلطة، ولحماية الدولة من التحلل في الصراعات المذهبية. ما نراه اليوم هو "تديين" للسياسة و"تسييس" للدين في أسوأ خلطة يمكن أن يشهدها بلد. إن المتمسكين بقداسة القادة هم في الحقيقة يعبدون "الصنم" السياسي الذي يمنحهم الشعور بالقوة، وهم بذلك يتنازلون عن صفتهم كمواطنين أحرار ليتحولوا إلى "رعايا" في قطيع يساق خلف رايات وهمية.
ختاماً، إن المعركة ضد خرافة القداسة هي المعركة الحقيقية من أجل الكرامة الإنسانية. الكرامة لا تكمن في الركوع لزعيم أو الخوف من رمز، بل في القدرة على الضحك في وجه الطغيان وعلى نقد كل ما يُدعى أنه فوق النقد. لا يوجد شخص، مهما علت عمامته أو زادت رتبه العسكرية، فوق مستوى السخرية. الكاريكاتير هو الحقيقة في أرقى صورها، لأنه يكشف الزيف خلف الأقنعة. إن لبنان لن يقوم له قائمة طالما ظلت هناك "تابوهات" تمنع العقل من الحركة، وطالما ظلت الدولة تلاحق "العصافير الغاضبة" وتترك "الخنازير" الحقيقية تعبث بمقدرات الوطن. القداسة خرافة، والحرية هي الحقيقة الوحيدة التي تستحق أن نناضل من أجلها، بعيداً عن أوهام الغيب وبلطجة السلاح. إننا في عصر العقل، ولا مكان فيه للأصنام، مهما تعددت أسماؤها ومهما كانت الألوان التي تتدثر بها. من يريد القداسة فليعتكف في محرابه بعيداً عن شؤون الناس، أما من دخل السياسة، فعليه أن يتحمل برد السخرية ونار النقد، وإلا فليخرج منها غير مأسوف عليه.




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هل أصبحت السخرية من قائد عصابة إرهابية جريمة؟ (مقال)

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هل أصبحت السخرية من قائد عصابة إرهابية جريمة؟




