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La Faim d'Hélène (nouvelle)

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La Faim d'Hélène




La ville de Bordeaux étouffait sous une chape de plomb. En ce mois de juillet, l’humidité de la Garonne transformait chaque rue en un corridor de vapeur languissante. Pour Francis, vingt-six ans, ce stage de perfectionnement après son CAP de menuisier-ébéniste n’était plus seulement une étape professionnelle, c’était une épreuve d’endurance sensorielle. En acceptant l’invitation de sa mère, Christine, d’être logé chez son amie d’enfance, Hélène, il n’avait pas mesuré l’étroitesse du piège dans lequel il s’apprêtait à tomber. La maison d’Hélène, un bel immeuble bourgeois du quartier des Chartrons, était un écrin de parquets cirés et de hautes fenêtres, mais pour Francis, c’était un labyrinthe de tentations quotidiennes.
Hélène avait cinquante-cinq ans. Elle portait son âge non pas comme un fardeau, mais comme une parure de guerre. Veuve depuis quelques années, elle habitait l’espace avec une liberté qui frôlait l’insolence. Pour Francis, habitué à la discrétion provinciale de sa mère, la présence d’Hélène était une invasion de chaque instant. Elle était là, partout. Dans la cuisine, elle préparait le café matinal vêtue d’un déshabillé de soie noire si fin que Francis pouvait deviner la cambrure de ses reins et l’arc de ses hanches. Sur le canapé du salon, elle lisait, les jambes croisées, offrant à sa vue la peau grainée et ferme de ses cuisses que le temps semblait avoir épargnées. Chaque pièce de la demeure était imprégnée de son parfum, un mélange de jasmin de nuit et de musc, une signature olfactive qui s’insinuait dans les narines du jeune homme jusque dans le sommeil de sa chambre attenante.
Ce soir-là, Francis rentra du chantier plus tôt que prévu. Ses vêtements étaient tachés de sciure, sa peau brûlante de la chaleur de l’atelier. Le silence de la maison était lourd, troué seulement par le bruit de l’eau qui coulait à l’étage. Il monta l’escalier de chêne, son sac à l’épaule, l’esprit embrumé par la fatigue. En passant devant la salle de bains, il s’arrêta net. La porte était restée entrouverte, une fente de quelques centimètres qui laissait échapper un ruban de vapeur odorante.
L’indécence de la situation le cloua au sol. Il savait qu’il devait continuer son chemin, s’enfermer dans sa chambre, mais la curiosité était plus forte que la morale apprise. Par l’interstice, il la vit. Hélène était sous le jet de la douche, de profil. Le verre de la cabine était embué, mais la silhouette se découpait avec une précision cruelle. L’eau ruisselait sur son corps fluet, aux proportions impeccables. Ses seins, bien que marqués par la maturité, étaient fermes, leurs pointes sombres durcies par la température de l’eau. Ses mains, aux ongles parfaitement manucurés d’un rouge profond, parcouraient son corps avec une lenteur méthodique. Elle savonnait ses hanches, faisant glisser la mousse sur la cambrure de ses fesses rebondies. Francis sentit son sexe réagir instantanément, une érection brutale et douloureuse qui tendit le tissu de son pantalon de travail.
Il resta là, immobile, le souffle court, tel un voleur d’intimité. C’est alors qu’Hélène tourna la tête. Leurs regards se croisèrent dans le miroir de la salle de bains, à travers la porte entrouverte. Elle ne sursauta pas. Elle ne chercha pas à se couvrir. Un sourire lent, presque imperceptible, étira ses lèvres.
— Francis ? Tu restes là comme un petit voleur à l’affût d’un trésor ?
Sa voix, rendue rauque par l’humidité de la pièce, transperça les dernières défenses du jeune homme. Elle coupa l’eau et poussa la paroi de verre. Elle se tenait debout devant lui, nue, ruisselante, la peau rougie par la chaleur.
— Si tu as tellement besoin de quelque chose, n’attends pas derrière la porte. Viens. Rejoins-moi.
Pétrifié, Francis ne fit pas un mouvement. Hélène s’approcha de la porte, l’ouvrit toute grande et saisit la main du jeune homme pour l’attirer à l’intérieur. L’air était saturé de son odeur, de la vapeur et d’une tension sexuelle qui menaçait d’exploser. Sans un mot, elle commença à le dévêtir. Ses mains, expertes et fraîches, firent glisser son t-shirt, puis s’attaquèrent à sa ceinture. Quand son pantalon tomba au sol, le sexe de Francis jaillit, raide comme un manche de pioche, palpitant sous le regard bleu et dévorant de la cougar.
Hélène s’agenouilla devant lui, ignorant l’eau qui continuait de perler sur ses épaules. Elle posa ses doigts sur la nuque de Francis, le forçant à la regarder. Elle n’avait rien d’une femme de cinquante-cinq ans en cet instant ; elle était une prédatrice en chasse, une femme affamée de vie et de chair. Elle commença par des attouchements lents, ses ongles effleurant la base de sa verge, provoquant des frissons qui remontaient le long de l'échine du menuisier. Puis, elle s'empara de lui. Sa bouche, chaude et humide, l'engloutit dans une fellation profonde, une gorge assurée qui cherchait à récolter jusqu'à la dernière goutte de sa vitalité.
