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Dominique au Lac (nouvelle)

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Dominique au Lac




C’était une journée d’été radieuse, l’une de ces journées caniculaires où le ciel d’un bleu sans faille semble peser de tout son poids de chaleur sur la terre lyonnaise. Sur la petite plage nudiste qui borde le lac, non loin de la métropole, les corps dévêtus profitaient de la morsure bienveillante et brûlante du soleil. L'ambiance était à la fois paisible, suspendue et vibrante. Des éclats de rire d'enfants s’élevaient de la rive plus basse où ils jouaient avec le sable mouillé, et l’air ambiant était lourd, saturé de cette odeur si caractéristique des après-midis estivaux : un mélange d'herbe fraîchement coupée par les services municipaux et d'effluves sucrés d'huiles solaires qui lusaient sur les peaux nues. Il était environ midi, l’heure où les ombres se rétrécissent sous les pieds et où la chaleur devient presque palpable, une présence physique en soi.
Allongée sur sa grande serviette de bain, Dominique tenait entre ses mains un livre épais consacré à l’histoire et aux légendes des Vikings. C’était un ouvrage magnifiquement écrit, dense et captivant, rempli de récits de fureur et de conquêtes. Mais ce jour-là, Dominique éprouvait une peine infinie à garder les yeux ouverts. La torpeur estivale engourdissait ses membres, et la chaleur écrasante rendait ses paupières incroyablement lourdes.
Pourtant, juste au moment où elle s’apprêtait à poser le lourd volume sur le drap pour s’abandonner à une petite sieste salvatrice, toute trace de fatigue s’évapora en une fraction de seconde. D’un coup net, Dominique se retrouva parfaitement éveillée, l’esprit affûté, le cœur battant à un rythme anormal, instantanément sur ses gardes, comme si un prédateur venait d'entrer dans son périmètre. Elle tourna lentement la tête, scruta les alentours immédiats, mais ses yeux ne décelèrent d'abord rien d'inhabituel parmi les habitués de la plage. Elle tenta de se raisonner, de se concentrer à nouveau sur les lignes noires imprimées sur le papier jauni, mais son attention était définitivement brisée. C’est alors que, du coin de l’œil, un mouvement attira son attention. Quelqu’un marchait à une cinquantaine de mètres de là, le long de la lisière des arbres. Une silhouette qui fit l'effet d'un coup de poignard dans sa mémoire.
Cette démarche féline, souple et assurée, cette carrure masculine aux cheveux d’un noir de jais et arborant une courte barbe sombre, taillée avec une précision millimétrée. C'était Stéphane. Un violent choc thermique sembla traverser tout l'être de Dominique : elle sentit la chair de poule envahir instantanément sa peau, tandis que le sang quittait son visage, lui laissant les joues glacées malgré la canicule environnante. Non, son esprit se rébellait, la logique protestait. Ça ne pouvait pas être lui. Qu’aurait fait Stéphane dans cet endroit, à ce moment précis de sa vie ?
Dominique n’osait pas vraiment tourner franchement le regard dans sa direction. L’angoisse lui nouait douloureusement l'estomac. Et si c’était réellement lui ? Et s’il tournait les yeux vers elle, s’il s’apercevait de sa présence sur cette plage, comment réagirait-il ? Est-ce qu’il choisirait de l’ignorer superbement, de feindre l'indifférence totale comme il le faisait si cruellement depuis maintenant huit longues années, depuis le jour de leur rupture fracassante ? L’expérience lui avait pourtant appris que la première intuition, celle qui naît dans les tripes avant de monter au cerveau, est généralement la bonne. Si cet homme était bel et bien Stéphane, et s’il venait à croiser son regard, l'issue serait inévitable et destructrice. Ils se feraient du mal, à nouveau. Ils sombreraient instantanément dans cette dynamique toxique et irrésistible qu’ils connaissaient si bien, cette volonté farouche de jouir dans la douleur, une douleur que Stéphane excellait à lui faire ressentir jusqu’au plus profond de sa chair.