في مطلع شهر مايو من عام ألفين وستة وعشرين، استيقظ اللبنانيون على فصل جديد من فصول المسرحية الهزلية السوداء التي تُعرض على خشبة وطن مخطوف، حيث تحركت الماكينة القضائية والأمنية اللبنانية بسرعة فائقة، ليس لملاحقة تجار المخدرات أو المفسدين الذين نهبوا أموال المودعين، بل لقمع خيال فني تجرأ على لمس "الذات الإلهية" المصطنعة لقائد ميليشيا يأتمر بأمر الولي الفقيه في طهران. الفيديو الذي بثته قناة إل بي سي آي، والذي صور نعيم قاسم ومقاتليه في هيئة شخصيات من اللعبة الشهيرة أنجري بيردز، لم يكن مجرد كاريكاتير عابر، بل كان اختباراً حاسماً لما تبقى من كرامة للدولة اللبنانية، وقد سقطت الدولة في هذا الاختبار سقوطاً مدوياً حين انحازت لجلادها ضد حرية التعبير، معلنة بوضوح أن قداسة "العمامة المستوردة" تعلو فوق الدستور وفوق العقل وفوق سيادة الوطن.
إن التبجح بمصطلحات مثل إثارة النعرات الطائفية أو تهديد السلم الأهلي ليس سوى تعلات فارغة تستخدمها سلطة مرعوبة لتبرير خضوعها لمنطق القوة. الحقيقة المرة التي يهرب منها الجميع هي أن حزب الله هو، بطبيعته وبنيته وممارساته، المصدر الأول والأساسي لإثارة النعرات الطائفية وتهديد السلم الأهلي في لبنان. هذا التنظيم الذي بني على عقيدة إقصائية لا تعترف بالآخر إلا تابعاً أو خائناً، هو الذي يمارس الطائفية في أبهى صورها منذ تأسيسه في ثمانينيات القرن الماضي. عندما يخرج حسن نصر الله ومن بعده نعيم قاسم ليتحدثوا عن انتصارات إلهية وعن تكليف شرعي، فإنهم يخرجون أنفسهم طواعية من دائرة الفعل السياسي الوطني ليدخلوا في دائرة الحشد الطائفي المسلح. والسلم الأهلي الذي يتباكون عليه ليس سوى "سلم القبور" الذي يفرضه السلاح؛ فالسلم الأهلي الحقيقي لا ينهدم برسمة كاريكاتورية أو فيديو ساخر، بل ينهدم بوجود مئة ألف مقاتل وآلاف الصواريخ التي لا تملك الدولة قرار استعمالها، وينهدم حين تُقفل شوارع بيروت بالرصاص والقذائف كما حدث في السابع من أيار عام ألفين وثمانية، أو حين يُطلق الرصاص ابتهاجاً بهدنة بين إيران وأمريكا في ربيع هذا العام، مؤكدين أن ولاءهم ليس للأرض التي يقفون عليها بل للمرشد الذي يمولهم.
إن مفهوم المقدس في الفضاء العام هو خدعة كبرى تُستخدم لتدجين العقول ومنع النقد. من المنظور العلماني الحر، لا قداسة لشيء في السياسة، فبمجرد أن يقرر رجل دين أن يرتدي بزة عسكرية أو يدير حزباً سياسياً أو يقرر مصير شعب في الحرب والسلم، فإنه يسقط عن نفسه أي حصانة روحية مفترضة. نعيم قاسم ليس قديساً، هو موظف في منظومة إقليمية مسلحة، وكل ما يصدر عنه من أقوال وأفعال هو مادة بشرية بحتة قابلة للتشريح والنقد والسخرية. السخرية هي السلاح الأخير للأحرار في مواجهة الطغيان، وهي الوسيلة التي تعيد القتلة والمهووسين بالعظمة إلى حجمهم البشري الطبيعي. عندما يتم تصوير هؤلاء في هيئة "عصافير غاضبة"، فإن الفن هنا لا يهين الدين، بل يهين "العظمة الزائفة" ويظهر عبثية المشروع الذي يقود البلاد نحو الهاوية من أجل مصالح نظام غريب في طهران.
لقد تحول لبنان إلى غابة يحكمها قانون القوة لا قوة القانون، وما جرى مع القاضي أحمد رامي الحاج في استدعاء ممثلي القناة هو تجسيد لسياسة "الدولة الواجهة". هذه الدولة التي تقف عاجزة أمام تهريب الكبتاغون عبر الحدود، وتصمت عن اغتيال المثقفين والأحرار مثل لقمان سليم الذي قُتل بدم بارد لأنه تجرأ على الكلام، هي نفسها التي تستنفر كل أجهزتها لأن كرامة "الأمين العام" جُرحت برسمة. إن هذا الانفصام في أداء الدولة يؤكد أننا أمام احتلال إيراني مقنع بعباءة لبنانية، حيث تعمل المؤسسات اللبنانية كجهاز شرطة محلي لحماية مصالح المحتل وتأمين هيبته. إن تهديد السلم الأهلي الحقيقي يكمن في وجود ميليشيا تخون نصف الشعب اللبناني يومياً، وتعتبر كل من يطالب بالحياة والحرية والحياد عميلاً للصهاينة أو للأمريكان.
التاريخ اللبناني الحديث مليء بالأمثلة التي تؤكد أن هذا المحور لا يحتمل الحقيقة. هل نسينا كيف تعاملوا مع الرسوم الكاريكاتورية في الماضي؟ هل نسينا كيف يتم قمع أي صوت شيعي حر يحاول الخروج من عباءة الفقيه؟ إنهم يخشون السخرية أكثر مما يخشون الصواريخ، لأن السخرية تكسر حاجز الخوف في قلوب الناس، وتكشف أن "المقاومة" التي يتشدقون بها أصبحت مجرد استثمار تجاري وسياسي وعسكري لخدمة الحرس الثوري الإيراني. إن السخرية من نعيم قاسم هي فعل مقاومة حقيقي ضد التجهيل وضد القداسة المزيفة التي يحاولون فرضها بالترهيب.
إن القول بأن هذه الصور تسيء للرموز الدينية هو نفاق مفضوح؛ فالرموز الدينية هي التي تُهان عندما تُستخدم لتبرير القتل وتدمير مؤسسات الدولة. عندما تتحول العمامة إلى خوذة عسكرية، والمنبر إلى منصة لإعلان الحروب العبثية، فإن هؤلاء هم من أهانوا الدين والقداسة قبل أي فنان أو ساخر. العلماني العقلاني يدرك جيداً أن المعتقد هو شأن فردي ينتهي عند حدود صاحبه، أما في الفضاء العام، فالجميع متساوون أمام النقد. ومن اختار أن يكون قائداً لميليشيا تصنفها معظم دول العالم المتحضر كمنظمة إرهابية، عليه أن يتحمل تبعات خياره، لا أن يختبئ خلف "قداسة" مدعاة لم تعد تنطلي على أحد.
إن لبنان اليوم يقف أمام مفترق طرق: إما أن يستعيد هويته كواحة للحرية والعقل والتعددية، وإما أن يستسلم نهائياً لظلامية القرون الوسطى التي يمثلها حزب الله. الأحداث الأخيرة بخصوص فيديو أنجري بيردز ليست حادثة معزولة، بل هي جس نبض لمدى قدرة الميليشيا على فرض الرقابة الشاملة على عقول اللبنانيين. إذا صمتنا اليوم عن ملاحقة قناة إعلامية أو فنان، سنستيقظ غداً لنجد أنفسنا في نظام يشبه نظام الملالي في إيران، حيث تُشنق الكلمة وتُسجن الضحكة. إن السلم الأهلي لا يُبنى على الخوف، بل على الاعتراف بالآخر وحق الاختلاف. والميليشيا التي لا تحتمل مزحة، هي ميليشيا تدرك في قرارة نفسها أن شرعيتها مهزوزة وأن وجودها مرهون فقط بقوة السلاح لا بقوة الحجة.
لذا، فإن الإجابة على السؤال العنواني هي نعم، لقد أرادت السلطة المخطوفة جعل السخرية جريمة لتغطية الجرائم الكبرى التي تُرتكب بحق الوطن. ولكن، في منطق العقل والحرية، تظل السخرية من القتلة والطغاة هي أسمى آيات الشجاعة. إن نعيم قاسم وحزبه ومن وراءهم في طهران لن يستطيعوا إيقاف التطور الطبيعي للتاريخ؛ فالعقل البشري يرفض بطبعه القيود، واللبناني الذي عشق الحرية لن يقبل أن يُساق كالرعية خلف رموز تبيع الأوهام وتشتري الموت. ستسقط القداسة المزيفة وستبقى الضحكة، وسيشهد التاريخ أن حزباً يمتلك كل ذلك السلاح سقط أمام رسمة كاريكاتورية، لأن القوة الحقيقية هي قوة الكلمة الحرة التي لا تعرف الركوع.







