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Nuit d’Orage Ă Montmartre
Le quartier de Montmartre sentait la pluie chaude d’Ă©tĂ© et le pain qui sort du four Ă cette heure tardive. Camille et LĂ©a habitaient une petite maison Ă©troite rue des Saules, avec un escalier en bois qui grinçait comme un vieux film et une terrasse minuscule oĂą les plantes en pot luttaient contre le vent.
Camille, trente-quatre ans, Ă©tait une femme trans depuis sept ans. Elle avait gardĂ© ses cheveux châtains mi-longs, lĂ©gèrement ondulĂ©s, et portait ce soir-lĂ une robe chemise en lin beige ouverte sur trois boutons, assez pour laisser deviner la courbe pleine de sa poitrine hormonale et le creux entre ses seins. Ses lèvres Ă©taient peintes d’un rouge mat discret, ses yeux soulignĂ©s d’un trait fin. Elle se sentait belle, ce soir. Pas parfaite. Juste belle.
LĂ©a, sa femme depuis cinq ans, Ă©tait plus petite, plus nerveuse, avec des cheveux courts poivre et sel et un rire qui partait en cascade sans prĂ©venir. Elle travaillait comme restauratrice de tableaux anciens et rentrait souvent tard, les mains tachĂ©es de solvants et d’amour.
Elles Ă©taient allĂ©es boire un verre au Caveau des Oubliettes, un bar jazz cachĂ© sous la butte. Elles aimaient y aller les soirs d’orage : la foule se resserrait, les corps se frĂ´laient, l’air devenait Ă©lectrique.
C’est lĂ qu’il est apparu.
Il s’appelait Vincent. Grand, Ă©paules larges sous une chemise bleu nuit lĂ©gèrement ouverte, barbe de trois jours, regard noisette qui ne fuyait pas. Il s’Ă©tait approchĂ© du bar pour commander un gin tonic et avait croisĂ© le regard de Camille. Pas un regard de prĂ©dateur. PlutĂ´t celui de quelqu’un qui vient de reconnaĂ®tre une mĂ©lodie qu’il n’espĂ©rait plus entendre.
« Vous dansez ? » avait-il demandĂ©, la voix grave, sans dĂ©tour.
Camille avait souri, un peu moqueuse.
« Ma femme dĂ©cide si on danse ce soir. »
Léa, assise sur le tabouret voisin, avait tourné la tête, un sourcil levé.
« Ta femme dit : vas-y. Mais ramène-le après. »
Vincent avait ri, un rire franc, surpris. Il avait tendu la main Ă Camille. Ils avaient dansĂ© sur un vieux standard de Nina Simone, lentement, leurs corps se cherchant sans hâte. LĂ©a les regardait depuis le bar, un sourire en coin, les doigts jouant avec le pied de son verre de vin rouge. Elle aimait voir Camille dĂ©sirĂ©e. Ça la rendait fière. Et ça l’excitait.
Une heure plus tard, ils étaient tous les trois sous la pluie tiède qui tombait en rideau sur les pavés de la rue Lepic.
Camille marchait entre eux, une main dans celle de LĂ©a, l’autre effleurant parfois le bras de Vincent. Personne ne parlait beaucoup. L’orage grondait au loin, les Ă©clairs stroboscopaient les façades blanches.
Arrivés devant la porte bleu pétrole, Léa sortit sa clé.
« Tu entres ? » demanda-t-elle Ă Vincent, sans prĂ©ambule.
Il hocha la tĂŞte.
Ă€ l’intĂ©rieur, l’appartement sentait la cire d’abeille, le jasmin du diffuseur et un peu l’humiditĂ© de la pluie sur leurs vĂŞtements. LĂ©a alluma seulement la guirlande lumineuse qui courait le long du mur du salon. Ambre doux, intime.
Camille se tourna vers Vincent, posa les deux mains Ă plat sur son torse.
« On ne fait pas semblant ici. On dit ce qu’on veut. On arrĂŞte quand quelqu’un dit stop. D’accord ? »
« D’accord. »
LĂ©a s’approcha par derrière, glissa ses bras autour de la taille de Camille et embrassa sa nuque.
« DĂ©shabille-la doucement », murmura-t-elle Ă Vincent.
Il obĂ©it. Les boutons de la robe chemise s’ouvrirent un Ă un. La robe glissa sur les Ă©paules de Camille, rĂ©vĂ©lant un soutien-gorge en dentelle noire, la poitrine ronde et lourde, les tĂ©tons dĂ©jĂ durs sous le tissu fin. Vincent posa les lèvres sur sa clavicule, descendit lentement vers la vallĂ©e entre ses seins. Camille ferma les yeux, soupira.