En temps normal, Dominique se ressentait parfaitement bien dans sa nudité sur cette plage. Elle s’y sentait forte, pleinement à l’aise dans ce corps de femme qu’elle avait mis tant d’années à apprivoiser, à aimer et à accepter. Ce n’était pas parce qu’elle se considérait comme le possesseur d'un corps androgyne ou répondant aux critères stricts et filiformes des magazines de mode, bien au contraire. Dominique était une femme ronde, résolument *curvy*, avec des hanches généreuses, des cuisses pleines et charnues, des fesses rebondies et une poitrine opulente qui attirait naturellement les regards. Les fantômes de l’enfance ne s’effacent jamais tout à fait, et en elle vivait encore parfois la petite fille autrefois harcelée à l’école, celle que les camarades cruels et immatures traitaient de « grosse » ou de « bouboule » dans la cour de récréation.
Pourtant, lorsqu’elle regardait aujourd'hui les photos de son enfance avec le recul de l'adulte, Dominique n’y voyait qu’une enfant tout à fait normale, une fillette mignonne, souriante et manifestement joyeuse. Certes, elle avait toujours été un peu plus costaude que la moyenne, plus grande aussi, mais elle n'avait certainement jamais été grosse. Elle se souvenait d'une enfance passée à courir, à faire du sport, à bouger constamment. Mais sa sensibilité extrême, combinée à une éducation familiale très protectrice, avait fait d'elle une proie facile pour les harceleurs de l'époque, lui laissant des blessures d'estime de soi qui avaient mis des décennies à cicatriser.
Sur cette plage naturiste, d'ordinaire, cette vulnérabilité passée s’effaçait totalement. Dominique ressentait sa propre force à travers sa nudité, appréciant ses formes pleines, ses muscles bien développés par des années de natation régulière qui bougeaient harmonieusement sous sa peau dorée, savourant la souplesse et l’agilité retrouvées de son corps voluptueux. Mais la simple apparition de la silhouette lointaine de Stéphane balaya instantanément cette belle assurance chèrement acquise. Soudain, un besoin impérieux de se cacher, de se soustraire à un regard prédateur la submergea. Elle voulut attraper frénétiquement son paréo de coton, s’enrouler dedans pour couvrir ses seins généreux qui, sous l’effet d’une décharge massive d’adrénaline et d'une excitation soudaine, la faisaient presque souffrir. Ses tétons étaient devenus d'un coup terriblement durs et enflés, pointant fièrement. Dominique dut se rendre à l’évidence anatomique : une sensation de chaleur liquide commençait à poindre entre ses cuisses. Elle devenait follement humide. Le simple fait de penser à Stéphane, d'évoquer son souvenir et son autorité charnelle, provoquait en elle une excitation immédiate, incontrôlable, une constante biologique qui n’avait jamais faibli en huit ans. Et cette pensée était profondément dérangeante : la constatation amère que, même après presque une décennie de séparation, de silence et de reconstruction, cet homme possédait toujours le pouvoir absolu de la troubler et de l'exciter au-delà de toute raison.
Devait-elle tout de même tourner la tête et regarder franchement en sa direction ? Juste pour lever le doute, pour se prouver que son esprit obsessionnel lui jouait des tours ? Mais elle connaissait trop bien Stéphane ; elle savait pertinemment que si elle posait les yeux sur lui, il posséderait ce sixième sens animal qui lui ferait ressentir la brûlure de son regard dans son dos. Non, la fuite restait la solution la plus sage pour préserver sa santé mentale. Elle devait partir, quitter cette plage immédiatement.
Saisissant son portefeuille et son téléphone portable d'une main tremblante, Dominique s’enroula rapidement dans le tissu léger de son paréo coloré, qui épousait les courbes généreuses de ses hanches. Elle abandonna momentanément sa serviette et son livre sur le sable et se dirigea d'un pas pressé vers la petite buvette de la plage, cet établissement en bois un peu usé où l’on vendait des cafés, des sandwiches et des snacks aux estivants. Elle commanda une tasse de café noir et un sandwich au comptoir, puis alla s’installer à une table isolée, tout au fond de la terrasse ombragée. Elle commença à manger, mais elle mâchait les aliments de manière purement mécanique, sans en savourer la moindre miette. Sa gorge était sèche, nouée. Elle se répétait en boucle qu’elle devait se calmer, rationaliser la situation, relativiser cette panique irrationnelle. Stéphane ne pouvait pas être là. Pourquoi acceptait-elle de se laisser autant perturber par une simple ressemblance physique ?