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Chloé - Ch05 (novella)

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Chloé 
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Chapitre 5 – L'après




Le silence, après l'orage.

C'est ce que Chloé ressent, lovée contre l'épaule de Gabriel, sa joue posée sur sa poitrine. Le silence. Pas un vide. Une présence. Un apaisement. Comme quand la pluie s'arrête et que l'air devient plus léger, lavé de ses poussières.

Son corps est lourd. Ses jambes sont molles. Il y a une douleur — une bonne douleur — au creux de ses reins, là où lui s'est enfoncé, là où il a laissé une empreinte invisible. Son sexe est détendu. Il ne demande rien. Pour la première fois depuis des années, il ne demande rien.

Elle écoute le cœur de Gabriel.

Il bat lentement. Régulièrement. Comme une horloge qui a trouvé son rythme.

Une main de lui caresse machinalement ses cheveux blonds, dénouant les mèches emmêlées, les défaisant une à une. Il ne dit rien. Il respire. Il la touche. C'est tout.

Chloé voudrait que ce moment ne finisse jamais.

Elle sait qu'il va finir. L'aube va se lever. Le jour va entrer par les fentes des stores. Gabriel va devoir partir — ou rester, mais rien ne sera plus jamais comme avant. Il y a toujours un après. Et l'après, c'est là que les choses se cassent.

— À quoi tu penses ? murmure-t-il.

Sa voix vibre dans son torse, contre sa joue.

— À rien, ment-elle.

— Tu es une menteuse élégante, je te l'ai déjà dit.

Elle sourit. Il se souvient. Dans la librairie. Avant. Avant qu'il ne voit son corps. Avant qu'il ne l'embrasse là où personne n'avait embrassé.

— Je pense à demain, avoue-t-elle.

— Demain ?

— À ce qui se passe après. Quand tu seras parti. Quand je me réveillerai seule. Est-ce que je vais me souvenir ? Est-ce que je vais y croire ?

Il se redresse sur un coude. Il la regarde. Ses yeux couleur de miel sont graves. Il prend son visage entre ses mains.