Francis, à bout de force, la releva brutalement. Il ne pouvait plus supporter la passivité. Il s’empara de ses seins, les pétrissant avec la rudesse de celui qui travaille le bois, les portant à sa bouche pour les sucer avec une fureur de nouveau-né. Le goût de sa peau, un mélange de savon et de sel, l’enivrait. Hélène gémissait, la tête basculée en arrière, ses mains agrippées aux épaules solides de Francis. Ils s'embrassèrent avec une sauvagerie désespérée, leurs langues se cherchant, s'enroulant l'une autour de l'autre comme pour sceller un pacte de sang.
Elle se tourna brusquement, lui présentant son derrière. Elle s’appuya contre le marbre froid du lavabo et leva une jambe, posant son pied sur le rebord, facilitant l’accès à sa vulve déjà poisseuse de désir. Francis vit la fente rose, ouverte, qui semblait appeler l’invasion. Il ne se fit pas prier. Il la pénétra debout, d'un coup sec, un gémissement de triomphe s'échappant de ses lèvres alors qu'il s'enfonçait dans sa chaleur accueillante. La sensation de plénitude était totale. Hélène s'exclamait : "Oh oui, défonce-moi ! Fais-moi tout ce que tu veux !"
Ils restèrent ainsi un long moment, le mouvement de va-et-vient rythmé par les souffles courts et les claquements de chair. Hélène, l’amazone fière, se laissait envahir, possédée totalement par ce jeune homme qu’elle avait tant observé à la dérobée durant ses petits déjeuners. Mais la station debout ne suffisait plus à leur fureur. Hélène se laissa glisser au sol, sur le carrelage encore humide. Elle s’allongea, ouvrant ses jambes en grand, invitant Francis à la rejoindre dans l’arène.
Il s'installa entre ses cuisses, ses mains trouvant appui sur les hanches d'Hélène. Sa verge travaillait la vulve affamée de la veuve avec un acharnement orgasmique. Chaque poussée était une revendication, un moyen de rattraper toutes les années de solitude et de silence. Hélène l'entourait de ses jambes, ses talons s'enfonçant dans le bas de son dos, l'incitant à aller toujours plus profondément, toujours plus loin. Le plaisir monta comme une vague scélérate, une force de la nature que rien ne pouvait arrêter. Francis sentit sa jouissance monter, une marée de liqueur qui menaçait de tout emporter.
— Ne t'arrête pas, Francis ! Tout... donne-moi tout ! criait Hélène, le visage transfiguré par l'extase.
Il se répandit en elle dans un cri rauque, une éjaculation abondante qu’Hélène sembla vouloir aspirer avec chaque fibre de son être. Ils restèrent longtemps collés l'un à l'autre sur le sol de la salle de bains, les cœurs battant à l'unisson, la vapeur commençant doucement à se dissiper. Ce qui n'aurait dû être qu'un incident de parcours, une aventure de passage durant un stage professionnel, venait de se transformer en une fondation.
Les semaines qui suivirent ne furent qu’une extension de cette première rencontre. Le stage de Francis touchait à sa fin, mais l’idée de retourner dans sa campagne lui paraissait désormais insupportable. Ils passaient leurs nuits ensemble, explorant chaque recoin de leurs désirs, chaque pli de leurs corps. Hélène n’était plus seulement l’amie de sa mère ; elle était sa compagne, sa complice, celle qui avait réveillé en lui une virilité qu’il ne soupçonnait pas.
Le moment de la vérité arriva lorsque Christine, la mère de Francis, monta à Bordeaux pour aider son fils à préparer son départ. Francis redoutait ce moment, craignant le jugement, la morale, la fin de son rêve. Le soir de son arrivée, alors qu'ils dînaient tous les trois dans le salon d'Hélène, le silence se fit pesant. Francis prit la main d'Hélène sur la table, un geste de défi et de tendresse.
— Maman... Hélène et moi... nous avons décidé de ne pas nous quitter. Je vais rester à Bordeaux. Nous allons nous installer ensemble.
Il s'attendait à un scandale, à des larmes, à un rejet. Mais Christine regarda son fils, puis son amie d'enfance. Un sourire doux, presque complice, éclaira son visage.
— Tu sais, Francis, j’ai toujours pensé qu’Hélène avait besoin de quelqu’un de solide. Et toi, tu as toujours eu besoin de quelqu’un qui sache t’ouvrir les yeux sur la beauté du monde. Si vous êtes heureux, pourquoi serais-je choquée ? L’amour n’a pas d’âge pour ceux qui savent le vivre.
Le soulagement fut tel que Francis faillit pleurer. Hélène serra sa main plus fort. Le pacte était scellé. L’idylle née dans l’humidité d’une salle de bains et nourrie par la tension d’une cohabitation forcée était devenue une réalité durable. Ils ne se cachent plus. Francis a trouvé un emploi dans un atelier d’ébénisterie d’art renommé de la ville, et chaque soir, il retrouve Hélène dans leur maison des Chartrons. La chambre de Francis est restée vide, car c'est désormais dans le grand lit d'Hélène qu'il repose, là où l'étouffement est toujours aussi délicieux et où la faim mutuelle ne semble jamais devoir s'éteindre.
L'histoire de Francis et d'Hélène est celle d'une métamorphose. Le jeune menuisier est devenu un homme, guidé par une femme qui a su transformer son deuil en une nouvelle naissance. Sous le ciel de Bordeaux, leur union est un défi lancé au temps, une preuve que la chair et le cœur parlent parfois le même langage, par-delà les décennies. Et dans le secret de leur intimité, chaque douche partagée, chaque regard échangé dans un miroir, est un rappel de ce soir de juillet où tout a commencé par une porte mal fermée et un désir que personne n'a voulu ignorer.





