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Le Suicide de la Raison : Chronique d’une gauche qui a dressĂ© son propre Ă©chafaud en Iran (article)

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Le Suicide de la Raison : Chronique d’une gauche qui a dressĂ© son propre Ă©chafaud en Iran


L’histoire de l’alliance entre la gauche iranienne et le mouvement khomeiniste Ă  la fin des annĂ©es 1970 constitue l’une des leçons les plus cruelles de l’histoire politique mondiale, une leçon que les gauchistes contemporains semblent s’obstiner Ă  ignorer. C’est l’histoire d’une tragĂ©die qui commence par des slogans scandĂ©s Ă  l’unisson et se termine par le bruit sinistre de la trappe qui se dĂ©robe sous les pieds des « camarades ». Ces derniers croyaient, dans leur dĂ©lire, qu’un « terroriste religieux » pouvait ĂȘtre un partenaire dans la construction d’une patrie. Cet article n’est pas un simple rĂ©cit historique, mais une autopsie d’une mentalitĂ© gauchiste arriviste et hypocrite, aveuglĂ©e par la haine de l’Occident au point de ne pas voir le couteau que l’on aiguise pour l'Ă©gorger.
En 1978, la gauche iranienne, dans toute sa diversitĂ© — du parti communiste « Toudeh » (pro-soviĂ©tique) Ă  l’organisation des « Moudjahidines du Peuple » (mĂ©lange de marxisme et d’islamisme) en passant par les « FĂ©daĂŻynes du Peuple » (maoĂŻstes radicaux) — possĂ©dait un arsenal de thĂ©oriciens et d’intellectuels. Pourtant, ils ont tous commis le « pĂ©chĂ© originel » : adopter la logique de « l’ennemi commun ». Pour eux, le Shah reprĂ©sentait « l’impĂ©rialisme » et Khomeini brandissait des slogans anti-amĂ©ricains. La gauche a donc, par pure stupiditĂ©, mis ses capacitĂ©s au service d’un homme qui ne croyait mĂȘme pas Ă  leur droit Ă  l’existence. Une question s’impose : Ă©taient-ils idiots ou leur opportunisme politique leur laissait-il croire qu’ils pourraient « chevaucher la vague » religieuse avant de l’Ă©liminer ? La rĂ©alitĂ© a prouvĂ© que le terroriste religieux, habitĂ© par le fantasme du martyr et d’une vie aprĂšs la mort, possĂšde une fĂ©rocitĂ© dans la rĂ©pression que le « militant de cafĂ© » est incapable d’imaginer.
Lors du retour de Khomeini en fĂ©vrier 1979, ce sont les gauchistes qui l’ont accueilli avec des ovations Ă  l’aĂ©roport de TĂ©hĂ©ran. Ils lui ont offert une couverture populaire et intellectuelle, prĂ©sentant la « Velayat-e Faqih » (le gouvernement du juriste musulman) au monde comme une « rĂ©volution populaire progressiste ». Noureddine Kianouri, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Toudeh, a atteint le paroxysme de l’hypocrisie en dĂ©clarant que « les politiques de l’Imam Khomeini concordent avec les aspirations de la classe ouvriĂšre ». Ce n’Ă©tait pas de l’ignorance, mais un arrivisme bon marchĂ© visant Ă  rĂ©server un siĂšge dans le nouveau pouvoir, oubliant que la doctrine religieuse de cette rĂ©volution considĂ©rait les « matĂ©rialistes » et les « athĂ©es » comme des impuretĂ©s Ă  purifier.
Le vĂ©ritable coup d’État a commencĂ© dĂšs que le pouvoir s'est stabilisĂ©. En mars 1979, un mois seulement aprĂšs la rĂ©volution, les campagnes de rĂ©pression contre les libertĂ©s individuelles et l’imposition du voile ont dĂ©butĂ©. Ironie du sort, certaines factions de gauche ont justifiĂ© cela en prĂ©tendant que « la bataille principale Ă©tait contre l’impĂ©rialisme » et que ces mesures n'Ă©taient que des « dĂ©tails mineurs ». Cette hypocrisie morale les a poussĂ©s Ă  se taire face Ă  l’exĂ©cution des gĂ©nĂ©raux du Shah sans procĂšs Ă©quitables, ne rĂ©alisant pas que leur tour viendrait. En 1980, la « RĂ©volution culturelle » a frappĂ© les universitĂ©s iraniennes, une copie conforme de l'expĂ©rience de Mao Zedong, mais teintĂ©e de religion. Des milliers d’Ă©tudiants et de professeurs de gauche ont Ă©tĂ© expulsĂ©s, et leurs bureaux ont Ă©tĂ© attaquĂ©s par les « Pasdarans » (Gardiens de la RĂ©volution), une force dont la gauche elle-mĂȘme avait bĂ©ni la crĂ©ation en tant que « force populaire ».