— Je ne vais pas partir, Chloé.

— Si. Tout le monde part.

— Je ne suis pas tout le monde.

— C'est ce qu'ils disent tous.

Il ne répond pas tout de suite. Il regarde le plafond. La lumière du réverbère a pâli, noyée par l'aube qui monte. Les barreaux de lumière sur le plafond sont plus faibles, presque translucides.

— Tu veux que je te raconte quelque chose ? dit-il.

— Oui.

— J'ai une sœur, Constance. Elle m'a appelé hier. Juste avant que j'arrive chez toi. Elle m'a dit : "Gabe, tu vas où ?" Je lui ai dit : "Je vais chez une femme, je crois. Enfin, je crois que c'est une femme." Elle m'a dit : "Comment ça, tu crois ?" Je lui ai dit : "Je la trouve belle. Mais il y a quelque chose. Je ne sais pas quoi. Et ça ne m'intéresse pas de savoir."

Chloé retient son souffle.

— Ma sœur m'a dit : "Alors ne cherche pas. Regarde. C'est tout."

Il se tourne vers elle.

— Alors j'ai regardé. J'ai regardé tes cheveux, tes seins, tes fesses, ta façon de mordre ta lèvre quand tu es nerveuse. J'ai regardé tes mains sur la table du café. J'ai regardé la peur dans tes yeux. Et je n'ai rien cherché d'autre. Parce qu'il n'y avait rien d'autre à chercher.

Elle sent les larmes monter. Encore. Elle en a marre de pleurer. Mais elle ne peut pas les arrêter.

— Tu vas me faire pleurer tout le temps ? demande-t-elle.

— Si c'est pour cette raison-là, oui. Je veux que tu pleures de joie jusqu'à ce que tes larmes soient claires.

Il essuie ses joues. Il sourit.

— Alors, Chloé. Demain. Qu'est-ce qu'on fait ?

— On se lève. On boit un café. Tu vas chercher des croissants parce que je n'ai rien au frigo. On mange sur le rebord de la fenêtre. On regarde la ville se réveiller.

— Et après ?

— Après, tu repars chez toi, tu changes de chemise, tu vas faire ta vie.

— Et toi ?

— Moi, je t'attends.

Il la regarde intensément. Il cherche quelque chose dans ses yeux. Une hésitation. Un doute. Il ne trouve rien.

— Tu m'attendras longtemps ?

— Tout le temps qu'il faudra.

Il l'embrasse. Doucement. Un baiser de lendemain. Pas de fièvre. De la tendresse accumulée. Ses lèvres sont douces. Il goûte encore le vin de la veille, et elle, et leur nuit.

---

Le café est chaud. Le soleil est levé. Les croissants sont là — il est parti les chercher pieds nus, avec son pantalon de la veille et sa chemise froissée, il est remonté avec deux sacs en papier qui sentent le beurre et la farine.

Ils mangent sur le rebord de la fenêtre.

Ses fesses à elle sont nues sur le bois froid. Il lui a passé un pull — un de ses pulls à lui, gris, trop grand — qui lui tombe aux cuisses. Elle a les jambes nues, les pieds nus, les cheveux attachés en queue de cheval lâche.

Il est assis à côté d'elle. Leurs cuisses se touchent.

Ils regardent la cour intérieure qui s'éveille. Un voisin ouvre sa fenêtre. Une femme sort son chien. Un livreur de pain traverse la rue en sifflotant.

La vie normale. Celle qui continue.

— Tu as peur ? demande-t-il.

— De quoi ?

— De ce que les gens penseront. S'ils te voient avec moi. S'ils savent.

Elle réfléchit. Elle mord dans son croissant. Elle mâche lentement.

— Je pense que j'ai passé assez de temps à avoir peur de ce que les gens pensent, finit-elle par dire. J'ai changé de prénom. J'ai changé de corps. J'ai changé de vie. Tout ça pour qu'au final, je reste enfermée dans mon appartement à avoir peur du regard d'un mec dans un café. Ça n'a plus de sens.

— Alors tu vas sortir ?

— Je vais sortir, oui. Avec toi, si tu veux. Au cinéma. Au restaurant. À la librairie. Je vais m'asseoir à une terrasse et je vais commander un diabolo fraise. Et si quelqu'un me regarde de travers, je lui sourirai.

— Pourquoi lui sourire ?

— Parce que sa gueule ne m'empêchera pas d'être heureuse.