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La Métamorphose de l'Abyssinie (nouvelle)

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LA MÉTAMORPHOSE DE L'ABYSSINIE




La mer cognait contre le rivage comme un cœur trop gros pour sa cage. Alexandre était assis sur le sable brûlant de cette crique varoise, les genoux remontés contre la poitrine, et il se sentait minuscule. À trente-deux ans, comptable dans un cabinet gris de la banlieue parisienne, il traînait sa carcasse comme un fardeau inutile. Il était marié depuis huit ans à Claire, une femme aux os fins, à la voix précise et au corps si léger qu’il avait parfois l’impression de faire l’amour à une ombre, à une idée abstraite du plaisir plutôt qu’à une réalité charnelle. Ils s’étaient disputés violemment avant son départ. Toujours les mêmes mots : routine, silence, absence de désir. Elle lui avait lancé qu’il était un « mort-vivant ». Il n’avait rien trouvé à répondre. Alors il était parti seul, avec une valise trop lourde et l’espoir idiot qu’un peu de sel et de soleil le ramèneraient parmi les vivants.
Le premier matin, il ne cherchait rien. Il regardait seulement l’eau, les vaguelettes qui venaient mourir à ses pieds, quand elle apparut.
Elle sortait de la mer comme une divinité païenne rejetée par les flots. L’eau ruisselait sur sa peau d'un ébène profond, épaisse, luisante comme du satin noir sous l'éclat de midi. Le soleil s’accrochait à chaque courbe de son corps comme s’il refusait de la lâcher. Son corps n'était pas une silhouette, c’était une insurrection de la matière. Des seins énormes, lourds, presque violents d'affirmation, étaient à peine contenus par un minuscule triangle à sequins argentés qui semblait prêt à craquer sous la pression de cette chair débordante. Ils tremblaient à chaque pas avec une densité charnelle qui coupait le souffle. Son ventre, rond et doux, tombait en un tablier sensuel qui venait mourir sur le bas de son bikini, lequel disparaissait littéralement sous des hanches monumentales.
Alexandre resta pétrifié. Ne connaissant pas son nom, il l’appela immédiatement **Diane** dans le secret de ses pensées. Diane, la chasseresse. Mais ici, c'était elle qui le traquait sans le savoir, simplement par sa présence tellurique. Il l’imaginait dans sa chambre d’hôtel, l’appelait « Diane » en caressant son sexe dur, fantasmant sur le poids de ses cuisses — deux colonnes de chair sombre qui se frottaient l’une contre l’autre dans un bruissement humide qu'il entendait presque depuis sa serviette.
Pendant trois jours, il fut son satellite silencieux. Il la regardait s’enduire de crème, ses mains pétrissant la chair de son ventre, soulevant un sein après l'autre avec une placidité impériale. Il rentrait le soir pour se masturber furieusement, le nom de « Diane » aux lèvres comme une incantation de possédé.
Le quatrième jour, un ballon de plage rouge roula jusqu'à ses pieds. Il le ramassa. Elle était debout devant lui, immense, ruisselante.
— Tu peux me le lancer ? demanda-t-elle. Sa voix était grave, cuivrée, avec une musicalité que son "Diane" imaginaire n'avait pas prévue.
Il lança. Elle attrapa le ballon contre sa poitrine, et ses seins l'engloutirent presque. Alexandre bégaya quelques mots. Ils commencèrent à discuter. Il apprit alors qu'elle s'appelait **Desta**.
— Ça veut dire "Joie" en amharique, expliqua-t-elle avec un rire qui fit onduler toute la masse splendide de ses épaules. Mes ancêtres viennent des hauts plateaux d'Éthiopie.
Alexandre sentit un frisson parcourir son échine. Desta. Ce n'était plus une déesse grecque de marbre blanc ; c'était une femme de terre rouge et de nuit étoilée. Elle était institutrice, aimait la poésie et ne s’excusait jamais d’occuper tant d’espace.
Le soir de leur rencontre décisive, l'air de la chambre d'Alexandre était saturé de l'odeur du jasmin et du sel marin. À peine la porte fut-elle close que Desta prit les commandes. Elle n'était pas une ombre, elle était un monde. Elle se déshabilla avec une lenteur cérémonieuse. Quand le soutien-gorge céda, ses seins jaillirent comme des fruits de vie, d'une lourdeur magnifique, aux aréoles larges comme des soucoupes sombres.
— Tu as faim, Alexandre ? souffla-t-elle en l'attirant contre elle.
Elle le poussa sur le lit et grimpa sur lui. Alexandre poussa un grognement étouffé sous l'assaut de cette chair. Elle s'allongea de tout son long sur lui, et ce fut l'étouffement le plus délicieux de son existence. Le ventre de Desta, immense, chaud et moelleux, écrasait le sien ; ses seins l'enveloppaient comme des coussins de soie brûlante. Il se sentait submergé, noyé dans cette masse féminine qui lui redonnait le sentiment d'exister. Il chercha sa bouche, mais Desta se fit prédatrice. Elle s'acharna sur ses lèvres avec une fureur orgasmique, les dévorant, les aspirant comme si elle voulait lui arracher l'âme pour la loger dans son propre corps.
Elle descendit ensuite le long de son torse, sa langue traçant des sillons de feu sur sa peau pâle. Quand elle atteignit son sexe, dressé et palpitant, elle s'en saisit avec une gourmandise qui fit gémir Alexandre. Elle le suça avec un acharnement presque sauvage, ses joues pleines se creusant, ses mains pétrissant ses propres seins lourdement tombants pendant qu'elle l'honorait. Alexandre, les mains perdues dans les cheveux bouclés de Desta, sentait son bassin se soulever involontairement, porté par une extase qu'il n'avait jamais connue.