Assise à cette table, le regard perdu dans le vide éblouissant du lac, ses pensées dérivèrent invinciblement vers le passé, faisant un bond de huit ans en arrière. Elle revit ce moment crucial, cette période de rupture où ils avaient fini par ne plus se comprendre du tout, ou peut-être par trop se comprendre. Leur histoire n'avait jamais été une idylle ordinaire faite de rendez-vous galants et de douceurs partagées. Leur lien, essentiellement sexuel, passionnel et psychologique, était devenu au fil des mois beaucoup trop sombre, trop lourd à porter pour l’un comme pour l’autre. Dominique et Stéphane s'étaient engouffrés ensemble dans une spirale où la souffrance, la domination et la soumission devenaient le carburant exclusif du plaisir. Pendant tout le temps qu’avait duré leur liaison incandescente, ils avaient joui dans la douleur, repoussant sans cesse les limites de ce que leurs corps et leurs esprits pouvaient endurer, jusqu’à ce que la corde rompe et menace de les détruire.
Alors qu’elle ressassait ces images sombres, Dominique sentit quelque chose de nouveau bouillonner dans son cerveau : une petite colère noire, salvatrice et orgueilleuse, commença à naître en elle. Après tout, de quel droit ? Que faisait-il ici ? C’était sa plage à elle ! Elle venait ici depuis des années, elle y avait ses habitudes, elle y avait le droit absolu d’être en paix avec son corps curvy et son esprit serein. Stéphane n’avait rien à y faire. Qu’il s'en aille s’allonger sur une autre plage, à l'autre bout de la région s'il le fallait ! Elle refusa soudain l'idée d'être chassée comme une bête peureuse par un fantôme du passé. Elle voulait retourner sur le sable, sentir la caresse brûlante du soleil sur ses fesses rebondies, se laisser emporter à nouveau par les récits de son magnifique livre sur les Vikings. Elle ne se laisserait pas intimider ni chasser de son territoire. Sa décision était prise : elle allait l’ignorer superbement. Elle ferait comme s’il n’existait pas, comme si elle ne l’d'écelait pas. Et mieux encore, si le hasard l'amenait à passer près de lui pour aller se baigner, elle le regarderait droit dans les yeux, la tête haute, pour lui montrer qu'il n'avait plus aucune prise sur elle. Cet intrus ne méritait même pas qu’elle baisse le regard.
Elle quitta la terrasse de la buvette, revint vers son emplacement initial et réinstalla sa serviette bien droite sur le sable chaud. Elle s’allongea de tout son long, laissant ses formes s'étaler magnifiquement sous les rayons du soleil, et rouvrit son livre, s’efforçant de fixer son attention sur les caractères imprimés, relisant trois fois la même phrase sans en imprégner son esprit. Une heure passa ainsi, une heure d'une tension invisible mais suffocante où chaque muscle de son corps restait contracté, à l'écoute du moindre bruit de pas sur le sable. La chaleur étant devenue trop lourde à supporter, Dominique décida qu’il était temps de chercher un peu de fraîcheur dans les eaux calmes du lac. Elle se leva d'un mouvement fluide, laissa tomber son paréo au sol, révélant la plénitude superbe de ses hanches et de sa poitrine, et avança vers l’eau. Elle entra dans le liquide frais, s’immergea complètement et commença à faire quelques longueurs de brasse régulières.