LĂ©a, pendant ce temps, dĂ©boutonna la chemise de Vincent, caressa son torse, mordilla son Ă©paule. Puis elle s’agenouilla devant Camille, fit glisser la culotte en soie noire le long de ses cuisses. Le sexe de Camille, dĂ©jĂ dur, se dressa, Ă©pais, veinĂ©, luisant lĂ©gèrement Ă la lumière tamisĂ©e.
LĂ©a le prit en bouche sans attendre, lentement, profondĂ©ment, les yeux levĂ©s vers ceux de sa femme. Camille gĂ©mit, attrapa les cheveux courts de LĂ©a d’une main, posa l’autre sur l’Ă©paule de Vincent pour ne pas vaciller.
Vincent embrassait maintenant la poitrine de Camille, suçait un tĂ©ton Ă travers la dentelle, puis l’autre. Il dĂ©grafa le soutien-gorge d’un geste prĂ©cis. Les seins lourds tombèrent dans ses paumes. Il les massa, les pinça doucement, arrachant Ă Camille des petits cris Ă©touffĂ©s.
Léa se releva, embrassa Camille à pleine bouche, partageant le goût de son sexe. Puis elle se tourna vers Vincent.
« Ă€ genoux. »
Il obĂ©it. LĂ©a guida son visage entre les cuisses de Camille. Vincent lĂ©cha, d’abord doucement, puis plus avidement, la langue plate sur toute la longueur, puis concentrĂ©e sur le gland, aspirant, tourbillonnant. Camille tremblait, les jambes Ă©cartĂ©es, les mains dans les cheveux des deux.
LĂ©a se dĂ©shabilla Ă son tour – jean slim, dĂ©bardeur noir, culotte assortie. Elle s’allongea sur le canapĂ©, jambes ouvertes.
« Viens lĂ , ma belle. »
Camille s’agenouilla entre les cuisses de sa femme, embrassa son ventre, descendit jusqu’Ă son clitoris qu’elle lĂ©cha avec une tendresse possessive. LĂ©a gĂ©mit fort, attrapa les cheveux de Camille.
Vincent, derrière, caressa les fesses rondes de Camille, Ă©carta doucement, trouva l’entrĂ©e dĂ©jĂ humide de dĂ©sir. Il cracha dans sa main, lubrifia son sexe, puis entra lentement.
Camille poussa un long râle contre le sexe de LĂ©a. Vincent s’enfonça jusqu’Ă la garde, resta immobile un instant pour la laisser s’habituer, puis commença Ă bouger, des va-et-vient profonds, rĂ©guliers.
Léa, excitée par la vue, par les bruits, par les tremblements de sa femme, se cambra, jouit la première dans un cri rauque, les cuisses serrées autour du visage de Camille.
Camille releva la tête, les lèvres luisantes, les yeux brillants.
« Baise-moi plus fort. »
Vincent accĂ©lĂ©ra, claqua contre elle, une main sur sa hanche, l’autre glissant sous son ventre pour caresser son sexe en rythme. Camille se cambra, cria, jouit violemment, son corps secouĂ© de spasmes, son sexe pulsant dans la main de Vincent tandis que son cul se contractait autour de lui.
Vincent ne tint pas longtemps après ça. Il se retira juste à temps, se branla rapidement et se vida sur les fesses et le bas du dos de Camille en grognements sourds.
Ils restèrent là , haletants, collés par la sueur et le sperme.
LĂ©a fut la première Ă bouger. Elle embrassa Camille longuement, puis se tourna vers Vincent et l’embrassa aussi, doucement, presque tendrement.
« Tu restes boire un verre ? » demanda-t-elle.
Il sourit, un peu sonné.
« Avec plaisir. »
Ils passèrent Ă la cuisine. LĂ©a sortit une bouteille de cĂ´tes-du-rhĂ´ne, trois verres. Camille, nue sous une chemise ouverte appartenant Ă LĂ©a, s’assit sur le plan de travail, les jambes pendantes. Vincent, torse nu, pantalon remontĂ© mais pas boutonnĂ©, s’adossa au frigo.
Ils parlèrent de tout et de rien : de jazz, de peinture, de voyages qu’ils n’avaient jamais faits. Ă€ un moment, LĂ©a posa sa main sur la cuisse de Camille, caressa distraitement.
« Tu sais, dit-elle Ă Vincent, on ne fait pas ça souvent. Mais quand on le fait… on le fait bien. »
Vincent leva son verre.
« Ă€ vous deux. »
Camille sourit, porta le sien aux lèvres.
« Et Ă la prochaine fois qu’il pleut sur Montmartre. »
Dehors, l’orage s’Ă©loignait. La pluie continuait, douce, presque caressante.
Ă€ l’intĂ©rieur, trois corps encore chauds, trois sourires complices, et la promesse muette que la nuit n’Ă©tait pas vraiment terminĂ©e.
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