Puis, elle se redressa et écarta ses cuisses monumentales. Alexandre vit alors la clarté rose de sa vulve, protégée par un buisson de poils sombres et drus. C'était un contraste saisissant, une promesse de paradis. Il s'installa entre ses jambes, les cuisses de Desta se refermant sur ses hanches comme un étau de velours.
Il y pénétra avec une fureur douce, une rage de vivre qui explosait enfin. À chaque coup de reins, il s'enfonçait dans une chaleur humide et serrée qui semblait ne pas avoir de fin. Desta poussait des cris rauques, sa tête balayant l'oreiller, ses mains griffant les draps. Il la baisait avec un acharnement de naufragé, cherchant le fond de son être, tandis que le ventre de la jeune femme claquait contre le sien dans un rythme hypnotique.
— Plus fort, Alexandre ! Deviens moi ! criait-elle dans un souffle.
Il s'exécuta, ses mouvements devenant plus profonds, plus rudes. Il aimait la sensation de sa verge disparaissant dans cette chair sombre, il aimait l'odeur musquée qui montait de leur jonction. Desta commença à jouir, ses muscles internes se contractant avec une force inouïe autour de lui. Elle saisit le visage d'Alexandre et le ramena contre ses lèvres, l'embrassant avec une sauvagerie désespérée alors qu'il se répandait en elle, hurlant son nom, son vrai nom : « Desta ! Desta ! »
Les jours suivants ne furent qu'une longue suite de découvertes. Ils ne se quittaient plus. Alexandre découvrit que Desta n'était pas seulement un corps, mais une intelligence vive, une femme qui avait surmonté un divorce douloureux en choisissant de s'aimer inconditionnellement.
— Mon ex-mari voulait que je disparaisse, confia-t-elle un soir sur la terrasse. Il voulait que je sois plus fine, plus discrète. Mais on ne peut pas cacher la joie, Alexandre. On ne peut pas réduire Desta.
Il l'écoutait, fasciné. Il lui raconta sa vie de chiffres, son mariage avec Claire qui n'était plus qu'une cohabitation de spectres. Desta l'écoutait sans juger, posant simplement sa main massive sur la sienne, lui insufflant une force qu'il n'avait jamais possédée.
Ils faisaient l'amour partout où l'ombre les protégeait. Dans les recoins des falaises, Alexandre la prenait par derrière, ses mains s'enfonçant dans la graisse ferme de ses fesses qui vibraient sous ses assauts. Il aimait voir l'ombre de son corps dominer le sien sur le sable. Il aimait l'acharnement avec lequel elle le réclamait, comme si son appétit sexuel était le moteur même de sa vitalité éthiopienne.
Une après-midi, ils s'isolèrent dans une grotte marine. L'eau leur arrivait à la taille. Alexandre la plaqua contre la paroi rocheuse. Il souleva une de ses jambes pesantes et la pénétra avec une force renouvelée. Le sel de l'eau agissait comme un piment sur leurs peaux. Desta se jeta sur son cou, mordillant son épaule, ses seins flottant lourdement sur la surface de l'eau.
— Tu es vivant, Alexandre, murmurait-elle entre deux halètements. Sens-tu comme tu es vivant ?
Il ne répondit que par des baisers furieux, explorant chaque pli de son corps, chaque recoin de sa peau sombre. Il n'y avait plus de comptable, plus de mari, plus de honte. Il n'y avait qu'un homme et une femme, le blanc et l'ébène, la fragilité et la puissance, fusionnant dans l'écume.
La dernière nuit fut la plus déchirante. Ils savaient que le train de quatorze heures le ramènerait à Paris le lendemain. Dans la pénombre de la chambre, ils ne firent pas l'amour avec la fureur habituelle, mais avec une lenteur sacrée. Alexandre passa des heures à explorer le corps de Desta. Il embrassa le dessous de ses seins, là où la peau est la plus tendre, il lécha les vergetures argentées sur ses hanches comme si c'étaient des fils d'or, il s'attarda sur son ventre, le pétrissant avec une gratitude infinie.
Il l'étouffa une dernière fois sous son poids, cherchant à s'imprégner de son odeur, de sa chaleur, de sa densité. Quand il pénétra sa vulve pour la dernière fois, ce fut un acte de mémoire. Il voulait que chaque cellule de son sexe se souvienne de ce rose vif, de cette étreinte moite et profonde. Desta pleura doucement, ses larmes coulant sur les tempes d'Alexandre alors qu'elle le serrait contre sa poitrine monumentale.
— N'oublie pas la joie, Alexandre, souffla-t-elle alors qu'il jouissait en elle. N'oublie pas Desta.
Le lendemain, sur le quai de la gare, elle ne vint pas. C'était leur accord. Il monta dans le wagon, sa valise semblant plus légère malgré les souvenirs qu'elle contenait. Dans sa poche, il trouva un petit morceau de papier sur lequel elle avait écrit : « Le désir est une boussole. Ne te perds plus. »
Alexandre regarda défiler les paysages du Sud, puis ceux plus mornes du centre de la France. Il sentait encore sur sa peau le contact du sel et de l'ébène. Il savait que Claire l'attendait dans leur appartement aux teintes pastels. Mais il savait aussi qu'il ne pourrait plus jamais être l'ombre qu'il était.
Il ferma les yeux et revit Diane, la chasseresse de ses fantasmes, se transformer en Desta, la Joie de sa réalité. Une femme aux racines éthiopiennes et au corps d'univers avait ouvert une brèche dans sa cage. Il n'était plus un mort-vivant. Il était un homme qui avait connu l'absolu de la chair et la vérité du cœur. Et quelque part, au bord de la Méditerranée, Desta marchait probablement vers l'eau, ses seins lourds offerts au soleil, sachant qu'elle avait rendu un homme à la vie. Alexandre, lui, se fit une promesse : peu importe la suite, il ne laisserait plus jamais personne réduire sa propre joie au silence.