En nageant parallèlement à la rive, elle réalisa avec un frisson que sa trajectoire allait la faire passer non loin de l'endroit exact où la silhouette de Stéphane s'était installée. C’était l'occasion parfaite, le test ultime. À travers les verres teintés en bleu de ses lunettes de natation, Dominique pouvait observer les gens sur la plage sans que personne ne devine où se posaient exactement ses yeux. Elle ralentit volontairement ses mouvements de brasse, se laissant porter par l’eau tout en scrutant intensément la berge dans sa direction. L’homme était là, à quelques mètres de l'eau. Il était allongé de tout son long sur le ventre, le visage enfoui dans ses bras croisés, sa peau mate bronzant sous le soleil. Même avec l'avantage des verres teintés, la distance et sa position l'empêchaient d'acquérir une certitude mathématique. Était-ce Stéphane ou un parfait sosie biologique ? Impossible à dire avec une absolue rigueur. Frustrée, le cœur lourd et le corps grelottant légèrement sous l'effet combiné de l'eau fraîche et de la nervosité ambiante, elle cessa de nager. Elle sortit de l'eau et retourna, la tête haute et les épaules droites, vers sa serviette. Elle attrapa sa grande garniture de bain, sécha rapidement la cambrure de ses hanches et ses seins lourds, passa une brosse rapide dans ses longs cheveux mouillés pour les discipliner et commença à marcher d'un pas ferme en direction du petit bâtiment en béton qui abritait les sanitaires de la plage.
L'interior du bloc sanitaire était frais, presque glacial par contraste avec la fournaise extérieure, et exhalait cette odeur typique de béton mouillé, de renfermé et de désinfectant chloré. Dominique utilisa les toilettes, se lava soigneusement les mains au lavabo de métal et s'apprêta à franchir la lourde porte pour ressortir sous la lumière aveuglante du soleil lyonnais. Mais au moment précis où elle posa le pied sur le seuil pour quitter les lieux, une main d’une force phénoménale et parfaitement mémorisée jaillit de l'ombre du couloir, saisit fermement son bras dénudé et la poussa brutalement en arrière, la projetant à nouveau dans l’espace exigu et sombre des WC individuels.
La surprise et la violence de l'impact furent si totales que sa gorge se serra instantanément, lui coupant le souffle. Elle voulut hurler, appeler à l’aide, laisser sortir un cri de terreur pure qui aurait alerté la plage entière, mais avant même que le moindre son ne puisse franchir ses lèvres, une paume large, lourde et rugueuse s’abattit impitoyablement sur sa bouche, étouffant sa tentative dans l'œuf. Sans qu’elle ait le temps ou la force physique de se retourner pour apercevoir le visage de son agresseur, la main qui lui serrait le bras glissa avec une rapidité et une dextérité impressionnantes vers sa chevelure encore humide. Les doigts se crispèrent sauvagement sur ses cheveux à la racine, les tirant en arrière avec une violence calculée qui lui arracha une grimace et projeta sa tête en arrière.
Sous la pression irrésistible de cette poigne masculine, Dominique fut poussée à genoux sur le sol carrelé et humide. Ses seins généreux, lourds et sensibles, vinrent s’écraser brutalement contre le rebord en céramique blanche et glacée de la cuvette des toilettes. À cet instant précis, une double sensation contradictoire et violente s’empara de tout son être : une terreur panique face à l’agression physique, et en même temps, une familiarité si profonde, si viscérale, qu’elle en eut le vertige. Cette odeur masculine qui emplissait maintenant l'espace confiné de la cabine, ce parfum de peau chauffée par le soleil mêlé à des notes boisées et cuirées d’une eau de toilette qu’elle aurait reconnue entre dix mille, cette assurance absolue, chirurgicale et dominatrice dans les gestes. Il n’y avait plus de place pour le doute ou l'illusion. C'était Stéphane. Sans retirer une seule seconde la main qui maintenait sa bouche close, l'homme utilisa son autre main pour sortir de sa poche un bandeau de tissu noir et épais, qu'il noua fermement autour de ses yeux, la plongeant instantanément dans une obscurité artificielle et totale. Et là, de manière totalement paradoxale et effrayante, un calme lourd envahit le corps de Dominique. Les battements frénétiques de son cœur commencèrent instantanément à ralentir pour adopter un rythme lourd et sourd. La certitude l'apaisait, la soumettait : le maître de son passé était de retour pour réclamer son dû.