Les exemples de trahison et de bĂȘtise gauchiste sont lĂ©gion. Les « Moudjahidines du Peuple », qui constituaient la force de frappe dans les rues, se sont retrouvĂ©s en 1981 en confrontation sanglante avec le rĂ©gime qu’ils avaient aidĂ© Ă  bĂątir. Des milliers de leurs membres ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©s dans les rues de TĂ©hĂ©ran, et leurs chefs ont fui Ă  l'Ă©tranger. Quant au parti « Toudeh », qui a continuĂ© Ă  lĂ©cher les bottes du pouvoir jusqu’en 1983 pensant que sa loyautĂ© envers Moscou le protĂ©gerait, il a reçu son chĂątiment de maniĂšre humiliante. Les dirigeants du parti ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s en masse. Noureddine Kianouri et Ehsan Tabari (le grand thĂ©oricien marxiste) sont apparus sur les Ă©crans de tĂ©lĂ©vision pour des aveux forcĂ©s et avilissants, annonçant leur « repentir » du marxisme et leur conversion Ă  l’islamisme politique, confessant avoir Ă©tĂ© des « espions soviĂ©tiques ».
Pourquoi le gauchiste s’allie-t-il au terroriste religieux ? La rĂ©ponse rĂ©side dans la « compensation psychologique » et l’« utilitarisme mutuel ». Le terroriste religieux possĂšde une force impulsive nĂ©e de sa foi dans les mythes du martyre et du paradis, ce qui manque au gauchiste « de salon ». Ainsi, la gauche utilise ces terroristes comme une « force destructrice » pour abattre les sociĂ©tĂ©s existantes, pensant qu’elle rĂšgnera ensuite sur les dĂ©combres. Mais l’histoire prouve que le « radicalisme religieux » n’accepte aucun partage. Pour Khomeini, les gauchistes Ă©taient des « mĂ©crĂ©ants » utilisĂ©s comme un pont ; une fois sur l’autre rive, il a brisĂ© le pont et jetĂ© ceux qui s’y trouvaient dans le fleuve.
Le paroxysme du crime a eu lieu en 1988, lors du « massacre des prisons ». Par une fatwa de Khomeini, entre 5 000 et 30 000 prisonniers politiques, pour la plupart des gauchistes et des Moudjahidines du Peuple, ont Ă©tĂ© exĂ©cutĂ©s en quelques semaines. Les « commissions de la mort » posaient une seule question : « Croyez-vous en la RĂ©publique Islamique ? Êtes-vous prĂȘt Ă  renier vos idĂ©es marxistes ? ». Quiconque refusait Ă©tait immĂ©diatement envoyĂ© Ă  la potence. Ces exĂ©cutĂ©s sont les mĂȘmes qui, quelques annĂ©es plus tĂŽt, distribuaient des tracts glorifiant la « RĂ©volution de l’Imam ». N’est-ce pas lĂ  la dĂ©finition littĂ©rale de la stupiditĂ© ?
Les gauchistes contemporains, en Orient comme en Occident, n’apprennent rien. Ils rĂ©pĂštent aujourd’hui la mĂȘme hypocrisie en justifiant les actes de milices terroristes religieuses sous prĂ©texte de « rĂ©sistance Ă  l’impĂ©rialisme ». Ils soutiennent ceux qui leur couperaient la tĂȘte en premier s'ils arrivaient au pouvoir. Ce comportement prouve que la gauche n'est pas un mouvement de « principes », mais un « Ă©tat de haine » contre le modĂšle occidental rĂ©ussi. Cette haine la rend prĂȘte Ă  s’allier avec des forces obscurĂ©antistes qui rĂȘvent d’un retour au Moyen Âge, simplement parce que ces forces insultent l’AmĂ©rique.
Le paradoxe tragique est que le terroriste religieux est « cohĂ©rent avec lui-mĂȘme » : il dĂ©clare ouvertement vouloir appliquer la charia et tuer les apostats. Le gauchiste, lui, est le « grand hypocrite » : il prĂ©tend dĂ©fendre la laĂŻcitĂ© et la dĂ©mocratie, puis soutient ceux qui dĂ©truisent ces valeurs Ă  la racine. La justification du terrorisme religieux par la gauche est un acte « subversif » contre la vie elle-mĂȘme, car le gauchiste sait pertinemment que ces idĂ©es religieuses sont des fables, et pourtant il les utilise pour dĂ©truire la stabilitĂ© sociale et politique.
L’histoire crie au visage de chaque gauchiste : « Quiconque s’allie au crocodile ne doit pas se plaindre lorsqu’il se fait dĂ©vorer ». La dictature fasciste iranienne n’aurait jamais triomphĂ© sans les « idiots utiles » de la gauche. Aujourd’hui, nous voyons les mĂȘmes « idiots » dans les universitĂ©s de Paris, de New York et des capitales arabes justifier les crimes de TĂ©hĂ©ran et de ses agents, comme s’ils prĂ©paraient Ă  nouveau leurs propres potences. C’est un cercle vicieux d'arrivisme et de bĂȘtise, oĂč l’ĂȘtre humain rĂ©el et les valeurs de libertĂ© sont sacrifiĂ©s sur l’autel de l’idole de l’« anti-impĂ©rialisme ».
En conclusion, la gauche reste un partenaire indĂ©niable de chaque goutte de sang versĂ©e en Iran de 1979 Ă  nos jours, car c’est elle qui a donnĂ© une lĂ©gitimitĂ© Ă  la barbarie. L’alliance entre « le marteau et l'enclume » ou « le Coran et la faucille » n’a produit que des fosses communes. Les gauchistes n’apprendront jamais, car ils se soucient moins de l’homme que de la victoire de leurs slogans, mĂȘme si cette victoire signifie leur propre anĂ©antissement.


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