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أفول القداسة وميلاد الحقيقة: مراجعة نقدية لدور الدين والعلم في حماية الوجود البشري (مقال)

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أفول القداسة وميلاد الحقيقة: مراجعة نقدية لدور الدين والعلم في حماية الوجود البشري





تُمثل العلاقة بين العقل العلمي والموروث الغيبي صراعاً وجودياً وقيمياً لا يتوقف عند حدود الجدل الفكري، بل يمتد ليشمل صلب الفعالية الإنسانية والقدرة على البقاء والارتقاء. إن المتأمل في تاريخ البشرية يدرك أن لحظات الانعتاق الكبرى لم تكن يوماً نتاج استجابة لنداءات غيبية أو تقديس لنصوص قديمة، بل كانت دائماً ثمرة لسيادة العقل وتطبيق المنهج العلمي الصارم. إن المقارنة العملية بين هذين المسارين تكشف عن هوة سحيقة؛ فبينما يغرق الدين في الرجعية والجمود وعدم النفع الواقعي، يبرز العلم كالمحرك الوحيد والحقيقي للتقدم، والخادم الأمين للإنسانية في معركتها ضد الجهل والمرض والفقر. إن هذه المقارنة لا تستند إلى عواطف مجردة، بل تنطلق من نفعية واقعية تقيس قيمة الأفكار بمدى قدرتها على تحويل حياة البشر إلى الأفضل وحمايتهم من الأخطار الوجودية التي تهدد كينونتهم.
إن تفاهة الخطاب الديني تتجلى بوضوح عندما يوضع في مواجهة الأزمات المادية الحادة التي تلم بالبشرية. ففي الوقت الذي يواجه فيه الإنسان كارثة طبيعية أو وباءً مستعصياً، يلوذ الخطاب الديني بالدعاء والطقوس التي أثبتت التجربة التاريخية أنها لا تملك أي أثر فيزيائي على مسار الأحداث. إن هذا العجز البنيوي يكشف عن طبيعة الدين كمنظومة من الأوهام التي تمنح تعزية نفسية زائفة لكنها تترك الجسد البشري عرضة للتحلل والضياع. إن الرجعية الدينية تقتضي العودة دائماً إلى الوراء، إلى عصور ما قبل العلم، حيث كان الجهل هو السيد، وحيث كانت الظواهر الطبيعية تُفسر كغضب إلهي أو ابتلاء، مما يعطل ملكة التفكير النقدي ويمنع الإنسان من البحث عن الأسباب الحقيقية والحلول الناجعة. إن العلم، في المقابل، لا يقدم وعوداً فارغة بجنان مستقبلية، بل يقدم حلولاً آنية وملموسة؛ فهو الذي فكك شفرات المادة، وهو الذي اخترع المضادات الحيوية، وهو الذي صمم أنظمة الذكاء الاصطناعي التي تضاعف قدرات البشر.
إن العقل هو المختبر الذي تُصهر فيه المعارف لتتحول إلى أدوات نفعية، بينما الدين هو القيد الذي يمنع هذا الصهر بحجة الحفاظ على "المقدس". إن وصف الدين بالرجعية ليس مجرد نعت عابر، بل هو وصف دقيق لمنظومة ترى في الماضي الكمال وفي المستقبل التوجس. هذه الرؤية الانتكاسية تعيق التقدم لأنها تربط الأخلاق والسلوك بتشريعات وضعت في سياقات بدائية لم تعد تلبي احتياجات الإنسان المعاصر. إن المهن التي انبثقت عن العقل، من الطب إلى الهندسة ومن البرمجة إلى الفضاء، هي التي تشكل العمود الفقري للحضارة، بينما تظل المهن الدينية كائنات طفيلية تستهلك الموارد دون أن تقدم إضافة واحدة في مجال الإنتاج أو المعرفة. لا يمكن للمجتمع أن ينهار بغياب رجال الدين، بل إنه قد يتحرر من عبء التخريف، لكنه سينهار حتماً في غضون ساعات إذا توقف العلماء والمهندسون عن العمل. إن هذه الحقيقة العملية هي البرهان القاطع على أن العقل هو الخادم الوحيد للإنسانية، وأن الدين ما هو إلا ضجيج فارغ في فضاء الواقع.
لقد أثبتت التجربة المعاصرة، لاسيما في مواجهة التحديات الكونية، أن العلم يمتلك القدرة على التطور والتصحيح الذاتي، بينما الدين يظل سجين "الحقيقة المطلقة" الزائفة التي لا تقبل المراجعة. هذا الجمود هو ما يجعل الدين غير نافع في عالم يتسم بالتغير المتسارع؛ فالدين لا يملك إجابات عن معضلات التغير المناخي، أو هندسة الجينات، أو استعمار المريخ، بل يكتفي بالوقوف في طابور المتفرجين، محاولاً بؤساً ليّ أعناق النصوص لتتفق مع المكتشفات العلمية بعد وقوعها. إن هذه التبعية الفكرية للدين تجاه العلم تؤكد أن القيادة الفكرية والعملية للعالم قد انتقلت نهائياً إلى المختبر، وأن المعبد قد تحول إلى متحف للفلكلور لا أكثر. إن الاعتماد على العقل يمنح الإنسان كرامته عبر الاعتراف بقدرته على التحكم في مصيره، بينما يذل الدين الإنسان عبر تصويره ككائن عاجز يحتاج دائماً لوساطة غيبية لا تستجيب أبداً في لحظة الضيق.
إن المقارنة النفعية تفرض علينا الاعتراف بأن كل دقيقة تُقضى في دراسة العلوم الطبيعية والرياضيات هي استثمار في بقاء الإنسانية، بينما كل دقيقة تُقضى في حفظ المتون الدينية الغيبية هي هدر للزمن البشري. إن التقدم البشري مرهون بمدى قدرتنا على تحييد الخرافة وإحلال المنطق التجريبي مكانها. إن الفرق بين مجتمع يقدس العلم ومجتمع يقدس الدين هو الفرق بين الرفاهية والفقر، وبين الصحة والاعتلال، وبين الحرية والعبودية الفكرية. إن العلم يجمع البشر تحت مظلة الحقيقة الكونية التي لا تفرق بين عرق أو جنس، بينما الدين يفرقهم إلى طوائف ومذاهب تتصارع على أوهام لا يمكن إثباتها. لذا، فإن العقلانية تقتضي نبذ الرجعية الدينية والالتفاف حول العلم كمحرك وحيد للتقدم، فهو الذي أنار ليل البشرية، وهو الذي سيضمن لها مستقبلاً بعيداً عن ظلمات الخرافة وتفاهة اللاهوت الذي لا يغني من جوع ولا يحمي من وباء.
إن الاستغناء عن الوظائف الدينية في الدولة الحديثة ليس مجرد خيار، بل هو ضرورة عقلانية لتحقيق الكفاءة. إن الموارد الضخمة التي تُنفق على المؤسسات الدينية ورجالها هي موارد مسروقة من ميزانيات البحث العلمي والتعليم والصحة. إن المجتمع الذي يعطي للإمام أو الكاهن مكانة أعلى من الباحث أو الطبيب هو مجتمع يحكم على نفسه بالفشل والاندثار. إن الدروس التي تعلمناها من الصراعات الكبرى ومن الأزمات الصحية العالمية تؤكد أن النفعية الواقعية هي المعيار الوحيد للحق؛ فالحق هو ما ينجح في الواقع، وما ينجح في الواقع هو العلم وحده. إن العقل البشري، بتجرده وقوته التحليلية، هو الذي صنع المعجزات الحقيقية التي نعيشها اليوم، من الاتصالات الفورية إلى استبدال الأعضاء البشرية، وهي معجزات لم يستطع أي دين على مر العصور أن يحقق ولو جزءاً ضئيلاً منها. إن المستقبل للإنسان الذي يثق بعقله، وللإنسانية التي تدرك أن العلم هو سلاحها الوحيد في وجه العدم.





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تجربة جائحة كورونا والدروس المستفادة منها (مقال)

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تجربة جائحة كورونا والدروس المستفادة منها