Gabriel la regarde. Il pose son croissant. Il passe son bras autour de ses épaules. Il l'attire contre lui.

— Tu es incroyable, Chloé.

— Je suis juste fatiguée d'avoir peur.

Ils finissent leurs croissants en silence. Le café refroidit dans les tasses. La cour intérieure s'agite doucement. La vie.

Il se lève. Il enfile ses chaussures. Il cherche ses clés. Il est presque prêt à partir.

Elle reste sur le rebord, les jambes nues, le pull trop grand.

— Gabriel.

— Oui.

— Merci.

— De quoi ?

— D'être resté. De ne pas avoir posé de questions. De m'avoir vue.

Il traverse la pièce. Il s'agenouille devant elle. Il lui prend les mains. Il les porte à ses lèvres. Il baise chaque doigt, un par un, lentement.

— Chloé, dit-il. Ce n'était pas un effort. C'était une évidence. Depuis la librairie. Depuis que je t'ai vue accroupie devant cette étagère. Je n'ai pas eu à "rester". Je n'avais pas envie de partir. C'est différent.

Elle ne pleure pas. Cette fois, elle sourit.

— Tu reviens quand ? demande-t-elle.

— Ce soir. Je t'invite au restaurant. Celui avec les pains au chocolat.

— Ils n'ont que des viennoiseries, pas des plats.

— Alors on mangera des viennoiseries. Je m'en fous. Tant que c'est avec toi.

Il se lève. Il s'approche de la porte. Il se retourne.

— Oh, et Chloé ?

— Oui ?

— Garde mon pull. Il te va mieux qu'à moi.

Il sort. La porte se referme. Elle reste là, sur le rebord, ses jambes nues serrées l'une contre l'autre pour garder la chaleur.

Le pull sent lui. Lessive. Peau. Homme.

Elle s'y enfouit le visage.

Elle respire.




---

Le téléphone vibre.

Lola : "Alors ?"

Chloé : "Alors, il est resté."

Lola : "Toute la nuit ?"

Chloé : "Toute la nuit. Et il revient ce soir."

Lola : "Je te l'avais dit. Un jour, quelqu'un te verra."

Chloé : "Il m'a vue, Lola. Il m'a vraiment vue."

Lola : "Et toi ? Tu l'as vu ?"

Chloé regarde la porte fermée. Le silence de l'appartement. Le lit défait. Ses draps qui sentent encore lui.

Chloé : "Oui. Je l'ai vu."

Elle pose le téléphone.

Elle se lève. Elle va dans la salle de bain. Elle se regarde dans le miroir. La fissure est toujours là. Mais elle ne la voit plus.

Elle se sourit à elle-même.

Blonde. Seins pointus. Fesses rondes. Sexe présent.

Chloé.

Elle est belle.

Elle le sait, maintenant. Elle a quelqu'un pour le lui rappeler.






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Chloé -Ch04 (novella)

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Chloé 
...
Chapitre 4 – L'acte



Chloé se réveille à deux heures du matin.

La chambre est noire. La bougie s'est éteinte depuis longtemps. Il ne reste que la lueur orange du réverbère qui filtre à travers les stores, découpant des barreaux de lumière sur le plafond.

Gabriel dort encore. Sa respiration est lente, profonde. Sa main repose sur son ventre à elle, chaude, large, paisible.

Elle le regarde.

Son visage est détendu. Plus de sourire en coin, plus de regard intense. Juste un homme. Un homme qui dort dans son lit. Un homme qui a embrassé son corps entier sans reculer. Sans poser de questions. Sans faire la grimace.

Elle se souvient de sa bouche. Entre ses cuisses. De cette langue qui ne cherchait pas à explorer, juste à aimer. De ses mains sur ses hanches, fermes, qui la retenaient quand elle aurait voulu fuir.

Elle a joui. Vraiment joui. Pas ce simulacre qu'elle s'infligeait parfois toute seule, dans le noir, la main sur la bouche pour ne pas faire de bruit. Un cri. Un vrai. Qui a déchiré sa gorge et rempli l'appartement.

Personne ne l'avait jamais entendue crier comme ça.

Pas même elle.

Elle bouge à peine. Un frémissement de hanche. Sa cuisse effleure celle de Gabriel.

Il ouvre les yeux.

D'un coup. Sans tâtonnement. Comme s'il n'avait jamais vraiment dormi.