Stéphane retira enfin sa main lourde de sa bouche. Ses doigts descendirent le long de son cou, y imprimant une pression d'avertissement. Il saisit ses hanches généreuses et charnues, l’aida à se lever légèrement et la fit pivoter d'un bloc pour l’asseoir de force sur la cuvette fermée des toilettes. Dominique était désormais aveugle, entièrement livrée à ses autres sens exacerbés par l'obscurité. Dans le silence de la cabine, elle entendit le froissement d’un short de bain que l'on baisse, le bruit sec d'une fermeture Éclair, puis elle sentit la chaleur irradiante d'une peau masculine contre son visage. Un gland massif, lourd, brûlant et palpitant de vie, vint appuyer fermement, avec une arrogance tranquille, directement contre ses lèvres closes. Le souvenir des années de débauche partagée remonta en une fraction de seconde à la surface de sa conscience. Allait-il pousser sa virilité directement dans sa bouche ? Une envie sauvage, une faim primitive et honteuse qu’elle croyait avoir définitivement enterrée s’empara de ses entrailles : Dominique avait une envie folle de le sentir, de ressentir cette épaisseur familière et dominatrice envahir sa gorge. Est-ce que Stéphane voulait la sentir elle aussi, retrouver le goût unique de sa salive ? Ou son unique but était-il de lui faire expérimenter à nouveau cette douleur aiguë, cette frontière obscure entre le plaisir et le supplice qu’ils prenaient tant de plaisir à explorer autrefois ?
Une voix basse, rauque, chargée d'une intensité sombre et d'une autorité sans réplique, résonna juste au-dessus de son visage :
« Tu la veux dans ta bouche ? »
Dominique n'hésita pas une seule seconde. Sa voix fusa, à la fois soumise, brisée et terriblement impatiente :
« Oui. »
Elle aimait ce danger, elle l’avait toujours aimé plus que sa propre sécurité. C’était son vice secret, sa drogue la plus dure, celle dont on ne décroche jamais vraiment. Dominique ouvrit grand la bouche, abandonnant toute dignité, et sans la moindre transition, Stéphane enfonça sa bite raide, épaisse et imposante profondément dans sa gorge. L'invasion fut si subite, si totale et si profonde que le réflexe de rejet biologique la prit au dépourvu ; elle faillit vomir, ses sens vacillant tandis que des larmes de soumission perlaient derrière le bandeau noir. Une question absurde et lointaine traversa son esprit embrumé : avait-elle réellement trouvé cela agréable pendant toutes ces années ? Par pur réflexe de survie, elle tenta de reculer légèrement la tête pour reprendre un filet d'air, mais la main puissante de Stéphane se referma immédiatement comme un étau d'acier sur sa nuque, verrouillant impitoyablement sa position. Il la tint fermement, interdisant le moindre mouvement de repli, et commença à baiser sa gorge à un rythme rapide, régulier, mécanique et impitoyable. Dominique entendait la respiration de Stéphane devenir de plus en plus lourde, de plus en plus sauvage et saccadée au-dessus d'elle. Et malgré l'inconfort physique, malgré le manque d'air qui faisait battre ses tempes, elle aimait ça de tout son être. Le plaisir brut et le contrôle total de l'homme la nourrissaient. Son gland battait le fond de sa gorge avec une violence superbe, et à la manière dont les cuisses de Stéphane se tendaient contre ses joues, elle sut que s’il poursuivait ce manège encore quelques instants, il allait jouir. Veut-il laisser son empreinte, déverser son flot brûlant directement au fond de sa gorge ?
Mais Stéphane se retira brusquement, privant sa bouche de sa chaleur avec une soudaineté qui la laissa haletante. Sans lui laisser le temps de récupérer ses esprits, il la saisit par ses hanches curvy, la força à se lever du siège et fit pivoter son corps voluptueux pour que son dos soit désormais totalement tourné vers lui. Il la poussa en avant avec fermeté, l’obligeant à se pencher en avant sur le rebord de la céramique. Dans son obscurité, Dominique ressentit une pointe de regret nostalgique ; elle aurait tellement voulu que cette confrontation charnelle se passe autrement, elle aurait voulu être baisée debout par lui, face à face, pour plonger ses yeux dans les siens, pour sentir la chaleur de son souffle embraser son oreille, pour sentir ses seins lourds et ses tétons raides s’écraser contre la barrière de son torse velu et musclé.