تظل اللحظات التاريخية الكبرى، لاسيما تلك التي تتسم بطابع كارثي شمولي، هي المختبر الحقيقي الذي تُختبر فيه متانة البنى التحتية للمجتمعات البشرية، ليس فقط على المستوى المادي والتقني، بل وأيضاً على المستوى الفكري والوجودي. لقد مثلت جائحة كورونا منعطفاً حاسماً في تاريخ البشرية المعاصر، حيث وضعت العالم أجمع أمام مرآة كشفت الكثير من الحقائق التي كانت تتوارى خلف شعارات وقناعات راسخة. لم تكن الأزمة مجرد تحدٍ طبي لمواجهة فيروس مجهري، بل كانت زلزالاً هز أركان المنظومات التقليدية، وفي مقدمتها المنظومة الدينية التي لطالما قدمت نفسها كملجأ وحيد للإنسان في وقت الأزمات. لقد أعادت الجائحة ترتيب الأولويات الكونية، وفرزت القيم الحيوية عن تلك الهامشية، وأثبتت بالدليل القاطع أن البقاء والازدهار والقدرة على المواجهة لا تستند إلى الغيبيات أو الدعوات، بل إلى المعرفة العلمية والعمل المؤسساتي والمهن التي تلامس صلب الوجود المادي للإنسان.
في بداية الأزمة، ظهر جلياً التخبط الذي أصاب الخطاب الديني بمختلف تفرعاته، حيث سادت حالة من الإنكار واللجوء إلى التفسيرات الميتافيزيقية التي تنوعت بين اعتبار الوباء عقاباً إلهياً أو ابتلاءً يرفع الدرجات. ومع ذلك، اصطدم هذا الخطاب بحقيقة موضوعية صلبة، وهي أن الفيروس لا يميز بين مؤمن وملحد، ولا يتوقف عند حدود دور العبادة. لقد كان المشهد الأكثر دلالة هو إغلاق الكنائس والمساجد والمعابد، وتوقف الشعائر الجماعية الكبرى، بما في ذلك إخلاء صحن الكعبة من الطائفين لأول مرة في التاريخ الحديث. هذا الحدث لم يكن مجرد إجراء تنظيمي، بل كان إعلاناً صريحاً عن تفوق القرار السياسي المبني على المعطى العلمي على الضرورة الدينية. لقد خضعت القداسة لمقتضيات السلامة العامة، وأدرك الجميع، بمن فيهم حراس المؤسسات الدينية، أن الطقس الذي لا يحمي الجسد يصبح عبئاً على الروح، وأن الدعاء مهما بلغ من الخشوع والحرارة لم يستطع وقف انتشار البروتين الفيروسي أو منع انهيار الرئة.
إن ما كشفته الجائحة هو "عجز الفعالية" في الخطاب الديني التقليدي. فبينما كانت المختبرات العلمية تسابق الزمن لفك الشفرة الوراثية للفيروس وتطوير لقاحات تنقذ الملايين، كان رجل الدين يكتفي بإعادة تدوير نصوص قديمة لا تملك حلاً للواقع الراهن. هذا التباين الحاد بين الفعل العلمي المنجز والقول الديني المجرد أدى إلى تعرية المهن الدينية من هالة الضرورة التي أحاطت بها لقرون. لقد وجد العالم نفسه يعتمد كلياً على الطبيب الذي يواجه الموت في الخطوط الأمامية، والممرض الذي يمنح الأمل بلمسته المهنية، والعالم الذي يحدق في المجهر ليجد المخرج. هؤلاء، إلى جانب العاملين في قطاعات الاقتصاد والتجارة والخدمات اللوجستية الذين ضمنوا استمرار تدفق الغذاء والدواء، هم من شكلوا العصب الحقيقي للحياة. وفي المقابل، بدا دور الإمام والكاهن والحاخام هامشياً، بل وربما معطلاً في بعض الأحيان عندما تحول بعضهم إلى دعاة للعصيان ضد الإجراءات الصحية بحجة الحفاظ على الإيمان، مما أدى في النهاية إلى فقدان الكثير من الأرواح نتيجة التمسك بنظريات المؤامرة أو التواكل غير المدروس.
لقد سقطت الأقنعة عن تلك "الكائنات الطفيلية" التي تقتات على خوف الناس وجهلهم بالحقائق العلمية. فالأزمة أثبتت أن غياب رجل الدين عن المشهد العام لم يغير من واقع الأمر شيئاً، بل ربما ساهم في هدوء المجتمع وتركيزه على الحلول الواقعية. لم يمت أحد بسبب نقص الفتاوى أو انقطاع المواعظ، لكن الآلاف ماتوا بسبب نقص أجهزة التنفس الاصطناعي أو تأخر اللقاح. هذا الدرس القاسي أعاد تعريف مفهوم "الأهمية" في المجتمع، حيث أصبح المعيار هو القدرة على تقديم إضافة ملموسة تعزز حياة الإنسان وتحميه من التهديدات الوجودية. إن استمرارية الحياة ارتبطت بحركة الشاحنات التي تنقل البضائع وعمل المصانع التي تنتج الكمامات، ولم ترتبط يوماً بطول اللحى أو نوع الرداء الديني.
إن تجربة الجائحة تدعونا لإعادة النظر في وزن المؤسسات الدينية داخل الدولة الحديثة. فالتاريخ سيسجل أن السياسة، عندما تحررت من ضغوط الشعبوية الدينية واعتمدت على العلم، نجحت في لجم الوباء. إن القرارات التي اتخذتها الحكومات بإغلاق دور العبادة كانت قرارات عقلانية بامتياز، أدركت أن حماية الأنفس مقدمة على إقامة الطقوس. والمفارقة التاريخية هي أن الأماكن التي كانت توصف بأنها "بيوت الله" المحمية، تحولت في ذروة الأزمة إلى بؤر محتملة للموت، مما جعل الهروب منها والابتعاد عنها هو الفعل الأكثر تقديساً للحياة. هذا التحول الجذري في الوعي الجمعي يمثل بداية عهد جديد، يدرك فيه الإنسان أن مصيره معلق بين يديه، وفي قدرته على استثمار عقله وبناء أنظمة صحية واقتصادية قوية، وليس في انتظار تدخلات غيبية أثبتت التجربة صمتها المطبق أمام أنين المرضى في غرف العناية المركزة.
بالإضافة إلى ذلك، كشفت الجائحة عن هشاشة الفكر الذي يعادي العلم تحت ستار الدين. إن الذين روجوا لنظرية المؤامرة وزعموا أن إغلاق دور العبادة هو حرب على الإيمان، واجهوا الحقيقة المرة عندما حصد الوباء أرواحهم وأرواح أتباعهم. لقد كان الموت في هذه الحالة هو الحجة النهائية التي لا يمكن دحضها، حيث سقطت الأيديولوجيا أمام الميكروبيولوجيا. إن الإنسان المعاصر، وهو يستخلص دروس هذه المحنة، بات يدرك أن الخطاب الديني الذي لا يتوافق مع الحقائق العلمية هو خطاب تافه لا يستحق الالتفات إليه وقت الأزمات. إن الاحترام الحقيقي للإنسان يبدأ من تقدير عقله وحماية جسده، والمهن التي تقوم بهذا الدور هي المهن المقدسة حقاً، أما أولئك الذين يبيعون الأوهام والوعود الأخروية بينما ينهار الواقع، فقد وجدوا أنفسهم خارج سياق الزمن، كشواهد على مرحلة فكرية بائدة تجاوزتها البشرية في طريقها نحو النضج والوعي العلمي الشامل.
في الختام، إن الدرس الأكبر من جائحة كورونا هو أن العلم هو المخلص الوحيد للبشرية، وأن الأديان بممارساتها ورجالها فشلوا في الاختبار العملي الأول من نوعه في العصر الحديث. لقد استعاد الإنسان ثقته في المختبر بدلاً من المعبد، وفي الطبيب بدلاً من الفقيه. إن هذه التجربة المريرة يجب أن تكون حافزاً لإعادة هيكلة المجتمعات بحيث تُعطى القيمة الحقيقية لمن يبني ويشفي وينتج، وتُهمش تلك الأصوات التي لا تملك سوى الكلام في عالم يحتاج إلى الفعل. إن مستقبل البشرية يعتمد على قدرتنا على استيعاب هذا الدرس وتطبيقه، لضمان ألا نكون ضحايا مرة أخرى لجهل يتخفى خلف رداء القداسة، ولنؤكد أن الحياة، بجمالها وصعوبتها، تُصان بالعقل والعمل والتضامن الإنساني المبني على المعرفة، وليس على الأوهام التي بددتها رياح الجائحة.