— Chloé, murmure-t-il.

Sa voix est grave. Ensablée. Elle résonne dans son torse, contre son épaule à elle.

— Je ne voulais pas te réveiller, dit-elle.

— Tu ne m'as pas réveillé. Je t'attendais.

Il se tourne vers elle. Dans la pénombre, ses yeux brillent. Du miel liquide. Il pose sa main sur sa joue. Son pouce caresse sa pommette. Descend jusqu'à ses lèvres.

— Tu as pleuré, dit-il.

— Un peu.

— De quoi ?

— De joie. Je crois. Je n'étais pas sûre que ça existait.

Il ne répond pas. Il l'embrasse.

Ce baiser est différent de ceux de la veille. Il n'y a plus d'hésitation. Plus de question. Juste une certitude. Sa langue entre dans sa bouche comme chez elle. Elle l'accueille. Sa main à elle remonte le long de son torse. Elle sent ses muscles sous sa chemise — il n'a pas enlevé sa chemise, elle est froissée, ouverte, il dort toujours avec ses vêtements à moitié défaits.

Elle la pousse. Il se laisse faire. La chemise glisse sur ses épaules. Il la jette par terre.

Son torse est nu.

Elle le regarde. Elle n'avait pas vu, dans l'obscurité de la veille. Il n'est pas musclé comme un athlète. Il est juste dessiné. Des pectoraux nets, un ventre plat, une ligne de poils bruns qui descend de son nombril à sa ceinture.

Elle pose sa main sur cette ligne. Il frissonne.

— Chloé, dit-il. Ce soir, je veux tout.

— Tout ?

— Tout. Toi. Entière. Sans retenue.

Elle respire. Sa main descend plus bas. Elle trouve la boucle de sa ceinture. Elle la défait. Le cuir grince. Le bouton du pantalon saute. La fermeture éclair descend.

Il se redresse sur un coude. Il l'aide. Il enlève son pantalon. Ses jambes sont longues, solides. Et là. Entre ses cuisses.

Son sexe.

Dressé. Lourd. La peau est sombre, presque brune, contrastant avec la pâleur de son ventre. Pas démesuré. Juste présent. Impatient.

Elle le regarde. Elle ne recule pas. Elle a passé trop d'années à reculer.

— Je peux ? demande-t-elle.

— Tu peux tout.

Elle pose sa main dessus.

Il est chaud. Chaud comme un fer oublié au soleil. La peau est douce, incroyablement douce, tendue sur ce qui palpite en dessous. Sa main ne fait pas le tour. Elle commence à bouger. Lentement. De haut en bas. Il ferme les yeux. Sa bouche s'entrouvre.

— Comme ça, murmure-t-il. Exactement comme ça.

Elle continue. Elle trouve le rythme. Pas trop vite. Pas trop fort. Il gémit. Un son grave, rauque, qui lui traverse le ventre.

Il ouvre les yeux. Il prend sa main. Il l'arrête.

— Pas seulement toi, dit-il. Je veux te sentir.

Il se tourne. Il l'allonge sur le dos. Il se place au-dessus d'elle. Ses avant-bras encadrent son visage. Il la regarde de haut. Il a les cheveux en bataille. Il est magnifique.

Il descend.

Sa bouche retrouve ses seins. Il les baise longuement, alternant, suçant, mordillant. Ses mains descendent le long de son ventre. Elles trouvent sa culotte — elle n'a jamais enlevé sa culotte, la dentelle noire est encore là. Il écarte le tissu. Il touche.

Son sexe est dur sous ses doigts.

Il le caresse. Doucement. Du bout des doigts. Elle se cambre. Elle gémit.

— Tu aimes ça, dit-il.

— Oui.

— Tu veux que je continue ?

— Oui. Mais pas seulement ça, Gabriel. Je veux te sentir. En moi.

Il s'arrête. Il la regarde.

— Tu es sûre ?

— Je n'ai jamais été aussi sûre de rien.

Il se redresse. Il écarte complètement sa culotte. Il la jette par terre. Elle est nue. Vraiment nue. Pour la première fois de sa vie, nue devant un homme, complètement, sans rien pour cacher, sans bras croisés, sans oreiller sur le ventre.

Elle a peur. Mais elle a envie. L'envie est plus forte.

Il se place entre ses cuisses. Il la regarde. Il voit son sexe. Il voit son anus. Il voit tout ce qu'elle est.