Mais il n’y avait pas de place pour la tendresse ou le romantisme dans ce rituel de retrouvailles violentes. Stéphane n'était pas là pour l'aimer, il était là pour la posséder et lui rappeler à qui appartenait son corps. Sans aucun préambule, il écarta les fesses rebondies et charnues de Dominique, guida sa bite dure et impatiente directement à l'entrée de sa chatte inondée de désir, et s'y enfonça d'un coup sec et profond. Dominique laissa échapper un long gémissement de soulagement et de plaisir alors que l'épaisseur de l'homme comblait enfin son vide de huit années. Les deux mains de Stéphane remontèrent immédiatement le long de ses flancs ronds pour enserrer ses seins opulents à les broyer, ses doigts experts agrippant ses tétons gonflés pour les pincer violemment. La douleur physique se mêla instantanément à une décharge de plaisir électrique d'une intensité insoutenable. Dominique glissa sa propre main entre ses cuisses de feux, chercha son clitoris gorgé de sang et commença à le masser frénétiquement, à le pincer fort entre son pouce et son index. L'effet fut foudroyant : une première vague de jouissance volcanique, chaude et dévastatrice, submergea tout son être, la faisant trembler de la tête aux pieds. En temps normal, dans leurs jeux d’autrefois, Stéphane se serait arrêté à ce moment-là. Il aurait pris le temps, il aurait voulu la regarder jouir, analyser les expressions de son visage avant de poursuivre. Mais aujourd’hui, les retrouvailles exigeaient une urgence sauvage. Il continua à la baiser sans marquer la moindre pause, imposant des va-et-vient de plus en plus profonds et rapides, imposant sa cadence dans ce petit espace étouffant, chaud et confiné, qui exhalait cette odeur si particulière des toilettes publiques en été, un mélange de terre sèche, de poussière, de sueur et d’ammoniac.
Soudain, alors que le rythme atteignait un point de non-retour, Dominique sentit une grosse goutte froide tomber et glisser lentement dans la raie de ses fesses. Un crachat. Le signal infâme et excitant était clair, le rituel de soumission n'était pas encore à son apogée. Le doigt de Stéphane commença à tourner en cercles insistants et lourds autour de son anus contracté, pressant l'entrée étroite qui se refusait encore. Mais le temps que Stéphane prenait normalement à l'époque pour masser la zone avec soin, pour l'étirer progressivement afin d'éviter les blessures, il décida cette fois, dans sa fureur possessive, de ne pas le prendre. Le passé n'était pas une négociation aimable. Stéphane retira brusquement sa verge de sa chatte humide, plaça le gland ruisselant directement contre son anus tendu et, d’une poussée unique, rectiligne et d'une violence inouïe, enfonça tout son membre d’un coup jusqu'à la garde.
Une douleur fulgurante, comme une déchirure de feu liquide, traversa tout le bassin de Dominique. Elle voulut hurler de toutes ses forces, remplir le bâtiment de béton de ses cris de souffrance pure, mais Stéphane avait anticipé sa réaction avec une habitude parfaite et machinale. Au moment même de l’impact anal, il lui enfonça trois doigts profondément dans la bouche, bloquant ses dents et ses cordes vocales, étouffant ses plaintes dans sa propre gorge. Dominique lorgna l'obscurité de son bandeau, sa langue goûtant le sel et la sueur des doigts de Stéphane, tandis que la douleur se transformait, par un glissement pervers des sens, en une extase intolérable. Il ne s'arrêta pas une seconde pour lui laisser le temps de s'habituer à cette intrusion sacrilège ; Stéphane commença à la pilonner, profondément, violemment, chaque coup de butoir résonnant jusque dans son abdomen et faisant bouger tout son corps curvy. Dominique vit des étoiles de douleur et de plaisir s'allumer derrière ses paupières closes, et ses jambes charnues, devenues de véritables cotons, se mirent à trembler de manière incontrôlable sous le poids de l'assaut. Stéphane continuait son mouvement destructeur, elle l’endurait en gémissant contre ses doigts, l’accentuant elle-même en repoussant ses fesses vers l'arrière pour en prendre toujours plus. Elle l’endit enfin pousser un gémissement de plus en plus aigu, un râle de mâle dominant qui touche au but, puis elle sentit tout son corps d'homme être secoué de convulsions brutales et répétées contre ses fesses. Dans un dernier élan de violence sauvage, Stéphane se figea, son membre se gonflant encore à l'intérieur d'elle. Il avait éjaculé.