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Marée de Minuit (nouvelle)

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MARÉE DE MINUIT




L’Océan Indien ne dort jamais vraiment, mais à cette heure indécise où la lune atteint son zénith, il semble retenir son souffle. Le ressac, un fracas d’argent sur l’encre noire de l’eau, était le seul battement de cœur audible dans l’immensité de cette plage déserte. Le sable, qui quelques heures plus tôt brûlait encore sous un soleil implacable, était devenu une étendue de soie fraîche, presque froide, invitant au repos ou à la démesure. Dans ce décor de clair-obscur, où les ombres s’allongeaient comme des doigts de géants sur la grève, Zehara se tenait immobile, face à l’horizon liquide. À trente-cinq ans, la créatrice de bijoux possédait une présence qui semblait commander aux éléments. Sa peau, d'un noir profond et velouté, ne reflétait pas la lumière de la pleine lune ; elle l'absorbait, la capturait dans les pores de son épiderme pour créer un éclat intérieur, une sorte de luminescence sourde qui rendait sa silhouette presque surnaturelle. Elle était pulpeuse, habitée par une stature impériale, un port de tête altier qui trahissait une conscience aiguë de sa propre puissance. Pour elle, cette nuit n’était pas un simple décor, mais une extension de son être, un écrin pour sa sensualité débordante.
À quelques pas derrière elle, Julien la regardait avec une intensité qui confinait à la douleur. À trente-neuf ans, l’homme d’affaires français portait sur ses épaules le poids d’un monde fait de chiffres, de contrats et de tensions permanentes. Son visage, habituellement figé dans une expression de contrôle rigoureux, se décomposait lentement sous l’effet du désir. Julien était un homme qui vivait dans la restriction, mais Zehara était son exutoire, l'unique faille dans son armure de verre. Avec elle, l'appétit sexuel qu'il refoulait au quotidien explosait avec une force dévastatrice. Il avait besoin de cette femme comme d'un contrepoids à sa propre rigidité. Il avait besoin de l'obscurité de sa peau pour oublier la clarté crue de ses bureaux de verre.
Zehara ne se retourna pas, mais elle sentit la présence de Julien. Elle laissa glisser le paréo de gaze légère qui l’enveloppait, le laissant tomber sur le sable comme une mue inutile. Elle était nue, offerte à la lune et à l’océan. Ses hanches larges dessinaient une courbe majestueuse, ses fesses étaient deux promontoires d'ébène que la lumière lunaire soulignait d'un filet de nacre. Ses seins, lourds et fiers, suivaient le rythme de sa respiration calme. Julien s’approcha, ses pas étouffés par le sable humide. Il ne dit rien. Dans ce silence magnétique, les mots auraient été une souillure.
Il posa ses mains sur les épaules de Zehara. Le contraste thermique fut le premier choc : la fraîcheur de l'air nocturne sur la chaleur irradiante de sa peau sombre. Julien commença une exploration à tâtons, comme un aveugle découvrant une sculpture sacrée. Ses doigts, longs et nerveux, parcouraient le relief du corps de Zehara. Il suivit la ligne de son cou, s'attardant sur la courbe de ses épaules avant de descendre vers l'arc de son dos. Il aimait la densité de sa chair, cette résistance ferme et souple qui caractérisait son opulence. Ses mains descendirent vers ses hanches, s'enfonçant dans la cambrure de sa taille. Chaque centimètre carré de Zehara semblait être un territoire de mystère, une géographie du plaisir que Julien cartographiait avec une dévotion fébrile.
Zehara se laissa faire, la tête basculée en arrière contre l'épaule de Julien. Elle sentait la tension de l'homme, cette vibration presque électrique qui émanait de ses mains. Elle savait qu'il était au bord de la rupture, que l'appétit qu'il partageait avec elle était sur le point de tout balayer. Elle se retourna lentement dans ses bras, faisant face à l'homme d'affaires. Dans le clair-obscur de la plage, ses yeux brillaient comme des gemmes sombres. Elle posa ses mains sur le torse de Julien, sentant le battement désordonné de son cœur à travers sa chemise de lin fin.
— L’océan attend, Julien, murmura-t-elle, sa voix ayant la profondeur des abysses. Et moi aussi.
Julien se déshabilla avec une urgence contenue, ses vêtements rejoignant le paréo de Zehara sur le sable. Il était d'une blancheur presque spectrale face à l'ébène de la créatrice. Il la fit s'allonger sur le sable frais, là où la marée montante commençait à lécher le bord de leur alcôve naturelle. Zehara s'ouvrit à lui, ses jambes s'écartant dans une invitation muette. Julien s'agenouilla entre ses cuisses, ses mains écartant délicatement les replis de sa chair sombre.
C'est à cet instant précis que la lune, dégagée de tout nuage, frappa le centre de son être. Le choc visuel fut tel que Julien en eut le souffle coupé. Au cœur de cette nuit d'encre, dans cet écrin de peau noire qui semblait avaler toute trace de couleur, le sexe de Zehara apparut, d'un rose vif, humide et floral. C'était une apparition, un contraste si violent et si beau qu'il en devenait irréel. La clarté rose de sa vulve, illuminée par l'astre nocturne, scintillait comme une pierre précieuse brute. C'était une fleur de vie éclose dans le velours du vide. Le contraste entre le rose électrique de sa muqueuse et la profondeur absolue de son ébène créait une tension esthétique insupportable, un déclencheur sensoriel qui pulvérisa les dernières barrières de Julien.
L'homme d'affaires, d'ordinaire si mesuré, fut balayé par une passion incontrôlable. Il plongea son visage contre elle, sa bouche cherchant la chaleur de ce rose miraculeux. Il lapa le sel de l'océan mêlé au musc de Zehara, sa langue explorant chaque repli de cette faille de couleur. Zehara poussa un cri qui se mêla au ressac, ses doigts s'enfonçant dans le sable, agrippant la terre comme pour ne pas s'envoler. Elle était l'océan, et Julien était le nageur qui se noyait volontairement dans ses profondeurs.