Il ne dit rien. Il sourit.

Il se penche. Il l'embrasse sur la bouche. En même temps, sa main descend. Il mouille ses doigts dans sa bouche à lui — un geste ancien, instinctif — et il les descend entre ses fesses.

Elle se cambre.

Son doigt trouve l'entrée. Il masse. Il tourne. Il entre. Doucement. Un seul doigt. Elle serre. Elle respire. Il attend.

— Dis-moi si ça fait mal.

— Ça ne fait pas mal. Ça remplit.

Il ajoute un deuxième doigt. Il écarte. Il bouge. Lentement. Il cherche. Il trouve.

Elle crie.

Il a trouvé. Ce point. Ce point qu'elle n'arrivait jamais à toucher toute seule. Il presse. Il masse. Elle perd la tête.

— Gabriel, je vais…

— Pas encore, dit-il. Pas sans moi.

Il retire ses doigts. Il se positionne. Son sexe contre son anus. La chaleur. La pression. Il la regarde.

— Chloé. Je te vois. Je te veux. Je te prends.

— Prends-moi.

Il entre.

D'un coup. Lent. Mais d'un coup. Sa tête passe le sphincter. Elle crie. Pas de douleur. De plénitude. Il s'arrête. Il attend. Elle respire par à-coups.

— Bouge, dit-elle.

Il bouge.

D'abord lentement. Des allers-retours profonds, réguliers, qui la remplissent et la vident, la remplissent et la vident. Elle sent chaque millimètre de lui. La chaleur. La pulsation. La vie.

Il accélère.

Ses mains tiennent ses hanches. Ses doigts s'enfoncent dans sa chair. Elle est secouée à chaque poussée. Ses seins pointus dansent au rythme des coups de reins. Ses cheveux blonds sont collés à son front, à ses joues.

Il se penche. Il l'embrasse. Sa langue entre dans sa bouche en même temps que son sexe entre dans son corps. Elle est possédée. Doublement. Totalement.

— Gabriel, murmure-t-elle entre deux baisers. Gabriel.

— Je suis là. Je suis en toi.

Il change de rythme. Plus vite. Plus fort. Le lit grince contre le mur. La tête de lit frappe le plâtre. Rien n'existe plus. Juste eux. Juste ce mouvement. Cette danse viscérale.

Sa main à elle descend. Elle touche son propre sexe. Il est dur. Très dur. Elle se masturbe pendant qu'il la prend. Au rythme de ses coups. Le plaisir monte. Des deux côtés.

— Ensemble, dit-il. Maintenant. Ensemble.

Elle n'a pas besoin de répondre.

Son corps explose.

La jouissance la traverse comme une lame. Elle n'a pas le temps de crier. Seul un souffle rauque sort de sa gorge. Ses mains agrippent les draps. Ses doigts blanchissent. Ses cuisses tremblent. Son sexe pulse dans sa main.

En même temps, Gabriel se cambre.

Il s'enfonce une dernière fois, au plus profond, et il jouit. Elle sent les pulsations en elle. Chaudes. Fortes. Il pousse. Il pousse encore. Il vide tout. Avec un grognement sourd qui ressemble à une prière.

Ils restent immobiles.

Lui en elle. Elle autour de lui. Les souffles courts. La sueur qui refroidit sur leurs peaux.

Il se retire doucement. Elle sent le vide. Un vide bon. Un vide qui a du sens.

Il se couche à côté d'elle. Il l'attire contre son torse. Il embrasse son épaule, sa nuque, ses cheveux blonds en bataille.

— Chloé, dit-il.

— Oui.

— Tu as senti ?

— J'ai senti.

— On a fait quelque chose, ce soir. On a fait quelque chose de vrai.

Elle pose sa main sur son cœur. Il bat vite. Comme le sien.

Ils ne disent plus rien.

La chambre est noire. La rue est calme. Paris dort.

Mais dans ce studio, sous les toits, deux corps viennent de s'inventer un monde où personne ne pose de questions parce que les réponses sont évidentes.

Il l'aime. Elle l'aime. Ils ne l'ont pas dit. Mais leurs sexes le savent.






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(Ar) مرحبا بكم على هذه المدونة

 . . أهلاً بكم في ملاذي الأدبي يسعدني حقاً أن أرحب بكم هنا. سواءً أكان وصولكم بدافع الفضول، أو مصادفةً من خلال رابط مشترك، أو بدافع حب الكل...