Le retour à la réalité fut presque aussi brutal que l'agression initiale. D’un geste sec, froid et sans la moindre délicatesse résiduelle, Stéphane arracha le bandeau noir de ses yeux, la laissant vaciller sur ses genoux, complètement éblouie et étourdie par la faible lumière du jour qui filtrait péniblement par le vasistas poussiéreux. Avant même que Dominique ne puisse retrouver ses esprits, rassembler ses forces ou faire le moindre mouvement pour se couvrir, elle entendit le déclic métallique de la serrure et le bruit sourd de la porte des toilettes qui se refermait lourdement. Stéphane était parti. Il s'était volatilisé aussi vite qu'il était apparu.
Le silence qui suivit dans la cabine était presque irréel, lourd de fluides, de sueur et de non-dits destructeurs. Dominique resta un long moment immobile, les fesses appuyées contre la céramique, tentant de reprendre son souffle coupé et de retrouver un semblant d’équilibre physique. Ses cuisses curvy tremblaient encore sous l'effet des spasmes. Elle se traîna péniblement jusqu'aux lavabos extérieurs, ouvrit le robinet d'eau froide à fond et s’aspira de grandes poignées d’eau glacée sur le visage et sur le corps pour refroidir ses joues brûlantes et effacer les traces de larmes, de salive et de sueur. Elle passa ses mains tremblantes dans ses cheveux mouillés pour remettre un peu d'ordre dans son apparence, s'assurant avec une discipline de fer que rien ne trahissait la tempête charnelle qui venait de ravager son existence.
Elle sortit enfin du bâtiment de béton, traversa l'esplanade baignée de soleil et retourna d'un pas qu'elle s'efforçait de rendre mesuré vers sa serviette de bain. C’est alors que, trouvant enfin le courage psychologique qui lui avait fait défaut toute la matinée, Dominique osa tourner franchement les yeux vers l'emplacement de l'homme. À cet instant précis, comme s'il avait anticipé son retour et calculé la portée de son geste, Stéphane se retourna à son tour sur sa serviette. Il la regarda droit dans les yeux, sans ciller. À cette distance, elle ne pouvait distinguer les détails infimes de son visage, mais sa mémoire et son corps suppléèrent immédiatement à la distance : Dominique revit avec une clarté parfaite ses yeux d’un vert clair unique, parsemés de petites taches brunes, ce regard de prédateur qui l’avait autrefois captivée, soumise et détruite. Après quelques secondes d'une fixité insoutenable qui figea le sang dans ses veines, Stéphane se détourna à nouveau avec une indifférence feinte, s'allongea nonchalamment sur le dos pour continuer à bronzer, s'offrant au soleil comme si absolument rien ne s'était produit dans l'ombre des sanitaires.
Dominique se laissa glisser de tout son poids sur sa propre serviette, son corps curvy encore vibrant de la douleur et du plaisir mêlés qui pulsaient entre ses cuisses. C'est alors qu'elle sentit son téléphone portable, resté posé sur son paréo, vibrer bruyamment contre le sable. Elle le saisit d'une main tremblante, déverrouilla l'écran lumineux. Un message provenant d’un numéro masqué, mais dont elle connaissait l'auteur au plus profond de sa chair, s’afficha instantanément : « Est-ce que cela t’avait manqué autant qu’à moi, Dominique ? »




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