L'appétit de Julien était devenu une faim primale. Il se redressa, son corps blanc venant s'abattre sur le corps noir de Zehara. L'introduction fut un choc de textures et de températures. Il sentit la chaleur interne de Zehara l'envelopper, une étreinte de soie chaude qui semblait vouloir absorber sa propre essence. Le mouvement commença, dicté par le rythme immuable des vagues. À chaque va-et-vient, le contraste entre son sexe blanc et le rose vibrant de Zehara, entouré de son ébène, créait des éclairs de vision dans l'esprit de l'homme.
Leur étreinte devint une lutte sauvage et magnifique. Sur le sable frais, sous la lumière magnétique de la pleine lune, ils ne formaient plus qu'une seule entité, un monstre à deux dos oscillant entre l'ombre et la lumière. Zehara, avec une autorité naturelle, dirigeait le plaisir, ses hanches larges effectuant des rotations qui poussaient Julien au-delà de ses limites. Elle aimait la force de l'homme, ce besoin désespéré qu'il avait d'elle, cette façon qu'il avait de se perdre dans son opulence. Elle était son ancre et sa tempête.
Le plaisir montait comme une marée de vive-eau. Julien sentait son contrôle s'effriter totalement, chaque gémissement de Zehara étant un coup de boutoir contre sa raison. Il ne voyait plus que ce rose, cette couleur interdite et sacrée qui palpitait sous lui. Il accéléra la cadence, ses mouvements devenant erratiques, portés par une urgence qui confinait à la folie. Zehara l'accompagnait, sa respiration devenant un sifflement rauque, son corps de créatrice de bijoux vibrant comme une corde trop tendue.
L'orgasme les frappa avec la force d'une déferlante. Ce fut une explosion de sensations qui sembla suspendre le cours du temps. Zehara se cambra, son corps d'ébène formant un pont au-dessus du sable, tandis que Julien s'effondrait contre elle, se répandant dans la chaleur rose de son sanctuaire. Ils restèrent ainsi, cloués au sol par l'intensité de leur jouissance, tandis que l'écume blanche de l'Océan Indien venait mourir sur leurs jambes entrelacées.
Le silence revint, plus dense qu'avant. La lune continuait sa course, indifférente au tumulte des hommes. Julien, la tête nichée dans le cou de Zehara, sentait le battement calme de son cœur. La tension qui l'habitait quelques heures plus tôt s'était évaporée, remplacée par une lassitude délicieuse. Zehara caressait ses cheveux, ses doigts noirs glissant sur sa peau claire avec une tendresse infinie.
— Tu reviens toujours à moi, Julien, murmura-t-elle.
— Tu es la seule chose réelle dans ma vie, Zehara. Tout le reste n'est qu'une illusion de verre.
Ils se levèrent lentement, laissant l'océan rincer le sable et le sel de leurs corps. Ils marchèrent vers le bord de l'eau, laissant les vagues tièdes les envelopper. Sous la lumière argentée, Zehara semblait être une divinité marine émergeant des profondeurs. Julien l'observait, conscient que cette nuit resterait gravée en lui comme un talisman. Le choc visuel de ce rose vif contre l'ébène de sa peau serait son phare dans les jours gris de son existence citadine.
Ils restèrent longtemps à contempler l'horizon, là où le ciel et l'eau se confondaient dans une même obscurité. La Marée de Minuit avait fait son œuvre. Elle avait lavé les tensions, exacerber les désirs et révélé la beauté crue de leur union. Pour la créatrice de bijoux et l'homme d'affaires, la plage n'était plus seulement un lieu de vacances, mais un temple où ils venaient sacrifier leurs masques sociaux sur l'autel de la chair.
Zehara ramassa son paréo et s'en enveloppa, retrouvant sa posture de reine. Julien se rhabilla, mais le mouvement de ses mains était désormais plus souple, plus serein. Ils quittèrent la plage sans un mot, laissant derrière eux leurs empreintes que la marée haute allait bientôt effacer. Mais dans le silence de la nuit, le souvenir de leur passion continuait de vibrer, une musique secrète dont seuls les amants et l'océan connaissaient la partition.
La Marée de Minuit était passée, mais elle laissait derrière elle un sillage de lumière et de désir. Julien savait qu'il passerait les prochaines semaines à attendre le moment où il pourrait à nouveau écarter les jambes de Zehara et voir le miracle rose s'épanouir dans l'ombre de sa peau. Et Zehara, en marchant vers leur villa, souriait dans l'obscurité. Elle savait qu'elle était l'exutoire, la muse et la maîtresse de cet homme, et que tant que la lune brillerait sur l'Océan Indien, leur pacte de chair resterait inviolable. Dans le clair-obscur de leur existence, ils avaient trouvé la plus belle des couleurs : celle de la vie, brute et magnifique, qui refuse de s'éteindre.
L'aventure de Zehara et Julien était une célébration des contrastes, une preuve que la lumière n'est jamais aussi belle que lorsqu'elle naît au cœur des ténèbres. En franchissant le seuil de leur chambre, ils emportaient avec eux le sel de la mer et le secret de la lune, prêts à affronter le jour avec la force de ceux qui ont vu l'invisible. La nuit avait été leur alliée, l'océan leur témoin, et leur amour, une marée qui ne finit jamais de monter.
Alors que le premier signe de l'aube pointait à l'est, Zehara se tourna vers Julien une dernière fois. Le rose de son désir n'était plus visible, caché par l'ombre de ses draps, mais il brillait dans son regard. Elle était la nuit, il était le jour, et ensemble, ils étaient l'équilibre parfait d'un monde qui n'en finit pas de renaître. La Marée de Minuit s'était retirée, laissant la place à une paix souveraine, le silence des amants comblés qui n'ont plus besoin de rien, sinon de la certitude de se retrouver, nuit après nuit, au bord de l'infini.





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